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vendredi 26 février 2021

Hommage à la Reine Esther. Le sens de Pourim…

Pourim. Hommage à la Reine Esther.

C'est Pourim, en mémoire de la reine Esther.

Quel est le sens de la fête de Pourim ? 
A quoi correspond cette commémoration ?
Le fameux devoir de mémoire ?
S'agit-il d'évoquer le souvenir par des rituels ou par une prise de conscience des événements ?
Se souvenir, certes. Mais pour aller de l'avant.
Comment a fait Esther pour éviter le génocide et sauver son Peuple ?
Il est nécessaire de dépasser le symbolisme et de libérer le message d'Esther par une mise au clair du texte biblique qui relate cet épisode. Donc, de lire le texte biblique en dépassant le caractère littéral. Pour cela, sonder le texte par
le Code des lettres hébraïques.


Aussi ai-je l'honneur de vous présenter mon livre :

ESTHER, La Délivrance d'Israël

Décryptage du Livre d'Esther
par Dominique Blumenstihl-Roth
Éditions Peleman ISBN 2-952221-6-4
 
 

vendredi 12 février 2021

Satan parmi nous 3/3

par Dominique Blumenstihl-Roth

 

Ma série d'articles sur le thème de Satan suscite pas mal de réactions. Voici le 3è volet de cette recherche fondée sur les travaux de Dominique Aubier.

 Deux premiers textes sur le sujet :

1. Le diable existe-t-il ?

2. Satan dans nos vies personnelles


3. Aujourd'hui : Satan parmi nous…

 

L'origine de Satan

Satan est issu de Nahash, le Serpent. Il est le verbe immobilisé par la morsure du reptile. Il naît d'une erreur qui cloue le destin sur son côté sénestre, il interprète l'opposition au dynamisme normal de la vie. Il est l'immobilisation sur place et partout où il passe, il insère la clause d'immobilisation de l'élan créateur.

Il n'agit pas n'importe comment. Satan circule d'abord dans la première phase évolutive, puis il surgit, individualisé, dans la seconde. En cela il est soumis à la loi archétypale du Redoublement. Il est donc préférable de le repérer avant qu'il ne passe à l'action. C'est pourquoi Moïse a construit un serpent d'airain, nommé Nahachtan. Les mêmes lettres permettent d'écrire Nahach et Satan, d'un seul tenant. L'un engendre l'autre. Car la position Nahach a été prise pour définitive, elle est devenue féconde. Moïse a prévu ce moment où le serpent fécondant devait être détruit, d'où l'ordre d'Ezéchias (Roi II-4) de le détruire. C'est le symbole de ce qui doit être fait :  

Vider Satan… Comment faire ?


Nahasch. Acrilic. 60 x 40 cm Francis Roth
Ceux et celles qui ont vécu à titre personnel des situations sociales où ils furent confrontés à l'esprit satanique savent de quoi je parle. Ils savent qu'ils ont échappé au pire. Mais nombreux sont ceux qui subissent l'emprise qui les conduit à leur anéantissement pour le plus grand triomphe de leur tortionnaire. La complaisance de l'ordre social à l'égard de ces monstres ne laisse d'étonner : serait-ce dû au fait que la société tout entière soit sous la gouverne de ce Prince ? Que sa justice, sous son joug, protège ses émules ?

La psychologie / psychanalyste range ces êtres dans la catégorie des « pervers narcissiques ». Voilà donc Satan aimablement catalogué en terme médical. L'être satanique le savait déjà, qu'il était pervers. Quant au dénominatif de narcissique, se le voir attribué par la « science », cela augmente son sentiment d'importance : la science lui accorde en quelque sorte son titre de noblesse… sans pour autant résoudre en rien la situation de la victime. Le diagnostic psychologique est d'une naïveté inquiétante, car il catégorise la disposition satanique en termes de pathologie, ce qui finit par excuser les actes commis, et neutralise la responsabilité de l'auteur. Les sciences humaines ne mesurent pas l'étendue de l'intelligence satanique qui se joue précisément de ces expertises dont elle connaît les limites… Satan ne fait qu'une bouchée de la psycho-analyse, il s'en amuse, sachant qu'elle ne peut cerner son âme profonde.

