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jeudi 14 juin 2018

Pluies, inondations, orages sur la France. Le retour du Déluge ?

Des pluies diluviennes sont tombées sur la France en juin 2018.
Inondations, destructions… La France sous les eaux.
Plusieurs personnes m'ont demandé s'il s'agissait d'un retour du Déluge…
Le Déluge peut-il revenir ?
La réponse initiatique est sans équivoque.

Voici un texte qui traite ce sujet.
Il est extrait du livre :

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 La Génération du Déluge.

Caïn a disparu de la scène du monde parce que son péché est capital. Sa révolte a lésé irrémédiablement son prochain. Il a introduit le meurtre dans le monde. Or si Dieu pardonne volontiers l'offense qui lui est faite, il est sévère pour la violence de l'homme envers l'homme. Son jugement à l'encontre de Caïn vise toute la relation humaine. Bien que désobéissant à Dieu, Adam n'est pas effacé de l'Histoire ; son geste l'a diminué mais ne l'a pas supprimé, car ce n'est pas la société qui est en cause. Avec Adam, c'est la relation verticale de l'homme à Dieu qui est jugée alors que chez Caïn, c'est la relation horizontale de l'homme à l'homme, et celle-ci est fondamentale « aux yeux » de Dieu.

Le Jugement condamnant « la génération du Déluge » est une illustration amplifiée de cette perspective biblique. Selon Genèse VI - 11, « la terre s'était corrompue devant Dieu et elle s'était remplie de violence » ; de « Hamas », terme qui dans toute la Bible désigne la violence dans ce qu'elle a d'inique, d'oppressif. Rachi explique que la corruption consistait en « mauvaises mœurs et idolâtrie » tandis que « Hamas » signifie « le vol avec violence

Le jugement de Dieu anéantissant toute l'humanité hormis Noé et sa famille, et toute l'animalité à l'exception des représentants destinés à repeupler la terre, est d'une extrême sévérité. L'infraction devait être particulièrement grave. On la voit en effet venir de loin et se développer jusqu'à remplir la terre. Dès le temps d'Enoch, « la profanation s'installe, on donne aux hommes et aux plantes des noms divins en leur rendant un culte idolâtre et en les appelant des dieux. »  Puis la confusion des genres se répand. L'exemple de l'homme fait tache d'huile : « même les bêtes domestiques, les animaux sauvages et les oiseaux s'étaient unis en dehors de leur propre espèce ».

L'enquête du Juge est à la mesure du drame. À deux reprises, Dieu considère solennellement les méfaits de l'homme qui se multiplient et la corruption qui se généralise. Le terme « Vayar » placé en tête des versets fait comme un écho antithétique au « Vayar » des versets du premier chapitre de la Genèse et qui, lors des étapes de la Création apporte la caution divine à l'œuvre de vie. L'enquête se fait en deux temps. « Vayar Adonaï Ki Rabba Raat Haadaam Baarets ». Dans une première démarche, Dieu - Adonaï s'enveloppe de miséricorde pour considérer les méfaits de l'homme. Il en éprouve de l'affliction et prend la décision de principe de sanctionner la déviation de l'homme s'il n'y a pas de changement radical pouvant annuler la sentence. Dans un deuxième temps, Dieu - Elohim constate la perversion des êtres restés insensibles aux leçons du passé et sourds à l'appel de Noé. La terre est remplie, saturée de violence.

La structure juridique est à nouveau précise : le Juge — Dieu ; les prévenus — tous les vivants ; la loi — celle qui fait obligation à chaque créature de « suivre sa propre voie ». La procédure cette fois fait intervenir un élément nouveau, original : Noé. C'est une sorte de témoin-avocat — c'est à lui (Genèse VI - 13) que Dieu annoncera le verdict condamnant la génération du déluge, hommes, animaux, terre. Il représente à la fois une référence — l'incarnation de la loi — et un avertissement — la voie à suivre si l'on veut se préserver de l'anéantissement.

Seize siècles avaient passé depuis la naissance de l'humanité qui ne peut donc invoquer aucun argument d'ignorance ni aucune circonstance atténuante. La mesure de la déviation est comble, et rien de bon ne peut sortir d'une telle débauche de mœurs et de brutalité. Après sa longue délibération, le juge conclut qu'il n'est point d'autre solution que « la coupure radicale de l'ensemble du tronc, afin de sauver la petite branche qui seule, n'est pas encore attaquée ». Le texte biblique Genèse VI - 5 à 12 est révélateur dans son articulation :

A — Les trois versets 5, 6, 7 : Adonaï constate avec douleur la corruption universelle et semble s'interroger sur l'attitude à adopter. Faut-il anéantir la Création ?

B — Versets 8 et 9 : apparition de Noé, resté à l'abri du mal et donnant naissance à trois fils qui pourront repeupler le monde.

C — Les versets 10, 11, 12 : Elohim poursuit l'enquête et en fait un bilan entièrement négatif. Il y a  symétrie autour de l'axe des versets 8 et 9 relatifs à Noé dont l'existence permettra le retournement des trois premiers versets en trois versets ayant la rigueur d'un réquisitoire. Sans la présence de Noé il est probable que le Déluge aurait été annulé ou à tout le moins repoussé, car la sanction biblique n'a de sens que si elle débouche sur une solution constructive immédiate ou à terme. L'évolution débarrassée des ferments de décomposition irrémédiable est relancée à partir de Noé et l'on voit ainsi apparaître une nouvelle fonction du Jugement : sa mission d'élagage de l'arbre humain quand il prend des directives erronées.

