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vendredi 17 mars 2017

Ils ont tué Ziva David — le secret de NCIS ou la kabbale hébraïque au cœur des séries américaines…

Ils ont tué Ziva… (NCIS)
Par Dominique Blumenstihl

Un public très nombreux s'est fidélisé les vendredis soir autour de la série américaine « NCIS » crée par Donald Belisario qui relate les aventures d'une équipe de policiers travaillant pour l'agence « Naval Criminal Investigative Service » (Service d'enquêtes criminelles de la Marine).


Au début, j'étais très dubitatif : je trouvais déplorable cette avalanche de violence, de meurtres à raison d'un crime toutes les deux minutes, ces répliques et dialogues calibrés sur une mentalité ayant le goût des armes à feu. Et pourtant, je l'avoue, je me suis laissé prendre au jeu. Moins pour les ingrédients expéditifs composant des recettes bien connues des scénaristes — du sur mesure pour le goût américain — que pour l'étrange fascination qui s'en dégage et dont j'ai tenté de comprendre le mécanisme et les causes… subliminales. Y aurait-il une intention non dite derrière cette série, dont le symbolisme se construit de film en film ? Il m'en a fallu du temps pour saisir et ce n'est qu'au 144ième épisode que j'ai compris… À la mort de Ziva, tout est soudain devenu clair.


1. Le secret de la série NCIS
Les histoires relatées dans la série ne m'intéressent pas beaucoup, et comment le pourraient-elles ! Je défie tout téléspectateur de m'en résumer une seule. Elles sont irracontables, compliquées au possible, plus encore quand les épisodes sont liés les uns aux autres par des fils conducteurs dont il est impossible de remonter la bobine. Peu importe, l'action mène le jeu, rehaussée par des rebondissements dont on rattrape les thèmes récurrents : les auteurs de la série le savent bien, le spectateur ne peut garder en mémoire le déroulé intégral d'un épisode tant les images vont vite et ce n'est pas du tout leur but que raconter un récit cohérent sur la linéarité narrative. Ici tout rebondit, se dilue, se retrouve cinq épisodes plus loin, sans que jamais on ne s'interroge sur la dynamique rationnelle. Ce n'est qu'action, mouvement, spirale entropique de "faire". Et pourtant…

La série a commencé en 2003 et se décline en plusieurs saisons. Nous en sommes à la 14ième et je n'ai pas compté le nombre d'épisodes de l'ensemble. Les fans le savent mieux que moi, le feuilleton ayant ses « adeptes » et inconditionnels. Une série qui hante les écrans depuis plus de 10 ans et qui finit par épuiser les comédiens, dont la carrière se déroule presque exclusivement pour cette production au point que certains d'entre eux ont supplié les auteurs de prévoir leur mort scénaristique afin de pouvoir enfin s'échapper de l'infernal tourbillon les retenant depuis plus d'une décennie.

Il faut se dégager de toute fascination mortifère pour comprendre le secret de la série. Elle est dynamique, sportive, pleine d'humour, et les auteurs se sont appliqués à créer des personnages attachants — une sorte de famille affectueuse — au service de la justice, luttant contre le crime. Comment résister à Scuito, la jeune scientifique brillante attifée en fillette, le cœur « gros comme-ça » toujours en quête de câlin, alors qu'elle travaille au laboratoire de l'équipe et analyse les détails les plus sordides des crimes qui lui sont soumis ? Comment ne pas être séduit par DiNozzo, interprété par le charmant Michael Weatherly, beau gosse toujours en chasse de beautés mais qui secrètement, puis très clairement, d'épisode en épisode, tombe amoureux de la belle Ziva. Qui elle-même, agent secrète du Mossad israélien, a rejoint le NCIS, où elle tente de résoudre ses problèmes personnels… avec le très sympathique Leroy Jethro Gibbs, joué par Mark Hamon. Une palette d'excellents acteurs et actrices parmi lesquels David MacCallum dont on se souvient qu'il a joué dans la série des«  Agents très spéciaux » entre 1964 et 1968.

Tous ces comédiens et comédiennes ont un point commun. Outre leur talent, ils laissent transparaître des courbes séphirotiques parfaites. Leur système nerveux est lisse, et cela se voit sur leur peau. Aucune interférence psychique, toute leur personnalité est au service du personnage et du projet scénaristique. Ces acteurs se laissent traverser par le jeu qui leur est demandé, quand bien même il n'est peut-être pas toujours plaisant pour eux. Ce sont des « pros », et ils savent faire la différence entre leur être « civil », et leur être d'emprunt dont ils nous expédient l'image au travers de l'écran.
Ce qui fascine, c'est la projection de leur courbe séphirotique traversant l'écran. Cette courbe assure la puissance de leur être, au service du rôle pour lequel ils ont été retenus. Et je ne doute pas que les producteurs et l'équipe de casting aient des critères très solides pour sélectionner leurs comédiens. Ces derniers doivent « être » — incarner avec force, mais naturel des personnages imaginaires et pour cela, posséder en eux une ressource naturelle spécifique, une source énergétique en communication avec les émanations (atziluth) que l'Invisible déverse sur eux — comme sur chacun de nous. La question est de savoir si ces émanations de l'Invisible, dont nous sommes tous les récipiendaires à titre personnel, peuvent s'exprimer librement, sur toute l'étendue de leur aura. Si elles ne subissent pas de distorsions psychiques ou nerveuses, ou des blessures infligées lors de nos parcours de vie souvent chaotiques. Ici, nous avons le spectacle étonnant d'une palettes d'acteurs qui, comme chacun de nous, vit sa vie privée. Mais rien de ce qui peut entraver la circulation de l'énergie sur leur corps ne transparaît lors des tournages. Le talent de l'acteur est alors à son comble quand il se dévêt de son être ordinaire pour revêtir celui, inventé pour lui, par l'auteur et dont il assume l'identité, le destin. Plus encore : sa neschama, son rouah, son nefesch. Autrement dit les trois éléments fondateurs de l'être, bien connus par les kabbalistes.

2. Rouah, Nefesch, Neschama
Quel est le souffle qui présida à ma naissance ? Rouah.
Quelle est la formation que la vie me permit d'acquérir afin que ce souffle se concrétise ? Nefesch.
Quel est le mot qui préside à ma destinée ? Neschama.

Pour avoir l'explication détaillée de ces concepts kabbalistiques — et je suis convaincu que Don Bellisario, le créateur de la série NCIS les connaît — se reporter à l'ouvrage de Dominique Aubier : Le Pouvoir de la Rose.

Dans ce livre, nous apprenons que nous sommes tous des « agents très spéciaux » au service de la vie. Et chacun de nous possède son Rouah d'origine, ce souffle qui nous fut insufflé par l'Esprit et qui inspire notre destin. Qui nous pousse à devenir ce pourquoi nous sommes faits. Mais il existe des interférences, et nous vivons des événements qui peuvent nous éloigner de notre axe de vie. Cependant, très tôt, les signes, les premiers symboles édictent leurs messages et nous montrent le chemin à suivre.
Puis, après avoir vécu et passé les années de l'adolescence, parfois tardive, surgit un moment où le destin se laisse voir et reconnaître, c'est ce que l'on appelle alors la Neschama. Elle veut être connue de nous et se présente à nous sous le trait d'un mot, d'un nom qui concentre en lui la formule secrète de notre vocation profonde. Nous sommes tous appelés à rencontrer notre Neschama. Je dois alors être celui que de tout temps l'Invisible avait décidé que je sois. À nous de découvrir ce mot secret qui code notre existence. C'est notre nom de code personnel. Notre Neschama est à la portée de toute introspection honnête et sérieuse, de tout regard objectif porté sur soi-même ne se laissant pas éconduire par les séductions égotiques.

3. Ziva David
Dans la série NCIS, chaque personnage est fortement identifié. Chacun a ses problèmes, sa vie, mais tous sont au service de la « cause ». Ainsi la belle Ziva David, dont l'identité hébreue ne fait aucun doute tant l'étoile de David qu'elle porte à son cou est visible. Ce thème revient inlassablement. Les auteurs de la série ont délibérément mis en scène ce personnage — agent secrète du Mossad — pour attirer l'attention sur le thème « Israël ». Ziva rejoint le NCIS. Le symbolisme est fort, représentant une sorte d'union entre Israël et les USA, alors que du point de vue biblique, Israel c'est Jacob tandis que l'Occident, c'est Esaü. Et ce ne sont pas exactement des amis. Mais ici, l'agent DiNozzo et Ziva forment un couple. Fort sympathique au demeurant. Et elle est attachante, Ziva. De mission en mission, elle nous fait le portrait d'une femme qui, à elle seule, pourrait représenter Israël dans ce qu'il a de meilleur, de solide — d'obstiné également — et de fidèle. Avec Ziva, ce sont toujours les forces de vie qui l'emportent.
J'ai suivi son personnage avec attention, jusqu'à l'épisode 144, où l'on apprend qu'elle est décédée… Une vague d'émotions, voire de protestation s'est soulevée dans le public qui s'est senti trahi par les auteurs de la série. Fallait-il tuer Ziva ?

