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dimanche 9 octobre 2016

Ouragan sur Haïti. Lettre ouverte à l'écrivain Makenzy Orcel.

OURAGAN SUR HAÏTI

De Haïti à Israël : la mémoire de l'esclavage

M. Dominique BLUMENSTIHL - ROTH
Auteur, producteur, éditeur

Lettre ouverte à l'écrivain Orcel Makenzy,


Le 10 octobre 2016

Cher Makenzy Orcel,

Le 4 octobre dernier j'ai été invité pour la remise de votre prix Ethiophile au restaurant Procope à Paris, mais je me suis retrouvé dans l'impossibilité de monter dans le train. Au dernier moment, quelque chose m'a retenu sur le quai qui m'a empêché… Un autre rendez-vous… Rendez-vous avec cette lettre que je vous écris et que je rends publique.

Rentrant chez moi, j'ai commencé à vous écrire, car j'aurais bien aimé échanger avec vous au sujet de votre conception de la « reconstruction de l'être haïtien ». Un sujet qui vous tient à cœur.

À peine ai-je commencé la rédaction de ma lettre que j'apprends qu'un ouragan phénoménal s'acharne sur votre pays, Haïti… Des centaines de morts, une population désemparée… mais tellement courageuse.

J'en ai parlé un jour avec notre amie Mme Michaëlle Jean, la Secrétaire Générale de l'O.I.F. (Organisation Internationale de la Francophonie), haïtienne d'origine, comme vous le savez. Ma première interrogation porte sur le tellurisme haïtien. En effet, comment construire — ou reconstruire comme vous l'appelez — l'être sur un territoire soumis à de telles forces tectoniques qui rendent incertaines, instables et vacillantes toutes les résolutions humaines ? Le récent tremblement de terre, exceptionnel dans son intensité, qui a dévasté l'île en est l'illustration. Et que penser des terribles ouragans qui s'acharnent sur l'être haïtien : en concomitance temporelle — synchronicité exacte — avec la remise du prix qui vous a été décerné pour votre ouvrage « l'ombre animale », une tempête meurtrière, plus de 900 morts, a ravagé votre pays. Le Poète en vous aura été sensible à ce signe cosmique qui confirme qu'en tant qu'écrivain, maître de la Parole, vous êtes en première ligne pour tenter de construire l'homme haïtien.

Mais que peut faire l'Écrivain face aux éléments déchaînés ? Comment les racines de l'Homme peuvent-elles « prendre » quand le sol se dérobe et quand le ciel lui-même sans cesse dévaste les espérances ? N'en ressort-il pas l'errance de l'âme inquiète, en quête de sa fixation toujours remise à plus tard ? Mais aussi l'étonnante joie de vivre haïtienne, irréductible, comme recours d'espérance face aux cataclysme ?

À la nature du sol et du ciel, qui conditionnent profondément l'âme des habitants — et cela est valable pour toute nation —, s'ajoute à mon sens, pour l'île, la blessure profonde vécue au coeur de l'homme haïtien, la blessure non cautérisée de l'esclavage. Sa mémoire ancestrale semble encore saigner, liée à la déportation, l'exil transgénérationnel, l'assujettisement à la barbarie.

Je ne suis pas haïtien, mais alsacien d'origine. Et je me suis penché sur ces questions au travers de mes engagements par rapport à la Connaissance, le judaïsme et le destin du peuple hébreu. L'enseignement de mon maître, Dominique Aubier, me permet d'affirmer qu'il existe assurément de puissantes analogies entre hébreux et haïtiens, leur histoire douloureuse et le besoin légitime de se reconstruire après les épreuves de l'Histoire.

L'exemple des hébreux par son ancienneté et sa longue réflexion, donne des pistes efficaces pour mener une « politique » de la reconstruction intérieure, individuelle et collective. Je serais heureux de partager avec vous sur ce sujet.

Haïtiens et hébreux furent esclaves. Des analogies symptomatiques peuvent s'en dégager, des parallélismes dans les processus politiques fondés sur la violence subie, aboutissant à l'aliénation, la soumission, mais aussi à la révolte.

Les deux peuples eurent à affronter une puissance dominatrice et à s'en libérer.

Les hébreux, de leur côté, ne furent pas « déportés » en Egypte, ils s'y étaient rendus de leur plein gré du temps de Joseph qui en devint le vice-roi. Ce n'est que plus tard que la situation se dégrada et que les servitudes se transformèrent en esclavage. À la différence d'Haïti où les Africains furent amenés de force et réduits dès le début à l'asservissement programmé.

Par la suite, après l'épisode égyptien, le thème de la « déportation » frappa les Juifs à plusieurs reprises. Bien qu'ayant regagné leur terre, ils en furent déportés à Babylone. Il y eut trois exils successifs dont le dernier ne prit fin qu'en 1945. C'est dire que les choses se répètent. Et que la délivrance est un processus lent, qui a ses rythmes, ses cycles, ses rechutes : on pourrait, pour l'histoire des hébreux, en retracer le scénario historique avec précision et en relever les déterminations, les caractéristiques. Le tout traçant une ligne de destin maintenue pendant 3000 ans par une puissante espérance métaphysique de délivrance physique et spirituelle allant de la Révélation du Sinaï faite à Moïse jusqu'à l'ouverture des temps dits « messianiques ».

Lire à ce sujet : « de l'Urgence du Sabbat ».

L'analogie entre hébreux et haïtiens se maintient au niveau de la quête de liberté et d'affranchissement de la servilité. Il existe cependant une différence dans la réalisation de cette libération. L'hébreu, peuple unitaire, fonde sa cohérence sur un texte, sur l'écrit. Et vous savez quelle est la force de l'écriture ! C'est un monument capable de résister aux pyramides. Les Haïtiens, eux, n'eurent pas de texte sur quoi centrer l'esprit si ce n'est la philosophie des « Droits de l'Homme », une faible déclaration utopiste qu'un Napoléon Bonaparte — pharaon aux petits pieds — méprisa copieusement puisqu'il réinstaura l'esclavage après qu'il eut été aboli par la République.

Les haïtiens eurent à se libérer sur un territoire fermé, une île. Une impasse géographique. Tandis que les hébreux eurent devant eux un espace de sortie possible, fût-ce un désert à traverser. Une telle « sortie » était impossible aux Haïtiens, confinés sur leur île sous la domination coloniale. « Celui qui part n'est point coupable » écrit le poète René Char. Encore faut-il pouvoir partir ! Braver le pouvoir en place, et traverser le passage vers la liberté…

Les efforts admirables de Toussaint Louverture ne connurent pas le succès. Il portait un nom prédestiné pour réussir la délivrance. Du moins en concevoir l'ouverture. Et puis cette question métaphysique : ce Dieu qui sauva les hébreux, qui opéra des miracles contre Pharaon, n'aurait point secouru les Haïtiens quand ils furent dans la même situation tragique que les hébreux ? Où était-il passé, « le bras puissant » de l'Eternel ? Je crois surtout que Louverture réalisa, comme son nom l'indique, l'ouverture du processus, laissant à d'autres la responsabilité de l'accomplir pleinement. Je reconnais dans ce cas le déroulement d'un « Redoublement » archétype du réel où les choses se passent en deux temps, une instance d'ouverture informant l'avenir, suivie d'une instance de réalisation matérialisant les informations instillées en première instance (voir La Face cachée du Cerveau).

Les hébreux, à l'issue de la « sortie d'Egypte », furent contraints à errer dans le désert pendant 40 ans. Non qu'ils s'étaient perdus, mais Moïse estimait que son peuple n'était pas prêt pour la liberté. Haïti est-il prêt pour la liberté ?

Moïse conçoit la libération par une sortie faisant rupture. La grande Yetsiat Misraïm est fondatrice de l'abolitionnisme. Fin de l'esclavage. Fin de la tyrannie. Mais l'esclavage intérieur des hébreux se poursuivait. Il fallut attendre que les derniers d'entre eux ayant connu l'Egypte disparaissent pour que l'entrée se fasse. L'entrée dans cette « Terre promise » ne fut pas aisée, et cela prit encore des générations pour que se réalise la jonction entre le territoire et le peuple revenu. La reconstruction de l'être, après le traumatisme collectif de l'esclavage sur plusieurs générations nécessite peut-être autant de générations libres, pour que s'opère la réparation. La reconstruction de l'être est lente, la mémoire perdure et 3000 ans après ces faits, la tradition hébraïque continue de commémorer la « sortie d'Egypte ». Cette commémoration est un rappel toujours renouvelé invitant à réfléchir à l'histoire qui peut, à tout moment, se répéter. D'ailleurs l'histoire s'est répétée. Une nouvelle fois, le peuple hébreu fut menacé, cette fois non de l'esclavage, mais d'être exterminé. Il doit son salut à l'intervention initiatique de la reine Esther. Qui, elle aussi, fait l'objet de commémorations depuis 2400 ans (Kippour), visant à rappeler aux hébreux que rien n'est jamais acquis et qu'il existe une méthodologie de délivrance et de reconstruction.

