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lundi 3 mars 2025

Comment négocier avec Donald Trump ? Une méthode initiatique efficace

Comment négocier avec Donald Trump ?
Une méthode initiatique efficace
Par D. Blumenstihl-Roth


1 Analogie Trump / Esaü
Dans un blog précédent, j'ai établi l'analogie entre le nouveau président des Etats-Unis d'Amérique avec un personnage biblique bien connu. Je vois en lui une typologie ontologique qui, dans la Torah, se nomme ESAÜ (ESAV). Il suffit de relire les chapitres de Genèse où ce personnage apparaît pour reconnaître en lui un portrait ressemblant aux dispositions de M. Trump (Cf. Genèse, chapitre XXV).

Susceptible, violent et querelleur. Ce n'est pas insulter M. Trump que noter chez lui ces traits de caractère. Expert en diplomatie contondante, avec un sens aigu de l'intérêt immédiat (et personnel), appuyé sur la doctrine matérialiste : l'idolâtrie du « faire » et son corollaire inévitable de l'argent pour l'argent. Il a offusqué les dirigeants occidentaux qui, la main sur le cœur, s'imaginaient qu'une paisible linéarité de l'Histoire s'était installée. Voilà que M Trump « renverse la table ».
Esaü non plus n'est pas commode. Son frère, Jacob, en sait quelque chose. Négocier avec Esaü ? On n'obtient de lui rien qui n'aille, prioritairement, dans le sens de sa propre satisfaction, qui n'est pas exempte, par instants, de générosité — à condition que sa vanité en tire profit.

2 Notre-Dame et M. Trump
Le Président Macron s'est récemment rendu à Washington pour « discuter » avec le Président américain. Il y eut des accolades amicales, évocations de bons souvenirs, et notamment celui de la visite de M. Trump à Paris pour l'inauguration de la cathédrale Notre-Dame. Le sacré cependant n'a guère été retenu comme sujet de leur conversation, relégué à une dimension anecdotique. Alors qu'à mon sens, le Président Macron, en messager de la France, aurait dû insister sur la signification de la restauration de la cathédrale, inviter son homologue à considérer la dimension sacrée que pouvait revêtir leur rencontre : inventer une diplomatie sous la gouverne de « Notre-Dame », j'allais dire, en termes hébraïques, concevoir une diplomatie initiée sous la grâce de la Chékinah.
Argument qui aurait surpris M. Trump qui, ne buvant que du Coca-Light, ne se serait pas attendu à ce que le président français lui serve une coupe de sacré. Quitte à « renverser la table », pourquoi pas la sienne ?
La diplomatie européenne tente de convaincre M. Trump avec des discours rationnels qu'ils croient efficaces. C'est entrer dans le domaine de pensée de Trump-Esaü qui ne fonctionne qu'à la pensée hyponeurienne dont il a fait son credo. Nous oublions qu'Esaü est né pour prendre. Nous ne pouvons lui reprocher de vivre sa nature. Il faut la connaître, ne pas s'y soumettre, n'en pas devenir la proie. Opter pour la pensée épineurienne.

3 La diplomatie efficace de Jacob face à Esaü
Le président Poutine, de son côté, a cerné le personnage. Il lui parle son langage. Intérêt pour intérêt, les crocodiles ne se dévorent pas entre eux mais trouvent un terrain d'entente pour piéger leurs proies. L'Europe (le Président Macron rêve d'entrer dans l'Histoire comme un grand serviteur de la cause universelle de la Paix) pourrait s'inspirer de Jacob (le frère d'Esaü). Il est en constante dialectique avec ce frère inquiétant. Comment lui échapper, comment ne pas subir ses prédations ? Jacob évite les affrontements directs, il esquive, il surveille ce qui intéresse Esaü dont l'appétit est insatiable. La succession spirituelle ne l'intéresse pas bien que son droit d'aînesse la lui réserve. Aussi Jacob lui propose un contrat de vente de ce droit, en échange du fameux « plat de lentilles » qu'il lui prépare. Qu'Esaü engloutit. « Laisse-moi avaler de ce rouge » dit Esaü à son frère (Genèse XXV, 30). Qui lui répond « Vends-moi, aujourd'hui, ton droit d'aînesse. » Marché de dupe ? Esaü obtient ce qu'il désire : un bon repas. En toute connaissance de cause, il s'est débarrassé de ce qu'il ne voulait pas, ce droit d'aînesse qui lui pesait et qui le mettait dans l'obligation d'observer l'alliance abrahamique à laquelle il ne croyait pas. Il s'est déchargé d'une lourde responsabilité, Jacob l'a acquise loyalement et légalement.
Certains ont estimé que Jacob avait fraudé en vue de déposséder Esaü : un misérable plat de lentilles en échange d'une succession ! C'est oublier combien cette succession a entraîné de sacrifices au peuple de Jacob, qui, à travers les siècles, a maintenu sans faille la transmission de la Connaissance. Esaü n'a pas désiré assumer ce portage et ne peut, a postériori, sans avoir rien pris en charge, s'estimer spolié de ce qu'il n'a jamais voulu. Il a préféré la dévoration immédiate du « rouge », conformément à son idolâtrie du sanguinaire.

