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samedi 29 juin 2019

La canicule et le danger du feu…

La canicule et le danger du feu

par Dominique Blumenstihl-Roth

La canicule de cette fin juin 2019 est un indice puissant sur l'état de notre civilisation. Intimement liés et dépendants de notre monde, nous ne sommes pas des observateurs neutres de la planète. Nous sommes la planète et elle nous ressemble. Nous faisons corps avec elle et elle avec nous. Mais savons-nous l'aimer ? L'habiter respectueusement ? Et elle, de son côté, continuera-t-elle de nous aimer et de nous laisser vivre en elle ?
Le danger du feu nous guette. Dominique Aubier en a parlé très clairement dans son livre :
« Le devenir du Monde est lié à celui de l'Homme. »

« Dieu a promis qu'il ne châtierait plus par l'eau. Mais il se peut que nous agissions par Lui en nous suicidant par le feu — nucléaire ? — qui se nourrit de l'air. Ces craintes n'ont rien d'illusoire et chacun le sait. Que la pluie doive revenir pour rappel et mémoire est un argument moins connu. Pluie entraînant le montée des eaux : annonce du danger, désormais, du feu… »


La canicule est un état de fait : elle exprime l'état maximal de l'entropie en Tzadé final. C'est la situation de la France dont la première lettre de son nom en hébreu est un Tzadé. 
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Les deux polarités, nettement dessinées sur le haut de la lettre, se font face. Le côté « Qui Fait » (à gauche) présente une ligne continue, linéaire. Elle est convaincue de la continuité permanente des choses. Et c'est là que la maison brûle. Du côté « Qui Sait » (à droite), surgit la possible alternative. De ce côté se situe la Connaissance, sous ses diverses formes apparues au cours de l'Histoire humaine. La difficulté, sur la branche droitière, c'est que la Connaissance qui présente l'alternative, est restée bloquée sur les approches archaïques, sans que nous ayons intégré les avancées et les mises à jour actualisantes… Nous avons donc d'une part, un système ultra-matérialiste qui s'effondre et qui veut à tout prix se survivre et d'autre part le secteur de la Connaissance sclérosé dans les acceptions passéistes ignorant les clés de son propre entendement.
Mais — bonne nouvelle — ces clés de la Connaissance ont transité par des voies secrètes jusqu'à leur émergence au grand jour par une conduction initiatique remarquable, depuis Moïse, Esther, le Zohar… et Don Quichotte. La voie droite de la Connaissance est sauvegardée, dévoilée. Le Code des Codes, permettant de lire le Réel existe… à la portée de tous, et sans nécessité d'affiliation à quelque institution que ce soit.

La canicule entraîne la sécheresse. Elle est à l'image de notre pensée : prête à dévaster le monde pourvu que notre petit intérêt soit sauvegardé, à ceci prêt que nous ne sauverons rien si le monde est anéanti. Quelle est la limite — à mon avis depuis longtemps franchie — où commence la dévastation ? Je ne parle pas ici des forêts amazoniennes dont on s'émeut beaucoup d'autant qu'elles sont loin de chez nous, mais de nos critères de pensée, ce que Nietzsche appelait Verwüstung. Il entendait par là la désolation au-delà de la simple destruction, qui devient anéantissement de l'être.
Cette forme de destruction des esprits n'autorise plus aucune édification, cette désolation tombe comme une calamité sur nos systèmes dont nous étions persuadés qu'ils allaient se survivre pour l'éternité… Nous étions si bien installés dans notre croyance en l'éternelle productivité et expansion indéfinie… Un coup de sécheresse caniculaire et tout s'arrête, y compris nos centrales nucléaires, nos TGV dont on avait tant prisé la haute valeur technologique…
La canicule devrait nous donner pour le moins un coup de modestie sur la tête…

Du point de vue initiatique, il est clair que l'énergie brûle (beaucoup de choses s'enflamment, ces temps-ci…) ; la branche « hyponeurienne », la branche jusque-là prolifique du « Qui Fait »,  se voit obligée de restreindre sa prédominance. Mais elle a l'orgueil de sa mémoire, de ses extraordinaires succès — les « trente glorieuses » — et plutôt qu'accepter de voir l'énergie filer vers la branche évolutive d'En Face (sortie d'Egypte !), comme Pharaon, elle fait tout pour empêcher la migration vers la Connaissance.
C'est ainsi que « le désert croît » irrémédiablement, selon la formule du poète-philosophe allemand. 
 

Hannah Arendt reprend cette idée dans son essai Qu'est-ce que la politique, et précise que le désert abolit, tandis que la désolation cultive précisément et étend tout ce qui garrote et tout ce qui empêche.
Serions-nous entrés en période de désolation dont la canicule serait le signe ?
 

La sécheresse des esprits est-elle responsable de la sécheresse qui s'étend sur le pays, ce dernier étant constitué de l'ensemble des réflexes intellectuels présidant à sa destinée ? La pensée courte, essentiellement matérialiste, axée sur la rentabilité financière… la sécheresse des âmes, la pauvreté des cœurs, la violence exercée contre toutes les formes d'espérances et d'élévation, le rabaissement général du rapport à la Vie et la négation du Principe de Création au profit du Principe de dévastation. Se pourrait-il que Dieu nous abandonne à notre sort, puisque nous sommes de si bon experts en matière de gestion ? Quelques séances de coaching (sur quels modules efficaces éprouvés ?) suffiraient-elles à remettre l'humanité sur les rails ? Quels rails ? On apprend justement que la canicule les a sévèrement déformés… Preuve que les anciennes structures ne peuvent plus accueillir les nouvelles énergies exigeant de toutes nouvelles voies.

« La désolation de la terre peut s'accompagner d'un haut standing de vie, écrit encore Hannah Arendt… et tout hanter de la façon la plus sinistre, à savoir, en se cachant… » Une désolation organisée donc, qui prévoit, dans sa mise en œuvre, la dissimulation de son véritable projet qui est d'anéantir.

Vivons-nous une telle période ?
Notre capacité d'accoutumance est telle que nous risquons de ne pas nous en apercevoir, confortés que nous sommes de disposer des alternatives possibles : un peu d'écologie raisonnable remettrait les choses en ordre, sans rien changer au fond de notre conception de la vie sur terre. Un peu de saupoudrage social suffirait en somme à calmer les angoisses et le « système » se sauverait ainsi lui-même, tout en interdisant le véritable transfert de l'énergie. On améliore parcimonieusement le sort de l'esclave en lui enlevant la chaîne, tout en lui interdisant de jamais quitter la plantation… S'accoutumant à ce nouveau confort, il sera reconnaissant à l'égard de la férule désormais cachée ne s'abattant pas moins le moment venu. 
Nous nous habituons à l'intolérable, poursuit Hannah Arendt, sévèrement lucide : « grâce aux moyens d'adaptation que nous fournissent la psychologie… et la psychanalyse, dans son uniformité monstrueuse et la fadeur des catégories qu'elle invente, agent de désertification en ce qu'elle efface les richesses de l'amour, du cœur, réduisant tout à la petitesse des pulsions sexuelles… » Mystification prodigieuse des sciences légiférant les relations humaines, au service de ce système d'assèchement et de dévastation des âmes ? A noter que la philosophie non plus, n'a en rien résolu la question de la désertification des esprits, et que ce qu'elle reproche aux autres disciplines pourrait fort bien lui être retourner : autant de philosophies qu'il y a de philosophes, autant de modèles et d'anti-modèles qu'il existe de penseurs…

Restent les Îles, les Oasis.
« Si les Oasis ne demeuraient intactes, nous ne saurions plus comment respirer… » Quelles oasis ? Où sont-elles ? 

Pour moi, les Îles-Oasis, ce sont les Lectrices (teurs) de ce Blog ; ce sont les livres et films de mon Maître. Ce sont certains amis du village que forme cette communauté des Gens du Livre… Les Oasis, ce sont les espaces, les êtres épris de liberté, capables de n'être pas inféodés au dogme des idées à la mode, des conventions institutionnelles, des appareils prétendant distiller leur autorité. Îles-Oasis, ce sont les déviances (non violentes) défiant l'Ordre et sa coercition, les insurrections de l'âme étouffée, les infatigables compagnons du Livre révélatoire. Les Îles-Oasis, ce sont « les Amis de Don Quichotte », car ils ne renoncent pas à rendre fertile le monde de leur semence, à recevoir cette semence en leur terre généreuse.


Que faire ?
« Un nouveau monde, doté d'une nouvelle politique », écrivait Tocqueville, sans cependant préciser sur quoi cette nouvelle politique serait fondée. Il me semble qu'il est temps non pas d'inventer des philosophies, mais de fertiliser les terres de résurrection déjà existantes, recevant la génération qui se dotera de la « nouvelle pensée » : la pensée initiatique. Faut-il préciser que cette pensée initiatique, elle aussi, est tenue de se renouveler, d'intégrer les mises à jour et se départir des obsolescences où certaines institutions, en dépit de leur noblesse, voudraient la maintenir ? Don Quichotte est passé par là, qui a ouvert la voie à l'universalité. Et qui agit selon un modèle… J'en appelle donc à une politique (po-éthique) quichottienne, fondée sur la connaissance du Motif d'universalité auquel recourent les rites et traditions du monde, motif dégagé dans la Face cachée du Cerveau. Qui dit mieux ?

