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dimanche 1 février 2026

Don Quichotte, homme d'action véritable

Don Quichotte, homme d'action véritable

par Dominique Blumenstihl-Roth


1. Contre le dessèchement des cœurs

La philosophe Hannah Arendt diagnostiquait la croissance du désert. Elle appelait ainsi cette aridité des cœurs qui assèche l'humanité, qui livre à l'abandon de vastes territoires appauvris dont les ressources vivantes sont à jamais épuisées par l'esprit de négation. Cependant, « les oasis persistent », et il se pourrait bien que non seulement elles résistent à la désertification, mais qu'elles croissent peu à peu, faisant reculer les limites du sable !

Au côté de Don Quichotte, héros d'écriture et de lettres, nous  travaillons, nous luttons, en tant que lecteurs, devenant à notre tour « gens du livre », contre le dessèchement des cœurs, à l'origine de toute désolation. Nous adoptons le principe de base par quoi la réforme spirituelle s'opère : nous acceptons la prééminence de Dulcinée (c'est une sage prudence pour qui fréquente Don Quichotte qu'intégrer une fois pour toute cette primauté). Par cette adhésion, nous augmentons la densité de la beauté permettant à l'humanité de rejoindre la beauté première. Nous souscrivons à ce Pacte d'amour, et nous y apposons un « lu et approuvé » en toute connaissance de cause.

 

 2. Don Quichotte est homme d'amour

J'entends les négateurs qui s'écrient : « C'est là du lyrisme romantique ! » Je n'empêche pas ces adeptes de la doctrine du « faire » d'avoir des opinions, de s'adonner à leur culte idolâtrique. Je les laisse aux options nihilistes dont ils s'imaginent qu'elles sont les garantes de leur pouvoir.

Ces lamentables imposteurs : Don Quichotte en fait l'expérience. Un faux Don Quichotte, rédigé par un certain Avellaneda de Tordesillas, a tenté de lui ravir la place*. Mais un personnage, tiré du faux, nommé Alvaro Tarfé, chapitre 72, tome II, atteste, par devant notaire, qu'il n'existe qu'un seul Don Quichotte, le nôtre, celui que nous aimons. Celui d'Avellaneda est un faux absolu. Dès lors, que les détracteurs inventent autant de Quichotte qu'ils le veulent, la réponse du chevalier est toute prête : « il n'y a pas d'autre moi dans le monde ». S'il devait surgir quelque imposteur, quelque négateur, le Caballero exigera de tout contestataire qu'il signe la « pétition en forme […] et dans toutes les règles et avec toutes les formalités requises en pareil cas ». Unique et seul, il n'existe pas de doublure quichottienne, quand bien même une certaine critique farouchement opposée à tout décryptage de l'œuvre cervantienne, estime qu'à chacun son Quichotte, et autant de lectures possibles qu'il y a de lecteurs. Naïveté que ce militantisme ou chacun picore ce qui convient à son confort, et rejette ce qui engagerait plus avant la conscience. Il est même des esprits affirmant que Don Quichotte serait un non-lieu. Une utopie. Inutile d'affronter ces murailles, laissons du temps au temps, ces forteresses finiront par se rendre d'elles-mêmes.

Laissons mugir la négation et que les aigris persiflent tant qu'ils voudront. Le vulgaire ne peut s'empêcher d'être ce qu'il est, ignorant et satisfait de lui-même, cherchant à imposer sa dictature. Laissons-le à ses errances. Don Quichotte, quant à lui, est homme d'amour. (Remarquez, tout au long de ses aventures, les jeunes filles sont irrésistiblement attirées par lui, « pressées et vaincues par l'amour ». Il s'étonne de l'emprise involontaire qu'il exerce sur elles : c'est précisément parce qu'il est fidèle à son unique Dulcinée qu'il est « aimable » dans tous les sens du terme.)



