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jeudi 28 août 2025

Appel à la fin des impostures, appel à la délivrance, par D. Blumenstihl-Roth



Appel à la fin des impostures
Appel à la délivrance du Code
(par D. Blumenstihl-Roth)


Ils sont pénibles, tous ces auteurs approximatifs dont la pensée nébuleuse baigne dans les formes narratives séduisantes, mais en retard sur les travaux d'actualisation de la Connaissance. Ils contentent un lectorat qui croit sincèrement en leur compétence alors qu'ils ne servent qu'un badigeon apprêté. Le cœur de l'enseignement n'y est jamais, remplacé par une approche sentimentale. Leurs ouvrages inondent les librairies.


1. Appel à la fin des impostures 
Il est bien sympathique, cet écrivain connu pour ses contes philosophiques, largement inspirés par les Talmud (qu'il ne cite pas). Son Alchimiste a fait le tour du monde, petit ouvrage flattant le public sensible à la parabole, habile étalage d'un demi-savoir faisant obstacle à la Connaissance par l'ennuagement philosophique n'engageant l'esprit à rien. D'autres écrivains ont emboîté le pas, prétendant enseigner ou instruire, chacun y allant de sa métaphore pédagogique, imitant le célèbre Diwân de Djalal al-Din Rumi (1207-1273), mais tandis que le Soufi persan du XIIIe siècle construisait ses narrations sur la base des critères initiatiques issus de sa tradition, les contemporains en singent le style, sans rien savoir du Code archétypal soutenant les écrits du grand initié. 
 
Tel auteur produit un roman, à grand renfort de publicité, s'égare jusqu'à chiper le titre de son livre à Maïmonide. Tel autre claironne dans les médias qu'il a conçu rien moins que «L'Âme de la vie», opuscule prospérant sur l'attente spirituelle de lectrices et de lecteurs qu'il séduit par une approche pittoresque du sacré mais dont il est dans l'incapacité d'élucider le moindre symbole. L'imposture serait amusante si elle n'avait l'effet pervers d'occuper le terrain et par conséquent d'occulter les ouvrages de fond qui permettent au Lecteur de vraiment progresser.

Quand j'ai vu ce fascicule — taisons le nom de son auteur dont la lanterne n'éclaire personne — j'ai immédiatement pensé à l'original, autrement plus sérieux, dont il « emprunte » le titre. L'Âme de la vie est en effet une œuvre magistrale de Rabbi Hayyim de Volozhyn (1759-1821), immense kabbaliste lithuanien, extraordinaire commentateur de Genèse, expert de Louriah. Un monument de la pensée juive. Comment admettre que le titre, traduit de son sublime « Nefesch Hahayyim », soit repris par un obscur pigiste en mal de succès ? Si Rabbi Volozhyn a ouvertement expliqué son titre, puisé de Genèse 2, au verset 7, le repreneur moderne, quant à lui, se gausse de ce merveilleux intitulé pour en couvrir son livret d'illusionniste. Je me laisserais volontiers prendre au tour de magie, si l'opportunisme commercial n'en était évident. Le filon a été identifié par les éditeurs, celui de la quête de sens et de vérité, et l'on édite autant de bouquins pour en entretenir l'appétence, pourvu que l'exposé, en toute clarté des critères de la Connaissance n'y soit jamais. La gentillesse du propos, l'aménité du style, tout est là pour plaire — être consommé. Les agents de sapidité sont connus, ils « savent faire », selon des recettes éprouvées, intelligences artificielles aux aguets, plaire et faire vendre. Ces livres accusent cependant un demi-siècle de retard, sur les travaux de Louis Massignon, Henry Corbin, ou Raymond Abellio. Ces auteurs ont marqué un niveau en-deça duquel il est interdit de régresser. On ne peut, pour l'avancée initiatique, réinventer le récit allégorique alors que l'énergie évolutive exige la montée vers le sens. Un kabbaliste connaissant la formule PaRDèS dira qu'il s'impose de monter vers le Sod, et de délaisser les étapes antérieures dans lesquelles on aurait tendance à s'attarder. Cette montée en Sod, est chose faite dans La Face cachée du cerveau. Confirmé dans l'Ordre cosmique.

2. Appel à la délivrance du Code 
Il existe une sorte d'école de penseurs qui feignent d'ignorer ces œuvres faute de ne pouvoir en assumer les avancées. Aussi préfèrent-ils entretenir les plate-bandes du déjà cultivé, selon des méthodes intellectuelles obsolètes. La Connaissance, pour eux, est priée de rester dans son cachot, à l'image de Don Quichotte, encagé par ses amis qui, la main sur le cœur, le reconduisent au bercail de la pensée ordinaire — la leur. Retour en arrière, au domicile d'une maison dont ils ont expurgé les livres, emmuré la bibliothèque. La « sortie » de Don Quichotte subit un sérieux revers que lui imposent ses meilleurs « amis » quand ils prétendent le ramener à ce qu'ils appellent « la raison ». Exit la démarche prophétique du Caballero, elle ne serait que folie ! Quant à sa dimension messianique, l'enfermement qu'ils imposent à Don Quichotte en illustre la réplique des médiocres. Il faut à tout prix, selon la caste de la doctrine matérialiste, que nous demeurions sous la sujétion des endorphines de l'attardement. L'anesthésiant est puissant. Nous ne ressentons pas la douleur que subit l'esprit d'être recuit, à l'infini, dans le même bouillon de culture.
 