La sanction une fois de plus est basée sur la règle « Mida Kénégued Mida ». Pour avoir, par violence, fait fi de la valeur humaine en la personne du prochain, l'homme a enlevé toute valeur à sa propre personne (prochain par rapport à l'autre). L'anéantissement a donc atteint des sortes de non-personnes, car on ne peut demander pour soi ce que l'on refuse à l'autre. L'humanité en se vidant de son contenu s'est en quelque sorte rayée elle-même de la vie. De même l'animalité en pervertissant sa voie et en ne remplissant plus son rôle s'est enlevée toute justification à l'existence. La terre était corrompue et le déluge a rempli son intention en l'appauvrissant.

En déréglant leur voie, les êtres et les choses ont perturbé le fonctionnement normal du monde. C'est ce que vient souligner Rachi à propos du passage « la pluie fut sur la terre » de Genèse VII - 12 : « lorsque les eaux commencèrent à tomber, elles tombèrent avec miséricorde. Si les hommes font pénitence, elles seront des pluies de bénédiction. Comme ils n'ont pas fait pénitence, elles sont devenues déluge. » La sanction en quelque sorte dépend de l'homme. Même le verdict final peut être in extremis évité ou confirmé par le coupable. Et la sanction est naturellement logique. Elle n'est pas à chercher dans une intervention étrange de Dieu, dans des phénomènes inusités ou inimaginables. Elle prend la forme des processus ordinaires — en l'occurrence la pluie — avec une modalité différente, toute chose étant relative et pouvant être source de bénédiction ou de malédiction. Le Juge étant le gardien et de la loi et de l'ordre va s'attacher à les sauvegarder en essayant d'empêcher le retour du mal. Pour cela, il faut diminuer les pouvoirs du sujet dangereux en même temps que préciser les limites à respecter. Ainsi, d'une part, l'homme verra ses dimensions et ses possibilités réduites, et d'autre part, il sera tenu par un code explicite de règles précises.

En quelque sorte, Dieu a jusqu'ici laissé une grande latitude à l'homme en vue de le tester, de se rendre compte si sa liberté était compatible avec sa vocation. Malheureusement, cette expérience est allée d'échec en échec : Adam, Caïn, la génération du déluge. Les conseils ne suffisent plus, il faut structurer le comportement de l'homme pour l'empêcher de se détruire et de détruire le monde avec lui. Ce sera le sens des sept « Lois Noachides » qui constituent le code fondamental de l'humanité : « obligation d'établir des magistrats, interdiction du sacrilège, du polythéisme (idolâtrie), de l'inceste, de l'homicide, du vol, de l'usage d'un membre d'un animal vivant ». Ainsi est explicitée la loi naturelle à laquelle l'homme doit se soumettre s'il veut — à l'image de Noé — trouver la voie de l'accord avec le monde et la vie, afin de « croître et multiplier »… et retrouver l'ascendant sur tous les animaux.

La fonction du Juge-Éducateur se trouve donc développée. Les Sept Commandements Noachides sont à la fois une pédagogie devant enseigner à l'homme à ne pas détruire le monde, et une loi sociale fondant la coexistence des humains entre eux et leurs rapports avec tous les êtres.

Toute justice suppose une réciprocité entre le législateur et le sujet de droit. Le premier offre la sécurité et le bon fonctionnement de la société au second dans la mesure où ce dernier se soumet à la Loi. Dans notre cas, la Loi Noachide imposée au survivant du cataclysme doit avoir pour contrepartie une garantie d'Élohim - Juge. Effectivement, après avoir énoncé le cadre légal de l'évolution de l'homme sur terre, Dieu donne une assurance solennelle valable pour Noé et sa postérité : « nulle chair désormais ne périra par les eaux du déluge ; nul déluge désormais ne désolera la terre ». Car une alliance est établie par Dieu entre Lui et l'homme, une Bérit destinée à préserver l'humanité d'une punition trop forte pour sa constitution. Et ainsi le Juge - Législateur - Éducateur manifeste sa résolution de s'engager dans l'aventure historique au côté de son partenaire…


Commentaire de Dominique Aubier« Notre époque ressemble à celle du Déluge. Si l'eau n'est pas l'élément dont nous devons craindre la menace, c'est qu'à la fin des évolutions où l'homme est présent, l'élément en action est l'air — second milieu de la phylogenèse. Noé se trouvait aux prises avec la dramaturgie d'une fin faible. Nous sommes en face, cette fois, d'une fin forte. Mais le rythme assimilateur veut que le thème faible ressurgisse pour mémoire, au commencement des événements forts de la seconde et véritable Fin. En raison de ces arrangements, connus jadis de leurs initiés, les Juifs religieux disent que Dieu a promis qu'il ne châtierait plus par l'eau. Mais il se peut que nous agissions par Lui en nous suicidant par le feu— nucléaire ? — qui se nourrit de l'air. Ces craintes n'ont rien d'illusoire et chacun le sait. Que la pluie doive revenir pour rappel et mémoire est un argument moins connu. Pluie entraînant le montée des eaux : annonce du danger, désormais, du feu… »


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Ce texte est extrait du livre : Le Devenir du Monde est lié à celui de l'Homme.



dimanche 20 mai 2018

Pour les Amis de Don Quichotte : l'exégèse du Quichotte en 5 volumes

Don Quichotte - Don Quijote - Don Quixote 

Pour les Amis de Don Quichotte


DON QUICHOTTE paraît en 1605 et connaît un succès immédiat. Une gloire jamais éteinte entoure ce livre qui reste, avec la Bible, le plus connu au monde. Quel est son secret ?