4 Revenons à M. Trump et M. Zelinsky
Le président ukrainien, M. Zelinsky, pense-t-il aux Textes ?  Il a raison de négocier avec M. Trump sur la base d'intérêts matériels, les seuls à qui soient à la portée de l'esprit de M. Trump. Cependant, pour aborder M. Trump, une pincée de spiritualité serait utile. Lui parler du sacré. La mémoire abrahamique du président Zelinsky devrait l'y aider.
Se rappeler que l'on a affaire à un émule d'Esaü. Il faut observer le « rituel ». Il faut l'honorer. Relire le chapitre XXXII de Genèse. Jacob doit rencontrer Esaü. Il installe une stratégie pour « complaire » à son frère. Envoi d'émissaires, propositions de cadeaux : « J'apaiserai son visage par le présent qui me devance… » dit Jacob (Genèse XXXII, 21). Choix judicieux des paroles dont aucune ne permet à l'irascible de s'en saisir.
Jacob craint Esaü et lui témoigne une soumission formelle. Esaü est sensible aux cadeaux de Jacob mais, magnanimité orgueilleuse du surpuissant, il les écarte avec dédain : « j'en ai amplement ; mon frère, garde ce qui est à toi. »  A quoi Jacob, toujours prudent, répond « Oh non ! Si toutefois j'ai trouvé grâce à tes yeux, tu accepteras cet hommage de ma main ; puisque aussi bien j'ai vu ton visage comme on regarde la face d'un ange, et que tu m'as été favorable. » Paroles que le Président Trump rêve d'entendre !
Jacob remercie Esaü. « Tu m'as été favorable ». Il lui offre des présents. Qu'Esaü finit par accepter. Esaü a besoin de « reconnaissance », de la soumission déclarée des autres, besoin viscéral d'être admiré et prouver qu'il existe.
Servons-lui des plats de « rouge » qu'il aime tellement, donnons-lui le prix Nobel de la Paix et, s'il le veut, celui de la littérature ! Disons-lui notre « admiration », déroulons-lui le « tapis (rouge) ». Et laissons le, sans l'affronter jamais, comme Esaü, prendre le « chemin de Séir » tandis que nous irons, en toute indépendance, et fermement résolus, notre propre chemin vers « Souccoth », vers l'esprit.

5 M. Trump est sous la domination de son « Allié »
Le Président Trump s'est rapproché de M. Poutine, en qui il voit un puissant dont il apprécie de recevoir la considération. De son côté, le président russe, en expert du KGB, l'a bien compris : il a certainement servi à M. Trump une diplomatie de révérence, lui exprimant son admiration, sur le ton d'une ineffable courtoisie. Il se sera non seulement très modestement fait passer pour la victime, inversant la réalité, mais il aura réussi à inoculer subliminalement ses éléments narratifs dans l'esprit de M. Trump qui en reprend textuellement les termes : M. Poutine a tout simplement « entrepris » le président américain par la porte de « l'Allié ».