La jeunesse, force vive des générations montantes, s'insurge-t-elle face à l'indigence culturelle ? Et comment le ferait-elle, si elle ignore précisément ce qui lui manque ? Le « système » ne sait rien ses propres constructions mentales et n'imagine pas qu'il puisse exister d'autres modalités réflexives que les siennes. Comment saurait-il qu'il est sous l'emprise de la doctrine du secteur hyponeurien dont l'idéologie produit des concepts analogiquement proches de la termitière ? Il propose des solutions, tendant à assurer sa survie : d'où la floraison de tous ces coaches mentaux s'autoconférant la compétence d'enseigner « le sain rapport aux autres », « l'équilibre interpersonnel », « le bonheur d'être soi » autrement dit, l'art de survivre, sans garantie de résultat, à l'intérieur du centre de rétention alors qu'il s'agit d'en ouvrir le portail et d'éclairer le chemin vers la liberté. D'autres, se rêvant un destin politique, s'imaginent rénovateurs ou même révolutionnaires : ils appellent à l'insurrection, préconisent des confrontations afin de remplacer le « système » par une alternance des modes de gestion : autant de variantes illusoires de l'identique, elles aussi fomentées sur la modélisation hyponeurienne.
En réalité, aucun changement ne peut se réaliser sans que l'on ait intégré la connaissance du Code exposant les lois fondamentales du réel, seules capables d'instruire pour créer la Civilisation de l'Universel.


Références :
— Le Code des Codes

jeudi 14 août 2025

Canicule et danger danger du feu par Dominique Blumenstihl-Roth

 La canicule et le danger du feu

par Dominique Blumenstihl-Roth

La canicule (été 2013, été 2019, été 2025) est un indice trahissant l'état de notre civilisation. Nous sommes la planète et elle nous ressemble. Nous faisons corps avec elle et elle avec nous. Savons-nous l'aimer, l'habiter respectueusement ? Et elle, de son côté, continuera-t-elle de nous laisser vivre en elle ? Le  feu, lié à l'état caniculaire, non seulement nous guette ou nous menace, mais il s'exprime. Dominique Aubier en a parlé dans son livre : « Le devenir du Monde est lié à celui de l'Homme. »*
 
1. La canicule entraîne la sécheresse
Elle est à l'image de notre pensée : prête à dévaster le monde pourvu que notre petit intérêt soit sauvegardé, à ceci prêt que nous ne sauverons rien si le monde est anéanti. Où commence la dévastation ? Je ne parle pas ici des forêts amazoniennes dont on s'émeut beaucoup d'autant qu'elles sont loin de chez nous, mais de nos critères de pensée, ce que Nietzsche appelait Verwüstung. Il entendait par là la désolation au-delà de la simple destruction : l' anéantissement de l'être.
Nous étions persuadés que nos systèmes allaient se survivre pour l'éternité. Nous étions si bien installés dans notre croyance en l'éternelle productivité et expansion infinies. Un coup de sécheresse caniculaire et tout s'arrête, y compris nos centrales nucléaires, nos TGV dont on avait tant prisé la haute valeur technologique. La canicule devrait nous donner un coup de modestie sur la tête…

2. Canicule
sécheresse, et désolation
Hannah Arendt écrit, dans son essai Qu'est-ce que la politique, que le désert abolit, tandis que la désolation cultive précisément et étend tout ce qui garrote et tout ce qui empêche.
Serions-nous entrés en période de désolation dont la canicule serait le signe ?
La sécheresse des esprits est-elle responsable de la sécheresse qui s'étend sur le pays ? La pensée courte, essentiellement matérialiste, axée sur la rentabilité financière… la sécheresse des âmes, la pauvreté des cœurs, la violence exercée contre toutes les formes d'espérances et d'élévation, le rabaissement général du rapport à la Vie et la négation du Principe de Création au profit du Principe de dévastation. Quelques séances de coaching (sur quels modules efficaces éprouvés ?) suffiraient-elles à remettre l'humanité sur les rails ? Quels rails ? La canicule les a sévèrement déformés. Preuve que les anciennes structures ne peuvent plus accueillir les nouvelles énergies exigeant de toutes nouvelles voies.

« La désolation de la terre peut s'accompagner d'un haut standing de vie, écrit encore Hannah Arendt… et tout hanter de la façon la plus sinistre, à savoir, en se cachant… » Une désolation organisée donc, qui prévoit, dans sa mise en œuvre, la dissimulation de son véritable projet qui est d'anéantir.
Vivons-nous une telle période ?
Notre capacité d'accoutumance est telle que nous risquons de ne pas nous en apercevoir, confortés que nous sommes de rêver des alternatives possibles : un peu d'écologie raisonnable remettrait les choses en ordre, sans rien changer au fond de notre conception de la vie sur terre. Un peu de saupoudrage social suffirait à calmer les angoisses et le « système » se sauverait lui-même, tout en interdisant le véritable transfert de l'énergie. On améliore en quelque sorte le sort de l'esclave en lui enlevant la chaîne, tout en lui interdisant de jamais quitter la plantation. S'accoutumant à ce nouveau confort, il sera reconnaissant à l'égard de la férule cachée ne s'abattant pas moins le moment venu. 
Nous nous habituons à l'intolérable, poursuit Hannah Arendt en des termes très sévères qui pourraient surprendre (ou insurger) les spécialistes : « grâce aux moyens d'adaptation que nous fournissent la psychologie et la psychanalyse, dans son uniformité monstrueuse et la fadeur des catégories qu'elle invente, agent de désertification en ce qu'elle efface les richesses de l'amour, du cœur, réduisant tout à la petitesse des pulsions sexuelles… » A noter que la philosophie non plus, n'a en rien résolu la question de la désertification des esprits : autant de philosophies qu'il y a de philosophes, autant de modèles et d'anti-modèles qu'il existe de penseurs.
 