Je propose une politique fondée sur les lois de l'Esprit. Une utopie ? Pas du tout. Puisque le Code des Lois du Réel a été dégagé, puisqu'une Connaissance précise du Réel, sa structure, son système, ses archétypes est connu. L'outil est disponible. On s'étonnera simplement que la prétendue élite sortant des hautes écoles ne s'en soit pas informée et se croit dispensée de l'être jamais. Étrange naïveté. A moins qu'il ne s'agisse d'une prudence calculée afin de garder la gouverne d'un navire échoué ?
Parmi les outils formidables devant permettre d'organiser une nouvelle politique de la Vie se trouve bien entendu la connaissance de l'Alphabet hébreu, dont l'édifice relate la systémique du Vivant.



mercredi 19 juin 2019

Les Sauveteurs en Mer en deuil. Lecture initiatique d'un naufrage.

Les Sauveteurs en Mer en deuil.
Lecture initiatique d'un naufrage.


La tempête Miguel a soufflé, faisant quatre morts. Un marin naufragé et trois sauveteurs en mer, aux Sables d'Olonnes.
Hommage national a été rendu aux sauveteurs qui le méritaient bien, s'étant lancé au secours d'un marin-pêcheur…
L'actualité coule son flot d'événements et déjà nous aurions oublié avant même de comprendre le sens de ce drame ?
Prenons le temps de marquer un arrêt et de rechercher le sens, car derrière tout événement, derrière toute réalité, se profile un message qu'il convient de lire. 
Quatre morts, dans des circonstances dramatiques, spectaculaires images de ce navire retourné sur la plage… Et cela pendant la semaine où se déroule à Rouen le festival de l'Armada où se rassemblent les plus beaux navires du monde. A croire que la Mer, que l'Océan a quelque chose à nous communiquer ?

Et le même jour, l'équipe française féminine de football ouvre la compétition du mondial contre la Corée du Sud et remporte la victoire à 4 but contre 0. Aucun rapport, dira l'esprit rationnel… Cependant — et c'est une chose connue (je l'espère) de tous les psychanalystes — deux informations totalement différentes, émises sur un plan de cohérence temporelle, sont liées par l'unité structurelle et dégagent un réseau significatif. Naufrage d'une part et football d'autre part… les deux infos se sont télescopées dans les journaux télévisés : d'un côté la consternation et le deuil des familles et de l'autre, la joie exubérante des amateurs de football, si bien qu'en écoutant FranceInfo, les deux news se suivaient, accolées l'une à l'autre comme si elles n'en formaient qu'une seule et c'était sans doute le cas. D'une part le deuil, d'autre part la victoire. Etrange oscillation, à moins que ce ne soit l'expression d'un flux d'énergie allant d'une situation vers l'autre ?

Ces faits ne peuvent être considérés comme des hasards. Le sacrifice des héroïques sauveteurs mérite mieux que la lecture littérale. Ils méritent mieux que des médailles : ils sont les symboles d'une « opération » qui recèle un enjeu important. Pour voir clair, il faut décoder les éléments. Pour cela, appliquer la procédure initiatique du décryptage.

Blog inopportun, m'écrivait ces jours-ci un psychanalyste indigné par la technique initiatique. Je lui réponds que bien au contraire, il est opportun de lire les événements pour en libérer la portée du message s'adressant à chacun de nous. Et que s'il estime la méthode initiatique inopportune, qu'il nous explique donc en quoi son opinion serait opportune, s'érigeant en juge d'une modalité de pensée qui lui échappe.

C'est pourquoi je prends la précaution ici, avant d'entrer dans le décryptage initiatique, d'inviter les Lectrices et Lecteurs de ce Blog à deux attitudes :
1. que l'esprit rationaliste plat et linéaire, amidonné au convenu, ne poursuive pas la lecture de mon texte.
2. que mes Lectrices (teurs) qui poursuivent, disent « non » au regard plat, sans relief du rationalisme descriptif, qui croit qu'il suffit de raconter les événements pour les comprendre.
Il s'agit d'accéder au noyau actif dans les événements, et pour cela, « commencer par dire "non" au discours idolâtrique qui rampe sur les faits » (cf Dominique Aubier, La Porte de l'Inde, p. 371). A la place, recourir au Verbe tel qu'il projette ses ressources… sur le Code.

La bonne méthode consiste à explorer d'abord les faits, pour ensuite repérer le tracé narratif : identifier les images et les retourner sur le sens. Car le visuel, les événements, considérés dans leur évidence, ne disent pas ce qu'ils signifient et l'on reste pantois, démunis, devant les drames : ce navire retourné, sur la plage… le visuel nous sidère mais ne dit pas ce qu'il veut faire savoir : il est dans l'attente de la mise au clair.

Cette semaine, une autre image saisissante a couru sur les écrans, celle de cet immense paquebot accostant à Venise et on a vu ce monstre des mers défoncer un navire plus petit, écorcher le quai, incapable qu'il était de s'arrêter bien que deux remorqueurs tentaient de freiner sa course. Quelle image est-ce là ? Celle de notre vaisseau — notre arche civilisationnelle ? — dont la prétention est démesurée, incapable marquer l'arrêt ? Le prétendu progrès va de l'avant, avec son gigantisme, et fonce droit contre le mur du réel… Ce qui était remarquable dans cette séquence, c'était l'incapacité notoire de gérer la situation, le vaisseau étant entrainé par les forces d'entropie se fracassant sur le quai.

Comment lire les signes ?
La lecture des signes est une technique proche du diagnostic médical. Il s'agit de « palper » la réalité. Voir, regarder, ausculter… Et disposer de la grille de lecture pour tenter d'améliorer la situation du « patient ». Commencer par sonder tout ce qui se voit en l'arrachant du visible dont on ne perçoit que l'écume. Le vécu nous envoie l'événement, au quotidien, comment en saisir l'immédiat ?
« Il faut avoir une idée précise de l'enclos structurel dans lequel l'événement se produit… » Autrement dit, savoir où se trouve le Guimel (les choses) dans l'unité qui s'exprime.

Mon Maître a écrit à ce sujet que « l'astuce consiste à traiter l'inopiné à l'instant où le visible ajoute une ligne aux images qui écrivent le Grand Code » (Porte de l'Inde, p. 361). Qu'en est-il du double naufrage du 7 juin aux Sables d'Olonnes ? On remarquera d'emblée le Redoublement (Kafil) : en première instance (Bip), le naufrage d'un marin inconséquent. En seconde instance (BOP), ce sont les secouristes qui sont touchés. « La Répétition marque de son tatouage l'attention qu'il faut porter à l'événement ». C'est là une donnée archétypale, connue des Traditions. Identifiée et expliquée dans La face cachée du Cerveau.

Au total, 4 morts.
L'initié attentif, alerté par le Redoublement, notera la présence du 4. Quatre marins morts en mer. La mer étant le symbole de la Connaissance, c'est au moyen des critères de la Connaissance que leur disparition devient lisible. Les 4 marins représentent les 4 phases d'un Pardès ayant été pleinement vécu. Mission accomplie, la phase est pleine. De quoi parlons-nous ? Nous parlons de l'eau, de l'élément liquide qui compose le premier niveau (Bip) au sein duquel la vie a commencé. Une grande étape évolutive se ferme. Dès lors, le navire revient à terre (BOP), renversé. De ce deuil, il faut tirer la leçon initiatique et ne pas nous laisser engloutir par l'émotif : il y a décès de trois sauveteurs, mais le navire retourné invite à lire l'événement au revers de l'apparence. Il y a deuil, certes, mais au revers, sur la coque jusque-là invisible, s'écrit le sens de l'accident.

Pour lire ce signe, il faut donc…
Mais qu'ai-je à vous donner les clés de lecture ?
Nos spécialistes experts en toutes sciences et les médias tellement informés ne décryptent-ils pas l'événement ? 

Ces clés, ils ne vous les donneront pas. Tout simplement parce qu'ils ne les possèdent pas. Et n'imaginez pas que les média-philosophes puissent rien résoudre. Devant un événement, tout juste épluchent-ils l'oignon du questionnement, et pleurent beaucoup quand, arrivés à la dernière feuille, ils s'aperçoivent qu'ils n'ont trouvé aucun noyau. D'où la thèse de l'épluchement perpétuel et le passage rapide à un autre événement pour ne jamais voir l'incompétence démasquée. Eh bien laissons-les pleurer, et rendons-nous à une tout autre méthode de recherche — et de trouvaille.