Dominique Aubier voue son existence à résoudre cette énigme. Menant son enquête, cet écrivain —une vie de recherches, d'investigations pour comprendre — devient experte de la kabbale hébraïque. Munie de cet instrument, elle ouvre le symbolisme de Don Quichotte, le décode et en libère le sens : Don Quichotte est lisible à la fois en castillan et en hébreu. Cervantès, en effet, dissimule un message. La deuxième édition (1608) originale du Quichotte, révisée par son auteur, est truffée de « fautes » que les grammairiens officiels s'empressent de corriger dans les éditions suivantes. Mais en réalité, il fallait décoder ces «erreurs» qui n'en étaient pas et qui transformaient, par l'omission d'une lettre, par l'accentuation mal placée, le roman castillan en un traité initiatique habité du système qui fonde l'herméneutique : autant de messages cryptés, dont certains sortent droit du texte biblique, notamment des chapitres d'Ezéquiel.

Je sais qui je suis, dit Don Quichotte. Qui est-il vraiment ? Dominique Aubier suit Cervantès à la trace et restitue le fil conducteur de sa pensée, si bien que l'enquête est menée par Cervantès en personne, qui pose des jalons dans un jeu de piste dont le trésor est l'apparition du sens.

Voilà qu'en pleine Inquisition, Cervantès, dans une forme littéraire nouvelle dont il est l'inventeur — le roman moderne —, transmet un enseignement frappé d'interdiction. Cervantès redonne ce qu'il a reçu de la tradition hébraïque et de la kabbale, et augmente ce don de sa propre puissance prophétique. Don Quichotte (Q'chott en Araméen signifie vérité) fut écrit dans un souci d'œcuménisme. En souvenir d'une Espagne, terre de rencontre des trois religions révélées, il propose à l'avenir un projet culturel plaçant en son centre la puissance du verbe.

Dominique AUBIER pénètre jusqu'en son coeur le mystère de l'Hidalgo et dévoile les références zoharique du grand œuvre. Cette série d'ouvrages rédigés dans une verve flamboyante où la précision de l'esprit épouse la richesse du langage, constitue l'aboutissement d'une enquête magistralement menée. L'œuvre atteint le sommet de l'élégance d'âme car elle situe Don Quichotte comme le recours civilisateur d'une haute métaphysique au service de l'humain.


L'exégèse de Don Quichotte paraît en cinq volumes :


Ouverture 1

Don Quichotte Prophète d'Israel

Le codage hébreu et araméen du Quichotte

Éd. Ivréa (Gallimard) / Ed. M.L.L., 296 pages, 14 x 21,5cm, 54 € 

Traduit en espagnol sous le titre Don Quijote Profeta y Cabalista, ediciones Obelisco, 34 €


Ouverture 2

Victoire pour Don Quichotte

Les sources hébraïques et araméennes de Don Quichotte. Décryptage du texte original.

Éd. M.L.L., 346 pages, 15 x 21 cm, 53 €


Volume 1.

Don Quichotte, le prodigieux secours du messie-qui-meurt

La dimension messianique de Don Quichotte, décryptage du texte original de Cervantès, exégèse du symbolisme. 

Éd. M.L.L., 464 pages, 18 x 24 cm; lettrines et gravures extraites de l'édition de 1608 : 42 €


Volume 2.

Don Quichotte, la révélation messianique du Code de la Bible et de la Vie

Le message du Quichotte traversant les siècles, au service de la Vie

Éd. M.L.L.  Livre cousu, 445 pages, 18 x 24 cm, lettrines et gravures extraites de l'original de 1608, : 42 €


Volume 3.

Don Quichotte, La Réaffirmation messianique du Coran

Don Quichotte et le soufisme d'Ibn' Arabî et Mansur Al Hallaj  
403 pages, éd. M.L.L. : 47 €

Film

El Secreto de Don Quijote

Film espagnol de Raùl Rincon, RTVE, prix du meilleur documentaire au festival Las Duñas

avec Dominique Aubier, en DVD, sous-titré en anglais, Luca-films, 32 €



M.L.L. - La Bouche du Pel - BP 16 - 27 240 DAMVILLE - France


jeudi 10 mai 2018

Ophélie Gaillard et Don Quichotte. Don Quixote.

Don Quichotte entre dans la musique.
Violoncelle, par Mle Ophélie Gaillard, lectrice de Dominique Aubier.




Souvenez-vous, en mars dernier, le violoncelle d'Ophélie Gaillard était volé. Ce fut la panique.
L'instrument, rarissime, d'une valeur inestimable fut cependant restitué quelques jours après sa disparition. Le voleur fut-il inspiré ?
L'Artiste venait tout juste de réaliser son disque Don Quichotte, sur une composition de Strauss.
La disparition de son instrument m'a fait penser à l'épisode, dans Don Quichotte, touchant son compagnon Sancho Panza : on lui a volé son âne. Et le drame pour Sancho fut terrible, tant il aimait son petit animal.
Et là aussi, quelques temps plus tard, il le retrouve…

Dans Don Quichotte, cet épisode symbolise le fait que Sancho est en train d'évoluer. On lui subtilise son ancienne monture. C'est-à-dire ses anciennes modalités de penser. L'âne est le symbole du sens littéral : celui qui monte un âne ne voit que l'immédiateté des choses. Raison pour laquelle Don Quichotte chevauche Rossinante. Le cheval étant la monture prophétique.
Sancho fait un spectaculaire progrès dès qu'il devient le disciple de son Maître. Sa pensée, son être se "quichottisent", il finit même par devenir gouverneur d'une île et par donner une leçon au chevalier quand il lui explique, à la fin de l'histoire, comment interpréter le signe du lapin venant chercher refuge dans ses bras.
J'en ai parlé dans ma conférence donnée au Lapin Agile

La même chose a touche Mle Ophélie Gaillard. Sa "monture", si je puis m'exprimer ainsi, c'est son violoncelle, c'est-à-dire l'instrument qui l'accompagne dans sa vie : il a été volé. Cela signifie que pour elle, un cycle s'est fermé à l'occasion même de la création de son disque sur le Quichotte. Désormais, après avoir interprété le Quichotte, elle ne pourra plus jouer "comme avant". Elle passe à un autre niveau d'organisation de sa vie, et s'il fallait présenter ces niveaux sur l'échelle de la formule kabbalistique du PaRDèS, on pourrait identifier l'étape qu'elle est appelée à franchir. Après le sens littéral (Pé), après le symbolisme (Remez), après l'allégorie, il convient désormais d'aller droit au sens et de passer la porte (Dalet) ouvrant au Sod. Autrement dit, aller droit vers Dulcinée du Toboso dont le nom signifie "la douce lumière du Sod". Donc aller vers le Secret.