L'actrice d'origine chilienne, Cote (Maria José) de Pablo, qui a pris en charge ce personnage avait déjà quitté la production depuis plusieurs épisodes, et les producteurs se trouvaient dans l'embarras, sachant qu'elle ne reviendrait pas. Les auteurs ont du adapter leurs écrits afin d'aménager au personnage une sortie généreuse, forte en émotion tant elle avait suscité la sympathie de millions de spectateurs à travers le monde. Il lui fallait une issue à la hauteur de son charisme, et aussi une projection puissante sur l'avenir. Ainsi l'épisode 144 ne montre pas la disparition de Ziva — elle n'est qu'évoquée, ce qui fait d'elle le personnage principal… sans qu'on la voie. Dans ce même épisode 144 (12 x 12) son ami DiNozzo apprend qu'elle avait une fille née en Israël et dont il est le père. Superbe issue, permettant à l'acteur Michael Weatherly de quitter à son tour la série : il doit s'occuper désormais de l'enfant qu'il a de Ziva.

144 épisodes : le chiffre mérite qu'on s'y arrête un instant. Il s'écrit en hébreu Qof Mem Dalet. ce qui signifie que le passage de Tzadé en Qof est réussi, qu'un nouveau cycle commence (Mem) et que s'ouvre une nouvelle époque dont Dalet est la porte donnant sur l'avenir. Et en effet, les auteurs ne s'y sont pas trompés :  Ziva meurt. DiNozzo quitte la série. Mais les deux héros se sont unis et nous présentent le fruit de leur union naissant sur la branche droitière du nouveau cycle, en Qof. L' Union des Contraires entre Ziva la jolie juive et DiNozzo, le rital américain (Esav) a opéré son miracle. De leur union nait une fillette dont on entend qu'elle parle hébreu, puisqu'elle prononce ima pour maman et aba pour papa. Elle évoque bien les archétypes Gauche et Droite unis dans la structure. Elle est le fruit de l'Union des Contraires, représentant la génération naissante, dépassant les antagonismes. Une génération naissant en Qof, ouvrant un cycle, passant la porte vers le futur. Une génération… messianique ?

 4. Le message de Ziva
La vie utilise tout et n'importe quoi pour exprimer ses intentions. Y compris l'image télévisée…  Alors peut-être cette série télé n'aura été que le support d'un symbole cherchant à s'exprimer, et son succès n'était peut-être dû qu'au fait qu'il s'agissait, pour la volonté de la vie, de montrer ce symbole à un maximum de spectateurs ? De les préparer en quelque sorte, pendant plus d'une dizaine d'années, à recevoir le message de Ziva ?
Il aura fallu 144 épisodes de lente préparation, au thème « Israël », à la rencontre, à la naissance de l'amour, pour qu'on voie naître finalement l'enfant d'une union, inconsciemment programmée dès le premier épisode. Comme si la fiction inventée se mettait à imiter et reproduire le réel de la vie et ses intentions. 
Il faut donc « voir » la naissance de la fille de Ziva et la considérer comme la puissante promesse des temps futurs. L'avenir est déjà là, et le symbolisme de la scène est clair : cette nouvelle génération, issue de l'Union entre Israël et les Nations (Ziva-DiNozzo), bénéficiera de magnifiques possibilités dans un monde qui sera instruit de l'hébreu, langue du Réel qui calque les secrets de la vie au plus près de son codage. L'enseignement sinaïtique sera donné aux nations et une nouvelle génération naîtra, instruite directement des secrets de l'hébreu dévoilé et expliqué en référence au motif cérébral, ainsi que le déclare le premier mot de la Torah, le mot Berechit. Ce dévoilement à propension universaliste n'est rien d'autre… que le messianisme.

Les auteurs de la série auront été très inspirés pour mettre au point ce symbolisme de l'Union des contraires et de la naissance de l'enfant : il demandait à être vu sur écran, fût-ce au moyen d'une série télé. Vu d'un maximum de spectateurs qui, sans même s'en rendre compte, en intégrerons le symbolisme. Ce qui ne manquera pas d'agir sur le plan collectif quand ce symbolisme passera à l'acte. Encore fallait-il que le sens de ce symbole soit décrypté, et c'est chose faite dans cet article. Ce décryptage en libère le sens. Dès lors le passage à la phase active est ouvert.

Ce qui fascine également dans NCIS, et qui touche l'esprit, c'est la positivité remarquable de l'état d'esprit animant le projet. Hémoglobine, violence, crime oui tout cela existe : c'est l'empire d'Edom. Au sein duquel veille une force portant l'étoile de David nous rappelant qu'il existe, en toute circonstance, en face, le lieu protégé vers lequel nous tendons de toutes nos forces, Jérusalem, en chacun de nous, et dans le cœur de tous : universelle.

Dominique Blumenstihl-Roth

dimanche 12 mars 2017

Pourim. Le sens de la fête et hommage à la reine Esther.

Pourim. Hommage à la Reine Esther.

C'est Pourim, en mémoire de la reine Esther.
A quoi correspond cette commémoration ?
Le fameux "devoir de mémoire" ?
Quel est le sens de Pourim ?
S'agit-il d'évoquer le souvenir par des rituels ou par une prise de conscience des événements ?
Comment a fait Esther pour sauver son Peuple ?

Il est nécessaire de dépasser le symbolisme et de libérer le message par une mise au clair.
Donc, de lire le texte biblique en dépassant le caractère littéral : pour cela, sonder le texte par
le Code des lettres hébraïques.

Aussi ai-je l'honneur de vous présenter mon livre :

ESTHER, La Délivrance d'Israël

Décryptage du Livre d'Esther
par Dominique Blumenstihl-Roth
Éditions Peleman ISBN 2-952221-6-4

La Méguilla d'Esther est un court chapitre biblique en 166 versets contant l'histoire de la jeune Hadassa, choisie pour devenir l'épouse d'Assuérus qui régna sur l'Assyrie, il y a 2400 ans.
Despote sanguinaire, ce roi organise et planifie un génocide dont il laisse le soin à son ministre Haman, descendant d'Amaleq. Le roi ignore cependant que sa propre épouse, dont il est fort amoureux, est juive.
Suivant le conseil de son cousin Mardochée, la jeune femme cache son identité et se fait appeler Esther. Parviendra-t-elle à empêcher le crime ? Quelle sera sa méthode ? Quel est son « code » lui permettant de voir clair dans les intentions assassines de son mari ? Quelle est sa grille de lecture ? Réussira-t-elle à déjouer le projet des exterminateurs ?
Cette étude propose une lecture inédite de la saga, en ce qu'elle dégage non seulement les clés archétypales de l'épopée, mais décrypte les procédés initiatiques déployés par Esther et Mardochée, réalisant tous deux le sauvetage in extremis du peuple d'Israël en un moment crucial de son histoire. La victoire d'Esther, aujourd'hui encore célébrée lors des fêtes de Pourim, met en garde : à tout moment, le pire peut recommencer… à moins que la leçon d'Esther soit entièrement mise au jour, dévoilée et comprise ?
Pour entrer pleinement dans la confidence d'Esther, l'auteur sonde le texte hébreu originel, décode les versets et réalise le décryptage du sens des lettres hébraïques, aboutissant à une exégèse éclairante.


L'auteur :
Dominique Blumenstihl-Roth est né à Strasbourg.
Auteur de séries radiophoniques pour France-Culture et la Radio nationale d'Espagne, il a écrit Jean Racine, Kabbaliste — les sources hébraïques du théâtre racinien — ainsi qu'une biographie de José Rizal. Prix des Ecrivains d'Alsace et de Lorraine. Prix de la radio SDR Karlsruhe, Allemagne. Il a été l'assistant de la kabbaliste Dominique Aubier pendant 28 ans.

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Bon de commande par internet :
ESTHER, la Délivrance d'Israël
228 pages, éditions Peleman
Edition courante : 47 euros, taxes et expédition incluse pour toute destination.
L'édition originale numérotée, reliée et signée est disponible sur demande : 57 euros.
ISBN  9782952226165

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mercredi 8 mars 2017

Jeanne d'Arc : une lecture initiatique de l'épopée.

JEANNE D'ARC, LA DÉLIVRANCE. 

Il y a quelques temps, un candidat à la Présidence de la République, manifestant son intérêt pour Jeanne d'Arc, disait que notre pays aurait besoin d'une politique inspirée par une mystique… Aurait-il lu mon livre ? À moins qu'il ne s'agit d'un effet de l'Échange latéral. J'écris un texte et l'information divulguée produit un effet direct à l'extérieur, sans qu'il n'y ait eu de contact direct. C'est un effet dû à la structure en deux polarités où l'un informe et l'autre réalise. Alors sans hésiter, je souhaite que ce candidat soit élu.
Voici mon livre :



Ce livre présente le portrait d’une Jeanne qui pourrait inspirer la politique, et permettre à la France de renouer avec sa vocation universalisante, dépassant les aspects partisans qui ne cessent de déchirer les opinions.

C'est la 3ième édition de ce livre.
On m'a dit qu'il a été reçu à la librairie de Stanford University, USA : http://searchworks.stanford.edu/view/9751973http://searchworks.stanford.edu/view/9751973

Cette étude ne ressasse pas les anecdotes ayant fait la gloire de tant d'ouvrages passés. Ici, nous pénétrons le secret d’une femme, de son épopée, de son destin.
 