3. Restent les Îles, les Oasis
« Si les Oasis ne demeuraient intactes, nous ne saurions plus comment respirer… » Quelles oasis ? Où sont-elles ? 
Pour moi, les Îles-Oasis, ce sont les Lectrices (teurs) de ce Blog ; ce sont les livres et films de mon Maître. Les Oasis, ce sont les espaces, les êtres épris de liberté, capables de n'être pas inféodés au dogme des idées à la mode, des conventions institutionnelles, des appareils prétendant distiller leur autorité. Les Îles-Oasis, ce sont les déviances (non violentes) défiant l'Ordre et sa coercition, les insurrections de l'âme étouffée, les infatigables compagnons du Livre révélatoire. Les Îles-Oasis, ce sont les Amis de Don Quichotte, car ils ne renoncent pas à rendre fertile le monde de leur semence, à recevoir cette semence en leur terre généreuse.
Que faire ?
Un nouveau monde, doté d'une nouvelle politique, écrivait Tocqueville, sans préciser sur quoi cette nouvelle politique serait fondée. Il me semble qu'il est temps non pas d'inventer des philosophies, mais de fertiliser les terres de résurrection déjà existantes, recevant la génération qui se dotera de la « nouvelle pensée » : la pensée initiatique. Cette pensée initiatique, elle aussi, est tenue de se renouveler, d'intégrer les mises à jour et se départir des obsolescences où certaines institutions, voudraient la maintenir. J'en appelle, pour
Rebâtir le monde… à une politique (po-éthique), fondée sur la connaissance du Motif d'universalité.
 

4. D'un point de vue initiatique

La canicule  exprime l'état maximal de l'entropie en Tzadé final. C'est la situation de la France dont la première lettre de son nom en hébreu est un Tzadé. 
צ
Les deux polarités, nettement dessinées sur le haut de la lettre, se font face. Le côté « Qui Fait » (à gauche) présente une ligne continue, linéaire. Elle est convaincue de la continuité permanente des choses. Et c'est là que la maison brûle. Du côté « Qui Sait » (à droite), surgit la possible alternative. De ce côté se situe la Connaissance, sous ses diverses formes apparues au cours de l'Histoire humaine. La difficulté, sur la branche droitière, c'est que la Connaissance qui présente l'alternative, est restée bloquée sur les approches archaïques, sans que nous ayons intégré les avancées et les mises à jour actualisantes. Nous avons donc d'une part, un système ultra-matérialiste qui s'effondre et qui veut à tout prix se survivre et d'autre part le secteur de la Connaissance sclérosé dans les acceptions passéistes.
Ces clés de la Connaissance rénovées sont dévoilées. C'est Le Code des Codes, à la portée de tous, et pour les générations futures.
 
Références :
 
La Face cachée du Cerveau (Le Code des codes)
 
Ces livres sont disponibles sur le site de l'auteure 

*Le Devenir du monde(ce livre de Dominique Aubier, 32 euros, est uniquement disponible en écrivant à M.L.L. / Boîte postale 16 / 27 240 Damville)

dimanche 3 août 2025

Vers une reconnaissance de l'Etat de Palestine ?

Vers une reconnaissance de l'Etat de Palestine ?

 

Le Président Macron préconise de reconnaître l'existence de l'Etat de Palestine, afin, selon lui, « d'engager une dynamique de paix » pour la « solution à deux Etats ». En réalité, la paix ne peut réussir qu'en remettant au centre de la « dynamique » la vocation profonde d'Israël, sa raison d'être, qui dépasse la géostratégie.

 

Qui est Israël ?

Quel est le projet palestinien ?

Quelle est la vocation de Jérusalem ?

Pourquoi le conflit ?

 

Autant de questions auxquelles j'ai tenté de répondre et auxquelles le Président Macron devrait réfléchir. Il pourrait réfléchir aussi à la vocation de la France et sa mission spirituelle.

 

 

vendredi 1 août 2025

Le Chabbat de la Vision

Le Chabbat de la Vision

par D. Blumenstihl-Roth


Adapté des enseignements du Rabbi de Loubavitch, le magazine Chabbad.org aborde le dossier de la vision de la manière suivante, en s'appuyant sur les Textes, et en recourant à la métaphore. En seconde partie, j'apporte une mise au clair.

 

La première section du Deutéronome, la paracha de Devarim, qui est toujours lue le Chabbat qui précède le jeûne du 9 Av. Ce Chabbat est appelé « Chabbat 'Hazone », nom qu'il doit à la haftara qui commence par les mots : ' Hazone Yi chaya ho – « La vision d'Isaïe ». 

Rabbi Lévi Its'hak de Berditchev (1740-1809) enseigne que chaque Juif reçoit en ce jour une vision, certes lointaine, mais bien réelle, du Troisième Temple.