Or Ophélie Gaillard n'a pas peur d'affirmer que son interprétation se fonde sur une lecture kabbalistique du Quichotte : le secret est là et elle en cite même la source qui lui a inspiré cette démarche artistique très originale et courageuse. C'est à la lecture des livres de Dominique Aubier, consacrés au Quichotte, qu'elle a conçu son projet artistique, donnant aux thèmes musicaux des vibrations jusque-là inexplorées.
Don Quichotte semble avoir approuvé en ce qu'il a fait en sorte que le violoncelle soit restitué : la mutation d'Ophélie Gaillard est plus que prometteuse, le parcours de la quichottisation lui est grand ouvert, s'agissant, au travers du Chevalier, de chanter la Vérité, comme l'indique le nom du fameux chevalier "Quéchot" en araméen — vérité.

In reading Ophélie Gaillard's narrative, one senses her love of literature and ability to uncover the beauty of Strauss in candid fashion. The pièce maîtresse is carried inside the symphonic poem, Don Quixote, whereby we're drawn into Mlle. Gaillard's transitional journey in a grounding of Kabbalah exegesis via the acronym, PaRDeS. Dominique Aubier's encoding [thoughts] alongside perspectives of rabbi/philosopher Marc-Alain Ouaknin enlarge the listener's awareness inside these variations fantastiques. What's revealed is a whole new world of musical methodology, and in doing so, we learn through the cellist's hands a discovery of esoteric outreach.

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Dominique Aubier :



lundi 7 mai 2018

Quel est votre Allié ? Connaître son Allié… connaitre son Ange allié.

Connaître son Allié.

J'ai consacré une série d'articles sur le thème de l'Allié.
C'est un thème initiatique très délicat, qui n'est que rarement évoqué par les initiés.
Tout initié a un Allié, mais il ne le dit pas toujours.
Certains auteurs modernes le confondent avec "l'ange gardien". Mais c'est très différent.

L'Allié, c'est la force ennemie, difficile à repérer en nous, qui se joue de nous, qui manipule notre existence pouvant nous amener à la réussite ou au désastre.
A ne pas confondre avec l'égo.
L'Allié, c'est autre chose…

Comment reconnaître son Allié personnel ?
Comment le maîtriser ?
Où se trouve l'Allié ?
Comment et où agit-il exactement ?
Quel est son nom ?

Car avant d'être un Allié, c'est l'adversaire. Qui n'a qu'un seul objectif : détruire votre vocation.
Petit indice :
L'Allié fait tout pour se faire remarquer de vous car cela entre dans son jeu : d'abord il se cache, vous fait des mauvais coups, puis il se fait voir pour vous défier ouvertement, persuadé qu'il est de vaincre… et de s'amuser de votre défaite…

L'Allié se joue de toutes les techniques de psychologies étant très « roublard » et les connaissant toutes…

Dominique Aubier a présenté le sujet dans une conversation que j'ai enregistrée et relevée par écrit.
Elle a été publiée sur le Blog en plusieurs épisodes.
Voici l'ensemble des liens permettant de retrouver toute la série.

Un texte encore plus technique sur le sujet de l'Allié sera prochainement publié sur le Blog.
Si toutefois cela vous intéresse.
— Que vous dit votre Allié ?

« Caminando sin aliento ». Francis Roth. 

mardi 24 avril 2018

Jeanne d'Arc, la Délivrance. Livre initiatique.

Jeanne d'Arc, la Délivrance

Par Dominique Blumenstihl-Roth
Editions Peleman 248 pages


En l'honneur du 600ème anniversaire de la naissance de la Pucelle d'Orléans, j'ai écrit ce portrait d'une Jeanne libérée de la convention historique. Fin des fausses légendes, fin des clichés. Cette étude ne ressasse pas les anecdotes ayant fait la gloire de tant d'ouvrages passés. Ici, nous tentons de pénétrer le secret d'une femme, de son épopée, de son destin.

Voici la nouvelle édition de ce livre.


Quel est le mystère des voix ? Quel est le sens de la Libération opérée ? Quel est le message qu'elle nous laisse, en héritage, à six siècles de distance ?

L'enquête sonde les archives au delà des apparences. Elle dégage la portée de l'opération initiatique réalisée par cette femme qui aboutit, en son temps, à la création d'une nation cohérente, dotée d'un projet spirituel. Le décryptage de l'épopée johannique s'avère précieux pour comprendre la puissance de l'énergie transhistorique se déversant sur notre temps. 