3. Homme d'action véritable

Don Quichotte paraît bien chétif sur son maigre cheval. Il ne possède aucun pouvoir surnaturel, et cependant, il ne craint aucune adversité. C'est que son existence est placée sous la seule guidance de la boussole initiatique. Il connaît le Code du réel, ses lois archétypales. Sa certitude vient de « plus loin », qui lui donne une puissance « autre ». Il est homme de parole, homme d'éthique. Il en tire une liberté de pensée inspirée, une liberté d'action, une action totalement engagée et cependant non livrée à l'attente du résultat : il est en ce sens proche de la doctrine de la Bagavad Gita, qui enseigne de ne pas lier l'acte au fruit de son résultat. Le combat doit être mené : tel est le sort du Cavallero d'agir pour l'Esprit. De même Arjuna, le héros de la saga indienne, est tenu de faire son devoir sans être lié ni par le succès ni par l'échec. Il appelle cela : « l'art d'agir », absorbé par la quête où la volonté personnelle est sublimée. Don Quichotte en devient homme de liberté absolue, car il dédie tous ses actes à celle qui illumine sa raison… au-delà de la raison : DulZinea


— Hannah Arendt, Qu'est ce que la politique ?, éd. Seuil, 1995.
— D. Blumenstihl-Roth, DulZinea, du vrai et du faux Don Quichotte, éd. M.L.L.
— Miguel de Cervantès, Don Quichotte, chap. 72, vol. II, p. 1064, éd. Garnier.

samedi 10 janvier 2026

Sortir, dire, libérer. Trois principes directeurs de l'actuation quichottienne

Sortir, dire, libérer

par Dominique Blumenstihl-Roth


 

1. Accueillir la révélation menant à la découverte

La révélation des Lettres ne s'est pas opérée par un lent processus adaptatif. C'est un phénomène de fulgurance. Nous vivons parfois ce genre d'événement quand nous sommes face à une interrogation. Un problème se pose. Un mystère se dresse. L'esprit n'en perce pas l'énigme. Une nuit de sommeil, un « hasard » heureux, un signe dont nous percevons le message : soudain tout s'illumine. La solution se présente, elle se donne. Nous disons : « j'ai trouvé » alors qu'en réalité c'est la solution qui est venue vers nous, comme si l'intrigue traçait elle -même la piste à suivre, menant à sa résolution. Bien des scientifiques « reçoivent » leurs découvertes de cette manière. Ils retranscrivent sous forme de démonstration ce qu'ils ont davantage perçu que trouvé, mais ne disent jamais le processus leur ayant inspiré le parcours. Si bien que tout paraît le fruit d'un effort (indéniable) issu de leur laboratoire : oublieraient-ils que la vie vient très largement à leur secours, leur inspirant (ou non) les pistes de recherches ou parfois même leur apportant la solution sur un plateau ? « Tout à coup, j'ai compris que… » Phrase emblématique par quoi le scientifique s'attribue une découverte, résultat issue d'une pensée dont il s'imagine être le propriétaire, alors que c'est la solution au problème posé qui vient s'offrir à l'esprit préparé à la recevoir. Le véritable travail du chercheur consiste dès lors à se rendre capable d'accueillir la révélation menant à la découverte.

 

2. Les Lettres sont de purs éclats d'énergie

La déflagration des Lettres, code fixateur du sens, relève d'une révélation. Une porte s'est soudain ouverte par quoi le sens a pénétré l'esprit. Jaillissement de l'intelligence ayant capté un don lumineux. Et non pas lente captation d'une idée, suite à l'observation patiente d'un animal dont on aurait remarqué les cornes pour ensuite en développer un graphisme d'imitation devenant par la suite écriture d'une lettre. L'Aleph n'est en aucun cas l'expression graphique des cornes d'un taureau, et le Lamed ne procède pas du cou d'une girafe égarée dans le Sinaï. Les Lettres sont de purs éclats d'énergie issue du Qui Sait invisible expédiant son information, elle-même prenant forme lettrique au moment de son entrée dans le Qui fait existentiel qu'il suscite.

