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mercredi 20 mars 2019

Appel aux forces du cœur. Contre la violence.

Appel aux forces du Cœur
Ou : « la bonté est de retour ».
par Dominique Blumenstihl-Roth


Il y a quelques jours, je me promenais autour des étangs en bordure de mon village. C'est un espace de loisir bien aménagé où les cygnes et les bernaches viennent s'ébattre, où les enfants viennent jouer, où les ados se retrouvent en bandes bien sympathiques.
Sur le terrain de basket, trois jeunes — quinze - seize ans — se passaient le ballon sous l'œil admiratif d'un gamin qui devait avoir une dizaine d'années. Je connais ces jeunes du village. Un peu plus loin, dans l'herbe, traînait une trottinette dont le guidon manquait. N'y prêtant guère attention — toutefois surpris de remarquer l'absence du guidon — j'ai continué ma promenade en longeant l'étang.
Soudain, j'ai entendu un cri. Je me retourne et j'aperçois l'un des trois ados qui gifle le petit. Suivant la scène de loin, il m'était difficile d'estimer de quoi il retournait. Etait-ce une tape amicale ou un vraie baffe ? M'écartant du chemin, j'ai fait en sorte d'être hors de leur champ de vision et j'ai observé ce qui se déroulait. Les trois ados ont repris leur partie de basket tandis que le petit restait à distance. Une nouvelle fois, l'un des trois jeunes, mais pas le même, se dirige vers le gamin et à son tour lui allonge une gifle — peut-être même était-ce un coup de poing — et l'air de rien, rejoint ses amis avec qui il échange force éclats de rire.  Avais-je bien vu ? A quel spectacle assistai-je ? Bah, me dis-je, quand j'avais dix ans, j'ai ramassé plus d'une torgnole que m'ont expédié des plus grands que moi… Et qu'irais-je me mêler d'une histoire qui ne me regarde pas ? Qu'ils s'arrangent entre eux.
C'est alors que le plus grand des trois à son tour se dresse devant le gamin, le jette à terre. Et lui expédie des coups de pied.
Cette fois, c'en était trop.

Je vais droit vers les jeunes et les interpelle.
« Oh les gars, il faut que je vous dise quelque chose. J'ai tout vu. Vous avez tabassé ce gamin. Vous ne pouvez pas faire cela. A trois contre un, et contre un petit… vraiment, ce n'est pas très brillant de votre part. Comment pouvez-vous faire cela ? » Le plus grand des trois gaillards, assez baraqué pour son âge, se dresse aussitôt devant moi. Indigné de mon intervention, il me décharge une argumentation des plus étonnantes, sur un ton de violence inouïe : « il a eu ce qu'il méritait ».
Je ne puis ici répéter les insultes dont il gratifia le gamin, insultes homophobes les plus abjectes. J'ai fait de mon mieux pour garder mon calme, leur répétant : « mais qu'est-ce qui vous arrive, vous vous rendez compte de ce que vous faites ? Une agression en groupe sur un enfant ? Etes-vous devenus fous ? »
— Allez donc faire votre promenade, et mêlez-vous de ce qui vous regarde, me lance l'un des gars, reprenant son ballon, reprenant le jeu comme si de rien n'était…

Rentrant chez moi, je me suis demandé :
— Qu'aurais-dû faire ?
— Qu'aurais-je dû dire ?
— Peut-être aurais-je mieux fait de me taire ? 
— Peut-être a-t-il raison : mêle-toi de ce qui te regarde…
Mais non, me dis-je : quand j'étais petit, moi aussi, j'ai eu affaire à un petit groupe d'énergumènes qui tentaient de faire de moi leur souffre-douleur. Mais quelqu'un était intervenu et c'était mon frère aîné accompagné de son inséparable ami J.M. M'avaient-ils observé, suivi ? En tout cas, ils avaient soudain surgi alors qu'une nouvelle fois j'allais être malmené. Prenant ma défense et sur un ton extrêmement ferme, J.M. avait mis les choses au clair avec mes bourreaux : « Le premier d'entre vous qui osera le toucher, avait-il dit, aura de sacrés problèmes… Et je vous tiens à l'œil », avait-il ajouté.
Le résultat en fut immédiat : plus jamais, je ne fus ennuyé par personne. Les tortionnaires furent bloqués. J'allais dire qu'ils eurent la chance que quelqu'un les empêcha de devenir des monstres. Et moi-même, je me sentis fort de l'appui de mes deux fantastiques alliés. 
J'ignore si ma propre intervention sera utile. Sans doute n'ai-je guère l'autorité nécessaire pour affronter une bande. Physiquement je ne fais pas le poids et je n'ai pas la voix assez forte pour en imposer. Restent les mots, leur propre pouvoir…
Je suis prêt à réitérer, s'il le faut, mon intervention, à m'adresser aux mêmes jeunes gens, mais avec d'autres paroles. Non plus à leur groupe, mais en les prenant un par un afin que la dynamique du groupe soit rompue. Leur faire comprendre, un à un, la gravité de leur exaction afin que chacun d'eux se voie à titre personnel face à ses actes. Il se pourrait que cela suscite chez eux, au moins chez l'un d'eux, un éveil ? Il faut qu'ils se souviennent de leur énorme erreur. Il faut les empêcher de devenir des monstres.

Mais de quoi je me mêle ! Que chacun vive sa vie… De quel droit je m'occupe de la vie des autres ? Il vaut mieux que je retourne à mes textes, mes recherches… C'est là que se passent les choses…
Et justement : n'ai-je pas rappelé dans mon dernier blog que « Le monde réalise l'Ecriture » ? Et le jour même où je suis intervenu, je travaillais sur un texte intitulé « l'obscur objet de la haine ». Si le monde réalise l'Ecriture, cela me concerne, car ce monde, j'en suis. La réalisation de l'Ecriture me met en cause, en tant qu'humain responsable. Comment y déroger ?
Qu'est-ce qui motive la violence ? Ce recours à la force, à la pulsion d'agressivité ? Ce n'était, chez ces jeunes, non pas l'expression d'une colère, car ils étaient d'humeur assez joviale quand ils tabassaient le petit : mais bien plus la satisfaction jouissive d'exercer la brutalité qui devait leur procurer une stimulante ardeur.
Laisser faire ? Ou agir ici et maintenant ?
Dans un blog précédant, j'ai eu l'audace de terminer mon article en affirmant que la bonté serait de retour… C'était à propos du Sinaï, valeur 130 que j'associais au thème de l'échelle (Soulam valeur 130) et les Yeux (130). Ce qui donne 390 et qui écrit cette phrase insensée de témérité : 

יושב חסר
Yod vav schin bet /  het samekh dalet 
Qui signifie en effet : « la bonté est de retour ».

