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jeudi 4 août 2022

Le messianisme, tel qu'il s'écrit… (1 / 2)

Le messianisme (1 / 2)

(ou la vraie grammaire du bon langage) par D. Blumenstihl-Roth


1. Les espiègleries du rabbin

Dans une de ses histoires drôles dont il a secret, le rabbin Marc-Alain Ouaknin (qui ne m'en voudra pas puisqu'il est un ami), en comique assermenté mais philosophe tourmenté, affirme tout en parlant de « la joie du Messie », que « le messie est fait pour ne pas venir » (cf son livre Concerto pour 4 consonnes sans voyelles, éd. Balland p. 124). Devant pareille contradiction, le lecteur reste en effet les bras ballants, car ce trait d'humour — si c'en est un — serait plaisant s'il n'engageait une responsabilité. Est-ce l'expression d'une conviction profonde ? Ou une provocation pour choquer tout exprès ? Une phrase destinée à faire réfléchir ?

En tout cas, la philosophie offre ici, sous trait d'une facétie, une occasion remarquable de faire commettre au rabbin une sacrée erreur. Il oublie en effet que le Yod est la lettre qui rend juif, pas philosophe. A moins que la philosophie juive se trouve dans le Yod ? Dans ce cas, la négation du messianisme disqualifierait l'auteur de la plaisanterie d'autant qu'il ne s'en est pas expliqué ultérieurement. La lettre Yod, marque de l'énergie évolutive, impose précisément la nécessité qu'a le messianisme de venir, dans sa phase résolutive et aboutie, exégétique et explicative : c'est un processus civilisateur auquel le judaïsme travaille sans relâche, au travers de la transmission de la Connaissance, assumée sous toutes ses formes Torah, Talmud, Michna, Kabbale. Rappelons également que la Shoah n'a eu d'autre objectif qu'anéantir la certitude de la venue messianique, et croire un seul instant qu'elle serait faite « pour ne pas venir » revient à créditer dangereusement l'option négationiste qui n'attendait pas tant de bons secours à ses thèses. Pour ce qui nous concerne, l'accomplissement messianique, sans aucun doute, ne peut que venir, il est déjà en cours, les termes de l'espérance, de l'attente s'étant transformés en effectuation dès lors que le peuple-témoin a opéré son retour. C'est là le signal des temps qui confirme le retour de la lumière, l'avancée sans rétrogradation sur les formes antiques de participation au sacré — tout en les respectant —, le passage des temps symbolistes aux temps exégétiques. Ce à quoi nous travaillons, ici même.


2. Les quatre lettres du mot Massiah, Mem, Schin, Yod, Het

ne sauraient être écrites en vain, en vue d'une non-réalité : est nommé ce qui doit advenir, le cycle messianique (Mem) affirme les valeurs du Verbe (Schin), et le Yod en transporte l'énergie pour la construction de l'édifice Het solidement planté sur ses deux piliers. Il est normatif que ce mot codé suscite de violentes inversions, y compris dans les rangs du judaïsme, et paradoxalement sous la plume d'auteurs dont l'expertise retournée se met à nier l'intensité de l'appel premier. Ce qui était à l'endroit informationnel une donnée positive devient, côté manifestant, une précision négative. Dès lors, là où était la négation, là se trouvait niée, la vérité. Le reniement du messianisme est donc un interprétat régulier, qu'ici même nous redressons afin qu'un « oui » se pose clairement sur la question messianique : il se situe du côté « Tov » de la Vie.

On rencontre également le mot Massiah avec une orthographe différente, qui a sa raison d'être. En effet, dans certains textes, il se termine par un Alef, et compte alors 5 lettres. Dans ce cas, c'est le mot araméen. La signature en 5 lettres évoque la terminaison cyclique symbolisée par la valeur 5 qui signale la phase d'aboutissement des 5 couches évolutives. On se reportera à la FCC*, volume II, p. 183 pour en avoir l'explication. L'Alef, ajouté à Massiah, signe l'aboutissement messianique par son retour à la première lettre d'ouverture. Il en découle que le Messie doit connaître le système Alef — système d'absolu — tandis que le mot écrit sans Alef désigne le stade de l'attente de « celui qui viendra ». Quant à savoir s'il n'est pas « déjà venu », comme le professe le christianisme, je ne doute pas que Jésus a marqué de son empreinte l'ouverture du cycle messianique en tant qu'informateur, mais qu'il n'en est pas pour autant celui qui le mène jusqu'au bout, étant très clairement acteur de prémisses symboliques et non l'explicateur de la mission qu'il professe : il est lui-même le symbole qu'il représente, annonciateur des temps messianiques, annonciateur du processus historique douloureux en ce que sa crucifixion organisée et exécutée par le bourreau occidental romain préfigure la Shoa, le sort négationiste infligé à la pureté sinaïtique quand elle pénètre en territoire d'Esaü. La Croix symbolise dramatiquement la séparation maximale Gauche et Droite entre qui Fait et Qui sait, écartèlement funeste sur la lettre Het, dont les forces entropiques ont coupé la barre transversale qui devait les unir, et empêché l'apparition de l'Aleph supplémentaire qui donnait au messianisme l'ampleur du retour. Retour qui s'opère tout de même, historiquement daté en 1948 par la proclamation officielle de l'Etat d'Israël et le retour du peuple sur la terre de Canaan.

Dès lors, en matière de messianisme, il reste encore du travail à faire : repérer les acteurs ayant agi pour son ouverture, relever les étapes progressives toujours assumées par un individu mandaté, ajouter sa propre participation à la propagation de l'explication, cela dût-il incommoder les partisans de la rigidité retranchés sur les confortables lignes arrières du front. Et cesser toute accusation antisémite, quelle qu'elle soit, singulièrement celles qui voudraient se construire une légitimité sur des fondements religieux.


3. L'araméen et l'hébreu

Ces deux langues forment ensemble une structure en dualité, la première étant l'extériorisation de la seconde, araméen en Qui Fait, l'hébreu en Qui Sait. L'un fait ce que l'autre sait. Dès lors l'expression « le roi messie » s'écrit-elle « Machikah » avec un Alef en terminaison. Ce qui signifie que le messianisme annoncé par l'hébreu sera métabolisé « en face », dans le secteur Qui Fait. Le messie trouve donc dans l'araméen une première « sortie » réaliste, mais toujours de type informatif, l'araméen se situant dans la sphère hébraïque générale, formant une unité de type Qui Sait. Le processus est cependant bien tracé : il y a échange latéral et passage à la métabolisation. C'est en conséquence dans une région évolutive en partenariat, analogue à l'araméen en Qui Fait, que le messianisme résolutif se produira. En plein territoire opposite au Qui Sait, donc face à Israël, là-même où règne la puissance fabriquante, lourdement matérialiste. Or analogiquement, l'Occident occupe structuralement ce lieu, que l'on identifie sous le nom du personnage biblique d'Esaü, le frère ennemi de Jacob. Dès lors c'est dans l'empire d'Edom — autre nom d'Esaü — que le messianisme est appelé à surgir.

