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lundi 1 septembre 2014

L'intégrisme musulman et l'Occident

L'Occident et l'intégrisme

(Extrait du livre "Fatima, la Délivrance de l'Islam" (comment libérer l'islam de sa propre ignorance)

Une lecture erronée du phénomène intégriste pourrait entraîner des conséquences calamiteuses et jeter le monde dans la fournaise. Dès lors l'approche initiatique raisonnée, établie sur des critères stables et vérifiés l'emporte sur les points de vue des pseudos experts qui ont pignon sur rue au Quai d'Orsay ou au Département d'Etat américain. Si le Président Obama songe à vouloir anéantir l'Etat islamique, s'imaginant qu'il s'agit d'un ennemi que quelques bombes pourraient neutraliser, il se trompe : en effet, l'ennemi se renforce précisément à l'opposition qu'il rencontre. Croit-on l'affaiblir en éliminant tel ou tel chef ? Cela ne fait que conforter leur sentiment d'être des martyrs luttant pour une prétendue bonne cause.
Pour vraiment lutter contre l'intégrisme, il faudrait commencer par ne pas leur faire de publicité. Ne leur envoyons pas de reporter ou de journalistes qui de toutes manières ne rapportent aucune explication mais uniquement des compte-rendus écumant l'actualité. Ne leur donnons pas le loisir d'attirer à eux l'attention du monde. Ils en tireraient puissance et satisfaction.
Ne soyons pas leurs complices manipulés : car enfin, le moindre de leur message est relayé dans le monde entier par les médias ! Sous prétexte de dénoncer leur barbarie, nous la montrons. Ce qui les remplit de satisfaction. Aussi, par cette sur-médiatisation des odieuses violences des intégristes, devenons-nous les apologues voyeurs des actes terroristes ?
Oui, laissons-les avec leur conception archaïque et médiévale de leur religion.
Leur faire la guerre ? Qui peut croire que le bombardement de leurs structures affectera leur résolution ? Il faudrait pratiquement les attraper un à un, car chacun d'eux est, à titre individuel, porteur du projet terroriste.
Cela nous donne aussi l'occasion aussi de nous interroger sur nous - mêmes : qui sommes-nous pour juger de la validité de la folie des uns et des autres quand nous-mêmes, Occidentaux, ne sommes pas capables de regarder nos propres délires pour la justification desquels nous trouvons toujours de remarquables arguments moraux ou éthiques ?
Les esprit attachés aux ritualisations désuètes n'ont finalement d'autre recours que s'enfoncer dans la croyance fanatique, à des formes d'expression dont le sens leur échappe. Et en face, le rationalisme est bien incapable de libérer ces compréhensions anciennes. Les religions n'ont pas franchi le pas qui sépare l'appréhension symbolique de la maîtrise consciente. Et c'est dans ce contexte que l'on doit regarder l'Islam, ses réactions, ses bloquages, et l'intégrisme qui émane de lui.
Mais nous, en face, dans nos pays occidentaux dit "raisonnables", avons-nous réellement fait le nécessaire pour que notre civilisation produise une grande avancée culturelle ? 
Avons-nous produit la grande synthèse des cultures ? Nous parlons tous de "diversité culturelle", c'est même la fonction de l'Unesco que la soutenir.  Mais qu'en est-il de produire une synthèse universalisante qui dégagerait le cœur conceptuel de toutes les croyances et religions ?

Comment contrôler l'intégrisme ? 
— En refusant que ce soit lui qui nous contrôle.
Car ce sont des experts de la communication : actes barbares, exécutions sauvages… autant d'actes ignobles qui attirent sur eux l'attention.
Nous en sommes indignés ? Ils s'en amusent. Et se moquent de notre sensiblerie.
Nous sommes affligés ? Cela les réjouit.
Pour maîtriser l'intégrisme, il faut d'abord en connaître l'ontologie.

En appuyant la politique sur les données scientifiques avancées par les sciences naturelles et la cytoarchitectonie. Observer que la plongée de l'énergie vers le passé, tout en faisant remonter le type ancestral, laisse également apparaître l'émergence du cycle nouveau doté d'une potentialité nouvelle. Le type ancestral n'y survivra qu'à titre de relique. C'est ainsi que des espèces survivent ou réapparaissent, proches du modèle archaïque : tortues, crocodiles et autres caïmans, varans, scorpions… quantité d'animaux forts anciens survivent de nos jours dont l'origine remonte aux époques les plus lointaines.
Le meilleur moyen de lutter contre l'intégrisme, du point de vue culturel, c'est de promouvoir l'émergence de la grande synthèse unifiante. Je ne dis pas : dialogue inter-religieux. Car le dialogue interreligieux a échoué, car chaque religion reste sur sa posture, persuadée qu'elle est la meilleure. Ce qu'il importe, c'est l'identification du motif à la base de toutes les traditions du monde.
Ce travail, justement, il a été fait. Et notre culture ne s'en est pas aperçu.

l'Intégrisme face à la modernité
L'énergie ne se contente pas de forer les vieux puits déjà explorés du passé. Les intégristes ne le savent pas : l'énergie vise au contraire à émerger et pousser l'état de la révélation vers plus de clarté. Tout à l'opposé de la direction indiquée par l'intégrisme, le soufi Ibn'Arabî, dès le XII° siècle,  a entrevu et commenté cette situation, précisant que la religion n'est qu'un état temporaire de l'intelligibilité et qu'un Ta'wîl des formes représentées, autrement dit, une explication des symboles serait nécessaire faisant apparaître au clair les archétypes fondateurs. Seul peut faire du Ta'wil celui qui connaît la liste des archétypes et contrôle leur signification par rapport au modèle cortical. Les intégristes dès lors sont exclus de cette opération théophanique étant cantonnés à l'espace littéraliste.

Le Khalife Abu Bakr al Bagdhadi autodésigné en 2014 comme successeur du premier khalife, serait-il en mesure de réaliser le grand "Ta'wil" attendupar l'Islam ?
Il apparait, tout au plus, comme un faible d'esprit dont les options violentes voudraient compenser la débilité d'une défaillance. Car s'il était vraiment l'Imam attendu, il lui faudrait alors accomplir l'exploit intellectuel de produire une élucidation unique et inégalée du Coran, admissible par l'ensemble des communautés croyantes, abolissant leurs divergences et les réunissant par l'identification du motif fondateur. Une telle entreprise, colossale mais à la portée d'un instruit inspiré, vaudrait nomination immédiate au rang de successeur non par autonomination mais par légalité métaphysique : ce khalife-là, loin d'opposer les factions et les exterminer pour apparaître en seul vainqueur, miserait sur l'avancée intellectuelle libératrice des formes symboliques par l'explication et œuvrerait au dévoilement en dégageant la charge conceptuelle confiée par le passé au symbolisme.
À quand ce grand dévoilement ? Cette exégèse, a fortiori, interdite pas les intégristes, n'a pas été réalisée par l'Islam. Quant à l'Islam "de" France, il se retrouve lui aussi, bloqué dans des formes archaïques, incompatibles et inadaptées au temps qui, lui, ne cesse d'avancer…

à suivre
dans le livre Fatimah, la Délivrance de l'Islam

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