Ha ! le naïf que j'étais ! La Vie m'aura rapidement dessillé le regard, me priant de voir la réalité. A quelques centaines de mètres de chez moi, la barbarie trouvait son exutoire tandis que bien naïvement j'écrivais mes incantations pacifiques sur le Blog. La bonté, je n'en doute pas, est bien de retour : à condition que je l'accompagne de ma décision de ne pas laisser son opposite s'imposer en système. A condition que de ma propre force je me range au côté de la bonté et qu'en son nom, j'ai le courage de n'être pas « bon » dans l'indifférence, dans la sottise d'un monde « bisounours », mais d'être juste et efficace par l'engagement. Le règne de la violence inaugurée par Caïn doit cesser.
La Connaissance, ce n'est pas une vue de l'esprit. Elle exige l'engagement social, culturel, dans la vie. Intervenir, agir, transformer le monde, il me semble que c'est une obligation pour toute personne, à fortiori quand la Connaissance est en jeu.
S'agit-il de jouer les Don Quichotte ?
D'abord, ce n'est pas un jeu et Don Quichotte donne une belle leçon : il intervient lorsqu'il rencontre un laboureur en train de fouetter son garçon de ferme attaché à un arbre (Chap. IV, vol. I) Il met fin à la torture… qui cependant recommence dès qu'il a le dos tourné. C'est pourquoi je sais, comme le disait J.M. qu'il me faudra les tenir à l'œil, ces petites crapules… ne jamais baisser la garde, quitte à prévoir une gradation dans l'exercice de la « bonté » : elle imposera sa loi par sa propre méthode en faisant appel à la justice. L'impulsion de la justice, du Droit, doit venir du monde, ici-bas, car « nul mouvement ne se produit au ciel sans l'impulsion préalable venue d'en bas » dit le Zohar.

Moi qui prétends écrire une étude sur le Sinaï, qui croyais n'être pas concerné par ce qui arrive là, juste devant moi… Comment serais-je capable de produire un commentaire sur Moïse sans le rejoindre dans sa détermination à affronter le tortionnaire ?
Impossible de n'être pas impliqué, impossible de démissionner. Précisément parce que « le Monde réalise l'Ecriture ».
S'investir dans la Connaissance, c'est donc agir, ici et maintenant. C'est protéger la liberté, celle de ce gamin qui a le droit de n'être pas la victime de cette violence s'imaginant imposer sa loi. Ce gamin, c'était moi. C'était vous. C'était nous.
Je lance donc un appel aux forces du cœur. Parce que… le cœur aussi a sa loi, et ne s'en laisse pas conter. La vie nous donne l'occasion de défendre les valeurs du cœur… quand elle estime que nous en sommes capables.

vendredi 15 mars 2019

Pourim 5779. Quel est le sens de la fête de Pourim ? Décryptage de la Méguilah d'Esther…

ESTHER, La Délivrance d'Israël

Décryptage du Livre d'Esther
(la Méguilla d'Esther)

par Dominique Blumenstihl-Roth
Éditions Peleman
ISBN 9782952226165


La Méguilla d'Esther est un court chapitre biblique en 166 versets contant l'histoire de la jeune Hadassa, choisie pour devenir l'épouse d'Assuérus qui régna sur l'Assyrie, il y a 2400 ans.
Despote sanguinaire, ce roi organise et planifie un génocide dont il laisse le soin à son ministre Haman, descendant d'Amaleq. Le roi ignore cependant que sa propre épouse, dont il est fort amoureux, est juive.
Suivant le conseil de son cousin Mardochée, la jeune femme cache son identité et se fait appeler Esther. Parviendra-t-elle à empêcher le crime ? Quelle sera sa méthode ? Quel est son « code » lui permettant de voir clair dans les intentions assassines des politiques ? Quelle est sa grille de lecture ? Réussira-t-elle à déjouer le projet des exterminateurs ?
Cette étude, qui rend hommage aux chercheurs Raphaël Draï, Gershom Sholem, Edmond Fleg, propose une lecture inédite de la saga, en ce qu'elle dégage non seulement les clés archétypales de l'épopée, mais décrypte les procédés initiatiques déployés par Esther et Mardochée, réalisant tous deux le sauvetage in extremis du peuple d'Israël en un moment crucial de son histoire. La victoire d'Esther, aujourd'hui encore célébrée lors des fêtes de Pourim, met en garde : à tout moment, le pire peut recommencer… à moins que la leçon de son enseignement soit entièrement mise au jour, dévoilée et comprise ?
Pour entrer pleinement dans la confidence d'Esther, l'auteur sonde le texte hébreu original, décode les versets et réalise le décryptage du sens des lettres hébraïques, aboutissant à une exégèse éclairante.


L'auteur :
Dominique Blumenstihl-Roth est né en 1959 à Strasbourg.
Prix des Ecrivains d'Alsace et de Lorraine. Prix radiophonique SDR Karlsruhe. Auteur de séries radiophoniques pour France-Culture et la Radio nationale d'Espagne, il a écrit Jean Racine, Kabbaliste — les sources hébraïques du théâtre racinien — ainsi qu'une biographie de José Rizal. Il a été l'assistant de la kabbaliste Dominique Aubier pendant 28 ans.

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Bon de commande
ESTHER, la Délivrance d'Israël
47 euros, 228 pages, éditions Peleman
 —(57 euros pour l'édition de luxe couverture entoilée numéroté et signée) 
Expédition incluse pour toute destination.

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Esther, la Délivrance

Ce livre est présenté sur le site de l'Union internationale des Alsaciens.

jeudi 7 mars 2019

Le Secret du Sinaï (suite 3) : étude kabbalistique en numérologie / guématrie du Sinaï

Le Secret du Sinaï (suite 3)
étude kabbalistique en numérologie (guématrie) du Sinaï.

Une histoire d'échelle où la bonté est de retour.
(par Dominique Blumenstihl-Roth. DBR)


J'en étais là, dans ma série sur le Sinaï (voir article précédent) et je suis sorti pour prendre l'air. Voilà qu'un énorme camion se gare juste à la sortie de mon chemin — sans l'obstruer toutefois. Mais le calicot bleu de la remorque se plante droit devant moi et je ne puis éviter d'en lire l'inscription, en grandes lettres : « Rent me ».
Je sais juste assez d'Anglais pour savoir que cela signifie « loue-moi ».
Conseil de l'Invisible ?
On me rétorquera que Dieu ne parle pas l'anglais… Eh bien si : il connaît toutes les langues et toutes les langues se réuniront un jour pour se retrouver en celle qui fut à leur origine — et ce n'est certes pas ce mystérieux indoeuropéen inventé de toutes pièces par les linguistes du XIXè siècle… supercherie tenace, dénoncée par les meilleurs chercheurs comme Claude Hagège.