La référence initiatique.
Je me fie à la technique enseignée par mon Maître. Une initiée exceptionnelle.
Pour appliquer sa technique, il faut apporter la référence cérébrale, selon laquelle le Modèle d'Absolu est d'essence corticale. Cette notion essentielle de la Connaissance, rigoureusement affirmée par Cervantès dans Don Quichotte, est gravement ignorée. Y compris par le judaïsme actuel excessivement fasciné par la philosophie et qui n'a pas intégré les avancées et mises à jour de la Connaissance ? A-t-il vu passer Don Quichotte et son extraordinaire apport consistant à présenter ouvertement le Modèle d'Absolu ? Les travaux d'exégèse et leurs applications permettant de comprendre les textes d'une manière nouvelle ont-ils été considérés à la hauteur de le superbe apport ? Mais le temps va son cours et ne saurait se laisser brimer par les institutions qui figent la Connaissance dans des états de cristallisation…

Allons de l'avant et ne craignons pas d'affirmer que la référence cérébrale et donc la lettre Resch qui s'y réfère est au cœur de toute lecture de signe.
Sans elle, il est impossible de creuser le puits (Beer) du sens. S'appuyer sur la référence cérébrale, c'est la méthode lumineuse qui permet de voir clair, applicable à tout événement. Il s'agit donc de prendre appui sur l'Alphabet et son relief cérébral. Les vrais initiés, tels Moïse de Leon, auteur du Zohar ; Moïse Cordovero, Louriah ne l'ignoraient pas. Cervantès et son exégète ajoutent leur magnifique contribution en dévoilant ouvertement le référentiel jusque-là tenu au secret.

La Connaissance n'est pas une théorie passagère. Elle n'est pas une destination touristique. Elle est l'expression de ce par quoi le monde est créé. Elle est donc issue d'une pensée désirant être comprise. Une pensée désirant être dévoilée. Cette pensée s'exprime dans le réel qui nous entoure et auquel nous participons. Grand Cerveau… ayant délégué son Modèle dont nous portons en nous l'organe qui peut nous en donner une idée. Le grand Resch cosmique (lettre désignant la tête) nous invite à considérer tout événement comme une donnée à verser dans son vase. Pour comprendre, il faut donc « déboucher » les esprits et faire appel au Verbe et ses Lois (Schin) telles qu'elles agissent dans le Resch.

La technique pour lire les signes.
La technique consiste à comprendre que l'événement brut est l'expression déjà avancée en Caf, première lettre de la seconde instance évolutive, à l'entrée du BOP. A en verser les détails visibles sur la trame du symbolisme (Teit) devant être scrutés par la puissance du regard (Ayin) dirigé par la connaissance des lois du Verbe (Schin).
C'est compliqué ? Alors relisez doucement et cela deviendra clair. Sinon, relisez une troisième fois et une quatrième fois.
 
Autrement dit : le modèle étant d'essence corticale (Resch), les lois du Verbe connues (Schin) doivent éclairer ce qui se passe en Caf. Pour suivre les lettres sur l'arbre évolutif, voir le dépliant en fin du livre « Ces Désastres qu'on nous fabrique » et dans les films de la série Ciné-Code.

Mon Maître résume l'opération « lire les signes » par cette formule : « faire descendre le Schin sur le Caf ». Dans le détail, il s'agit de lire l'événement (Guimel), de le situer dans sa phase BOP (Caf), en lire le symbole (Teit) à la lumière du Verbe (Schin).
Cette technique s'appelle en code kabbalistique : 9.311
Mon Maître s'en explique dans La Porte de L'inde. J'invite ceux et celles qui s'en inspirent, de se souvenir de « qui te l'a dit ».

Faire appel au Teit, c'est recourir au symbole. 
C'est une règle archétypale essentielle qui est mise en œuvre par ce processus (Schin sur Caf éclairé par le symbole lisible par Teit selon les lois du Verbe) car le symbole a la puissance d’organiser l’avenir dans une unité où s’effectue le passage de Bip en BOP.
 « Au plan de l’exécution systémique, rien ne peut empêcher un symbole de dicter ses desiderata et de donner ses ordres aux neurones qui se trouvent dans son espace évolutif », écrit Dominique Aubier. Donc : « veiller aux symboles car d'eux dépend l'avenir ». L'initié agit là, à l'endroit où le symbole expédie sa puissance depuis la phase Bip en BOP.
Encore faut-il connaître le Modèle Reisch. Et la connaissance du Reisch a été perdue. La tradition n’en détient plus la formule. Le contenu explicatif du Reisch n’est plus un objet de transmission. Les ésotéristes eux-mêmes n’en disposent plus et… ne s’en aperçoivent pas.

Le dévoilement du Modèle et de la Grille de Lecture : C'est une trouvaille majeure, d'importance essentielle pour accéder au sens des choses, fondée sur une connaissance puissante du Modèle d'Absolu. Elle donne une idée de l'extraordinaire apport de Dominique Aubier au processus révélatoire. L'explication détaillée de la technique du 9.311 se trouve dans son étude La Porte de l'Inde où elle explique comment les lettres hébraïques ont largement inspiré plusieurs équipes de cinéastes indiens qui ont réalisé des films extraordinaires où le message de ces lettres s'exprime en toute visibilité sur grand écran (Voir le livre Bolliyoud, le Cinéma Indien).

Cette technique permet de lire les symboles au-delà des interprétations psycho-imaginatives. Elle en libère le sens le plus précis en rétablissant le lien entre réalité, image et parole, entre parole et lettre, entre lettre et sens.

« Rien n’est plus positif que le symbole : il déclenche l’avenir » écrit D. Aubier. C'est ainsi que le naufrage des navires doit être considéré : comme un symbole devant être lu. Comme un message essentiel. Rester en deçà du sens serait une grave omission.
De ce naufrage, nous n'avons vu que l'image terminale, celle du bateau des sauveteurs retourné, échoué sur la plage. C'est donc cette image-là qui nous parle. Elle nous montre l'Arche de secours renversée, cela signifie que le "cela" du concret dit à l'envers ce que veut dire le "ceci". Il faut remonter à bord du "ceci" et ne pas se laisser impressionner par le "cela" qui inverse le message. En "cela" il y a naufrage et mort. En "ceci", il y a sauvetage réussi et survie. Le signe est lisible par antiphrase et le "cela" du bateau renversé montre le contraire de ce que dit le message initial. (voir à ce sujet le chapitre consacré à l'Inversion, dans La Face cachée du Cerveau).
Compliqué ?
Il est vrai que pour décrypter un événement, il faut être armé de toute la panoplie initiatique, autrement dit, le Code des archétypes. Et cela ne s'improvise pas. Je ne crois pas que cela s'enseigne à la Sorbonne ou à Harvard. Mais sur ce Blog, je vous donne bien des pistes…

On se souviendra donc que la Création (admettre ce principe…) a été forgée sur les directives d'un Alphabet qui a suscité un modèle d'essence cérébrale. A partir de là, tout est cerveau dans la réalité (cf La Porte de l'Inde, p. 209). Toute unité est un cerveau qui fonctionne comme le veut cet organe. Or dans le cerveau, un influx circule depuis sa source en Qui-Sait vers son homologue en Qui-Fait, c'est l'Echange Latéral avec aller-retour et montée progressive d'un degré à l'autre sur les deux côtés de la structure en deux hémisphères. La mémoire enregistre les acquis lors de cette montée. Les échanges latéraux se poursuivent jusqu'en couche Vc. A cet endroit-là, l'énergie reflue vers le Qui-Sait et ne relance plus son en-face de Qui-Fait. L'énergie monte directement vers la couche VI, qui n'est activée que d'un seul côté.
Le côté Qui-Fait de la structure est frappé d'un arrêt.
« L'influx déserte son camp ». 
Il y a renversement, retournement. « Le cycle roule sur lui-même » écrit Dominique Aubier, « la tête en bas provoquant l'éveil de ce que les kabbalistes appellent "la force divine" ». 
Est-ce un échec frappant le Qui-Fait ?
C'est avant tout un arrêt suivi d'un retournement.
Le "cela" (Qui-Fait) montre que le cycle ancien se renverse et retombe de tout son poids sur l'humanité. Le navire renversé nous dit : « vous n'avez plus le choix, pour naviguer dans la vie, vous n'avez d'autre carte possible que celle de la Connaissance. » Le vieux navire est obsolète, renversé, il y a mort d'hommes. Ils ne sont pas morts en vain.

Sur l'Alphabet hébreu, ce moment est signalé. La lettre Tzadé final 900 indique le lieu du maximum d'entropie, région qu'un excès de métabolisation fait… exploser. La destruction du Tzadé 900 est suivie d'un retour vers la droiture, proche de la « résurrection » qui s'amorce par le retour en Tzadé 90 puis la montée en Qof. C'est une stratégie dont devraient s'instruire les politiques et responsables, car elle est valable universellement, pour toute unité et se reproduit dans toutes les structures cycliques.

Le naufrage des sauveteurs est à mon sens lié à l'incendie de la cathédrale Notre-Dame de Paris. Au titre du symbolisme évoquant la fin cyclique, les événements se rejoignent, signalant tous deux l'effondrement de l'ancien cycle, avec, dans le cas du naufrage, un élément d'instruction supplémentaire, celui du « retournement » indiquant la piste à suivre. Renverser la vapeur, retourner les choses sur leur « endroit »…
Le symbolisme de cette situation doit être vite appréhendé, car le symbole ne vit que pendant un moment délimité. L'énergie qui le suscite poursuit sa course et passe à l'étape suivante (voir la formule du Pardès), elle suscitera des événements à l'image du symbole avertisseur et selon que nous en ayons extrait ou non le sens. 
L'énergie passe en phase suivante, post-symbolique, et cette seconde phase sera la concrétisation, peut-être au niveau collectif.
Un naufrage sociétal ?
Un naufrage culturel, de toute la civilisation ?
D'autres tempêtes en perspective ?
A moins que… la bonne lecture du signal permette le retournement complet de la pensée ? 