 

Satan est un ferment faussaire d'intellectualité.

La seule manière de le vaincre, afin qu'il ne persévère pas dans son potentiel codeur, c'est de le réduire à néant par une plaidoirie contre l'usurpation des droits dont il profite. Satan s'est adjugé une zone d'exercice qui ne lui appartient pas. Partout où il passe il s'adjuge une région de la vie qui ne lui est pas destinée. La seule manière de dominer Satan est de recourir à ce qu'il interdit, c'est-à-dire la structure d'Absolu, le principe de réalité (cf Catalina, p. 265).

Cela présuppose qu'on l'ait identifié. Or pour cela, il faut disposer de l'outil qui permette de le faire, c'est-à-dire… de ce qu'il nie. Satan — qui interdit l'Absolu — est connu par l'Absolu. Satan n'a donc qu'un ennemi, l'Absolu. Etrange inimitié, car sans l'Absolu, Satan n'existerait pas. Sans la constante évolutive, appelée Nahach, difficile à piéger, Hava n'aurait jamais commis la bévue dont Satan est le produit fécond. Que l'Absolu soit instauré au sein de la culture, et Satan perd aussitôt non seulement son pouvoir, mais son droit à l'existence…


Satan déteste la vie…

« Il n'aime que l'immobilité, la décomposition au sépulcre, l'arrêt de la puissance réflexive. Il hait l'intelligence, n'aimant jalousement que la sienne, mais un rien de méditation fondée sur l'Absolu l'anéantit. Il préserve férocement l'énergie qu'il a détournée à son projet. Sur ce capital volé, il édifie son action, toujours la même, tromper l'Homme, lui faire croire que l'évolution indéfiniment poursuivie fera de lui l'égal de Dieu ». Et Satan règne, persévérant sur la ligne événementielle des choses qu'il prétend « évidentes » à condition qu'elles procèdent de sa logique. Il est dans son génie d'aimer sauvagement le matériel, l'argent. Le comble de sa subtilité est de tirer profit des sentiments que son usurpation inspire.

« Il est dans son intention normale de faire souffler le vent de l'opinion dans le sens des peurs, de manipuler l'opinion naïve, la faire balancer entre les extrêmes de l'angoisse et de l'espoir. Encenser l'âme par des oscillations contradictoires, ainsi ne réagira-t-elle pas quand le véritable initié que le réel appelle interviendra sur la situation. Lucifer aura si bien lassé et dérouté les esprits que nul ne s'intéressera plus à la solution salvatrice. Et le livre qui aurait la puissance d'annuler le danger, d'exorciser le gène fatal qu'il a introduit passerait inaperçu. » (extrait du livre Catalina)


Le salut du monde dépend d'une opération initiatique…

« Satan ne redoute pas les exploits prophétiques du passé, il les connaît. Il sait comment neutraliser ce qui vient de là. Tout ce qui monte du passé, sous la forme du convenable, de l'agréé, du conventionnel, de l'officialisé, il le connaît et le soumet à son immobilisme. Il ne craint pas les religions, elles-mêmes immobilisées dans le formalisme, qui en appellent au renouveau messianique sans pour autant le favoriser. De même Satan ne craint pas les sciences, d'autant qu'elles ignorent son existence. Satan ne redoute que l'être qui aurait passé le pont, à la hauteur du Nahach du siècle. Il ne peut atteindre une entité qui ne se trouve plus sur la rive où il plante son drapeau. L'initié en cause est donc un passeur, un stratège des procédures d'exfiltration. Un bâtisseur de la nouveauté édifiée sur les critères de la Connaissance actualisée ». L'avenir est suspendu à la parole d'une forte entité capable de Connaissance.