1. Lecture de signe en direct.
Le « locuteur universel » s'adresse à l'humanité sous toutes les formes intelligibles que l'humanité a su développer sur les territoires — à moins que ce soient les territoires qui développent les langues qui s'inscrivent dans les cerveaux humains et que nous soyons « formatés » par nos territoires, irréductiblement liés à nos terres ?
« Loue-moi » disait donc cette remorque fabriquée par le carrossier « Krone ». Quelques connaissances d'Allemand me firent comprendre ce mot signifiant « couronne ». Quoi ? La couronne demande à être louée ? La couronne ? N'est-ce pas de ce mot que les kabbalistes désignent la première séphira Kéter ?
Le camion — la partie motrice — immatriculé en Belgique portait une plaque minéralogique commençant par le chiffre 1, en rouge. 1, c'est la lettre Aleph. Etait-ce un conseil donné par Aleph m'invitant à me souvenir de la Couronne, tête des Séphiroth ? De louer cette Couronne dans mon étude sur le Sinaï et peut-être de faire une lecture séphirotique du Sinaï

2. L'écriture média de la pensée
Je me vois mal commencer un tel travail. D'autant qu'il a été certainement déjà fait par plus compétent que moi. Mais sait-on jamais. La révélation est aussi renouvellement de la pensée : il se pourrait que la lumière illumine l'esprit du chercheur de certains quantas qui jusque là demeuraient en réserve. Mon principe de recherche est le suivant : « le monde réalise l'Ecriture et l'Ecriture annonce le monde. » (En cela je me situe à l'opposé — tout fraternel — de mon ami Marc Alain Ouaknin qui écrit  exactement le contraire dans son livre Lire aux Eclats, p. 75.) A ce propos,  je crois que son assertion niant à cet endroit de son livre la force de l'Ecriture qui serait, selon lui, déconnectée du monde, relève de la provocation pédagogique à l'intention du Lecteur, le rabbin étant assez espiègle dans son style quand il avance une énormité allant tout à l'encontre de ce qu'il défend, histoire (peut-être ?) de vérifier… si les cancres au fond de la salle remarquent quelque chose. J'imagine que l'un d'eux bondisse de sa chaise et s'exclame : « Oh ! Cher Maître, comment pouvez-vous écrire que "le monde ne réalise pas l'Ecriture et que l'Ecriture n'annonce pas le monde" ? A quoi sert l'Ecriture, alors ?  Expliquez-nous, montrez-nous ! » Joie du Maître que d'être ainsi interpelé par l'étudiant révolté ! — A moins qu'il ne s'agisse vraiment de la pensée de l'auteur ? Dans ce cas, il faudra qu'il s'en explique… devant l'Eternel qui a, lui aussi, beaucoup d'humour.

J'en étais donc là, (deuxième fois) avec mon gros camion belge. Le message que la Vie m'a envoyé est direct, et assez directement intelligible et fort espiègle lui aussi, en s'écrivant sur un poids lourd. L'Invisible qui s'exprime ainsi, exploitant tout support. Ici, il a choisi le mode direct. C'est du langage écrit, l'écriture étant elle-même média de la pensée. Nulle inversion, étant en début de cycle… L' Ecriture annonce bien le monde. Elle veut être vue, parce que c'est un message poids lourd.

3. Je précise ici le phénomène de l'Inversion.
Car un message perçu peut s'écrire à l'envers, selon l'endroit du cycle où l'on se situe, dans la mesure où nous vivons dans un hémisphère « Qui Fait », fonctionnant en miroir par rapport au « Qui Sait ». Ce monde-ci, c'est du « cela » que les kabbalistes appellent le « Ma ». Il est à l'envers de l'autre qu'ils appellent le « Mi ». Un « Mi » invisible d'où proviennent les pluies d'informations se déversant dans le « Ma ». Les instructions peuvent alors être perçues à l'envers, s'inverser en raison de la disposition en miroir des hémisphères. Et cela arrive fréquemment… On lira à ce sujet le chapitre sur l'Inversion dans La Face cachée du Cerveau.
C'est une règle qu'il faut connaître et que vous pouvez observer dans la vie sociale, cette force avec laquelle le « non » s'impose souvent, en inversion de la moindre proposition positive.
C'est là que l'on assiste à ces inversions phénoménales où l'amour se transforme en haine, où un message perçu est interprété à l'envers : je range ainsi l'antisémitisme parmi les inversions les plus énormes et ne crains pas d'affirmer que l'anti / sémite subit l'inversion du sentiment d'amour total qu'il éprouve à l'encontre de l'aimé qu'il transforme en sa victime de haine.
Cette haine, nous cherchons à la combattre. C'est une naïveté de croire que l'on en viendra à bout, car en l'affrontant, on l'augmente. Le conseil biblique est clair : « ne lutte pas contre Caïn, tu l'augmentes dix fois ». La haine — l'antisémitisme — se nourrit de tous les efforts que l'on prodigue pour l'effacer. Il n'est d'autre remède que présenter au haineux l'inversion de son inversion, c'est-à-dire : augmenter la charge… d'amour qui lui paraîtra insupportable. Lui montrer le mécanisme inverseur qu'il subit, le lui dire, sans chercher à le convaincre car la haine ne se laisse pas convaincre. Elle peut cependant s'inverser. Et se transformer en son contraire… En dépit de celui qui l'éprouve.