Sommes-nous capables de prendre la mesure des tensions que le temps projette sur la vie ? 
« En dernière heure, le triomphe va toujours à l’entité qui semblait faible et condamnée et c’est celle qui bénéficiait de toutes les forces visibles qui échoue. Il y a toujours un moment dans la vie d’un cycle où le destin renverse la situation acquise et, en pareille circonstance, mieux vaut faire face à la nouveauté tout de suite car le temps n’accordera pas un long délai pour s’adapter ».
Tout au début de ce texte, j'ai indiqué que le jour même du naufrage, l'équipe française de football venait de gagner son premier match lors du Mondial de cette discipline. Rapprochement bizarre ou délire diront certains, cependant, sur le plan de cohérence qu'un C. J. Jung ne désavouerait pas, rien n'est séparé dans les faits qui nous assaillent dans l'unité temporelle où ils se déroulent. Car « la vie est un tissu qui nous prend dans toutes ses mailles… » (P.I. p. 204). La mort frappe l'équipage du vieux navire et le retourne. En face, les femmes remportent une éclatante victoire. Les deux événements également médiatisés nous ont invité à regarder simultanément des deux côtés, signalant très clairement que l'espoir et la survie se trouvaient dans le camp des femmes… jouant au ballon rond.

Le ballon rond étant le symbole du motif d'absolu devant être propulsé dans le filet du camp adverse pour remporter la victoire, les 4 tirs au but ouvrent un cycle nouveau. Confirmation de la mission messianique de la France, telle que l'écrit la prophétie Obadia dans la Torah ?

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- וְגָלֻת הַחֵל-הַזֶּה לִבְנֵי יִשְׂרָאֵל אֲשֶׁר-כְּנַעֲנִים, עַד-צָרְפַת, וְגָלֻת יְרוּשָׁלִַם, אֲשֶׁר בִּסְפָרַד--יִרְשׁוּ, אֵת עָרֵי הַנֶּגֶב



La prophétie Obadia, verset 20, dans la Torah, présente sans équivoque l'Espagne (Sefarad) et la France (Tzarfat) dans le processus du dévoilement du Modèle d'Absolu… C'est le sens même de l'action menée par Cervantès — Don Quichotte — et Dominique Aubier.

 
Sur le messianisme de la France : le secret de la France
« La prophétie Obadia : la fonction du messianisme consiste à faire sortir — expliquer — le Code de la Vie. C'est là, le rôle de la France, après l'avoir reçu d'Israël passant par l'Espagne de Don Quichotte (Séfarad). Faire connaître, faire sortir et donner à voir l'identité du motif d'universalité. C'est dans son nom, Tzarfat, dans la lettre "Resch" de son nom et dans la lettre "Pé" qui désigne la fonction de dire, de parler. Parler l'identité du motif d'universalité. C'est le rôle de la France. C'est la mission-messianique de la France, suivie d'une reconduction vers Israël. » C'est la raison même de ce blog.

A lire :
— La Face cachée du Cerveau
— Le Secret des Secrets
— Don Quichotte, le Prodigieux secours
— Qu'est ce que le messianisme : pages 161-222
— Le secret de Tzarfat : pages 432-447
— La Porte de l'Inde

Tous les livres
Tous les films


Et qu'en diriez-vous de m'aider à
soutenir ce blog et l'œuvre de Dominique Aubier ?
Croyez-vous que cela peut se faire sans vous ?
Nous sommes embarqués dans le même navire…







vendredi 7 juin 2019

La Tempête MIGUEL sur la France… Rendez-vous avec Don Quichotte

La tempête MIGUEL a soufflé sur la France…

Moi, quand on me dit "Miguel", je pense à Miguel de Cervantès, l'auteur de Don Quichotte…


L'énergie du Quichotte déferle sur la France ?


La tempête est passée.
Elle a fait de lourds dégâts. Quatre morts… Un pêcheur et trois sauveteurs en mer de la SNSM.
Et un blessé grave, à Paris, touché par un lampadaire.
Comment éclairer ces événements ?
Je prépare un étude sur la portée symbolique de ce drame. Car il est impossible de se contenter de la simple approche littérale qui ne fait que raconter les choses sans en chercher le sens. Tout événement, quel qu'il soit, recèle une expression symbolique dont il s'impose de dégager le sens.
Tout d'abord, l'hommage légitime aux sauveteurs en mer qui se sont lancé au secours du naufragé. Ils ont bravé tous les dangers, dans un esprit généreux : l'âme de Don Quichotte est passée dans leur cœur et ils n'ont pas hésité à affronter les plus grands dangers.

 On peut noter les éléments concrets en cause :
— l'Océan, la mer démontée
— les quatre marins, les secouristes,
— le drame de leur navire retourné,
— le lampadaire à Paris,
Noter le nom de la Tempête : Miguel.
etc… 

La lecture du signe se fait à partir des éléments réalistes : il s'agit ensuite d'en reporter la phénoménologie sur la grille de lecture initiatique. Quelle est cette grille ?
C'est précisément celle qui permet d'accéder à la lucidité face aux événements. Nos élites sont loin de la posséder et n'en soupçonnent pas même l'existence.
Grâce à la grille initiatique, appuyée sur le Code de l'Alphabet,  l'initié permet au sens de remonter à la surface. Au delà de l'émotion, qu'il faudra dépasser, la lecture du sens sera le plus bel hommage qui pourra être donné aux sauveteurs qui se sont sacrifiés, leur sacrifice rejoignant la vocation de leur vie…

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 Dans quelques jours, je publierai une lecture initiatique détaillée de ce drame. Il nous concerne tous. 

Suite de cette étude ici.
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Pour comprendre l'esprit de Don Quichotte

L'exégèse de Don Quichotte paraît en cinq volumes :


Ouverture 1
Don Quichotte Prophète d'Israel
Le codage hébreu et araméen de Don Quichotte
Éd. Ivréa (Gallimard) / Ed. M.L.L., 296 pages, 14 x 21,5cm, 
Ce livre a été traduit en espagnol sous le titre Don Quijote Profeta y Cabalista, ediciones Obelisco

Ouverture 2
Victoire pour Don Quichotte
Les sources hébraïques et araméennes de Don Quichotte. Décryptage du texte original.
Éd. M.L.L., 346 pages, 15 x 21 cm

Volume 1.
Don Quichotte, le prodigieux secours du messie-qui-meurt
La dimension messianique de Don Quichotte, décryptage du texte original de Cervantès,
Éd. M.L.L., 464 pages, 18 x 24 cm; lettrines et gravures extraites de l'édition de 1608

Volume 2.
Don Quichotte, la révélation messianique du Code de la Bible et de la Vie
Le message du Quichotte traversant les siècles, au service de la Vie
Éd. M.L.L.  Livre cousu, 445 pages, 18 x 24 cm, lettrines et gravures extraites de l'original de 1608

Volume 3.
Don Quichotte, La Réaffirmation messianique
Don Quichotte et le soufisme d'Ibn' Arabî et Mansur Al Hallaj  403 pages, éd. M.L.L.

Film
El Secreto de Don Quijote
Film espagnol de Raùl Rincon, RTVE, prix du meilleur documentaire au festival Las Duñas
avec Dominique Aubier, en DVD, sous-titré en anglais, Luca-films.

Tous les films de la série Ciné-Code sont disponibles sur Clé USB. 



samedi 25 mai 2019

Fils de pute ou l'éloge de Jérusalem

Fils de Pute ou l'éloge de Jérusalem…
Récit d'une promotion quichottienne par Dominique Blumenstihl-Roth

Sous sa forme sa plus pure, la doctrine de vérité se confond à l'intelligence de l'Alphabet. 
(Dominique Aubier, La Porte de L'inde.)


1. Nos chers petits "innocents"…
Il y a quelques jours, ayant travaillé toute la matinée à un texte, je suis sorti me dégourdir les jambes. Il était près de midi. Revenant des étangs (désormais célèbres de mon village), je suis passé devant l'école primaire qui se trouve sur mon chemin. La difficulté était de traverser la route, j'ai donc attendu un bon moment avant que la voie se libère.
J'entendais derrière moi les cris des enfants, dans la cour. J'ai regardé comment ils jouaient et ma foi, j'ai trouvé qu'il y avait là pas mal de violence. Deux garçons qui se chamaillaient, un autre qui s'amusait à faire des croche-pieds aux camarades… La voie se libère, je traverse. 
Et soudain j'entends derrière moi une voix qui vocifère : « Hé ! Fils de P… ! ». D'autres enfants se sont joints au cri, reprenant en cœur l'insulte.
J'ai eu un étrange frisson : était-ce à moi qu'ils s'adressaient ou était-ce entre eux ?
J'ai continué sans me retourner dans la rue en face et là, j'ai entendu depuis l'école un des gamins qui criait : « il est dans la rue, le fils de P… »

Je suis rentré chez moi, sonné.
Que faire ? Dénoncer l'agression ? Contacter le directeur de l'école ? Les « petits innocents » que nous prenons si volontiers pour des anges avaient été d'une vulgarité absolue. Pourquoi ? Est-ce là une habitude chez eux qu'insulter les passants ? Un jeu ? J'ai passé l'après-midi à chercher le sens de ce vomissement d'injures.

