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vendredi 16 mars 2018

Ouvrir cette énigme du Talmud. Une histoire d'oiseau et de Serpent. 2/2

Par Dominique Blumenstihl

Suite de l'énigme talmudique : une histoire d'oiseau et de serpent (part 2/2)

Dans un blog précédent, je vous ai soumis cette énigme du Talmud, une histoire d'oiseaux.

Dans une première partie, j'ai expliqué ce qu'était le Talmud. Vous aurez remarqué que le Talmud est lui-même une seconde instance par rapport à la Torah.

Il arrive en second niveau, par des récit symboliques et allégoriques. Le troisième niveau sera celui de la Kabbale. Et le quatrième, celui de l'explication de l'ensemble du processus révélatoire. Le messianisme n'est rien d'autre que cette résolution terminale, relançant vers un cycle nouveau.

Voici la suite de l'explication. Un décryptage du récit talmudique à la lumière des critères de la Connaissance. Je disais dans le blog que c'est une histoire de Redoublement. Alors répétons la chose ici :

« Là où la première instance n'aura été qu'informative, sans conséquence effective, la seconde se verra confrontée à la réponse de la Vie. Le second voyageur suit scrupuleusement le texte biblique du Deutéronome : celui là grimpe à l'arbre, prend les petits oiseaux après avoir, comme le prescrit la Torah, chassé la mère. Mais en redescendant de l'arbre, notre bonhomme est mordu par un serpent et en meurt. Là aussi, insérons le mot essentiel à la compréhension : « pourtant ». Pourquoi est-il mordu par un serpent alors qu'il a fait ce qui est prescrit ? N'est-ce pas le premier qui aurait dû être mordu ? »

Eh bien c'est en raison du Redoublement. Le premier a ouvert un cycle qui se déploie en deux temps. Il a introduit une erreur en ne chassant pas la mère. Cette information est prise en compte par le cycle qui en développe la thématique et qui conditionne le futur. La seconde instance subit le conditionnement de la première et l'erreur inoculée en « Bip » (l'expression est de Dominique Aubier) déclenche les conséquences en « BOP ». On ne peut rien modifier en BOP, dès lors que l'instance Bip est déterminante de l'avenir. Le livre-arbitre (pardon : le libre-arbitre) n'existe plus en seconde instance. La liberté a son lieu, son temps, et même son instant. C'est l'instant de la décision. C'est en première instance informative que l'Homme peut orienter l'avenir, le travailler, le modeler. Ainsi, quand le second voyageur, scrupuleux serviteur du texte s'empare des oisillons, il paie le fruit de l'erreur préparée par le premier. Le serpent n'est là que parce que le premier a commis l'erreur. Le serpent, alerté (informé de la Loi du Redoublement ?), attend tranquillement la seconde occurrence dont il sait qu'elle ne lui échappera pas. Il tire son droit de mordre depuis l'erreur commise en première instance.
Le véritable responsable de la mort du second voyageur n'est donc autre que le premier qui n'a pas respecté à la lettre la prescription de chasser la mère. Il a tout voulu garder pour lui, mère et petit, commettant là une grave erreur intellectuelle se répercutant sur le cycle suivant.

Le second récit reprend le même thème. 

C'est à nouveau le second voyageur qui subit l'issue fatale. Le fils monte à l'arbre, chasse la mère. Il fait exactement ce que son père lui dit, et pourtant en redescendant, la branche casse. Cette branche cassée, c'est celle de la première instance fragilisée par le premier voyageur n'ayant pas observé la règle. Là aussi, c'est le premier promeneur qui endossera la responsabilité de la mort de l'enfant, c'est lui qui lui a préparé l'issue funeste. En accomplissant une première instance fautive il a conditionné l'avenir à l'image de sa faute. Le second voyageur, conditionné par une faute première, à son tour commet une erreur, en ce qu'il n'assume pas sa responsabilité. Il envoie son fils au lieu d'y aller lui-même. Il compromet la jeune génération en l'obligeant à se poser sur une branche cassante. Cette image m'a fait penser à l'héritage nucléaire que nous laissons à l'avenir…

10. Le rôle de l'observateur.

Il y a dans ce récit talmudique un personnage essentiel : c'est l'observateur-narrateur se tenant comme à l'écart des choses. Elicha assiste à ces scènes et nous en fait part. Il a donc vu le comportement des différents protagonistes. Se pose la question : comment, lui, Rabbi formé au Texte, à l'exégèse, au Commentaire, n'est-il pas intervenu ? Il a bien vu que le premier voyageur n'a pas respecté la règle en ce qu'il a pris l'oiseau et les petits. Que n'a-t-il fait la remontrance au voyageur ! Que ne l'a-t-il interpellé ! Que ne lui a-t-il dit : « mais tu commets une faute ! Au lieu d'écarter la mère, tu l'emmènes ! C'est contraire au Texte du Deutéronome dont tu t'inspires pourtant en ce que tu montes à l'arbre ! De la Torah, tu ne prends que ce qui t'arranges ! » Au lieu de cela, Elicha se poste au pied de l'arbre, spectateur silencieux et curieux de la suite. 

Et c'est ainsi que le lendemain survient le second voyageur. Il succombera à la morsure du serpent enroulé, lui aussi, dans l'attente.