Quel est le mystère des voix ? Quel est le sens de la Libération opérée ? Quel est le message qu’elle nous laisse, en héritage, à six siècles de distance ?
 
L’enquête, richement documentée, sonde les archives au delà des simples apparences. Elle dégage la portée de l’opération initiatique réalisée par cette femme qui aboutit, en son temps, à la création d’une nation cohérente, dotée d’un projet spirituel. Le décryptage de l'épopée johannique s'avère précieux pour comprendre la puissance de l'énergie transhistorique se déversant sur notre temps.
 
Cette étude s’appuie certes sur les travaux des meilleurs historiens — mais ne leur cède point la palme : l’indigence de la méthode rationaliste en effet ne permet pas de pénétrer les mystères de l’être. Aussi est-ce par une tout autre technique, plus efficace et pertinente, que j’ai abordé Jeanne d’Arc. Il me fallait tout d’abord comprendre le mystère du Temps : quelle est sa matière, de quoi est-il fait ?
Pour résoudre l’énigme johannique, je me suis fié à l’enseignement de Dominique Aubier, spécialiste de la kabbale hébraïque et dont j'ai été le collaborateur et assistant pendant 28 ans. Appliquant concrètement ses leçons, j’ai vu se dessiner le portrait d’une femme exceptionnelle dont le message depuis six siècles désigne et nourrit la vocation française. C’est uniquement à la lumière du décryptage kabbalistique que Jeanne d’Arc devient pleinement compréhensible et que la prophétie d’Orléans libère son message.
 
L’ouvrage présente, en annexes, le portrait de quatre femmes remarquables, vivantes ou ayant vécu, dont l’apparentement avec l’idéal johannique rappelle le rôle essentiel des femmes au regard de la Création.

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Jehanne, la Délivrance
Sommaire

1. Pour une nouvelle science de l’Histoire
1. Certitude historique
2. Les protagonistes
3. Parole donnée
4. Justice inquisitoriale
5. D’Estivet, lumière de la Sorbonne
6. La Sainte procédure
7. Plaidoyer pour une justice initiatique
8. Séquelles de la Sainte Inquisition
2. Lecture initiatique
1.         La communication avec l’Invisible
2.         Une personnalité hors normes
3.         Les voix
4.         Le second procès
5.         Une nouvelle science du Temps
6.         Jehanne d’Arc, réalité métaphysique
7.         Le Temps johannique
8.         Une nouvelle fécondité
9.         Décodage kabbalistique
10. Lumière d’Orléans

JEHANNE, LA DELIVRANCE
éd. Peleman, 3° édition. 45 euros.
Par Internet
ou par la Poste en écrivant : :
DBR
BP 16
27 240 DAMVILLE
e-mail : d-b-r@bbox.fr

jeudi 23 février 2017

"Réponse à Hitler". Une étude de la Shoa par Dominique Aubier.

Réponse à Hitler
par Dominique Aubier
 

Dans l'édition originale de ce livre, le nom du dictateur est écrit à l'envers. Il est en effet l'inverseur : celui qui détourne et anéantit, là où il faudrait soutenir et favoriser l'esprit, il impose le crime. La Shoa dont il fut le commanditaire témoigne de cette barbarie négationniste. Mais sommes-nous bien certains qu'elle ait cessé, et qu'elle n'ait pas pris d'autres formes, plus perverses encore, en ce qu'elles seraient pernicieusement adaptées à notre mode de vie démocratique : qu'en est-il de l'antisémitisme de notre culture, amidonné dans ses formes, mais féroce quant à ses desseins invariables ? Hitler est mort. Mais qu'en est-il de son projet ? La victoire contre le nazisme a-t-elle réellement été remportée ? À l'occasion de la campagne pour les élections présidentielles en France, on aimerait que les candidats et candidates s'expriment un peu plus clairement sur le sujet…

Réponse à Hitler est un livre puissant.
Dominique Aubier y présente une lecture initiatique du nazisme et son projet. Elle en démonte la logique et fait comprendre les motivations profondes ayant activé la Shoa. Ce n'est nullement, comme le croyait la philosophe Hannah Arendt, un mal ordinaire, mais la quintessence satanique visant l'extermination du projet civilisateur de l'humanité tout entière. L'asservissement de l'être à une idéologie criminelle, l'anéantissement de la pensée, la négation de la relation métaphysique entre l'esprit et l'absolu : et finalement, l'esclavage suivi de l'assassinat.
Pour comprendre la Shoa, il ne sert à rien, comme le font certaines chaines télévisées, de passer en boucle les images insupportables des camps de concentration et de la guerre si elles ne s'accompagnent pas d'une explication, dépassant le caractère descriptif. La souffrance, la douleur des victimes doit être connue. Mais également l'analyse et la lecture initiatique profonde des événements, car la Shoa est un phénomène collectif ayant touché l'histoire du monde et menacé d'extinction toute forme de civilisation.

C'est là que ce livre intervient avec une grande pertinence, car il va au fond des choses. Il propose un décryptage précis de la pensée nazie face au projet Abrahamique. Ce livre est donc une vraie "réponse à Hitler", en ce sens qu'il montre en quoi le nazisme a échoué et ne saurait jamais réussir, aussi longtemps que l'affirmation du Sinaï assumera le message universel du Buisson Ardent. Mais cette affirmation de la Révélation par le Verbe doit également être prise en charge par les Hommes — tous les Hommes — faute de quoi elle se retrouverait sans partenaire dialogal pour s'inscrire dans le projet évolutif de l'humanité.
C'est affaire de contrat. De choix.


Tout à l'opposé de la tentative d'extermination des Nazis, se dresse l'Alliance, le contrat intime et privilégié que le Créateur a établi entre Lui et le peuple hébreu, récipiendaire du message et dont la vocation est de PARTAGER avec l'Humanité tout entière. Ce contrat a été confirmé par Moïse au Sinaï et par Esther, dans des circonstances annonciatrices de la Shoa. D'où le sous-titre : "La Mission juive". Une mission qui implique que l'ensemble des cultures du monde participent au projet : « car nous étions tous au Sinaï ».

Cette mission, Dominique Aubier l'a présentée tout au long de son œuvre : Israël a eu pour vocation de capter les normes du système de vérité, les préparer par ses prophètes pour qu'elles puissent être enseignées à tous. Dès lors, le peuple hébreu — peuple dit "élu" — apparait davantage comme le peuple - otage d'une situation civilisatrice et ce que l'on appelle "élection", comme le souligne le chercheur Raphaël Draï, est bien plus une lourde responsabilité qu'un privilège. 

Cette responsabilité est notifiée sur le corps même de tout homme appartenant à cette tradition. Il porte sur lui la marque symbolique de cet attachement à l'Alliance : la circoncision à huit jours. Chose curieuse, aucune étude à ce jour n'a levé le voile sur le sens de ce rituel. Il est pourtant l'antidote symbolique au nazisme.
L'occasion de rappeler que tout homme, qu'il en soit porteur ou non, juif, musulman, chrétien — ou athée — est appelé à être acteur de la délivrance : ce qui implique bien évidemment les femmes, ayant le rôle d'apporter les lumières lors du rituel sabbatique. Autrement dit : l'explication des symboles se réalisera par le travail d'une femme… N'est-ce pas le cas pour cet ouvrage ?

Voici un ouvrage-antidote aux idées nauséabondes du nazisme. Dont on ne s'aperçoit que trop qu'il continue d'empuantir l'espace culturel, sous des formes parfois bien sophistiquées et subtilement distillées dans les médias. Ce livre est essentiel car il rappelle l'identité du symbole de la circoncision, sa signification, et le référentiel auquel il fait allusion. Il aborde également un sujet fort délicat, celui des #séphiroth dont on a trop galvaudé le sens exact. La mise au point que présente Dominique Aubier établit les corrélations anatomiques et physiologique des séphiroth, et touche à la précision la plus fine, en ce qu'elle fonde son travail sur le Sefer #Yetsirah dont elle sonde le mystérieux codage. Rédigé pendant ses années d’exil en Espagne, ce livre incontournable vaut, depuis sa première édition, à Dominique Aubier le respect des meilleurs Talmudistes. Le rabbin Ouaknin le recommande chaleureusement lors de ses conférences.

Ce livre a été typographié et imprimé par l'imprimerie Arte Graficas Sollers à Valence. Il est façonné en cahier, cousus dans la reliure collée, ce qui lui confère une solidité à toute épreuve. Pour le respect du Livre, objet de culture et de civilisation.

Par Dominique Aubier
322 pages, 16 x 24 cm, 47 €
Editions Qorban 

Pour tout achat de ce livre, écrire à :
MLL
BP 16
27 240 Damville

samedi 18 février 2017

Jacob et Esaü, le secret de jumeaux bibliques (2/2)

ESAV et JACOB : le secret des jumeaux
par Dominique Blumenstihl-Roth

(la première partie 1/2 se trouve ici)

Suite de l'article (2/2) :

I. JACOB
Le thème de Jacob paraît plus simple. Il n'a droit qu'à un seul nom au berceau, dont l'étymologie est ambiguë : de 'aqev = talon, mais aussi récompense, également ce qui est tordu puisque 'oqva signifie tromperie. Jacob est donc celui qui talonne, mais aussi celui qui a rattrapé et dépassé, peut-être par la tromperie. Il faudra que Jacob se débarrasse de son nom, qu'il enlève l'hypothèque de la tromperie, qu'il devienne le "Droit de Dieu".

