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vendredi 26 février 2021

Hommage à la Reine Esther. Le sens de Pourim…

Pourim. Hommage à la Reine Esther.

C'est Pourim, en mémoire de la reine Esther.

Quel est le sens de la fête de Pourim ? 
A quoi correspond cette commémoration ?
Le fameux devoir de mémoire ?
S'agit-il d'évoquer le souvenir par des rituels ou par une prise de conscience des événements ?
Se souvenir, certes. Mais pour aller de l'avant.
Comment a fait Esther pour éviter le génocide et sauver son Peuple ?
Il est nécessaire de dépasser le symbolisme et de libérer le message d'Esther par une mise au clair du texte biblique qui relate cet épisode. Donc, de lire le texte biblique en dépassant le caractère littéral. Pour cela, sonder le texte par
le Code des lettres hébraïques.


Aussi ai-je l'honneur de vous présenter mon livre :

ESTHER, La Délivrance d'Israël

Décryptage du Livre d'Esther
par Dominique Blumenstihl-Roth
Éditions Peleman ISBN 2-952221-6-4
 
 

vendredi 12 février 2021

Satan parmi nous 3/3

par Dominique Blumenstihl-Roth

 

Ma série d'articles sur le thème de Satan suscite pas mal de réactions. Voici le 3è volet de cette recherche fondée sur les travaux de Dominique Aubier.

 Deux premiers textes sur le sujet :

1. Le diable existe-t-il ?

2. Satan dans nos vies personnelles


3. Aujourd'hui : Satan parmi nous…

 

L'origine de Satan

Satan est issu de Nahash, le Serpent. Il est le verbe immobilisé par la morsure du reptile. Il naît d'une erreur qui cloue le destin sur son côté sénestre, il interprète l'opposition au dynamisme normal de la vie. Il est l'immobilisation sur place et partout où il passe, il insère la clause d'immobilisation de l'élan créateur.

Il n'agit pas n'importe comment. Satan circule d'abord dans la première phase évolutive, puis il surgit, individualisé, dans la seconde. En cela il est soumis à la loi archétypale du Redoublement. Il est donc préférable de le repérer avant qu'il ne passe à l'action. C'est pourquoi Moïse a construit un serpent d'airain, nommé Nahachtan. Les mêmes lettres permettent d'écrire Nahach et Satan, d'un seul tenant. L'un engendre l'autre. Car la position Nahach a été prise pour définitive, elle est devenue féconde. Moïse a prévu ce moment où le serpent fécondant devait être détruit, d'où l'ordre d'Ezéchias (Roi II-4) de le détruire. C'est le symbole de ce qui doit être fait :  

Vider Satan… Comment faire ?


Nahasch. Acrilic. 60 x 40 cm Francis Roth
Ceux et celles qui ont vécu à titre personnel des situations sociales où ils furent confrontés à l'esprit satanique savent de quoi je parle. Ils savent qu'ils ont échappé au pire. Mais nombreux sont ceux qui subissent l'emprise qui les conduit à leur anéantissement pour le plus grand triomphe de leur tortionnaire. La complaisance de l'ordre social à l'égard de ces monstres ne laisse d'étonner : serait-ce dû au fait que la société tout entière soit sous la gouverne de ce Prince ? Que sa justice, sous son joug, protège ses émules ?

La psychologie / psychanalyste range ces êtres dans la catégorie des « pervers narcissiques ». Voilà donc Satan aimablement catalogué en terme médical. L'être satanique le savait déjà, qu'il était pervers. Quant au dénominatif de narcissique, se le voir attribué par la « science », cela augmente son sentiment d'importance : la science lui accorde en quelque sorte son titre de noblesse… sans pour autant résoudre en rien la situation de la victime. Le diagnostic psychologique est d'une naïveté inquiétante, car il catégorise la disposition satanique en termes de pathologie, ce qui finit par excuser les actes commis, et neutralise la responsabilité de l'auteur. Les sciences humaines ne mesurent pas l'étendue de l'intelligence satanique qui se joue précisément de ces expertises dont elle connaît les limites… Satan ne fait qu'une bouchée de la psycho-analyse, il s'en amuse, sachant qu'elle ne peut cerner son âme profonde.

 

Satan est un ferment faussaire d'intellectualité.

La seule manière de le vaincre, afin qu'il ne persévère pas dans son potentiel codeur, c'est de le réduire à néant par une plaidoirie contre l'usurpation des droits dont il profite. Satan s'est adjugé une zone d'exercice qui ne lui appartient pas. Partout où il passe il s'adjuge une région de la vie qui ne lui est pas destinée. La seule manière de dominer Satan est de recourir à ce qu'il interdit, c'est-à-dire la structure d'Absolu, le principe de réalité (cf Catalina, p. 265).

Cela présuppose qu'on l'ait identifié. Or pour cela, il faut disposer de l'outil qui permette de le faire, c'est-à-dire… de ce qu'il nie. Satan — qui interdit l'Absolu — est connu par l'Absolu. Satan n'a donc qu'un ennemi, l'Absolu. Etrange inimitié, car sans l'Absolu, Satan n'existerait pas. Sans la constante évolutive, appelée Nahach, difficile à piéger, Hava n'aurait jamais commis la bévue dont Satan est le produit fécond. Que l'Absolu soit instauré au sein de la culture, et Satan perd aussitôt non seulement son pouvoir, mais son droit à l'existence…


Satan déteste la vie…

« Il n'aime que l'immobilité, la décomposition au sépulcre, l'arrêt de la puissance réflexive. Il hait l'intelligence, n'aimant jalousement que la sienne, mais un rien de méditation fondée sur l'Absolu l'anéantit. Il préserve férocement l'énergie qu'il a détournée à son projet. Sur ce capital volé, il édifie son action, toujours la même, tromper l'Homme, lui faire croire que l'évolution indéfiniment poursuivie fera de lui l'égal de Dieu ». Et Satan règne, persévérant sur la ligne événementielle des choses qu'il prétend « évidentes » à condition qu'elles procèdent de sa logique. Il est dans son génie d'aimer sauvagement le matériel, l'argent. Le comble de sa subtilité est de tirer profit des sentiments que son usurpation inspire.

« Il est dans son intention normale de faire souffler le vent de l'opinion dans le sens des peurs, de manipuler l'opinion naïve, la faire balancer entre les extrêmes de l'angoisse et de l'espoir. Encenser l'âme par des oscillations contradictoires, ainsi ne réagira-t-elle pas quand le véritable initié que le réel appelle interviendra sur la situation. Lucifer aura si bien lassé et dérouté les esprits que nul ne s'intéressera plus à la solution salvatrice. Et le livre qui aurait la puissance d'annuler le danger, d'exorciser le gène fatal qu'il a introduit passerait inaperçu. » (extrait du livre Catalina)


Le salut du monde dépend d'une opération initiatique…

« Satan ne redoute pas les exploits prophétiques du passé, il les connaît. Il sait comment neutraliser ce qui vient de là. Tout ce qui monte du passé, sous la forme du convenable, de l'agréé, du conventionnel, de l'officialisé, il le connaît et le soumet à son immobilisme. Il ne craint pas les religions, elles-mêmes immobilisées dans le formalisme, qui en appellent au renouveau messianique sans pour autant le favoriser. De même Satan ne craint pas les sciences, d'autant qu'elles ignorent son existence. Satan ne redoute que l'être qui aurait passé le pont, à la hauteur du Nahach du siècle. Il ne peut atteindre une entité qui ne se trouve plus sur la rive où il plante son drapeau. L'initié en cause est donc un passeur, un stratège des procédures d'exfiltration. Un bâtisseur de la nouveauté édifiée sur les critères de la Connaissance actualisée ». L'avenir est suspendu à la parole d'une forte entité capable de Connaissance.