Les kabbalistes, dont on connaît la minutie avec laquelle ils scrutent les lettres, estiment qu'il préexiste une Torah antérieure à celle dont nous découvrons le texte et les lettres gravées. Cette première Torah est écrite dans l'abstraction d'une intelligence qui, depuis son « au-delà » jette son verbe dans l' « ici et maintenant », dans notre monde où elle prend forme lisible. Ce n'est pas le beuglement d'un bovidé cornu qui a dessiné, dans l'esprit humain, la prononciation de la première lettre de l'Alphabet, mais la lettre elle-même, jetée dans l'espace sous sa forme écrite qui a fait vibrer les ondes : la lettre s'est faite entendre et voir, à l'individu doté du cerveau adapté à cette fonction, qui savait écouter, regarder, comprendre et conceptualiser.

Ce processus de captation de l'information issu de l'Invisible ne cesse de se produire. C'est pourquoi la Tradition dit que la Révélation sinaïtique s'est produite et se poursuit encore, émanation permanente de l'énergie en direction des cerveaux non soumis à l'astringence de l'obscurité.

 

3. Le rôle des initiés

consiste, d'une part, à dissiper les ténèbres afin que « la lumière soit », d'autre part, à faire en sorte que la lumière continue d'irradier l'esprit afin de lui éviter de sombrer dans les spéculations ratiocinantes menant droit au mur. L'initié saute par-dessus le mur, à moins qu'il le contourne : il s'échappe du « corral » de toute pensée convenue et mise sur la perception qu'il a du Verbe. Perception de messages reçus, soit par le canal d'une audition directe — une voix intérieure et le psychiatre parlera d'hallucination auditive passant toute révélation au couperet de la nomenclature médicale — soit la rencontre avec un être réel ou imaginaire, à l'image d'Ibn' Arabî le célèbre soufi andalou du XIIIe siècle qui bénéficiait régulièrement de rencontres avec Khadir (Khidr), son conseiller cosmique qui le secondait de ses conseils.

Don Quichotte n'est pas moins suspect d'interlocution céleste. Il a, lui aussi, des entretiens réguliers avec son conseiller de la grâce divine. Ce conseiller adopte la forme féminine de Dulcinée. Don Quichotte est, en permanence, en proie à l'extase dulcinéenne. Il s'échappe de l'ordre du convenu et se réclame d'un ordre tout autre qui n'est compréhensible qu'à l'esprit y adhérant déjà. Il est proche, en cela, de la démarche du soufi iranien Rûzbehan (1128-1209), opposé à la primauté de toute loi imposée, préférant « l'irréductible transcendance du ravissement mystique ». Don Quichotte, ambassadeur personnel de Dulcinée dont il assume la mise en œuvre de sa doctrine, bénéficie de l'immunité que lui confèrent les débordements de la grâce. S'échappant des confinements obsolètes, il institue une nouvelle tradition, fondée sur lui-même en tant qu'agent actif, commensal d'une puissance exerçant sur lui une autorité directe. Il en naît une éthique au-delà de la morale sociale, ayant pour principe directeur la dissolution de tout ego au bénéfice de la lumière que prodigue la révélation, lui ordonnant constamment de « sortir », « dire », « libérer ». Nos ouvrages d'exégèses ont la prétention de s'inscrire dans cette tradition et d'assumer, dans la mesure de nos moyens, ces trois principes directeurs de l'actuation quichottienne…
 
 
— Don Quichotte, la Barque enchantée
— Don Quichotte et le secret de Dulcinée
 


samedi 13 décembre 2025

Hommage à José Rizal, Don Quichotte des Philippines. Un livre de D. Blumenstihl-Roth

 

Vient de paraître

José Rizal

Don Quichotte des Philippines

 

par Dominique Blumenstihl-Roth

Editions De La Rosa

ISBN 97829522266127

 


José Rizal, héros national des Philippines, est un météore. Poète, romancier, il réalise une œuvre qui figure au premier plan de la littérature espagnole moderne. Essayiste, il avance une vision civilisatrice où le langage apparaît comme le moteur principal de l’évolution culturelle : le langage, outil de révolution politique, partant, de l’indépendance de son pays.