"Dieu lui dit : ton nom est Jacob, mais on ne t'appellera plus Jacob, ton nom sera Israël" (Gen. 35. 10). On l'appellera aussi Yeshouroun, la rectitude, par opposition à la tromperie, car Israël, c'est Yashar El (yasha = aplanir, rendre droit).
Ces changements de nom correspondent à des étapes initiatiques qui élèvent graduellement l'homme au-dessus de sa condition charnelle.
Esaü, l'enfant né adulte, est au fond un être fragile. Nayant pas à gravir d'échelons initiatiques marqués par la nécessité de surmonter des obstacles, il peut se tromper de chemin et dégringoler du sommet au lieu de gravir la montagne.
La vie de Jacob, quant à elle, est une suite d'obstacles surmontés grâce à son énergie, à sa patience, à sa rectitude, l'apothéose en étant le songe de l'échelle et le combat avec l'ange.

Esaü, destiné à n'être qu'Esprit, restera au niveau de Nefesch, alors que Jacob réussira à lever la lourde hypothèque qui pèse sur son nom, transcendant le nephesch pour en arriver à Rouakh.

Ce passage écrit par Liliane Servier mérite un éclaircissement car il me semble qu'elle confond les choses. Elle ne m'en voudra pas si j'ai l'audace ici mettre mon "grain de sel", et je suis persuadé qu'en elle l'amie autant que l'experte en hébreu biblique approuvera.
Esaü, me semble-t-il, accomplit pleinement sa mission. Elle est lourde, ingrate. Mais il fait ce pourquoi il est né : être l'adversaire et l'opposite. Il accède donc au plus haut degré de sa vocation. Fût-elle négative, il incarne ce rôle jusqu'au bout. Il est certain qu'Esaü ait eut son Rouah et sa Nefesch. Autrement dit : son souffle originel déterminant sa vocation profonde. Il a accompli les actes conditionnés par l'information initiale qui a été initialement insufflée en lui. Il est le fruit de sa Nefesch. Il a bénéficié comme tout le monde du Rouakh divin activant son énergie. Il a même, à mon sens, parfaitement accompli son rôle et il a accédé à sa Neschama quand il a pris conscience de qui il était par rapport à Jacob. Ce jour-là, Esaü a pleuré et Dieu lui en a été miséricordieux.

Dominique Aubier a écrit à ce sujet :
"Tout être possède une formule formule existentielle par son néfesch, son rouah et sa neschama.
Néfesch dit la doctrine hébraïque. Noun, Pé, Schin. L’orthographe rend raison du triplet et  délivre le sens de cette détermination au commencement de la personne (Noun) :  effet vibratoire du Verbe qui a parlé  avec sa bouche (Pé) la Création, conformément  aux lois fonctionnelles (Schin)  insérées dans ses dires. Le Néfesch est le nom que la doctrine hébraïque donne à l’information subsidiaire qui fournit la matière à gérer.
"
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A propos de Rouakh, Nefesch et Neschama : des explications plus précises dans un prochain blog. Si cela vous intéresse, bien sûr. On trouvera les explications les plus précises sur ces concepts dans le livre Le Pouvoir de la Rose.

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À propos de ESAÜ et JACOB
J'ai reçu beaucoup de courriers. Il m'a paru nécessaire de publier ici une mise au point pour mettre fin aux infinies conjectures. La question a été résolue, par Dominique Aubier, dans son livre "La 23ième Lettre de l'Alphabet hébreu." En voici un extrait.

Les jumeaux Jacob et Esaü représentent la formation d'une structure en deux hémisphères. Deux forces contraires. Ils se battaient dans le ventre de leur mère. Cette gémellité combative correspond-elle au stade du deuxième jour de la fécondation, quand l’ovocyte se complexifie en deux cellules et deux globules polaires diamétralement opposés ? Situation présomptive de la dualité cérébrale qui sera le propre plus tard de l’individu. Est-ce pour ne pas contrarier le savoir objectif que l’Eternel (YHVH) se hâte de lire l’avenir dans l’instinct qui fait les deux fœtus s’entre-pousser dans le sein de Rebecca? Un avertissement divin spécifie que deux nations se préparent à naître, dont le peuple de l’un sera plus puissant que celui de l’autre. L’aîné obéirait au plus jeune.

1. Selon quel critère déterminer le fait d’être l’aîné ou le puîné ?
Par rapport à la conception ou la naissance ? S’agissant de jumeaux qui ne sont pas monozygotes, l’appréciation n’est pas la même selon que l’on se fie à l’ordre de leur engendrement ou celui de leur venue au monde. Selon les apparences, le plus jeune — de quelques minutes — était Jacob dont la main tenait le talon de son frère. De ce point de vue, Esaü étant sorti le premier, c’est le peuple issu de Jacob qui dominera sur celui né d’Esaü. Sous ce rapport, le droit d’aînesse est à l’un — Esaü — et l’autorité à l’autre : Jacob. Faudrait-il que les deux soient réunis dans la même personne ? Et considérer que, du point de vue de l’ovulation, la cellule appelée à devenir l’embryon Jacob a été pénétrée la première par le spermatozoïde paternel ? Une autre cellule germinale effectuera sa nidation séparée, dans son propre placenta, à moins qu’il y ait nidation commune pour les dizygotes dans la fusion des placentas. Pour se combattre, il fallait que les deux fœtus soient en vis-à-vis assez proche, ce qui est probable du strict point de vue de la représentation cérébrale où les deux hémisphères sont l’un contre l’autre, séparés par la ligne médiane. Le sens de l’unité était un critère suffisant pour que les initiés misent sur la nidation commune de deux boutons embryonnaires différents. Le premier-né peut n’être que le second du point de vue de l’engendrement. Comment en décider ? Pour le raisonnement initiatique, c’est assez simple. L’élan constructeur du cycle étant motivé par une finalité spirituelle, c’est forcément celui qui a le sens de l’esprit plus que de la matière qui devra être considéré comme l’aîné. Selon cette option, l’aîné c’est Jacob. Il semble bien qu’un débat de ce genre ait été tenu par les initiés au fil du temps, car c’est opinion admise par la tradition. Quant au fait d’avoir à obtenir la bénédiction qui en sanctifierait le signe, c’aurait été un souci pour Jacob comme pour sa mère Rebecca. Isaac n’était pas prédisposé à favoriser Jacob contre son préféré Esaü.

2. Le droit d'aînesse contre un plat de lentilles.
Genèse 25, versets 29 à 34, raconte en vingt-deux lignes en hébreu, trente-deux en français, comment Esaü revient des champs, fatigué et affamé, un jour que Jacob faisait cuire un potage. Il dit à son frère jumeau, « laisse-moi avaler, je te prie, de ce rouge, de ce met rouge ». Avaler est une fonction de la bouche et indique la chute ressentie sur la gauche du corps quand on boit ou mange. C’est l’endroit de la bonne descente chez un buveur invétéré. Pressé par la faim, Esaü mentionne la couleur du plat qu’il a envie de manger, sans y regarder de près. Rouge. Adom en hébreu. Cette référence visuelle à la couleur a beaucoup de sens. Elle dénonce le génie personnel d’Esaü puisque c’est de là qu’il a été surnommé Edom (Alef, Dalet, Vav, Mem). Toutefois, le mot rouge quand il désigne la couleur ne comporte pas de Vav. Il en obtient un quand il devient le surnom d’Esaü. On peut comprendre qu’une mesure évolutive complète s’adresse à l’icône de celui qui a faim et veut rapidement avaler. Le nom de Jacob ne comporte pas de Vav dans la même circonstance. L’épisode est remarquable en ce qu’au désir de manger d’Esaü, une fonction de la bouche étant de déglutir, Jacob met une condition qui relève du second pouvoir de la bouche, celui de parler : «Vends-moi d’abord ton droit d’aînesse ». Un marché de dupes, pense aussitôt le rouquin, le velu. Il consent sous serment à vendre son droit d’aînesse contre un plat cuisiné. L’alternative est claire : manger, parler. Les deux fonctions de la cavité buccale sont évoquées dans le jumelage qu’elles représentent aussi dans les tendances des deux jumeaux. L’affaire relative à cette double fonction se corse et prend une consistance supérieure à cause du droit d’aînesse qui, en l’occurrence, concerne le pouvoir de parler, attribut patriarcal d’Isaac. Aspect des choses auquel Esaü ne prête aucune attention. En revanche, c’est tout ce qui intéresse Jacob. Pour lui, les lentilles ont un sens. Adachim. Ayin, Dalet, Schin, Yod, Mem final. Il a pris note de l’information et cuisait le potage avec des nobles pensées en tête. Il observe qu’Esaü ne prononce pas le mot de lentilles mais celui de rouge. Il n’a donc pas évalué le sens de la circonstance. Jacob en déduit que son frère n’est pas au fait du symbole qu’ils sont en train de vivre. Or, le sens en est magistral. La vue mentale (Ayin) distingue la porte (Dalet) par laquelle le Verbe (Schin) va opérer sa sortie et devenir (Yod) l’énergie de l’universalisation (Mem final). Jacob, lui, connaît cette signification. Il était précisément en train d’y réfléchir tout en tournant ses lentilles dans leur jus de cuisson. Il sait donc que le sort, en cet instant, va choisir celui qui sera la porte. Son frère ou lui. Cette hypothèse lui insuffle l’idée d’acheter le droit d’aînesse en contrepartie du rouge qui n’est pas le nom du plat de lentilles dont la formule est souveraine au regard du projet divin.
Faut-il songer à la double fonction de la bouche : manger, parler ? Elle serait le lieu épigénétique d’un tout ou rien. Lorsque les hominidés sont devenus bipèdes, des modifications morphologiques sont intervenues. Le tractus supra-laryngé s’est formé, une des principales bases anatomiques de la parole. Pour que les gourmands ou gourmets que nous sommes ne s’étouffent pas en mangeant, il faut que leur épiglotte se ferme au moment de la déglutition : nous ne pouvons pas articuler des sons tout en avalant sans risquer la mort. Le mentor qui a dicté l’histoire biblique des Patriarches a-t-il estimé nécessaire de le faire savoir ? Le fait qu’Esaü le chasseur cuise de bons ragoûts pour son père n’est pas étranger aux joies de la bouche. Il n’y a rien d’impertinent en soi pour un homme qu’être sensible à tout ce qui passe par son palais. Au contraire. Il est attentif au goût des choses. Est-ce le thème du tractus ou chambre supra-laryngée qui descend avec le larynx, parallèlement au développement des cordes vocales qui demande ici à être considéré ? La dialectique manger-parler, sous l’aspect que lui confère son positionnement physiologique dans l’élaboration du corps humain, est-elle mise en évidence?