 

L'allié est une notion initiatique. Tout être humain en a un. Il trempe dans toutes les affaires du monde. C'est la puissance qui manœuvre notre esprit, dans le sens de l'action, du comportement et du défaut. À quoi le reconnaît-on ? Réponse de Dominique Aubier (cf. son livre Inédits 1.) : « À la constance avec laquelle il intervient dans vos faits. C'est la disposition d'esprit qui s'oppose, en vous, à la réussite de votre sort. C'est le contraire de votre vocation. L'ennemi intérieur, le mauvais ange. C'est la puissance qui désire vous entraîner dans la faute, dans l'erreur. C'est l'élément concret qui accompagne votre force de vie pour la faire chavirer. Il interprète — en mal — à l'envers, le mot qui, au moment de votre conception, a frappé la cellule que vous alliez être, dans le cerveau de la Vie. Sa fonction est de favoriser vos vices. Chacun doit trouver son propre Allié. Chacun doit connaître le sien, l'apprivoiser, le dompter. A défaut, c'est lui qui fait de vous son esclave, tout en vous donnant l'illusion de la liberté ou du pouvoir. »

 

L'Allié de M. Trump se manifeste par l'irascibilité et la colère. Pour l'identifier, il faut trouver ce qui cause chez lui ces réactions : son Allié, c'est la volonté d'être reconnu et admiré. Son Allié hausse le ton dès qu'il perçoit le moindre frémissement de non-vénération. Son Allié le submerge, prend le pouvoir et dirige son être. Sa vocation est de réaliser la paix dans le monde, son Allié commence par le soutenir positivement, et soudain, il lui inspire la méthode inversée. 
« L'Allié sait où est la limite. Il faut la lui faire dire. C'est alors l'occasion de le maîtriser, alors qu'il est encore l'Hostile. Cette occasion nous est offerte dans des conditions fixées. Don Juan (cf. Carlos Castaneda) connaît cette obligation : " il faut vaincre le Gardien. Il faut chasser le diable de l'Allié." » M. Trump n'a pas réussi, jusqu'alors, dans sa vie, à maîtriser cet allié qui a désormais les pleins pouvoir sur lui. Tant que l'allié n'est pas maîtrisé, il demeure « l'Hostile », le pire adversaire de la vraie vocation. M. Trump en subit la domination. Il est arrivé au pouvoir, une seconde fois, soutenu par son Allié-hostile. Ce dernier ne manquera pas de lui présenter la facture de cet achèvement : l' « Allié inversé », en lui, l'enfoncera dans la déchéance au regard de l'Histoire, entraînant la déconsidération planétaire de son pays, s'il ne parvient, par un sursaut spirituel et un acte de conscience suprême à vaincre son « hostile » intérieur.

6 L'Ukraine quant à elle
ne disparaîtra pas. Elle entre dans une phase nouvelle de son existence, promise à une alliance inévitable avec l'Europe.
Jacob, devenant Israël, a recouvré sa terre, de même je crois que l'Ukraine regagnera son territoire. Cela se fera avec l'accord et le soutien des Etats-Unis : j'ose croire au retournement de situation, (tout dépend de la qualité de la révérence !), comme au chapitre XXXIII de Genèse où Esaü, d'ordinaire férocement courroucé contré Jacob, finit par le serrer dans ses bras lors du retour en Canaan. Jacob cependant prend vite un chemin différent (vers Souccoth), sachant qu'à tout instant Esaü pourrait à nouveau changer d'avis.

Le nom d'Esaü s'écrit Ayin, Schin, Vav
Il est sensible au verbe (Schin) mais ce verbe est exclusivement conditionné par l'apparence immédiate des choses qu'il regarde (Ayin). Cette perception exclusive du réel par son aspect littéral et matériel préempte sa pensée. Il adhère au narratif simpliste fait d'images bloquées et de poncifs. Cela conditionne toutes ses initiatives, dont chacune ouvre un cycle (Vav) faussé par cette vision cloisonnée.
Le succès pour lui peut en a résulté jusqu'alors, (Triumph), car il s'appuie sur la puissance du MA, puissance des forces matérielles du « faire » dans un univers qui est, lui aussi, un « faire ». Mais il y aussi danger pour lui de se « Trumper »  et le Mi informationnel, à tout moment, peut lui retirer son énergie.

 

 

Lire à ce sujet :
— La notion d'Allié, dans le livre Inédits 1.
— L'archétype de l'inversion, d'Esaü : dans le livre La Face cachée du Cerveau.