Dans l'expression araméenne « Hilkta le Machikha », le mot « hilkta » s'écrit avec un Tav, duquel sort l'Alef terminal. Il émerge à la fin d'un cycle, d'un parcours historique nommé la « halaka », c'est-à-dire la démarche, l'avancée. « Dans cette expression, les deux mots se suivent et se terminent chacun par un Alef. Le premier marque la démarche menant à la sortie messianique, le second porte sur le résultat de cette démarche. »

 On en peut déduire, au risque de déplaire, d'offusquer ou d'insurger que si l'hébreu ne met pas d'Alef à la fin du mot qui désigne le messie, cela signifie que le messie de la résolution explicative n'est pas juif et que si l'hébreu, langue de vérité cependant grave un Yod dans ce mot, c'est pour inscrire la participation éminente du judaïsme dans le processus y conduisant. Le Yod induit le Het, lettre de structuration édifiée sur deux pylônes en Gauche et Droite reliés l'un à l'autre en hauteur par l'échange latéral : passage de Qui Sait vers le Qui Fait et de la colonne gauche du Het émerge l'Alef terminal devant s'y ajouter. L'Alef s'inscrit alors dans l'espace du Qui Fait où le messianisme passe à l'acte — au cœur de l'enfer d'Esaü.


4. Le partenariat de l'adversité

Le partenariat obligatoire avec l'adversité du Qui Fait fut toujours présent à l'esprit des initiés. Le Maharal de Prague avait compris que les forces du mal participaient à la prise en charge du messianisme, et symboliquement plus d'un personnage biblique a commis cette « coupable » union des contraires que l'orthodoxie des rigoureuses lois de séparation condamne dans le cadre général de la vie sociale hébraïque. C'est précisément par souci pédagogique d'instruction pour l'avenir et comme marquage symbolique des archétypes à observer que Moïse épousa Tsiporah qui n'est pour le moins pas exactement issue de la Communauté. C'est elle qui sauvera Moïse lorsqu'il tomba gravement malade pour avoir oublié de pratiquer la circoncision à leur fils. Sans Tsiporah, pas de sortie d'Egypte… C'est grâce à son mariage quelque peu scabreux avec Ahashveroch qu'Esther, devenue reine par cette union, parvient à inverser le cours de l'histoire et empêcher le génocide. C'est par son action en plein territoire adverse qu'elle sauve non seulement le peuple, mais le message sinaïtique qui, grâce à elle, poursuit sa transmission… jusqu'à résolution messianique totale.

Le messianisme en tant que mouvement civilisateur devant opérer en Occident rencontre l'adversaire irréductible qu'est Amaleq. Exacerbant tous les traits de caractères négatifs d'Esaü sans en garder aucune des atténuations qui adoucissent quelque peu la rigueur du frère de Jacob, Amaleq s'en prend au judaïsme, en fait sa proie, vise à l'exterminer. La Shoa en sera la méthode, instrument négateur du messianisme. C'est par la férocité de la Shoa que l'on peut — par inversion — déduire l'irrévocable avènement messianique : objectif satanique du nazisme, détruire le peuple porteur de l'information Yod afin d'interdire l'écriture du Het, et plus encore celle de l'Alef de Massiah. Crime de longtemps annoncé symboliquement par la crucifixion, dont le pape Benoît XVI, en subtil théologien avait écrit qu'elle préfigurait le supplice qu'infligerait la descendance d'Amaleq — l'Occident au travers des légions romaines —à l'espérance messianique.

Il n'en reste pas moins qu'à l'issue du désastre l'incroyable s'est produit ; cela même que les tenants de la négation voulaient interdire s'est réalisé : le retour historique d'Israël sur les terres abrahamiques d'origine, la reconduction de « l'éternel retour » sur les lieux de la généalogie d'Isaac et d'AbraHam. Signe que le message a été délivré en Occident, signe également que le mode inversé de la négation s'est retourné : il est désormais possible d'atteindre le sens, de comprendre, de toucher directement la « Bathcol », la voix du Verbe, possibilité donnée à tous, universellement, suite au dégagement des lois de l'herméneutique libérée de la stricte enclave hébraïque qui n'en perd pas pour autant ni sa compétence ni son prestige. Eclaircissements permettant de percer la brume des symbolismes religieux, certes flamboyants, (somptueux dans le catholicisme), mais jamais explicatifs de leur propre raison d'être : seul l'accès au Code des archétypes calqué sur l'édifice des Lettres hébraïques donne la vision aboutie du Système et sa structure, libérant l'esprit des couches corticales premières, passant à la seconde instance du cycle civilisateur post-symboliste.

Le messianisme est en ce sens un état de la révélation. La révélation des lettres sinaïtiques se voit offerte à tous et les « Klalims », les « armes », c'est-à-dire les conseils et les lois, les règles de pensée, le Code des Lettres sont à la portée de tout esprit désirant les connaître. Ce que le sage taoïste appelait « les détails de la Grande Norme » constitue ce Code, « la vraie grammaire du bon langage » dira Cervantès, « quand l'usage les accompagne ». Cette « vraie grammaire » chère à Don Quichotte, ce sont les normes du modèle absolu, les critères de ce que l'on appelle l' « herméneutique hébraïque ».

 

(la suite dans un prochain Blog)

N.B. Les textes publiés sur ce blog sont soumis au ©

 

Références :

Le Principe du langage ou l'Alphabet hébraïque

Les secrets de l'Alphabet hébreu

Exégèse de Don Quichotte

— *FCC : La Face cachée du Cerveau 

samedi 23 juillet 2022

Le secret d'Israël. Par D. Blumenstihl-Roth

Le secret d'Israël
par Dominique Blumenstihl-Roth


On a souvent tendance à confondre YHVH et ELOHIM.
Le mot hébreu Elohim est un pluriel et s'écrit Alef, Lamed, Hé, Yod, Mem.
Il désigne les choses de la nature, le réel pouvant être connu par l'expérience, les faits pouvant être étudiés. Le savoir objectif peut accéder à la connaissance d'Elohim, la science permet d'en cerner le territoire.
Le mot YHVH quant à lui, en hébreu Yod, Hé, Vav, Hé est en réalité « imprononçable ». Il implique une abstraction qui ne se dissout pas dans le visible, mais ses valeurs y sont actives. Il implique l'intelligence du système qui régit le fonctionnement du modèle absolu, dont les « choses du réel » et de la Nature sont les résultats visibles.
Lettre à lettre : Hé, c'est la Droite et la Gauche dans les deux instances d'un cycle visité par l'énergie Yod. Vav indique la mesure des métabolisme propres à la seconde instance (après Yod - Hé), elle aussi tributaire de la dialectique Droite-Gauche. Dès lors YHVH ne relève pas de la métabolisation, ni des choses concrètes. Il est la contraction lettrique des lois du système Alef, dont seuls les effets sont visibles, non la cause.
On relira à ce sujet l'étude réalisée cet ouvrage magistral : Le Principe du Langage ou l'Alphabet hébraïque. (Ce livre présente la dynamique des lettres hébraïques, mise en relation avec l'ensemble du système cérébral. Une donnée oubliée, voire ignorée des commentateurs actuels qui glosent sur les éléments de la tradition tout en occultant le code systémique présidant à l'ensemble de la structure.)
Partant de cette ignorance de l'identité du motif d'absolu, de nombreux auteurs, davantage férus de philosophie que de Connaissance, s'enfoncent dans les errances que Heidegger appelle en Allemand « Holzwege » — chemins qui ne mènent nulle part — et inventent une fausse initiation selon laquelle la quête infinie serait à elle-même la raison d'être de toute initiation.
C'est là une conception tout à l'opposé de la révélation donnée au Sinaï : en rien le dévoilement des Lettres ne propose une errance, ni l'infinitude du débat. L'Alphabet se donne en code résolutoire de vérité, sans partage avec les idées d'Aristote.