Cette étude s'appuie sur les travaux des meilleurs historiens — mais ne leur cède point la palme : l'indigence de la méthode rationaliste en effet ne permet pas de pénétrer les mystères de l'être. « Aussi est-ce par une tout autre technique, plus efficace et pertinente, que j'ai abordé Jeanne d'Arc. Il me fallait tout d'abord comprendre le mystère du Temps : quelle est sa matière, de quoi est-il fait ? Pour résoudre l'énigme johannique, je me suis fié à l'enseignement de Dominique Aubier, spécialiste de la kabbale hébraïque. Appliquant concrètement ses leçons, j'ai vu se dessiner le portrait d'une femme exceptionnelle dont le message depuis six siècles désigne et nourrit la vocation française. C'est uniquement à la lumière du décryptage kabbalistique que Jeanne d'Arc devient pleinement compréhensible et que la prophétie d'Orléans libère son message. »

L'ouvrage présente, en annexes, le portrait de quatre femmes dont l'apparentement avec l'idéal johannique rappelle le rôle essentiel des femmes au regard de la Création.



45 euros, expédition incluse.

Ou par courrier postal :

Pour obtenir un exemplaire de l'édition originale numérotée et dédicacée,
papier 85 gr, couverture entoilée (67 euros) :



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Sommaire

Jehanne, la Délivrance


I. Préface

II. Jehanne, le Secret

1. Pour une nouvelle science de l'Histoire

1. Certitude historique

2. Les protagonistes

3. Parole donnée

4. Justice inquisitoriale

5. D'Estivet, lumière de la Sorbonne

6. La Sainte procédure

7. Plaidoyer pour une justice initiatique

8. Séquelles de la Sainte Inquisition


2. Lecture initiatique

1. La communication avec l'Invisible

2. Une personnalité hors normes

3. Les voix

4. Le second procès

5. Une nouvelle science du Temps

6. Jehanne d'Arc, réalité métaphysique

7. Le Temps johannique

8. Une nouvelle fécondité

9. Décodage kabbalistique

10. Lumière d'Orléans


III. Annexes

I. Jehanne, la Délivrance, feuilleton radiophonique

II. Vraie ou fausse Jeanne ?

III. A l'attention des historiens

IV. Portrait de quatre femmes johanniques

1. Dulcinée du Toboso

2. Esther

3. Fatimah Az-Zahra

4. Dominique Aubier

V. Jehanne d'Arc sous regard initiatique

VI. Bibliographie, filmographie



lundi 9 avril 2018

Jésus a-t-il vraiment marché sur les Eaux ? Décryptage d'un texte évangélique.

Jésus a-t-il vraiment marché sur les Eaux

par D. Blumenstihl-Roth

(de l'école de Dominique Aubier)


Je reprends ici ma prétentieuse tentative d'exégèse de la parabole évangélique de « la marche sur les eaux de Jésus » présentée dans le texte de Matthieu 14, 22-33.


première partie : 

la question : Jésus a-t-il vraiment marché sur les Eaux ?

Réponse première partie



Réponse deuxième partie


Décrypter les symboles

L'Évangile donne ici un récit narratif simple et direct. Il expose des faits. Bien évidemment, cet épisode recèle un sens dépassant le déroulé littéral. Le Croyant désirant comprendre (et même le non-croyant intéressé par un texte antique à portée métaphorique) se trouve devant une énigme. Comment décrypter ? Comment trouver le sens ? Avec quel instrument ?  La simple foi (ou le simple déni) suffit-elle pour comprendre le sens de ce récit ? 

La théologie chrétienne, catholique, protestante, luthérienne, a-t-elle réussi à décrypter entièrement ce texte ? Il continue à faire question dans l'Église. Les séminaristes ont-il pénétré le cœur du récit pour en extraire le « noyau atomique  » ?

Je l'ignore, n'étant pas féru de théologie et ne possédant pas la culture qui me permettrait de vérifier la profondeur des sondages déjà réalisés sur le terrain de cette relation apostolique.


Ma réflexion se fait donc indépendamment des lumières que la théologie chrétienne aura déjà portées sur cet épisode et se contentera d'investiguer sur le terrains des archétypes en cause et des références hébraïques sous-jacentes au texte grec à partir duquel les Évangiles ont été traduits. Le texte grec étant lui-même le dépôt écrit de la longue tradition orale araméenne ou hébreue dont je pense pouvoir dire qu'elle a transmis les informations de génération en génération, à travers les siècles depuis la Palestine jusqu'en Grèce sans rien modifier ni altérer. Pour comprendre le texte de Matthieu, apôtre nécessairement hébraïsant, parlant couramment l'araméen, dialecte de l'hébreu, il me semble légitime de me tourner vers la langue qu'utilisa le narrateur.

Ce court épisode de l'Evangile n'occupe que quelques lignes concises où chaque mot est pesé à l'aune de sa portée symbolique. Les éléments du décor sont plantés, simples, efficaces. En bord de mer. Une montage. Les eaux. Les circonstances sont données : une foule se disperse après une vaste réunion. La nuit commence à tomber.


Action : Jésus demande à ses disciples de s'embarquer et de faire une traversée vers « l'autre rive ». Il leur promet de les rejoindre et reste seul. Il monte sur la montagne. Puis, la nuit tombée, s'avance sur les eaux…

L'apôtre Matthieu a vu la scène et a dû la raconter en hébreu - araméen, bien des fois, employant les mots significatifs lourds de sens pour lui, dans le contexte hébraïsant de sa culture.

Si je demande à un français ce que représente pour lui la mer, il me répondra que cela évoque les vacances, le soleil, la plage, peut-être même lui viendra-t-il à l'esprit quelque nom précis de lieu de villégiature, comme le camping des Flots Bleus ou les terrasses de Saint-Tropez.