4. Entendre - Voir des Voix
Les institutions psychiatriques sont pleines de gens qui entendent des voix. Des gens qui commettent les actes les plus insensés — dont on juge qu'ils sont fous au regard de la convention édictant le jugement de la folie à l'encontre de toute altérité qui trouble « l'ordre public ». Cet ordre, se protégeant de la folie, est-il capable de rechercher le sens de ces actes commis par des désespérés ? Que penser de cette personne qui a mis récemment le feu à un immeuble d'habitations dans le 16° arrondissement de Paris ? 10 morts… Il faudrait relever les indices pour dégager le sens de cette folie meurtrière car cet événement est certainement chargé de sens, comme le sont toutes les catastrophes. Le feu, la destruction, Paris, le contexte politique, social, culturel… cette crise de civilisation que nous traversons et qui génère des pathologies mettant les esprits sens dessus-dessous.
Le feu en tant qu'élément historique : le feu du Sinaï, le feu de la Shoa… intimement liés car qui dit Sinaï dit « buisson » :
סנה
et ce mot est apparenté au mot désignant… la haine.
שנאה
Ce buisson ardent au cœur de la Révélation des Lettres, serait-il également par inversion au cœur de la haine que l'on porte au peuple qui en reçut l'Ecriture ? Le buisson de feu dévoilant l'Ecriture et son secret fut donné à Moïse, qui le transmit à Aaron… Est-ce d'avoir été — ou se sentir-croire — exclu de la confidence qui excite les Nations à s'insurger contre Israël ? Mais qui a prononcé l'exclusion ? Alors même que nul n'a été relégué ? L'antisémitisme sort de ce feu et l'allume en tout lieu, étant issu d'une méconnaissance du don qui fut réalisé du / au Sinaï. L'hostilité aux hébreux n'a donc d'autre raison que la non-possession de ce code : que les antisémites s'en instruisent car nul ne les empêche d'endosser à leur tour la responsabilité d'illuminer leur esprit de cette vérité, donnée à tous.

5. L'inversion est partout présente.
Inverser les valeurs en toute bonne conscience, et accorder priorité au « Qui Fait ». C'est la spécialité de notre société. Elle exacerbe les schizophrénies, étant elle-même atteinte de ce mal ; un « faire » incessant et maniaque. Un Français sur 5 aurait des troubles psychiques disent les spécialistes, et donc en toute logique, parmi eux, un sur cinq souffrirait de troubles tout en prétendant soigner les autres… Etrange société suscitant des vocations de pyromanes comme si du feu devait surgir quelque révélation ?
J'ignore ce que les spécialistes de la santé mentale pensent de Moïse, énergumène se croyant missionné pour libérer son peuple et entendant des voix dans les montagnes…
En tout cas, que cela plaise ou non à la convention rationaliste de la pensée dominante, j'ai bien lu ce message figurant sur ce camion, et je rejoins pleinement Joseph Ratzinger, l'ancien Pape Benoît XVI, théologien subtil, qui affirme dans son livre La foi chrétienne hier et aujourd'hui que Dieu nous parle. Par signes. Hélas, le souverain pontife ne nous dit pas comment percevoir cette parole. Comment la percevoir à titre personnel, ici et maintenant, en non au travers de l'appareil ecclésial qui s'en voudrait l'interprète unique, patenté et garanti.
De nombreux officiants de cultes divers nous disent qu'il faut écouter la parole de Dieu. Imams, curés et rabbins s'entendent sur ce point. Ils veulent dire par là qu'il faut lire les Textes de leur religion. Oui, certes dans les Textes, mais le dialogue avec l'Invisible se réalise  aussi et surtout dans le livre de la Vie, telle que la Vie s'écrit dans nos existences, sur les pages ouvertes à tout instant de la réalité en train de surgir. C'est cela, « lire les signes ». Lire nos signes à nous.

6. Comment lire les signes ? Comment décoder ce langage ?
L'Invisible (j'évite de dire « Dieu » car cela fait pompeux…) utilise la Création pour s'exprimer, et pour lui, nul besoin d'inventer un langage : il parle toutes les langues, toutes étant issue de la même. Il parle toutes les langues que je puis connaître quand il s'adresse à moi… Ah oui, je sais, il y a là quelque chose d'insupportable d'affirmer que l'Invisible puisse s'intéresser à ce moi  et lui adresser la parole… Est-ce prétentieux qu'y croire ?
Je pars du principe que chacun de nous est important à Ses yeux. 
Il me semble que s'adressant à chacune et chacun de nous, nous sommes tous à égalité devant cette parole qui fait de nous les interlocuteurs privilégiés du Penseur de la Vie. Il me parle, comme il vous parle à vous. Pour l'entendre, pour voir son Verbe, il n'est que d'ouvrir les yeux afin de tout voir. Voir avec les yeux de voir… Ce voir dont parle fort bien l'Amérindien Don Juan dans les livres de Carlos Castaneda, ce Voir, (titre de l'un de ses ouvrages) auquel l'ethnologue n'est jamais parvenu, tant son regard ne voyait « les choses  que d'un seul côté »… et pas le meilleur.

Et justement. A l'instant où j'écris ces mots…
J'entends le vrombissement d'un moteur électrique. J'arrête d'écrire. Je cherche d'où cela vient. Ah, j'y suis. C'est le moteur actionnant les volets électriques. Il est resté bloqué. Je l'arrête. Mais voilà : les volets sont bloqués en position fermée. Rien à faire pour qu'ils s'enroulent. Bon, me dis-je, il fait nuit de toute manière, je verrai cela demain matin.
Que signifie ce blocage ?
C'est une technique de lecture des signes que d'observer ce qui surgit à l'impromptu, sur le plan de la cohérence temporelle de ce qui nous préoccupe. Je m'interroge sur cette affaire de Sinaï. Nous étions tous au Sinaï, disais-je, à recevoir la révélation. Et voilà que…
Est-ce ainsi que l'Invisible parle ? Par les événements ? Tous les événements seraient-ils lisibles, seraient-ils l'expression de l'écriture divine cherchant à se faire comprendre ? Tout serait-il dit ? Tout serait symbole et comme ici, allégorie ? 
J'en ai déduit que demain, de bon matin, il me fallait réparer ces volets et les ouvrir afin que la lumière du jour m'éclaire. Pour voir clair dans cette affaire de Sinaï.
Réparer, et pour cela, il me faudra accéder aux volets par l'extérieur, démonter et vérifier les contacteurs électriques. Et donc utiliser une échelle.
Ah, l'échelle ! La dernière fois, j'avais empruntée celle de mon voisin. Or il se trouve qu'elle lui a été volée, il y a deux semaines. Va falloir que je m'en achète une. Une échelle ? Serait un mot m'indiquant quelque chose ? Une échelle pour monter, descendre… Pour ouvrir entièrement un symbole, au delà du descriptif, il est de bonne méthode de rechercher le mot secret actif en lui. Ici, c'est simple, c'est l'échelle elle-même qui renvoie au mot « échelle » . Et ce mot, il faut ensuite l'entendre non seulement dans la langue vernaculaire d'usage que l'on connaît… mais augmenter la quête du sens en s'appuyant sur la langue et les lettres données du Sinaï — à la portée de tous. Se pourrait-il qu'interrogeant mon échelle en hébreu, elle m'en dise plus ?
Et voilà le mot :  le mot caché-montré : Soulam.
Quel rapport avec les volets et le Sinaï ?
Ouvrons (volets) les lettres du mot et l'on s'aperçoit que Soulam a la même valeur numérique… que Sinaï. 130.
Bigre, va falloir monter.
L'échelle… celle de Jacob ?
Moïse est monté au Sinaï et moi, je monte à l'échelle — que je dois acheter et non plus emprunter. Donc investir sur cette échelle, comprendre ce qu'est l'échelle de Jacob… qui voyait monter et descendre des anges.
Monter à l'échelle, monter au 130 ?
Bien regarder et que vois-je ? Que 130 c'est aussi la valeur du mot hébreu désignant l'œil :
Ayin, qui s'écrit : Ayin, Yod, Noun.
Donc : ouvrir les volets des paupières, voir des deux yeux (Connaissance et sciences). Aller vers ce Verbe et le comprendre… ne pas craindre de monter quelques échelons dans notre perception, notre compréhension du monde, Voir aussi comment les « anges » (les informations) descendent depuis le « Mi » vers le « Ma » afin de nous instruire.
C'est ainsi que le Sinaï continue de nous révéler son message, par notre propre effort en dialogue avec lui. Pour évoluer-monter vers une délivrance : un mot qui lui aussi a la valeur 130 (Hé, Tzadé, Lamed, Hé).