Emmanuel Lévinas a signalé combien l'école philosophique a amoindri la pertinence des efforts rabbiniques, au point que nul rabbin désormais n'ose s'affranchir de cette discipline dont il croit qu'elle serait la partenaire indispensable de la révélation. La philosophie, en effet, ne résout aucune question existentielle, tandis qu'elle démultiplie les questionnements, plonge les esprits dans la perplexité — use d'une enflure du langage qui suscite l'ennuagement total de la pensée de plus en plus distanciée de toute forme d'instruction initiatique.
Aucun initié sérieux ne fera allégeance à cette disciple incertaine, séduisante dans ses épanchements, mais en rivalité avec le principe de révélation. Et que l'on ne me cite pas l'admirable Spinoza parmi les philosophes, que ces derniers ont « récupéré » dans leur obédience : toute la connaissance de Spinoza sort droit de la kabbale, étant lui-même le fils d'un rabbin séfarade, expert de l'hébreu et de l'herméneutique hébraïque. Opticien polisseur de verres de lunettes, il a lissé bien des concepts issus de la kabbale pour les introduire dans la pensée occidentale sous couvert de philosophie, sage précaution sans quoi ses propositions d' « amendement de l'esprit » seraient restées sans suite.

Le problème du judaïsme (« mais pas que »)
c'est qu'il est pétrifié dans son zèle à respecter le carcan des normes rabbiniques fixées pendant l'exil de Babylone et que sa volonté de modernisation s'est réalisée par la philosophie qui n'ouvre en rien le sens de la Révélation. Rabbi Hayyim de Volozhyn (1759 - 1821) a observé ce phénomène et s'exprime en ces termes dans son ouvrage L'âme de la vie (éd. Verdier,p. 123) : « Depuis longtemps nous sommes privés du maître, chacun suit son propre chemin, suivant les tendances de son esprit, et le penchant naturel de la spéculation pousse la réflexion à s'élever exclusivement sur les ailes de la pensée vers une spiritualisation abstraite… »
Le rabbinisme actuel, en tout respect de sa noble fonction, comparé à l'enseignement des grands maîtres de la tradition que furent par exemple Moïse de Leon, Isaac Louria, Rambam ou encore Rabbi Hayim de Volozhyn, me paraît extrêmement démuni et déconnecté des concepts régissant l'exactitude de la connaissance hébraïque. Je rejoins en ce sens l'historien Moshé Idel, qui écrit que « les maîtres ont oublié le secret du vêtement… » (cf. Les kabbalistes de la nuit, p. 53). Certes, leur savoir est immense, ils connaissent les textes par cœur. Et cependant l'accès au sens — l'accès au quatrième niveau de la formule Pardès — me paraît sérieusement obturé, tant ils en restent, dans leurs lectures, dans leurs interprétations, en-dessous du sens exact. Pour justifier cette inadéquation face au sens, il est une mode qui prétend que les interprétations des textes seraient infinies, c'est là un astucieux argumentaire permettant de tourner en rond au niveau du Remez et du Drash, les deuxième et troisième niveaux de lecture. Un tourbillon bouillonnant d'interprétations subtiles génère l'étourdissement de la pensée qui croit avoir résolu la question, alors que le quatrième niveau, celui du Sod, reste hors d'atteinte, faute de la clé de lecture.
Emmanuel Lévinas signalait dramatiquement que « le judaïsme ne se dit même plus contenu culturel. Dans l'ignorance totale de ses sources et de ses fondements… » (in : L'au-delà du Verset, éditions de Minuit, 1986, p. 22).
Il faut, à mon sens, tout d'abord se rappeler — ou (ré)apprendre ce qu'est Israël.

Israël est le nom d'un peuple, d'un pays, d'une communauté vivante ayant un lieu de présence sur terre qui porte ce nom. Il fut donné à Jacob, à deux reprises — redoublement —, une fois par l'ange qu'il affronta au gué de Yabbok et une fois par Dieu lui-même.
Israël s'écrit :
י שׂ ר א ל
Yod en initiale désigne l'énergie cosmique convoyée par le premier échange latéral depuis l'invisible. C'est la lettre de transmission. Le message parti depuis l'invisible à l'instant zéro de la Création…
Schin (pointé à gauche) se prononce Sin et indique que l'énergie du Yod cosmique doit avoir circulé de tête recevante en tête recevante pour que le nom d'Israël soit mérité. Il faut que le système du Verbe ait été capté tout au long d'un cycle dûment mesuré par les 3 niveaux d'organisation (PaRD) que signalent les 3 pointes du Schin. Quand cette lettre est pointée à Droite, cela veut dire que l'énergie va courir sur les 3 périodes porteuses. Pointée à Gauche, l'énergie représentée par le point indique que le programme est entièrement réalisé. Cette réussite est inscrite dans le nom d'Israël. « Les 3 niveaux d'organisation repérables à l'œil nu dans le Schin / Sin renvoient à une norme du système de vérité. Rien ne se construit en ce monde sans que, dans une unité matricielle d'essence corticale, la métabolisation n'ait rempli les 3 plans d'organisation s'inscrivant dans les 5 couches du corpus cérébral matérialisantes. »* Le Sin inscrit dans Israël présente ces 3 niveaux d'organisation comme ayant été vécus — ou devant l'être impérativement.
Le Resch, c'est « Roch », structure induite par le Schin. Israël ainsi nommé s'insère dans une unité corticale, comme entité prédestinée à vivre tout un cycle de soumission à cette haute vocation. La Communauté ne sera pas libre d'échapper aux pressions directives de l'énergie cosmique.
L'Alef confirme la finalité formulée par le Sin. C'est dans cette structure cérébrale, celle de la Communauté nommée Israël, qu'à terme apparaîtra l'Alef du système. Ses éléments en seront si bien captés, décrits, catalogués, qu'ils deviendront objets d'enseignement.
Lamed confirme et nomme cet enseignement.*
Israël, dès lors, a pour mission de capter les normes du système de vérité et de les préparer pour qu'elles puissent être enseignées universellement. C'est là une importance fonctionnelle qui ne plaît pas à tout le monde. Mais le programme assigné par Sin, vérifié par Alef, a été pleinement rempli par la Communauté — et son élite — qui en étaient responsables. Les 3 niveaux d'organisation représentés par la lettre Sin marquent son histoire culturelle : Torah, Talmud, Kabbale. L'élite juive a bien dégagé les lois herméneutiques qui décrivent le système de vérité.

Le peuple juif n'a pas raté sa mission.
« Ce grand-œuvre, le plus important qui se puisse concevoir au service de l'essor civilisateur, a été accompli en temps utile. Mais le temps, lui aussi, a fait son œuvre, et ces données, versées sous la forme de symbolisme dans la conscience humaine, se sont distancées peu à peu de leur raison d'être si bien que le formalisme religieux tout en consacrant ces données, n'en donne plus le sens »*. Une oxydation s'est déposée sur les « armes » de la Connaissance, et c'est à cela que fait allusion Don Quichotte quand, au tout début de ses aventures, avant de se lancer dans le monde pour redresser les torts, il commence par ôter la rouille recouvrant l'arsenal — algunas armas — quelque peu délaissé qu'il vient de retrouver. C'est aux critères initiatiques de la kabbale hébraïque qu'il va redonner le lustre en les tirant de l'oubli, en les ressortant de leur cachette où ces armes furent enfouies comme un trésor qui, un jour, recouvrirait sa splendeur, redonnée à une communauté harcelée et expulsée par la police inquisitoriale.