Son œuvre s’accompagne d’une profonde insertion dans le réel : médecin, ophtalmologue, il met sa compétence acquise à Madrid et à Berlin au service des plus démunis. Agronome, il conçoit un projet agricole moderne, favorisant les cultures vivrières. Linguiste, il fonde une école où il enseigne les langues. Chef charismatique d’une révolution dont il ne partage pas les options violentes, il est pris pour cible par la puissance colonisatrice. Il est fusillé le 30 décembre 1896, à l’âge de 36 ans… Parlant et écrivant 23 langues, dont l’hébreu, l’arabe et le Hindi, Rizal s’empare de la langue des conquistadores, la domine, la forge à son goût, y insère le lexique des îles et rappelle que le Castillan est avant tout la langue de Don Quichotte. Rizal ne cherche pas l’affrontement avec la puissance dominante. Il propose, au contraire, que les Philippines deviennent une province d’Espagne. Qu’elles s’émancipent à l’intérieur de la Communauté hispanique dont il ne conçoit pas qu’elles en soient séparées : la révolution, pour lui, ne peut être qu’un acte positif de réinvestiture culturelle par le langage.

Que le peuple se libère ! Par la culture, le savoir, la connaissance. Projet révolutionnaire pressenti dans son premier livre Noli me Tangere, explicité dans son second roman, el Filibusterismo. L’intrigue de ses ouvrages repose sur le pouvoir de la parole. Pour lui, la culture est affaire de responsabilité : que chaque individu fasse l’effort d’apprendre et s’affranchisse de tout esclavage. Qu’une nation tout entière fasse de la culture son grand projet. La thèse de Rizal se nourrit d’une conception résolument quichottienne.

Son œuvre : fulgurante. Plusieurs recueils de poésie, pièces de théâtre, et deux romans magnifiques entourés d’une vaste énigme. Pour en ouvrir le secret, il fallait remonter à sa source d’inspiration : Don Quichotte, et recourir au Code des archétypes que Dominique Aubier a mis au jour dans La Face cachée du Cerveau. José Rizal apparaît alors comme un subtil connaisseur de l’herméneutique hébraïque. Son œuvre prophétique annonce l’émergence d’une exégèse universalisante.
 
 

José Rizal

Don Quichotte des Philippines

 

par Dominique Blumenstihl-Roth

Editions De La Rosa

344 pages, 37 euros (France expédition incluse) + 9 C.E.E.

ISBN 97829522266127

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dimanche 9 novembre 2025

José Rizal, Don Quichotte des Philippines. Un livre de Dominique Blumenstihl-Roth

Pour les amis de Don Quichotte

Don Quichotte des Philippines

 

par Dominique Blumenstihl-Roth

Editions De La Rosa

ISBN 97829522266127

 



José Rizal (1861-1898) héros national des Philippines, est un météore. Poète, romancier, il réalise une œuvre qui figure au premier plan de la littérature espagnole moderne. Essayiste, il avance une vision civilisatrice où le langage apparaît comme le moteur principal de l’évolution culturelle : le langage, outil de révolution politique, partant, de l’indépendance de son pays.

Son œuvre s’accompagne d’une profonde insertion dans le réel : médecin, ophtalmologue, il met sa compétence acquise à Madrid et à Berlin au service des plus démunis. Agronome, il conçoit un projet agricole moderne, favorisant les cultures vivrières. Linguiste, il fonde une école où il enseigne les langues. Chef charismatique d’une révolution dont il ne partage pas les options violentes, il est pris pour cible par la puissance colonisatrice. Il est fusillé le 30 décembre 1896, à l’âge de 36 ans… Parlant et écrivant 23 langues, dont l’hébreu, l’arabe et le Hindi, Rizal s’empare de la langue des conquistadores, la domine, la forge à son goût, y insère le lexique des îles et rappelle que le Castillan est avant tout la langue de Don Quichotte. Rizal ne cherche pas l’affrontement avec la puissance dominante. Il propose, au contraire, que les Philippines deviennent une province d’Espagne. Qu’elles s’émancipent à l’intérieur de la Communauté hispanique dont il ne conçoit pas qu’elles en soient séparées : la révolution, pour lui, ne peut être qu’un acte positif de réinvestiture culturelle par le langage.