 

Face à lui — à elle, car il se pourrait bien que la délivrance soit le fait d'une femme — Satan est au bout du rouleau. Il n'a pas d'autre solution que retenir autour de lui l'énergie humaine, empêcher la conscience générale de fuir par le pont ouvert. Il n'a pas d'autre solution que maintenir, immobiliser. Tout changement, tout mouvement de l'énergie lui serait fatal (Catalina, p. 269). Aussi a-t-il pour spécialité de feindre le mouvement, de créer l'illusion du progrès par l'entropie technologique. Et de crier au complot dès lors que l'autre branche se manifeste. Et c'est compréhensible.

En effet, « l'ampleur acquise par le manifeste sur la branche « qui Fait » est extrêmement plaisante. Elle ne sera jamais si séduisante : elle en est à jouir, s'éblouir de ses propres performances. Et vous voudriez qu'elle renonce à elle-même ? La règle systémique l'exige mais la réalité vécue ne s'y prête pas. En cela réside le drame pour les sociétés et les cycles historiques dont le devenir dépend de la conscience humaine. Si la culture agissante n'est pas au courant de la loi organique, le rendez-vous sera manqué. Le rater, c'est laisser grandir le complot. La branche du manifeste s'amplifie, se développe à sa guise, tout en s'isolant dans son propre vouloir anormal. Il en résulte une boursouflure évolutive, remplie d'actions, autant d'aberrations, d'erreurs créatives mais non créatrices, de productions qui n'étaient pas, et ne sont jamais programmées par le Modèle Absolu. C'est ce qui nous arrive. Nous vivons les conséquences d'une enflure de la phase industrio-technologico-scientifique, celle du « complot ». Le complot rationaliste, si évident qu'il est vain de le décrire. Car il s'agit véritablement d'un complot. Celui qu'une partie de la conscience mondiale entretient contre son autre moitié. »

 

Le diagnostic de Dominique Aubier est clair.

Mais, précise-t-elle, un initié a fait le travail. Et l'énergie cosmique, celle de la Vie est déjà hors de portée de l'influence satanique. Cet initié a réalisé la reconstruction culturelle selon les critères de l'Absolu, en a dégagé le Code et l'a donné à voir. Son œuvre est déjà de l'Autre côté où Satan ne peut l'atteindre. En effet, « Satan ne peut quitter la linéarité événementielle de l'Histoire qu'il a développée, dans le sang et les larmes, il appartient à la séquence de l'Histoire dramatique et déchirée qui nous lie au meurtre d'Abel par Qaïn. Il ne peut pas aller au-delà de l'ultime tentative qu'il a failli réussir, quand il s'agissait de l'Allemagne, réclamant le génocide des peuples de la diaspora et de l'exil, les Gitans et les Juifs. Les a-t-il haïs, les peuples de la marche ! Et comment n'aurait-il pas détesté des peuples qui se déplacent ? Tout nomade le met en danger. Tout errant porte atteinte à son statut. L'Allemagne d'Hitler a vécu l'interprétation finale du gène satanique. Et l'Initiation n'était pas en mesure d'intervenir pour paralyser son action. »

« Mais de l'autre côté du pont, aujourd'hui, quelqu'un le regarde. L'énergie a été transportée de l'autre côté de la passerelle. L'entité qui détient l'Absolu sous la forme utile et praticable pour la conscience moderne, hors de portée sur sa rive, reprend souffle et fait signe : « suivez le guide ». Satan ne pourra rien contre la foule des humains passant brusquement le pont. » (cf Catalina)


Le gène satanique n'agit qu'en milieu humain, en milieu culturel.

Il pavoise actuellement… au travers d'un individu, et c'est cet individu que Moïse prévoyait comme indicateur du miracle… Créature humaine postée à l'endroit de la dernière écaille reptilienne… Il faut donc identifier l'être humain, notre frère, dont la mission a consisté à incarner le dernier anneau de puissance créatrice lié à Satan. Il s'agit de regarder dans la vie privée d'un de nos semblables, non pour l'accuser, car la Connaissance ne juge pas les êtres. Elle essaie seulement de les voir. L'initiation n'autorise ni la haine, ni le reproche. Elle rend justice à ce qui est exact. L'exactitude du réel exige la lucidité, la Connaissance est à même de l'apporter.

« Satan n'est pas un être mythologique. C'est une position intellectuelle qui résulte d'un excès de confiance dans les pouvoirs humains » (Catalina p. 276). Cette position exprime la tendance (fort banale) de ne croire qu'aux décisions humaines à l'exclusive des critères que le réel imposerait, surtout si ces critères interprètent le vouloir d'un Dieu que le génie satanique a eu le plaisir de déclarer mort ou inexistant. On ne s'étonnera pas de voir Satan particulièrement actif dans certains milieux intellectuels où il s'évertue à tromper, illusionner : nous tromper sur la nature du réel…


En résumé :

— Satan instaure son règne… seigneurie de lui-même ;

— Il veut se sacrer roi de la réalité ;

— Satan n'est que preneur. Accapparateur d'imposture, voleur d'emplacement, pilleur de ce qu'il entoure ;

— Le satanisme consiste à attaquer la conscience. Il fait main basse sur les esprits ;

— Il exerce le comble de son pouvoir quand il s'approprie l'esprit d'autrui ;

— Il est fasciné par ce qui procède du système et de la structure qu'il interdit ;

— Il s'amuse à se dissimuler jusqu'à faire admettre sa non-existence ;

— Il veut s'emparer de tout ce qui est symbole de la Connaissance pour tirer à lui l'énergie et l'empêcher de passer le pont ;

— Satan veut s'emparer de la Connaissance car elle lui est refusée ;

— Il s'insinue dans les secteurs approximatifs ou passéistes de la Connaissance pour en promouvoir l'obsolescence, afin d'empêcher l'actualisation libératrice ;

— Il leurre les consciences par une logorrhée pseudo-initiatique brouillant les consciences ;

— Il prône la dispersion et l'éclatement au mépris de la synthèse du Principe d'Unité ; 

— Il nie la Connaissance mais prétend — la main sur le cœur — œuvrer pour elle ;

— Son comble est de s'instruire de la Connaissance puis de tirer à lui la couverture. Il s'improvise en Maître, enseigne et reverse la Connaissance dans une exploitation d'imposture ; bien entendu, il ne cite jamais les Maîtres, sauf de manière anecdotique, car Satan est son propre Maître. Le pillage est sa spécialité ;

— Il craint d'être démystifié.


La technique de Satan : (cf Catalina, p. 293)

— Satan est celui qui prend le verbe du côté reptilien. Il entend l'écho de la Connaissance et la reverse dans son secteur d'exploitation.

— Satan coupe entre le fait et le dire. Il impose la séparation de principe, cherche à isoler les phénomènes en niant les liens qui les unissent.

— Il compose une autre réalité, par la manière de l'énoncer. Il est expert en manipulation de la parole dont il construit et impose des acceptions destinées à renverser la vérité : il prend un mot et en détourne le sens pour l'appliquer à ce qu'il veut imposer. Il est expert en euphémismes dissimulateurs.