Israël ne se sépare jamais de la lettre Rech qui se grave en son centre. Israël connaît le nom et la nature du Modèle d'Absolu, quand bien même les modernes se sont engoncés dans des options peu éclairantes sous influence occidentale détachée du système divin qui seul garantit la pérennité de l'Alliance.
On remarque dans le graphisme du Resch une sorte de « toupet » qui monte à l'avant, et qui désigne l'accrochage de l'énergie. La haute plate-forme horizontale surplombe l'axe droitier et représente la circulation de l'énergie de Qui-Sait vers le Qui-Fait. Cette lettre indique qu'il faut se référer au Cerveau pour comprendre le génie ontologique d'Israël. C'est d'être une antenne qui capte les émissions cosmiques. L'antenne, c'est l'aire du langage.* La zone de phonation de la terre est sous la pression directe de l'énergie vitale. Israël en assume le rôle dans le cerveau planétaire, de là que le système Alef a été absorbé par les « fortes têtes » de l'élite hébraïque d'antan. Jérusalem est en ce sens le point d'impact de l'échange latéral où l'énergie du Qui-Sait invisible s'insère sur terre. C'est là que le verbe s'inocule. Et je veux d'emblée préciser que les autres traditions et cultures du monde n'en reçoivent pas moins, à égalité de dignité, leur juste part des effluves divines, mais c'est en ce lieu disputé entre tous — et pour cause — que l'injection de la seringuée est directe, après quoi il y a distribution de l'énergie selon un train d'onde qui la propage.
Israël en tant que réceptionnaire des données contenues dans la parole absolue ne peut que transmettre, redonner ce qu'il reçoit, tout en restant ce qu'il est sur le territoire qui lui est dévolu à jamais et dont il ne peut être exproprié. L'adversité fait la tare de la réalité qu'elle nie. Pathétique antisémitisme… A ce titre, les hallucinés qui s'imaginent qu'Israël doit disparaître, rejeté à l'eau, ou exterminé, affirment par inversion leur profonde passion à l'endroit de ce qu'ils imaginent être leur insupportable ennemi : il viendra un jour où les ennemis que l'on croyait irréductibles se transformeront en amis fidèles qui défendront mieux que tout autre la cause d'Israël.

Israël est la zone de captation du sens.
Raison pour laquelle la prophétie d'Isaïe 50-16 affirme « Tu es mon peuple ». Ce qui ne se prononce pas au détriment des autres, car l'expression « Ami ata » peut se lire également et sans changement de lettres « imi ata », c'est-à-dire « tu es avec moi ». Quant à la spécificité du lieu — le Maqom — où se déverse en direct le flux divin, il est indiqué en Exode 33-21 : « Voici un lieu près de Moi ». Le Texte ne dit pas comme cela apparaît en certaines traductions « Je suis en ce lieu » mais bien « un lieu près de moi ». L'expression « près de moi » est également une manière de signifier la propriété : on possède une chose par sa proximité et l'union que l'on fait avec elle. « Le lieu n'affecte pas mon essence, mais je suis essentiel au lieu » précise l'initié Hayyim de Volozhyn, (citant Yossi ben Halafta dans son livre l'âme du monde, éd. Verdier p. 118).
L'énergie reçue en Jérusalem, lieu de réception dévolu à Israël, se déverse sur les zones associatives. En d'autres termes, le message, sans rien perdre de son acuité, quitte la zone de la perception directe pour entrer dans celle de l'émission verbale et d'expansion ouverte au monde. La Connaissance, qui ne cesse d'être perçue en Israël, passe aux nations. Ce processus de transfert n'est rien d'autre que le « messianisme ». Je ne doute pas que l'intelligence du judaïsme reconnaîtra tout son patrimoine dans le discours messianique — dès lors qu'il sera explicité…


A découvrir :
Les secrets de l'Alphabet hébreu (série de 3 films)
La Mission juive (Réponse à H. )


Les passages de ce texte marqués d'une * sont de Dominique Aubier, tirés des ouvrages Le Principe du Langage ou l'Alphabet hébraïque, Don Quichotte la Révélation, La Porte de l'Inde et de textes encore inédits… 
 
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jeudi 14 juillet 2022

Tout est cerveau dans la réalité universelle. Par Dominique Blumenstihl-Roth

Tout est cerveau dans la réalité universelle

par Dominique Blumenstihl-Roth


Les faits vivants sont-il de simples réalités dues au hasard ? La vie, la mort des uns et des autres a-t-elle un sens ? Il se pourrait que nous vivions dans un univers insensé, sur une planète incohérente, et que nous-même menions des existences… absurdes. Les sciences voudraient nous le faire croire si je m'en tiens à leur conception selon laquelle la vie n'est qu'un processus de reproduction du même au sein d'une évolution due à l'incertitude des mutation génétiques… Tout ne serait que hasard dans un monde hasardeux, pensé par des chercheurs aussi hasardeux que leurs propres disciplines, forcément hasardeuses. Comment les croire, eux qui prétendent à la raison, dans un monde qu'ils estiment vide de tout esprit, de toute pensée, de toute métaphysique ? Il n'y aurait donc qu'eux, objectivement détachés de toute réalité qui, du haut de leur principe de neutralité et de raison, seraient habilités à juger du sens ou non-sens de l'existant ? Eux seuls, menant en quelque sorte une existence sensée, déclareraient le non-sens de tout ce qui n'est pas eux…


Ce regard plat des sciences, sans relief, du réalisme descriptif courant sur les choses, nous éloigne de la clairvoyance sur nous-même et le monde. La paresse de l'esprit incite à déclarer d'emblée que l'inattendu est insensé… que l'inconnu survenant n'a aucune signification. Grande commodité de l'âme ne se laissant déranger par rien. La science, la nôtre, celle de nos réflexes intellectuels, pratique un discours idolâtrique qui rampe sur les faits bruts ne donnant aucun accès à la compréhension du non-évident. Nous traversons nos journées sans rien voir, tout en croyant avoir vu. Comment disposer du regard ouvert sur le tout afin d'accéder au noyau actif dans les événements ? 

Il se pourrait que la Connaissance ait quelques réponses. En effet, l'initié aura recours à tout autre chose que la linéarité de la pensée ou des réflexes convenus. Il aura recours au Verbe tel qu'il projette ses résonances sur l'Alphabet, en tant que Code de la vie. L'initié — s'il l'est véritablement — procédera selon un protocole précis : d'abord un aperçu des faits. Jusque dans les détails. Une écoute des paroles prononcées autour des faits. Pour ensuite repérer le tracé et retourner les images sur le sens qu'elles couvrent.


Comment trouver le sens de « tout cela ? »

Le visuel, les événements, considérés dans leur évidence (le fameux adage : « voir les choses comme elles sont ») ne disent pas ce qu'il convient de savoir, et l'on reste démunis devant les images, que ce soient celles que l'actualité projette sur les écrans virtuels ou celles que nous rencontrons dans l'immédiateté de notre quotidien. A chacun ses événements, à chacun son narratif, ses drames, ses joies. Ici, chacun pourra insérer le récit d'une chose qui lui est arrivée. Un paragraphe racontant l'insolite tel qu'il s'inscrit dans la banalité ou l'extraordinaire de nos journées. A chacun son film personnel, tel qu'il est écrit dans le scénario que le destin lui réserve. Mais ensuite, comment trouver le sens de « tout cela ? »

Tout ce « menu fretin » surgissant à l'impromptu, aussi bien que les grands bouleversements qui ébranlent la planète seraient donc bien plus qu'eux-mêmes ? S'agirait-il de sonder ce qui se voit en arrachant à ce visible tout ce dont il est l'écume ? Comment faire ? Par quelle méthode assermentée saisir l'instantané tandis qu'il émerge du  vécu ? Comment avoir une « idée précise de l'enclos structurel dans lequel sa créativité se déplace ? » En termes kabbalistiques, je dirais : « savoir où se trouve le Guimel (les choses) dans l'unité qui s'exprime. » 

L'astuce — car il y en a une et les sciences ne l'envisagent nullement — consiste à traiter l'inopiné à l'instant où le visible ajoute une ligne aux images qui écrivent le grand codex du vivant. Sous cet éclairage, qu'en est-il de la crise économique que nous traversons ? De la guerre en Ukraine ? De l'arbre qui vient de tomber sur le toit d'une maison ? D'une voiture qui refuse de démarrer à l'instant où nous en aurions grand besoin ?