Le soir venu, toujours perplexe, je suis allé faire quelques courses au supermarché. Sortant du magasin, j'ai attrapé au vol les répliques que se donnaient deux personnes qui entraient. Une jeune fille et un homme, peut-être son père. J'entends la fille qui demande :
— Mais c'est quoi un hébraïsme ?
— C'est une expression, un hébraïsme c'est…

Je n'ai pas entendu la suite. Mais voilà qui n'est pas courant, qu'entendre le mot « hébraïsme » à l'entrée d'un supermarché ! Les paroles, fugaces, n'ont fait qu'un tour dans mon cerveau : et si tout cela, c'était un hébraïsme, dans le sens où ces paroles prononcées par les sauvages de la cour de récré devaient être entendues tout autrement qu'au sens littéral et immédiat ? L'Invisible, au travers de ce « plan de cohérence », me donnait un indice pour guider ma compréhension. Fini l'abattement et la déprime que ces insultes m'avaient infligés. Il fallait absolument en décrypter le sens au-delà de la bave.
Porter plainte ? Certes, contre moi-même, la plainte de n'avoir pas saisi plus tôt qu'il y avait là un message qui m'était adressé à haute et intelligible voix.
Que m'avaient-ils dit ?

2. Fils de p…
Voilà qui est déplaisant au possible.
Mais laissons de côté l'aspect vocifératoire : je retiens l'étrange inspiration qui a visité ce gamin (10 ans peut-être ?). D'où lui est venu ce cri ? Pourquoi me l'a-t-il jeté à la tête ? Et si ce cri venait de « plus loin », signifiant tout autre chose, dépassant sa conscience  ?
Je me suis soudain rappelé que dans Don Quichotte, cette expression d'une vulgarité totale est fort prisée par Sancho Panza. Dans les traductions françaises, on préfère parler pudiquement de « fils de gueuse » là où l'Espagnol de Cervantès recourt sans pudeur ni retenue à « hijo de puta ».
Cependant, Sancho ne s'adresse pas un individu en s'écriant de la sorte. Chez lui, c'est un cri du cœur, car il vient de déguster un vin exceptionnel, un vin de la Mancha dont la robe, le tanin, le corps, tout lui semble méritoire. « Hi de Puta, s'écrie-t-il, como catolico es. » Il trouve ce vin fort catholique et d'en reprendre une rasade. C'est au chapitre 13 du volume II.

Je me suis souvenu également d'un échange que j'ai eu avec mon ami le cinéaste espagnol Raùl Rincon qui a tourné le film El Secreto de Don Quijote avec Dominique Aubier. Nous parlions justement du vin… Nous évoquions le cri de Sancho et je lui avais présenté l'étude qu'en avait faite Dominique Aubier. C'était le jour anniversaire de la naissance de Cervantès :

Ola Raùl,
Gracias por llamar al telefono !
Me alegra oir a tu voz y ser en contacto con el pais del Quijote al dia mismo del aniversario de Cervantès. Lo considero como un saludo de la parte del buen Sancho que eres ! Es que para ser listo como Sancho hay que beber mucho vino…


3. Don Quichotte vient au secours…
Dans mon explication, je renvoyais mon ami vers le chapitre 35 du volume I du Quichotte. C'est là que le chevalier crève les outres de vin pour en répandre le précieux liquide : symbole de la Connaissance devant se répandre dans le monde, Quichotte agit en somnambule et croit livrer un combat contre un certain géant qui serait son ennemi. Son arme, c'est le vin qu'il libère des outres. Et les outres, les grands contenant accrochés au mur (le mur du temps, Zeitmauer), ce sont les grands initiés ayant absorbé savoir et sagesse. Leur Connaissance ne doit pas rester confinée dans ces récipients de peau. Elle doit s'ouvrir au monde, d'où les coups d'épée crevant les réserves de vin. Cette scène a été commentée par Dominique Aubier dans Don Quichotte le prodigieux secours, p. 359, à lire sans modération.

Au chapitre 13, vol. II, on retrouve la thématique du vin. Petit exercice comptable portant sur les numéros de chapitres : 35 - 13 = 22. Cette fois, c'est Sancho qui prend en charge la boisson. Tandis que son Maître répandait le vin tout au autour de lui dans le volume I, Sancho, dans le second tome, reprend à son compte la leçon et se décide à boire. « Pourquoi l'écuyer ne serait-il pas capable de reprendre le thème ? » demande Dominique Aubier.  « Un jeu de Bip-BOP s'aperçoit dans le développement du thème vineux. Ce n'est plus le chevalier qui agit, mais son assistant. C'est à Sancho qu'est assigné le devoir d'assurer le "revenez-y". » Sancho a en effet  ingurgité, depuis le volume I quelques 22 chapitres d'enseignement (35 - 13) : serait-ce une allusion à l'alphabet et ses 22 lettres que lui aurait enseigné son Maître ?

« Quand il eut fini de boire, il laissa tomber la tête sur une épaule et jetant un grand soupir :
— Oh le fils de gueuse, s'écria-t-il, comme il est catholique !
— Voyez-vous, reprit l'écuyer du Bocage, dès qu'il eut entendu l'exclamation de Sancho, comme vous avez loué le vin en l'appelant fils de gueuse !
»

Le texte original de Cervantès est plus brut que la traduction. Le juron y est répété 4 fois et non de manière édulcorée :
« O hideputa vellaco, y como es Catolico !
Veys ai dixo el del bosque, en oyendo el hideputa de Sancho, como avies alabado este vino, llamandole hideputa ?… Digo, respondio Sancho, y confieso, que conozco que no es deshonra llamar hijo de puta a nadie, quando cae debaxo del entendimiento de alabarle…
»

Condition plaisante, écrit Dominique Aubier, car Sancho déclare qu'il est possible de traiter quelqu'un de fils de p… quand il paraît évident que c'est dans l'intention de le louer…

Faut-il poursuivre plus avant l'exégèse sur le vin de Ciudad Real qu'ingurgite Sancho ? Sancho entame un « coloque » avec son collègue écuyer du Bocage — coloquio, c'est le titre du chapitre. Cela s'entend directement en hébreu : col, c'est la voix. Qio : le verbe vomir. Cela signifie que Sancho, dans ce chapitre, va « rendre », c'est à dire restituer tout ce qu'il a appris, et cela de manière bien concrète. Le chapitre 13 du vol II restitue la leçon du chapitre 35 du volume I, mis en forme réaliste de sorte que le vin soit clairement identifié. Son cépage, son origine, sa fonction, ses effets. La scène avec Sancho en devient une véritable leçon d'œnologie et le brave écuyer ne mâche pas ses mots pour expliquer au mieux ce qu'est le vin.
Hide puta s'écrie-t-il à trois reprises avant de développer l'expression dans son entièreté en quatrième position hijo de puta.
N'est-ce pas l'insulte dont j'ai été gratifié ?
Bien sûr, j'en ai été indigné. Mais qu'en dit Sancho ? Il estime que « ces mots ne déshonore pas quand il tombe sous le sens  que c'est dans l'intention de louer… » En me jetant à la tête cette injure, en quoi serais-je loué ?

4. Pourquoi l'hébreu ?
Sancho s'écrie d'abord : Hide p… En hébreu direct cela signifie…
J'entends l'objection : pourquoi est-ce que j'invoque l'hébreu et pourquoi pas une autre langue ? Que le gusta o no, selon les kabbalistes (Volozhyn), « les lettres de l'Alphabet sont simultanément l'origine du langage et de l'être , c'est à partir de la lettre même que se dégage la signification des choses, sans que l'on doive recourir à la médiation de l'interprétation allégorique ». J'applique la règle, d'où le recours direct à l'hébreu, son alphabet comme grille de lecture car le langage est l'être même de l'Homme, donnée élémentaire et fondamentale de la réalité. Il faut aller droit sur l'hébreu et son alphabet car « la perspicacité majeure de la conscience humaine réside dans le pouvoir d'appréhender les lettres, leur symbolique et leur sens… » écrit Dominique Aubier. Ajoutant : « l'hébreu pourrait bien être la langue naturelle du cerveau, la localisation de ce principe s'opère dans un repli précis de la substance corticale, que la kabbale appelle le "cerveau caché". Les neurologues désignent ce site d'insertion dans l'Hémisphère Qui Sait par "l'aire motrice primaire du langage" ou "M3" enfouie dans la profondeur du sillon cingulaire, fort mal connu… » *

Il faut, pour décrypter les Textes, les événements, penser les choses à l'aide d'une référence autre que l'imaginaire et le symbole qui doivent être dépassés : passer du stade littéral dont il convient d'extraire toutes les informations à une explication qui aille au cœur du propos soulevé. Donc « retrouver, en tout événement, la présence des normes formant la syntaxe du Verbe, faire apparaître l'archétype qui fonde le sens, extraire le noyau du sens en appuyant le fait observé — ou le texte — sur l'architecture systémique ayant dirigé son expression » (Dominique Aubier). Recourir à la norme de la Structure d'absolu dont le modèle est homologable sur la structure cérébrale…  La technique : « un initié carde les faits vécus il en explore le symbolisme et dégage les éléments systémiques fondamentaux qui en ont fixé la configuration » (Dominique Aubier, La Porte de l'Inde, p. 162).