Projet révolutionnaire pressenti dans son premier livre Noli me Tangere, explicité dans son second roman, el Filibusterismo. L’intrigue de ses ouvrages repose sur le pouvoir de la parole. Pour José Rizal, la culture est affaire de responsabilité : que chaque individu fasse l’effort d’apprendre et s’affranchisse de tout esclavage. Qu’une nation tout entière fasse de la culture son grand projet. La thèse de Rizal se nourrit d’une conception résolument quichottienne.

Son œuvre : fulgurante. Plusieurs recueils de poésie, pièces de théâtre, et deux romans magnifiques entourés d’une vaste énigme. Pour en ouvrir le secret, il fallait remonter à sa source d’inspiration : Don Quichotte, et recourir au Code des archétypes que Dominique Aubier a mis au jour dans La Face cachée du Cerveau. José Rizal apparaît alors comme un subtil connaisseur de l’herméneutique hébraïque. Son œuvre prophétique annonce l’émergence d’une exégèse universalisante, Rizal en effet désigne clairement le pays et le lieu où elle se produira.
 
 

José Rizal

Don Quichotte des Philippines

 

par Dominique Blumenstihl-Roth

Editions De La Rosa

344 pages, 37 euros (France expédition incluse) + 9 C.E.E.

ISBN 97829522266127


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dimanche 12 octobre 2025

Sébastien LECORNU : Redoublement Bis repetita ou les archétypes en action

Sebastien LECORNU : Redoublement bis repetita ou les archétypes en action
 
Dans un article précédent, j'ai attiré l'attention sur le fait que le nom du Premier Ministre désignait la présence d'un archétype qui entrait, avec lui, en fonction dans la gestion et l'avenir du pays. L'archétype des Cornes, bien connu dans la mythologie grecque, les Cornes de Cnossos.
Dans son livre La Face cachée du Cerveau, Dominique Aubier a établi l'universalité de cet archétype ; il signale très précisément l'entrée au LABYRINTHE.
A peine nommé, M. Lecornu a subi une dramaturgie composée par M. Bruno Retailleau qui s'offusquait de ce que M. Bruno Le Maire, sortant de son exil, était appelé à participer au gouvernement. Mise en scène que tout cela, psychodrame auquel M. Lecornu ne s'est pas laissé prendre : il a aussitôt donné sa démission. La « guerre des Brunos » n'aura pas lieu, et que chacun rentre au bercail.

Et voici que le Président de la République, à la surprise générale, renomme le démissionnaire M. Lecornu au poste de Premier Ministre. Redoublement qui en étouffe plus d'un. Il s'agit en réalité de la mise en œuvre de l'archétype : « faire deux fois ». Un archétype ignoré des commentateurs et autres experts de sciences-po. Le sage chinois Lao-Tseu, le chef Sioux Ehaka Sapa, le Soufi Ibn' Arabî, ou Rabbi Aqiba en connaissaient le secret. Jean Racine en connaissait la mécanique. Cervantès en était un expert.

M. Macron n'est pas un initié. Il ne connaît pas le Code des archétypes et le connaîtrait-il qu'il n'y croirait pas, étant déjà pleinement investi dans la croyance qu'il a en lui-même. L'archétype cependant agit, par delà la volonté des individus. Il impose sa réalité : c'est l'archétype qui a forcé la main à celui qui se croyait décisionnaire.

Le deuxième gouvernement de M. Lecornu s'ouvre sur l'activation, par le réel, du Redoublement. C'est la seconde instance pour lui, d'un engagement qui devrait tenir bon. J'ose imaginer qu'il persistera jusqu'aux prochaines élections présidentielles — auxquelles il ne manquera pas de se présenter. Il aura acquit notoriété, expérience (et encaissé sans doute pas mal de coups de la part de ses ex-amis) : de quoi forger l'étoffe d'un présidentiable. « Moine-soldat » dit-il de lui-même.