— Le langage de Satan est inventif, pseudo-littéraire, recouvrant ses intentions ou exactions par un langage apaisant, pour endormir les consciences.


« Le langage de Satan posera les problèmes les plus étonnés aux sociologues qui chercheront en vain à en identifier la nature. Ni la sociologie, ni les sciences politiques ne disposent des critères qui permettent d'identifier le charme vénéneux de l'expression satanique, ce soporifique poison de l'esprit qui tue l'intelligence en l'anesthésiant, afin de créer dans la conscience collective l'état d'assoupissement et de léthargie qui permet au malin de s'en emparer » (p. 296).

« C'est pourquoi celui qui voit Satan doit pousser un grand cri. Un cri de joie. Quand Satan se détend, le miracle et la rédemption ne sont pas loin. Ils se trouvent de l'autre côté du pont qui doit être rapidement franchi. Satan, il faut le faire reculer, le repousser loin en arrière de la région qu'il a envahie. Il faut courageusement abolir le surcroît de progrès faux qu'il a dirigés. Non seulement changer de pied et reprendre appui sur la rive d'en face, mais se rééquilibrer au-dessous de la ligne d'évolution acquise. Repartir, mais au prix d'un rétablissement qui annule les interventions perfides de l'activité satanique ».


La France, à ce titre, peut montrer l'exemple en saisissant à pleines mains le sens de sa vocation qui est de dire, défendre la Connaissance actualisée. Nous y travaillons. Avec vous…



Pour cette série d'articles :

Catalina

Lire sa Vie

— Tous les livres et films de Dominique Aubier


 


vendredi 5 février 2021

Satan, dans notre vie personnelle (2/3)

Par Dominique Blumenstihl-Roth

(Suite de l'article précédant : le Diable existe-t-il ?)

Le diable est forcément une créature conçue, dès l'origine. Il est l'obscurité. Mais il n'est pas premier. Car avant les ténèbres, pré-existait le Verbe. L'obscurité est absence de lumière, lumière non encore arrivée mais déjà émise. La lumière ne naît pas du « noir » et le « noir » ne la produit pas. Elle a sa propre source, émanation d'énergie issue du codon tiré du pur « Qui Sait » invisible, de l'autre côté de l'univers. 

Que la kabbale hébraïque nomme « acher » : אשר
Mot-clé au cœur du verset d'Exode III-14, le fameux Buisson Ardent. C'est le pronom relatif « Qui » que Dieu prononce dans « Je suis "qui" je serai » (cf L'Ordre cosmique).

L'obscur n'a pas d'avenir.

L'obscur ne sera pas, étant néantisé par le photon de lumière. Il se voudrait l'égal de la lumière, alors qu'il ne fait que l'absorber… tirer la couverture à lui et… se déclarer inventeur de ce qu'il n'a pas. De cette captation il fait méthode, il fait… œuvre d'art. Et nous finissons par aduler le moindre reflet qui émane de son goudron. Qu'il choisisse des lieux sacrés pour s'exposer ne saurait surprendre, car il exige d'y être adoré pour lui-même. Cependant, il nous enseigne, car il est l'instrument dialectique.

Satan ne survient jamais dans le cycle biologique, tout se déroule selon un schéma évolutif régulé et imprimé de tout temps par les lois archétypales. La Nature est organisée selon un « système », des lois, son Code. Je ne saurais donc dire que le renard est le diable de la poule. Ou le hérisson le diable du ver de terre, tant la Nature organise le fonctionnement pour la survie de tous. L'Homme, quant à lui, fût-il biologique, accède au niveau culturel, 4è niveau d'évolution après le minéral, végétal, animal. Par sa capacité verbale — le rire ! — et sa puissance de conscientisation, il s'élève au-dessus des conditions antérieures. Il est donc confronté à la compréhension qu'il doit avoir de ce que le réel propose / impose : l'Homme est être de Liberté où les choses gravées se dégagent du marbre et deviennent possibilité de libre choix. En hébeu, gravé et liberté s'écrivent avec les mêmes lettres. L'Homme peut choisir son chemin, pour le meilleur et pour le pire. Y compris le chemin du désastre que Satan lui suggère. Satan est actif uniquement au niveau de l'Humain, son but étant d'interdire l'apogée de l'Esprit. Il veut maintenir l'être sous le boisseau, obtenir l'adoration de l'idole, l'asservissement du Verbe à sa dévotion.
Cela ne sera pas.

Satan est le démon de la liberté…
Liberté tout à la disposition de l'Homme, qui a le droit de l'invoquer à tout instant afin de nier sa vocation d'être spirituel. Prétention audacieuse qui mène droit dans le mur. Mais si tel est le choix de l'Homme…
Le kabbaliste italien Dante — que l'on classe curieusement parmi les philosophes — en a traité dans sa Divine Comédie. Nous pouvons aller plus loin, dans notre enquête sur Satan, en scrutant le Code des Lettres hébraïques, qui en sait plus long sur la Création, dans le sens où cet alphabet est lui-même le Code du Réel. Il serait donc étonnant qu'il ne sache pas qui est Satan, puisque ce mot est lui-même un mot hébreu codé dont le rébus trahit le secret.

Mais dans nos vie personnelles…
Nous avons tous, un jour ou l'autre, affaire à un être appartenant à cette typologie, qui cherche à nous détruire, qui y parvient parfois. Comment les éviter ? Comment quitter leur emprise ? Comment « quitter l'Egypte » ? La Torah l'ordonne… et en donne la méthode.
La grande leçon en est donnée dans Exode. Partir, gagner le « second lieu »… mais suffit-il de déménager pour se tirer d'affaire ? Moïse a beau quitter l'Egypte, il sera continuellement poursuivi par son ombre. Et même arrivé de l'autre côté, surgira le véritable ennemi, plus implacable encore que Pharaon : Amaleq. Dont il faut venir à bout.
Satan agit au niveau personnel, culturel et collectif. Il impose sa poigne afin d'empêcher la délivrance. Or la liberté est une donnée première de l'humanité, devant sans cesse être reconquise et renouvelée : une liberté qui ne saurait être pleine que si nous connaissons les lois du Modèle d'Absolu.

Cette liberté est gravée dans les Tables de la Loi, dans Exode, par le mot « Harout » (gravée) qui s'écrit avec les mêmes lettres que le mot liberté (Hérout) — Het, Resch, Vav, Tav. Or Satan est liberticide. Dominique Aubier écrit à ce sujet : « Satan est hors norme. Anormal. La « normalité » de l'entendement ne le cerne pas. Il appartient à un autre « registre » que celui du « mal ordinaire »… Certains criminels répondent à ce portrait. D'autres, moins discernables, plus mondains, dissimulent leur partition et n'en orchestrent pas moins leur projet implacablement — jusqu'à la fin de l'opéra ? Il se pourrait que la mélodie d'une flûte enchantée — celle de la Connaissance — mette fin au subterfuge.

Son nom le trahit.
Satan en hébreu s'écrit : Schaitan :
ש ט ן
C'est le nom biblique de l'Adversaire.
Qui est-il, que veut-il ?
Schin, Tet, Noun. Trois lettres.
Le verbe (Schin) parvenu en sa forme symbolique (Tet) construit l'homme culturel (Noun). Un mot de trois consonnes où il manque l'Aleph et le Yod qui lui donneraient la légitimité qu'il revendique. Ne l'ayant pas, il s'attaque donc à tout élément contenant l'Aleph, le système divin, et le Yod, l'énergie.