Pourquoi une vision ? Pourquoi un Temple encore invisible, que l'on ne foule pas de nos pieds ? Le Rabbi répond par une parabole : un père confectionne à son fils un habit somptueux. Mais l'enfant, maladroit, le déchire. Le père lui en fait un second, qui connaît le même sort. Alors, le père en fabrique un troisième. Cette fois, il ne le remet pas à son fils. Il le lui montre à distance, à des moments choisis, en disant : « Lorsque tu seras prêt, il sera à toi. »

Cette vision est une promesse. Le vêtement aperçu de loin forme le regard, éduque le désir, élève la stature. Un habit épouse la personne qui le porte ; il en reflète la mesure. À l'inverse d'une maison, vaste et impersonnelle, le vêtement révèle l'être.

Le Temple est ainsi comparé à un vêtement, non pour souligner un caractère passager, mais parce qu'il épouse avec justesse la structure spirituelle du peuple d'Israël. Le sanctuaire est à l'image du lien que nous entretenons avec D.ieu : intime, fidèle, vivant.

Chaque Chabbat 'Hazone, nous recevons ainsi un aperçu du Temple futur. Et cette année, où le 9 Av suit immédiatement ce Chabbat, cette vision est plus proche encore. Elle ne se contente plus d'orner l'horizon : elle nous appelle à en devenir les récipients.

Car à force de contempler ce vêtement parfait, l'enfant développe l'intégrité qui est attendue de lui. Et quand sa droiture devient naturelle, il reçoit enfin l'habit promis.

Ainsi en est-il du Temple : lorsque nous cessons de « déchirer » notre lien avec D.ieu, lorsque chaque détail de notre vie s'accorde à Sa volonté, alors le « vêtement » devient nôtre, le Troisième Temple se révèle, non plus en vision, mais en réalité.


Commentaire de D. Blumenstihl-Roth

Dans le texte de Rabbi Lévi Its'hak de Berditchev tout est exprimé dans un langage bien sympathique, mais j'aimerais que l'on s'aperçoive que ce langage est essentiellement métaphorique. Métaphores elles-mêmes adossées à la parabole, allégorie du vêtement renvoyant à une « structure spirituelle », appelée le Temple. Le Temple étant à son tour une métaphore pour désigner le Sanctuaire.

1. Une cascade de métaphores se renvoyant l'une l'autre par des images symboliques ne constitue pas une explication, mais une approche que la tradition connaît bien, s'agissant des niveaux d'organisation du Pardès. Ici, les métaphores, images, parabole atteignent aux niveaux 2 et 3, du Remez et du Drach. Cela était de rigueur à l'époque du Rabbi. Mais aujourd'hui, il s'impose de passer au niveau du Sod, celui du sens explicité, dépassant le recours à la métaphore appartenant au niveau d'expression antérieur. Le langage doit être actualisé, adapté au temps. Il est aujourd'hui impossible de rester sur le niveau 3 de l'allégorie et s'en contenter.

2. Dans le commentaire qui en est fait par les modernes, il se glisse une erreur. En effet, ils établissent une équivalence entre le Sanctuaire et « le lien que nous entretenons avec Dieu ». C'est là une confusion. En effet, Le Temple est un lieu. Nous pouvons donc l'appeler également Sanctuaire. Cependant le lieu n'est pas le lien. Le Temple-Sanctuaire est l'endroit où le lien peut se réaliser, il n'est pas le lien en lui-même. C'est là une précision indispensable, de ne pas confondre le lieu avec sa fonction et les événements qui s'y produisent.

3. Le Temple futur pressenti par le Rabbi est en conséquence un lieu visible, dès lors que l'observateur sera capable de le voir. Cela signifie que le Temple sera visible quand l'œil et l'esprit de l'observateur auront la capacité d'en voir le caractère objectif et réaliste : autrement dit, lorsque les sciences objectives auront atteint la capacité de l'observer, le décrire, d'en déterminer l'identité. Le futur, annoncé par le Rabbi, c'est notre aujourd'hui.

4. Ce Temple, nous en sommes effectivement « les récipients », puisque le Temple existe en nous. Le Temple, c'est l'organe par lequel la pensée peut se produire, c'est-à-dire la structure cérébrale unitaire, organisée en niveaux, en hémisphères, et visitée par l'énergie du Verbe lui insufflant la capacité réflexive. Ce Temple-là, que nous portons en nous, non pas comme un vêtement extérieur mais comme une citadelle intérieure, n'est pas visible par celui-là même qui le porte. Nul ne peut voir son propre cerveau. Mais le regard objectif de la science peut le regarder et le comprendre.

5. Le Chabbat de la Vision correspond à l'instant de la fin cyclique (Chabbat) où toutes les données objectives sont rassemblées afin de mener à la compréhension qui se produit en fin de Chabbat : par l'apport des lumières éclairantes, permettant de voir la véritable identité du motif. Le motif cortical se rend  intelligible, bénéficiant de l'apport des sciences, en quoi se réalise un Qorban entre Connaissance et sciences.

6. L'identité du motif d'absolu se dévoile à cet instant, à tous, par le dévoilement de la structure et de son système. Il y a alors ouverture des temps messianiques d'universalité, par l'explicitation du motif dévoilé.