Moïse au Sinaï puis Esther, reine en Assyrie, rappellent que toute abolition doit s'arracher : l'être doit constamment veiller à se dégager des dictatures de toutes sortes qui, à tout moment, pourraient se refermer sur les consciences assoupies dans le confort des illusions. À surveiller, la dictature de l'idéologie matérialiste — la nôtre, celle qui nous semble tellement vertueuse — qui, sous couvert de fonctionnement démocratique n'est qu'un leurre de liberté au travers d'une pseudo-émancipation fondée sur le projet consumériste.

L'histoire s'est répétée, comme vous le savez, avec la tentative de génocide des Nazis qui visaient à exterminer, dans le judaïsme, son rapport au Verbe et au Livre pour imposer à la place de la Révélation, l'ordre du matérialisme absolu. La création de l'Etat d'Israël en 1948 s'inscrit dans cette lente reconstruction intérieure prenant aujourd'hui parfois des formes singulières de nationalisme, d'extrémisme, de retour à la foi des ancêtres, ou de rejet total. Mais tout cela participe de la « reconstruction », de la « thérapie », parfois chaotique, mais allant toujours dans le sens d'une puissante perception de son destin de liberté.

L'esclavage vise à anéantir l'être, sa droiture : abaisser l'être, nier son humanité, dès lors le confondre ou même le réduire en-deça de son « ombre animale », extirper sa capacité réflexive, et le jeter en pâture aux fauves afin qu'ils le déchirent. C'est de cette fosse que l'esclave dut se libérer.
En s'accrochant à quelle corde ?
N'est-ce pas à vous, écrivains haïtiens de commettre cette corde par laquelle l'homme haïtien pourra sortir du puits ?

Suis-je cruel en le disant : il me semble que Haïti n'ait pas encore empoigné sa délivrance intérieure. Que l'île n'ait pas encore réussi à cerner sa vocation, son projet, j'allais dire sa « mission ». Haïti n'a pas encore émergé. C'est un pays en construction, où la terre elle-même régulièrement tremble, où le ciel se déchaîne. Quelles mystérieuses colères des éléments, quels déchaînements dont l'esprit de l'homme lui-même pourrait être responsable, tant le devenir du monde pourrait être lié à celui de l'Homme ?

L'ouragan qui s'est abattu sur Haïti en ce 4 octobre 2016 a fait près d'un millier de morts. Qu'en est-il de Dieu qui, en Genèse IX - 11, donna une assurance solennelle valable pour Noé et sa postérité : « nulle chair désormais ne périra par les eaux du déluge ; nul déluge désormais ne désolera la terre » ?
Une alliance est établie par Dieu entre Lui et l'homme — Alliance, ce mot hébreu Bérit est le centre de la plupart des versets de Genèse IX - 9 à 17 dans lesquels Dieu explicite les termes de son pacte, destinée à préserver l'humanité d'une punition trop forte pour sa constitution — et pourtant, le déluge emporte Haïti…
Que pourrait bien reprocher le « Juge - Législateur - Éducateur » à ce territoire, à cette Nation, à ce peuple pour le soumettre ainsi à ses humeurs ou ses colères ? Cette violence inouïe des éléments exprime-t-elle une « opinion » du Réel face au comportement humain ? L'occasion en tous cas de poser la question, et de refuser la « victimisation » par trop facile du paupérisme : Haïti est une nation pleine de ressources, une population jeune, forte. Qui a besoin d'une libération de ses énergies accompagnée d'une orientation, d'un encadrement, d'une élite. Et qui sait, si ces soulèvements de la Nature, au-delà des drames humains effroyables qu'ils occasionnent, ne sont pas autant d'occasions de renouveau, d'appel à un engagement plus fort pour avancer dans l'aventure historique au côté du partenaire… absolu ? Message adressé à toute l'humanité ?

Qui pourrait faire émerger le renouveau en Haïti ? Son élite, souvent en exil — puis-je vous le dire franchement ? — est comme timorée. Solidaire, mais loin des tranchées ou se déroule le véritable combat. Elle est certes révoltée, passionnée, mais conduit-elle son peuple vers une délivrance ? A-t-elle un projet ? Elle accepte honneurs, prix, et autres salamalecs. Les compliments troussés à n'en plus finir par la critique — nouveau fouet de la France pour amadouer les rebelles et les soumettre à son ordre. Et il est impitoyable, sous couvert de courtoisie, bienséance et prodigalité d'humanisme…

Saurez-vous, cher auteur — Goncourt en perspective et je vous le souhaite ! — résister à l'amidonnage de la culture conventionnée qui cherchera à vous dompter ?

Restez rebelle, cher Makenzy Orcel.
Mais être romancier ne suffit pas !
Etre rebelle ne suffit pas, car le « système » matérialiste, le pharaonisme actuel, a parfaitement prévu les espaces réservés aux rebelles… dont il s'accommode et s'amuse.
La seule rébellion possible, c'est la connexion à la Parole révélée, aux Signes.
Je crois que des auteurs comme vous sont nécessaires pour affirmer la réalité haïtienne, dans l'espace francophone. Mais aussi dans le monde. Il faut à Haïti des « voix » solides sachant déjouer les pièges du modèle civilisateur dominant.


Peut-être faut-il que l'écrivain devienne homme politique ? Un politique initié ?
Votre nom en hébreu évoque la lumière « Or » - « Aor ».
Orcel: C'est de l'or dit votre nom… et « ken » confirme en disant « oui ». Soutenu par « Maken » le bouclier, désigné dans Genèse et protégeant Abraham. Quant à Haïti, ce mot contient bien la vie : en hébreu « Haï », du verbe « Haya », être. Reconstruire l'être, tout est donc possible ! Même le miracle.

Et pour le réaliser, peut-être faut-il que l'écrivain devienne homme politique ? Un politique initié ?
Peut-être la politique sera-t-elle le territoire où votre poésie pourra s'étendre dans… le réalisme ? N'est-ce pas la vocation de la Poésie : devenir une politique po-éthique ?
Je souhaite qu'en tant qu'écrivain, vous accédiez un jour au pouvoir, dans votre pays, entouré de vos pairs, poètes et écrivains. Soyez un Moïse pour Haïti ! Il se pourrait que l'Eternel vous guide en ce sens et vous dise : « Ne crains point, je suis ton bouclier (Maken), et ta récompense sera très grande » (Genèse 15 - 1).

Vous serez toujours le bienvenu chez moi et reçu comme un ami…
Bien chaleureusement,

Dominique Blumenstihl-Roth
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PS : L'ouragan sur Haïti et la remise de prix se sont produits exactement le même jour.
L'écrivain et l'ouragan appartiennent à la même structure quantique (Haïti). Dès lors j'implique l'écrivain, en tant que particule face à son pays et inversement dans une structure unitaire.
Particule A : c'est l'ouragan
Particule A' : c'est Orcel.
ou bien le contraire… dans une même structure (Haïti) les particules séparées se comportent comme si chacune connaissait l'état quantique de l'autre (voir L'ordre cosmique).
Dès lors pour changer quelque chose sur Haïti… il faut changer son état quantique. Il faut faire tourner le "spin" dans l'autre sens… sortir de "l'ombre animale" et y opposer la lumière. Et remplacer "animale" par "humaine".

L'ouragan ayant eu un retentissement mondial, j'en déduis que ce qui doit s'imposer — dans le monde — c'est bien la "lumière humaine".

Tel est à mon sens le message de l'ouragan…

— Le secret de la France et de la Francophonie
—Message pour Michaelle Jean, Secrétaire Générale de l'O. I. F.
 

 

mardi 4 octobre 2016

La 23eme lettre de l'Alphabet hébreu. Moïse et la Solution finale. Par Dominique Aubier. Suite 3.

Un ouvrage exceptionnel de Dominique Aubier. 