C'est exactement ce que je fais. Dépassant l'aspect outrageant de l'insulte, je la reporte sur la grille de lecture que fournit l'hébreu en tant que langue vissant directement le sens sur l'événement. J'y ai accès par l'intercession de Don Quichotte qui m'a indiqué la piste, car lui aussi, renvoie à l'hébreu quand Sancho s'écrie Hijo de Puta. Je suis en analogie avec lui, ainsi que je l'ai dit en introduction d'une conférence que j'ai donnée, au Lapin Agile, à Paris, haut lieu culturel de Montmartre où il fait bon s'abreuver.

Ainsi, Hide s'entend « Heidad », et c'est un cri de joie, d'approbation.
Quant à « fils de gueuse », cela figure bien plus rugueusement dans le texte de Cervantès qui expédie le mot « puta ». Que l'on entend en hébreu contracté : « patouah ». Désigne ce qui est clair, évident, explicite. Comme si Sancho venait, après avoir pris une gorgée, de s'écrier : « Mais c'est l'évidence, tout est clair ! » (voir page 361 de Don Quichotte le prodigieux secours…)

5. L'éloge du vin

 Sancho estime ce vin fort « catholique » au travers d'un rébus… tout en hébreu. Catholique au sens réel du terme, c'est-à-dire visant l'universel. Autrement dit, Sancho fait la célébration de la clarté du vin, « clarté du sens universel qui se fait entendre quand le vin est nommé en langue sacrée » précise Dominique Aubier.
Sancho poursuit, après avoir bu une nouvelle rasade :
Mais dites-moi, Seigneur, par le salut que vous aimez le mieux, est-ce que ce vin n'est pas de Ciudad Real ?
(por el siglo que los mas quiere…)
— Fameux gourmet ! s'écria du Bocage ; il ne vient pas d'ailleurs en vérité, et il a quelques années de vieillesse.

— Comment donc, reprit Sancho : croyez-vous que la connaissance de ce vin me passe par-dessus la tête ?… Eh bien sachez seigneur écuyer, que j'ai un instinct si grand et si naturel pour connaître les vins qu'il me suffit d'en sentir un du nez pour dire son pays, sa naissance, son âge, son goût, toutes ses circonstances et dépendances… 
En quoi le vin de Ciudad Real serait-il tellement spécial ?
Sancho paraît un expert en matière de vin… mais il se présente aussi comme un subtil décrypteur de codage quand il dit « croyez-vous que la connaissance de ce vin me passe par-dessus la tête ». En effet, Sancho va démontrer au chapitre 13 du volume II que les produits de Ciudad Real n'ont pour lui aucun secret.

Il procède donc (Don Quichotte le prodigieux secours p. 368) au sondage d'un fameux tonneau dont il raconte l'histoire. Le voici qui évoque ses ancêtres, deux gourmets comme lui qui un jour tastèrent de ce vin tiré d'une barrique. Le premier trouva que le vin sentait le fer et le second qu'il sentait davantage le cuir. « Le maître assura que la cuve était propre et que son vin n'avait reçu aucun mélange qui pût lui donner l'odeur de cuir ou de fer. Cependant les deux fameux gourmets persistèrent dans leur déclaration. Le temps passa, le vin se vendit, et quand on nettoya la cuve, on y trouva une petite clé pendue à une courroie de cuir. Et maintenant, voyez si un descendant d'une telle race peut donner son avis en semblable matière… »

6. Le vin de Ciudad Real au goût de fer…
Ville royale. De quelle ville royale viendrait ce vin ?
Le vin du colloque col + qio : dans la voie restituée.
Sancho précise : je vais le dire (« aora diré »). Aor = lumière. Oui, il va nous donner la lumière sur ce vin.
Indice : il a le goût du fer : yero, en espagnol.
Le vin d'une ville royale et réelle ayant le goût du fer (yero). Tiré d'une barrique. La barrique ronde serait-elle une image du cerveau imbibé de la Loi symbolisée par le Vin ? Quel vin ? Un vin mystérieux ayant le goût du fer…
Là, il faut que le lecteur ait un peu de mémoire et se souvienne. Il faut qu'il se souvienne de la première occurrence de ce mot. C'est une technique kabbalistique que toujours rechercher dans un texte (mais surtout dans la vie) la première apparition d'un mot. Or le mot « yero » apparaît d'entrée, au tout début de Don Quichotte. Entre le Prologue et le premier chapitre se trouvent une série de poèmes dédiés aux personnages du livre, et l'on regrette que les traductions et éditions françaises (dont les Classiques Garnier) se soient permis de les supprimer. Une impudence qui oblitère la possibilité de lecture et de décodage car ces textes contiennent des clés que Cervantès offre au lecteur pour lui permettre d'ouvrir le cryptage de son livre.
Le premier poème dédié à « Urgande la Méconnue » déroule ces lignes étranges où il est question de hiéro - glyphes mais les terminaisons des  mots ne sont pas indiquées tout le long du poème. Nous en restons avec le mot « hiéro - gli » : Hiero à quoi le lecteur doit ajouter une syllabe pour recomposer le mot que Cervantès a coupé. Tout le monde trouve la terminaison et prononce alors le mot « hiéro-glyphe ».
La même technique doit s'appliquer au chapitre 13 volume II. Une nouvelle fois le mot Yero apparaît, orthographié différemment et l'on est prié de compléter : trouver le nom complet de la ville, qualifiée de Ciudad Real (ville royale). A quoi pense Sancho quand il dit  « croyez-vous que la connaissance de ce vin me passe par-dessus la tête » ? Qu'a-t-il en tête ? Le goût du fer (yero) et du cuir définissant ce vin ? Yero… ville royale et source du vin, symbole de la Loi ?
Pour trouver le nom de la ville, je prononce la première moitié, comme dans le poème dédié à Urgande la méconnue, et c'est à vous, lecteur et lectrice, de trouver la moitié manquante (méconnue) afin que le mot soit connu. Je prononce Yero. Nom d'une ville royale au bon vin. Quelle est la syllabe manquante ?
Vous ne trouvez pas comment compléter Yero ?
Vous avez pourtant plein d'indices sous la main. C'est le nom d'une ville.
L'inspecteur Colombo aurait trouvé : « mais c'est bien sûr…
Yero-chalaïm ? »
« La clé du vin se trouve à Jérusalem, cette ville qui a eu le pouvoir de capter l'énergie du Yod » écrit Dominique Aubier, le Yod étant répété dans le nom hébreu du vin : Yod-Yod-Noun.


יין

Quand à la lanière de cuir, appelée « cordoban », mon maître a expliqué qu'il fallait, là aussi, décortiquer le mot et entendre cor, la mesure, do, la dualité et ban, qui concerne l'acte de construire. Ce qui donne : la double mesure qui construit. Allusion à la dualité de la structure d'absolu (la barrique) en Gauche et Droite, où l'équilibre entre les deux se maintient au bénéfice de la paix inscrite dans le nom de Jérusalem (Chalom).
Ce mot s'écrit de deux manières. En chaldéen et l'autre, classique. Dans la seconde, on remarquera la double présence du Yod de l'énergie et l'idée appuyée de la paix (chalom).

ירושלם

ירושלים

La clé du secret se trouve donc dans la clé perdue au fond de la barrique de vin. La clé de fer qui renvoie à Jérusalem, au cœur même de Don Quichotte.
C'est donc avec le plus grand intérêt que j'ai relu les pages exégétiques consacrées au vin de Jérusalem, dans le livre de Dominique Aubier, parce que Jérusalem est bien, selon Sancho Panza et l'expérience qu'il a du vin, le point d'impact de l'énergie cosmique innervant la planète. C'est là que le vin de la Loi prend sa saveur et aussi son autorité. Que cela interloque et coupe le sifflet, je le comprends. Que cela provoque des colères et des indignations, je le conçois. Cela explique aussi pourquoi tout le monde voudrait être propriétaire de Jérusalem.

J'en reviens à ce qui a motivé cet article : l'insulte tonitruante dont j'ai subi l'attaque. M'entendre traité de « fils de pute » par un gamin odieux (puis par sa petite bande) m'a d'abord soulevé le cœur. Mais le décryptage en hébreu, selon la règle initiatique m'a fait comprendre qu'il s'agissait d'un compliment rare venant du plus profond de l'inconscient de ces « anges » en état de délire. Une force puissante inversée a fait chavirer leur esprit pour m'informer que j'étais distingué « Hi de patua ». Me voici donc gratifié, honoré, d'être le fils (hijo) de l'explicite (patouah), de l'ouvert, donc de l'exégèse. Confirmation magnifique de ma vocation, en tant qu'éditeur, auteur, de faire connaître l'œuvre exégétique de mon Maître sans qui cet article n'aurait pu s'écrire et sans qui vous ne sauriez pas… le Secret de Don Quichotte



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* Aire motrice primaire du langage M3, dans l'Hémisphère Qui Sait : une notion scientifique dont parle le prof. Antonio Damasio dans son livre L'Erreur de Descartes, éd. Odile Jacob, p. 103, cité par Dominique Aubier dans La Porte de l'Inde p. 125.