 

Face à lui — à elle, car il se pourrait bien que la délivrance soit le fait d'une femme — Satan est au bout du rouleau. Il n'a pas d'autre solution que retenir autour de lui l'énergie humaine, empêcher la conscience générale de fuir par le pont ouvert. Il n'a pas d'autre solution que maintenir, immobiliser. Tout changement, tout mouvement de l'énergie lui serait fatal (Catalina, p. 269). Aussi a-t-il pour spécialité de feindre le mouvement, de créer l'illusion du progrès par l'entropie technologique. Et de crier au complot dès lors que l'autre branche se manifeste. Et c'est compréhensible.

En effet, « l'ampleur acquise par le manifeste sur la branche « qui Fait » est extrêmement plaisante. Elle ne sera jamais si séduisante : elle en est à jouir, s'éblouir de ses propres performances. Et vous voudriez qu'elle renonce à elle-même ? La règle systémique l'exige mais la réalité vécue ne s'y prête pas. En cela réside le drame pour les sociétés et les cycles historiques dont le devenir dépend de la conscience humaine. Si la culture agissante n'est pas au courant de la loi organique, le rendez-vous sera manqué. Le rater, c'est laisser grandir le complot. La branche du manifeste s'amplifie, se développe à sa guise, tout en s'isolant dans son propre vouloir anormal. Il en résulte une boursouflure évolutive, remplie d'actions, autant d'aberrations, d'erreurs créatives mais non créatrices, de productions qui n'étaient pas, et ne sont jamais programmées par le Modèle Absolu. C'est ce qui nous arrive. Nous vivons les conséquences d'une enflure de la phase industrio-technologico-scientifique, celle du « complot ». Le complot rationaliste, si évident qu'il est vain de le décrire. Car il s'agit véritablement d'un complot. Celui qu'une partie de la conscience mondiale entretient contre son autre moitié. »

 

Le diagnostic de Dominique Aubier est clair.

Mais, précise-t-elle, un initié a fait le travail. Et l'énergie cosmique, celle de la Vie est déjà hors de portée de l'influence satanique. Cet initié a réalisé la reconstruction culturelle selon les critères de l'Absolu, en a dégagé le Code et l'a donné à voir. Son œuvre est déjà de l'Autre côté où Satan ne peut l'atteindre. En effet, « Satan ne peut quitter la linéarité événementielle de l'Histoire qu'il a développée, dans le sang et les larmes, il appartient à la séquence de l'Histoire dramatique et déchirée qui nous lie au meurtre d'Abel par Qaïn. Il ne peut pas aller au-delà de l'ultime tentative qu'il a failli réussir, quand il s'agissait de l'Allemagne, réclamant le génocide des peuples de la diaspora et de l'exil, les Gitans et les Juifs. Les a-t-il haïs, les peuples de la marche ! Et comment n'aurait-il pas détesté des peuples qui se déplacent ? Tout nomade le met en danger. Tout errant porte atteinte à son statut. L'Allemagne d'Hitler a vécu l'interprétation finale du gène satanique. Et l'Initiation n'était pas en mesure d'intervenir pour paralyser son action. »

« Mais de l'autre côté du pont, aujourd'hui, quelqu'un le regarde. L'énergie a été transportée de l'autre côté de la passerelle. L'entité qui détient l'Absolu sous la forme utile et praticable pour la conscience moderne, hors de portée sur sa rive, reprend souffle et fait signe : « suivez le guide ». Satan ne pourra rien contre la foule des humains passant brusquement le pont. » (cf Catalina)


Le gène satanique n'agit qu'en milieu humain, en milieu culturel.