Compte rendu de lecture par Dominique Blumenstihl-Roth


Cet article a été présenté en 3 parties.
Le Qorban ; Tzim Tzoum ; Louriah ; le secret de la 23ème lettre.
Le secret des Téphillin ; La Tour de Babel ; Le secret de Jacob.

3ème partie

6. Le sens de la généalogie biblique
Dans ce livre, Dominique Aubier étudie la descendance de Sem, le fils aîné de Noé. Elle dissèque les équations Sem – Arphaxad, Shelakh, Peleg, Cheroug, Therakh, le père d’Abraham. Tous ces noms de patriarches forment un discours, une harangue que la Vie prononce à sa propre attention, avec une décision, une fermeté dont Abraham sera l’héritier. Ils témoignent d’un fait : l’énergie constructive du cycle inauguré en Babel a circulé dans un canal de transmission dont ces personnages sont les balises. 
Nous suivons dans ce livre la généalogie biblique à la loupe. Il nous raccorde à la longue mémoire de l’humanité dont la Bible retrace le parcours. Abraham et son épouse, qui de leur vie écrivent une page essentielle de l’histoire humaine, intimement liée à celle du langage, au point que leur fils Isaac, selon la Tradition, représente la faculté de parler. Viennent les jumeaux Jacob et Esaü (cette gémellité combative correspond-elle au stade du deuxième jour de la fécondation, quand l’ovocyte se complexifie en deux cellules et deux globules polaires diamétralement opposés ?). La dispute sur le droit d’aînesse trouve ici une explication appuyée sur une expertise nominaliste de premier plan.

L’imperturbable réalisme du Sacré nous invite à compter le nombre de garçons qui naissent de Jacob. Treize enfants, douze garçons, une fille. Or la science observe qu’il existe douze paires de nerfs crâniens, en plus de la moelle épinière. Nouveau Qorban ! Nouveau rapprochement Connaissance et Sciences : Ce sont les treize enfants issus de Jacob. Que disent les noms des douze fils de Jacob ? Ruben, Siméon, Lévi, Judas, fils de Léa ? Dan et Nephtali, fils de Bilha ? Gad et Acher fils de Zilpa ? Issachar et Zabulon issus, eux aussi, de Léa ? Joseph et Benjamin fils de Rachel ? Sous les mots agissent les archétypes. Leurs critères sont fournis par les lettres. Supports éloquents, dit Dominique Aubier. De chaque nom, elle donne le sens. Une incitation au travers des appellations accordées à la progéniture masculine de Jacob. L’auteur situe chacun des fils de Jacob sur une fonction nerveuse qui, dans l’organisme humain, transite par les nerfs crâniens.

Dominique Aubier écarte l’analogisme primaire qui mettrait, d’une manière absurde, tout en rapport avec tout et n’importe quoi. Ainsi, elle va au-devant de l’objection que ne manqueront pas de lui opposer, d’une part les anatomistes qui ne voient rien en dehors de leur spécialité, d’autre part les littéralistes obtus qui s’en tiennent au premier niveau de lecture du texte biblique : pour juger de la réalité de l’analogie ou de son invraisemblance, il faut confronter la description de l’encéphale qu’offrent les sciences cognitives aux faits qui, dans l’histoire biblique, feraient le portrait imagé des mêmes phénomènes.

Je l’avoue sincèrement, les descriptions scientifiques qu’apportent les ouvrages auxquels la kabbaliste renvoie sont ardues. Aussi j’approuve l’auteur quand elle dit, avec son bel humour, qu’il est plus facile de suivre l’ordre des naissances quand elles se produisent dans la famille de Jacob que détecter l’origine embryologique des nerfs crâniens ! Mais le contrepoint scientifique est indispensable à la démonstration. Les points d’analogie significatifs qu’elle relève ont force de preuve.
Dirais-je que la méthode d’investigation qu’elle met en œuvre (le Qorban) est canonisée ? Faut-il préciser que le Qorban est préconisé par la Tradition, mis en acte symboliquement lors du Shabbat lorsqu’homme et femme se rencontrent ? Je l’ai dit : l’auteur percute l’un contre l’autre deux domaines de réflexion, Connaissance et sciences. Le premier brandon a pris feu. L’irradiation est prometteuse.

7. Moïse, les téphillin, le rachat du premier-né

Qui dit révélation des lettres hébraïques interpelle Moïse ! Si le moteur du judaïsme c’est l’universalité, alors le prophète, fondateur de la ritualisation est de la partie. Qu’a fait Moïse quand il met au point la pose des téphillin, le rachat du premier-né et la célébration annuelle de la sortie d’Egypte ? Quel est le sens de ces trois rituels ? 
Rien moins que sauver l’humanité, répondent les religieux. Nous sommes bien d’accord. Mais comment une série d’actes symboliques peuvent-ils agir sur la réalité du monde ? Dominique Aubier explique les effets, sur le système nerveux, sur le corps de l’individu, et sur le corps social, de la pose des téphillin. Ces rituels ont été calculés en raison de leur effet sur le système nerveux et sur la pensée. Moïse, le prophète bègue, les a conçus en fonction de leur emprise sur la chair. C’est en lui-même qu’il a vu l’ordre structurel dont le Tétragramme donne la formule.

Quant au rituel des premiers-nés : s’est-on aperçu que si l’Egypte est le pays des premiers-nés, sa langue serait-elle aussi de ce ressort ? Si l’hébreu est la langue du sens, son premier-né serait aussi une langue : celle précisément qui anime un « En-face » du royaume où règne l’alphabet. Quel est cet En-Face de l’hébreu où naît, en premier, une insurrection opposée à la direction d’essence divine ? Cherchez l’idiome et vous aurez le peuple, le pays et le drame ! Ce premier - né, pourtant, il faut le racheter à tout prix, telle fut la consigne de Moïse. Faut-il racheter le crime du bourreau ? Le judaïsme a-t-il médité tous les enseignements de cette ordonnance ?

Restons modestes devant l’immensité des souffrances. Mais soyons capables de surmonter le pathétisme, d’autant que nous ignorons, depuis des siècles, ce que Moïse a compris et prévu. Aussi ce livre est-il salutaire en ce qu’il dégage ce que l’on croyait obscur, en ce qu’il libère ce que l’on pensait inaccessible : bien des éclaircissements, qui passionneront les égyptologues, mais également tout juif intéressé par sa propre tradition, nous renseignent sur la relation profonde unissant Israël et l’Egypte. L’auteur révèle la personnalité, le courage de Moïse. Elle étudie, au moyen des lettres hébraïques, le passage biblique où Moïse décrit son handicap verbal : le bégaiement. Sémiologie d’une souffrance. Le tableau clinique de la lésion mérite d’être pris en considération par les orthophonistes, car ce qui est en cause, c’est le circuit d’un nerf crânien, le grand hypoglosse. Le diagnostic que porte l’auteur sur cette difficulté langagière (la même qui frappe tant de jeunes enfants) complétera la compréhension des professionnels du langage qui, malgré la mise au point de nombreuses méthodes correctives pratiques, restent fort démunis devant le phénomène.

8. Moïse et la solution finale

Pourquoi Moïse brise-t-il les Tables de la Loi ? Un mouvement d’humeur ? Non, dit le Zohar. Leur destruction est ressentie comme une souffrance équivalente à la mauvaise sortie de Gan Eden ! La véritable raison, c’est le retrait de la lettre Vav. Toujours et encore, les lettres hébraïques et leur sens !

Étonnant Moïse qui, au travers de son expérience de la sortie d’Egypte, a regardé loin dans les temps à venir, par le périscope de sa Connaissance. Il a vu qu’une seconde instance se produirait un jour, dans l’Histoire qui soumettrait son peuple à un joug plus redoutable encore que celui de Pharaon… 

Le prophète a-t-il su voir dans le temps se dessiner la « solution finale » qui viserait à supprimer le peuple juif ? A-t-il sû que l’épisode de l'esclavage en Egypte se renouvellerait, dans le futur et dans un autre pays ? La personne du Führer correspondrait-elle alors analogiquement à Pharaon qui fut acteur en son temps d'une première instance appelant une seconde instance conformément à la loi du Redoublement ? La « solution finale » des Nazis serait-elle la réplique, au sens de répétition aggravée, de la politique d’esclavagisme meurtrier qui sévissait sur les hébreux en Egypte ? Et la formation de l’Etat d’Israël en 1948 serait-elle la réitération de l'arrivée des Juifs en Terre sainte,  après la sortie d’Egypte et la Traversée du désert ? Une question se pose : analogie pour analogie, il resterait, pour l'Israël d'aujourd'hui, à vivre la réédition du don de la loi au Sinaï ! L'émergence d'un nouveau Moïse et d'un nouvel Aaron… L'arrivée d'une vaste explication du phénomène Israël. Et si ce livre réalisait justement cette performance souhaitée ?
 