Suite de cet article dans un prochain Blog

mercredi 2 mars 2022

Dans la tête de Vladimir Poutine… (ou la chronique de sa mort annoncée)

Par Dominique Blumenstihl-Roth


La guerre en Ukraine est déclenchée. Les experts économistes et militaires expliquent les enjeux stratégiques et quand on leur demande comment cela va évoluer, le plus souvent ils répliquent par cette phrase devenue rituelle : « nous ne pouvons pas savoir ce qui va se passer, car nous ne sommes pas dans la tête de Poutine ».

Tout dépendrait donc de « ce qui se passe dans la tête » de cet homme, comme si les forces du cosmos tout entier étaient tributaires de la volonté d'un seul…


On s'aperçoit que les négociations, débats diplomatiques n'ont servi à rien, face à son intransigeance centrée sur d'irrévocables décisions. Que se passe-t-il dans sa tête ? Il est certain qu'il est habité d'une forme d'imaginaire, hanté par des images du passé, d'une mythologie personnelle, d'un complexe que certains appellent folie : déraison par rapport au sens commun, qui s'en va explorer les confins d'un imaginaire dont les images transparaissent dans ses discours. La raison, dans ce cas, se met au service de cet imaginaire et en développe la mise en œuvre de manière très rationnelle.

En tout cas, il y a dans cette tête, deux hémisphères, une structure, un système, une énergie, une pensée… et un fonctionnement d'ordre archétypal. Le cerveau de Poutine est forcément soumis à la pression du fonctionnement archétypal que sa structure lui impose. Il est, comme tout un chacun, sous la pression de la dualité structurelle des hémisphères et des redoublements, inversions fonctionnels.


Redoublement : dans la vie, tout se passe en deux temps. Passe et Repasse. On remarque ainsi que l'actuelle invasion de l'Ukraine est la seconde instance augmentée de la première invasion réalisée en 2014 en Crimée. L'esprit sensible relèvera la phénoménologie du Redoublement et notera que l'information donnée par la première instance contenait un jugement contenu dans le nom de la province attaquée : Crimée, Krim. Il y avait là un crime qui s'exécuterait en deux temps.

Autre redoublement : l'existence de la question nucléaire en Ukraine. L'accident de Tchernobyl fut la première instance. Il n'est pas étonnant que le thème nucléaire resurgisse, cette fois de manière non pas accidentelle, mais volontaire dans un but destructeur. L'idée atomique obsède M. Poutine, tenté de lui donner corps…

Si nos responsables étaient des initiés, ils auraient su que c'est au niveau du symbolisme que l'on puise les informations conditionnant le futur. Ils auraient observé l'endroit exact de la première instance, le « Passe », l'endroit où s'instruire de l'avenir programmé, avant que se produise le « Repasse ». En « Repasse » de seconde instance, les dés sont joués. Cependant, à l'entrée de la seconde instance, il existe deux voies de réalisation. Il y a une bifurcation (cf La Face cachée du Cerveau). La Connaissance permet de choisir le « chemin qui a du cœur », sans s'égarer dans l'impasse. M. Poutine, après l'instance Crimée, s'est enfoncé dans le crime. Il a choisi, confirmée en seconde instance, la voie du Mal.

Le président ukrainien, M. Zélinski, ne s'y est pas trompé : il a identifié l'ennemi envahisseur en l'appelant ainsi : le Mal.


On dit de M. Poutine qu'il serait irrationnel : il semble au contraire très rationnel, calculateur, manipulateur. La raison même au service de son objectif parfaitement raisonné. Une raison tout entière dévolue à la cause qu'il s'est donné. L'efficacité de sa méthode et sa référence : c'est celle de Caïn. Il utilise la même violence, le même procédé qu'il augmente du bannissement de la parole vraie et de la justification a posteriori niant les faits accomplis qu'il tente de cacher.

Sur le chemin de la dialectique, bien connu par les initiés, il existe la voie dirigée par la dictature du « faire », du « Qui Fait » face au « Qui Sait ». Les kabbalistes distinguent les forces du « Ma » de celles du « Mi ». S'inscrivant exclusivement dans la voie du « Ma », le président Poutine épouse une typologie connue de la Connaissance : connaître le « Ma » permet de savoir exactement ce que pense et fera M. Poutine.


Jusqu'où peut aller Poutine ?