Il pavoise actuellement… au travers d'un individu, et c'est cet individu que Moïse prévoyait comme indicateur du miracle… Créature humaine postée à l'endroit de la dernière écaille reptilienne… Il faut donc identifier l'être humain, notre frère, dont la mission a consisté à incarner le dernier anneau de puissance créatrice lié à Satan. Il s'agit de regarder dans la vie privée d'un de nos semblables, non pour l'accuser, car la Connaissance ne juge pas les êtres. Elle essaie seulement de les voir. L'initiation n'autorise ni la haine, ni le reproche. Elle rend justice à ce qui est exact. L'exactitude du réel exige la lucidité, la Connaissance est à même de l'apporter.

« Satan n'est pas un être mythologique. C'est une position intellectuelle qui résulte d'un excès de confiance dans les pouvoirs humains » (Catalina p. 276). Cette position exprime la tendance (fort banale) de ne croire qu'aux décisions humaines à l'exclusive des critères que le réel imposerait, surtout si ces critères interprètent le vouloir d'un Dieu que le génie satanique a eu le plaisir de déclarer mort ou inexistant. On ne s'étonnera pas de voir Satan particulièrement actif dans certains milieux intellectuels où il s'évertue à tromper, illusionner : nous tromper sur la nature du réel…


En résumé :

— Satan instaure son règne… seigneurie de lui-même ;

— Il veut se sacrer roi de la réalité ;

— Satan n'est que preneur. Accapparateur d'imposture, voleur d'emplacement, pilleur de ce qu'il entoure ;

— Le satanisme consiste à attaquer la conscience. Il fait main basse sur les esprits ;

— Il exerce le comble de son pouvoir quand il s'approprie l'esprit d'autrui ;

— Il est fasciné par ce qui procède du système et de la structure qu'il interdit ;

— Il s'amuse à se dissimuler jusqu'à faire admettre sa non-existence ;

— Il veut s'emparer de tout ce qui est symbole de la Connaissance pour tirer à lui l'énergie et l'empêcher de passer le pont ;

— Satan veut s'emparer de la Connaissance car elle lui est refusée ;

— Il s'insinue dans les secteurs approximatifs ou passéistes de la Connaissance pour en promouvoir l'obsolescence, afin d'empêcher l'actualisation libératrice ;

— Il leurre les consciences par une logorrhée pseudo-initiatique brouillant les consciences ;

— Il prône la dispersion et l'éclatement au mépris de la synthèse du Principe d'Unité ; 

— Il nie la Connaissance mais prétend — la main sur le cœur — œuvrer pour elle ;

— Son comble est de s'instruire de la Connaissance puis de tirer à lui la couverture. Il s'improvise en Maître, enseigne et reverse la Connaissance dans une exploitation d'imposture ; bien entendu, il ne cite jamais les Maîtres, sauf de manière anecdotique, car Satan est son propre Maître. Le pillage est sa spécialité ;

— Il craint d'être démystifié.


La technique de Satan : (cf Catalina, p. 293)

— Satan est celui qui prend le verbe du côté reptilien. Il entend l'écho de la Connaissance et la reverse dans son secteur d'exploitation.

— Satan coupe entre le fait et le dire. Il impose la séparation de principe, cherche à isoler les phénomènes en niant les liens qui les unissent.

— Il compose une autre réalité, par la manière de l'énoncer. Il est expert en manipulation de la parole dont il construit et impose des acceptions destinées à renverser la vérité : il prend un mot et en détourne le sens pour l'appliquer à ce qu'il veut imposer. Il est expert en euphémismes dissimulateurs.

— Le langage de Satan est inventif, pseudo-littéraire, recouvrant ses intentions ou exactions par un langage apaisant, pour endormir les consciences.


« Le langage de Satan posera les problèmes les plus étonnés aux sociologues qui chercheront en vain à en identifier la nature. Ni la sociologie, ni les sciences politiques ne disposent des critères qui permettent d'identifier le charme vénéneux de l'expression satanique, ce soporifique poison de l'esprit qui tue l'intelligence en l'anesthésiant, afin de créer dans la conscience collective l'état d'assoupissement et de léthargie qui permet au malin de s'en emparer » (p. 296).