Car voici enfin une lecture lucide de la Shoah ! Pourquoi l’holocauste ? Pourquoi le nazisme ? Qui est Hitler ? La pensée rationnelle n’a pas expliqué cette calamité. Il faut en effet éprouver ce personnage dans son essence, si l’on veut comprendre comment la figure d’Hitler a pu s’installer dans l’aura charismatique la plus puissante, dans le cadre lyrique de l’héroïsme national germanique et y faire figure d’icône. L’auteur analyse les noms au filtre de l’hébreu : le sens se trouve dans la symbolique des lettres. C’est donc lettre à lettre, grâce aux glyphes hébraïques qu’elle mène l’enquête sur l’identité du Führer. Quelle est sa neshama ? Hitler, reflet karmique de Pharaon ? Dominique Aubier procède à une enquête kabbalistique des éléments biographiques du dictateur, elle étudie sa numérologie, dévoile l’essence de son satanisme.

Lumineuse lecture de l’antisémitisme ! L’objectif nazi est de tuer jusqu’au dernier B’nei Israël de manière à ce que leur génie ne soit plus l’effet du souffle hébreu afin d’en prendre la place. Le défi s’adresse au principe de Création. Sans minimiser la souffrance d’autres peuples ayant subi des génocides, la spécificité du génocide juif réside dans ce principe. Ce qui justifie l’attitude juive dans sa revendication d’un génocide d’exception, c’est le fait qu’au travers de son existence, l’acte divin de la Création en ait été l’objet. La disproportion métaphysique s’ajoute à l’insoutenable de la tragédie vécue.

Dominique Aubier étudie la ressemblance entre l’hébreu et l’allemand au titre de la dialectique cerveau caché / aire somatosensorielle. Elle décape les conceptions de certains linguistes qui mettent le Gange au nombre des fleuves qui sortent d’Eden pour arroser le jardin germanique. Elle retrace l’histoire de l’espièglerie intellectuelle qu’a été — et qu’est toujours — la thèse de l’indo-européen, cet antique et introuvable indo-aryen d’origine inventé de toute pièce. Or, écrit-elle, « le nazisme s’appuiera sur cette thèse, opinion qui a gagné les écoles et les universités. Elle y fait toujours excellente figure, enseignée de nos jours encore comme vérité établie ». Autre mise au point : l’auteur affirme que l’invention de la méthode globale d’apprentissage de la lecture n’est pas sans rapport avec la conviction aryaniste. Sa logique valorise l’unité verbale, le mot, et réfute la notion d’alphabet comme base engrammatique propre au cerveau, fait essentiel de la doctrine biblique. La méthode d’enseignement globale est donc clairement d’essence négationniste au regard de l’alphabet. De quoi faire grincer des dents certains pédagogues ? La négation des lettres au profit de l’incertitude orthographique des syllabes avance une méthode allant à l’encontre de l’évolution phylogénétique de l’espèce humaine dont la cérébration s’effectue autour de la reconnaissance du projet lettrique. L’Education Nationale aura-t-elle le courage de rétablir les priorités ?

9. Voir clair dans l’unité
 
Le dernier chapitre de cet ouvrage magistral conclut sur les travaux du systématicien Gregory Bateson dont l’auteur salue les efforts tendant à trouver, par la voie scientifique, le diamant du sens. Elle rend hommage à ce chercheur et sa fine perception des phénomènes de symétrie. Cependant, ajoute-t-elle, faute d’être rendu à l’unité, ses spéculations se heurtent à l’absence d’une donnée essentielle. C’est bien là tout le problème de notre culture mondiale : le principe d’unité ne lui est pas connu. La science en recherche la formule depuis plus d’un demi-siècle et les philosophies ne souhaitent même plus l’obtenir… Mais il y a la 23e lettre ! C’est elle qui détient le savoir qui permet de voir clair dans les procédures infaillibles de l’unité. C’est en ayant recours à elle que se rétablissent les normes fixes du réel. Signe de royauté structurelle, cette lettre possède la force d’apaisement qui accompagne l’intelligibilité de toute chose.

Cet ouvrage de Dominique Aubier constitue une œuvre de haute vertu civilisatrice. Il est le fruit d’une percutante rencontre. La science est remise à sa juste place, dans le cadre de la procédure efficace, hautement initiatique. L’alphabet hébreu est établi dans son ontologie. Cette confrontation Connaissance et sciences, dans le respect scrupuleux de la priorité initiatique sur la démarche spéculative suscite, dans l’esprit du lecteur, la joie d’un Qorban intérieur : un arc électrique foudroyant tendu entre deux électrodes.

Ce livre offre un apaisement, une réparation universels, des retrouvailles avec soi-même. Une vision de l’histoire nous engageant au progrès, à la sublimation des blessures, à l’élévation de notre être par la conscience.

La 23e lettre de l’Alphabet Hébreu
, 
par Dominique Aubier. 
418 pages. 16,5 x 24 cm. Ed. M.L.L./ La Bouche du Pel. 54 € 


La 23è Lettre de l'Alphabet hébreu est le premier tome du triptyque La Haute kabbale de l'Eternité.
Tome 1. La 23è Lettre de l'Alphabet hébreu.
Tome 2. La Porte de L'Inde.
Tome 3. La Porte de France.

Tous les livres de Dominique Aubier sont disponibles ici :


Les explications données dans ce texte et parues sur ce blog peuvent être reprises mais leur source doit être citée : "car celui qui ne cite pas ses sources empêche le messie de venir" (Pirké de Rabbi Eleazar).

Je remercie les mécènes qui soutiennent ce blog.

MLL - La Bouche du Pel
BP 16
27 240 DAMVILLE


 

jeudi 29 septembre 2016

La 23è lettre de l'Alphabet hébreu. Le secret de Jacob. La Tour de Babel. Le secret des tephillin.

Un ouvrage exceptionnel de Dominique Aubier.



2ème partie

 
3. Jacob, Rachel, Beniamin et la 23e lettre hébreue .
 
Les questions que pose Dominique Aubier sont pertinentes. D’autant qu’elles n’ont jamais été solutionnées clairement par les spécialistes : que fait Jacob quand il efface de la bouche de Rachel le nom de Ben Ony ?
בו – אוֹני

et pourquoi impose-t-il celui de Beniamin ?

בוימין

Autre question : Quel est le sens des téphillin ? Quel est le sens des phylactères de tête, des phylactères de bras ? Que signifie ce symbolisme ? Et cet alphabet hébreu ! Quelle est sa puissance ? Quelle est son origine ? Quelle est sa fonction ? Quelle est cette 23e lettre dont le judaïsme moderne semble taire l’existence au point de l’effacer des récentes éditions officielles de la Bible ? "La 23e lettre est la charte fonctionnelle du cerveau", répond l’auteur. Et la science vient en contrepoint vivifier la vraisemblance du propos. 

Les lettres hébreues sont les algorithmes de l’universel. La conscience éblouie aperçoit sous la dentelle des mots et des lettres le tracé obstiné d’une pensée intelligente qui raconte comment se forme un cerveau. C’est ainsi que l’alphabet apporte le sens, par là où d’emblée sa puissance ontologique libère les critères cérébraux associés à ses signes.

« La 23e lettre est le fruit de la promotion interne que l’alphabet réalise en éjectant les valeurs qui l’habitent ». Elle est toujours là où l’alphabet détend ses composantes de l’Alef au Tav… Par son intermédiaire la vérité créatrice se rend disponible, manipulable par la conscience humaine. C’est exactement ce que la méthode initiatique organise dans un esprit averti. La 23e lettre, parce qu’elle est sans défaut par rapport à l’alphabet en délivre le sens. Elle le peut parce qu’elle est l’ombre cérébrée de l’alphabet. Ainsi, en reportant cette lettre sur le référent cérébral, l’auteur étudie la portée des événements qui entourent le blocage de la 23e lettre à Ghibéa. Elle détermine le lieu de la déchirure et sa répercussion : L’atteinte aurait porté sur la partie du nerf crânien irriguant l’hémisphère « qui Fait » dans la physiologie du cycle en formation.