Satan ne peut être que l'ennemi d'Israël. Ennemi du Verbe. Dans le mot Israël, le Yod de l'énergie s'écrit en initiale, reprise par un Aleph qui rappelle la présence du système divin dans le codage. Israël reçoit l'énergie Yod, elle circule sur les branches du Schin, aboutit au Resch désignant la structure cérébrale de l'humain parlant, parole ayant pour vocation de dire le système divin Aleph et de l'enseigner (Lamed). Israël s'écrit :
שראל'
Ce programme culturel, codifé dans ces lettres, correspond à la vocation même de l'humanité. Satan le déteste et cherche à l'anéantir. Satan ne peut donc que haïr celui qui possède cela-même qu'il nie, à savoir l'énergie du système divin. Satan proposera et agira en conséquence pour obtenir l'éclatement du point d'insertion du Verbe, Jérusalem. A cela même se reconnaît la signature de שטו .

Quelques précisions de mon Maître (cf le livre Catalina):
— « Satan est d'abord une information. Trois lettres construisent son unité informationnelle. Schin gaucher, Teit et Noun. (Il commence par le Schin pointé à gauche, sans que rien ne le précède.) Ce qui signifie : le verbe a été entendu du côté gauche de la structure, au bout de la structure « nahach » (le Serpent) et qu'il est devenu l'informateur ». Tout ce qu'il dit et fait est faux du fait de l'inversion. »
— « Dans la symbolique hébraïque, Satan, en sa forme active est appelé Samaël… Son envergure psychologique fait son génie… et le rationalisme n'y croit pas. »
— « Il s'oppose au dynamisme normal de la vie. Il est donc par définition celui qui se met en travers. »
— « Satan déteste la vie, il n'aime que l'immobilité, il hait l'intelligence, et n'aime jouer que de la sienne… Mais un rien de méditation fondé sur l'Absolu l'anéantit. »
— « Satan essaie de retenir l'énergie humaine, il veut empêcher la conscience de passer le pont… Il veut tout immobiliser… D'où son désir de tuer et mettre fin à toute évolution. Il ne craint qu'une chose : la vérité et le déplacement de l'énergie. La spécialité de Satan, c'est de détourner l'énergie à son profit. Il édifie son action sur ce capital de vie volée. »

J'ajoute : il s'arrange pour trouver des dévots à sa cause, qui justifient son action par toutes sortes de manipulations : certains vont jusqu'à sanctifier son œuvre destructrice y voyant la condition nécessaire du renouveau. Ce fut la position du chercheur René Girard qui affirmait que « Satan chasse Satan… » et s'autodétruit. Il oubliait que si le mal finit par s'autodétruire, il ne le fait pas sans nous avoir détruits au préalable. Ce qui revient à lui céder la victoire totale. Or il s'agit, tout au contraire, comme le dit Dominique Aubier, « de l'empêcher de triompher. De supprimer les pouvoirs de Satan, le démasquer jusque dans ses ultimes replis. Il convient de dépouiller Satan de sa prérogative, de son pouvoir. Ôter les pouvoirs au tueur revient à diminuer les forces sataniques tout entière. Pour cela, il faut agir et vite. Comment ? D'abord avoir le courage de le nommer, afin de lui opposer les forces qu'il déteste. Or la seule manière de dominer Satan est de recourir à ce qu'il interdit : le modèle d'absolu, le principe de réalité et de Vérité. Satan n'a qu'un seul ennemi : l'Absolu. C'est donc l'Absolu, la Vérité qui en viendront à bout. »

Satan est chassé, non par Satan, mais par l'Initié qui connaît d'une part l'identité satanique, et d'autre part la procédure sacrée menant à la victoire. Une de ces procédures est appliquée ici-même. Elle consiste d'abord à connaître son existence. A la situer sur l'arbre évolutif des Lettres. A le nommer, à reconnaître ses diplomaties habituelles. A n'en pas être dupes. A adopter la bonne stratégie pour échapper à son emprise. A enseigner cette stratégie — passer le pont, suivre l'énergie et nous transporter de l'autre côté de la passerelle afin d'être hors de portée… et même, une fois l'autre rive gagnée, demeurer sur ses gardes, car c'est là que guette l'inexorable Amaleq.

Dans un prochain Blog, j'aborderai la question des procédures et stratégies de salvation.

On relira à ce sujet le livre « Catalina » qui dresse un éblouissant portrait de l'entité satanique, si bien qu'il est possible de le reconnaître.

Tous les livres de Dominique Aubier
Tous les films de Dominique Aubier
 

La suite ici :  

3. Satan parmi nous… 

4. Comment faire échouer Satan

Vous pouvez écrire vos commentaires ci-dessous.







vendredi 22 janvier 2021

Satan existe-t-il ? 1/3

Par Dominique Blumenstihl-Roth

Satan…
Tout le monde en parle, tout le monde en a peur ou le nie, si bien que lorsqu'il se présente, personne ne le reconnaît… même quand il vous étrangle, disait Goethe…
Où est-il, qui est-il ? Existe-t-il ?
Quelle question, puisque personne n'y croit.
Formidable fourberie quand il parvient à faire croire à son inexistence, de sorte qu'il puisse agir en toute liberté sans que personne ne l'identifie jamais. Pourtant, dans l'incognito de ses actes, il laisse entrevoir son être. Nous en constatons les effets, sans les rassembler sous le nom de l'entité qui en est l'instigatrice. Et l'on court après les symptômes…

L'aimable philosophe Cinthya Fleury parle du mal… Une entité dont elle mesure les effets et dont elle pense que la source se situerait dans le ressentiment. De là découlerait une impressionnante cascade de méfaits sociaux et culturels auxquels elle se propose de porter remède en recourant à l'humanisme. J'ai le plus grand respect pour la pensée humaniste, et je souhaite qu'elle réussisse à changer le monde au moyen des bons sentiments qu'elle propose. Je crains, hélas, que ce ne soit pas une doctrine assez puissante pour reverser le monde sur une politique en phase avec l'Esprit.
L'auteure a remarqué que quelque chose n'allait pas en France, quelque chose de fondamental. Qu'elle situe sur un comportement psychologique collectif qui serait le ressentiment. Ce diagnostic est incomplet. Car les Français souffrent de tout autre chose, dont le ressentiment est une conséquence mais non la cause. Et ce mal a été identifié il y a bien longtemps, par Montaigne : c'est le mépris.
 
Le mépris, grave maladie
Une grave maladie qui touche non pas la France — qui en subit les avatars — mais son élite. Nous sommes éduqués, dirigés, tout au long de notre vie, par des systèmes et des structures fonctionnant sur le mépris de l'être. Notre élite, formée dans les hautes écoles du pouvoir, sont recrutées selon des critères instrumentalisant le mépris. Maladie contagieuse, il contamine les échelons des hiérarchies, depuis les hautes administrations aux échelons subalternes où le dernier des misérables a sous lui quelque plus miséreux que lui qui, à son tour, trouve son souffre-douleur. Exemple en est donné depuis le sommet de la pyramide. Et c'est de là, pour se venger de ce mépris, que pourrait sourdre ce que la philosophe nomme le « ressentiment ». Là s'exprime non seulement la douleur de l'être méprisé matériellement — les Gilets Jaunes — mais aussi le cri de l'être qui a trop souffert de n'être pas autorisé à penser par lui-même, à dire « je ». En réponse, la matraque au nom du maintien de l'ordre d'Etat, le maintien du mépris en tant qu'institution. Et sa normalisation comme pathologie admise.