La même question posée à un homme de l'Antiquité, en Palestine, devait appeler, vous l'imaginez bien, une tout autre réponse, bien loin de la légèreté touristique de notre temps. La mer — « Maïm » — devait immédiatement renvoyer au récit de la Création au Troisième jour, lorsque les eaux apparurent… Fut-il lettré ou ignorant (encore que cet état devait être rare dans le judaïsme) tout juif devait avoir en mémoire le récit de la Création où les eaux se réunissent en un point appelé « Mer ». Pour Matthieu, il devait en être de même. Ce mot Maïm devait résonner profondément en lui, comme un élément essentiel de la Création conditionnant l'existence. La présence de la mer, dans son récit, porte une symbolique lourde, puissante que nous pouvons essayer de saisir.


Le symbolisme de la mer.

Avant de naître, l'enfant vit pendant 9 mois dans le liquide amniotique de sa mère. Son existence se déroule en « première instance »,- dans l'espace liquide, analogique à « Maïm », les eaux de la Création du verset 1-9 de Genèse relatant les événements du troisième jour : « Que les eaux répandues sous le ciel se réunissent sur un même point… il la nomma les mers… »

Or la vie, tous les biologistes, botanistes en conviennent, s'est développée initialement dans le monde marin. La science a également observé que l'être vivant repassait par les stades évolutifs de l'ontogenèse ayant marqué toute l'histoire de la Vie, passant du stade de cellule à celle de foetus intra-utérin puis l'expulsion à l'air libre où de nouvelles formes de vie prennent le relais. Cette réitération de l'ontogenèse dans la vie individuelle du foetus est tellement démontrée par les physiologistes que c'est banalité de la rappeler. Le foetus devient « bébé » à l'air libre dès lors qu'il franchit le seuil ouvert sur le monde et que ses poumons encore flétris décollent de leur repli. C'est à l'air libre que la parole est prononçable, que le langage peut être appris, que la marche autorise le déplacement autonome de la personne. Toutes choses devant être apprises, quand bien même le potentiel physiologique en soit donné.


Le symbolisme de la marche.

La « marche sur les eaux » dans l'épisode évangélique évoque cette sortie hors de l'élément marin. 

Le Christ est présenté comme le héros de cette libération hors des conforts amniotiques. 

Il se déplace à la surface, à l'air libre.

Sa marche consiste donc à promouvoir une avancée appuyée sur droite et gauche fonctionnelles (les deux hémisphères cérébraux en action) à la surface de la première instance (les Eaux) où règne la pensée symbolique. Il est le prophète de cette limite, de la surface où l'être marche sur l'eau (et non dans l'eau). Il est en passe de quitter entièrement l'élément liquide qui n'est qu'un lieu transitoire, puisqu'il s'agit de passer sur l'Autre Rive, sur terre ferme. Jésus apparaît ici comme acteur de passage (encore sur le symbolisme) dont il annonce la fin, puisqu'il rejoint la terre ferme où la pensée sera fixée par le discours exégétique.


Ouvreur des temps messianiques

En cela il semble bien ouvreur des temps messianiques, mais non l'élément de résolution terminale. Car en effet, le Christ, pour pédagogue qu'il soit en utilisant ses paraboles, n'agit que par symbolisme sans toutefois dévoiler les règles construisant sa doctrine. Il n'expose pas le Code sur lequel il s'appuie. Il met en scène sa prophétie, dont nous tirons ici le sens. L'explication n'est pas sa mission, étant lui-même le symbole représentatif du messianisme résolutoire devant encore émerger.

Lé récit de la marche sur les eaux laisse entrevoir les temps messianiques ou effectivement la pensée surplombera les eaux symboliques et s'avancera vers la terre ferme de la résolution exégétique ; c'est cela, les temps messianiques. Qui réalisera cette exégèse ? Il ne semblerait pas que l'Eglise y soit parvenue, si nous en croyons les déboires de l'apôtre Pierre perdant pied et tombant à l'eau. S'il est sauvé de justesse de la noyade, c'est en recourant à la main tendue de son Maître qui l'emmènera, lui aussi, vers la terre ferme. L'Eglise bénéficiera, au même titre que toutes les traditions du monde, de l'apport exégétique réalisé sur cette « autre rive » que Jésus indique, sans qu'il la soit pour autant lui même.


Passer d'une rive à l'autre. La montagne.

Passer d'une rive à l'autre semble être le message de cette aventure, opérer un transfert des modalités et des catégories de la pensée. On retrouve ici, dans une mise en scène vivante, le concept du « passage » entre Tzadé final 900 et la montée vers le Qof 100. Cette montée est figurée ici par la scène où Jésus, seul après avoir dispersé la foule (l'aspect quantitatif se dissout au profit du qualitatif unique) se rend au sommet d'une montage. En hébreu Har. Qui s'écrit Hé Resch.

C'est au sommet d'une montage que se trouve la salvation. Comme l'Arche de Noé s'arrêtant sur les monts (Har) Ararrat (Genèse 8- 4).

Ce mot en deux lettres signifie : Hé : la structure en Droite et Gauche permet le passage et la montée (ouverture en haut à gauche) vers Rosch (le cerveau). Har désigne l'édifice cortical ainsi construit, appuyé sur les deux hémisphères.

En montant sur la montagne, Jésus s'en remet au Modèle d'Absolu, au Hé et au Resch dont il connaissait parfaitement le sens.


Le symbole de la nuit.

Ce n'est qu'après, en pleine nuit, qu'il entreprend sa marche sur les eaux. Le symbolisme (le monde de la mer) en effet, s'il permet de saisir intuitivement et de participer sensiblement à l'initiation demeure obscur en ce sens qu'il est recouvert d'un voile maintenant la pensée dans une certaine obscurité. La nuit était tombée… Mais elle ne devait pas être entièrement noire, puisque les apôtres voient Jésus sur la montage et le voient venir vers eux. Cependant, tout cela se déroule dans une pénombre. C'est celle des symboles appelant à leur propre lumière par le sens dévoilé.