4. Le locuteur universel
 
Pour Dominique Aubier, la voix du cerveau s’exprime dans l’alphabet hébreu, et les catégories, ce sont les archétypes. Les lettres en épousent les contours. Il y en aura autant qu’il y a de lettres dans l’échelle alphabétique et même plus, car les espaces entre les lettres abritent aussi des dynamismes. L’ensemble définit un statut fonctionnel précis, une véritable métabolisation des automatismes de l’Absolu. L’auteur de préciser qu’ « un Verbe initial suscite les langues parlées à partir de l’alphabet hébreu et de son système, précédant la création organique de l’être doué de parole ». 

En résumé : nous avons tous en nous l’alphabet hébreu, récepteur du message divin tel qu’il s’adresse à nous à tout instant. Selon Dominique Aubier, (et cette thèse remet en cause les postulats de nombreux linguistes), les langues créent les territoires où elles se parlent et non l’inverse. Elle en déduit que les langues ont, de ce fait, une place génésique dans le flux original de la Création. À chacune son prestige, son territoire, sa mission.

L’hébreu initial, en son privilège de langue fondatrice du pouvoir de connaître, corollaire de la vie, émet successivement diverses langues. Parmi elles, il y en aurait une, proche de l’hébreu, tandis que les autres en seraient progressivement plus éloignées sans que la liaison se rompe. Quelle est cette langue issue d’une projection sur l’aire somatosensorielle ? On le saura en lisant le livre…
 

5. La Tour de Babel  
L’histoire des langues nous amène tout naturellement à l’épisode biblique de la Tour de Babel. Le peuple, longtemps en errance, arrive à Sennar. Là, il décide de construire une ville et une tour faite de briques au lieu de pierres. L’auteur sonde en détail, mot après mot, lettre après lettre, le texte hébraïque de cet épisode. Elle ouvre toutes les équations du rébus de la Tour de Babel, en hébreu Migdal.
מגדל

L’enseignement de la Tour de Babel nous rappelle que, lorsque le comportement humain se fonde sur le négationisme de l’esprit, le Créateur, en son immanence YHVH, loin d’intervenir, laisse agir le système qu’Il a mis en place. Les habitants de Sennar l’apprennent à leurs dépens. Sommes-nous, aujourd’hui, logés à la même enseigne ? En serions nous là, une nouvelle fois, dans le cycle civilisateur, prisonniers d’une pensée aussi fausse qu’enfoncée dans la matière ? Le Créateur permet-il à l’Homme d’user de sa liberté, de commettre toutes les erreurs, lui laissant l’entière responsabilité de son destin, tandis que le Système et ses lois, imperturbablement, déclinent leurs échéances ?


Comment nous inscrire dans les orientations évolutives du cycle qui tendent vers la conscience ? Comment éviter de nous attarder dans les stades, parfois confortables mais révolus de la pensée ? Comment mettre aux normes et actualiser nos catégories ? La lecture que fait Dominique Aubier de l’épisode Babel est puissante. Une fois de plus, c’est dans le repli des lettres hébraïques qu’elle débusque le sens du texte biblique. Elle procède à un rapprochement percutant — encore et toujours le Qorban initiatique — de cet épisode avec l’embryogenèse ! L’analogie est exacte. Elle reconnaît, dans l’histoire de la formation d’une cellule vivante, le processus du Tz(i)mtzoum cher à Louria. C’est en détail qu’elle suit les séquences constructives de l’embryon, en parallèle avec le texte biblique relatant l’installation du peuple à Sennar. Babel a été un ratage historique. Une erreur évolutive, une brisure. Un Tiqoun, une réparation est-elle possible ? Une réconciliation universelle est-elle ensisageable ? Et si ce livre, précisément par sa force explicative, apportait la puissance d'un Tiqoun réparateur de dimension universelle ?

Suite de l'article ici :

Si ce livre vous intéresse :
LA 23ème LETTRE DE L'ALPHABET HEBREU

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La 23è Lettre de l'Alphabet hébreu est le premier tome du triptyque La Haute kabbale de l'Eternité.
Tome 1. La 23è Lettre de l'Alphabet hébreu.
Tome 2. La Porte de L'Inde.
Tome 3. La Porte de France.

Tous les livres de Dominique Aubier sont disponibles ici.
 
 

dimanche 25 septembre 2016

L'Ordre Cosmique. Dans quel univers vivons-nous ? Livre de Dominique Aubier

L'ORDRE COSMIQUE
Par Dominique Aubier, éditions M.L.L.



Qu’est ce que l’homme dans le Cosmos ? Dans quel univers vivons-nous ? Quel est notre avenir ? Les scientifiques répondent-ils à ces questions? Les astrophysiciens savent qu'ils ne touchent pas à l'instant zéro de la création. Les conditions initiales leur restent cachées: avant 10 puissance -32 que se passait-il ? Pour le savoir, faut-il envoyer dans l’espace un satellite dont la vision se heurterait aux frontières de la matière ? N’existe-t-il pas une méthode plus subtile — et moins chère — que l’approche matérialiste qui nous permettrait de comprendre l’Univers ?

Dominique Aubier est une spécialiste du décryptage des textes hébraïques. Cette "Champollion" moderne, qui nous a hélas quittés il y a peu, a consacré une quarantaine d'années à déchiffrer les secrets de la vie. Sa pierre de Rosette est l'alphabet hébreu. Elle nous invite à pénétrer l’énigme de l’Univers à travers la lunette astronomique dont a disposé Moïse lorsque le Buisson Ardent lui révéla l’identité de l’Etre suprême. Et quel télescope ! Dominique Aubier ouvre le dossier cosmologique de Genèse, libère le sens de chaque mot du texte biblique, décrypte chaque lettre composant les mots et les rattache aux normes du système créateur, le système Alef, libérant ainsi le sens exact.
La méthodologie est pertinente. En effet, loin de rejeter la Science, l’auteur de L’Ordre Cosmique propose une méthode irrésistible en cela qu’elle utilise le savoir objectif en l’associant aux enseignements sacrés. En redoutable Célestine, elle organise les fiançailles des deux modalités réflexives. D’une part les données des traditions, dont l’auteur a actualisé le propos, d’autre part le savoir scientifique le plus moderne. Le rapprochement de ces deux lectures du réel, sous les directives intellectuelles que fournit la Connaissance, aboutit à ce prodige : la nature du Cosmos devient intelligible et avec elle, la place de la Terre et de l’Homme dans l’Univers.


1. La double lecture

 Dominique Aubier est une récidiviste. Dans son livre, La Face cachée du Cerveau, elle recense la trentaine d'archétypes, que l'on retrouve dans toutes les connaissances sacrées et les mythologies. Ces archétypes sont utilisés, dans L’Ordre Cosmique, pour décrypter les deux premiers versets de Genèse. Il est donc clair que pour aborder ce livre, il faut être prêt à « loucher » entre deux lectures — le strabisme convergent s’impose… Commencer, donc, par La Face cachée du Cerveau. Cet ouvrage-ci donne le code universel dans sa façon de s’appuyer sur la substance contrôlable du cortex, actif dans la créature parlante. Dominique Aubier applique la connaissance des critères universaux mis au clair — que le célèbre Sorcier amérindien Juan Matus, le maître de Carlos Castaneda appelait les noyaux abstraits— à la constitution des quarks, la formation du tableau périodique des éléments, l'apparition de la lumière, des galaxies ou des hommes.

Avec ce système, elle propose des explications à la dizaine d'énigmes sur lesquelles butent toujours nos scientifiques: le paradoxe EPR, le principe d'exclusion de Pauli, la qualité ondulatoire et corpusculaire de la matière... Question de langage, de méthode. Question de serrures dit en somme Dominique Aubier qui a l'audace d'affirmer que les lois universelles que la Science recherche seraient contenues dans les deux premiers versets de Genèse. Sans être une adepte de quelque religion, si ce n’est celle de l’intelligence, elle aborde ces deux versets en hébreu, décortique chaque mot, chaque lettre. Les dénombre, les permute, et en fait une analyse lexicale et symbolique de premier ordre. Et que nous dévoile cette double lecture?  

L’Ordre Cosmique est un précieux grimoire! Non seulement ce livre dévoile les plus anciens secrets initiatiques, mais condense toutes les thèses scientifiques les plus récentes. Des dizaines de scientifiques les plus renommés sont cités, parallèlement aux plus grands maîtres de la tradition. Les dernières découvertes de la biologie, de l'astrophysique, de la physique et de la paléontologie sont confrontées… aux révélations de la Kabbale. Étonnant aller - retour qui répond aux questions les plus cruciales de notre temps. La thèse biblique tient tête aux découvertes scientifiques les plus pointues. Mais c’est à grande hauteur qu’il faut monter pour assister à la collusion.