« C'est pourquoi celui qui voit Satan doit pousser un grand cri. Un cri de joie. Quand Satan se détend, le miracle et la rédemption ne sont pas loin. Ils se trouvent de l'autre côté du pont qui doit être rapidement franchi. Satan, il faut le faire reculer, le repousser loin en arrière de la région qu'il a envahie. Il faut courageusement abolir le surcroît de progrès faux qu'il a dirigés. Non seulement changer de pied et reprendre appui sur la rive d'en face, mais se rééquilibrer au-dessous de la ligne d'évolution acquise. Repartir, mais au prix d'un rétablissement qui annule les interventions perfides de l'activité satanique ».


La France, à ce titre, peut montrer l'exemple en saisissant à pleines mains le sens de sa vocation qui est de dire, défendre la Connaissance actualisée. Nous y travaillons. Avec vous…



Pour cette série d'articles :

Catalina

Lire sa Vie

— Tous les livres et films de Dominique Aubier


 


vendredi 5 février 2021

Satan, dans notre vie personnelle (2/3)

Par Dominique Blumenstihl-Roth

(Suite de l'article précédant : le Diable existe-t-il ?)

Le diable est forcément une créature conçue, dès l'origine. Il est l'obscurité. Mais il n'est pas premier. Car avant les ténèbres, pré-existait le Verbe. L'obscurité est absence de lumière, lumière non encore arrivée mais déjà émise. La lumière ne naît pas du « noir » et le « noir » ne la produit pas. Elle a sa propre source, émanation d'énergie issue du codon tiré du pur « Qui Sait » invisible, de l'autre côté de l'univers. 

Que la kabbale hébraïque nomme « acher » : אשר
Mot-clé au cœur du verset d'Exode III-14, le fameux Buisson Ardent. C'est le pronom relatif « Qui » que Dieu prononce dans « Je suis "qui" je serai » (cf L'Ordre cosmique).

L'obscur n'a pas d'avenir.

L'obscur ne sera pas, étant néantisé par le photon de lumière. Il se voudrait l'égal de la lumière, alors qu'il ne fait que l'absorber… tirer la couverture à lui et… se déclarer inventeur de ce qu'il n'a pas. De cette captation il fait méthode, il fait… œuvre d'art. Et nous finissons par aduler le moindre reflet qui émane de son goudron. Qu'il choisisse des lieux sacrés pour s'exposer ne saurait surprendre, car il exige d'y être adoré pour lui-même. Cependant, il nous enseigne, car il est l'instrument dialectique.

Satan ne survient jamais dans le cycle biologique, tout se déroule selon un schéma évolutif régulé et imprimé de tout temps par les lois archétypales. La Nature est organisée selon un « système », des lois, son Code. Je ne saurais donc dire que le renard est le diable de la poule. Ou le hérisson le diable du ver de terre, tant la Nature organise le fonctionnement pour la survie de tous. L'Homme, quant à lui, fût-il biologique, accède au niveau culturel, 4è niveau d'évolution après le minéral, végétal, animal. Par sa capacité verbale — le rire ! — et sa puissance de conscientisation, il s'élève au-dessus des conditions antérieures. Il est donc confronté à la compréhension qu'il doit avoir de ce que le réel propose / impose : l'Homme est être de Liberté où les choses gravées se dégagent du marbre et deviennent possibilité de libre choix. En hébeu, gravé et liberté s'écrivent avec les mêmes lettres. L'Homme peut choisir son chemin, pour le meilleur et pour le pire. Y compris le chemin du désastre que Satan lui suggère. Satan est actif uniquement au niveau de l'Humain, son but étant d'interdire l'apogée de l'Esprit. Il veut maintenir l'être sous le boisseau, obtenir l'adoration de l'idole, l'asservissement du Verbe à sa dévotion.
Cela ne sera pas.