« Aller jusqu'au bout, jusqu'à ce que tous les objectifs soient atteints… » Ce sont ses mots. Reste à savoir quels sont ces objectifs. Le regard initié permet de les reconnaître, par-delà les cartographies politiques ou militaires. Les objectifs des forces « faisantes » consistent à « faire », et ce qui les caractérise, c'est de prononcer leur autorité unique, d'écraser et nier l'existence du « Mi ». Les êtres voués à servir cette entité s'adonnent à l'extermination de l'Autre, et finissent par s'autoinformer de leur propre puissance : ils en tirent un sentiment d'invulnérabilité. Cela se concrétise par l'isolement dans le « Qui Fait » qui ne cesse de s'augmenter et, dans le discours, par  l'accusation qu'il porte à l'encontre de l'En face. Caïn se justifie en se faisant passer pour victime.

Une des caractéristiques du « Ma » — dans Don Quichotte, cette entité est incarnée par le géant Caraculiambro — est qu'il ignore la notion de « limite ». Le « Qui Fait », isolé dans son secteur, ne sait pas qui il est. Il ignore sa propre identité. Les « choses » fomentées et construites en « Qui Fait » voudraient ne jamais s'arrêter. Bien que ce secteur soit frappé de l'ordre d'arrêt — signalé par la lettre Tzadé final dans l'Alphabet hébreu — la pensée gouvernant ce secteur ne conçoit aucunement qu'il existe un mur imposant l'arrêt évolutif du « Qui Fait ». Les agents spécialisés au service du Mal ne veulent pas et ne peuvent pas s'arrêter. Au contraire. En fin cyclique, croyant à leur éternité, ils s'adonnent à une agitation maximale dans un mouvement entropique générant le chaos. Il faut les stopper. Inutile d'attendre qu'ils viennent à de meilleurs sentiments : d'eux-mêmes, ils ne renoncent jamais à continuer, ils veulent recommencer et prolonger les choses. Nous connaissons tous, dans notre entourage, des personnes relevant de cette typologie archétypale. La pensée qui prospère dans ce secteur développe non seulement ses thèmes jusqu'à épuisement total des possibles… mais s'invente des possibilités raffinées — devenant sataniques par leur excès — d'utiliser les derniers potentiels plutôt qu'accepter le principe de l'arrêt.

 

Regarder au travers du tamis

Pour voir clair dans ces événements, il faut regarder au travers du tamis. Mais comment voir clair, pour nous qui sommes tributaires de la géométrie euclidienne et de la pensée linéaire qui conditionne notre pensée ? Voir les choses qui se produisent et voir leur envers… c'est impossible sauf si l'on a le « troisième œil ».

Tout est affaire de regard ajusté et de bonne écoute. En effet, l'esprit éveillé sera sensible aux mots. Dans le discours des deux présidents, M. Zélinski et M. Poutine, des mots-clés sont prononcés qui permettent d'identifier les forces en conflit. Le Mal est entré en action. Le Mal, c'est le côté du manifeste quand il se détache du côté informationnel et s'estime lui-même son propre informateur. Le « Mal » (Ra) désigne l'empire du Faire, tandis que le « Bien » (Tov) désigne ce qui est bon, qui se réfère à la séquence informationnelle, le côté invisible mais directeur de la structure. Le « Mal » existe, et selon la tradition, il est inscrit dans notre histoire. Il y joue même le principal, tant dans l'histoire de l'humanité que de celle, personnelle, de tout humain. Le « Mal » précipite et aboutit à cela même qu'il prétend nier. Echapper au « Mal » est impossible, il est une réalité, mais il n'y a aucune raison de s'en laisser engloutir. La grille et le Code initiatique sont les instruments pour n'en pas être victimes. Le « Bien » (Tov) existe. La voie du Bien survit par la naissance du troisième fils d'Adam, Seth, en qui tout renaît. Caïn, quant à lui, laissé à son sort, banni, finit par être tué par un de ses propres descendants.


Négocier avec M. Poutine ?

M. Poutine se comporte exactement comme une protéine qui voudrait se construire à l'infini, alors que la loi naturelle lui impose la phase d'arrêt. La volonté de dépasser l'arrêt — volonté de puissance — marque l'ouverture de la phase satanique. Tout ce qui dépasse la limite marquée par le Stop en Tzadé final se voit marqué par le signe de Satan.