3. Rebecca préfère Jacob.
… tandis que le père a une prédilection pour Esaü qui lui met du gibier dans la bouche. Les deux fonctions de la bouche se trouvent donc évoquées au plan des préférences parentales. On ne saurait douter qu’il s’agisse de la bouche en tant qu’organe physique car l’hébreu du texte est formel : Ci-tzahid be-Pif. Le chasseur met du bon gibier dans les papilles du vieux papa. C’est donc à la maman en ce qu’elle est miam-miam de se gourmander contre une inversion qui s’est produite dans le couple : le père cède à l’importance du gustatif, la mère se voit alors investie de l’obligation de réparer l’équilibre. Comme si, à ce moment-là de leur vie à quatre, se posait le problème de respecter les deux fonctions de la bouche, tandis que leur projection symbolique se croisent, n’étant pas équilibrées de la même façon pour les deux générations.
Rebecca a-t-elle consulté son nom ? Sait-elle comment il s’écrirait en hébreu ? Ou sa phonétique suffit-elle à l’alerter ? Son nom dit qu’elle est celle qui attache. Comprend-elle qu’il est de sa mission d’attacher la connaissance du Verbe au droit d’aînesse, de le lier à celui des jumeaux qui a le sens de la parole et qui est réellement l’aîné au plan conceptuel ? Reisch, Beth, Qof, Hé. L’orthographe de son nom indique le type de pensée qui l’anime. Elle est en face d’une situation — la sienne, celle de sa personne, destin collé à son nom — où le Reisch précède le Beth, où le Qof se plante avant le Hé. Dans l’ordre de la conception créatrice, si le Beth, cerveau caché, mou du monde, précède le Reisch, c’est fautivement. En outre, dans l’ordre alphabétique, la dualité déclarée par le Hé s’arrête avant que surgisse le Qof. Eth-Ribquah se rend-elle compte qu’elle est une entité où les prééminences naturelles s’entrecroisent ? Voit-elle l’image de sa mission prédestinée dans ce qui se passe dans sa famille ? C’est là que les valeurs de la bouche se croisent à l’envers.

4. Où l'on retrouve Don Quichotte
Cervantès a dû réfléchir à cette situation. Si l’on parle en mangeant, on s’étouffe, à moins que la bonne éducation ait enseigné à mastiquer avec la gauche de la bouche de manière à laisser sa droite libre pour la parole. Sancho, lui, mâchait avec les deux côtés. Don Quichotte voyait là un signe de sa rusticité. La courtoisie commence à table et la connaissance aussi. Une métaphore consacrée dit que la table c’est l’autel ! Il faut donc considérer ce que l’organisme humain présente de singulier par sa manière d’utiliser la bouche. Séparer la droite de la gauche.
Vieille consigne si l’on se fie à Genèse 25. Rebecca a-t-elle pris sur elle le droit d’aider Jacob à s’emparer non pas du droit d’aînesse — il l’a acheté — , mais de la bénédiction qui l’octroie ? Le conseil qu’elle lui donne n’est pas correct du point de vue de l’éthique familiale. La mère inspire à son fils une action qui consiste à berner son mari. Isaac en l’occurrence, étant ce qu’il est, signe de l’insertion de l’aire du langage dans le cycle en formation, la conduite de Rebecca équivaudrait à défier les forces du Verbe, si elles ne s’étaient pas inversées. Elle ne commet aucune faute contre l’ordre systémique en voulant déjouer une prise de parti infondée. Mais abuser d’un vieillard devenu aveugle ! Isaac avait soixante ans quand les jumeaux sont nés. Durant des décades son épouse est restée inféconde. Il a vingt ans de plus quand Jacob, sur les directives de sa mère, lui arrache sa bénédiction… Une bénédiction dont Esaü recevra, lui aussi, sa part.


Explications plus complètes dans ces livres :
— La 23ième Lettre de l'Alphabet hébreu
— Don Quichotte prophète d'Israël
— Le Pouvoir de la Rose (explication de Rouah, Nefesch, Neshama) 

— Tous les livres de Dominique Aubier

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mardi 7 février 2017

Jacob et Esav, frères ennemis et pourtant…

JACOB ET ESAÜ, frères ennemis… (première partie 1/2)
Par Dominique Blumenstihl-Roth


Il y a quelques jours, le président américain Donald Trump a annoncé qu'il ferait délocaliser l'ambassade  des USA qui se trouve à Tel Aviv et de l'installer à Jérusalem. C'est un acte symbolique qui montre qu'Esau (l'Occident) se porte au secours de Jacob (Israël). Il n'en a pas toujours été ainsi… Car Esaü est, dans la Torah, l'ennemi mortel de son frère, qu'il menace et pousse à l'exil.

À ce propos, j'ai trouvé un texte passionnant de notre amie Liliane Servier, spécialiste de l'hébreu, résidant à Tel Aviv. Née en Egypte, c'est une éminente professeure et traductrice qui a aidé Dominique Aubier dans ses recherches sur les mots hébreux dont c'était la langue maternelle. Liliane Servier est venue souvent nous rendre visite et elle a écrit un beau texte sur la dualité entre ESAU et JACOB.
Je le reproduis ici, car il mérite toute notre attention. Et j'entame avec elle un dialogue, car il m'a semblé que quelques erreurs de compréhension s'étaient glissées dans l'approche de Liliane. J'ai apporté un correctif pour que nous puissions bénéficier des deux points de vue, l'un complétant l'autre, dans un échange positif, partagé entre tous.



ESAU ET JACOB 
Le texte en caractère droit est de Liliane Servier. Ethnologue et spécialiste de l'hébreu.
En italiques : nos commentaires apportant quelques précisions.


« Rebecca devint enceinte. Or, les enfants se heurtaient en elle… Elle alla donc consulter YHVH qui lui répondit :
— Il y a deux nations en ton sein,
Deux peuples issus de toise sépareront,
Un peuple dominera un peuple,
L'aîné servira le cadet ».
(Genèse 25, 21-23)

Chez tous les peuples de l'Antiquité et de nos jours encore, dans les sociétés traditionnelles, la naissance de jumeaux est un événement lourd de conséquences, souvent générateur de conflits, car comme l'a dit Marcel Griaule, spécialiste des cultures africaines, « la gémellité conditionne toute vie humaine ». Ainsi, tout nouveau-né reçoit une âme double, pour les hébreux nephesch et rouah.

En réalité, précise Dominique Aubier, la gémellité présente surtout l'aspet duel de l'être, avec les deux hémisphères cérébraux projetant sur le corps leurs émanations nerveuses latéralisant la personne. Nous sommes tous, pour nous-mêmes, les demeures de deux jumeaux intérieurs, dont l'un "sait" et l'autre "fait", Jacob et Esaü étant les locataires respectifs des hémisphères "qui-sait" et "qui-fait". Ainsi, la gémellité conditionne toute vie humaine, chacun de nous reçoit en dotation initiale une structure investie de sa Gauche et de sa Droite. En hébreu : Smol et Yamin. Ne pas confondre avec Nefesch et Rouah.
Smol et Yamin sont des éléments de structure. Tandis que Nefesch et Rouah sont des effets du Système et de l'énergie.
De nombreux chercheurs, kabbalistes, amateurs ou même spécialistes de recherches hébraïques commettent la confusion et croient que la dichotomie structurelle ressortirait du Nefesch et du Rouah. Il faut rétablir les choses dans leur ordre. Gauche et Droite : ce sont les jumeaux structurels. Nefesch et Rouah sont les insufflations de l'énergie, au travers du système quand il pénètre la structure.