Satan est le démon de la liberté…
Liberté tout à la disposition de l'Homme, qui a le droit de l'invoquer à tout instant afin de nier sa vocation d'être spirituel. Prétention audacieuse qui mène droit dans le mur. Mais si tel est le choix de l'Homme…
Le kabbaliste italien Dante — que l'on classe curieusement parmi les philosophes — en a traité dans sa Divine Comédie. Nous pouvons aller plus loin, dans notre enquête sur Satan, en scrutant le Code des Lettres hébraïques, qui en sait plus long sur la Création, dans le sens où cet alphabet est lui-même le Code du Réel. Il serait donc étonnant qu'il ne sache pas qui est Satan, puisque ce mot est lui-même un mot hébreu codé dont le rébus trahit le secret.

Mais dans nos vie personnelles…
Nous avons tous, un jour ou l'autre, affaire à un être appartenant à cette typologie, qui cherche à nous détruire, qui y parvient parfois. Comment les éviter ? Comment quitter leur emprise ? Comment « quitter l'Egypte » ? La Torah l'ordonne… et en donne la méthode.
La grande leçon en est donnée dans Exode. Partir, gagner le « second lieu »… mais suffit-il de déménager pour se tirer d'affaire ? Moïse a beau quitter l'Egypte, il sera continuellement poursuivi par son ombre. Et même arrivé de l'autre côté, surgira le véritable ennemi, plus implacable encore que Pharaon : Amaleq. Dont il faut venir à bout.
Satan agit au niveau personnel, culturel et collectif. Il impose sa poigne afin d'empêcher la délivrance. Or la liberté est une donnée première de l'humanité, devant sans cesse être reconquise et renouvelée : une liberté qui ne saurait être pleine que si nous connaissons les lois du Modèle d'Absolu.

Cette liberté est gravée dans les Tables de la Loi, dans Exode, par le mot « Harout » (gravée) qui s'écrit avec les mêmes lettres que le mot liberté (Hérout) — Het, Resch, Vav, Tav. Or Satan est liberticide. Dominique Aubier écrit à ce sujet : « Satan est hors norme. Anormal. La « normalité » de l'entendement ne le cerne pas. Il appartient à un autre « registre » que celui du « mal ordinaire »… Certains criminels répondent à ce portrait. D'autres, moins discernables, plus mondains, dissimulent leur partition et n'en orchestrent pas moins leur projet implacablement — jusqu'à la fin de l'opéra ? Il se pourrait que la mélodie d'une flûte enchantée — celle de la Connaissance — mette fin au subterfuge.

Son nom le trahit.
Satan en hébreu s'écrit : Schaitan :
ש ט ן
C'est le nom biblique de l'Adversaire.
Qui est-il, que veut-il ?
Schin, Tet, Noun. Trois lettres.
Le verbe (Schin) parvenu en sa forme symbolique (Tet) construit l'homme culturel (Noun). Un mot de trois consonnes où il manque l'Aleph et le Yod qui lui donneraient la légitimité qu'il revendique. Ne l'ayant pas, il s'attaque donc à tout élément contenant l'Aleph, le système divin, et le Yod, l'énergie.

Satan ne peut être que l'ennemi d'Israël. Ennemi du Verbe. Dans le mot Israël, le Yod de l'énergie s'écrit en initiale, reprise par un Aleph qui rappelle la présence du système divin dans le codage. Israël reçoit l'énergie Yod, elle circule sur les branches du Schin, aboutit au Resch désignant la structure cérébrale de l'humain parlant, parole ayant pour vocation de dire le système divin Aleph et de l'enseigner (Lamed). Israël s'écrit :
שראל'
Ce programme culturel, codifé dans ces lettres, correspond à la vocation même de l'humanité. Satan le déteste et cherche à l'anéantir. Satan ne peut donc que haïr celui qui possède cela-même qu'il nie, à savoir l'énergie du système divin. Satan proposera et agira en conséquence pour obtenir l'éclatement du point d'insertion du Verbe, Jérusalem. A cela même se reconnaît la signature de שטו .