 

Lire à ce sujet :

La Face cachée du Cerveau

— La Synthèse des sciences

dimanche 20 juillet 2025

La lettre est la demeure du cœur, ou la prophétie de Guillaume Apollinaire par Dominique Blumenstihl-Roth

La lettre est la demeure du cœur * 

(ou la prophétie de Guillaume Apollinaire)

par Dominique Blumenstihl-Roth



1. Le moment viendra

Dans une lettre adressée à Jeanne-Yves Blanc le 30 octobre 1915, le poète Guillaume Apollinaire écrit : « Le moment de revenir aux principes du langage n'est pas encore venu, mais il viendra »**. Depuis les tranchées où il subit les bombardements ennemis, le célèbre « maréchal des logis du 38e régiment d'artillerie de campagne, 45e bataillon, du secteur 80 » griffonnait ces lignes sur « un chiffon de papier héroïque » ; rien ne le fera renoncer à l'Ecriture, ni le déluge du feu ennemi, ni sa grave blessure à la tête. Obstinément, il parie sur le grand retour des principes du Verbe exilé.

Le poète, convalescent, a pesé les mots avant de les adresser à celle qui fut, pendant la Première guerre mondiale, sa correspondante et confidente. Il lui parle de « revenir » aux principes du langage, signalant par là que ces principes existent, que nous avons pris nos distances avec eux, mais ce n'est qu'une affaire de temps : ils viendront, et donc reviendront. Mission du poète d'y travailler ! Et d'affirmer que le langage existe non seulement comme une technique de communication, mais surtout en tant que principe existentiel. Nous parlons, nous « causons », mais le principal « Principe » — au sens de prince ! — s'est absenté. Ou plus exactement, nous nous en sommes éloignés, préférant d'autres valeurs. Cependant, le Verbe, en tant que puissance cosmique, demeure.

 

2. La prophétie de Guillaume Apollinaire 

Répétons ces mots lumineux afin que nous les entendions deux fois : « Le moment de revenir aux principes du langage n'est pas encore venu, mais il viendra ». La prophétie — et c'en est une, puissante et significative, car venant d'un grand poète — a été discrètement glissée dans une correspondance privée pour n'apparaître au grand jour… qu'en 2023. Elle était restée confinée dans les archives familiales de la jeune femme d'alors, — décédée en 1970. Les échanges entre les deux amis sont connus, ils ont été publiés dès 1948, mais de nombreux courriers avaient été soit « arrangés », soit écartés, « caviardés » par pudeur, bien que Jeanne-Yves Blanc*** — ait toujours accepté, s'en amusant dans ses réponses enfin publiées, les assauts de virilité (épistolaire) du canonnier. Et voilà que le promeneur du Pont Mirabeau, un siècle après sa disparition, remonte sur le ring**** où la poésie livre son combat contre l'ignorance d'une humanité qui trop aisément jette l'éponge face aux forces entropiques de la négation. Une humanité qui gesticule, déblatère, fulmine, bombarde, nie, et surtout, rejette ce qui forme sa singularité : le Principe du langage. Le poète, heureusement, s'en souvient, l'appelle, le convoque.

La publication des textes intégraux de cette correspondance est un événement non seulement littéraire (enfin nous pouvons lire les réponses de Jeanne-Yves à l'audacieux marivaudage d'Apollinaire !) mais également de portée initiatique : cette seule phrase, touchant à la question des principes du langage situe le livret recueillant ces confidences dans une perspective transhistorique : annonce d'un événement touchant à la civilisation qui assistera au grand retour du Verbe, ses lois, sa grammaire, son Code. Et cela, au cœur d'échanges qui pourraient passer pour un badinage d'amants ! Le plus grand trésor se dissimule dans l'apparente banalité.

 

3. En quête du Principe du Langage 

C'est au subtil poète et chercheur Pierre Caizergues que nous devons la (re)découverte et la publication de ces lettres mises au jour, parmi lesquelles cette magnifique promesse écrite un 30 octobre (anniversaire de Paul Valéry). Les éditions Fata Morgana ont tiré 700 exemplaires de ce précieux ouvrage : chiffre significatif, évoquant la lettre Noun dans sa forme finale, qui signale l'humanité parvenue à un stade évolutif non achevé, car il reste encore, au-delà du Noun, un large espace à découvrir. Un espace « deux doigts au-dessus de la poésie », celui de la Connaissance initiatique que Don Quichotte, au chapitre 18, volume I, propose au jeune poète don Lorenzo d'explorer : « laissez le sentier de la poésie, quelque peu étroit, et prenez le très étroit sentier de la chevalerie errante » conseille-t-il au chercheur de vérité. La poésie ouvre le chemin, mais elle n'est pas l'aboutissement ; elle pressent toutes les nécessités, lance ses appels de loin, et cependant demeure, dans sa modestie, sur le pas de la porte, sachant que la grande élucidation n'est pas de son ressort. Le poète allemand Christian Morgenstern (1871-1914), contemporain d'Apollinaire, cherchait, lui aussi ces « principes du langage » : trouver la langue du vrai, « sachant toutefois que le lieu poétique n'est qu'une escale. » Selon lui, l'étape du « cristal translucide doit être dépassée. Elle n'est pas la dernière pensée du Moi. Et sa lumière n'est pas ultime. Malheur à qui voudrait la considérer comme un temple accompli… »*****

Espace que l'humanité — nous-même, assoiffés de vérité ! — doit conquérir en s'appuyant sur les forces du Verbe faisant retour, nous propulsant vers l'exsudation du sens, la libération du Principe et son explication. « Le temps n'est pas encore venu, mais il viendra » dit le poète au début de la conflagration mondiale : un siècle plus tard, nous pouvons affirmer que ce temps est désormais advenu, il est là, nous y sommes. Preuve en est le « retour » de la phrase prophétique écrite en 1915, son édition par les soins d'un autre poète, et ici même, sa mise en perspective et explication au regard du Principe dont il parle, explication se trouvant dans un ouvrage qui ouvre sur l'accomplissement du Temple du Langage.