Pour sa formation de futur possible président, je lui recommande de lire Don Quichotte, le chapitre 42 du volume II : Sancho Panza, qui s'est peu à peu « quichottisé », est nommé gouverneur de île Barataria où il devra rendre justice, établir le droit. Avant son départ pour l'île, il reçoit les conseils de son maître à penser. Pendant tout un chapitre, Don Quichotte instruit son écuyer de l'art et la manière de bien gouverner. Une leçon qui devrait être affichée à l'entrée des cours de sciences politiques dans toutes les universités. S'agissant d'un Redoublement, Don Quichotte réitère et complète ses conseils en un deuxième chapitre pour une série de « seconds conseils » que l'écuyer ne manque pas de mettre en œuvre.
Les avis politiques de Don Quichotte dépassent tout ce qu'un sociologue du politique comme Max Weber a pu concevoir ! Il n'est que voir comment Sancho, à peine arrivé en son île, (chapitre 45-II) prend les mesures adéquates pour déjouer les complots qu'on lui réserve. Sa clairvoyance s'inspire de la justice du roi Salomon, qui perce les lourds secrets des âmes obscures.

Je souhaite que M. Lecornu, pourvu de l'enseignement quichottien, réussisse (dans l'intérêt du pays) la traversée du Labyrinthe. Le Code socio-politique ultra-réaliste qu'enseigne Don Quichotte à son écuyer lui seront d'un grand secours.
J'espère qu'il prendra connaissance de la mission spirituelle de la France, de son rôle au regard de la marche du monde et qu'il en parlera.
 
 
A méditer ces paroles de Sancho Panza qui s'apprête à devenir gouverneur de l'île Barrataria : « J'ai vu plus de deux ânes aller au gouvernement, et quand j'y emmènerais le mien, ce ne serait pas chose nouvelle. »
(Don Quichotte, chapitre 33, tome II)

samedi 27 septembre 2025

Dan Brown, le Secret des secrets. Titre plagié d'un ouvrage de Dominique Aubier

Le Secret des secrets. Un titre plagié par Dan Brown.

M. Dan Brown est un auteur qui a de bonnes lectures. Au point qu'il s'en inspire pour trouver les titres de ses propres livres.

Voilà qu'il intitule son dernier livre Le Secret des secrets. Il ne manque pas de culot, l'écrivain américain, car il s'empare du titre d'un ouvrage de l'autrice Dominique AUBIER, (autrement plus intéressant !) dont la quatrième édition est disponible ici

Dan Brown (je ne lirai pas son livre) et son éditeur se sont imaginés qu'elle était assez discrète pour que le plagiat passe inaperçu. C'est là une indélicatesse.

Il est temps que ces impostures cessent. La célébrité (et le fait d'être américain) ne permet pas de commettre des infractions. Son éditeur, J.C. Lattès devrait se rappeler qu' aux termes de l'article L. 112-4 du Code de la propriété intellectuelle, le titre d'une œuvre, dès lors qu'il présente un caractère original, est protégé comme l'œuvre elle-même.
 
L'imposture est grave car l'écrivain reprend la thématique du Secret et le reverse dans la forme romanesque, donc fictionnelle : le « code » initiatique serait donc une pure fiction, irréelle. Il s'empare du sujet initiatique des plus sérieux et en fait un embrouillage fantaisiste qui aboutit à affaiblir le véritable sujet. Il commet une grave erreur, empêchant le véritable Secret des secrets de passer. Ses éditeurs sont complices de l'imposture. Mais cela n'a rien d'étonnant : le monde de l'édition, extrêmement mercantile, a pour but essentiel de générer du bénéfice commercial. Beaucoup d'impostures empêchent la sortie du véritable Secret. Les Lecteurs sérieux ne se laissent pas prendre au piège.
Pour nous, le Livre est objet de Culture, de Connaissance, de Civilisation. Il s'agit donc de rétablir la vérité :