Pourquoi notre élite méprise-t-elle ceux qu'elle serait vouée à conduire vers la liberté ?
Notre élite méprise parce qu'elle a peur.
Peur d'être dépassée par une pensée qui surplombe sa superbe. Peur de n'être pas à la hauteur d'un enjeu mettant en cause notre relation avec l'esprit qui pense le monde. Cette peur procède d'une ignorance : l'ignorance de notre vocation. Le mal français vient de ce que l'élite française ne connaît pas la vocation du pays qu'elle prétend diriger. Qu'on lui indique où cette vocation se situe qu'aussitôt elle se rebiffe, car elle craint perdre son autorité, son prestige, ses avantages. L'élite demeure en-deçà d'elle-même, écrase ce qui pourrait la dépasser, et sachant qu'elle n'y accède pas, en nourrit une amertume, un désir de vengeance à l'égard de qui « Sait » mieux qu'elle. Et c'est là que s'installe le ressentiment dont parle la philosophe : un ressentiment qui se déploie rapidement en affirmation autoritaire s'agissant de soumettre un peuple à l'insuffisance de sa propre élite. La tentation fasciste naît de ce complexe d'infériorité : imposer à tout prix le peu que l'on sait, sous une avalanche de pseudo-compétences, tout en interdisant l'avènement de la véritable élucidation des choses.  C'est la tactique du Serpent…

Tout changerait si l'élite prenait connaissance de… 
la Connaissance. Non celle qui échoue contre le mur du réel, mais celle du réel lui-même, de la vie, telle que nous l'enseigne la voie des traditions multimillénaires… sous langage symbolique et dont le codage a été ouvert (cf La Face cachée du Cerveau). Cette connaissance-là peut mettre fin à tout ressentiment, car elle est partagée entre tous. Elle permet le discernement, l'intelligence, la clarté de vue. Elle écarte les confusions et identifie le mal là où il se trouve, y porte remède par sa propre existence. La Connaissance connaît le principe ontologique du mal. Elle connaît Satan et sait comment le réduire.
 
Le « diable » n'est pas Satan.
Des diablotins, il y en a partout. Experts en entourloupes et autres coquineries. C'est le menu fretin des petits tyrans qui empoisonnent l'existence. Mais Satan, c'est une autre affaire. Il n'intervient qu'en tant que maître du jeu qu'il veut imposer et il n'entre en jeu qu'à un moment précis…
Voici quelques indices qui permettent de cerner le « suspect ». J'en ai trouvé une remarquable description dans le livre Catalina, de Dominique Aubier et dans Lire sa vie.

— On reconnaît « Satan » au soin qu'il a de tout conditionner à la linéarité des choses. Il en prône le dogme, à l'image du serpent, dont les zoologues ont observé que cet animal ne cessait de croître tout au long de sa vie. Un serpent grandit toujours. Les échecs ne lui enseignent rien, si ce n'est qu'il réaffirme sans cesse la valeur de ce qui a conduit à l'échec, imputé aux autres. On le reconnaît en ce qu'il s'enfonce l'épaisseur des illusions qu'il a créées, et leur justification sous couvert de « progrès ». Il n'aime pas qu'on lui rappelle qu'il faut avant tout VIVRE, en accord avec les lois du Réel. Autre indice : il pratique l'idolâtrie du « faire ». Son absolutisme aboutit à une adoration des formes « faisantes », ne respectant aucune limite : il ignore la règle du Stop, l'arrêt évolutif, loi fondamentale de toute évolution. Son culte veut faire, refaire, relancer à l'infini, (« relancer la relance ») toujours en ligne droite, sans que rien ne perturbe son projet d'instaurer un ordre où seul préside le faire. Satan est la forme exacerbée du diable quand il dépasse le Tzadé Final 900.
— Ce n'est pas l'action qui est en cause, ni l'activité, mais l'excès entropique du faire, au-delà de l'arrêt prévu par le système du vivant. En cause, la persistance dans la volonté de ne pas respecter la loi de l'arrêt, de nier le nécessaire transfert de l'énergie vers l'En-Face. Transfert voulu par le programme évolutif dans tout cycle vivant, mais nié par le cycle culturel de « l'Occident de la pensée » sombrant dans ses obsessions hyponeuriennes.

Satan se dissimule sous la multitude de ses actes d'apparence toujours bien fondés par le « bon sens » (le sien, bien évidemment), car selon lui, l'urgence est de charbonner sans cesse, gonfler la chaudière quand bien même le train s'enfonce dans l'eau. Buster Keaton a mis en scène cette image dans un film muet qui illustre la courte vue au pouvoir, celle qui refuse de porter le regard sur la totalité des forces en jeu. A l'écran, la scène est vraiment comique tant le comédien, imperturbable et le plus sérieusement du monde, se persuade que même sous l'eau, sa locomotive poursuivra sa route sur des rails tirés à l'infini.
 
Satan brouille la vue. A faire croire que toutes choses se valent, le vrai le faux, il dit une chose et quelques temps après, le contraire. Pour lui, l'Arbre du bien et du mal est réversible et équivalent de l'Arbre du bien. Il vaporise un nuage d'inconnaissance tout en prétendant détenir le sens de toute chose, et trouve des adeptes soutenant son autorité qu'il récompense de gratifications flatteuses. Il ne dort jamais. Voudrait-on le dénoncer qu'il retourne ce qui le compromet et le justifie par un argumentaire inversé. Il rétorque, sans jamais se dégonfler. Selon lui, le progrès réside là où lui-même gouverne et il ne saurait en exister un autre.
 
Satan est de haute compétence. Sur-intelligent, sur-brillant, il épate tous ceux qui le côtoient par son agilité intellectuelle, son charme, sa répartie. Il domine les psychés et sait tout de science certaine. Sur-habile et sur-inspiré… D'où tient-il son savoir quasi universel ? Et quelle est l'étendue de ce savoir ?

Satan sait tout ce qui relève de son domaine. Il est le prince du Qui Fait, dès lors rien de ce qui se fait, se réalise, se pense dans cet empire ne lui échappe. Il est le grand expert de l'Hyponeurien. Il n'a aucun besoin d'apprendre ou d'étudier, il sait, de science innée, tout se qui se trame, se conçoit sur la branche quantitative dont il est le gardien. Toute la puissance de l'hyponeurien le sustente de son expérience et de son savoir. Sa compréhension est immédiate tant que le raisonnement obéit à sa logique. Le serpent qu'il chevauche à l'image de Samaël rampe sur tous les faits de ce monde et l'instruisent. Il sait qu'il existe un côté meilleur que le sien, il sait que dans sa reptation il existe des creux qu'il ne domine pas. L'Alphabet hébreu, dans sa forme d'arbre évolutif, tel que l'a conçu Dominique Aubier, rend compte de ces manques. Satan ignore les lettres droitières de seconde instance n'ayant pas de forme finale. Lamed lui échappe, Samekh lui est inconnu, Ayïn lui reste un mystère. Il prétend combler l'enseignement (Lamed), rejette la notion de cycle (Samekh) et avance sans regarder (Ayïn). De même entend-il bloquer l'énergie en Tzadé final (900), retenir le mouvement et l'empêcher de progresser vers le retour en Tzadé (90), interdire la montée droitière en Qof, Resch, Schin, Tav.