2. Un modèle unique régit tout dans l'univers.
La clé du réel est en effet enfouie sous le texte de Genèse. Dominique Aubier en ouvre les premiers versets, lettre par lettre et en donne le sens, accordé et confronté à l'astrophysique, la neurologie et l'embryologie dont elle s'avère une experte avertie.

Elle nous explique qu'un logiciel Universel, habité d’un système, est à la base de tout le Réel. Ce logiciel originel, traversé par l’énergie du système Alef, reproduit son principe d’origine aboutissant, en fin de parcours évolutif, à la métabolisation d'un cerveau parlant. L’Homme, créature terminale sur l’arbre phylogénétique, porte dans sa boîte crânienne l’organe qui restitue les données premières. C'est la Loi de l’éternel retour. Ce qui est au commencement resurgit à la fin d’un cycle. L' Univers s’est donc développé selon des lois visibles dans le fonctionnement et l’anatomie cérébrale. Et c'est là que commence une nouvelle et passionnante investigation, au cœur de nos cerveaux, confrontés à l'astrophysique !

Tout le secret se trouve dans notre petit encéphale humain doté de parole. Avec ses deux hémisphères spécialisés, son développement embryogénique en deux temps, sa formation et son fonctionnement, il restitue la donnée initiale. Sa structure à six couches est analogue au principe créateur. Toute structure, tout cycle se déploie en 2 instances évolutives, sur 4 niveaux d'organisation et en 6 étapes exactement comme notre cerveau. Et toujours, la dualité gauche et droite. L'Univers où nous vivons n’est que l'hémisphère Qui Fait d’un méga-cerveau. Notre Univers, notre hémisphère, reçoit ses instructions de l'autre hémisphère, celui Qui Sait, qui parle mais ne fait pas.
Selon la thèse biblique, le Cosmos est donc l’hémisphère Qui Fait d’un cerveau primordial dont le système actif reste sous la gouverne de son Créateur, donneur d’énergie. Et la Terre? Un point anodin perdu dans au sein d’un tissu piqué de galaxies, comme le croient certains scientifiques ou au contraire… le lieu privilégié, calculé et prévu pour abriter le phénomène de la conscientisation ?
 
La Terre est habitée par cette créature parlante qu’est l’Homme, surgie au terme d’une évolution qui avait pour but de constituer un être doué d’un cortex à six couches, capable de nommer et de retrouver ce qui est à son origine. 
La présence de la parole est ce qui caractérise la Terre. Elle est, pour le Cosmos, l’équivalent de la zone de phonation dans un cerveau… Elle est le point unique qui a été visé par l’énergie évolutive, l’aboutissement du Premier Echange Latéral  entre le Qui Sait et le Qui Fait  cosmiques. Elle est comme le premier neurone dans un cerveau touché par la fonction énergisante du Verbe. "Sur la croûte terrestre", précise Dominique Aubier, "la zone de phonation est localisée en Israël, lieu de captation idéale du Verbe divin. Pour faire comprendre la vérité, il faut utiliser son langage, le langage de la Création. Il se trouve que le Réel parle hébreu et que l’hébreu tient tout entier sur son adhésion ontologique au système Alef. L'hébreu est la seule langue au monde dont les vocables dévoilent la vérité structurale concernant la chose qu'ils nomment."

3. L'Univers vient de naître !
L’Homme doit comprendre de quoi est fait l’Univers. Il doit se comprendre lui-même, découvrir le sens de son existence. Non par des spéculations philosophiques hasardeuses, mais par une réflexion qui intègre la connaissance des lois du Réel. Et nous en sommes, aujourd’hui, à devoir vivre cette sommation. 


L’Humanité doit maintenant assurer la captation du message dont elle est elle-même le produit. Elle possède le cerveau capable de parole et de conscience qui lui permet de récupérer la donnée initiale. Notre société technologique en fournit-elle le moyen? Le progrès en est au point d’absurdité qui le pousse à développer des monstruosités: le clônage, les organismes génétiquement modifiés, le nucléaire à outrance considéré comme seule source d’énergie. L’égarement de l’économie dans le délire de l'argent pour l'argent, la pensée unique qui s’impose mondialement. Autant d’impasses où notre civilisation se fourvoie. Un mur contre lequel elle s’écrase. 
Mais à quoi bon dresser le diagnostic du désastre si nous n’apportons pas de solution? Penser autrement, tout le monde en convient. Mais comment faire pour donner corps à cette quête du sens?

Il existe des procédures bien spécifiques connues dans toutes les traditions, écrit Dominique Aubier : en fin de cycle, il est vital que l'énergie ne poursuive pas sur la voie sans issue. Aujourd’hui, la branche évolutive qui soutenait la réussite matérialiste n’est plus inervée. L’énergie a quitté le côté qui Fait et a basculé côté qui Sait dans le cycle où loge l’essor civilisateur. Transfert obligatoire, conforme au programme divin. Nous n’avons d’autre choix que suivre l’énergie évolutive, ou mieux, la chevaucher. 

Concrètement, pour se sortir de la crise mondiale, un Stop est à marquer qui met fin à ce que la Science appelle l'entropie. Marquer le Stop est une règle archétypale. Une obligation inévitable. Et la liberté humaine ? Elle est exquise, selon Dominique Aubier, car elle engage la prise de conscience et la responsabilité totale de l’Homme. C’est de lui que dépend le sort de la planète et du cosmos. "Ou faire triompher le système Alef ou continuer à délirer en dehors de l’espace vital que nous assigne la réalité", poursuit l’auteur. L’alternative est simple . Ou l’on continue à pousser l’énergie dans l’impasse du Qui Fait culturel où la Science s’achève en technologie destructrice d’humanité, ou l’on accepte d’écouter courageusement la Connaissance sacrée dans sa manière de solliciter le Savoir théorique proposé par la Science… 

4. L'Union des Contraires
Il existe donc un véritable protocole de survie: les traditions du Monde le connaissent et préconisent de le suivre scrupuleusement: en fin cyclique, marquer un arrêt, boire le message du passé, en actualiser les données, associer la gauche et la droite en une Union des Contraires pour la meilleure relance vers l’avenir. 
L'Union des Contraires est une norme essentielle. Qu’il nous suffise d’observer l’actualité pour nous apercevoir que le rapprochement des opposites est bien à l'ordre du jour, entre l'Est et l'Ouest, entre Israéliens et Palestiniens, entre les deux Corée. Mais celui qu'il est important d'accomplir, c'est de rapprocher les deux visions antagonistes du réel, entre Science rationaliste et Connaissance traditionnelle. Ces deux entités doivent coopérer, s’unir et façonner une ultime vision de la Réalité qui puisse se proposer à l’humanité entière si nous ne voulons pas entrer dans un nouveau cycle en claudiquant.
 
L’Ordre cosmique est un code d’application des critères initiatiques. Il propose une refonte totale des critères de pensée. Il libère une vision du Réel qui donne sens à la vie. Une boussole rigoureuse pour s’orienter dans l’inconnu. Le viatique permettant la mise en place effective de la civilisation de l’universel. Faut-il préciser que ce livre est agréable à lire ? Dominique Aubier parle et l’on entend son accent provençal entre deux montées en pic au sommet de l’intelligible. Mais l’écriture sauve du vertige, toujours gaie, précise et vécue. Un livre mais aussi une vie, une vie qui se raconte par la pensée qu’elle a levée.

L’Ordre Cosmique, par Dominique Aubier 490 pages, 18 x 24 cm, livre cousu, serti dans une admirable couverture conçue par Jean-Louis Espilit, représentant une déesse chevauchant le lion cosmogonique, d’après un manuscrit indien du XVII°siècle, sur autorisation de la Pierpont Morgan Library, New York, édité par M.L.L. BP 16 - 27 240
DAMVILLE.



Votre mécénat est précieux !
A découvrir : "Le devenir du Monde est lié à celui de l'homme".
 Livre de Dominique Aubier.

jeudi 22 septembre 2016

La 23è lettre de l'Alphabet hébreu. Par Dominique Aubier

La 23e lettre de l’Alphabet hébreu
Un ouvrage exceptionnel de Dominique Aubier,
Edité par M.L.L. / La Bouche du Pel


Compte-rendu de lecture, en trois parties : Dominique Blumenstihl-Roth
 

Première partie
la deuxième partie est publiée ici :
La 23è Lettre de l'Alphabet hébreu. Le secret de Jacob. La Tour de Babel.


