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vendredi 5 novembre 2021

L'inspecteur Derrick : étude initiatique d'une série policière

Par Dominique Blumenstihl

 

Hier soir, j'ai visionné sur Youtube un épisode de la célèbre série policière Derrick. J'ai retrouvé avec plaisir le fameux inspecteur, dans un scénario signé Herbert Reinecker. L'enquête est passionnante, écrite par un auteur méticuleux et prolifique de talent. Quelques 280 épisodes ont ainsi été filmés, sur plus de 20 ans, dans les studios de la télévision bavaroise, servis par les deux comédiens emblématiques inséparables, Fritz Wepper et Horst Tappert.

 

Il suffit d'attendre pour voir la vérité surgir…

BMW de rigueur, en contrepoint avec la 304 Peugeot déglinguée de Colombo, Derrick, toujours tiré à quatre épingles, traque les criminels qui sévissent dans la société BCBG de Munich. Sa technique d'investigation est-elle enseignée dans les écoles de police ? Toujours est-il qu'il exploite un large éventail de ressources initiatiques mises en œuvre avec tact.

Nous remarquerons d'emblée sa capacité d'écoute, l'acuité de son attention portée sur les paroles dites dont il garde toujours un souvenir précis. Il retient les mots exacts, se souvient des silences et non-dits qui hantent les témoignages. Qualité d'initié que celle de la mémoire précise… A toute heure, il répond au téléphone ; sans sirènes d'alarme, il se rend sur les lieux où il est appelé. Guère enthousiaste mais obstiné, patient, patibulaire et imperturbable, il avance sa longue silhouette rassurante : avec lui, nous savons que le crime ne vaincra pas. Sa seule présence face aux événements qu'il est chargé de retracer semble déclencher l'étrange nécessité qu'a le réel de se raconter. Les langues se délient sous ses interrogatoires qui se déroulent toujours dans une extrême courtoisie — elle est désarmante. Son attention au détail, à l'impromptu, à l'inattendu : « il suffit d'attendre pour voir la vérité surgir… » dit-il, ce qui ne l'empêche d'aider cette vérité à remonter en surface, par la parole. Sa lecture des signes est fulgurante, mais silencieuse et c'est au spectateur de s'apercevoir du détail observé ou entendu.

 

Le temps est à l'œuvre dans ces « affaires », comme si la vérité exerçait sa propre pression sur le cours des choses qui exige que la lumière soit faite. Les subterfuges les plus inventifs des coupables ne résistent pas à la puissance de la vérité unique qui s'avance, inexorable. Les pistes multiples, au départ, s'écartent comme les branches d'un arbre, finissent en impasse, tandis que l'unique voie du vrai poursuit sa progression. Certes, les interprétations du possible sont nombreuses au début des enquêtes : la quête de la vérité serait-elle infinie, comme un oignon qui s'éplucherait sans fin ? La théorie de la multiplicité du réel variable selon les interprétations que l'on en donnerait, la thèse de la vérité plurielle tellement à la mode en cours de philosophie sont démenties par ces scénarios qui tirent leur puissance non de l'imaginaire débridé d'un cinéaste mais du travail minutieux d'un auteur qui a reconstitué les drames humains en se basant sur les faits collationnés dans les archives. Là s'écrit la misère humaine la plus sordide, mais aussi l'effort d'élucidation et de compréhension afin que soit conservée la mémoire d'une justice au travail.

 

Une série au service d'une cause

Les épisodes alternent entre l'action sur le terrain, le recueillement des indices et la réflexion des deux policiers toujours en dialogue. L'inspecteur principal et son collègue sont constamment en situation d'échanges, dans un jeu de questions-réponses et de confrontations de points de vue : analyses psychologiques, questions personnelles, anecdotes en apparence détachées du dossier en cours… « Avez-vous remarqué quelque chose d'insolite ces temps-ci, quelque chose d'anormal… » est une de ses questions favorites. Tout participe à la recherche de la vérité, y compris ce qui semble n'y être pas directement lié. Derrick en outre possède une arme naturelle qui semble anéantir les constructions criminelles : sa bonhomie respectueuse mais intransigeante, l'apaisement — ou l'inquiétude — qu'exerce sa présence comme si l'être physique, par son seul « être-là » convoquait la puissance d'une vérité qui exige de triompher.