Je consacrerai une étude particulière sur Nefesch, Rouah, Neschama, Haya, Yehida qui sont les 5 stades progressifs par lesquels transitent ce que le Zohar appelle les âmes. Je m'appuierai sur les travaux de Dominique Aubier, qui en a fait une lecture précise dans son livre Le Pouvoir de la Rose.
Dans l'immédiat, je reviens au texte de Liliane Servier consacré à ESAU et JACOB. Mais d'emblée, en aucun cas, je ne pourrais dire que l'un serait Nefesch et l'autre Rouah. Ils sont d'une part : Jacob = l'hémisphère "Qui Sait" en partenariat d'opposite d'autre part : ESAU l'hémisphère "QUI FAIT".


« Alors  Dieu modela Adam avec la glaise du sol ("adama", de la racine dam = sang), il insuffla dans ses narines une haleine (rouach) de vie et Adam devint une âme (nephesch) vivante. » (Gen. 2, 7).
Nous allons voir comment Jacob et Esaü personnifie cette dichotomie de l'âme et de quelle manière chacun d'eux la vivra. 

Là aussi, je dois répéter : Rouakh et Nefesch ne participent pas de la dichotomie, mais de la suite progressive de l'évolution de l'âme. La dichotomie est la conséquence de la structure duelle. C'est donc sous l'aspect Doite et Gauche qu'il convient de regarder la dualité Jacob - Esaü.

En France, l'ancienne jurisprudence s'inspirant sans doute d'antiques traditions, tranchait la question de primogéniture au profit de celui des deux jumeaux qui était venu au monde le second, le considérant comme le premier conçu. À l'heure actuelle, le droit de primogéniture revient au premier-né.
Dans le cas d'Ésaü et de Jacob, l'ambiguïté sera résolue grâce à l'intervertissement des deux lettres dans des mots qui peuvent sembler identiques. En effet, en hébreu, la primogéniture se dit "Béchora" : Beth, Caph, Resch, Hé ; tandis que la bénédiction du père qui consacre le droit d'aînesse se dit "béracha" : Beth, Resch, Caph, Hé.

Le Caf est la main qui prend et retient, la vie par opposition à la mort. Elle est représentée par l'arcane XI du Tarot, la Force : réceptivité de celui à qui le Moi adresse la Parole.
Le Resch est la bouche ouverte, la parole, le mouvement. C'est l'arcane XX : résurrection ou Jugement qui vise plus particulièrement la tête de l'homme et apporte le changement en bien grâce à l'énergie. 

Sans avoir recours aux Tarots qui sont des images symboliques représentant les archétypes, le kabbaliste ira droit sur les lettres hébraïques écrivant les mots et constatera
l'inversion de l'ordre des lettres Caph et Resch.

Dans le premier cas, la structure Beth s'ouvre sur une dualité en Caph à droite, monte vers le Resch à droite de la structure duelle. C'est-à-dire que la primogéniture Béchora est issue d'un processus où le Caph s'interpose et conditionne la suite.
Dans le second cas, celui de la bénédiction du père, la liaison entre la structure Beth et Resch (le cerveau) est directe, elle est donnée d'emblée et agira sur le Caf et sur la dualité. 

ESAÜ
Esaü, à sa naissance, tenait déjà la vie et disposait de la parole. Quand Isaac bénira Jacob, la parole, souffle de vie, tombera dans la main qui retient, donnant une nouvelle impulsion à l'existence du cadet ayant supplanté l'aîné.
À sa naissance, Esaü reçut trois noms, préfiguration de sa destinée. « Le premier sortit, il était roux (admoni), comme un manteau de poils ("aderet se'ar") ; on l'appela Esaü ('Essav du verbe 'assa, c'est-à-dire un homme fait) » (Gen. 25. 25).

Le roux est la couleur du Messie ; le seul autre "admoni" de la Bible est David, dont les six aînés seront réfutés (I Sam. 16 - 12) alors qu'il reçoit l'onction, la conservant durant toute sa vie et même au-delà, puisque David est le symbole du Messie et que de sa lignée doit sortir le "Nouveau Messie". Raison pour laquelle les théologiens ont estimé que Jésus était roux. 

Précisons que dans la tradition juive, il existe deux messies : le messie-fils-de-Joseph et le messie-fils-de-David. Redoublement oblige, le même thème sera traité en deux instances par deux serviteurs différents, chacun ayant ses prérogatives. Le "Messie fils de Joseph" est une phase visionnaire (du héros biblique sujet à des visions) suivie plus tard de la phase dite "fils de David" , un nom qui signifie qu’il serait lisible dans les deux sens. Il y aurait une porte à droite et une porte à gauche, comme l’indiquait le d (Dalet) au commencement et à la fin du nom. Entre les deux, la situation serait celle d’un Vav, certifiant que le cycle était à son comble. Le stade de "David" suppose que Gauche et Droite soient visible dans la structure évolutive : Connaissance et sciences unifiées.
 Dominique Aubier précise que « les initiés hébraïques ont prévu que le messie fils de David se présenterait dans la réalité du  processus  civilisateur  au moment - clé où les deux images de gauche et de droite n’en feraient qu’une, dans l’immensité de son cerveau culturel. C’est  l’idée qui a été élue dans le prénom du Roi. David s’écrit Dalet, Vav, Dalet. Ce nom est lisible dans les deux sens. 
L’analyse de ses éléments scripturaires montre que la mesure  intégrale d’un cycle (Vav = 6) se trouve coincée entre deux portes (Dalet = 4 du début et Dalet de la fin = 4) qui ouvrent dans le même sens. » 
 ד ו ד

L’énergie Yod (10) fait entendre sa présence dans le i sous-entendu qui phonétise la deuxième syllabe. La lecture kabbalistique qui vient d’être réalisée répond à ce principe méthodologique. 
"Aderet se'ar" ou "se'ir" est le manteau de pourpre symbolisant le dignité du messie. Esaü est donc l'Homme qui prendra ses noms successifs à l'opposé de la direction messianique. Il perdra son manteau de pourpre à cause de ses mains ensanglantées de chasseur et renoncera comme par jeu, à son droit d'aînesse, à la bénédiction, pour manger du rouge (adom, racine dam, le sang) : "… nourris-moi, je te prie de ce rouge, de ce rouge-là… " (Gen. 25-30). C'est là qu'il prendra le nom d'Edom : le rouge, l'ensanglanté, renonçant à sa mission d'Admoni, de Messie. 
Esaü préfère les "choses". Il initie en cela une façon de vivre conditionnant certains choix vitaux qui font autorité : la prépondérance du "faire", de l'argent, de la productivité, de la compétitivité. Termes forts appréciés de nos politiques qui ne jurent que par des critères dont Esaü est le héros biblique. La question est de savoir si sa manière de concevoir le monde mène au bonheur. 

"Jacob envoya devant lui des messagers de son frère Esaü, au pays de Séir, la steppe d'Edom" (Gen. 32. 4). Ainsi Edom s'établit dans la montagne de séir, Esaü, c'est Edom" (Gen 36. 8).
Nous retrouvons les trois noms du berceau, mais en sens inverse. Séir, au lieu de devenir la montagne de Dieu deviendra la montagne du Diable, car Esaü prit ses femmes parmi les filles de Canaan (Gen. 36. 2), engendrant des bâtards ; il s'est placé de l'autre côté de la morale. Son fils Eliphas engendrera Amaleq, l'incarnation du Mal et ennemi d'Israël. Séir deviendra synonyme de bouc : les Séirim se conduisent comme des boucs, ces boucs que l'on envoie au Diable tous les ans. 

Observer un instant la démarche d'Esaü en nous gardant de tout jugement moral. Nous n'avons pas à le juger, mais à le comprendre. Considérons son attitude et ses actes au regard de l'archétype dont il est le représentant. Esaü est l'incarnation du "Qui-fait", il inverse donc les informations. Avec lui, nous sommes constamment en présence de l'inversion : au lieu de ceci, il fit cela. Esaü est le héros du "Ma", il est le représentant de cette entité que combattra Don Quichotte : le Géant Caraculiambro dont le chevalier devra couper la tête. Le fait qu'Esaü ait pris des femmes en Canaan, c'est-à-dire en dehors du fief strictement hébraïque est symptomatique. La tradition veut en effet que l'enceinte communautaire soit respectée et les mariages "exogamiques" sont proscrits, mais il existe de nombreuses exceptions à cette règle générale. En effet, si la règle commune s'impose pour les pieux israélites, il n'existe pas moins l'archétype de l'Union des Contraires dont certains héros bibliques ont parfaitement interprété le sens. Le judaïsme maintient la règle générale et cependant, prévoit l'union avec l'extérieur, et le cas de Moïse uni à Tsipora n'en est pas le moindre exemple. Le cas d'Esther unie à Ashverosh dont elle eut un fils est un autre cas d'union théoriquement illicite, mais qui préfigure la nécessaire union des opposites "Connaissance et science"  d'où devra jaillir le messianisme explicatif de ce qui jusque là était représenté par symboles.
Donc : laissons tomber le jugement moral. Car s'il existe des  prétendus "bâtards" issus des unions qui paraitraient "condamnables" à première vue, il est clair selon la Tradition que le Messie sera le fils d'une de ces unions illicites, procédant de la rencontre des Opposites. C'est de la rencontre exogamique avec l'Autre que naissent les temps nouveaux.

