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dimanche 19 février 2023

Don Quichotte, mémoire du Buisson Ardent. Par Dominique Blumenstihl

Don Quichotte, mémoire du Buisson Ardent

Par Dominique Blumenstihl-Roth

 

Le messianisme : l'opération fils-de-David

Le judaïsme, et en cela nous rejoignons l'opinion d'Emmanuel Lévinas et de l'historien Adin Steinsaltz, se trouve actuellement dans un état d'esprit systémiquement insuffisant pour aborder la question du messianisme. Sa doctrine doit être améliorée, souffrant, selon le diagnostic de Dominique Aubier, de ce qu'il ignore la modalité de la 23è lettre de son alphabet. Celle-ci n'est pas active dans son registre, ni même la notion « Rosch ».

Sans doute l'effroyable tragédie de la Shoa contribue-t-elle à cette carence en ce que le meurtre de millions a troué la Communauté en la privant d'esprits qui eurent certainement fait avancer par leur compétence, inspiration et attention éveillée la réflexion sur cette question ardue. Les générations non nées suite au pogrom nazi laissent une cruelle absence dans l'intelligence collective du monde, autant d'esprits et d'ensemencements qui eurent germé et prospéré en lieu et place du désastre qui aura augmenté l'épaisseur des « écorces » (qélipot) encombrant la galaxie. C'est là une perte irréparable.

Que cela plaise ou déplaise, Don Quichotte veille, et son actuation messianique de première instance a opéré, à l'insu des barbares. Avec lui, la lignée hébraïque, prise en relais par l'Espagne (Séfarad !) sans jamais se départir de sa mission, s'en va de par le monde, muni d'un sauf-conduit. Dès lors, la mémoire traditionnelle, sans jamais cesser d'être, se voit relayée par le recours à l'archétype de « l'Eternel retour ». Le souvenir des actes créateurs est ravivé par le « retour archygénique » et les données libérées en fin d'exil, en Edom, se voient confrontées à celles de l'origine dont bénéficia Isaac, à celles que reçut Moïse à qui la vérité fut re-donnée. La continuité du message est assurée, par Rabbi Aqiba, Louria, dernier grand acteur de la mémoire active en mode Qui Sait, avant qu'elle soit reversée en mode Qui fait sur Cervantès dont le héros incarne la prise en compte de l'immense conduction transgénérationnelle du message initial.

Reste à mener l'opération « finale », que la tradition nomme « Messie-fils-de-David ». Elle suppose, comme l'indique le nom de David, que deux portes (Dalet) s'ouvrent afin que la compréhension du réel et de la vie soit totale. Deux portes, à savoir Connaissance et sciences, et il se pourrait que l'ouvrage qui accomplisse au mieux cette performance soit La Face cachée du Cerveau dont on s'aperçoit qu'en effet, il réunit les linéaments des deux instructions opposites formant unité à l'image des deux hémisphères corticaux. C'est ce que la Tradition appelle un Qorban : une union des contraires.

Le dégagement du code des archétypes tel qu'il s'offre dans ce livre correspond à la libération annoncée par le beau verset d'Ezéchiel 16-8 : « Le temps de l'amour est revenu », l'amour étant de toute évidence l'acte par lequel s'exprime l'union des contraires. Opération initiatique conçue par son auteure qui part, précisément de Don Quichotte, ouvrage dans lequel elle a trouvé le motif d'absolu mis en scène et assumé verbalement par son nom « cerebro » que Cervantès s'amuse à transloquer en « celebro », s'agissant en effet célèbrer le motif cérébral de la « Tête enchantée ». Livre « élu » par la sympathie mondiale, élu également au sens biblique du mot « ségoulah », qui s'applique dans l'expression « am segoulah », peuple choisi, peuple « réservé » qui, selon Raphaël Draï, devrait plutôt se traduire par « peuple-dépôt » dans le sens de « dépôt de garantie de l'humanité en devenir ». Don Quichotte est à ce titre, lui aussi, un manifeste de l'esprit, déposé en témoignage de l'acquis sinaïtique, en réserve et en garantie de projection sur l'avenir, en direction d'un futur qui tire vers lui tout ce qui se dépose au présent. Le Quichotte porte l'espoir messianique, il en construit le monument littéraire, devenant par là don QuiXote, où le titre « don » résonne comme « Adon », mot hébreu qui désigne la direction responsable, au sens de la justice, du droit, du « Din ».