Je connaissais cette série pour l'avoir regardée à la télévision française dans les années 1990/ 2000. Cette fois, grâce à l'Internet, j'ai pu la suivre dans la version allemande originale. J'y ai apprécié la tenue du langage. A l'époque, en France, une critique acerbe, reprochait à la saga son caractère monotone. C'est vrai, il n'y a là que peu de courses-poursuites, peu de mitrailles ou de bagarres. Peu ou pas d'effets spéciaux, de cascades ou d'artifices qui séduiraient l'œil. Le décor même paraît terne : un bureau quelconque dans un gros bâtiment administratif au cœur d'une ville dont on finit, épisode par épisode, par connaître les moindres rues. Mais là n'était pas l'essentiel : la trame narrative est d'une extrême richesse, servie par un niveau de langage et de pensée subtils, soutenue par d'excellents comédiens. Le gratin du cinéma ou du théâtre allemand a en effet participé à ces tournages autour d'un premier cercle d'acteurs quasi permanents qui endossait des rôles extrêmement variés. Cette incroyable équipe réunie autour de la série était-elle au service d'une cause ? D'un projet ?

C'est tout le portrait de l'Allemagne qui se présente au travers de cette saga qui montre combien ce pays a réfléchi à l'empreinte du « mal ». Ses artistes, ses élites ont repensé non seulement la démocratie politique mais aussi l'approche métaphysique du « démon » qui, quelques décennies plus tôt l'avait conduit à l'apocalypse. La fragilité humaine, exposée au karma, à la mémoire caïnique — le premier meurtre — est ici montrée dans une épure minimaliste qui en renforce la teneur. Les enquêtes nous plongent dans ce que la philosophe Hannah Arendt nommait la « banalité du mal », à ceci près que le meurtre n'est jamais banal, et que les deux fonctionnaires de police, confrontés à cette réalité sordide, n'accepte pas que le recours au crime entre dans une catégorie philosophique où l'ignoble deviendrait l'ordinaire de la gestion des affaires humaines. Cette série répond à mon sens d'un projet politique de réhabilitation de l'Allemagne tout entière. Il y a là, dans cette rigueur narrative, à la fois la fulgurante énergie des gravures d'un Hans Hartung, et l'appel à la rédemption d'un Hölderlin dont le romantisme pétri d'espérance messianique invoquait la diplomatie humaniste.


Le Code des archétypes en action

Les Lecteurs de Dominique Aubier pourront observer dans ces films combien les archétypes y sont actifs.

Sensible intuitivement ou par expérience au Code des archétypes, le scénariste/auteur insiste, sans toutefois les nommer, sur les notions de redoublements, de retours archygéniques, de dualité… On reconnaît là une disposition de l'art visuel qui veut nous enseigner, par la vue et la représentation scénique, les lois du réel (voir : La Porte de l'Inde, le Cinéma indien). L'exercice est en effet passionnant de repérer, d'épisode en épisode, les archétypes en action, au cœur de la trame structurelle du récit. Je considère à ce titre la série comme un chef-d'œuvre initiatique, tout à l'opposé de ce que la critique a pu en dire qui lui reprochait son absence d'esthétisme formel. Le projet consistait à dresser une cartographie systémique des lois de la Connaissance telles que la modernité du support filmique le permettait, le genre « policier » ne servant que de prétexte pour captiver l'attention, l'intelligence du spectateur devant se porter sur le code invisible qui en tisse le canevas. 