L'appel à la philosophie solutionne-t-il l'énigme ? L'extraordinaire libertinage intellectuel des philosophies explique-t-il la structure du réel ? Nous pourrions interpeller la physique quantique pour sonder la « phénoménologie », la science des événements. Qu'est-ce qu'un phénomène ?

Ah ! La physique quantique… j'y vois une habile astuce qui voudrait instiller une sorte de métaphysique au cœur de la recherche scientifique face au mur du réel qui ne cède pas ses mystères au rationalisme. Cette « nouvelle physique » a plus d'un tour dans son sac pour faire rêver à des univers parallèles, et tout l'onirisme des chercheurs y trouvera son compte, à la condition toutefois qu'au final ce soit tout de même la science qui l'emporte, étant donné que dès le départ, l'exclusion de la Connaissance et du sacré est prononcée. Sa thèse principale voudrait que le temps soit réversible, si bien que devant le pneu dégonflé de ma bicyclette, le meilleur moyen de remédier de manière « quantique » à la panne consisterait à rester assis devant la chambre à air percée et d'attendre qu'à la faveur d'une auto-réparation due à l'inévitable retour du temps antérieur, elle se regonfle d'elle-même. La thèse quantique est assez burlesque, face à la poétique de l'Eternel Retour de Nietzsche, qui s'était aperçu, dans son Zarathoustra, en des termes plus littéraires que philosophiques, que l'énergie circulant de cycle en cycle revenait à son départ en fin de parcours. Une notion bien connue des kabbalistes, et clairement écrite dans le Séfer Yetsirah : « la fin s'inscrit dans le commencement ». La précision du Séfer indique l'insertion des éléments cycliques terminaux dans le commencement du cycle, ce qui n'implique pas l'exacte identité entre les deux mais l'intégration des données résolutives réitérant et confirmant celles qui furent données au départ.

Pour la Connaissance, le Temps est l'énergie qui distille les informations que la vie perçoit par les événements. Le temps est à l'œuvre tout le temps, et surtout, il ne ralentit pas sous prétexte que la clairvoyance humaine ne suit pas… Il n'inverse pas son cours, mais revient, enrichi des métabolisations réalisées et des actes accomplis, ce qui fait dire au prophète Ezéchiel (16,8) : Le temps de l'amour est revenu. Le cycle de l'amour revient, augmenté de tout l'amour déjà donné et reçu. 


Tout est cerveau dans la réalité universelle

Selon la Connaissance et l'enseignement de mon Maître, le réel est assis sur un concept métaphysique de Création. (J'accepte qu'à cet endroit de mon texte, le lecteur rationaliste s'indigne et me bannisse de son champ de sympathie. Il pourrait tout aussi bien poursuivre la lecture, s'en amuser, et qui sait, peut-être enrichir sa propre perception du réel par cette approche hérétique ?)

La Création, non-fruit du hasard, a été forgée sur les commandes d'un Alphabet qui a suscité l'apparition du Modèle Absolu, une structure douée de parole. A partir de là, tout est cerveau dans la réalité universelle. Toute unité est cerveau… qui fonctionne comme le veut cet organe conçu en deux hémisphères symétriques organiquement, mais non égaux fonctionnellement. La démarche typique du cerveau est celle de l'influx qui s'écoule de sa source, en Qui sait (hémisphère doté de l'aire du langage) vers son homologue en Qui fait. C'est l'Echange-Latéral avec son aller-retour et montée progressive d'un degré à l'autre sur les deux côtés, une ascension connotée d'une mémorisation automatique des acquis. Cette référence cérébrale est représentée, dans l'alphabet hébreu, par la lettre Resch. Sans elle, il est impossible de « creuser le Puits » (Beer). Sans cette référence, il est impossible de voir ce qui s'écrit dans l'intention donnant corps à tout événement. Sans cette grille, nous restons à une théorisation fantaisiste du réel, une psychologisation incertaine car le visuel ne dit pas exactement ce qu'il veut faire savoir. La question est de savoir comment « voir », la vision étant associé au fait de vivre… au cours de ce que nous voyons, sans qu'il soit possible de s'en soustraire au nom d'une objectivité qui nous placerait en toute neutralité face au monde auquel nous ne participerions pas. Il faudrait tout au contraire une « épistémologie » supérieure (une lecture du sens suprême) qui nous implique totalement comme observateur-observé, et qui décode l'ensemble et le détail du réel tel qu'il s'écrit avec nous et sur nous, de sorte que la réalité en tant que production de faits et de choses en Qui fait, induits par l'énergie issu d'un Qui sait… devienne le livre ouvert des ordonnances alphabétiques.

 

Comment décoder, comment lire ? Comment trouver ce qui fut dit de « l'Autre côté » ? Si la nature de la structure est cérébrale, il est logique de songer à l'existence d'une langue maternelle originelle disant le système, ses archétypes, la structure, ses plans d'organisation et ses mouvements… Mais en disant qu'il s'agirait d'une langue plutôt qu'une autre, on suscite inévitablement l'insurrection de celles qui se sentiraient lésées de n'être pas les élues, encore qu'il ne s'agisse pas d'élection au sens de privilège, mais de fonctionnalité et de responsabilité. Je conçois l'indignation de l'Académie française qui s'entendrait dire que le Créateur a choisi une autre langue que celle de Molière pour créer le monde. Il l'aura réservée pour accomplir une autre mission, pour l'exécution de laquelle son génie spécifique en linéarité sera extrêmement efficace : la langue française (à l'instant le coq Angelo se met à chanter sous ma fenêtre !) se caractérise par la précision de sa pensée, la linéarité de son déroulé la rendant performante pour les sciences et le travail d'explication. Il n'est donc pas étonnant que ce soit en cette langue que se donne l'élucidation… du Modèle d'Absolu, mais aussi sa négation la plus virulente.


Que nous faut-il pour « voir » ?

Tout d'abord nous convaincre que les choses demandent à être vues.