 Conscient de la difficulté que rencontre le judaïsme quelque peu pétrifié dans son zèle à respecter le carcan des normes rabbiniques fixées pendant l'exil de Babylone, la volonté de modernisation s'est fait sentir. Elle s'est essentiellement réalisée au travers de la philosophie, respectable discipline qui cependant n'a produit aucune explicitation de la grille systémique et structurelle à l'origine de ces normes. Echec de la philosophie face à la Révélation, il ne reste plus d'autre recours que promulguer l'éternité du questionnement à défaut de le résoudre. De nombreux auteurs ont tenté, par la voie de la psychologie et la psychanalyse de dégager une voie explicative, mais faute de l'assise systémique du code archétypal que la psychanalyse ne cerne pas, de la connaissance exacte du Code des lettres et du référent Roch, ils se sont égarés dans des diverticules freudiens inextricables. Le projet de trouver ce que Raphaël Draï appelait « la consistance psychanalytique du penser prophétique » ne pouvait réussir, car le penser prophétique ne relève tout simplement pas de la psychanalyse.

Face à ces tentatives remarquables d'ouverture et d'actualisation hors du champ strictement religieux, la puissante figure du Quichotte, annoncée par les Textes (Obadia 20), affiche l'identité du Modèle, du « module prophétique ». Il ne cesse de hanter la conscience — ou l'inconscient — du monde : c'est que le Quichotte est l'événement par quoi l'investiture de son auteur s'est déclarée. Certes encore sous voilage symboliste, qui cependant contient l'appel à sa propre élucidation. Don Quichotte dès lors quitte son étagère, dans la bibliothèque l'ayant accueilli comme un beau roman, fondateur du genre et se range définitivement dans la continuité post-zoharique de la kabbale hébraïque ; il est fléché comme l'exposé pratique de mise en œuvre messianique des critères issus de la source.

Le Quichotte, assurément fondé sur une structuration archétypale croisée sur l'expression de la vérité, imite la vie au degré où tout en elle se trame sur la vérité. En rendre compte, en témoigner, s'apercevoir que « nos existences se façonnent sur le même dispositif que celui que donne à voir le Quichotte », revient à relancer l'énergie et miser sur l'opération messianique par quoi l'Alphabet révélé du Sinaï reviendra incendier — mémoire du buisson ardent que les méga-feux caniculaires et la sécheresse de France évoquent dramatiquement — l'atmosphère culturelle du monde, parce que le principe du retour archigénique l'aura apostrophé.

Les temps messianiques commencent par ce « retour » à la source, exigeant une seconde réception de l'Alphabet augmentée d'une claire compréhension de Rosch et son système fonctionnel. Nous y travaillons…

 

Références :

Exégèse de Don Quichotte en 5 volumes

Les secrets de l'Alphabet hébreu (3 films)

 

jeudi 29 septembre 2016

La 23è lettre de l'Alphabet hébreu. Le secret de Jacob. La Tour de Babel. Le secret des tephillin.

Un ouvrage exceptionnel de Dominique Aubier.



2ème partie

 
3. Jacob, Rachel, Beniamin et la 23e lettre hébreue .
 
Les questions que pose Dominique Aubier sont pertinentes. D’autant qu’elles n’ont jamais été solutionnées clairement par les spécialistes : que fait Jacob quand il efface de la bouche de Rachel le nom de Ben Ony ?
בו – אוֹני

et pourquoi impose-t-il celui de Beniamin ?

בוימין

Autre question : Quel est le sens des téphillin ? Quel est le sens des phylactères de tête, des phylactères de bras ? Que signifie ce symbolisme ? Et cet alphabet hébreu ! Quelle est sa puissance ? Quelle est son origine ? Quelle est sa fonction ? Quelle est cette 23e lettre dont le judaïsme moderne semble taire l’existence au point de l’effacer des récentes éditions officielles de la Bible ? "La 23e lettre est la charte fonctionnelle du cerveau", répond l’auteur. Et la science vient en contrepoint vivifier la vraisemblance du propos. 

Les lettres hébreues sont les algorithmes de l’universel. La conscience éblouie aperçoit sous la dentelle des mots et des lettres le tracé obstiné d’une pensée intelligente qui raconte comment se forme un cerveau. C’est ainsi que l’alphabet apporte le sens, par là où d’emblée sa puissance ontologique libère les critères cérébraux associés à ses signes.

« La 23e lettre est le fruit de la promotion interne que l’alphabet réalise en éjectant les valeurs qui l’habitent ». Elle est toujours là où l’alphabet détend ses composantes de l’Alef au Tav… Par son intermédiaire la vérité créatrice se rend disponible, manipulable par la conscience humaine. C’est exactement ce que la méthode initiatique organise dans un esprit averti. La 23e lettre, parce qu’elle est sans défaut par rapport à l’alphabet en délivre le sens. Elle le peut parce qu’elle est l’ombre cérébrée de l’alphabet. Ainsi, en reportant cette lettre sur le référent cérébral, l’auteur étudie la portée des événements qui entourent le blocage de la 23e lettre à Ghibéa. Elle détermine le lieu de la déchirure et sa répercussion : L’atteinte aurait porté sur la partie du nerf crânien irriguant l’hémisphère « qui Fait » dans la physiologie du cycle en formation.