J'ai été captivé par l'épisode 5 de la saison 5… 

Le second mari d'une femme richissime cherche à se débarrasser d'elle pour capter l'héritage. Veule et lâche, il engage un alcoolique profondément dépendant qu'il conditionne pour lui faire commettre le crime. Cependant rien ne marche comme prévu. Non seulement le tueur, tremblant, échoue dans sa tentative, mais lui-même choqué par l'acte qu'il a commis, cesse de boire. Sa conscience, jusque-là noyée par l'alcool, se réveille. Il rend visite à la victime blessée, et une relation amicale s'établit entre eux…

La victime, alitée, lisait un livre quand son « meurtrier maladroit » vint la voir à l'hôpital pour prendre de ses nouvelles. Elle lisait « Don Quichotte ». Le tueur repenti — qui n'a réussi qu'à blesser la femme — connaît le texte : il prend le livre de Cervantès en main et en lit un passage… en Espagnol. Le reste de l'histoire raconte l'enquête (très fine !) qui permettra de remonter jusqu'au commanditaire de l'acte…

Mais quelle surprise ! Fallait-il que Don Quichotte s'inscrive dans la série ! « Je ne laisserai pas d'être dorénavant sur mes gardes pour voir si je découvre quelque indice qui confirme ou détruise mes soupçons… » dit Sancho au chapitre 44, volume II. Le Quichotte apparaît comme le point de jonction entre le non-assassin et sa victime. Par la puissance de ce livre, désormais fiché entre ces deux personnes, toute la volonté du mal est neutralisée. Le meurtre n'aura jamais lieu. Le drogué parvient à s'extirper de sa dépendance. Le fomentateur du complot est arrêté. J'ai reconnu en cela la signature d'un initié qui a introduit dans son scénario la marque du Quichotte, grand héros de la vérité. Ou la volonté du Quichotte qui s'est insinuée dans la série pour y marquer son cachet, dans l'attente que quelqu'un le relève et en donne le sens…


La puissance de l'Allié

Dans cet épisode, outre nos enquêteurs, trois personnages principaux tressent l'intrigue, la victime, le tueur, le commanditaire, chacun apparaissant avec son « allié » respectif.

La notion d'Allié a déjà fait l'objet d'une série d'articles sur ce blog. C'est une puissance issue du côté « qui fait » de la structure. La notion d'Allié est explicitée dans le livre Quand le Sacré fait du Cinéma où Dominique Aubier montre comment les cinéastes ont remarqué sa présence dans la vie. Certains films, comme Gilda de Charles Vidor (1946) ou Pluie de Lumière sur la Montagne Vide, de King Hu (1978) donnent à voir la puissance des Alliés, au côté des personnes qui en sont les porteurs. Ange maudit conduisant à la perte ou au contraire, à la chance, dès lors qu'il est vaincu…« L'Allié est protecteur, c'est une entité qui s'active dans le cinéma de nos propres existences. Pour qu'il soit protecteur, il faut l'avoir vaincu. Et il vaut mieux les repérer pour s'en faire des aides plutôt que subir leur coercition et se retrouver sous leur domination. Il est féroce, l'Allié, tant qu'il est indompté. Et que l'on ne s'imagine pas que ce soit chose aisée que l'attraper et le réduire en purée ! Parce qu'il est toujours là, à nous guetter comme un puma prêt à déchiqueter sa proie. » 

L'Allié est l'élément de notre destin qui s'oppose à notre vocation profonde. Il semble agir dans notre intérêt, jusqu'au moment où ayant pris le pouvoir sur notre être, il nous anéantit. Dans cet épisode, l'allié de la victime n'est autre que sa propension, en soi estimable, de vouloir « faire le bien, secourir à tout prix… » Elle en devient la victime.

L'allié du tueur repenti ? C'est la peur d'assumer sa véritable capacité humaine, qu'il noie dans l'alcool, jusqu'à effacer son être-soi.