Gare à qui voudrait « discuter », négocier avec lui, débattre pour obtenir une concession. En effet : on ne discute pas avec Satan car tout « débat » finit par sa victoire.
 
Satan ne connaît que la manipulation et non l'échange. Sa stratégie consiste à tout ramener sur son propre terrain, celui de l'affirmation des forces du « Ma » à l'exclusion du « Mi ». Il est le grand séparateur, le pourfendeur de la structure unitaire à laquelle il veut substituer la faction qu'il domine. Etre « tout », précisément parce qu'il sait qu'il n'en est qu'une partie. Et n'emportant pas la mise, il en éprouve le « ressentiment », la haine de l'Autre : cet Autre auquel il n'accède pas et dont il ne connaît pas le secret.
 
Il lui importe donc d'empêcher la Connaissance qu'il n'a pas de s'exprimer.
Et à cette fin, il recrute à tour de bras, médias, intellectuels, politiques… qui, la main sur le cœur, sans même s'en douter, soutiennent son projet par leur adhésion à la convention des idées reçues : il fait feu de tout bois, y compris des meilleurs sentiments pourvu qu'ils servent sa cause. Tout chez lui est calcul. Mensonge et vérité se mêlent, et sans hésitation, quand cela lui sert, il lance de poignants appels à l'humanisme. Technique bien rodée, celle de sa dévotion et son respect pour le sacré quand ce n'est que simulacre. Molière en a dressé un portrait sévère dans sa pièce de théâtre, le Tartuffe, où il dénonce si bien les subterfuges de l'hypocrite surdoué que la censure de l'époque en a interdit les représentations publiques, tandis que paradoxalement le roi soutenait la pièce et son auteur.

Satan, une de ses délectations, c'est de dire… en partie la vérité.
C'est une phase essentielle dans la jubilation qu'il a de lui-même. Car tromper son monde, asseoir sa supériorité ne lui suffit pas. Voir la défaite de l'Autre lui plaît mais ne le satisfait que provisoirement. Il voit le malheur qu'il cause et organise, s'en réjouit… et propose ensuite d'en être le consolateur, puis le réparateur bienveillant. Usant à cette fin des instruments de son propre système, il en augmente les méfaits. Quand le désastre est total, après qu'il ait pleinement déployé son jeu face à la naïveté commune qui n'a aucun imaginaire pour comprendre l'essence du mal, il s'emploie à délivrer un discours… pseudo-initiatique, emprunt de grandes formules pompeuses où il simule sa maîtrise de la Connaissance. On voit alors apparaître dans son langage une sorte de « new spirituality » ne craignant pas d'en appeler au sacré, à l'universalité, et même aux valeurs de l'esprit. A condition qu'elles n'y soient jamais.
« Je crois aux valeurs de l'esprit… » sera une phrase-clé, qu'il soufflera habilement à l'oreille de quelque spiritualiste naïf. Et ce sera en toute en ambivalence jubilatoire, car l'esprit auquel il croit, c'est surtout le sien, à l'instant même où il gruge le monde.

Satan se modernise, s'adapte. Il n'est jamais pris de cours. Une de ses astuces, c'est de jouer « cartes sur tables ». — Eh oui, je vends des armes à tous ceux qui en veulent, parce que je parle à tout le monde… (c'est le credo de la diplomatie française) y compris à ceux pour qui l'humanité n'a que peu de valeurs… C'est comme ça. On ne peut pas faire autrement. Je le fais et j'assume…  En cela, absolument sincère, Satan estime que nous sommes assez mûrs pour supporter son aveu. Il table sur notre propre asservissement à ses critères que nous avons fini par accepter comme inévitables. Et au lieu de notre insurrection, il obtient sinon l'assentiment, du moins l'acceptation silencieuse de la majorité qui n'a même plus la capacité de détecter l'imposture.
Mais cela ne lui suffit pas.

Il est l'agent de la déliquescence générale, qu'il induit par son langage. il a recours au Verbe. Il en est un expert et s'en estime le maître. Satan n'a-t-il pas défié Dieu ? Défier l'esprit de l'Homme ne serait donc pour lui qu'une faible performance s'il ne rencontrait sur son chemin quelques initiés qui savent le reconnaître… et le réduire. — Nous y travaillons ici même, dans ce texte.

Satan est menteur, imposteur, tricheur… mais il veut… que cela se sache. Que cela soit connu de tous. Il s'ennuie, seul, à rire de ses forfaits, aussi se laisse-t-il démasquer. Il avoue publiquement ses crimes : « voilà qui je suis… » Et jubilation suprême quand il nous rappelle : « et c'est vous qui m'avez choisi, cru et soutenu même quand je vous ai enfoncés » et c'est vous-même qui allez me pardonner, parce que vous êtes bons et généreux. Maintenant, éprouvés, et réduits, vous n'avez plus la ressource d'envisager une alternative, vous êtes liés à moi, vous êtes « devenus moi ».

Seule, en face de Satan, se dresse la Connaissance. 
La vraie Connaissance. Sans compromission, dans la droiture de son être, « ici et maintenant ». Elle est la branche qui ne cède pas, et par quoi le cycle nouveau peut recommencer. C'est sur elle que naît Chet, le troisième fils d'Adam.
L'initié « bat Satan », il ne se contente pas de décrire ses turpitudes. Il le « lessive » par des actes lui retirant l'énergie. L'initié réalise alors un exploit mis au point selon la stratégie initiatique, établie selon les règles de sa doctrine éprouvée. L'une de ces initiatives consiste à créer un symbole conditionnant la défaite de l'Adversaire. Ce symbole préfigure la déroute du prince du mal… Et cet article, ce texte que vous êtes en train de lire y participe. Son effet, soutenu et accompagné par les initiatives des initiés du monde, pourrait mener au grand changement civilisateur.
 
— Quelques lumières sur Satan, le Serpent… Un grand chapitre y est consacré dans le livre de Dominique Aubier : Catalina.
Et dans Lire Sa vie
 
La suite de cette étude : 
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samedi 9 janvier 2021

Le Cantique des cantiques… Commentaire initiatique


par Dominique Blumenstihl-Roth

« Ma tête est couverte de rosée… » (Cantique V-2)

Pour bien commencer l'année, je propose d'entrer dans le magnifique texte du Cantique des Cantiques…

A la fin d'un article précédent, j'ai parlé du Cantique des Cantiques, et de son premier chapitre où d'emblée, la belle amoureuse du roi Salomon déclare qu'elle serait noire. Je suis entré dans le codage hébraïque du mot. Un lecteur bien intentionné s'en est effarouché. « C'est trop pour moi… », disait-il, subissant une sorte d'overdose bouleversant sa tranquillité d'âme.
Fallait-il supprimer le dernier paragraphe de mon texte, en rester à la gentille sociologie décrivant les faits ? Enlever ce qui gêne… c'est-à-dire le décodage hébraïque ? Pour donner raison à la pensée ordinaire qui surfe sur les vaguelettes ?
D'autres Lecteurs, désirant en savoir plus, m'ont au contraire demandé si je pouvais apporter des précisions sur le sens initiatique du verset (Cantique I, 6).