7. Le lendemain matin, j'ai refait un essai. 
J'appuie sur l'interrupteur et les volets s'enroulent aussitôt. Le moteur fonctionne sans que je fasse rien. A croire qu'écrire ce texte aurait débloqué le contact électrique ? Cependant, j'ai tout de même démonté le mécanisme, par l'intérieur de la maison et je l'ai aspergé d'un spray d'huile « trois en un ». Nouveau symbole que cette intervention où interagissent le Sinaï, l'Echelle, les Yeux. Ce qui nous donne… 390.
Ah ! Faut-il tout dire et faire la lecture de ce chiffre ? En guématrie ?
En tous cas, on retiendra que pour réparer la bonne conductibilité (en nous), une certaine huile serait nécessaire. Un peu d'huile de Connaissance pour dérouiller et donc déverrouiller. Une certaine adresse aussi est requise, car il a tout de même fallu jouer les équilibristes sur le rebord de la fenêtre…
Cela ne m'empêchera pas d'acheter l'échelle, ne serait-ce que pour valider le message de l'Invisible m'invitant à la posséder, à y monter. Depuis que je sais qu'elle vaut 130 comme le Sinaï, je vois bien qu'il me faut encore progresser si je veux Voir vraiment… 
Afin que se réalise un beau 3 x 130 = 390 : chiffre du mot qui s'écrit Yod / Schin / Pé ;  
ישפ
qui signifie « polir », « faire briller ».
Lettre par lettre, le mot signifie : l'énergie Yod (10) entre dans la structure  300 — (et ses trois niveaux) pour en libérer le Verbe (Pé - 80).
390 est également la somme des valeurs lettriques composant l'expression
יןשב  חסד
Yod vav schin bet /  het samekh dalet écrivent en effet cette phrase :

« la bonté est de retour »

Je poursuivrai donc mes travaux sur le sens du Sinaï, s'il s'agit de faire briller-sortir cette parole : car la bonté est de retour.
Cela vous intéresse ?

vendredi 1 mars 2019

« Nous étions tous au Sinaï » (vous aussi). Suite n° 2


La Connaissance est l'affaire de tous
« Nous étions tous au Sinaï » (vous aussi).
par Dominique Blumenstihl-Roth

Dans un article précédent, j'évoquais l'idée selon laquelle la Connaissance pourrait être réservée à une élite. En réalité, chacun bénéficie des émanations de la Connaissance et reçoit ce qu'il peut, en fonction de ses propres dispositions et capacités. L'Eternel n'est pas avare de révélations, il les adapte à nos possibilités… Il n'a pas le « bras court » et c'est plutôt nous qui avons l'oreille dure.
Ceci est valable pour les individus aussi bien que pour les peuples et traditions du monde. Elles sont certes toutes à égalité de dignité, et cependant elles ne perçoivent pas exactement la même densité de révélation et ne l'expriment pas de la même manière. L'inventivité humaine est telle que chaque peuple construit une modulation particulière de sa perception, et ce qui se traduit chez les uns sous formes de gestuelles silencieuses devient fresque colorée chez les autres. Ou subtil cérémonial silencieux…

1. La cérémonie du thé japonais
Pensons par exemple à la cérémonie du thé au Japon. Les détails du rituel ont été largement décrits dans de nombreux ouvrages sans qu'ils n'aient été clairement « mis à nus » : les gestes sont connus, mais leur sens a-t-il été dégagé ? A-t-on observé que tout s'exécutait selon un formalisme codé sur les lois archétypales — et quels sont ces archétypes ? Assistez à une telle cérémonie et tentez d'en décoder les phases… vous verrez que c'est l'exposé raffiné d'un code… silencieux. Le maître ne l'explicitera pas, car ce n'est pas sa mission de dire, mais d'être l'officiant taiseux. Celui qui comprend doit comprendre par lui-même… Interdiction formelle pour le maître de rien dévoiler. La tradition ne se dévoile jamais, c'est sa règle. L'explication n'est pas son domaine. Le symbolisme ne s'explique jamais sur lui-même.
Dès lors, je vous garantis qu'ils ne sont pas nombreux ceux qui, dégustant le thé vert dans la maison du thé outre le charme de la cérémonie, savent à quoi ils participent… Il y aurait là un ouvrage à écrire qui consisterait à décoder la cérémonie, geste par geste, en les raccordant à l'archétype sous-entendu, mis en œuvre et ne se trahissant pas lui-même tout en faisant tout pour se faire remarquer. Un tel décodage est possible en s'appuyant sur La Face cachée du Cerveau comme guide de décryptage. On lira, pour s'informer de la leçon orientale, le livre La Puissance de Voir selon le Tch'an et le Zen
Et plus près de nous, en Occident, sans entreprendre de longs voyages exotiques, regardons la messe chrétienne : a-t-on jamais réalisé une exégèse de ce rituel, calqué sur le Sabbat des hébreux ? S'est-on aperçu qu'elle était une mise en forme allégorique… du « code Béréchit », autrement dit… de la Tête, du Cerveau ?