J'ai vu, sur les chars de l'armée russe, la lettre « Z ». Dernière lettre de l'Alphabet latin, elle signe la phase ultime. La fin. Cette lettre correspond au Tzadé final, le franchissement de cette limite évolutive du côté quantitatif est interdit, impossible, non soutenu par les forces de vie. Satan est l'ouvrier de l'entreprise marquée par l'excès du « faire ». Et Dieu sait que M. Poutine ne cesse de mijoter de nouvelles initiatives, alors que le signe du « Z » / Tzadé se tatoue sur les outils de son action. Cette lettre signale la nécessité de passer à un cycle nouveau.

« Tant qu'il lui reste une possibilité d'avancer, et d'agir, il l'utilise. Il ne se décourage jamais. Jusqu'au bout, il s'invente des situations pour affirmer son « génie » — celui du Mal — sa présence, son action. On voit en lui s'interpréter la règle initiatique selon laquelle le côté du manifeste ne veut pas s'arrêter. C'est dans la logique de la puissance dont il est le soldat : ne jamais admettre la fin de son règne. En cela réside sa force, à nier qu'une limite lui soit assignée. »*

Poutine a la lucidité luciférienne la plus exacte et c'est une dimension que les analystes ne parviennent pas à cerner. La psychologie enseignée à la Sorbonne, en sciences politiques — et même à l'école de guerre — ne pénètre aucunement cette puissance mentale. L'esprit de Satan — car c'est bien de cela qu'il s'agit — exploite, grossit l'enflure sur place d'une situation… de sorte qu'elle ne s'arrête jamais. L'espérance de pouvoir « négocier » avec lui est vaine, diplomatie de naïfs qui ne savent pas qui est l'adversaire. Discuter avec qui vous étrangle ? Débattre avec qui cherche à vous exterminer ? Quelle diplomatie est-ce là ? Elle est fondée sur la méconnaissance totale de l'adversaire, devenu Satan, hors norme, hors mesure. Discuter avec lui, alors qu'il a franchi la limite, ce serait entrer avec lui dans l'espace interdit. Lui parler — lui téléphoner, alors qu'il est le négateur de la Parole, c'est lui donner encore de la puissance. Il faut marquer l'arrêt absolu de tout échange verbal avec le Tzadé final : cela concerne plus particulièrement les efforts de M. Macron. 


M. Macron et M. Poutine

« Dans un cycle évolutif et dans une structure vivante, 6 couches ouvrent la naissance à 10 occasions dynamiques. Quand une situation a été marquée par 10 opérations successives, on peut considérer qu'elle est pleine »*. Or on peut décompter, avant l'intervention russe en Ukraine, le nombre de coups de téléphone et de rencontres entre M. Macron et M. Poutine. Il y a eu 10 rendez-vous de discussion. M. Macron est en quelque sorte l'élément diplomatique comptable du cycle. Autant de conversations aboutissant à une fin de cycle, l'invasion survient en décision protéinique de « solution finale ». Le président Macron a sans doute bien fait d'égrener ainsi les rendez-vous, tout en s'illusionnant quant à la possibilité de « dialogue » avec le président russe. Il l'a approché — sur son terrain, en Russie — ignorant la règle fondamentale de l'énergie du lieu. Un torero n'aurait pas commis cette erreur, dans l'arène, que se rendre sur le territoire adverse. En effet, dans l'art sanglant de la corrida, l'homme dans son « habit de lumière » reste toujours dans la partie ensoleillée du terrain. Tout son art consiste à faire sortir l'animal de l'ombre pour l'attirer dans la partie lumineuse où doit se dérouler le combat. Jamais le torero ne confond l'ombre et le soleil, jamais il ne se rend dans la partie ombragée. Cela s'appelle « la science du terrain ».


« Qui Fait » inverseur

L'information précède toujours le manifeste. De même que l'ADN précède toujours l'ARN et la protéine terminale. On retrouve, dans le langage utilisé, quelles furent les informations (de type ADN) codantes qui animent M. Poutine.

En effet, Vladimir choisit des termes très expressifs. Il faut écouter ce qu'il dit, le prendre au mot. Il a suscité une première instance en prenant la Crimée, écrivant ainsi le crime dans sa méthode. S'imaginant invulnérable (autopersuasion du « Qui Fait »), il se croit maître universel de toutes les psychologies. Il est vrai qu'il possède cette puissance mentale par laquelle il impose à tout interlocuteur sa force, plus encore quand cela se déroule sur son territoire, à sa table.