Que l'on applique sur elles la règle de la réalité dicible : « tout se construit dans une structure d'essence corticale régie par l'Alphabet hébreu et son système ». Ce recours à l'alphabet s'impose d'autant qu'il est prévu par l'archétype du Retour : l'Alphabet, donné à l'origine, redonné au Sinaï — à l'intention de tous — ne peut que revenir sous la pression du retour archigénique en fin de cycle civilisateur. L'Alphabet cherchera donc à se faire « voir », au travers d'un processus visuel qui l'expose et l'explique. L'Alphabet tendra à délivrer ses secrets, en brisant les symboles qu'il avait jusque là suscités et sous lesquels il se dissimulait. Signe des temps, l'affaire des masques suite à l'épidémie de Covid. Le masque recouvrant le vrai visage doit tomber et laisser voir la vérité. La vérité dégageant la plus grande chaleur…

 

Le recours à Don Quichotte

Cet alphabet s'expose sous la forme d'un arbre donnant à voir qui il est, comment il fonctionne. Révélation et mise au clair faite par Dominique Aubier, une œuvre que je n'hésite pas à qualifier d'ordre messianique, dans la mesure où le messianisme consiste précisément à réaliser l'opération du dévoilement. Il s'impose donc de lâcher les secrets… secrets que la tradition elle-même a fini par oublier et perdre au cours des siècles, à force de vouloir les préserver. Il existe cependant une voie de conduction par laquelle les secrets contournent l'oubli, c'est la voie de Don Quichotte où Cervantès, immense initié de son temps, a consigné tous les secrets de la connaissance sinaïtique : inventeur du roman moderne (ro-man en hébreu = « la part du voyant »), il coule les critères de la connaissance dans l'enchaînement des événements racontés et ne manque pas de mettre en évidence le Modèle d'Absolu de la Tête, dans un chapitre spécialement dédié. Le Quichotte est fondé sur une structuration archétypale croisée sur l'expression de la vérité. Il est fondateur du genre roman, car il imite la vie au degré où tout en elle se trame sur la vérité. Nos existences, aussi, se façonnent sur le même dispositif. Si bien que comprendre le Quichotte, c'est comprendre la vie. C'est comprendre l'écriture du réel et son codage. Est-il surprenant de retrouver en filigrane de l'écriture cervantienne le code hébraïque qu'il a utilisé pour concevoir son œuvre ? Et que cette œuvre ait fini par dévoiler sa propre structure au travers d'une exégèse demandée par Cervantès ? La libération des secrets du Quichotte était une étape obligatoire du dévoilement, de même que la libération des galériens (chapitre 22 vol I) que nous sommes incombait au Quichotte…


Ah ! En ouvrant le Quichotte, j'ouvre un sacré chapitre, car là se donne à voir un des grands secrets de la kabbale hébraïque, permettant de voir clair en tout événement… En attendant que vous m'offriez un café, je vous donne quelques indications initiatiques permettant de lire sa vie, tirées de l'enseignement de Dominique Aubier (cf La Porte de l'Inde) :


— Voir tout ce qui se donne à voir dans le « cela » des choses, sans se laisser embrouiller par une émotivité excessive, mais utiliser l'émotion comme signal d'alerte sur la chose devant être vue, afin de remonter au « ceci » ;

— Scruter en soi l'image visionnaire qui se forme, sans rejeter rien de sa forme ni interposer un quelconque jugement sur ce qui se déroule. Ne pas être indifférent, mais impliqué, relever les détails que cette image visionnaire stimule… Ce qui se produit là est un symbole en cours de réalisation et pas seulement une réalité en train de coaguler ;

— Se rappeler que tout ce qui est visible est symbolique, y compris ce que l'on croit le plus solidement réaliste ;

— La vie est taillée dans la substance du visible, et pour entendre ce qu'elle veut dire, il faut en décoder les faits… 

Mais voilà :  Comment décoder ?

 

La procédure initiatique du 311-9

La première chose à faire, c'est dire « non » au fétichisme vénérant la science, la connaître, certes, s'en instruire, mais ne pas lui laisser l'autorité éthique ou morale. Ensuite, dire « oui » à votre sensibilité et si possible l'augmenter par la connaissance du Code des archétypes car la sensibilité ou l'intuition seules ne suffisent pas.

Une règle que les kabbalistes (sérieux) pratiquent, c'est celle du 311-9.

Pour l'appliquer, il faut apporter la référence cérébrale et donc alphabétique. Une référence que le judaïsme actuel, empêtré dans la philosophie, ignore. Il s'agit de lire l'événement Guimel (3), de le situer en 11 (Caf), lire le symbole qu'il est en son niveau Teit (9) à la lumière du Schin (300). C'est la méthode qu'emploie… Don Quichotte tout au long de ses aventures. Il s'appuie sur l'alphabet et son relief cérébral (Resch 200). Le livre nous en donne l'aspect symbolique (Tet 9) dont il faut décrypter le sens. Actuellement, la doctrine hébraïque, telle qu'elle est enseignée et comprise, souffre de l'absence du Resch — la référence cérébrale — et se voit dissolue dans les métaphores répétées mais non résolues par des maîtres secondaires ou des auteurs non initiés… mais dont la prétention est vaste.

Or  « il faut toujours verser l'événement dans le vase du Resch (200). Appeler le Verbe et ses lois (Schin 300) afin qu'il se prononce sur ce qui se déroule en Caf (11). Technique ignorée, c'est celle du Secret des secrets… » qui se donne dans don Quichotte.

311 est aussi la valeur numérique de « Ich », l'homme (Alef, Yod, Schin). C'est donc être homme véritable qu'appliquer la lecture du Code 311. C'est être humain véritablement, au-delà de la détermination biologique, qu'apporter la référence cérébrale du Schin 300 et la faire descendre sur le Caf 11, lettre où s'ouvre la seconde grande instance évolutive de l'existence, ayant intégré la phase antérieure du Tet 9, celle du symbolisme. « Les lois du Verbe pleinement connues au niveau du Schin dans l'Alphabet sont appelées à éclairer ce qui se passe en Caf 11, il s'agit donc de projeter les lois de l'esprit sur le Caf, parce que le Caf est la 11è lettre, et première lettre de la seconde instance au début du Niveau 3. Cela permet de voir ce qui se passe dans un cycle qui s'ouvre. »

— faire descendre le Schin sur le Caf ;

— situer l'événement en Caf 11 ;

— lire le symbole ayant préfiguré l'événement en 9 Tet ;

— éclairer l'ensemble avec les lois du Verbe et le code des archétypes (Schin).



Note : Comme il est électrique et de haute tension, ce mot de « messianisme » ! A vrai dire, il désigne tout simplement, dans la perspective hébraïque, l'émergence d'un moment historique où se produit une explosion intellectuelle permettant d'établir les données de la connaissance dans la fluidité de la raison commune. C'est une délivrance explicative, dissolvant les symboles, en les reconduisant à leur raison d'être, par l'instrument qui les a fondés, c'est-à-dire l'émergence du Rosch explicatif. En l'absence de Rosch, Modèle Absolu, vu, assumé, assimilé et enseigné, il n'y a pas de messianisme complet. Noble mission de la France (Tzarfat en hébreu), selon la prophétie Obadia verset 20, que prendre en charge ce programme initialement donné depuis le Sinaï et exposé par la geste du Quichotte sous forme symbolique. Une grande mise au clair qui ferait de la France la nation du messianisme résolutif… Je devrais dire : qui fait d'elle, car le travail est déjà en cours.


— Les passages entre « » sont de Dominique Aubier, citations extraites de ses ouvrages La Porte de l'Inde, La Face cachée du Cerveau, Victoire pour Don Quichotte…

Tous les livres et films sur les secrets de l'Alphabet hébreu sont disponibles sur le site de l'Auteure.

samedi 2 juillet 2022

La Connaissance, le Moi et le Soi. Par Dominique Aubier

Texte inédit de Dominique Aubier
publié ici à l'occasion du centenaire de sa naissance
 
La Connaissance, le Moi et le Soi
 
Pour extraire certaines significations des patterns offerts par les descriptions objectives, il arrivera que l'on doive interpeller un autre type de témoins que ceux considérés comme incontestables, et que l'on soit forcé, même, de convoquer le témoignage le moins valable qui soit, aux yeux de la Science et de la rationalité. Je veux parler du témoignage subjectif.