4. Le locuteur universel
 
Pour Dominique Aubier, la voix du cerveau s’exprime dans l’alphabet hébreu, et les catégories, ce sont les archétypes. Les lettres en épousent les contours. Il y en aura autant qu’il y a de lettres dans l’échelle alphabétique et même plus, car les espaces entre les lettres abritent aussi des dynamismes. L’ensemble définit un statut fonctionnel précis, une véritable métabolisation des automatismes de l’Absolu. L’auteur de préciser qu’ « un Verbe initial suscite les langues parlées à partir de l’alphabet hébreu et de son système, précédant la création organique de l’être doué de parole ». 

En résumé : nous avons tous en nous l’alphabet hébreu, récepteur du message divin tel qu’il s’adresse à nous à tout instant. Selon Dominique Aubier, (et cette thèse remet en cause les postulats de nombreux linguistes), les langues créent les territoires où elles se parlent et non l’inverse. Elle en déduit que les langues ont, de ce fait, une place génésique dans le flux original de la Création. À chacune son prestige, son territoire, sa mission.

L’hébreu initial, en son privilège de langue fondatrice du pouvoir de connaître, corollaire de la vie, émet successivement diverses langues. Parmi elles, il y en aurait une, proche de l’hébreu, tandis que les autres en seraient progressivement plus éloignées sans que la liaison se rompe. Quelle est cette langue issue d’une projection sur l’aire somatosensorielle ? On le saura en lisant le livre…
 

5. La Tour de Babel  
L’histoire des langues nous amène tout naturellement à l’épisode biblique de la Tour de Babel. Le peuple, longtemps en errance, arrive à Sennar. Là, il décide de construire une ville et une tour faite de briques au lieu de pierres. L’auteur sonde en détail, mot après mot, lettre après lettre, le texte hébraïque de cet épisode. Elle ouvre toutes les équations du rébus de la Tour de Babel, en hébreu Migdal.
מגדל

L’enseignement de la Tour de Babel nous rappelle que, lorsque le comportement humain se fonde sur le négationisme de l’esprit, le Créateur, en son immanence YHVH, loin d’intervenir, laisse agir le système qu’Il a mis en place. Les habitants de Sennar l’apprennent à leurs dépens. Sommes-nous, aujourd’hui, logés à la même enseigne ? En serions nous là, une nouvelle fois, dans le cycle civilisateur, prisonniers d’une pensée aussi fausse qu’enfoncée dans la matière ? Le Créateur permet-il à l’Homme d’user de sa liberté, de commettre toutes les erreurs, lui laissant l’entière responsabilité de son destin, tandis que le Système et ses lois, imperturbablement, déclinent leurs échéances ?


Comment nous inscrire dans les orientations évolutives du cycle qui tendent vers la conscience ? Comment éviter de nous attarder dans les stades, parfois confortables mais révolus de la pensée ? Comment mettre aux normes et actualiser nos catégories ? La lecture que fait Dominique Aubier de l’épisode Babel est puissante. Une fois de plus, c’est dans le repli des lettres hébraïques qu’elle débusque le sens du texte biblique. Elle procède à un rapprochement percutant — encore et toujours le Qorban initiatique — de cet épisode avec l’embryogenèse ! L’analogie est exacte. Elle reconnaît, dans l’histoire de la formation d’une cellule vivante, le processus du Tz(i)mtzoum cher à Louria. C’est en détail qu’elle suit les séquences constructives de l’embryon, en parallèle avec le texte biblique relatant l’installation du peuple à Sennar. Babel a été un ratage historique. Une erreur évolutive, une brisure. Un Tiqoun, une réparation est-elle possible ? Une réconciliation universelle est-elle ensisageable ? Et si ce livre, précisément par sa force explicative, apportait la puissance d'un Tiqoun réparateur de dimension universelle ?

Suite de l'article ici :

Si ce livre vous intéresse :
LA 23ème LETTRE DE L'ALPHABET HEBREU

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La 23è Lettre de l'Alphabet hébreu est le premier tome du triptyque La Haute kabbale de l'Eternité.
Tome 1. La 23è Lettre de l'Alphabet hébreu.
Tome 2. La Porte de L'Inde.
Tome 3. La Porte de France.

Tous les livres de Dominique Aubier sont disponibles ici.