Rechercher dans ce blog

Translate

mardi 2 septembre 2014

Le sens du voile islamique

Le sens du voile islamique. Lecture d'un symbole.

(Extrait du livre : Fatimah, la Délivrance de l'Islam)

Dans une réponse qu'il donnait à l'un de ses disciples qui l'interrogeait sur le sens du voile, le soufi andalou Ibn'Arabî lui expliqua l'utilité de ce vêtement : mon fils, dit-il, l'avantage du voile est tout entier… pour les hommes. En effet, grâce à lui, tout homme ne voit jamais que sa propre épouse, les épouses des autres lui demeurant voilées. Aussi chacun est-il convaincu d'avoir épousé la plus belle.
Pourtant, reprit son jeune élève, tous les hommes n'étant pas mariés, et toutes les femmes ne l'étant pas non plus, le voile doit forcément receler un sens plus élevé…
C'est dans ses Révélations de La Mecque que le grand sage du XIIè siècle explique qu'en réalité, la femme, c'est la plus belle des Créations. Et que Dieu conçut la Création pour qu'un jour l'homme puisse la voir, la considérer, la comprendre. Il s'agit pour l'intelligence humaine, dit-il, de regarder le manifeste et lui demander son témoignage. Dès lors, l'opération intellectuelle à mener consiste en toute circonstance à scruter ce que le monde offre de réalité aussi bien dans les choses que les événements et de considérer cette apparence visible comme une réalité représentée : la réalité n'est que symbole dans le grand théâtre. L'œil est donc appelé à voir au travers du voile. La réalité (féminine), cachée sous le voile, en appelle à être comprise, appréciée, aimée : l'initié est tenu de voir. Voir l'essence des choses par delà leur apparence. Donc : soulever le voile.
Aussi le voile n'existe-t-il paradoxalement… que pour être soulevé.

Qu'en pensent les intégristes et autres wahabistes d'Arabie saoudite ?
Leur foi est sans doute solide. Mais qu'en est-il de leur capacité à comprendre le sens des versets au delà de l'aspect littéral ? Ont-ils réellement compris le sens du vêtement que le Prophète de l'Islam suggéra de porter… à ses femmes (ses femmes à lui, car dans le Coran il s'agit clairement de ses propres épouses : dis à tes femmes, lui souffle l'Ange, ange qui ne lui dit pas de se préoccuper des femmes des autres…) Que les épouses du Prophète se voilent… afin que lui-même, dans l'intimité, puisse leur enlever ce voile avant de réaliser avec elle l'union : l'Union des contraires. L'Homme se situant à Droite de la structure, la Femme à Gauche, en Qui - Fait structural. C'est cette Gauche structurale qui est couverte, priée de se voiler, sommée de ne point paraître et séduire mais s'offrir à l'Union : image de la Science face à la Connaissance.
Aussi le voile est-il le symbole d'un conseil donné à l'humanité dont les deux voies réflexives sont appelées à se rencontrer. Connaissance et Sciences.  
Les sciences sont clairement représentées par le Hijab qui met en valeur les yeux de la femme. Reproche-t-on assez à ce vêtement de tout cacher du corps des femmes que l'on ne s'aperçoit pas que par omission il donne à voir précisément les yeux ! Le hijab n'est donc pas uniquement un vêtement destiné à cacher mais a contrario, il a pour vocation de montrer : montrer les yeux et leur fonction de voir. Deux sortes de visions s'offrent à l'humanité : voir avec le regard de l'objectivité rationnelle et voir avec les yeux de la Connaissance.

Voir ou regarder
Tu ne vois les choses que d'un seul côté, reprochait à Carlos Casteneda son maître, l'Améridien Juan Matus, sorcier de la tribu des Yaquis de l'Arizona. La science regarde. Tandis que l'esprit voit. Il s'agit, pour l'initié, de voir l'essence des choses, avec une certaine vitesse : voir, c'est passer au travers des choses, ajoute le sorcier Indien : un homme de Connaissance peut voir les choses telles qu'elles sont réellement en prenant distance avec les spéculations de l'intellect rationnaliste
C'est exactement ce qu'enseigne le voile islamique : il ne s'agit pas de regarder la femme porteuse symbolique du voile, mais de la voir et d'en saisir toute la signification. Autrement dit, réaliser le Ta'wil du voile.

Le Ta'wil, et l'explication du voile
Le Ta'wil est le raisonnement qui se produit lorsque, connaissant parfaitement les normes du système de vérité formant la syntaxe du Verbe divin, l'on en retrouve la trace dans un verset, soit que l'on fasse apparaître l'archétype qui fonde le sens d'une phrase, soit que l'on cherche le sens véritable d'un passage en le réappuyant sur l'architecture systémique ayant dirigé son expression. L'un des aspects conducteurs du Ta'wil consiste à regarder le manifeste et demander son témoignage au regard de l'information que l'on détient. (Lire à ce sujet Don Quichotte, la réaffirmation messianique du Coran, Dominique Aubier, éd. MLL, 2001, p. 74)

Le sens du Hijab
Pour décoder le sens d'un symbole, il faut reporter sa représentation sur le modèle cortical. Donc posséder la grille de lecture. On s'aperçoit alors que le hijab représente une donne cosmologique. C'est parce que le cosmos est une Gauche matérielle Qui Fait par rapport à la pensée divine qui en est le Qui sait, que le voile porté par les femmes représente analogiquement l'aspect voilé de la réalité. Le monde du voile, c'est la réalité de Gauche par rapport aux informations issues de la Droite. Les femmes en sont porteuses car elles sont les représentantes vivantes du concept matériel, parce que ce sont les femmes qui portent l'enfant. Le turban, pendant symétrique du voile, porté normalement par les hommes, enroulé autour de la tête, met en exergue le motif d'universalité — le cerveau — et représente la longueur doctrinale des préceptes qui soutiennent le système de vérité. Les hommes musulmans se dispensent aisément de ce symbole tout en exigeant de leurs épouses de s'y soumettre…

Extrait du livre Fatimah, la Délivrance de l'Islam 
par Dominique Blumenstihl-Roth, éd. Peleman, 2016

------------
Cette étude sur le voile est unique. Le voile n'a jamais fait l'objet d'une exégèse. L'extrait du livre publié ici est protégé par le droit d'auteurs. Toute citation même partielle, devra mentionner le titre de l'ouvrage et son auteur. C'est un principe d'honnêteté et de justice.



Aucun commentaire: