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samedi 10 août 2019

Plaidoyer pour une écologie de l'Esprit, par Dominique Blumenstihl-Roth

Plaidoyer pour une écologie de l'Esprit
par Dominique Blumenstihl-Roth

1. 11 milliards d'habitants.
Telle est la prévision des experts pour les années à venir. 11 milliards de bouches à nourrir, on ne sait comment, en gaspillant moins nous dit-on, comme si le yaourt périmé oublié dans mon réfrigérateur pouvait, par un lien direct, compenser la malnutrition sévissant dans le Kordofan, au Soudan.
Les spécialistes s'alarment au sujet de la surpopulation. Mais s'est-on interrogé sur les logiciels et logarithmes utilisés lors du calcul de ce chiffre ? Leurs prévisions sont des projections linéaires intégrant les données du passé, dont ils estiment que ce qui a été se reproduira à l'identique, sur des courbes croissantes aux équations exponentielles. J'ignore quelle modélisation a servi pour l'établissement de la projection dans le futur, mais il est certain que ce n'est qu'une interprétation d'une probabilité estimée, fondée sur des interactions connues du passé qui n'intègrent aucunement les notions archétypales que les mathématiques ignorent ou n'approchent qu'approximativement. Elles ne savent rien du futur, ignorent de quoi est fait le présent : le temps est une inconnue majeure à leur logique, de même que la notion d'énergie. Les mathématiques ignorant leur propre être, comment sauraient-elles de quoi sera fait le monde ?

« Ce qui se produit ne se produit pas dans le temps, c'est le temps lui-même qui se produit », écrit Franz Rosenzweig. Ce temps toujours à l'œuvre dont nous ignorons la direction et le sens, au point que l'initié s'écrie « souviens-toi de ton futur », le futur étant le fomentateur de ta délivrance nécessaire.
Quel que soit le saccage de la planète se déroulant sous nos yeux, ce qui préside, c'est le futur qui depuis son lieu avancé dans le temps interviendra, imposant la cessation du vandalisme en cours, mettant fin aux meurtrissures infligées à la Création.
C'est volontairement que j'insère ici l'expression « Création », en lieu et place du terme scientifique neutre de « planète ». Par le mot « Création », j'insinue l'idée métaphysique de la vocation humaine sur terre. L'écologie, quand elle se veut purement économique, gestionnaire, détachée de toute élévation spirituelle, me paraît un concept aussi dangereux que ce qu'elle prétend corriger.

2. Sauver les baleines.
Que penser des sympathiques écolo-communiquants, stars des médias dénonçant les excès et prônant un monde meilleur, pourvu que ce monde reste englué dans la matière et que l'esprit en soit banni ? Les écolo-dénonciateurs s'écrient que nous allons à la catastrophe, qu'il faut changer de paradigme sociétal, mais ils restent bien discrets à propos du paradigme culturel qui nous permettrait de considérer la vraie dimension de notre Terre, en tant que territoire récipiendaire et lieu d'insertion d'une volonté cosmique. Ils veulent un monde mieux « géré », un gentil partage équitable afin que tout le monde se nourrisse au même abreuvoir des mêmes idées, l'essentiel étant l'engagement en faveur du bien-être partagé entre tous, dans la neutralité des esprits et l'exil du sacré. Une écologie scientifiquement contrôlée, raisonnant ses outils de production et de distribution, pour un bien-être collectif acceptable pour la moralité bien-pensante.
Ces bien-pensants, donneurs d'alerte qui, la main sur le cœur, vibrent de toute leur indignation devant les baleines échouées, ne supportent pas l'idée que notre planète soit un lieu privilégié — sans doute le seul habité de tout l'univers — l'endroit distingué entre tous sur lequel le Créateur a tenté son expérience in vivo de laisser vivre son humanité dotée de conscience.
— Ah, c'est un autre débat, que celui de l'Esprit, s'écrie tel responsable connu, activiste fort écouté dans les milieux écologistes. Nous nous occupons d'inventer une gestion raisonnée de la planète, nous devons protéger les forêts, les océans, les montagnes, les animaux, sauver la terre et l'humanité.
— Je suis bien d'accord, lui ai-je dit, sauvons ce qui peut l'être encore, mais vous ne pouvez pas déclasser l'esprit de l'homme en ne vous occupant que de l'aspect biologique de l'environnement et rejeter l'approche sacrée du réel dans "un autre débat", alors que l'esprit est précisément au cœur du projet évolutif. On ne sauvera pas les baleines en ignorant ce qui nous lie à elles, et en remisant le Principe d'Unité du vivant à une seule modalité gestionnaire. Il faut commencer par affirmer ce Principe d'Unité, et en présenter la modélisation identifiée. Nous vivons dans un univers qui a un sens, et nous sommes les êtres chargés de le trouver, de le dire et l'affirmer. Nous vivons dans un Ordre cosmique auquel nous ne pouvons échapper. Un Ordre dirigé par une puissance consciente qui cherche à se faire comprendre. Est-ce vraiment un "autre débat" ?


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(Cela dit, je suis pour la protection des Baleines et j'invite le Président Macron à stancer vivement les Japonais qui en reprennent la chasse. Mais quel argument pourrait-il leur opposer qui les fasse vaciller ? Celui de la nécessaire survie de ces animaux ? D'un revers de la main, le gouvernement nippon l'écartera au nom de l'activité économique érigée en Principe absolu et que notre Président vénère. Ce n'est que par une écologie fondée sur une puissante métaphysique, pleinement assumée, que les défenseurs de la Terre (avec majuscule) obtiendront gain de cause. Le temps de l'idolâtrie économique est passé…

Qu'est-ce qu'une baleine ? Les Japonais ne le savent pas quand ils les harponnent. Lire le Traité de Zoologie qui consacre un passionnant chapitre aux cétacés, nous apprenant que ce sont des mammifères… terrestres, qui au cours de l'évolution, sont retournés à la mer. Retour de couche VI en couche III, cf La Face cachée du Cerveau
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3. Une écologie de l'Esprit.
La première réforme écologique à mener, ce serait de changer le paradigme sur lequel fonctionne notre esprit quand il se croit seul, maître des galaxies, propriétaire d'une Terre qu'il serait en droit de détruire. La reconnaissance du Principe d'Unité présidant à toute réalité me paraît une priorité. Ce concept une fois clairement posé, cela changerait immédiatement le rapport au réel.
L'écologie qui se déploie selon les recommandations des experts du GIEC et qui anime Greta Thunberg est-elle à la hauteur de la cause défendue ? Ce sont là d'aimables communications pour médias en mal de news mais qui réduisent la voilure de la pensée humaine à des notions économiques : elles empêchent en réalité de hisser la quatrième voile, le grand foc de l'esprit donnant ampleur au projet. Leur gentille indignation empêche l'envolée et l'existence même de la légitime mutation où l'Esprit aurait sa place. Dans quel monde vivons-nous, quelle est la vocation de la planète, quel est le sens de l'homme ? Oui, ces questions doivent être au centre des réflexions.

4. De quoi sera fait notre futur ?
Une surpopulation de 11 milliards d'humains ? Il faut peu de chose pour que rien de ces prétendues prévisions se réalise. En hébreu, il suffit qu'une lettre, le Vav, soit mise devant un passé pour qu'il devienne un futur. Et mise devant un futur, le verbe devient passé. Le Vav (valeur 6) porte le cycle et le temps se déroule dans le cycle : « comprendre le Vav, c'est comprendre la structure évolutive » (cf. Le Principe du Langage ou l'Alphabet hébreu, p. 145).
Juste un signe et le temps que l'on croyait linéaire se rebiffe. 
Le présent non conforme au futur se réécrit et bouleverse notre temps. La théorie des quantas ne dit pas autre chose : quelque chose se produit à un moment précis, en prévision d'une chose que nous ignorons, et dont nous ignorons l'occurrence. Hors prévision, c'est l'improbable qui se produit alors que mathématiquement la chance était infinitésimale : « l'évolution a un sens » titrait le scientifique Michael Denton, et ce sens se trouve inévitablement dans ce que Vaclav Havel appelait « la sphère de l'Esprit ». L'esprit a ses exigences et il les impose au réel qui s'y soumet. Certaines choses doivent simplement exister et rien de notre volonté ou incompétence humaine ne peut s'y opposer.

Parmi les phénomènes auxquels on assiste déjà, selon les processus évolutifs connus des initiés, se trouvent les opérations de fin de cycle.
En fin de cycle — de tout cycle, dans toute aventure — il intervient un resserrement des possibles, puis un « stop » brutal tombe quand la fibre atteint sa pleine constitution. Phénomène observé lors de la construction de la fibre polypeptidique de l'ARN. Un « stop » évolutif tombe, unité de signification. Rien ne se rajoute à la protéine constituée.  L'énergie opère alors un transfert, sur un cycle nouveau. Dans la nature, les transferts se produisent normalement. Dans nos sociétés humaines, nous nous acharnons à sur-ajouter sur les structures saturées, causant des désastres en raison de la non-conformité au processus archétypal. La bonne attitude ? La stratégie du changement ne s'improvise pas. Elle est connue des initiés : ils sont hélas écartés du débat des « experts » alors qu'ils sont les seuls à détenir la clé. La première règle est de savoir que l'on ne peut sortir du Chaos qu'après avoir procédé à l'arrêt des causes fomentant le désastres : l'Amérindien Juan Matus, le sorcier yaqui dont parle l'ethnologue Carlos Castaneda, invitait à « stopper le monde », arrêter de « faire »… Donc marquer l'arrêt sur l'entropie.

Contrairement à ce qu'affirme le prix Nobel M. Prigogine, l'ordre ne naît pas du chaos. L'ordre survient après que la phase de chaos (l'entropie maximale) ait été délaissé, après que l'on ait opéré la traversée menant à la transmutation. L'ordre est de « l'autre côté », sur la branche collatérale opposite à la dissipation. 
Il convient donc, en bon écologiste, de bien connaître les processus de la rénovation : d'un point de vue politique, cela impliquerait d'assécher le secteur pollueur, de ne plus les soutenir, de capter l'énergie et investir massivement sur toutes les possibilités alternatives afin de susciter une accélération du progrès en secteur dit « épineurien ». Cela suppose une réforme de la pensée et un affinement des critères présidant au fonctionnement de nos sociétés. Autrement dit : prendre connaissance… des lois de la Connaissance. Connaître l'organisation des cycles porteurs, maîtriser les différentes phases évolutives à l'intérieur des cycles.
Dans l'immédiat, il s'impose de voir, en cette crise du climat, comme en toute crise, que l'énergie est arrivée en Couche V-c du cycle, et de prévoir les phases successives inévitables auxquelles se préparer pour les négocier au mieux. Une gestion modélisée selon les archétypes serait efficace : arrêt de l'entropie maximale / Stop obligatoire / transfert. Et affirmation, communication de ces règles évolutives à tous, afin de susciter une adhésion populaire.
Ces lois archétypales, bien identifiées par les initiés, restent « en dehors du débat ». Cette mise à l'écart, cette négation confine à la démence : une démence dont nous voyons les effets, étant gouvernés par des personnes qui, tout en ayant plein de bonne volonté, ignorent l'existence du Code initiatique. Les décideurs sont souvent des intelligences brillantes, même sympathiques, mais dépourvues de ce que les kabbalistes appellent la « Daat », la Connaissance, ce qui les empêche d'apprendre : « Qui peut se dire sage et savant ? Celui qui est capable d'apprendre de tout homme… », écrit le Traité des Pères (Pirké Abot, cité par Raphaël Draï, dans La Communication prophétique, p. 350).

5. Nous sommes en état d'hébriété matérialiste,
ne sachant comment remplir indéfiniment notre verre. Inventons-nous l'écologie… afin que se poursuive la griserie ? Nous déversons nos gravats — tant pis pour ceux sur qui cela tombe ? On s'en indigne, on proteste, vraiment ce n'est pas bien. Prise de parole à l'ONU, vénérable assemblée où l'on est prié de laisser au vestiaire toute mention touchant au sacré. Sainte écologie dès lors, pourvu que jamais la moindre allusion ne soit faite au Principe d'Unité d'essence corticale !
Oserais-je reconnaître en cela un subterfuge du démon qui, se sachant démasqué, se couvre aussitôt d'un masque plus recevable, plus convivial et correct — ah ! comme les médias adorent les porte-paroles de la planète propre à condition que l'écologie neutralisée renie l'existence du motif d'absolu fondant la réalité. Le beau confort que cette écologie hautement scientifique, gentiment poétique, passant au filtre de l'exclusion ce qui précisément pourrait nous sauver.
Nous en sommes à ce que Marx appelait « le matérialisme historique », exit l'Esprit, tout ne serait que chose à gérer scientifiquement. Le scientisme atteint son apothéose avec l'écologie.

Sommes-nous capables d'inventer une écologie éthique intégrant la Connaissance et ses critères ? Sommes-nous capables d'organiser une sortie des conditions détruisant notre « vaisseau » ? On nous jettera en pâture quelques aménagements, discours ruisselants de bonnes intentions qui n'engagent que ceux qui s'y adonnent…

6. 11 milliards, et moi, et moi et moi,
dirais-je dans les termes de la chanson qu'interprétait Jacques Dutronc sur les paroles de Jacques Lanzman. Et moi, commençant par moi et non les 11 milliards d'intrus qui me menacent ? Cette prévision est fausse, car ignorante des lois cycliques : elle projette sur l'avenir une tendance locale de fin de couche V-c, sans intégrer le « Stop » évolutif qui s'abat. C'est une prévision ignorant la topologie cyclique, qui s'imagine encore en couche IV où les choses sont encore en début d'extension, alors que nous en sommes déjà à la phase entropique maximale propre à la couche V-c.
La science prospective ignore la puissance des cycles porteurs : la notion de l'assèchement du secteur quantitatif, pourtant fort visible sur l'arbre évolutif des espèces lui est inconnue ; enfin, elle écarte les lois archétypales de transfert d'énergie et de relance sur le secteur qualitatif. Sa prédiction n'est qu'une vague projection du passé comme une ombre qui prétendrait éclairer l'avenir alors que l'avenir tire de l'avant et projette sur notre présent ses propres velléités. Ce n'est pas notre passé qui nous pousse et qui fait notre avenir, mais notre avenir qui nous tire vers lui. Le futur tend la corde montant vers lui. Ce futur est essentiellement qualitatif, non prolifique. Il est déjà en cours de construction. Le cycle nouveau est déjà en cours. Il s'agit d'aller vers lui et se souvenir de la parole qu'entend Abraham quand il est prié de renouveler sa vie : Lekh-Lekha, (Genèse XII) vas-vers toi-même, vas pour toi, non pas en fonction de quelque calcul prospectif, ou consensus d'opinion, mais dans la confiance en la parole qui, dans un premier temps, donne l'injonction de partir. Partir d'abord, et miser sur la loyauté des signes indiquant la route à suivre.

7. Mes prévisions,
dans le sens de " vision - avant ", non pas calculées mais pensées sur les critères présentés dans la Face cachée du Cerveau sont tout à l'opposé des « prédictions » des futurologues. (On a confiance en eux, parce qu'ils sont des scientifiques, mais on ne leur demande jamais dans quel grimoire ou boule de cristal ils ont pu lire leurs oracles. Ils se fient aux relations de cause à effet…)
Je pars du principe qu' « il n'y a de souvenir qu'en direction du monde qui vient » (Rabbi Nahman) et je m'appuie sur les lois archétypales que l'Alphabet hébreu retrace avec minutie. Et puis, il ne faut pas écarter la possibilité de « réenchanter le monde » au moyen d'une diplomatie inspirée et guidée par tout autre chose que l'intérêt immédiat et matériel. Un peu d'inspiration quichottienne pourrait retourner la situation en un clin d'œil.

La règle initiatique sait que l'entropie maximale est atteinte en Tzadé final. Un arrêt se matérialise à cet endroit et c'est la cessation de toute prolifération quantitative : écrasement des formes gigantesques et des dispersions prolifiques. Quoi que l'on s'acharne à vouloir prospérer au-delà du Tzadé final, l'énergie ne soutient aucune réalité outre cette limite. Toute initiative franchissant ce seuil est vouée à l'échec. L'arrêt en phase s'impose. Donc également l'arrêt de la surpopulation. Comment ? Soit par volonté humaine de politique familiale accompagnant le transfert de l'énergie vers l'En-Face, soit par des phénomènes naturels, dont la baisse de la fertilité humaine qui semble déjà effective, ou de regrettables épidémies qui regagnent en vigueur ou s'étendent dans le monde. Une extension de la malaria semble en cours, associée à d'autres maladies comme la dingue ou chikungunia au travers de l'inquiétante prolifération des moustiques tigres… Canicules, fortes chaleurs, sécheresses, que sais-je de ces « Désastres qu'on nous fabrique » tant le réel peut imposer sa puissance ? Et que penser de l'ineffable Alzheimer dont on nous dissimule la progression quand 750 000 personnes en sont touchées en France selon le rapport du professeur Ménard, daté de 2007. Un relevé annuel des cas est réalisé au niveau national, mais aucune communication n'en est plus faite, réactualisant ce chiffre, de crainte de l'effroi que cela susciterait. Le prof. Ménard estimait à 25 000 cas nouveau la progression annuelle, dont un nombre important de sénilités précoces. Nous en serions dès lors, après une décennie, à 1 millions de cas, dans la meilleure des situations.

Nous ne serons pas 11 milliards d'humains, une régulation naturelle surviendra bien avant, la nature ayant ses lois, que les initiés connaissent**.
L'arrêt du sur-productif est déjà en cours. Dieu veuille que cela se passe dans la douceur et qu'il ne s'agira pas de « frappes », à l'image des désastres qui s'abattirent sur l'Egypte de Pharaon… A moins qu'elles n'aient déjà commencé ?

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**Le Code de ces Lois a été transcrit, mis à jour, publié. Il est à la portée de toute intelligence normale désirant l'apprendre.



jeudi 25 juillet 2019

Greta Thunberg, le paradigme du changement ?

Greta Thunberg, le paradigme du changement ?
 
Vous connaissez Greta Thunberg, cette jeune fille suédoise, militante pour la cause climatique. Elle a entamé une grande tournée des capitales, lançant son appel à l'intention des chefs d'Etats et des Parlements qu'elle accuse d'inertie.
Elle suscite toutes sortes de réactions allant de l'enthousiasme au rejet. Elle subit également nombre d'insultes visant sa personne. Le philosophe Michel Onfray la traître de « Cyborg suédoise », ce qui est pour le moins vulgaire de la part d'un penseur qui prétend caresser l'élégance d'esprit. « Elle est vers quoi l'homme va » affirme-t-il, condescendant : que ne propose-t-il, du haut de sa sapience, à Greta, une voie meilleure ?

Le philosophe la discrédite, sans tenir compte de son jeune âge : il ignore tout de la notion de cycle évolutif et de la structuration systémique du cerveau. A chaque âge son style de pensée, et l'on ne massacre pas une jeunesse de 16 ans à coups de battoirs philosophiques (incertains) en lui assénant des reproches qu'il pourrait fort bien s'adresser à lui-même. Car qui est-il, Michel Onfray, pour s'insurger contre une adolescente : le ferait-elle trembler sur les assises de sa propre vacuité ? J'ai déjà écrit à M. Onfray, à propos de Don Quichotte qu'il a faussement accusé d'être le héros de l'irréel alors que c'est le philosophe lui-même qui patauge dans l'inconséquence de ses propres fantaisies.

Pour ce qui me concerne, il n'est pas question de m'en prendre à la personne de Greta Thunberg, ni de l'affubler de sobriquets : c'est là une basse méthode visant à discréditer l'être quand on n'a pas d'autre argument qui pourrait discuter sa pensée.

Je la trouve tout à fait charmante, et sa véhémence me semble légitime et saine. C'est le contenu intellectuel de son discours (je répète que je ne parle pas de sa personne) qui me semble souffrir d'une faiblesse, et c'est de cela que je voudrais parler, parce qu'il y a moyen d'y remédier afin que la révolte se transforme en mouvement civilisateur.

1. Le paradigme du changement.
Greta Thunberg dénonce, avec raison, les inerties gouvernementales en matière d'écologie et mobilise autour d'elle une opinion publique acquise à l'idée d'un changement de paradigme. Ce changement, nous le désirons tous. Mais à l'écouter attentivement, on ne décèle pas, dans le discours de Mle Thunberg, d'originalité qui permette de concevoir un paradigme nouveau. Elle préconise certes une valorisation de l'écologie au travers de l'approche scientifique, une adaptation matérielle d'urgence pour remédier aux désastres en cours, sans pour autant en identifier clairement l'origine.

Greta Thunberg est la porte-parole de la dénonciation de ce qui ne va pas, mais entre le diagnostic du désastre, déjà largement observable par tout un chacun dans son quotidien et l'identification des causes (de la cause), il existe un gouffre énorme, d'autant que bien souvent, l'on confonde cause avec symptôme sans identifier le principe général fauteur du trouble.

Elle nous dit qu'il faut « écouter la science ». Fort bien.
Tout le monde sait aujourd'hui et admet que le changement climatique est lié à d'intenses pollutions, de tous ordres, produites par l'humanité. C'est un pléonasme de le répéter et une naïveté de croire qu'il suffit de « produire autrement » pour remettre de l'ordre dans les systèmes perturbés aussi longtemps que l'erreur principielle qui fomente la nuisance n'est pas clairement pointée.

Changer les habitats, nous adapter à une gestion écologique, changer de voitures, des moteurs, de mode de vie… Évidence pour tous ou presque, et nous sommes (je suis) tout prêt à adopter tout conseil allant dans le sens d'un monde sinon meilleur, du moins… moins sale.

Nous sommes en retard sur ce changement que le Président Chirac avait, en son temps, déjà préconisé — sans rien entreprendre d'ailleurs — quand il disait que « la maison brûle ». Je ne crois pas qu'il ait jamais appelé les pompiers pour éteindre l'incendie et l'on ne reprochera pas à Greta Thunberg d'appeler les urgences. Mais pour éteindre un feu, si tant est que cela soit encore possible, encore faut-il bien connaître le combustible dont il se nourrit et ne pas se tromper quant au produit utilisé pour l'extinction. Et une fois éteint, reconstruira-t-on (si nous sommes là) à l'identique sur les ruines du passé en réitérant les même erreurs ?

2. Ces Désastres qu'on nous fabrique.
Dans son livre Ces désastres qu'on nous fabrique, Dominique Aubier a dressé le diagnostic des multiples désastres écologiques qui nous accablent. Mais surtout, elle a souligné l'endroit où l'erreur — la bifurcation — s'est produite, engageant l'humanité dans une branche évolutive erronée. L'arbre évolutif à deux branches dessine très clairement les potentiels évolutifs, les seuils d'arrêts frappant la branche dite « hyponeurienne » et la sur-évolution dégageant la voie d'En-Face, dite « épineurienne ». Son livre propose la solution heureuse pour rattraper l'erreur d'aiguillage… la voie et le recours en toute intelligence avec la connaissance du réel, une voie où le sacré (non-religieux) a son mot à dire au moins autant que la science. On regardera également avec intérêt le film Après la Tempête, de Joële van Effenterre qui a donné l'alerte…
 
Greta Thunberg s'inscrit-elle dans cette voie ?
Il est bien évident qu'en raison de sa jeunesse, elle ne peut développer un argumentaire aussi puissant que celui qui s'expose dans ce livre et ce film, mais l'impulsion intuitive de la jeune fille pourrait bien surgir en piqûre de rappel et nous mettre tragiquement en face des réalités désormais inéluctables. Appel avant cataclysme généralisé ?

Le paradigme du changement auquel appelle Greta reste flou. Sur quels critères stables, selon quel système éprouvé devrait-on concevoir une politique non pas écologique, mais civilisationnelle ? Sur la science ? Laquelle ?
Quel serait le « Code universel» fondateur de ce nouveau paradigme ? Un code qui superviserait de haut tous les codes humains constitués à partir de l'expérience des choses, existe-t-il ?
Question qu'il ne convient pas de poser à la jeune fille, car il ne lui appartient pas d'apporter ces réponses : elle n'est que la lanceuse d'alerte. Elle lance ses appels : on ne peut lui demander de développer une pensée qui ne serait pas en adéquation avec son âge, mais nous devons être sensibles à la force de l'appel émanant de la jeune génération montante. Le philosophie Onfray, si critique à son égard, que propose-t-il qui pourrait relayer politiquement le cri de la jeune suédoise ? Il ne propose rien que son propre nihilisme et désespoir dont il voudrait affubler la planète.
En réponse, j'invite les personnes appréciant (ou non) la démarche de Greta à lire ce livre qui pourrait les nourrir des concepts positifs permettant une issue heureuse à la problématique climatique, non seulement écologique, mais civilisationnelle.

3. Je voudrais aider Greta Thunberg.
Non en lui donnant un diplôme ou un prix, mais en lui parlant le plus franchement possible, en tout respect de son être, de sa sensibilité, et de son courage.
Je crains, Greta que votre généreuse vigueur dont les médias se nourrissent goulûment ne finisse par se dissoudre à l'image des croisades des enfants qui s'improvisaient au Moyen-âge, et qui faute d'appui politique allant au-delà de la sympathie, des prix et des médailles, se dissolvèrent d'elles-même quand elles ne furent pas exploitées par des marchands d'esclaves qui les prirent en captivité… Il faudrait donc, pour appuyer Greta, non pas se contenter de la féliciter de son initiative, mais la seconder en lui donnant des outils qui lui permettent d'aller au-delà de sa légitime indignation.

Les organismes qui lui décernent aujourd'hui volontiers des prix seraient-ils aussi enthousiastes si elle devenait la défenderesse d'une vision métaphysique du monde ? Ils saluent en elle la spontanée énergie d'une jeunesse dont ils ont peur et dont ils pensent qu'il faut vite la neutraliser en lui accordant honneur, notoriété, prestige médiatique.

La « une » des grands quotidiens lui est offerte, pour mieux circonscrire ce qui pourrait les emporter : nous voulons bien de toi, Greta, et tu auras le prix Nobel, pourvu que tu ne montes pas plus haut le ton de l'invective, pourvu que ta révolte écologique reste contrôlable et que tu n'élèves pas le débat en ouvrant sur ce que Vaclav Havel appelait la « sphère de l'Esprit ». On ne te le pardonnerait pas, que tu abordes la thèse métaphysique du Réel et que tu insères, dans ta lutte, le Principe de Création. Ce que tu fais, jusqu'à présent, reste admissible, souhaitable même, n'étant au fond qu'une plaisante diatribe de dénonciation qui ne dérange personne. Et qui pourrait même amuser les responsables qui trouvent dans ta prestation un divertissement, sans pour autant jamais prendre au sérieux ta parole. Précisément parce que ta parole — ton opposition — fait partie de leur jeu, et qu'ils se réjouissent de toute opposition pour laquelle ils ont prévu une case de rangement.
 
Vous risquez, chère Greta, de devenir leur petite mascotte et ils vous adoreront autant qu'ils vous excuseront car votre révolte sert leur projet. Leur projet, quel est-il ?

Il repose sur le concept d'un monde ultra-matérialiste, même écologique s'il le faut, dans le sens où l'écologie renforcera le matérialisme « propre » : un monde scientifisé, vidé de son substrat spirituel, ne fonctionnant que sur sa prétention de suffisance, bannissant le concept Créateur et niant l'existence d'un Code universel présidant à la réalité.

Nous vivons dans l'ignorance de ce Code, dans sa négation la plus féroce. C'est l'absence de cette connaissance qui est à l'origine des exactions polluantes. Pour remédier au dérèglement climatique, la première insurrection devrait en conséquence porter sur la mise au clair (c'est chose faite) et la divulgation de ce Code afin que l'humanité informée se souvienne de sa condition au regard d'un Principe qui lui est supérieur.

Je pense qu'avant d'écouter la science, comme le suggère Greta, il faut écouter son propre cœur, écouter le cœur palpitant de la planète. Et pour ce qui est des sciences — excusez-moi, mais les chercheurs sont largement influençables selon les vents économiques qui leur distribuent les subsides. Donc, au-delà des sciences, il faut écouter l'Esprit, qui lui aussi, a son mot à dire. Et qui, depuis longtemps, nous alerte.

4. Ce Code du Réel, il existe.
C'est le Code des archétypes. Ce Code est là. La jeune génération est en droit de le connaître, de le recevoir. Génération qui souffre de la rétention et du blocage organisé qui empêche l'information de lui parvenir. Rétention voulue par ceux-là même qui voudraient entraver Mle Thunberg, et aussi par les bien-pensants distributeurs de médailles. Cette jeunesse a l'intuition que quelque chose ne va pas, que nous vivons dans un manque, et que ce manque doit impérativement être comblé. Par la drogue ? Elle finira par devenir légale, achevant de laminer les esprits sous couverts d'activité récréative. Ce manque, à la fois stigmatisé mais non clairement identifié, résulte de l'exil auquel est condamné l'Esprit. Il y a là une jeunesse fantastique, intelligente, brillante même, qui pourrait s'emparer de cette Connaissance, si elle en était instruite. Par qui ?

Cette Connaissance est là, disponible. Accessible. Même en Anglais. Pour vous, Greta. Elle est fondée sur un principe d'universalité des peuples et des cultures, principe d'unité connu des initiés, des Traditions… Et niée par les mauvais retardataires qui vous accablent. Ce Code des Lois fondant la réalité est à même de donner corps à votre intuition.
Votre fougue, extrêmement salutaire, correspond à l'ardeur des couches cérébrales II et III du néocortex, celles où la sensibilité est à son comble, là où les cellules nerveuses perçoivent les informations « venues de plus loin » et s'y adonnent sans limite. Age des grandes et belles initiatives, des feux ardents et passionnés… Il serait injuste de vous demander de fournir aujourd'hui un travail qui relève d'une conscience plus avancée en âge et en maturation. Au contraire, je vous encourage à brandir l'épée du Verbe, et sans craindre personne, d'avoir la parole forte et résolue. Vous n'avez rien à prouver. Vous êtes votre message.
A vous la légitimité de votre combat. Cependant, vous devez savoir dès maintenant, qu'il existe un Principe de Création, un ordre cosmique géré par une supra-conscience et c'est sans doute elle qui vous insuffle votre remarquable énergie… dans l'espoir que vous ne l'ignoriez pas et qu'un jour vous parliez d'elle. Irez-vous jusque là ?
Parviendrez-vous à positionner votre intrépide discours sur une référence primordiale, dépassant la réactivité ?
Pour l'instant, je n'ai pas décelé, dans vos paroles, la moindre allusion, pas même une image poétique qui renverrait à une vision, une espérance qui aille au-delà de l'écologie pratique : au fond, vous plaidez (encore) pour un prophétisme scientifique, sorte de nouveau Discours de la Méthode dont le sacré est exclu, au bénéfice d'une « sainte écologie » qui se voudrait compensatoire d'un manque beaucoup plus vaste, et touchant à l'essence même du monde.
 
5. Ce qui manque (encore), c'est la connaissance du Principe d'unité.
Ce que vous appelez, c'est une écologie gestionnaire de survie où ce principe d'unité continuerait d'être ignoré. Une écologie compensatoire ayant ses prêtres et sa prophétesse, qui se substituerait en parodie sanctifiée à la Connaissance… Raison de plus, pour le « Système », de vous bénir, car vous devenez la garante de sa survie dans le négationnisme de l'Esprit — la main sur le cœur, cela va de soi, pour sauver la planète, bien entendu, tous ensemble, éco-responsables, pourvu que la Charte de l'Esprit reste aux oubliettes…
Je n'accuse pas Greta Thunberg de ne pas savoir ce que nul ne lui a sans doute jamais enseigné. Mais je regrette qu'à ce jour, de sa jeune personne survoltée, il n'émane pas, à l'image de la Pucelle d'Orléans, non moins pragmatique que Greta, au moins un regard vers le Ciel…
Je suis persuadé que cela viendra et là commencera le vrai combat.

Pour Greta Thunberg, ce livre pour donner corps à sa généreuse initiative :

The Hidden face of the Brain.



A (re)lire
Le Réel au Pouvoir ;

Ces Désastres qu'on nous fabrique ;
La Face cachée du cerveau.