Le symbolisme de la barque.

Quel mot araméen ou hébreu a bien pu utiliser Matthieu pour désigner cette embarcation sur laquelle il se trouvait en compagnie des autres disciples ? Si elle pouvait recevoir douze personnes (treize puisque Jésus les rejoint à bord), son gabarit devait être assez conséquent. Et si elle naviguait sur mer, c'est qu'elle avait été conçue pour cela, pour la pêche, donc dotée d'une coque profonde, quille, gouvernail etc. Lui permettant d'affronter l'épreuve de la traversée. Le mot utilisé paraît un peu faible et je pense qu'il doit exister un autre mot pour désigner ce type de bateau capable de traverser une mer, sans doute plus proche du chalut que de la « barque ». Réminiscence de l'Arche où les apôtres seraient symboliquement les humains embarqués dans l'aventure civilisatrice de la pensée ?

J'ignore quel mot hébreu figurait dans le récit oral de l'apôtre. Reversé en Grec puis en français il est difficile de remonter avec certitude jusqu'à l'origine hébraïque orale. Je pourrais considérer que le mot « Sirah » (Samekh, Yod, Resch, Hé) 


סירה


pourrait convenir. Mais je n'en ai aucune garantie.

Si tel est le mot soutenant l'image de la « barque », alors leur aventure s'ouvrirait sur un Samekh, lettre apparaissant en quinzième position, dans la partie de la structure alphabétique où l'éventail droite-gauche s'ouvre clairement, entre le dixième et le dix-huitième étage. Dominique Aubier écrit à ce sujet : « Samekh vaut 60 et rappelle qu'il existe six couches à énergétiser dans la matrice bien fermée sur elle-même. Il en évoque la programmation en un moment étonnant de l'aventure évolutive: en quinzième position. La seconde instance du cycle bat son plein. L'énergétisation est en cours, sans qu'il y ait rien à redire: la valeur 60 exprime assez que cette activité se réalise en accord total avec les forces en présence: le 10 (autrement dit le Yod — l'énergie – est en train de travailler les six couches. Mais l'on ne se trouve pas encore dans la sixième couche. »

Les apôtres semblent embarqué dans une grande aventure :  Samekh (6 x 10) où l'énergie (Yod) travaille pour les conduire vers la structure Rosch, avec ses deux rives, deux hémisphères (Hé).


Les vents leurs sont contraires. Les forces sociales en place résistent. Mais les forces cycliques ne se laissent pas entraver, tant l'énergie Yod dans le mot « barque »  et actif dans le Samekh pousse de l'avant. A noter que le Samekh n'a pas de contrepartie quantitative dans l'Alphabet (par exemple comme le Caf ou le Noun). C'est donc que le support matériel lui manque et qu'il a besoin d'une énergie qui le pousse ou le tire. Ici, le Yod en seconde position semble bien tirer l'embarcation. Et en effet le Maître viendra rejoindre ses disciples en second temps, prenant la place du Yod (deuxième lettre) dans le mot désignant la barque, les expédiant vers le Resch et le Hé.

סירה


La mésaventure de Pierre mériterait elle aussi un commentaire. Demandant à rejoindre le Maître, il se risque à vouloir marcher sur l'eau. S'est-il imaginé que lui aussi… par mimétisme serait investi des mêmes prérogatives ? A-t-il outrepassé son degré de compétence en croyant qu'il serait habilité à concevoir lui aussi cette prouesse ? Son désir de rejoindre le Maître était sans aucun doute sincère, mais également emprunt d'une forme de naïveté ; Jésus est acteur de messianité par le symbole qu'il réalise, cela ne se transmet pas par imitation. Son acte de « marcheur sur l'eau » est unique, à lui réservé. À chacun sa place. L'apôtre dans la barque humaine était-il investi de la mission du Maître au point de « faire comme lui  »? 

En fin lecteur des signes, Jésus a dû faire une lecture avisé de la mésaventure de Pierre. Il voit tout de suite qu'il a peur et que cette peur cause l'échec. L'ayant rattrapé avant la noyade, il aura, en tant qu'initié de haut rang intégré immédiatement le sens de la péripétie dramatique. N'est-ce pas, au travers de Pierre, l'Eglise tout entière qui semble prise par la peur des vents contraires et qui ne parvient pas à rejoindre le Christ ?


Un peu de rire n'est pas interdit

Nous avons l'habitude de lire les évangiles sur le ton de la dramaturgie douloureuse et pathétique. Cet épisode-ci — Pierre désirant rejoindre son Maître et tombant à l'eau — pourrait tout aussi bien s'envisager sur un ton plus joyeux, et peut-être même, sans déroger au respect dû à la religion, pourrait-on y discerner quelque humour dont Jésus ne devait pas être dépourvu. Nous le voyons toujours (du moins dans l'imaginaire conditionné par la vision de sa crucifixion) comme un personnage austère, spartiate… alors que s'il a été homme, (ou Dieu devenu homme selon la thèse chrétienne) il en aura connu également des joies, dont celle du rire. Étant homme de parole, le rire accompagne le don de la Parole, les travaux du neurologue Antonio Damasio sur le rire ont démontré l'étroite connivence entre les zones corticales du rire et celle du langage, notamment du sens (ère de Wernicke).


Reprenons la scène telle qu'elle est narrée par Matthieu.

Jésus marche sur l'eau. Les apôtres sont sidérés. Nous le serions autant. Il s'approche de leur barque, en étant de lévitation à la surface de le mer. Et voici que Pierre se lève et demande : « Seigneur, si c'est bien toi, ordonne-moi de venir vers toi sur les eaux. »

La question est curieusement tournée. À la limite du chantage : « si c'est toi, alors… » Pierre demande à Jésus de lui ordonner de venir vers lui. Autrement dit, il demande qu'on lui donne l'ordre de faire… ce qu'il a déjà envie de faire, c'est-à-dire marcher sur les eaux comme Jésus. Il introduit également le doute : « si c'est vraiment toi, alors… ». Un vrai défi qu'il lance à Jésus.