2. Etude d'un mythe iroquois
A-t-on sérieusement étudié les mythes des amérindiens que les ethnologues ont si soigneusement collationnés… sans en libérer pour autant la signification ? Par exemple cette légende des Iroquois : « un jour, la femme a soudain été prise d'un grand désir de coiffer l'homme. Comme elle possède un peigne, elle s'en va visiter l'homme ; elle lui dit de se lever parce qu'elle veut lui peigner les cheveux. Cela se répète tous les jours… Et la visiteuse devient enceinte, bien qu'aucune relation n'ait uni les deux êtres. »
Quel ethnologue a réussi à décoder ce récit traditionnel ? Merci de me le faire connaître d'urgence afin que je le mentionne ici.
Devant ce récit mythologique, la première question qui se pose est : même s'il s'agit d'un mythe, en quoi le désir de peigner la chevelure d'un homme pourrait-il conduire à une grossesse ?
Dominique Aubier apporte cette réponse :
— Il faut lire le récit en détail et relever tout d'abord l'allusion à la tête : le modèle Tête est invoqué. Les cheveux symbolisent les archétypes, les lois qui composent l'ordre cortical. Leur lissage est une manière métaphorique de désigner l'acte au cours duquel les outils ont été utilisés dans la mise en œuvre cosmogonique. Le peigne désigne la capacité d'intervenir, confondue au fait de posséder la règle fondatrice. La femme possède le peigne. Elle prend l'initiative de coiffer son époux. Cela signifie qu'elle détient la Connaissance. 
— Pourquoi la femme est-elle impliquée dans cette possession ?
— Par sa nature féminine, elle participe au Cosmos, au « Qui-fait » universel. Le réel, c'est elle, un réel d'essence féminine, capable de procréer. Le Cosmos tout entier relève de la féminité, c'est-à-dire du côté « Qui-fait ». Dans ce conte amérindien, la femme va vers la « demeure de l'homme ». L'archétype en jeu, c'est « l'Union des Contraires ». Ce mythe évoque le don originel du principe d'Unité ; on y voit bien le motif unique. Ce principe d'Unité remonte au tout premier moment de la Création, il est donné d'office, ce n'est pas une création humaine…
— L'ethnologue Lévi-Strauss avait parlé de l'existence d'un modèle…
— Oui, il a tracé un relevé approximatif au moyen des mythes qu'il a décrits. Mais il n'a pas percé le secret des archétypes en action. Décrire est une chose, dévoiler en est une autre. Il n'en a pas expliqué les fondements. En réalité, le modèle dont je vous parle, c'est Rosch, la tête, c'est un substrat connu de toutes les traditions. Ce qu'il faudrait, c'est mettre à l'unisson les voix spirituelles du monde. Ce serait un programme culturel exceptionnel qui nous sortirait… de la crise.
— Vaste ambition ! Comment faire ? Vous avez une idée ?
— Il faudrait que chaque peuple, chaque culture assume l'exégèse de sa propre croyance et tradition, ainsi les particularismes se soutiendraient entre eux au lieu de s'exclure. On s'apercevrait qu'ils sont tous compréhensibles à l'intérieur du principe d'unité.
— Ce serait la mission de l'Unesco…
— A condition que l'Unesco ait le courage d'affirmer l'existence du modèle de référence. Et surtout qu'elle cesse d'être une institution d'obédience rationaliste soumise au seul verdict de la diplomatie intéressée des cultures dominantes…
— Vous voulez parler de la culture occidentale ?
— L'Occident rationaliste a bien compris la nécessité d'unir et d'unifier. Mais il le fait sous l'aspect d'un ordre mondial soumis aux intérêts financiers, sous le couvert des notions de démocratie et celle, très morale, des droits de l'homme. C'est une philosophie sympathique mais peu efficace…
A préciser que le décryptage du récit iroquois a été réalisé non pas à partir d'un acte imaginaire inspiré, mais selon une grille de lecture : Dominique Aubier la présente dans La Face cachée du Cerveau, le référentiel unitaire étant bien le Cerveau.

3. L'Unité dans la tradition des kabbalistes
La notion d'unité est à tout instant présente dans la tradition des kabbalistes, concept d'unité donnée au Sinaï et reçue DU Sinaï. Pour savoir de quoi il retourne, il s'agit de faire l'étude de ce mot.
Et de se souvenir qu'au Sinaï, nous y étions tous. Et ce qui fut donné là, ce fut le Code de l'Alphabet par l'expérience concrète de la vision des Lettres. On notera ici que la tradition hébreue se fie essentiellement à la puissance des lettres en ce qu'elles sont l'expression directe de la pensée divine sans intermédiaire : elles sont ce qu'elles disent et non pas mise en forme interprétative. Le lien entre la lettre et le sens est direct, n'étant pas des allégories du sens. Le mot Sinaï écrit donc directement une formule intelligible donnant sens à ce qu'il est.
Le mot Sinaï a pour valeur numérique 130. Même valeur que le mot Yain qui désigne la vue, l'art de voir. Et même valeur numérique que le mot « Soulam », l'échelle. Ce qui est descendu ce jour-là doit être vu et reçu, et ce qui est descendu, c'est l'image-même des Lettres divines qui furent VUES. « Ce n'est qu'au mont Sinaï que les lettres paraissent, et complètes et disposées dans l'ordre normal. » La Connaissance fut donnée ? Non, elle est donnée du Sinaï — et donc ne cesse de l'être au cœur du Sinaï que nous portons en nous . Elle est donnée, renouvelée chaque jour, par l'expérience concrète du réel dont elle exprime le codage.