Dans chaque discours, M. Poutine lâche des mots, parfois insolites, voire absurdes… C'est justement dans ces singularités que se cache le sens. La structure dégage une information, le côté moteur du cerveau l'expédie au « Qui Fait ». Que fait-il ? Le passage à l'acte, par le phénomène de l'Inversion, met au négatif ce qui était donné positivement. Résultat : il fait la guerre alors que le message initial émis par la vie était de faire la paix. La puissance de l'Inversion fait dire « non » à ce qui est l'essentiel. La cristallisation obstinée dans le « non » conduit à des crispations qui obturent progressivement la perception des informations, et épaississent le « Qui Fait » sur lui-même : ce dernier finit par se donner lui-même de rôle de l'informateur et trahit ainsi ses fascinations. Ecoutons ses mots, ils expriment les fascinations qui peuplent sa construction mentale.

M. Poutine ne cesse de parler de « dénazifier ». Il accuse le Président Zélinski — dont la famille a subi la Shoa — d'être antisémite. Et soutient le « groupe Wagner » des mercenaires qui tire son nom du compositeur préféré d'un certain Adolf Hitler. Ces trois éléments signent chez lui une obsession haineuse à l'endroit du judaïsme. M. Poutine crie à l'antisémitisme de son En-Face : il dénonce par là ses propres sentiments. Par inversion, il accuse l'adversaire de ce qu'il est lui-même. Raison pour laquelle il se persuade de devoir « dénazifier » : conseil qu'il se donne à lui-même mais qu'il voudrait par inversion appliquer à M. Zélinski. La thématique Israël, judaïsme, introduite par l'agresseur, transforme cette guerre en une affaire métaphysique. Une dimension qu'aucun expert ne remarque. Cette guerre vise à tuer M. Zélinski, en tant que chef d'Etat, mais aussi en tant que Juif dont l'existence même est insupportable à l'esprit de Poutine : son esprit est en effet formaté sur les méthodes et la pensée hitlériennes (invasion des Sudètes, annexion de la Tchécoslovaquie, de la Pologne, mensonges, comédies diplomatiques, affirmation ici inversée de l'antisémitisme…) 

Les thèmes judaïsme, antisémitisme, nazisme étant introduits par l'agresseur, nous sommes en droit de considérer dans ce conflit l'apparition de forces métaphysiques : le « Ma » a décidé d'anéantir le « Mi ». C'est très clairement Goliath contre David. Alors qu'en toute logique rationnelle, le rapport des forces matérielles impliquerait son écrasement, il se pourrait que David l'emporte une nouvelle fois. M. Zélinski a eu des termes appelant aux forces de vie : « la vie l'emportera » dit-il au Parlement européen, ajoutant : « la lumière l'emportera sur les ténèbres ». Je partage ce point de vue. Et vous ?




PS : J'ai fait ce rêve l'autre nuit. Marchant dans les rues de mon village, je croise mon ancien maître de l'école primaire lorsque j'étais au CM1 ou CM2. Il me dit : « je suis désolé, mais nous avons dû tuer le grizzli ». Je lui demande pourquoi. Il me répond : « nous étions obligés, on ne pouvait plus le tenir… » Au réveil, me souvenant du rêve, je me suis dis que le Maître, c'est l'image symbolique du véritable Maître du Monde, le « Modèle d'Absolu ». Le grizzli, de toute évidence, c'est l'ours, et cela ne peut être que l'ours russe : M. Poutine. Serait-ce un rêve prémonitoire ?

 

* Les citations marquées d'un * sont extraites d'un manuscrit de Dominique Aubier où elle décrit la typologie des êtres selon le secteur évolutif auquel ils se rangent. Cf : La Face cachée du Cerveau, Lire sa Vie.

 

 

— A propos de Caïn et Abel et la 3ème voie ouverte par le 3ème fils Seth. Retrouver le chemin qui a du cœur

—  Les archétypes et seuils du fonctionnement cérébral sont explicités dans : La Face cachée du Cerveau

La 23è Lettre de l'Alphabet hébreu. Le sens du "Z".