Voici le vrai Secret des secrets, l'original : 
par Dominique Aubier, 4e édition
ISBN : 9782916619071

D. Blumenstihl-Roth, éditeur
M.L.L. / La Bouche du Pel
BP 16 - 27240 DAMVILLE 





Dominique Aubier est l'autrice, entre autres, d'une remarquable série exégétique sur Don Quichotte. Voici ses ouvrages :


Aux éditions du Seuil, six romans : 
Le Maître-Jour ; Vive ce qu'on raconte ;
La Nourriture du feu ; Le Pas du fou ; La Reïna ; Le Détour des choses
Espagne, Collection Petite Planète, avec Manuel Tunon de Lara
España, éd. Compañia general Fabril Editora, Buenos Aires
Guerre à la Tristesse, photos Inge Morath, couverture Pablo Picasso, éd. Delpire
Séville en Fête, photos de Brassaï, préface Henry de Montherlant, éd. Delpire
Fiesta in Sevilla ed. Thames and Hudson, Londres
Fiesta Brava, photos de Català Roca, ed. Luciano Landi, Rome
Il Segreto di Pulcinella, ed. Luciano Landi, Rome
La Duchesse d'Albe, éd. Del Duca
Altro Mondo, en collab. avec Sonali Dasgupta, éd. Longanesi, Milan
Hans Hartung, par Dominique Aubier, éd. Georges Fall, Paris
Anna - Eva Bergman, par Dominique Aubier, éd. Georges Fall, Paris

Traductions
Au Club des Libraires de France
Bernal Diaz del Castillo : la Conquête du Mexique ; Le Cid Campeador
Cervantès : Le Retable des Merveilles
Aux éditions Les Impénitents : Cervantès, La Danse du Château,
Coffret, burins de Louis Chavignier, frontispice d'Alberto Giacometti
Aux éditions de l'Arche : Lope de Vega : Fonteoveruna

Œuvre d'enseigner
L'Urgence du Sabbat, éd. Mont-Blanc
Le Cas Juif, éd. Mont-Blanc
Le Principe du langage ou l'Alphabet hébraïque, rééd. M.L.L.
La Synthèse des Sciences, ou l'Hébreu en gloire, éd. Qorban
Réponse à Hitler, éd. Qorban
Deux Secrets pour une Espagne, éd. Arthaud/Qorban
Catalina, ou la Bonaventure dite aux Français, éd. M.L.L.
Le Secret des secrets (introduction à la Face cachée du Cerveau), éd. Universitaires, éd. M.L.L.
La Face cachée du Cerveau, éd. Séveyrat, éd. Dervy, éd. M.L.L. 
Le Réel au Pouvoir, éd. Dervy, éd. M.L.L.
L'Ordre cosmique, éd. M.L.L.
La Puissance de Voir selon le Tch'an et le Zen, éd. M.L.L.
Tir de Voyance sur Mururoa, éd. M.L.L.
Lire sa Vie et décrocher sa timbale de destin, éd. M.L.L.
Ces désastres qu'on nous fabrique, éd. M.L.L.
Le Pouvoir de la Rose, éd. M.L.L.
Bolliyoud, le Cinéma Indien, éd. M.L.L.
L'Alzheimer, étiologie établie sous regard kabbalistique, éd. M.L.L.
Quand le Sacré fait du Cinéma, éd. M.L.L.
Inédit 1. et Inédits 2. , éd. M.L.L.
La 23e Lettre de l'Alphabet hébreu, éd. M.L.L
Rebâtir le monde, éd. M.L.L.
La Lecture des Symboles, éd. M.L.L.
 
Exégèse de Don Quichotte
— Don Quichotte prophète d'Israël, éd. Robert Laffont, éd. Ivréa
— Don Quijote, profeta y cabalista, ed. Obelisco, Barcelone
— Victoire pour Don Quichotte, les sources hébraïques et araméennes de Don Quichotte, éd. M.L.L.