La notion de motif unique suffira-t-elle à ennoblir la participation du « Je » ? Le « moi » est haïssable par définition, (surtout celui des autres, disait Paul Valéry), non seulement au salon mais au laboratoire, bien que l'on n'ait jamais vu un être humain capable de s'en défaire. Valéry s'amusait beaucoup à souligner le contraste entre la proclamation chrétienne « Aime ton prochain comme toi-même » et le principe de sociabilité élémentaire proclamant avec entregent que le « moi est haïssable ». A rapprocher les deux affirmations, on obtient qu'aimer son prochain comme soi-même consisterait à le haïr au nom du « moi »… 

La Connaissance s'établit clairement sur le Soi
Se connaître soi-même c'est connaître son Seigneur, dit l'adage soufi. « Connais-toi toi-même » disait Socrate. On a trop souvent pris ce conseil dans le sens commercial des échanges humains, lorsqu'ils mettent en rapport de forces des prédispositions psychiques. Au sens où le Soufi, l'Hindouiste et de manière générale l'être de Connaissance revendique la connaissance de soi comme terme essentiel de l'instruction initiatique, ce n'est pas la psyché qui est invoquée. Il suffit de lire attentivement les Upanishads où l'appel au Soi va jusqu'à définir Brahman pour pressentir que les valeurs visées dans l'Etre ne sont pas celles qu'une psychologie tempéramentale atteint dans les particularités des comportements humains. « Vous connaissez vraiment le Soi ; il est unique, en lui s'entrelacent et le ciel et la terre » (Six Upanhishads majeures, éd. Le courrier du Livre, Paris 1971, p. 61).
Le Soi dont il s'agit ici n'est rien d'autre que la structure déterminante des procédures du réel que La Face Cachée du Cerveau cherche à faire descendre dans l'intelligibilité. « Sache que le Soi est le chef du chariot et que le corps est le chariot, Sache que l'intellect en est le cocher ; que ses rênes sont le mental » (Upanishads, idem p. 162)

Le cerveau en tant que structure constitue le Soi dont il faut avoir la connaissance. Il s'agit d'en découvrir les caractéristiques fonctionnelles par l'attention retournée sur les modalités de pensée. Dans cette position, l'œil révulsé vers le dedans surveille les impondérables mouvements de l'activité cérébrale et distingue en eux des phases expressives, des seuils d'individuation. Je suis amenée à commettre l'impair d'en appeler à mes expériences personnelles pour clarifier certains mécanismes que les descriptions objectives permettent certes de comprendre, à la condition qu'on en ait, par ailleurs, surpris le dynamisme. C'est l'avantage de l'introspection lorsqu'elle se laisse fasciner par les mécanismes cérébraux que fournir l'image mobile des phénomènes que les descriptions « par le dehors » présentent dans la fixité de la chose déjà constituée. Dois-je demander pardon pour la faute qu'il me faut commettre de parler de moi ? Ou puis-je faire valoir que le modèle absolu ne m'ayant pas épargné sa présence, j'ai comme n'importe qui, possédant un cortex, la possibilité de raconter comment il s'y est pris pour me faire rouler à tombeau ouvert sur la pente qui conduisait à la compréhension de ses capacités de chef ? Ou me contenter d'avertir le lecteur qu'il y aura des pauses entre les grandes traques ?
 
De petits parcs à la française ouvrent leurs charmes plus ou moins littéraires au lecteur lassé de traquer un furet qui court, qui court, comme le dit la chanson. Je réserve des promenades dans des espaces verts qui sont aussi des espaces de liberté et on y peut y critiquer l'auteur tout à l'aise. Il faut bien s'agacer les dents contre quelqu'un lorsqu'on approche de la vérité. On n'a jamais dit, en milieu sagace, que le bien venait sans la compagnie du mal. Que le lecteur libère donc ses rancœurs contre le soi du moi qui n'est pas le sien. Il n'en retombera pas moins dans les traces du moi qui décrit le soi de tout le monde. « Le Soi ne se révèle pas. Il est caché dans tous les êtres. Ceux qui perçoivent l'immatériel le voient par l'acuité d'une attentive intelligence »… 
 
 

lundi 20 juin 2022

Avoir du cœur est une affaire d'intelligence… Texte original de Dominique Aubier

Avoir du cœur est une affaire d'intelligence

Un texte original de Dominique Aubier

(publié à l'occasion du centième anniversaire de la naissance de Dominique Aubier)



Il y a 6 mois environ, j'ai reçu une longue lettre émanant d'une lectrice qui suit attentivement mes travaux mais qui finissait par enregistrer dans sa conscience un malaise. D'un côté, elle adhérait à ma thèse qui lui inspirait le plus grand respect pour l'hébraïsme. Mais par ailleurs, vivant dans le monde actuel, elle était pleine de compassion pour les Palestiniens et de ce fait jugeait avec sévérité le comportement de la nation dite Israël. Elle en éprouvait une antipathie irrésistible qui la mettait en contradiction avec mes enseignements. Je n'ai pas répondu tout de suite à sa requête. Mais dernièrement, une voix apparemment autorisé par la religion, m'a demandé si j'aimais les créatures de Dieu, elle paraissait en douter, alors qu'elle me reconnaissait un intérêt passionné pour la création et le Créateur. A ses yeux, j'étais dans une situation équivoque aimant la cause et pas les effets. Ce reproche, étant renouvelé, demande de ma part un possible éclaircissement.

 

Mais je ne peux pas le fournir sans invoquer les éléments informationnels sur lesquels s'appuient et mon intellect et ma psyché. Pour bien les comprendre, mieux vaut avoir vu le film L'Impromptu de Genèse. Ce document rend sensible la juxtaposition associative de deux décisions créatrices, l'une faisant apparaître la structure porteuse au moyen de la lettre Bet qui a été choisie pour remplir cet office organique, l'autre, le codage de l'alphabet qui rend sensible un déclic programmé selon lequel l'énergie cosmique investirait la structure prévue. Cet événement initial aurait été déclenché par le jeu du Tsm-Tsoum dans le Hé initial de l'alphabet, mouvement réalisé par l'énergie ambulante, le Yod. Cette opération se réalise automatiquement au moment codé d'avance où le Hé, dans la partie féminine éprouve l'émotion d'être sans énergie. Le fait de la lui accorder déclenche la Création. Cet acte est enregistré dans la structure sous la forme du point qui est au cœur du Bet dans Béréschit. Ce point représente la percée de l'énergie divine qui continue de s'écouler dans la réalité crée. Les écritures bibliques présentent sans cesse des lettres habitées par ce point, et c'est chaque fois dans l'intention de spécifier « cliniquement » une situation spécifique. Le bon lecteur de la Bible lit les points et suit à travers eux le circuit de l'énergie nourrissant la Création (continuité chronologique).