Quelques précisions de mon Maître (cf le livre Catalina):
— « Satan est d'abord une information. Trois lettres construisent son unité informationnelle. Schin gaucher, Teit et Noun. (Il commence par le Schin pointé à gauche, sans que rien ne le précède.) Ce qui signifie : le verbe a été entendu du côté gauche de la structure, au bout de la structure « nahach » (le Serpent) et qu'il est devenu l'informateur ». Tout ce qu'il dit et fait est faux du fait de l'inversion. »
— « Dans la symbolique hébraïque, Satan, en sa forme active est appelé Samaël… Son envergure psychologique fait son génie… et le rationalisme n'y croit pas. »
— « Il s'oppose au dynamisme normal de la vie. Il est donc par définition celui qui se met en travers. »
— « Satan déteste la vie, il n'aime que l'immobilité, il hait l'intelligence, et n'aime jouer que de la sienne… Mais un rien de méditation fondé sur l'Absolu l'anéantit. »
— « Satan essaie de retenir l'énergie humaine, il veut empêcher la conscience de passer le pont… Il veut tout immobiliser… D'où son désir de tuer et mettre fin à toute évolution. Il ne craint qu'une chose : la vérité et le déplacement de l'énergie. La spécialité de Satan, c'est de détourner l'énergie à son profit. Il édifie son action sur ce capital de vie volée. »

J'ajoute : il s'arrange pour trouver des dévots à sa cause, qui justifient son action par toutes sortes de manipulations : certains vont jusqu'à sanctifier son œuvre destructrice y voyant la condition nécessaire du renouveau. Ce fut la position du chercheur René Girard qui affirmait que « Satan chasse Satan… » et s'autodétruit. Il oubliait que si le mal finit par s'autodétruire, il ne le fait pas sans nous avoir détruits au préalable. Ce qui revient à lui céder la victoire totale. Or il s'agit, tout au contraire, comme le dit Dominique Aubier, « de l'empêcher de triompher. De supprimer les pouvoirs de Satan, le démasquer jusque dans ses ultimes replis. Il convient de dépouiller Satan de sa prérogative, de son pouvoir. Ôter les pouvoirs au tueur revient à diminuer les forces sataniques tout entière. Pour cela, il faut agir et vite. Comment ? D'abord avoir le courage de le nommer, afin de lui opposer les forces qu'il déteste. Or la seule manière de dominer Satan est de recourir à ce qu'il interdit : le modèle d'absolu, le principe de réalité et de Vérité. Satan n'a qu'un seul ennemi : l'Absolu. C'est donc l'Absolu, la Vérité qui en viendront à bout. »

Satan est chassé, non par Satan, mais par l'Initié qui connaît d'une part l'identité satanique, et d'autre part la procédure sacrée menant à la victoire. Une de ces procédures est appliquée ici-même. Elle consiste d'abord à connaître son existence. A la situer sur l'arbre évolutif des Lettres. A le nommer, à reconnaître ses diplomaties habituelles. A n'en pas être dupes. A adopter la bonne stratégie pour échapper à son emprise. A enseigner cette stratégie — passer le pont, suivre l'énergie et nous transporter de l'autre côté de la passerelle afin d'être hors de portée… et même, une fois l'autre rive gagnée, demeurer sur ses gardes, car c'est là que guette l'inexorable Amaleq.

Dans un prochain Blog, j'aborderai la question des procédures et stratégies de salvation.

On relira à ce sujet le livre « Catalina » qui dresse un éblouissant portrait de l'entité satanique, si bien qu'il est possible de le reconnaître.

Tous les livres de Dominique Aubier
Tous les films de Dominique Aubier
 

La suite ici :  

3. Satan parmi nous… 

4. Comment faire échouer Satan

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