4. Principe, Alphabet et Langage

Les lecteurs de Dominique Aubier auront remarqué que les termes composant le titre de son ouvrage, publié en 1966, « Le Principe du Langage ou l'Alphabet hébraïque »****** se retrouvent, pour leur première moitié, dans la lettre prémonitoire d'Apollinaire. Les mots du poète furent adressés à une femme, elle-même autrice, ils ne pouvaient être repris que par une femme dont l'amie d'Apollinaire était la préfiguration symbolique. Cette « autre femme », correspondante, à l'image de Jeanne-Yves Blanc, répondrait, le moment venu, à l'appel lancé en 1915, et en compléterait le propos par une précision : si le poète parle de ces principes, au pluriel — les lois du langage — dont il attend le retour, Dominique Aubier en conçoit la synthèse unitaire conduisant au retour du grand principe universel au singulier : Principe du Verbe par quoi l'humanité Une et rassemblée se reconnaît, tout en respectant la fantastique diversité de ses adaptations locales. Pressenti par le poète, ce Principe se soutient, en tant que Code écrivant l'essence des Lettres, du langage, de la Parole, donc de l'Humain.




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Notes :

* Guillaume Apollinaire, lettre à sa marraine, Correspondance avec Jeanne-Yves Blanc, établie par Pierre Caizergues, lettre du 19 novembre 1915. Ligne écrite en « calligramme », construite autour d'un « X », éd. Fata Morgana, 2023, p. 56.

** Idem, lettre de Guillaume Apollinaire, datée du 30 octobre 1915, p. 41.

*** Jeanne Brun, née à Cognac en 1886, morte à Paris en 1970, professeure de lettres, signe Yves Blanc son premier roman Histoire de la maison de l'Espine.

****Allusion au recueil de Pierre Caizergues, Des ombres blanches et Un boxeur noir, éd. Pomarède et Richemont, 2022.

*****Christian Morgenstern, (qui mérite assurément ces cinq étoiles) : Toi et Moi, suivi de Nous trouvâmes un Sentier, trad. et préface D. Blumenstihl-Roth, p. 14, éd. Delarosa /DBR 2018.

****** Dominique Aubier, Le Principe du Langage ou l'Alphabet hébraïque, éd. Mont-Blanc, 1966, rééd. M.L.L. 2002. Ce livre établit l'équivalence fondamentale entre les deux données ontologiques, Principe et Alphabet, où l'écriture gravée (Harout) des Lettres données au Sinaï, Exode 32, 16, proclame le premier principe de l'humanité : la liberté (Hirout). Les deux termes hébreux s'écrivent au moyen des mêmes lettres, et peuvent se prononcer des deux manières, n'étant pas figés par la contrainte fixatrice qu'imposeraient des voyelles, dont tout le monde sait que cet alphabet n'en contient pas. C'est un des principes du langage de permettre au mot une libre polyvalence de sens allant vers une maximalisation de son intelligibilité. Principe d'ultra-poésie !

lundi 30 juin 2025

Appel au Principe du langage. Réponse au philosophe Jacques Derrida.

Appel au Principe du langage

(réponse à Jacques Derrida)

par Dominique Blumenstihl-Roth


« Je n'ai qu'une langue, et ce n'est pas la mienne » écrivait le philosophe Jacques Derrida. Fine perception du penseur de sentir vibrer en soi une parole, une langue à laquelle il n'accéderait pas, qui ne serait pas la sienne, et dont il ressent l'exil.

Quelle est cette langue, qui lui est unique et cependant ne lui appartient pas ? Langue de synthèse de toutes les langues, qui ne serait à personne, précisément parce qu'elle est à tous, une langue disant le vrai par le vrai, non seulement au moyen de sa parole énoncée, mais également de son écriture, de ses mots, et donc de ses lettres.


1. Une langue de l'exil

Quelle langue, parmi toutes celles qui sont parlées, satisferait à cette exigence par quoi tout serait dit au travers de son énoncé et de sa représentation sonore et physique par l'écrit ? Non qu'il y ait concurrence entre les langues — chacune s'exprime par ses propres moyens — et nul besoin de les critiquer ni les comparer l'une à l'autre, car comme l'écrit Cervantès dans Don Quichotte (chap. 1, tome II) : « les comparaisons de noblesse à noblesse sont toujours odieuses et mal reçues ». Il n'en est pas moins nécessaire de rechercher cette « métalangue » qui fut celle, secrète, inconnue peut-être par lui-même, que Jacques Derrida, ressentit en lui, comme une habitante son esprit, au point qu'il avait le sentiment de son étrangeté. Une langue en exil qui cependant ne cesse d'envoyer ses messages au récipiendaire qui en reçoit les impulsions, selon la finesse de ses propres capacités perceptionnelles.