En bon lettré captant le sens des mots, Jésus lui répond aussitôt : « Viens ! »

C'est-à-dire que Jésus… obéit à Pierre et fait ce qu'il lui a demandé. Il lui ordonne de venir. Dans le sens : « Tu veux que je t'ordonne de venir ? Alors: viens. Sous-entendu : tu verras bien ce qui t'arrivera si tu tentes de m'imiter. Car c'est bien ton désir, non, de faire comme moi ? Alors viens… Nous allons nous amuser. » Jésus devait bien connaître son ami et peut-être lui a-t-il joué un petit tour en acceptant de lui obéir et lui dire de venir vers lui, sur l'eau ? On pourrait entendre le rire intérieur de Jésus, tirant de l'eau son disciple trempé de la tête aux pieds, et lui répondant d'un petit haussement d'épaule compatissant : « pourquoi as-tu douté ? » Entendre : « tu as douté que tu tomberait à l'eau, tant tu étais certain de pouvoir marcher sur la mer comme moi ? Allons, il était évident que tu te noierais… comme il était évident que je te rattraperais. » Et j'entends Jésus ajouter cette phrase que l'aimable Matthieu n'aura pas notée : « Sacré Pierre, tu es un farceur. Et dire que c'est sur cette Pierre que je bâtirai mon Eglise… »


Qui est ce Jésus de Nazareth ?

Retrouvons notre sérieux de séminariste. Le brave apôtre s'enfonce. Jésus lui tend la main et dit : « Pourquoi as-tu douté ? ». On a beau lire et relire le passage, un doute demeure dans l'esprit du lecteur : à quel doute renvoie Jésus quand il s'adresse à Pierre ?

— Celui portant sur son identité, en raison de la question de l'apôtre: « Si c'est toi, alors… »


Et justement : qui est ce « toi » ? Qui est ce Jésus de Nazareth, venu marcher sur le lac de Genézareth ? 

Un simple survol des mots permet de repérer l'allteration et même la répétition du mot « Nazareth ».

J'ai déjà expliqué dans un article précédent le sens de mot Nazareth. Je repends ici brièvement l'explication afin que nous l'ayons sous les yeux.

Nazareth, nom d'un village, est un mot codé. En effet, écrit Dominique Aubier, « dans la Torah, on ne dit pas Labyrinthe. On dit plus conceptuellement Nazareth ». Lettre par lettre :

Noun = l'homme.

Tzadé = bifurcation et Stop sur la branche évolutive gauchère.

Resch = la connaissance du Verbe et ses lois.

Tav = la fin du cycle.

Nazareth signifie donc : l'homme, parvenu en Tzadé, doit opter pour la branche droitière, monter vers le Resch, le Verbe, jusqu'au bout du cycle. Pour cela, il doit s'instruire des Lois du Verbe, donc des lois archétypales et de l'Alphabet. Il doit connaître les lois initiatiques et notamment les archétypes. L'homme de Nazaret semble capable alors de marcher sur les Eaux, sur les symboles représentés par la réalité.

Et justement, cette réalité est désignée par le mot Génézareth,, car ajoutant un Guimel à Nazareth, on obtient la présence des « choses ». Les choses, la réalité.

Est-ce de cela que Pierre a douté : de la capacité à marcher sur le réel, de le lire, de le considérer comme un support signifiant ?


— Avait-il peur des vents contraires ?

— Appelle-t-il au secours parce qu'il a cru que Jésus ne l'aiderait pas de lui-même ? Il y a dans cette séquence au moins trois doutes successifs se renforçant l'un l'autre, engloutissant l'apôtre, sans qu'il soit aisé de discerner si Jésus fait davantage allusion à l'un ou à l'autre. À mon sens, il aura vu la situation globale des trois — y compris la possible dimension comique, non orthodoxe je l'avoue, celle du futur pape de son Eglise prendre un bain de mer parce qu'il s'imaginait pouvoir léviter à la surface des eaux comme Jésus. Ce pouvoir ne se transmet pas : la puissance christique soumettant les lois de la nature à la puissance du symbole qu'il incarne est réservée à sa seule mission.


Je vais envoyer ce texte au cardinal Joseph Ratzinger (Benoît XVI) et soumettre cette réflexion au grand théologien qu'il est. Sa démission a prouvé qu'il était un homme inspiré et je suis certain que c'est suite à une révélation qu'il a quitté sa haute fonction, précisément parce qu'il n'a pas douté.


Reste bien sûr la question du messianiqme de Jésus.

J'ignore s'il fut « le » messie. La tradition estime qu'il y en aurait au moins deux, (un messie-fils-de-Joseph suivi d'un messie-fils-de-David) et cela est conforme à l'archétype du Redoublement. À quoi s'ajoute nécessairement un annonciateur préfigurant la dramaturgie messianique. Ne pas confondre les épisodes entre eux. Je crois que Jésus fut cet annonciateur, ouvreur de la porte messianique. Mais tout reste encore à faire. La France y tient en rôle essentiel étant le porte-voix de l'explication.



Pour bien comprendre le messianisme et pour dépasser les clichés sur le sujet :

— Don Quichotte le prodigieux secours, livre de Dominique Aubier. Une explication du messianisme fondée sur le mot hébreu.

— Le film Le messianisme, DVD.



Je remercie les personnes s'inspirant de mes écrits de bien vouloir citer la référence.

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