Combien de vérité une personne peut-elle supporter ? Combien de vérité un homme peut-il dire ? J'ai décidé de ne pas me soumettre à la peur de ceux qui estiment que la pensée doit se réduire à leur parcimonieuse capacité d'entendement. Car j'aime ce qui me dépasse, j'apprécie qui en sait plus que moi, je respecte les Maîtres. Et si je ne parviens pas à comprendre, je m'en prends à moi-même et j'insiste afin d'y parvenir.
J'entre donc dans le vif du sujet, le Cantique des Cantiques, et son verset I, 6 :
« Ne me méprisez pas à cause de mon teint noir… » (Al teroni chéani cheharhoret).
 

Le mot « noir », dans le sens « assombri » s'écrit, dans le Cantique :
ֹשחרחרת
Schin, Het, Resch, Het, Resch, Tav.

Dans une note en fin de texte, j'indiquais que les lois du Verbe (Schin) s'édifient en Gauche et Droite (Het) du Cerveau (Resch), et que le Redoublement en est une loi, car Het et Resch sont répétés, en seconde instance. Du Schin en initiale au Tav, lettre marquant la fin du cycle des 6 lettres du mot, se déroule ce redoublement du Het-Resch. On comprend par là que l'humanité, si elle veut maîtriser le haut niveau du Schin, celui du Verbe et aller jusqu'au Tav, dernière lettre de l'Alphabet, devra se doter d'une solide compréhension du Code des Lois cérébrales et de la Vie. Le Cantique en est la glorification sous l'aspect de l'union des deux amants formant les deux piliers du Het (les deux hémisphères liés) sous gouverne du Code Rosch.

Ce décodage s'appuie sur le livre de référence Le Principe du Langage ou l'Alphabet hébraïque et la série de films les secrets de l'Alphabet hébreu.
Regarder de près le mot cheharhoret. Deux Het, dont chacun est pourvu de deux piliers. En tout, quatre piliers de forte assise encadrent de part et d'autre le premier Resch. 

ח ר ח

Belle évocation de la structure cérébrale en deux hémisphères. Ressortent les lettres Schin en première position et Tav en dernière.
ש ת

Ce qui écrit le mot Chet. Un nom bien connu, s'agissant de celui du troisième fils d'Adam. L'équation lettrique que présente le mot cheharhoret permet de comprendre en quoi Chet, né après le désastre criminel de Qaïn, relance une génération qui, partant du Schin, aboutit au Tav, en intégrant l'enseignement de Het et de Resch par une réitération- redoublée du processus. Chet naît en réparateur ; il réalise le tikoun et en donne la clé. Elle se situe dans l'intelligibilité du Code Rosch. Le Code des Lettres. Le Cantique en est la partition.

La « noirceur du teint » 
de la fiancée du roi serait selon certains commentateurs liée au culte du soleil auquel l'amoureuse se livrait. Je doute que le Cantique s'en soit tenu à une affaire d'idolâtrie qui aurait en quelque sorte « grillé » la belle Sunamite. S'agissant d'une métaphore au cœur d'un ouvrage de haute portée initiatique, c'est à mon sens la Connaissance qui est en cause. C'est en raison de la surexposition au soleil de la Loi que la jeune femme, en partenariat avec Salomon, peut se dire « noircie », toute chose éclairée de façon intense finissant par ternir.
Sous l'influence permanente du soleil (Connaissance, empire du Mi), la lune (sciences, empire du Ma) resplendit. C'est pourquoi la Tradition dit : « A l'époque du roi Salomon, la lune était pleine ». Gauche et Droite étaient unies sous l'autorité de la Connaissance. L'union du Mi et du Ma prospérait. Epoque préfigurant une union devant s'opérer, un jour, entre Connaissance et sciences. Le Cantique dit : « belle comme la lune, éclatante comme le soleil » (VI-10). La science sera belle, « éclatante comme », ce qui ne signifie pas qu'elle sera à la place du soleil. Elle sera éclairée de son éclat et restituera une réverbération d'un influx qu'elle reçoit. La lumière des sciences est indirecte, procédant de l'observation du réel, de la réflexion humaine : elle n'est pas issue de la révélation mais de la déduction.

Salomon s'entourait d'une multitudes de femmes.
Le judaïsme orthodoxe le lui a reproché au titre de la morale, mais une lecture initiatique de son comportement peut légitimer ce qui pourrait paraître comme une légèreté. En effet, l'image du roi encerclé de femmes évoque la Connaissance unitaire autour de quoi gravite la multiplicité des sciences, dont chaque femme représente alors une discipline. On retrouve cette imagerie dans l'hindouïsme où Krishna, auprès de Radha, sont cernés de cercles concentriques composés de femmes dansant autour du couple divin. La profusion du Qui Fait est symbolisée par les femmes papillonnant autour du roi aux innombrables maîtresses, et cela correspond à une donnée réaliste de la dualité où le Qui Fait procède en entropie expansive et centrifuge tandis que le Qui Sait se concentre en un processus de synthèse unitaire.
La lune pleine évoque la lumière reflétée du soleil : le Ma ne possède pas de lumière qui lui soit propre, il est soumis à la puissance du Mi. Bien que « pleine » — entendre au sens de la parturition — la lune accepte d'entrer en modestie : elle se couvre d'un voile afin d'atténuer sa brillance pour laisser au soleil tout l'éclat.
Le soleil (Qui Sait) chauffe et éclaire le monde, tandis que son partenaire lunaire ne dispose que de la lumière réverbérée, atténuée, ne révélant pas l'exact contour des choses. Par analogie : la Connaissance (soleil) et les sciences (la lune en ses différentes phases et stations). Les sciences toujours incertaines et en débat, progressent au rythme de leurs théories successives et trouvent en la lune leur astre tutélaire. A observer la lune attentivement, les sciences pourraient s'en inspirer pour adopter une éthique d'humilité et de respect.

Le Cantique prépare à recevoir l'élucidation
Il travaille à notre maturité afin de faciliter le passage dans le cycle du dévoilement : il est annonciateur du messianisme, il élève le niveau de la perception en stimulant la sensualité afin que le lecteur, subjugué d'érotisme, sente l'effet de la caresse des Séphiroth. Le Cantique « prépare » : c'est un texte conçu en symboles et métaphores, écrit en un style poétique codé dont il faut ouvrir le secret. C'est un texte-décret, donne informationnelle qui attend sa seconde instance, celle de son décryptage afin de pouvoir s'incarner dans l'étoffe matérielle. C'est là le procédé classique du Redoublement : c'est toujours en seconde instance que l'on découvre la présence concrète de l'information. A lire le Cantique, on peut augurer la réalisation de la promesse. La seconde instance, celle à laquelle nous travaillons, est décisive, les Maîtres de la Loi la qualifiaient de « bonne » en cela qu'elle est résolutive. Le Cantique est un « Bip » ; il pense le « BOP » et connaît son avenir. Il écrit les phases I, II et III du cycle en 6 étapes (6 lettres) et nous informe du procédé du redoublement dans ce mot cheharhoret.
Il est le guézer (décret) d'origine laissant réapparaître le Rosch primordial et son fonctionnement systémique. L'émergence du mot correspond à un rassemblement du Code et sa relance, mais cette fois pourvue du décodage.