2. Neurologie et langage

La neurologie, dans cette enquête, a son mot à dire, science qui explore physiologiquement le domaine cortical où s'inscrit la capacité langagière de l'humanité. Il existe au moins deux « aires du langage », identifiées depuis plus d'un siècle et demi par les scientifiques, qui leur ont donné leurs noms. L'aire de Broca (Paul Broca l'identifia le 18 avril 1861) et l'aire de Wernicke sont connues de tous les physiologistes. A chacune sa particularité : l'aire de Broca est propre à l'humanité : « elle n'existe pas dans la série animale. A peine en trouve-t-on, quelques indications dans le cerveau jeune de l'orang-outang », précise l'expert Constantin Von Economo (L'architecture cellulaire normale, éd. Masson et Cie, Paris 1927, p. 64, cité in La Face cachée du Cerveau, D. Aubier vol. I, p. 130, éd. M.L.L. 2011). Elle permet l'articulation et la prononciation des mots, tandis que l'aire de Wernicke autorise l'accès au sens. Les travaux du prof. Sperry sont formels à ce sujet, la personne dont l'aire de Broca est détruite (notamment suite à un traumatisme brutal) n'accède plus à la parole et celle dont l'aire de Wernicke est atteinte peut certes parler mais ne tiendra qu'un discours incohérent, insensé. (cf : Dr. John C. Eccles, Evolution du cerveau et création de la conscience, éd. Fayard Paris 1992.)

Une troisième aire du langage a été repérée par les chercheurs, (Prof. Antonio Damasio) dans une sorte de « cerveau caché » dans l'aire somatosensorielle qui recevrait les impulsions d'un verbe « venant de plus loin » et que nos langues vernaculaires retraduiraient pour l'usage pratique. Nous serions tous au moins bilingues, dotés d'une langue qui est nôtre, que nous apprenons, qui nous lie socialement à nos cultures locales, tandis qu'une métalangue universelle instille dans nos appareils cérébraux une pensée profonde, qui n'est pas la nôtre, qui nous traverse, nous fait penser, et que la folie humaine tantôt accepte, rejette, voire inverse. La langue dont le philosophe sait la présence, et dont il ressent l'absence est cette lingua en exil après laquelle soupirent les mystiques. Les écrivains ne sont pas en reste, percevant l'appel de ce « verbe », le poète Arthur Rimbaud (1854-1891) en a décrit la subtile perception — « Je est un Autre » — dans sa « Saison en Enfer ».


3. Ressource poétique du langage

Célèbres lignes du Poète : « il épuise en lui tous les poisons, pour n'en garder que les quintessences. Ineffable torture où il a besoin de toute la foi, de toute la force surhumaine, où il devient entre tous le grand malade, le grand criminel, le grand maudit, — et le suprême Savant ! — Car il arrive à l'inconnu ! Puisqu'il a cultivé son âme, déjà riche, plus qu'aucun ! Il arrive à l'inconnu, et quand, affolé, il finirait par perdre l'intelligence de ses visions, il les a vues… »

Le poète est donc spécialement investi pour voir la trame secrète des choses. C'est sa fonction même, en tant qu'expert du langage, que donner à voir tout ce que lui-même a pu voir. Rimbaud précise la responsabilité poétique d'assumer cette vision et pose l'existence d'un « là-bas », source non seulement de l'inspiration mais dispensateur du Verbe avec qui le poète passe contrat. Comment restituer ce qu'il ramène de « là-bas » ? En quels termes témoigner de ce qu'il a vu, lors de son voyage dans les profondeurs de l'être ? En quelle langue s'exprimer ? « Trouver une langue… » menant l'humain à une haute civilisation. Il écrit une Alchimie du Verbe où les lettres racontent l'histoire du monde : « Je croyais à tous les enchantements. J'inventais la couleur des voyelles ! — A noir, E blanc, I rouge, O bleu, U vert. — Je réglais la forme et le mouvement de chaque consonne, et, avec des rythmes instinctifs, je me flattais d'inventer un verbe poétique accessible, un jour ou l'autre, à tous les sens. Je réservais la traduction. »

L'appel — le défi — a été lancé, appel à cette langue qui sera « l'âme pour l'âme, le poète définirait la quantité d'inconnu s'éveillant en son temps dans l'âme universelle : il ne donnera plus — que la formule de sa pensée, que la notation de sa marche au Progrès ! Enormité devenant norme, absorbée par tous, il serait vraiment un multiplicateur de progrès ! » Tragique destin d'être celui qui sait déjà tout, mais qui ne dispose pas du langage explicatif mais seulement métaphorique pour le dire… à un peuple — son élite — qui ne veut rien entendre. Le progrès auquel appelle le poète, c'est celui de la montée en esprit, tout à l'opposé de cette macération dans la concrétude propre à notre siècle de fer. Le poète la rejette. Il est tenu de fuir le lieu de l'oppression, partir, « devenir féroce » pour venger la poésie trahie. Cette langue que « l'homme aux semelles de vent » a entendue a fait de lui un rebelle, un exilé en Aden. Il en a vécu jusque dans sa chair l'ablation, par une société qui refuse de l'entendre. Il a métabolisé, en développant une gangrène fatale, le bannissement de ce verbe inconnu mais si bien ressenti par le philosophe. Destin du Poète, non seulement de déplorer avec le philosophe l'absence d'une langue — « et ce n'est pas la mienne » —, mais de faire en sorte qu'elle le devienne. Rimbaud en a payé le prix. Il avait compris combien le Temps exige la poussée en avant vers plus de lumière : « La Poésie ne rythmera plus l'action ; elle sera en avant… » Magnifique pressentiment. La poésie s'avançant vers son propre sacrifice, se donnant à ce qui la surplombe : la Connaissance de cette langue parlée par la Nature, par le Réel dont le poète, de longtemps avait l'intuition. C'est cela, « la pensée accrochant la pensée et tirant ».