1. La 23e lettre de l’Alphabet hébreu


Dominique Aubier est connue pour ses ouvrages consacrés à l’alphabet hébreu. Elle est l’auteur d’un livre qui, depuis plus de 40 ans, fait autorité en la matière : Le Principe du langage ou l’Alphabet hébreu. Elle y dévoile non seulement la symbolique des lettres, mais elle situe chaque lettre dans l’édifice structurel que forme l’alphabet. De chaque lettre, elle extrait le sens exact, dont le glyphe est la représentation. Elle explore les relations qu’entretiennent ces lettres avec la structure et le système cérébral humain. En effet, pour Dominique Aubier, l’alphabet apporte le sens, par là où d’emblée sa puissance ontologique libère les critères cérébraux associés à ses signes.

Dans La 23° Lettre de l'Alphabet hébreu,  l'auteur aborde la 23e lettre inconnue. Ou plutôt : une lettre fort connue des grands kabbalistes (ils sont rares).
Cette lettre, l’auteur du Sefer Ha Temouna la mentionne. Elle serait d’importance capitale pour l’avenir de l’humanité. Cervantès, à son tour, la signale à couvert d’une autre lettre dont il fait spécialement couler la fonte et dont la forme particulière apparaît dans l’édition originale de Don Quichotte de 1605. Quel est le sens de ce glyphe qui n’apparaît qu’une seule fois dans la Bible, dans un verset crucial d’un chapitre de Juges qui conte la tragédie de Ghibéa ? 

D'emblée une précision : la 23è lettre de l'alphabet hébreu n'est pas le Schin à quatre branches qui se trouve dans les téphilin. Le Schin à 4 branches est un Schin à part entière, auquel s'ajoute un quatrième niveau d'organisation, mais qui n'en fait pas une lettre à part. La 23è lettre est une véritable lettre dont le graphisme ne se confond avec aucune autre.


2. Une méthodologie initiatique : le Qorban

Dominique Aubier se tourne vers la science : un domaine de réflexion qu’elle convoque en partenariat de son enquête. Méthodologie pertinente et initiatique du Qorban : le Rapprochement. C’est en frottant deux morceaux de silex l’un contre l’autre que jaillit l’étincelle. Les résultats de la confrontation sont extraordinaires. L’apport de la pensée scientifique est considérable, d’autant que d’importantes recherches dans le domaine de la neurologie ont permis de détecter les zones cérébrales relatives au langage. Les découvertes les plus récentes font état de trois zones spécialisées, l’aire de Broca, l’aire de Wernicke, et une troisième région appelée SMA. C’est dans cette troisième zone que s’insèrent ces pensées qui ne sont pas exactement les nôtres quand elles nous traversent… Ce « mou du monde » à propos duquel Spinoza, dans son Traité de l’amendement de l’intellect pensait qu’il était nécessaire qu’il y ait quelque fondement qui dirige nos pensées… Dominique Aubier précise que la règle du Sacré incite à supposer qu’il existe une troisième aire du langage, pourvoyeuse du sens : Trois parce que c’est la loi pour toute matérialisation déposée. La logique s’y retrouve : une aire pour donner le sens, une deuxième pour le gérer, une troisième pour l’utiliser. Les travaux des chercheurs sont édifiants : Damasio, Edelman, Changeux, Sacks : tout converge vers la thèse selon laquelle il doit exister un langage de l’Universel. Un locuteur général qui justifierait l’existence de nos facultés communicatives. Quel est ce Locuteur ? Cette langue universelle serait donnée d’emblée, localisée dans un lieu propice de l’anatomie cérébrale, dans cette troisième zone du langage responsable du sens. Cette langue, serait-ce l'hébreu ?

Forte des appuis que la science du cerveau déverse au moulin de la Connaissance et dotée de l’instruction kabbalistique, Dominique Aubier procède à une lecture de la mission abrahamique : elle sonde les noms du patriarche et son épouse Sarah. Elle étudie la lignée d’Isaac par rapport à celle d’Ismaël. Une clé vitale pour comprendre l’Islam et ses erreurs. Elle relève les rôles essentiels tenus par les femmes. Sa lecture nominaliste porte sur les patronymes des héros bibliques : qui est Rachel, qui est Léa ? Quels sont leurs mystères, leurs missions ? Que représentent-elles dans le parcours du judaïsme — voire de l’humanité ?

Dans un admirable chapitre, l’auteur procède à une palpation exégétique des noms des douze fils de Jacob. Ces douze garçons sont annonciateurs des tribus appelées à tenir l’emploi des douze paires de nerfs crâniens, dans la corporéisation du cycle civilisateur. Elle affronte l’énigme de Joseph. Fidèle à sa méthode du Qorban, elle établit l’homologie entre les fils de Jacob avec la distribution des nerfs crâniens dans le cerveau : Ruben sur le nerf optique, Schiméon sur le nerf auditif, Joseph sur le nerf vague, Benjamin sur le grand hypoglosse. Or, écrit-elle, à Ghibéa, la tribu des Beniamites est en cause ! Qu’est-il arrivé au grand hypoglosse, le douzième nerf crânien correspondant à cette tribu, quand, à ce moment du cycle consigné dans Juges XX, 13, elle fut quasiment détruite ?

La 23e lettre, en effet, est stoppée au verset 13, alors que le vécu était chargé d’en saisir le motif et de l’introduire dans le capital spirituel de l’être humain. Ensuite, les guerres font que le nerf des Béniamites se retrouve sectionné, à la fin des événements relevés par Juges XX. Quel lien de l’un à l’autre ? Quelle collusion anatomique ou fonctionnelle ?

Dominique Aubier se reporte aux ouvrages des neurologues les plus érudits, comme le professeur Antonio R. Damasio qui décrit la région qu’il estime décisive dans l’activité mentale. Damasio, un brillant scientifique qui exploite bien des notions… de kabbale hébraïque qu’il emprunte (sans le savoir ?) à Spinoza ! L’occasion d’une mise au point : Dominique Aubier établit formellement le lien entre Spinoza (1632-1677), Louriah (1534-1572) et Cervantès (1547-1616).

Elle revient à son investigation des fonctions cérébrales et s’interroge sur un phénomène alarmant, relevé par les spécialistes : le corps calleux, cette partie du cerveau assumant la liaison des deux hémisphères a statistiquement (un enfant sur cent) tendance à disparaître chez les nouveaux-nés actuels ! Comment expliquer ce phénomène ? Seraient-ce les prémices d’une régression phylogénétique de l’espèce humaine dont les violences dans les banlieues analphabétisées seraient déjà l’expression ?



La 23è Lettre de l'Alphabet hébreu est le premier tome du triptyque La Haute kabbale de l'Eternité.Tous les livres de Dominique Aubier sont disponibles ici .

samedi 27 août 2016

La Francophonie et ISRAEL. L'Organisation Internationale de la Francophonie et Israel…

Israel et la francophonie. Une nécessaire réparation…

Il y a quelques temps, c'était en 2014, je me suis rendu à Paris où j'étais invité par le Général des Armées Jean-Louis Georgelin. Il me conviait à l'occasion de la remise des insignes de Grand'Croix de la Légion d'Honneur à la Gouverneure Générale du Canada, Mme Michaëlle Jean.

Voici le carton d'invitation pour ceux qui en douteraient.


J'en suis fier. Mais bon, il n'y a pas de quoi pavoiser non plus et restons modestes.

Michaëlle Jean est actuellement la Secrétaire Générale de l'O.I.F. (Organisation Internationale de la Francophonie) et comme nous sommes des amis de longue date, elle a demandé que je vienne, confirmant ainsi notre connexion.
Nous nous sommes rencontrés au Canada, il y a une trentaine d'années.
À l'époque, j'y étais allé dans le cadre d'une mission du Haut Conseil de la Francophonie, et c'est le regretté poète et président Sénégalais, Léopold Sédar Senghor qui m'avait mandaté. Il s'agissait de rencontrer les écrivains et poètes québécois pour créer une synergie culturelle entre nos pays. Je devais aussi rencontrer les amérindiens francophones et leurs associations représentatives (les Montagnais, Crees et Naskapis autour du Lac Saint-Jean, Natashquan où j'étais reçu chez le chanteur Gilles Vignault, Malioténam, et le Grand Nord) pour préparer leur entrée dans le Conseil de la Francophonie dont L. Senghor était le président.
Le grand poète et chantre de la Francophonie avait confiance en moi. Il avait apprécié et préfacé mon premier recueil de poésie, considérant que l'acte poétique était garant de compétence.
C'était une époque où la francophonie était électrisée par une puissante énergie.
Depuis cette époque, Michaelle et moi sommes restés de très bon amis et chaque fois qu'elle vient en France, elle me rappelle chaleureusement à ce bon souvenir de notre bande d'amis. Cette amitié nous projette dans l'avenir et de nouveaux projets sont en cours.