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mercredi 15 mai 2019

Le petit Sinaï. Qui est votre Gardien ? L'affaire Benalla et news du Yemen

Le petit Sinaï, Benalla, Ismaël… Qui est votre Gardien ?

et quelques news du Yemen…


1. Le petit Sinaï
Pendant toute la semaine, de lourds camions chargés de terre ont déversé leur cargaison à une centaine de mètres de chez moi. Le terrain communal a été « attribué », je ne sais par quel tour de passe-passe, à une entreprise de travaux publics qui l'utilise pour y stocker ses graviers. Une énorme pelleteuse sur chenille rassemble la terre et l'accumule… et la colline atteint maintenant une bonne dizaine de mètres de haut. Singulier spectacle. De quel droit l'entrepreneur use-t-il d'un bien public pour y édifier son amont de gravats ? Je ne m'en mêle pas, car comme le dit en substance Sancho Panza, « à chacun ses affaires et il y a des plats qu'il vaut mieux ne pas trop remuer afin de n'être point gêné par le fumet ».
Pourtant, pendant plusieurs jours, je me suis demandé : « quel est le sens de ces agissements ? Pourquoi fait-il cela ? Pour que je le vois, c'est évident. Pour que je vois… quoi ? »
 Que je vois… la montagne qu'il a déversée, là juste en face. Que je voie la montagne… Quelle montagne ? S'agissant du mot montagne, à quelle montagne penser ? J'ai pensé à la première occurrence de ce mot en rapport avec ce que j'écris… Le thème que je travaille depuis plusieurs semaines… Et qui dit montagne, pour un kabbaliste, dit forcément… Horeb et Sinaï. »
Ce déversement de terre se ferait-il afin de me faire voir le mot… Sinaï ? Une étrange coïncidence veut que l'entrepreneur se nomme Hébert. Dans la Bible, Héber est le descendant de Sem (le troisième fils d'Adam et Eve), d'Arpaxad et Chelah est l'ancêtre  d'Abraham… Tout cela ne serait pas lié ?
Je suis convaincu que la réalité est un livre codé : ce monde-ci est l'apparence d'une réalité cachée dont nous devons lire le rébus… Pour moi, « l'Ecriture réalise le monde… et le monde réalise et confirme l'Ecriture ». Du coup, j'ai trouvé cela plein d'humour, que ce petit Sinaï soit venu à moi par les efforts de Monsieur Hébert et je comprends maintenant cet adage : si je ne vais pas à la montagne, c'est elle qui vient à moi… Ce gros tas de terre contrariant… maintenant me faire rire, car j'y vois le signe de poursuivre mes travaux, échelon par échelon (Soulam = 130 = Sinaï), jusqu'à gravir… modestement quelques mètres de plus vers plus de lumière pour mieux voir (œil = 130).
A côté du monticule se dresse un beau platane centenaire qui n'a pas l'air de s'offusquer de tant de terre rapportée. Je vais faire comme lui. Profiter de cet apport, et considérer que c'est une approbation de l'Invisible.
Voici donc pour le signe personnel. Vous avez certainement les vôtres… A vous de les lire. Lire aussi les signes collectifs que vous avez certainement remarqués. 

2. Les signes collectifs
Avez-vous remarqué que certains mots flottent dans l'air du temps ? Des mots qui reviennent sans cesse dans les médias, comme s'ils étaient les marqueurs d'événements : comme si l'Invisible, grand Locuteur, voulait que les choses soient remarquées et sues, afin que la manifestation du sens soit rendue possible après étude de ces mots. Dominique Aubier avait fait une série de films intitulés « Petites chroniques du Temps » où elle commentait l'actualité au moyen des critères initiatiques… à voir et revoir. Je les ais sur clé USB pour ceux ou celles qui seraient intéressées par la série.
Autant l'histoire d'Abraham commence par une sortie puis une traversée, autant notre histoire, nos événements se réalisent selon ce processus : la chose arrive, mais elle a été dite au préalable. La chose advient. La chose a son cheminement, nous priant d'aller jusqu'au bout, vers son sens. Le sens est parfois caché : dans les mots emblématiques marqueurs des faits… dans les noms. 
Dès lors il s'agit, en toute circonstance, personnelle, collective, privée, publique, de trouver le sens des événements, de quitter le désert du non-sens et entrer dans l'expression consciente du Dabar. Mot hébreu désignant la parole créatrice.
Cette parole est à notre portée, pour être en dialogue avec la Vie. Pour ne pas subir l'événement, on peut l'entendre AVANT qu'il ne surgisse, et cela grâce aux noms. Les noms conduisent aux choses. Lire le sens caché des choses, les soufis appellent cela faire un Ta'wil. C'est-à-dire sortir du sens littéral des textes (et des événements vécus) et en trouver le sens. Faute de quoi, le texte reste mort et nos vies insensées. Encore faut-il disposer du bon code de Lecture… Je reconnais qu'il n'est pas toujours facile de lire un signe…

3. Les mots dans l'air du temps…
Quelques exemples de noms qui, à coup sûr, annoncent le monde. Par exemple : Brexit… Nous savons que cela signifie « Britain - exit ». Voilà un de ces mots-codés qui en disent plus que n'en laisse apparaître l'écume de surface. Ayons le courage d'écouter vraiment ce slogan jusque dans le sens des syllabes. Les financiers tremblent à la perspective de la sortie du Royaume Uni de la C.E.E.
Brexit… en hébreu cela s'entend très clairement Brechit. Or Bréchit, c'est le premier mot de… la Bible. « Au commencement… » 

BREXIT =  בְּרֵאשִׁית

L'Invisible veut-il nous faire réfléchir au grand et premier « Brexit » de la Création ? En cause, le Royaume-Uni. Que l'on appelle Great Britain. Ah, on m'accusera d'entendre de l'hébreu partout… Mais l'esprit ne peut s'empêcher d'entendre ce qu'il comprend et de percevoir le sens dans les mots qui sonnent aux oreilles. Britain, c'est « Bérit + Aïn ». Qu'est-ce que « Bérit » ? Tout le monde le sait, c'est l'Alliance, celle à quoi souscrit Noé, Abraham… « Aïn », c'est la lettre désignant la vue. 16è lettre de l'Alphabet. Valeur 70. Comme le Sod (70), le secret. Alors ouvrons et regardons le secret de Brexit / Berit / Aïn…
Le secret de l'Alliance ? C'est l'Alphabet et son Code.
Il veut être connu. Afin qu'un nouveau Commencement soit possible, qu'un nouveau cycle s'ouvre où la civilisation fonctionne en toute connaissance du « Code ». Une grande déflagration en perspective ? Ou un succès phénoménal pour G.B. qui a osé crier ce mot et voter en sa faveur, au grand dam des économistes ?
Serions-nous à la veille du retour de la grande Alliance, celle que les soufis espèrent, devant conduire au grand Ta'wil devant achever le « Livre révélé » par l'élucidation exégétique ?

4. Benalla : le gardien
Autre mot qui flotte dans le vent comme les drapeaux à l'entrée des bâtiments officiels : Benalla. Le nom de ce monsieur est sparadrap indécollable attaché à l'actualité depuis des semaines.
Il est l'ami du Président Macron, il fut (ou reste) son « ange gardien ». Il me semble bien, sans forcer la caricature qu'en effet, telle était (est) sa fonction. Cet homme est bien le Gardien du Président, non seulement par son métier, mais d'un point de vue initiatique, il est l'officiant de cette noble charge. Nous avons tous un gardien dans notre vie, parfois sans que nous le sachions identifier. Une personne qui n'est pas notre partenaire de vie, mais dont la présence, le nom… l'énergie se manifestent en style de gardiennage de notre propre destin. Le gardien agit et donne à voir au gardé ce qu'il faut faire ou… ne pas faire. Il est le partenaire (parfois inquiétant) protecteur de notre vocation et intervient chaque fois que celle-ci court le risque de se perdre.
M. Benalla a fait des choses insolites qui mériteraient à mon sens moins d'être jugées en terme de justice, mais évaluées initiatiquement en terme de gestuelle produite par le Gardien. On y verrait alors tout autre chose que ce que la « morale » ou la convention autorise. Gardien en mission chargé de signaler au Gardé ce à quoi il doit faire attention. Attention… aux manifestations. Attention à la violence policière — le Gardien l'a lui-même exercée pour la signifier. Attention aux mensonges et au non respect de la vérité… Le Gardien exécute et fait ce que le Gardé doit remarquer. Le Gardé doit l'observer et en tirer des leçons. Car le Gardien est un instructeur, par ses actes, par ses paroles.

Extraordinaire spectacle que nous a offert le Gardien de M. Macron, lui adressant des messages cryptés par téléphone spécial. Et en effet, le Gardien s'adresse au Gardé : non nécessairement par téléphone mais en lui présentant des actes accomplis dont il doit extraire le sens. Encore faut-il connaître l'identité de son Gardien, savoir que cette puissance tutélaire existe non pas en tant que figure abstraite mais dans la réalité. Une personne bien réelle, faite de chair et d'os en remplit la fonction.