4. Sinaï 130 :
סיני
Les textes doivent être lus au plus près de leurs détails : cette « descente des Lettres » s'opère par leur apparition. Il nous est difficilement imaginable comment des lettres pourraient s'écrire dans le ciel. Toujours est-il qu'avant d'être entendues, leurs signes s'écrivirent et que c'est l'écriture qui fut (est) perçue.
« Tout le peuple VIT les voix et le feu et le bruit du choffar et la montagne fumante ; et le peuple VIT… Et ils dirent à Moïse : " que ce soit toi qui parles, et nous pourrons entendre ; et que Dieu ne nous parle point de peur que nous mourrions… » (Exode 20, 18-19).
« L'Eternel dit à Moïse : "ainsi tu diras aux Enfants d'Israël : vous avez vu, vous-même, que c'est du ciel que j'ai parlé avec vous… » (Exode 20, 22).
Citations que j'indique attestant le phénomène visuel : les paroles sont vues. Selon Rachi, Dieu n'a prononcé qu'une seule parole, et non un déroulé de mots. Le discursif est adapté à l'homme, mais pour Dieu, temps et divisions n'existent pas. Les « Commandements » s'expriment donc sous la forme d'un seul concepts, un seul mot. On notera ici que, dans l'Ecriture, il n'est pas question de « Commandements » mais de « Paroles » : Les Dix Paroles qui demeurent. 
Ces Paroles issues du Sinaï, lieu terrestre, semblent donc s'écrire dans le ciel. Au début, cette montagne ne s'appelle pas encore Sinaï, c'est le mont Horeb. Qui ne prendra le nom de Sinaï qu'après que le Verbe s'y soit donné afin d' être vu.
Le mot Horeb, indique Raphaël Draï dans son livre La Sortie d'Egypte, est construit sur la racine HRB. Evoquant l'épée. Précisant que Horeb est le « hipoukh » (le mot lu à l'envers) de BRH, la fuite. Dès lors Horeb marque la fin de la fuite de Moïse et inversant la fuite HRB on fait face en inversant le mouvement de la fuite. A quoi on peut ajouter que la rencontre avec le Verbe se réalise sur une montagne, Har en hébreu. Lié à l'idée de conception, Invitant à la montée vers… en même temps que le Verbe, de son côté, s'invite à descendre. C'est là une image de l'archétype Echange-Latéral, précise Dominique Aubier dans son livre l'Ordre Cosmique : l'information issue du secteur Qui-Sait vient à la rencontre du récipiendaire Qui-Fait, qui à son tour répond à l'expéditeur : d'où ce dialogue permanent entre l'Ange informateur et Moïse.
Il est nécessaire, pour comprendre ce processus, de lire le texte en ayant bien en tête le Code des Archétypes : Moïse le connaît. Il se rend au Mont Horeb bien avant la Sortie d'Egypte, alors qu'il est encore chez son beau-père Jetro. A remarquer là, le processus du Redoublement.
Sur la montagne, il rencontre non pas Dieu comme on le croit, mais son ange locuteur. Le Texte (Torah) est clair à ce sujet. C'est la première rencontre, une première fois. Le kabbaliste Nahmanide parle de « l'Ange de l'Ecriture » qui apparaît à Moïse ; il en est le messager, et cet ange, selon nous, ce serait l'Ange tutélaire d'Israël, c'est-à-dire Métatron. Dominique Aubier développe cette idée dans son film Le Messianisme.

5. Au cœur du feu
L'Ange se dévoile au cœur du feu, en Exode 3,14. Ce n'est que plus tard, amenant non plus son troupeau de chevreaux mais son peuple au mont Horeb que Moïse se rend une seconde fois sur la montagne, désormais Sinaï, pour la rencontre décisive. Il savait qu'il rencontrerait là le « Buisson Ardent » qui lui délivrerait le message destiné à tous et dont lui, Moïse, serait l'interprète.
Ce qui s'écrit dans le ciel, ce sont des lettres visibles. L'Alphabet tout entier qui s'imprime, aux yeux de tous. L'Ecriture est donnée publiquement, et en ce sens, « quiconque veut la recevoir, peut la recevoir ». Elle est là, pour tous. Manière réitérée de rappeler que tous les peuples sont concernés.
Ce phénomène physique de l'Ecriture apparaissant aux yeux de tous comme une démonstration révélatoire ne laisse de surprendre : 
— L'Ecriture précéderait-elle la parole ?
— Le tracé des lettres est-il antérieur à leur énoncé ?
— La perception des formes que dessinent les lettres est-elle intelligible par l'esprit avant-même qu'il ne sache les prononcer ?
Je n'en ai pas la réponse. Je propose d'interroger l'En-Face de la Connaissance, c'est-à-dire… les disciplines scientifiques ayant une expérience concrète du réel (ce qui tient la philosophie quelque peu à distance…)

6. Un regard du côté de la physiologie
Qu'y avait-il d'abord, au commencement ?
Le Maharal de Prague écrit qu' « au début il n'y a ni Verbe, ni action, mais la capacité originante elle-même déterminée par cette force appelée coah Leath'il, c'est-à-dire « la force de débuter.» (cité par Raphaël Draï p. 144 de La Sortie d'Egypte). Cette manière de dire cependant n'explique pas « les choses ». Car d'où viendrait cette « force de débuter » ? Je me suis donc rendu là où « l'altérité » apporte sa participation à l'enquête. Je parle de la Science objective, son microscope, ses scanners : ils peuvent nous aider. Voyons ce que dit l'anatomie de l'homme parlant. Regardons l'évolution du fœtus humain : les aires corticales dévolues au langage sont aisément reconnaissables grâce aux appareillages modernes. Ces aires existent avant qu'elles ne soient visitées par l'énergie du Verbe permettant l'élocution (aire de Broca). L'aire réservée à l'écriture — distincte de celle de la parole — surgirait-elle dans le néocortex avant l'aire de Broca et de Wernicke ? Avis aux neurologues de nous éclairer sur le sujet.
Les lettres furent vues. Le cerveau les as vues en premier… il se pourrait bien que la capacité de voir les signes précède la possibilité de les exprimer. « Qu'enseigne l'expérience du Sinaï ? demande Dominique Aubier dans son livre Le Principe du Langage ou l'Alphabet hébreu. 
« Les sons, écrit-elle, ont été vus. "Tout le peuple voyait les voix". Ce verset propose d'atteindre la parole par deux systèmes de perception : l'ouïe et la vue. Certainement, un traité d'alliance les unit au sein de la vie cérébrale… » Passionnante enquête présidée par l'Alphabet, secondée par les sciences !