Quant à l'allié du second mari, ordonnateur du crime : sous des apparences de belle prestance, il s'est enfoncé dans sa mollesse voluptueuse qu'il assouvit par le mariage avec une femme riche, ce qui en soi n'est pas répréhensible, si ce n'est qu'il veut se débarrasser d'elle, le mariage n'étant pour lui que l'expédiant de son allié : l'abandon égotiste à la subsistance irresponsable dans le luxe.

Les trois alliés font cause commune, par delà les psychologies de leurs porteurs : ce sont les alliés qui conditionnent les psychologies et non le contraire. Les alliés respectifs forment trois entités quasi autonomes qui se rencontrent, leur dessein est d'aboutir à la suppression des êtres qu'ils viennent hanter. Chaque allié, non maîtrisé, vise la destruction de son « titulaire ». Mais la vie se protège elle-même. Un impondérable survient, un tremblement de la main qui fait rater la cible… Un brusque revirement, une prise de conscience suivie d'une décision ferme. Le misérable alcoolique parvient à surmonter son addiction. Cet homme vient de vaincre son allié, et aussitôt un autre plan se met en ordre de marche, qui mène droit au Quichotte. Il est là, sur la table de chevet de la victime visée.

Dans tous les scénarios de la série nous trouvons le matériau qui permettrait de réaliser de « grands films » comme on les aime, sur grand-écran, mais est-ce bien nécessaire quand tout est déjà là, et que le spectateur devient lui-même l'inspecteur scrutant le code actif dans ces histoires ? Le code de la vie, telle qu'elle s'écrit dans sa rigueur et générosité…


Derrick ou la rédemption

Ces histoires ne sauraient être regardées par distraction. Il suffit d'en visionner quelques épisodes pour s'apercevoir qu'une très fine lecture du réel y a présidé. L'auteur a fait l'expérience, dans sa vie personnelle, du « mal ». J'ai en effet appris que Herbert Reinecker (1914-2007) a activement participé à la propagande nazie. Un frisson m'a parcouru quand j'ai appris qu'il fut, dans sa jeunesse, impliqué en tant que rédacteur d'un journal pour la jeunesse hitlérienne et qu'il a écrit des pièces de théâtre à succès qui en soutenaient les thèses.

Il s'en est ouvertement excusé et repenti ; à plusieurs reprises il a exprimé publiquement ses remords. Et l'on voit, dans son œuvre prolifique (il est aussi l'auteur des 90 épisodes de la série der Kommissar et de nombreux films, scénario, romans) combien il est hanté par la question métaphysique du bien et du mal. Est-ce de son expérience au cœur de l'idéologie criminelle qu'il a tiré son besoin de rédemption ? Sa série serait alors un extraordinaire plaidoyer correctif, la volonté de racheter une erreur passée, cherchant à produire, au niveau collectif, un véritable « tikoun ». Cela expliquerait l'acharnement avec lequel il a écrit ces quelques 280 épisodes, à raison d'un scénario complet tous les 10 jours, son obstination à défendre ce personnage emblématique qui a occupé les écrans pendant un quart de siècle, présentant une police respectueuse, au service du droit à la vie. Le bien doit l'emporter était la ligne directrice de la série.


 La Vérité exige et remporte sa propre victoire

Cette série m'a appris que les criminels sont par essence des émules du « Qui Fait » ayant dépassé les limites du « Verboten », l'interdit. Au-delà de cette limite, balisée dans l'Alphabet hébreu par la lettre Tzadé final — 900 —, la vie n'est plus respectée. L'acte criminel — singulièrement le meurtre, la suppression de la vie — se situe dans le dépassement des limites du « faire » normal.