5. Qui est votre Gardien ? 
Votre Gardien, vous pouvez tenter de le trouver, pour vous-même. Vous le connaissez ; il vous connaît. Il fait des choses (sans le savoir) qui vous parlent, parfois insolites, mais toujours sensées, vous délivrant un message. Il est le protecteur de la vocation habitant votre être. Ainsi M. Benalla de toute évidence se comporte d'une manière très inspirée : violent, menteur, quelque peu Scapin, il agit en protecteur et montre au Président ce qu'il ne doit pas être. Il lui a montré les erreurs à ne pas commettre et par là il remplit la noble fonction protectrice d'être le Gardien de sa vocation. Le Gardien n'a de compte à rendre à personne, d'où sa liberté de comportement, parfois son impertinence, ses bizarreries n'ayant pas à être justifiées si ce n'est qu'elles doivent être décryptées par celui qu'elles concernent : le Gardé.
Dans l'emblématique affaire Benalla, l'affaire de ses « passeports diplomatiques » doit, elle aussi, être considérée du point de vue initiatique. Nous y voyons la démonstration assumée de l'action du Gardien : le Gardien est en effet un diplomate qui opère comme ambassadeur de votre vocation dont il « garde » l'accréditation au regard de ce pourquoi vous êtes fait(e). D'où son immunité. Il est là, le plus souvent sans le savoir, au service du Gardé, mandaté par la puissance structurelle qui prévoit son inscription dans votre existence. Il est, avec l'Allié, une « force d'assistance au-dessus du bien et du mal appartenant au code dont la divinité se sert pour lui parler… » écrit Dominique Aubier, (Don Quichotte, la réaffirmation messianique… p. 327)
Cette notion de Gardien est connue par les initiés de toutes les Traditions du monde sous des appellations différentes. Et on en reconnaît toujours la notion par les termes recouvrant la description qui en est faite. Par exemple l'initié Ruzbehân de Shiraz dit de lui : il est « mon Double qui ne faillit point ». « La perfection de ma caution ».
Je vous souhaite, à tous, d'en avoir un.

Etre Gardien ! Noble métier ! 
Et si peu de considération, quand on connaît la charge qui leur incombe. Parlez-en à votre concierge d'immeuble… Il sait tout… il protège, et garde… le secret des êtres dont il a la charge, tout en restant discret dans sa fonction.
 Nous avons tous… un «  ange » gardien. A-t-il des ailes dans le dos ?  (les ailes sont l'image des deux hémisphères cérébraux disposés en droite et gauche ; le Gardien, c'est l'ange en Qui Fait chargé de protéger la vocation du partenaire en Qui Sait.) 

Nous avons un Gardien à titre personnel. A titre collectif aussi. Ainsi, Israel a pour Gardien l'Ange Métatron. Dominique Aubier a écrit un article sur le sujet Métatron.
Même la France a un Gardien. En tant que nation, elle est guidée par une puissance qui la protège… malgré elle.
Les territoires ont leur Gardien… La moindre île, en tant qu'entité vivante recevant sa part d'influx cosmique, a son Gardien « travaillant » au façonnage et bien-être de sa population dont il a la garde. Souvent les Artistes qui en sont originaires chantent le génie de cette puissance tutélaire — parfois envoutante — dont ils perçoivent l'énergie…

Et concernant nos propres vies, qui est notre Gardien ? Cela peut être quelqu'un de tout à fait inattendu…
Comment le (la) reconnaître ? Attention, cela n'a rien à voir avec les « âmes - sœurs » qui sont d'un tout autre ressort. Le Gardien n'est pas un aimable petit chérubin qui vient vous bercer avant de vous endormir. Il est toujours à l'œuvre, impeccable, et il n'est pas nécessairement gentil ou aimable. Il est simplement inspiré, informé et efficace. Inspiré par le « système », informé par « l'énergie », efficace par son action. Selon le « dépôt » qui nous est confié, il déploiera sa puissance pour en garantir la préservation, même s'il devait aller contre votre volonté. Le Gardien, à l'instant où il entre en action pour sauver notre vocation, est pris d'une sorte de transe qui le rend surpuissant.
Dans son livre Le Pouvoir de la Rose, Dominique Aubier donne des indices sur le Gardien et l'Allié. Le cinéma a exploré ce sujet, par exemple le film « Gilda ». (Explication du Gardien et de l'Allié dans le livre Quand le Sacré fait du Cinéma).
Le Gardien, (La Gardienne) on peut l'expérimenter. Ce n'est pas une notion livresque mais vécue. Il est là, il existe. Il est lié à l'Allié et ne devient Gardien que si l'Allié est vaincu…
C'est un peu compliqué ? On en reparlera quand vous aurez lu les livres cités. Eh oui, pour accéder à la Connaissance, il ne suffit pas de se mettre en Lotus et de méditer. Il faut également aiguiser son esprit, et connaître ses lois de fonctionnement. Connaître le Code. Cela s'apprend.

6. Ismaël Emelien
Autre mot dans l'air du temps, tournant autour de M. Benalla. Voici que son ami, M. Ismaël Emelien quitte l'Elysée. Comment ne pas entendre le Verbe tinter ? E-me-lien. Ai-mi-le-lien. Avec… Ismaël ? S'agit-il du Président Macron qui établit des liens avec… Ismaël ? Je ne parle pas là du conseiller présidentiel, ni de sa personne, dont on m'a dit qu'il était fort sympathique, mais du nom signalant le lien qu'entretient l'Elysée (la Présidence) avec Ismaël.

Qui est Ismaël ?
Le conseiller du Président était, dit-on, surnommé amicalement « Isma »… Dans cette abréviation, on a coupé « el ». Or Ismaël signifie « Dieu a entendu ». En enlevant « el », on enlève « Dieu », donc on enlève celui qui a entendu. Reste « Isma » sans « el ».  Est-ce concevable ? Et quand on enlève « el » on entend à l'envers, la voie de l'autre côté…
C'est une technique de kabbaliste, quand on rencontre un mot, dans un texte, mais aussi dans la vie, de toujours rechercher sa première occurrence, sa première apparition à laquelle ce mot est lié. Chercher la première occurrence d'Ismaël ne pose aucune difficulté. Tout le monde le sait : Ismaël, c'est le premier fils d'Abraham nommé « Dieu a entendu ». C'est le demi-frère d'Isaac. 
D'une part Isaac, fils de Sarah : de lui est issue la généalogie des prophètes d'Israël — y compris Jésus de Nazareth. Et d'autre part Ismaël, fils de Hagar. De lui est issue la lignée donnant naissance à Muhammad, le prophète de l'Islam.
Au travers de ce nom (« Ismaël qui met le lien »), la thématique « Ismaël » resurgit-elle, et ses liens avec la France ? Cela évoque-t-il la relation de la France avec l'Islam ? Nous savons que notre République entretient des liens privilégiés avec certaines puissances du Golfe dont l'Arabie Saoudite que nous pourvoyons en hallebardes tout en feignant de croire qu'elle ne serviraient pas. Le Président Macron en a obtenu toutes les garanties, sans pouvoir nous dire de qui. Et cela à l'instant même où son ami Isma sans « el » quitte l'Elysée.
On regardera de près le sens du mot Ismaël… et comment le mot s'écrit.
Un livre que le Président Macron pourrait exporter et offrir au roi d'Arabie Saoudite. En effet, dans ce livre j'appuie sur ce que Henry Corbin appelle « l'éthique du dépôt confié » et la nécessaire délivrance à laquelle l'Islam doit accéder pour se libérer de l'entrave des dogmatismes, vers une exégèse nécessaire, attendue. Peut-être même cette exégèse libératoire est-elle déjà réalisée et nous ne nous en serions pas aperçus ?


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P.S. Dans Don Quichotte, aux chapitres 26 et 27 du tome II, deux villages s'affrontent, chacun prétendant détenir la vérité. Un vendeur de hallebardes qui passe par là se hâte sur les lieux du combat… En vue de réaliser de bonnes affaires. Les armes françaises serviront-elles à bombarder le Yemen ? Le Yemen, c'est l'Arabie du Sud, le pays de Saba, écrit Henry Corbin, spécialiste de l'Islam, rappelant que le mot Yamin désigne la « voie droite », la voie de la Connaissance. C'est aussi par ce mot, Yamin, qu'est typifié dans le Qoran « le côté droit de la vallée d'où la voix appela Moïse »**.
Quel César oserait attaquer « la voie droite » sans porter atteinte à la structure même du Cerveau ?
Il me semble qu'au travers du mot Ya-min, le Sinaï en tant que voie droite du Verbe est désigné. Et à ce titre, l'argument initiatique à lui seul démontre l'erreur intellectuelle présidant à ces ventes d'armes.

Si la France doit vendre des armes, que ce soient celles de la Connaissance exégétique, la seule qui puisse réaliser l'universalité des cultures dans le respect de leur diversité. Une Connaissance mettant fin à l'exil du Verbe, parousie attendue.
Dans La Face cachée du Cerveau, « Ya Min » désigne très clairement l'Hémisphère « qui Sait », la Voix de l'Invisible délivrant son message dans le Buisson Ardent (Genèse 3, 14).

 

*(Cf. Qorân; 28-30, cité dans L'Homme et son Ange, par Henry Corbin, éd. Fayard 1983, p. 24).
** Explication de ce passage dans le livre Don Quichotte la réaffirmation messianique…