Appel à la fin des impostures
Appel à la délivrance du Code
(par D. Blumenstihl-Roth)
Ils sont pénibles, tous ces auteurs approximatifs dont la pensée nébuleuse baigne dans les formes narratives séduisantes, mais en retard sur les travaux d'actualisation de la Connaissance. Ils contentent un lectorat qui croit sincèrement en leur compétence alors qu'ils ne servent qu'un badigeon apprêté. Le cœur de l'enseignement n'y est jamais, remplacé par une approche sentimentale. Leurs ouvrages inondent les librairies.
1. Appel à la fin des impostures
Il est bien sympathique, cet écrivain connu pour ses contes philosophiques, largement inspirés par les Talmud (qu'il ne cite pas). Son Alchimiste a fait le tour du monde, petit ouvrage flattant le public sensible à la parabole, habile étalage d'un demi-savoir faisant obstacle à la Connaissance par l'ennuagement philosophique n'engageant l'esprit à rien. D'autres écrivains ont emboîté le pas, prétendant enseigner ou instruire, chacun y allant de sa métaphore pédagogique, imitant le célèbre Diwân de Djalal al-Din Rumi (1207-1273), mais tandis que le Soufi persan du XIIIe siècle construisait ses narrations sur la base des critères initiatiques issus de sa tradition, les contemporains en singent le style, sans rien savoir du Code archétypal soutenant les écrits du grand initié.
Tel auteur produit un roman, à grand renfort de publicité, s'égare jusqu'à chiper le titre de son livre à Maïmonide. Tel autre claironne dans les médias qu'il a conçu rien moins que «L'Âme de la vie», opuscule prospérant sur l'attente spirituelle de lectrices et de lecteurs qu'il séduit par une approche pittoresque du sacré mais dont il est dans l'incapacité d'élucider le moindre symbole. L'imposture serait amusante si elle n'avait l'effet pervers d'occuper le terrain et par conséquent d'occulter les ouvrages de fond qui permettent au Lecteur de vraiment progresser.
Quand j'ai vu ce fascicule — taisons le nom de son auteur dont la lanterne n'éclaire personne — j'ai immédiatement pensé à l'original, autrement plus sérieux, dont il « emprunte » le titre. L'Âme de la vie est en effet une œuvre magistrale de Rabbi Hayyim de Volozhyn (1759-1821), immense kabbaliste lithuanien, extraordinaire commentateur de Genèse, expert de Louriah. Un monument de la pensée juive. Comment admettre que le titre, traduit de son sublime « Nefesch Hahayyim », soit repris par un obscur pigiste en mal de succès ? Si Rabbi Volozhyn a ouvertement expliqué son titre, puisé de Genèse 2, au verset 7, le repreneur moderne, quant à lui, se gausse de ce merveilleux intitulé pour en couvrir son livret d'illusionniste. Je me laisserais volontiers prendre au tour de magie, si l'opportunisme commercial n'en était évident. Le filon a été identifié par les éditeurs, celui de la quête de sens et de vérité, et l'on édite autant de bouquins pour en entretenir l'appétence, pourvu que l'exposé, en toute clarté des critères de la Connaissance n'y soit jamais.
La gentillesse du propos, l'aménité du style, tout est là pour plaire — être consommé. Les agents de sapidité sont connus, ils « savent faire », selon des recettes éprouvées, intelligences artificielles aux aguets, plaire et faire vendre. Ces livres accusent cependant un demi-siècle de retard, sur les travaux de Louis Massignon, Henri Corbin, ou Raymond Abellio. Ces auteurs ont marqué un niveau en-deça duquel il est interdit de régresser. On ne peut, pour l'avancée initiatique, réinventer le récit allégorique alors que l'énergie évolutive exige la montée vers le sens. Un kabbaliste connaissant la formule PaRDèS dira qu'il s'impose de monter vers le Sod, et de délaisser les étapes antérieures dans lesquelles on aurait tendance à s'attarder. Cette montée en Sod, est chose faite dans La Face cachée du cerveau. Confirmé dans l'Ordre cosmique.
2. Appel à la délivrance du Code
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