À la réception de la Légion d'Honneur, il y avait M. Lionel Jospin, ancien Premier Ministre, l'Ambassadeur du Canada, Mme Irina Bokova, la Directrice générale de l'Unesco, M. Luc Plamandon (le célèbre compositeur québécois de "Notre Dame de Paris") et le corps diplomatique canadien. Voilà pour le cadre très officiel.

Brisant quelque peu la solennité, j'ai profité de l'occasion pour parler à Michaëlle hors protocole et lui glisser quelques idées, pour sa mission au sein de l'O.I.F. dont elle est devenue la nouvelle dirigeante.
L'O.I.F. réunit en effet l'ensemble des pays francophones — ou presque.

 "Il serait intéressant, lui ai-je dit, de faire entrer dans cette organisation un hôte de marque qui, jusque là, subit une exclusion. La francophonie se veut universelle, mais comment pourrait-elle se prétendre universelle si elle exclut un pays ?"
Elle m'a regardé, un peu surprise. Et comme elle voulait en savoir davantage, j'ai poursuivi :
— Il s'agit… d'Israël, ai-je dit à Michaëlle.
— Une sacrée affaire, donc…
— Oui, c'est un vaste chantier, parce que la France, mais plus généralement la francophonie, ne peut se passer du branchement sur la Terre Sainte. Par rapport à l'O.I.F.,qui est un organisme démocratique, il te faudra convaincre un à un tous les pays membres, car comme tu le sais, l'adhésion d'un nouveau membre doit se faire à l'unanimité. Curiosité entre toutes, certains pays "très francophones", et très "démocratiques", comme le Qatar, sont admis comme des observateurs à l'O.I.F. Même le Soudan y a ses entrées. Tandis qu' Israël, avec ses 700.000 locuteurs francophones (estimés et 430 000 recensés), est prié de rester dehors…
— Pourquoi ?
— Parce qu'il existe un veto libanais qui bloque la proposition. Ainsi, Israël, premier pays francophone au Proche-Orient, seule démocratie véritable de cette région du monde, est exclu de l'O.I.F. La France y est certes favorable, (très mollement, car elle a peur de contrarier certaines suceptibilités pétrolifères).
— Il faudra développer une vaste diplomatie pour dissoudre les obstacles, m'a fait comprendre Michaëlle. Un sacré travail, dans tous les sens du terme…

Au cours des semaines suivantes nous avons eu d'autres échanges… et j'ai écrit à Michaëlle, citant Mardochée s'adressant à la reine Esther (Esther 4, 14) : « qui sait, et si c'était pour une occasion comme celle-ci que tu es arrivée à la royauté » ? Peut-être, après avoir été la Gouverneure générale du Canada, n'as-tu été désignée à ce poste prestigieux à la direction de l'O.I.F. que pour accomplir une mission bien spécifique concernant la marche du monde ? En l'occurence, faire entrer Israël dans la Francophonie, parce que la Francophonie internationale ne peut pleinement agir aussi longtemps que la rose d'Israël n'y sera pas accueillie. C'est un acte symbolique très important, dont les répercussions politiques au niveau mondial seraient immédiates. Ce serait un acte à la hauteur de la mission francophone, la preuve de son universalité. Ce serait choisir la voie de l'ouverture, de l'avenir, de la lumière. La francophonie se doit d'être puissamment reliée à Israël, cela est conforme à la prophétie Obadia qui compromet "Tzarfat", le nom de la France en hébreu, bien lisible dans la Torah, au côté d'Israël, bien avant que la France n'existe : une extraordinaire prophétie à laquelle la France ne peut échapper.

 Voir : Le Secret de la France. 

La France, contrairement à ce que s'imaginent certains politiques, n'est pas "une idée".
C'est un territoire, une langue, une culture, une vocation, une mission. Son nom figure en toutes lettres dans la Torah, dans la prophétie Obadia qui en donne l'exacte portée :

- וְגָלֻת הַחֵל-הַזֶּה לִבְנֵי יִשְׂרָאֵל אֲשֶׁר-כְּנַעֲנִים, עַד-צָרְפַת, וְגָלֻת יְרוּשָׁלִַם, אֲשֶׁר בִּסְפָרַד--יִרְשׁוּ, אֵת עָרֵי הַנֶּגֶב


La France et la Francophonie sont intimement liées à Israël.
La France a un rôle essentiel à jouer dans le processus révélatoire : une fonction explicative de mise au clair unissant la Science et la Connaissance. Autrement dit : une mission messianique. C'est cela, le "grand dessein" de la France et de la Francophonie?

"La difficulté, pour lier Israël et la francophonie n'est pas seulement politique, ai-je écrit à Michaëlle. Elle est ontologique, c'est-à-dire qu'elle a des racines anciennes très profondes. C'est l'éternelle lutte entre Ismaël et Isaac, les deux fils d'Abraham.
Le différend transgénérationnel entre Ismael et son frère Isaac se perpétue, et c'est de là que vient le conflit au Proche-Orient. Quoiqu'il en soit, IsMaël ne peut prétendre à l'exclusivité et à la domination du monde. Il ne peut, de sa seule autorité, brimer la francophonie et la soumettre.
Le partenariat de la Francophonie internationale avec Isaac demeure obligatoire. Car c'est d'Isaac que descendent tous les prophètes de la Bible, y compris Jésus dont le message évangélique a profondément influencé l'Occident. Le politique (laïque) ne saurait faire abstraction de ces données fondamentales.
La Francophonie, l'O.I.F., bien sûr, est laïque. Raison pour laquelle l'O.I.F. pourrait devenir le lieu de la rencontre et de la conciliation. Là où l'ONU a échoué, l'O.I.F. peut réussir. C'est à mon sens un grand rendez-vous avec l'Histoire qu'il convient d'organiser. C'est aussi de cette manière que l'on peut agir efficacement contre le terrorisme : en appuyant sur la "touche" de la mémoire d'Abraham, en activant la réconciliation des frères, en recevant l'énergie "Israël", car ce mot hébreu veut dire "lutter pour l'Esprit".
Je me suis engagé auprès de Michaëlle pour l'aider dans ce noble projet.

Dominique Blumenstihl-Roth
Auteur de "Esther, la Délivrance d'Israël"

Lire à ce sujet les articles suivants :

POURQUOI LA FRANCOPHONIE A BESOIN d'ISRAEL
Le Secret de la France et de la francophonie 

Mon livre "Fatima, la Délivrance de l'Islam" (sur l'Islam et ses rapports avec Israel)
Comment sortir de l'impasse ?

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sans doute le meilleur livre sur l'Alphabet hébreu, par l'écrivain D. AUBIER. Une référence solide :
"Le Principe du Langage ou l'Alphabet hébraïque" 
http://dominique-aubier.com/crbst_7.html 







Pour en savoir plus sur le sens et la mission d'Israël, un livre essentiel  : 
De l'Urgence du Sabbat
http://dominique-aubier.com/crbst_32.html















La mission française et francophone : le livre "Catalina…"
 https://dominique-aubier.com/crbst_13.html 

 

 


lundi 8 août 2016

Le codage hébraïque de Don Quichotte. Emission radio sur France Inter.


Entretien de Dominique Blumenstihl-Roth avec Marie-Pierre Planchon, sur France Inter sur le thème : "Don Quichotte parmi nous". 


Hommage à Dominique Aubier, exégète de Don Quichotte.
Deux heures d'émission radios où sont traités les thèmes suivants :

— Le décodage du symbolisme dans Don Quichotte
— Le décryptage des allégories dans Don Quichotte
— Les sources hébraïques de Don Quichotte
— Le Zohar dans Don Quichotte
— La lecture des signes
— Don Quichotte, prophète
— Le messianisme de Don Quichotte

— L'œuvre de Dominique Aubier, exégète du Quichotte…
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— Nos rapports avec l'Islam
— Anouar al Sadat et Israel
— Dialogue Israel -Islam



A écouter ici :
http://dbr-radio.com/crbst_83.html


Bien cordialement,

Dominique B. Roth


Pour être informé sur la kabbale : le blog



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