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La suite de l'article sur Esaü et Jacob dans un prochain Blog. Je demande à ceux qui utilisent mes textes de citer leurs sources.
Je remercie ceux qui m'aident à maintenir le blog et qui m'apportent leur Mécénat. Soutenir l'œuvre de Dominique Aubier. Soutenir les forces de l'Esprit. 

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— Les unions illicites dans la Bible : sujet traité dans Esther la Délivrance d'Israël
— L'archétype Union des Contraires : dans La Face cachée du Cerveau
— Sur le messianisme et les deux étapes : dans le livre Don Quichotte le prodigieux secours et le film : le messianisme.








mardi 24 janvier 2017

Bataille pour Jérusalem. Jérusalem, ville sainte de l’Islam ou lieu protégé d'Israël ?

Bataille pour Jérusalem

 Le Président Trump n'a pas fini de nous surprendre. Voici qu'il a décidé de déplacer l'ambassade des Etat-Unis d'Amérique qui se trouvait à Tel Aviv et de l'installer à Jérusalem. Sa décision a provoqué un tollé en France, où le gouvernement a aussitôt organisé une conférence internationale à Paris pour protester contre cette initiative.

On se demande de quoi la France a peur. Et qui elle cherche à défendre avec son indignation. S'agit-il d'amadouer les pays producteurs de pétrole, de faire bonne figure auprès du Qatar et autres Émirats pour lesquels nous déroulons le tapis… vert ? Car enfin, nul ne doute que les états d'âme du Quai d'Orsay n'aient la moindre influence sur les décisions américaines, moins encore sur la politique d'Israël qui, avec raison, ne s'en laisse compter par personne.

M. Trump (que l'on peut détester à plus d'un titre) a pris là une décision insolite, non conventionnelle, en investissant Jérusalem, cette ville étant le cœur palpitant d'Israël. Non seulement de l'État, mais de ses 5000 ans d'histoire et de sa mission. Israël se voit dès lors puissamment défendu par les Etats-Unis : Esau (l'Occident) prend la défense de Jacob . Esau serait-il l'Allié de Jacob ?
C'est un signe notable, réaffirmé par le nouveau président américain.
(Je prépare un article sur le rapport Esaü - Jacob pour expliquer la dualité entre les deux frères).
Je comprends le malheur du peuple palestinien. Il a droit à son territoire. Mais en quoi Jérusalem serait-elle particulièrement désignée pour accueillir la capitale du toujours "futur" état palestinien ? S'agit-il de couper la ville en deux, une partie israélienne et l'autre palestinienne, comme le suggèrent certains intellectuels épris d'humanisme ? Jérusalem est-elle une entité sécable ? La diplomatie française appuie cette thèse du « partage » sans pour autant fournir aucune argumentation solide soutenant son option. Est-ce l'expression d'une impuissance ou d'une flatterie pro-arabe que vouloir couper la tarte en deux dans l'illusion de calmer les appétits sans avoir aucun moyen d'action de mettre en œuvre le projet ?

Mais qu'en est-il exactement du statut de Jérusalem ?
Qu'est-ce que Jérusalem ? Qui est Israël ? 
Du point de vue historique, la ville a été fondée par le roi David. Remontant plus loin, c'est à Jérusalem (l'antique "Luz") que Jacob a posé sa tête sur une pierre, et où il perçut sa vision de l'échelle reliant le Ciel à la Terre. Un lieu "terrible", un lieu puissant.
La Connaissance initiatique donne une vue précis sur la question de Jérusalem en ce qu'elle connaît le rôle qu'occupe chaque territoire sur la planète. Chaque peuple a sa mission. Chaque pays a son centre. Le Coran appelle cela : la Qibla, c'est-à-dire un lieu vers lequel se tourner. Je n'ai jamais lu, dans le Coran, que la Qibla de l'Islam serait Jérusalem, bien au contraire… La sourate (n°2) est très claire à ce sujet. L'appartenance de Jérusalem est bien dévolue à Israël…


Jérusalem, ville sainte de l’Islam ?

1. La vision du Prophète
Faire de Jérusalem la capitale d’un état musulman est un désir que nourrissent de nombreux dirigeants arabes. C’est l’ambition des chefs palestiniens, soutenus doctrinalement par les autorités saoudiennes, officiellement gardiennes des lieux sacrés de l’Islam que sont Médine et La Mecque. Les autorités religieuses musulmanes les plus compétentes, des plus modérées aux plus intransigeantes, soutiennent cette proposition. Sur la foi de quels arguments ?
Tous les musulmans affirment que leur Tradition consacrerait la sainteté de cette ville dont le nom en arabe est El-Quds (la Sainte). En fait, c’est la traduction textuelle du nom hébraïque : Yerushalayim ‘Ir ha-Kodesh, c’est-à-dire Jérusalem la Ville Sainte. Elle est apparue, — en rêve — au Prophète lors de son ascension céleste, songe consigné dans le traité Kitâb al-Isra de Ibn' Arabî. En effet, Muhammad vit apparaître un escalier, au sommet duquel il bénéficia d’un dialogue avec son Seigneur qui lui confirma : Je t’ai donné sept des Répétés et la Récitation magnifique (le Coran) dans laquelle se trouve la sourate l’Ouvrante (Al-Fâtiha), la Sourate de la Génisse (n° 2) et la sourate de la Famille d’Amrân (Ahl al-’Imrân).
Pour en savoir plus, le mieux est de consulter le texte fondateur de l’Islam et de rechercher, dans l’une des trois sourates évoquant le rêve du prophète, le verset qui légitimerait le désir de voir Jérusalem devenir une capitale musulmane. Pour être certain de ne pas manquer un passage essentiel, se reporter à la concordance Al Mu’jam al mufahras li alfaz al Koran qui classe les mots du Coran de telle manière que l’on retrouve d’un seul regard tous les versets dans lesquels ils sont employés. Le passage coranique éclairant la problématique de Jérusalem se trouve dans la sourate 2.
Le Prophète de l’Islam va droit au but. Sa réponse s’accompagne, dans l’édition arabe officielle du Coran, éditée à Médine, d’une note rédigée sous le contrôle des autorités du ministère saoudien de l’Orientation religieuse qui précise qu’à La Mecque, avant l’Hégire, le Prophète s’orientait de sorte qu’il avait pour Qibla — orientation de la prière — à la fois la Ka’aba et Jérusalem. Qu’arrivé à Médine, il s’orienta vers Jérusalem et qu’au bout de quelques semaines, il se tourna vers la Ka’aba, préférant tourner son cœur et sa prière définitivement vers La Mecque. La note insiste sur le caractère déterminant du choix : la Qibla de l’Islam n’est pas Jérusalem, mais La Mecque.

2. Les Hadiths
Le célèbre recueil des hadiths authentiques de Sahih Al-Bukhari, At-Tajride as-arih, daté du IXè siècle, rassemble les faits et gestes du Prophète. Cet ouvrage incontesté fait autorité auprès de tous les docteurs de la Loi islamique. Il est, lui aussi, formel au sujet de Jérusalem : les hadiths 117, 118, 119 sont formels. Il n’est que les consulter et en tirer les conclusions. Mais mieux encore que les hadiths, rien ne remplace la consultation, dans l’écriture coranique, de la parole révélée au Prophète. Aux versets 144 et suivants de la sourate 2, le Prophète précise, non plus en gestes symboliques, comme ils sont relatés dans les hadiths, mais de manière explicite, quelle est sa Qibla, c’est-à-dire le lieu géographique où s’inscrit le point d’insertion de son orientation spirituelle. Chacun peut faire l’expérience et vérifier dans le Coran édité par les éditions officielles de Al - Madinah Al - Munawwarah. Le Prophète désavoue l’idée que Jérusalem soit la Qibla de l’Islam.
À la grande surprise des Musulmans qui l’ignorent souvent, le statut de Jérusalem a déjà été réglé par le prophète de l’Islam. Dans un long passage de cette sourate où il rappelle la validité de l’enseignement mosaïque, Muhammad propose une nouvelle direction : La Mecque. Il affirme que renoncer à Jérusalem sera difficile, mais que c’est justement dans sa capacité de choisir la nouvelle orientation que l’on reconnaîtra le véritable Croyant de l’Islam (sourate 2 verset 143). Ce dernier se distingue du Juif dans la spécificité de sa nouvelle Qibla. À chaque peuple une direction qu’il adore (sourate 2 verset 148). Jérusalem incombe à Jacob. La Mecque à Muhammad. Aucune équivoque dans le Coran quant à l’adhésion et l’appartenance intime de Jérusalem au peuple de Jacob. À moins que la sainteté que l’Islam reconnaît à Jérusalem ne s’adresse précisément à Jacob et à Joseph dont la tombe se trouve dans cette ville ? Quant au christianisme, nous savons que Jésus a désigné son délégué dans l'apôtre Pierre et que son lieu saint est Rome où se trouve le Saint-Siège.