7. L'Ecriture en premier ?
Tous les noms sont des condensations où « coïncident les aspects optiques et acoustiques de l'énergie qui se dégage de l'En Sof », écrit l'historien de la kabbale M. Gershom Scholem (je le cite de mémoire, mais je crois qu'il dit cela dans son livre sur la kabbale et sa symbolique. A moins que ce soit dans son essai sur le messianisme juif ? Je vérifierai…) L'En-Sof nous apparaît ainsi, dit-il, comme « l'aspect linguistique interne d'un processus universel qui s'exprime … comme un verbe en déploiement ».
Et C'est précisément ce déploiement qui nous intéresse. Ce déploiement du verbe, dont parlent tous les kabbalistes : nous voulons le connaître. Comment s'opère-t-il ? Quelles en sont les étapes ? Déploiement après contraction, comme le suggère le Tsim-Tzoum ? Il se réalise nécessairement en respect des archétypes édictés par le système dont il est le vecteur. Déploiement en Redoublement ? Selon le processus du Davar Schanoui, le « dire deux fois » ? Déploiement selon le mode de l'Echange Latéral entre l'Invisible et la Création où le Verbe induit l'Ecriture, et l'Ecriture se rend visible sur terre — parce qu'elle est le vecteur du Verbe invisible ? Cette Ecriture devient lisible et prononçable… en second temps ? Je rejoins, au travers des explications de Dominique Aubier donnée dans son livre l'Ordre cosmique, la thèse de l'école lourianique pour qui « le langage naît de l'Ecriture », étant précisé que l'Ecriture est l'expression du Verbe qui lui, reste dans l'invisible, dans l'hémisphère « Qui Sait » (par analogie au cerveau et ses deux hémisphères).
Nous vivons, explique Dominique Aubier, dans un « Qui Fait ». Le cosmos est un « Qui Fait ». Visité par l'information issue de l'Autre côté,  un « Qui Sait » inaccessible, et qui pourtant expédie son énergie. « Au commencement était le verbe », verset célèbre… et pourtant, si je m'en tiens à l'ordre des mots de la phrase ainsi traduite, au commencement était le mot « au », et le Verbe ne surgit qu'en fin de phrase…
Qu'est-ce qui surgit « au » ?
Au Sinaï, la Loi est donnée, à tous, publiquement, et elle continue de l'être, encore aujourd'hui. Ce qui surgit DU Sinaï c'est l'éclaircie de l'esprit, soudain conscient de sa capacité de liberté et depuis lors, « l'irradiation des 10 Paroles perdure et illumine quiconque déroulant un Séfer Totah (rouleau de la Loi) relit et (ré)écoute le texte contenant les 613 lettres correspondant aux 613 obligations par lesquelles l'Alliance (Berit) entre Dieu et la Création continue de se réaliser… » (Raphaël Draï, La Traversée du Désert).
Au Sinaï, venant du Sinaï, les Hébreux voient les voix. Ils en ont la vision, et comme dit R. Draï, ce qui est visible s'entend et ce qui est audible se voit pendant que le son du Choffar établit le lien. Encore faut-il procéder au décodage en règle de l'Alphabet et c'est, me semble-t-il, que se situe l'extraordinaire performance de mon Maître. Si vous connaissez quelqu'un qui a fait mieux, merci de me l'indiquer d'urgence afin que je le signale à tous.

8. Ce qui fut donné au Sinaï, c'est l'identité du Locuteur.
Au commencement était la lettre Beth, pointée en son ventre,. Le Bet d'initiale est plus gros que toutes les autres lettres. Beth marqué d'un point dans son creux, signal de l'énergie venant le pénétrer « en même temps » qu'il s'écrit.
« D'un point de vue calligraphique, m'avait dit mon Maître Dominique Aubier, je serais tentée, en écrivant le mot « Béréchit » ouvrant la Torah, de commencer par ce point et de tracer ensuite le graphisme du grand Bet autour de lui… » Car sans l'énergie, la structure ne saurait exister. Mais sans la structure, l'énergie ne saurait où s'inscrire. La fusion entre énergie, structure, système est telle qu'il faudrait non pas tracer linéairement la lettre, mais l'apposer comme un cachet qui, d'un seul tenant, porte la marque de tous les éléments. C'est un sceau unitaire.
Réflexion : avant l'arrivée du Beth d'initiale, avant l'arrivée du commencement qu'y avait-il ? Le vrai commencement, ne serait-ce pas le vide ? Le vide dans lequel la déflagration du Verbe invisible devenu Alphabet visible a tracé le premier existant sous la forme du Point ? Au début de la Torah, ce qui arrive, simultanément imbriqués, ce sont : l'énergie, la structure, le système et son fonctionnement. Mais qui en est l'expéditeur ?
L'identité du « locuteur » est donnée en Genèse III. Moïse avait conduit le bétail au fond du désert et là un ange lui apparaît dans une flamme au milieu d'un buisson… Le fameux épisode du « Buisson ardent ». Qui est le « parleur » ?
Ce Locuteur ne reste point secret. « Je suis » dit l'Ange dont le nom s'écrit « Anoki ». Je suis. Mais je suis « qui » ? est-on en droit d'interroger. Réponse est donnée dans ce verset :  « je suis celui qui est ». C'est la traduction habituelle de"Ehié acher Ehié" :
אהיה  אשר  אהיה
En hébreu, c'est très clairement un futur, il faudrait donc lireJe serai qui je serai. Et qui sera ? C'est justement le pronom relatif « qui » (Acher). 
אשר
Si bien que le parleur, c'est qui ? C'est précisément « qui », le mot-concept Acher. Et « qui », c'est qui ? Mise en abîme du questionnement où la réponse se trouve dans l'interrogation. Le seul moyen de résoudre l'énigme, c'est d'entrer dans le secret du mot, et comme un cruciverbiste de l'école de Philippe Laclos, tentons d'ouvrir ce qui n'est point clos… L'exégèse du fameux verset se trouve dans le livre L'Ordre cosmique
« Je suis » informe Moïse en lui disant au futur « je serai qui je serai », il lui donne sa feuille de route pour mener son entreprise initiatique-politique devant aboutir à la délivrance et la sortie d'Egypte.
Plus tard (Exode XIX), entouré de son peuple, Moïse reviendra sur ce lieu, le Sinaï  et  « je suis » (Anoki)  descendra aux yeux de tout le peuple — et les autres — sur le Sinaï… 
סיני
Remarquez dès maintenant la présence répétée dans ce mot de la lettre Yod. Redoublement de l'énergie en droite et gauche du Noun. Le tout s'ouvrant avec un Samekh. Un cycle s'ouvre là où l'énergie répétée encadre l'humain (Noun).

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Extrait du livre Le Principe du Langage ou l'Alphabet hébreu : « Les lettres se sont montrées sans mystère aux générations qui assistaient Moïse. Mais leur révélation ne s'adressait pas seulement à ces témoins immédiats. L'alphabet hébraïque intéresse l'Humanité. L'instruction universelle se réalise par son adoption. « Nous étions tous au Sinaï ». En cause, les hommes du désert et ceux des époques futures… c'est-à-dire nous. 
Pour les personnes qui reprennent mes enseignements, je les remercie de bien vouloir citer leurs sources. C'est une obligation morale, éthique qui s'appuie sur l'idée qu'il s'agit d'une transmission devant se propager, sans réduire la source dont elle émane.

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