 

De ce dispositif duel il résulte une obligation, celle de se représenter d'une part l'état de l'organisme cosmique et d'autre part de suivre la percée dynamique de l'énergie qui le pénètre selon un ordre immuable, au fil du temps. Il y a donc deux problèmes à résoudre, d'une part, voir dans quel état se trouve la structure créée, l'étudier et le constater. D'autre part, décrypter le niveau où se trouve l'énergie. Dans cette optique, deux sortes de situation sont à différencier : énergie et structure. Quand l'énergie cosmique dévale et cascade sur son relief alphabétique prévu, dans la structure, tout se passe bien. Mais quand les hommes apparaissent, une capacité d'agir interfère et à partir de là, le parallélisme entre la structure et l'énergie n'est plus automatique, il est altéré par le comportement humain. Que celui-ci soit bon, semi-bon ou mauvais, il sera ce que les événements en font. Les événements, en s'accumulant, fondent à leur tour une influence. C'est ce que la pensée indienne appelle le karma, la Loi des actes. Le judaïsme l'appelle Mazal, la somme des événements. Mazal ou Karma, une réalité vivante parce que vécue se fait enregistrer comme un élément déterminant, lequel agit forcément à l'intérieur d'une unité tributaire de la situation alphabétique.

 

Cela complique le devoir d'y voir clair. C'est cette obligation qui me paralyse quand je dois parler ouvertement au public d'Internet. Cet auditoire m'est très sympathique, il présente un état d'esprit consensuel dont il est bon que je tienne compte, mais pas trop car si je m'adresse strictement à ce qu'il est capable d'assimiler, je ne révélerai rien de ce qui est de ma pensée personnelle et surtout je ne laisserai pas voir qu'il existe dans la nature une façon de penser autre que celle du regard instinctif. Dans les prestations, je veille à ce que chacun de mes objectifs reçoive sa part de satisfaction. Et je ne néglige jamais celui qui a pour but de faire comprendre la réalité de la pensée systémique et d'en faire désirer l'appropriation. Si je ne respectais pas cette part de communication, mes commentaires resteraient des illustrations imagées, comiques ou sérieuses, venant en quelque sorte agrémenter le passage du temps.

 

Mais je ne suis pas un amuseur public. Qu'on ne s'y trompe pas. A la lumière de ces précisions, je puis dire qu'effectivement je m'occupe surtout de l'écoulement de l'énergie et du système alphabétique où il se canalise, ce qui revient à privilégier l'aspect créateur du réel. Cela ne veut pas dire que la présence objective des êtres humains, de leur état de compréhension ou d'ignorance me soit indifférent. Il est vrai aussi que je ne m'attarde pas dans l'expression de ma compassion. Je n'en ai pas le loisir étant pressée par l'urgence d'accomplir mon devoir qui est de révéler en l'actualisant le don initial du modèle absolu.

Ce constat portant sur la disposition d'âme qui serait contradictoire en moi m'a rappelé un de mes premiers lecteurs. Dès mes premiers livres, il a été enthousiaste. Puis, un jour, il a rompu avec moi, très solennellement, en disant qu'il renonçait à suivre mes instructions parce qu'il voyait en moi une sorte de jubilation intellectuelle qui restait indifférente pour ne pas dire étrangère à la difficulté d'être un homme vivant. Où est le cœur, dans tous ces enseignements, me demandait-il. Je lui ai dit que le cœur, en hébreu, c'est Leb. Lamed Bet. Autrement dit : la structure enseigne. Le réel nous enseigne. Avoir du cœur, c'est donc faire acte d'intelligence. L'abandon à la sensiblerie n'est pas un acte de cœur. Je ne renie cependant pas la sensibilité, qui est une chose toute différente et en aucun cas je ne me désolidarise de la condition humaine pour m'adonner à la froideur de l'abstraction. Je pense que la sagesse cherche à suivre les deux instructions et je dois dire ici-même que c'est l'exemplarité décelable dans la Table des Séfirot.

 

Deux films ont été faits pour éclairer cette problématique : la Table des Séfirot et Séfirot, Je est un Autre. Il faut les avoir vus pour comprendre en quoi consiste l'exemplarité que je viens de citer. La Table des Séfirots (troisième films de la série sur les Séfiroth) présente une enfilade logique de dix points, 10 et pas 11, 10 et pas 9, insiste l'auteur du Séfer Yetsira. On trouve en effet dans certains livres modernes une présentation incertaine de cette table, tantôt exacte en ses 10 points classiques, mais il arrive parfois que l'une de ces présentations en ait 11. 

On cite dans ces ouvrages les séfirot Hochma, Bina et Daat figurant le schème de Ségol. Des croquis ou énumération laissant alors apparaître 11 Séfirot. Ce qui est en totale contradiction avec la table de ses valeurs telles qu'elle se montre par ailleurs en toute circonstance. D'où vient l'erreur ? Elle vient de ce que ces auteurs comptent la Daat, la connaissance, comme une Séfira. C'est là une confusion. La Daat, c'est l'état de la révélation agissant au mieux dans la conscience humaine à un moment donné. La Daat est un ensemble de sagesse et de vision qui devient de plus en plus claire au fil du temps et qui descend l'échelle des séfirot dans le cycle de la révélation qui est celui dans lequel nous vivons encore. On ne peut pas confondre l'état acquit par le phénomène révélatoire avec les échelons d'infiltration énergétique qui en ont conduit la dynamique au fil du temps. Qu'il soit clair une fois pour toute que la Daat n'est pas une Séfira, elle n'est pas un lieu de percussion échelonné de 1 à 10. Elle est l'image de ce qui apparaît comme compris suivant les étages où se trouve l'énergie.

A ce titre, je suis autorisé à dire qu'au niveau de ces auteurs, les données de la révélation n'ont pas encore acquit leur totale liberté, leur définition absolue. La connaissance à laquelle ils se réfèrent est encore embrouillée dans une somme extravagante de données observationnelle, dans les textes comme dans la Bible, et aucun savoir humain ne peut échapper à l'oppression d'une telle masse de savoir. Mais la Connaissance elle-même, la Daat, finit par se libérer de ce carcan évolutif et c'est l'œuvre du temps, c'est-à-dire de la nature elle-même, que l'aider à s'en dégager. C'est toujours le temps qui travaille la Connaissance et la fait comprendre de mieux en mieux. Non pas que la Connaissance change dans ses principes, c'est la faculté de la comprendre qui change au fil du temps pour les créatures humaines. Il faudra atteindre un très haut degré de révélation pour comprendre que la Connaissance ait pu s'appeler Daat, un mot qui veut dire pratiquement, par le langage des lettres qui l'écrivent, que toute la Connaissance apparaît à « la porte des yeux » et ceci jusqu'à la fin de temps. Ce qui veut dire que le visible nous instruit à condition de le regarder à l'aide de la grille systémique, car c'est l'unique manière d'être à « la porte des yeux ». Et c'est ce que je fais quand j'essaie de notifier l'action des critères initiatiques pour lire ce que le réel me propose dans un événement récent.

Pour en revenir au problème posé au début, il y a nécessairement deux lectures à faire dans la réalité. Ce qu'elle est devenue matériellement et structurellement par l'action humaine et ce qu'elle voulait être par l'action séfirotique. Où est l'énergie, et que fait-elle, quand nous l'utilisons bien ou mal ?

Il est certain qu'en bonne doctrine, je devrais, avec la même labilité parler de l'énergie, du système et de ce qui en est fait par la réalité vivante. Mais je ne veux pas concurrencer les historiens même si ma lecture leur fournissait des principes de clairvoyance, supérieurs à ceux de la reconstitution événementielle. J'ai compassion de moi-même et de mon public de trop pleurer sur le fait d'être des humains trop aveugles dans un cycle qui a priori était celui de l'ignorance.
 
 
Les films cités dans ce texte sont disponibles sur clé USB ou téléchargement ici .
Le secret des Séphiroth (3 films sur clé USB)