3. Mise au point sur Jérusalem

Il se dégage du Coran que le désir de faire de Jérusalem une capitale politique au nom de principes religieux musulmans ne reçoit pas l’approbation du fondateur de l’Islam. La Tradition le sait. En effet, les Musulmans ne se rendent pas en pèlerinage officiel à Jérusalem, au Dôme de la Roche – Qoubbet es-Sakhra, site traditionnel de la montée au ciel de Muhammad sur son cheval ailé, mais bien à La Mecque. Ainsi, l’argumentation métaphysique, consignée dans le texte coranique, appuyée par la Tradition, devrait inspirer la pensée des élites musulmanes quand elles s’interrogent sur Jérusalem : dans la sourate 2, verset 145, le prophète non seulement désavoue le musulman qui persisterait à se tourner vers l’ancienne Qibla, mais rappelle que seule La Mecque répond à l’orientation spirituelle exclusive de l’Islam. En conséquence, malgré les sentiments humanitaires que peut susciter la cause de ce peuple, le désir palestinien de posséder une capitale sacrée en Jérusalem ne repose sur aucune légitimité coranique ou traditionnelle. La méprise tire son origine d’une illusion communément enseignée comme un dogme dans les mosquées et écoles coraniques au mépris des instructions formelles de leur Guide. Comment redresser cette errance sans froisser les sensibilités ?
Le nom de Jérusalem, tel qu’il s’écrit dans les lettres hébraïques qui en tracent le mot doit être scruté. Rappeler également les fonctions respectives d'Israël et de l'Islam au regard de la révélation et celle des territoires impartis et non superposables. Lire à ce sujet l'étude qu'en fait Dominique Aubier dans son livre Don Quichotte, le prodigieux secours du messie-qui-meurt : "la Palestine est l’aire du langage de la corticalité terrestre (p. 371) et qu’Abraham est venu en Canaan chercher le lieu géographique correspondant à la doctrine dont il était investi. Jacob en a vécu la révélation lorsqu’il s’est endormi la tête sur une pierre en un lieu précis (p. 287)… Jérusalem a été bâti autour de ce point… C’est cette ville qui a le pouvoir de capter l’énergie du Youd (p. 369)". Distinguant la spécificité de la mission juive et la raison d’être de Jérusalem comme point d’impact de l’énergie cosmique innervant la planète, l’auteur dégage d’indispensables précisions qui permettent d’augurer que la bataille de Jérusalem n’aura pas lieu, si l’une et l’autre religion se réfèrent au sens que recèle la ville sainte. D'une part, Israël pourrait prendre l'initiative et montrer la route en renouant avec la métaphysique, fondée sur l’Alliance abrahamique, seul contrat qui lui garantisse la pleine propriété de sa Qibla : Jérusalem. D'autre part, l’Islam pourrait se souvenir des paroles de son prophète quand il s'exprime quant à l'unicité de l'orientation de sa prière dirigée vers La Mecque.

4. Dialogue alphabétique Israël - Islam
Les deux échelles lettriques (arabe et hébreu) constituent ensemble une unité Droite et Gauche où l'information vient de l'hébreu et la présentation pédagogique de l'arabe. Pour affirmer cela, nous nous situons, bien entendu, au plus haut degré de la leçon métaphysique et certes, nous laissons les pauvres littéralistes, sectaires et obstinés, dans la fange de leur médiocrité.
La règle veut que les contraires se rencontrent, qu'ils se rapprochent et s'unissent. Acte nommé en arabe jam al jam et qorban en hébreu. Norme connue en Qui-sait, mais qui n'est pas aisément admise par les forces régnantes en Qui-Fait.
La Terre d'Israël est l'aire du langage pour la planète entière et non loin d'elle s'étend la grande péninsule de la zone de l'audition droitière où sont piqués les lieux saints de l'Islam, La Mecque et Médine. Le message circule obligatoirement de la zone de phonation vers le centre d'audition. C'est là qu'il est entendu. Dans ce voyage, l'hébreu ne se perd pas. Il reste la langue d'adhésion directe au message cosmique. L'arabe en saisit les données et les moule à sa propre substance, leur conférant la valeur jusque là inouïe de la chose véritablement perçue.
Ce dialogue Israël-Islam n'est possible qu'entre interlocuteurs spirituels. Il ne peut aboutir entre des dogmatismes qui ne peuvent que s'affronter : les antagonismes formalistes ne peuvent ni vaincre ni convaincre, ils ne peuvent qu'aboutir à l'écrasement de leurs limites l'une contre l'autre. Les dogmatiques érigent les murailles de leurs farouches certitudes entourant des citadelles imprenables. Inutile de les affronter ou d'en faire le siège. Pour leur arracher le pouvoir et l'autorité appuyée par la convention légalitaire, il n'est que se libérer des normes collectives pour développer une approche émancipatrice où s'affirme une relation d'être à être entre la divinité et le soi. C'est sur cette voie qu'Ibn' Arabi s'avança dès le XIIè siècle, bien conscient que l'enténèbrement de ces dogmatismes entraînent avec eux le mal des controverses, disputes et combats sans fin. Le sage andalou suggère une issue : le service du cœur (qalb) constitue la réponse et la solution pratique. Elle ne ratiocine pas sur le pourquoi d'un état de fait, elle dépasse les données de celui-ci. Nous empruntons résolument cette voie. Inutile de discuter à n'en plus finir sur le fait religieux dès lors que sa validité est dépassée. Il n'est que d'écouter la voix du cœur proposant le rapprochement des deux alphabets dans l'optique d'un rapprochement conforme à archétype de l'Union.
La thèse ne saurait effaroucher le Croyant connaissant la sourate 22 verset 66 : "nous avons établi pour chaque nation des rites sacrés qu'elle suit. Qu'ils cessent donc de se disputer avec toi sur cette matière…"
La spécificité dévolue à chaque nation à l'intérieur de l'unité cérébrale du cerveau planétaire est entrevue par le Coran qui précise dans la Sourate 22 que "chaque peuple a une plage du ciel vers laquelle il se tourne" en priant. Traduire par : chaque peuple dispose de sa région spécifique dans le cerveau planétaire et se voit doté d'une aire géographique répondant d'une particularité donnée, correspondant à une aire corticale ayant sa spécialité. Les aires respectives devant collaborer entre elles pour le bon fonctionnement du système et de la structure unitaire, sans qu'aucune d'entre elles ne puisse dominer ou imposer sa suprématie au détriment des autres faute de quoi le cerveau se trouverait lésé d'une fonction. Il en découle une perception démocratique de la gestion planétaire où aucun peuple ne saurait être minimisé ou méprisé, quelque soit le nombre de ses habitants ou quelque soit l'étendue de la surface géographique du territoire qu'il occupe. Il n'existe en conséquence ni grande ni petite nation, ni grande ni petite peuplade au regard du tout unitaire qui ne peut se passer d'aucune de ses composantes.
Dans cette cartographie corticale du planisphère, Israël se voit innervé de la descente du Verbe sur terre en un lieu particulier qu'est Jérusalem. Lieu singulier à partir duquel s'électrise l'ensemble de la planète touchée par le Verbe, à l'image d'un cortex disposant de son aire du langage unique, avec sa zone spécifique réservée au sens, appelée aire de Wernicke.
Une aire non partageable, insécable et unique. Y toucher — y attenter — provoquerait la lobotomisation du cerveau planétaire. Dès lors Jérusalem, site de l'impact du Verbe sur terre, devra rester unique, uni, insécable… sur le territoire d'Israël qui en a la lourde charge et la responsabilité. C'est ce que l'on appelle en hébreu Ségoulah : la responsabilité spirituelle.

Cet article a été publié dans le livre Fatimah, la Délivrance de l'Islam.
Dans un prochain Blog : un article sur Esaü et Jacob.
lire cet article sur le blog : la ligature d'Isaac. Isaac ou Ismaël ?

Lire à ce sujet :
— Esther, la Délivrance d'Israël.

— L'Ordre cosmique, par Dominique Aubier. Sur le sens d'Israël, sa vocation langagière. Sa mission et le don du Verbe. Jérusalem est le lieu ayant la fonction qu'occupe l'aire de Wernicke dans le cerveau humain : l'aire du langage et du sens.
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

Le devenir du Monde est lié à celui de l'Homme. Livre de Dominique Aubier



par Dominique Aubier


Cet ouvrage de Dominique Aubier présente une subtile étude du « Jugement d'Adam ». Que signifie « l'exil du Jardin d'Éden » ? Dominique Aubier aborde le « péché d' Ève » — qui fut autant celui d'Adam — qu'elle lie à l'effroyable meurtre d'Abel perpétré par Caïn : quelle énergie a pu motiver cet acte irréparable, et quelles en sont les conséquences, transportées à travers le Temps, jusqu'à nos jours ? Dominique Aubier présente également dans ce livre une étude remarquable de la « Génération du Déluge », de l' « Arche de Noé » et de « la Tour de Babel », épisodes bibliques mettant en cause la pensée et l'action de l'Homme face aux événements. Une livre hautement d'actualité s'agissant d'établir la responsabilité humaine face aux événements.


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125 pages, 37 euros, expédition incluse.


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