ֹשחרחרת

Le Cantique soutient le double-éclairage, la double-vue sur le monde, union Connaissance et sciences. Il appelle à l'émergence d'une aurore surmontant le « dialogue Connaissance-sciences ». Ce moment s'inscrit dans un temps strictement imparti ; il est situé, sur l'Alphabet hébreu tel qu'il se présente sous la forme de l'édifice en Y conçu par Dominique Aubier, après que l'énergie ait quitté le Tzadé final 900 pour revenir vers le Tzadé 90 et monter vers le Qof. L'Union des Contraires se produit en Tzadé 90 quand l'énergie, quittant le Tzadé final, rejoint la branche droitière. Autrement dit : « la lune renonce à sa brillance et rejoint l'éclat solaire, tout en sachant ce qu'elle lui doit. » L'opération initiatique de l'Union Connaissance et sciences, appelée par le Cantique, a été menée de main magistrale dans le livre La Face cachée du Cerveau qui en établit le compte-rendu.

Mais le projet évolutif ne s'arrête pas là,
et le Cantique ne manque pas de le dire. L'énergie monte dans l'espace des quatre dernières lettres, Qof, Resch, Schin, Tav et c'est dans cet espace solitaire et sans en-face qu'intervient la phase de survie, de sur-évolution. 
(Pour en suivre le processus, se reporter aux schémas de l'Alphabet tels qu'ils figurent dans les livres et films de Dominique Aubier.)
« Quelle est celle-ci qui paraît comme l'aurore ? » demande le Cantique, après que l'union amoureuse ait eu lieu. C'est dans ce lieu que « la vigne bourgeonne », que les « grenadiers fleurissent » (Cantique VI-11). C'est ici que la structure Rosch (cerveau) montre pleinement (Tav) ses lois (Schin). Le verset VII-6 du Cantique devient compréhensible : « Ta tête (Roschek) est élevée comme le Carmel. » Le principe cortical est donné, chanté (chir hachirim), compris, enseigné. La règle de la dualité en Droite et Gauche, Qui-Sait / Qui-Fait se donne à voir — il était déjà annoncé dans le Het du mot cheharhoret, confirmé pas le verset VIII-3 « Sa main gauche est sous ma tête et sa droite l'enlace ». Voluptueux enroulement de l'être dans la structure ontologique des Séphiroth de Droite tandis que celles de Gauche en soutiennent l'armature.

Cet espace unifié abrite le fonctionnement de la dualité. La Connaissance de la structure, de son système et son énergie créent la surprise : « Quelle est celle-ci qui monte du désert appuyée sur son Bien-Aimé ? » La Connaissance réellement universelle surgit, presque à l'impromptu. D'une part, les maîtres ont fait le nécessaire pour que le message traverse les siècles — maintenance de la mémoire — ; d'autre part, certains d'entre eux, à échéance historique régulière, ont produit l'actualisation indispensable du langage afin que le sens demeure intelligible et que les formes anciennes de la transmission puissent s'ouvrir à l'explication du modèle de référence Rosch.
Dans ce seul mot, Rosch, un chapelet d'archétypes s'égrainent, dès le premier mot de la Torah, le fameux « Berechit », centré sur Resch et Rechit. Commencement de toute chose, de toute vie, d'emblée s'affirme l'identité de Rosch. On lira à ce sujet le livre L'Ordre cosmique, ouvrage essentiel pour qui désire comprendre l'étendue du premier verset biblique.

Le Cantique, en son ouverture
spécifie le caractère de la partenaire du roi. Elle se dit cheharhoret dont nous avons vu que ce mot conçu en redoublement de la phase Het-Resch s'insérait entre les lettres Schin (initiale) et Tav (terminale). Or Schin, associé à Tav, qui servent d'accolade dans Che / hahor / et, écrivent le mot « Cheth » : c'est le nom du troisième fils d'Adam. Celui par qui la survie est assurée, par qui les générations se régénèrent, après l'échec d'Abel et le désastre de Qaïn. Par Cheth, tout redevient possible car il sauve le Schin et le propulse jusqu'en fin de cycle, comme son nom l'indique. Le codage du mot cheharhoret est établi sur le nom de Chet, héros biblique ayant reçu la confidence adamique de la structure d'absolu (Resch) et la connaissance des archétypes du Redoublement, de la Dualité et la notion des cycles.
Le Cantique, faut-il le redire, est un livret codé, bien au-delà de la « poésie lyrico-érotique » qu'il laisse apparaître en surface. Sa canonisation dont une tradition a dit qu'elle serait due à Rabi Aqiba ne s'explique qu'en raison de ce codage. Il est, comme le Séfer Yetsirah, un ouvrage-clé dont le chiffrage ne s'ouvre qu'au moyen de la grille des Lettres. C'est alors que le subliminal caché se livre, grâce à quoi « dès le matin, nous verrons si les vignes bourgeonnent… » (Cantique VII, 13). Le secret en est scellé hermétiquement « Mets-moi comme un sceau sur ton cœur… » (VIII-6), mais non impossible à dégager pour qui en possède la formule ayant servi au cryptage. Le « jardin fermé », la « source close », la « fontaine scellée » (IV-12) se donnent à qui détient la clé du sceau, autrement dit le Code des Archétypes, et le Code des Lettres gravées.

L'écriture gravée sur les tables…
Ne pas en précipiter la libération. Le Cantique nous avertit : « N'éveillez pas, ne réveillez pas l'Amour avant qu'il le veuille » ( III-5). Ce fut le mérite d'Abraham de n'agir que sur injonction des signes, ni avant l'échéance, ni après. De même la délivrance du Code ne put se faire que lorsque la lune fut pleine, c'est-à-dire lorsque l'état du savoir issu du Qui-Fait fut capable de se présenter face à la Connaissance, déjà informée et qui restait en attente du progrès de la pensée humaine. Alors, l'Amour put s'éveiller. Ne pas devancer l'appel de l'Union, mais ne pas tarder d'y répondre ou l'ignorer quand l'appel retentit : la précipitation conduit à l'échec, tout comme le retard empêche l'émergence du nouveau sous le prétexte d'être indéfiniment gardien d'un secret qui demande tout au contraire de ne l'être plus.
Le Cantique invite à entrer dans le jardin, précédemment clos ; il en ouvre la porte : « que mon Bien-aimé entre dans son jardin et qu'il mange de ses fruits exquis » (IV-6). Nous sommes donc conviés, non pas à interdire l'accès à cette Connaissance, mais à en favoriser la dégustation, dès lors que les temps sont mûrs. Et ils le sont, compte tenu des travaux réalisés par les sciences (Qui Fait) sondant la structure du Cerveau. Dès lors le Cerveau-Rosch, organe restituant l'image du Modèle si magistralement chanté dans le Cantique est voué à se dire, se montrer. 

C'est pourquoi il est écrit « l'écriture gravée sur les tables… » (Exode XXXII-16). Les secrets gravés sur les tables de Moïse ne sont rien d'autre que les Lettres et leur Principe. Ces Lettres gravées ne sont point scellées, et les kabbalistes le savent bien : le moment venu, ces secrets s'ouvrent à tous. Les lettres sont libérées et autorisent la liberté humaine. Le Talmud enseigne qu' « il ne faut point lire "gravée" (Harout) mais "liberté" (Herout) ». Les deux mots « gravée » et « liberté » s'écrivent en effet avec les mêmes consonnes. Il en découle que seul est libre celui qui comprend le sens des Lettres gravées. Le temps est venu, nous sommes tous appelés à être libres. A connaître le Code de la liberté… et à chanter le chant d'amour du Cantique…

L'art de lire le sens des Lettres :