4. Appel au vrai langage du vrai

Le poète a fait son travail, mais combien de temps encore l'humanité persévérera-t-elle dans ses étroitesses intellectuelles, à l'écart de la grande communion universelle par l'intelligence ? La science, par sa méthode analytique, parviendra-t-elle jamais à expliquer cette grammaire du réel, que le poète, déjà, avait attrapée au vol ?

La quête philosophique, quant à elle, avec le soutien de la science neurologique, et sans se séparer de la richesse des perceptions artistiques — écrivains, poètes — et du savoir inestimable de la pensée non linéaire et non inféodée au cartésianisme, réussira-t-elle à identifier cette « autre langue » que nul ne veut entendre ? Cette langue par quoi la raison se donne et offre l'intelligibilité du monde, y accéderons-nous ? Le célèbre CaballeroDon Quichotte, chapitre 2, tome II, qui ne doute jamais de lui — en appelle aux « ponctuelles exigences de la vérité » et précise (chapitre 19, tome II) que « les lumières sont la vraie grammaire du bon langage ». Etait-il tellement fou de croire que « Le temps viendra où nous pourrons peser la chose et la mettre à son vrai point » ? Peut-être la vérité s'écrit-elle justement là, dans la narration traduite dans toutes les langues du monde, d'un « fou » (qui ne l'est pas tant que cela) dont le vrai langage nous échappe ?


Ce texte sera publié dans un prochain ouvrage en cours de préparation.


Bibliographie

Constantin Von Economo (L'architecture cellulaire normale, éd. Masson et Cie, 1927.

Dominique Aubier, — La Face cachée du Cerveau, éd. Jean Séveyrat 1989, Dervy, 1992, M.L.L. 2011. — L'Ordre cosmique, éd. M.L.L. — Le Principe du Langage, ou l'Alphabet hébraïque, éd. Mont-Blanc /M.L.L. 2012.

Dr. John C. Eccles, Evolution du cerveau et création de la conscience, éd. Fayard Paris 1992.

Antonio Damasio, Spinoza avait raison, éd. Odile Jacob, 2003 ; L'erreur de Descartes, éd. Odile Jacob, 1995.

Claude Edmonde-Magny, Arthur Rimbaud, Collection Poètes d'aujourd'hui, éd. Seghers,1949.

Cervantès, Don Quichotte, trad. César Oudin, éd. de la Pléiade, 1949 ; trad. Louis Viardot, éd. Garnier, 1989.
Dominique Blumenstihl-Roth, Exégèse de Don Quichotte, tome I : Don Quichotte, la Barque enchantée, éd. M.L.L., 2024 ; tome 2 : DulZinea, éd. M.L.L. 2025.

samedi 7 juin 2025

Voici un livre pour les vrais amis de Don Quichotte. Le secret de Dulcinée…

 Pour les vrais amis de Don Quichotte

 


 


Après Don Quichotte, la Barque enchantée,
voici le second volume de la série consacrée à Don Quichotte:

DULZINEA
ISBN : 9782916619194
volume 2 dans la série 

Nouvelles exégèses de Don Quichotte

vol II : DulZinea
ISBN : 9782916619194
vol I : La Barque enchantée
ISBN : 9782916619187


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jeudi 1 mai 2025

Don Quichotte et Dulcinée. Nouvelles exégèses de Don Quichotte, volume 2 : DULZINEA

Nouvelles exégèses de Don Quichotte
par Dominique Blumenstihl-Roth
Tome II

 En hommage à Dominique Aubier

 

Volume 2 des Nouvelles Exégèses
Don Quichotte voit en elle la dame souveraine de ses pensées. « Sa qualité ? Au moins princesse, puisqu'elle est ma reine et ma dame. » Mais qui est donc cette fameuse Dulcinée, de son vrai nom Aldonza Lorenzo Nogales ? Originaire du Toboso, petit village de la Mancha mondialement célèbre par l'éternel ouvrage de Cervantès, Dulcinée inspire et guide Don Quichotte en tout moment et tout lieu. Il ne la rencontre jamais, il est cependant prêt à tout pour elle, « hasta la muerte ».

DulZinea del Toboso — « en beauté nulle ne l'égale » — incarne la figure de la Grâce accompagnant Don Quichotte tout au long de ses aventures. Ne tolérant aucune mise en cause de sa lumière, il voit en elle l'image de la Chékinah, abstraction métaphysique non moins réaliste quand elle revêt la forme de cette modeste fermière pour qui le Caballero engagera tous ses combats : elle est la garante de sa généreuse implication dans le monde et de son intransigeante éthique. A travers Dulcinée, Don Quichotte pose une parole d'amour puissante et de justice dont la prophétie s'épand sur chaque lectrice et lecteur qui, à son tour, par son acte de lecture, intègre et relance l'engagement quichottien.

DulZinea est le deuxième volume de la série des Nouvelles exégèses de Don Quichotte. Cette série en six volumes, appuyés sur les originaux de 1605, 1608, 1615, explore le symbolisme et le codage hébreu et araméen du grand chef-d'œuvre cervantien. Un voyage au cœur du secret dulcinéen de Don Quichotte.


Nouvelles exégèses de Don Quichotte

par Dominique Blumenstihl-Roth, éditions M.L.L. La Bouche du Pel 

« Dans les pas du Maître »


Tome II : DulZinea

Tome I : La Barque enchantée

 



 

 Nouvelles exégèses de Don Quichotte, éditions M.L.L. La Bouche du Pel

Vol I : Dulzinea, 352 pages, format 14,8x21cm

Vol 2 : La Barque enchantée, 408 pages, format 14,8x21cm