 Devenu négateur et s'affirmant unique, soit par folie, calcul, froid calcul ou contrainte, le « faire » qui outrepasse le Tzadé final ne peut s'empêcher de faire encore : tout meurtrier est pris dans la spirale des forces entropiques qui le projettent hors de la structure vivante porteuse. Il brise le code systémique qui prévoit la phase de l'arrêt, du transfert. Il impose son ordre qui commence par un acte de rupture : le meurtre. C'est Caïn, toujours recommencé, qui prétend légiférer et imposer sa loi. Mis devant le fait qu'il a accompli, à défaut d'un acte de lucidité et d'un retour à l'ordre systémique du vivant, il développe un invraisemblable répertoire de supercheries, mensonges, dissimulations aggravant le mal commis. Et c'est encore Caïn qui, interrogé par Dieu, feint d'ignorer ses propres actes, simule la perte de mémoire. Où est ton frère ? demande l'Eternel. — Suis-je le gardien de mon frère ? répond Caïn, cynique.

On se croirait dans le bureau de Derrick : où est votre victime ? demande-t-il dans un autre épisode à l'auteur d'un meurtre qu'il est impossible de prouver en l'absence de corps. Le prévenu répond d'un haussement d'épaules qui renvoie à la réponse de Caïn, laissant le spectateur indigné. Mais la vie poursuit par elle-même son enquête… et que ce soit dans la série comme sur l'écran de nos propres vies, de nouveaux événements se produisent, car la vie plaide pour elle-même, dénonce elle-même tout ce qui cherche à la blesser. Le temps est à l'œuvre et après une période de recueillement où la réalité semble presque inhibée face au sordide, les indices soudain fusent de tous côtés, les bouches se délient, des « anges » se mobilisent pour aider à l'émergence de la vérité. Vérité qui exige et remporte sa propre victoire…

A cette victoire, nous travaillons, inlassablement…

4 commentaires:

Rose a dit…

A ce niveau d'enquête , il est possible de croire définitivement qu'elle est bouclée .
Pourtant ,DBR n'a de cesse de vouloir valider le discours du Quichotte , lui même mis en lumière contemporaine par D.Aubier .
Une enquête est à ouvrir afin de comprendre le motif (?)du retour permanent à la répétition de....l'enquête , qui pourtant nous montre magistralement qu'elle est aboutie . Une vérité aurait été omise ?

François-Marie Michaut a dit…

Il me semble manquer dans ce texte un élément factuel majeur. Suffit de consulter wiki.
Cette série à très grand succès populaire en France comme en Allemagne a été brutalement interrompue.
Et voici la raison qui tient au passé politique de l'acteur principal Horst Tappert. Celui, a dit la justice, de membre du parti nazi dans sa jeunesse. Production et rediffusions TV immédiatement arrétées dans nos deux pays. La décision est remarquable.
Cela écorne quelque peu la pertinence de : " une vérité l'enquête du commissaire DBR, n'est-il pas ?

PS : Rose, toujours prompte à s'exprimer, m'a mis sur la piste avec son commentaire interrogatif qui se finit ainsi : " Une vérité aurait été ommise ?"

Domino a dit…

C'est bien ce que je disais : cette série est conçue comme un acte de rédemption majeur visant à réaliser une réflexion sur le mal, et une réhabilitation. L'auteur de la série, engagé dans l'idéologie nazie dans sa jeunesse, a opéré un revirement total. Je n'ai pas trouvé cette rédemption chez le philosophe Heidegger, nazi fieffé, qui n'a jamais renié cet engagement et qui connaît en France une vive adulation chez de nombreux intellectuels… L'écrivain L.F. Céline également, qui s'est enfoncé dans la haine, continue d'être admiré, réédité, sans que cela n'indigne les médias…

Rose a dit…

"car la vie plaide pour elle-même, dénonce elle-même tout ce qui cherche à la blesser."
nous dit DBR .
C'est , peut-on insister , l'oeuvre de toute une vie , de nombreuses âmes se sont jointes à cette collaboration de l'humain à ce qui le meut .
Mais le pont de Cinvat sera-t-il franchi ?
L'en face restera -t-il cet espace que se permet :
" La fragilité humaine, exposée au karma, à la mémoire caïnique — "?
L'ontogénèse implique t-elle au nouveau né tout ce parcours karmique sur l'empreinte de la phylogénèse ?
Les mémoires caïniques sont elles de l'ordre de l'épigénétique ?