Voyant arriver le second passant, pourquoi Elicha ne l'a-t-il averti ? Pourquoi ne lui a-t-il pas dit : « Attention, hier quelqu'un est venu et a tout emporté. La mère et les petits. Hier, un malotru a tout pris, sans respecter le Texte, il a pris la mère au lieu de la renvoyer. Ayant fait cette erreur, je te déconseille d'y monter. Je ne voudrais pas qu'il t'arrive malheur en raison de l'inconduite de cet énergumène qui t'a précédé. » N'aurait-il pas dû compléter : « J'ai tout vu, Le premier a tout pris, il ne reste rien. Inutile de monter. Il a pillé la couvaison et n'a pas respecté la mère. Il vaut mieux que tu choisisses un autre arbre, un autre nid ».
Mais Elicha reste 
à nouveau silencieux : il se pose en observateur prétendument neutre, en narrateur soi-disant objectif de l'histoire qu'il raconte.
Et n'est-ce pas là son erreur ? Le narrateur n'est jamais neutre. L'observateur transforme, conditionne la réalité qu'il observe. La chose a été commentée par les physiciens depuis les travaux de Louis de Broglie sur l'onde et la particule, ayant noté que le comportement de la particule, sous le microscope électronique, changeait selon qu'il y ait ou non un observateur. C'est l'observateur, par le fait même de regarder, qui modifie le cours des événements.
La responsabilité de l'observateur est pleinement engagée dans l'exécution du drame se produisant sous ses yeux. Sa non-intervention, en toute connaissance de cause — ou toute ignorance — est à l'origine des désastres frappant les seconds voyageurs.

Le texte du Deutéronome et le récit talmudique ne deviennent intelligibles qu'à la lumière de la grille des archétypes : 

1. Le Principe d'Unité.

Les cycles évolutifs :

Rabbi Elicha ne s'aperçoit pas de l'existence du cycle qu'il a ouvert en se postant comme observateur. Or « Chaque fois qu'une initiative est prise, un cycle s'ouvre autour d'elle. Les initiés surveillent avec attention les données qui pénètrent dans ce lieu. Les éléments qui s'y glissent vont agir par la suite » (D. Aubier).

3. Le Redoublement. Histoire en deux instances.

4.  L'archétype du « Stop » présence du Serpent Nahach. (lire à ce sujet / Catalina. Une superbe explication de Nahasch se trouve dans ce livre.)


11. Les observateurs, c'est nous

J'ai soumis le récit talmudique à la perspicacité des lecteurs du blog que j'anime sur le site https://kabbale-kabbalah.blogspot.fr/. Plusieurs personnes ont réagi à mon appel.

Certains ont estimé que cette histoire était une absurde composition de situations irréalistes. Et que la leçon à en tirer, ce serait de ne pas se casser la tête, de vivre tout simplement sans se compliquer la vie. Si tel est le cas, nous serions en droit de nous demander pour quelle raison le passage du Deutéronome a été canonisé. Pour nous dire qu'il est absurde ? Ne serait-ce pas tenir en piètre estime l'enseignement des sages s'ils nous disaient de ne réfléchir à rien, d'engloutir œufs, oiseaux et nid, comme d'horribles gloutons, et pire, d'en faire une obligation ?

Un Lecteur nous a fait part d'une très intéressante approche en ce qu'il a tenu compte du nom Génézareth figurant en ouverture du récit talmudique. C'est un détail important : il ne figure pas dans le texte biblique du Deutéronome qui indique la loi générale. Le Talmud donne un cas particulier, et la mention de Génézareth qu'il ajoute n'est pas vaine. C'est tout exprès, dans un but pédagogique, que le Talmud a inséré cet élément. A nous d'en attraper le sens. La mention du lieu recèle à elle-même l'élément central de l'énigme. Il faut entendre le mot en hébreu et en faire la lecture en extrayant une à une les lettres composant le mot.

Frédéric Thomas a levé le lièvre. Il écrit : « Comme l'indique le lieu de Genézareth : la marche (Guimel) du cycle particulier (Noun) est close (Tzadé) et s'ouvre à sa synthèse (Reisch) et son intégration (Tav), ce qu'observe sagement l'homme qui s'empare de la matrice cyclique et de ses données pour en consommer le sens et ce que ne fait pas celui qui échoue en appliquant une consigne valable tant que le cycle n'est pas terminé. »

Je souscris à cette lecture du mot Génézareth, et nous pouvons l'améliorer en posant les choses de manière plus précise. On remarquera que le narrateur (Elicha) vient de Génézareth. Et dans Génézareth se trouve le mot de Nazareth. Un mot universellement connu. Nous pouvons partir de Nazareth et remonter à nézaret pour avoir le sens complet du mot. Nazareth, nom d'un village, est un mot codé. En effet, écrit Dominique Aubier, « dans la Torah, on ne dit pas Labyrinthe. On dit plus conceptuellement Nazareth ». Lettre par lettre :

Noun = l'homme.

Tzadé = bifurcation et Stop sur la branche évolutive gauchère.

Resch = la connaissance du Verbe et ses lois.

Tav = la fin du cycle.

Nazareth signifie donc : l'homme, parvenu en Tzadé, doit opter pour la branche droitière, monter vers le Resch, le Verbe, jusqu'au bout du cycle. 

Pour cela, il doit s'instruire des Lois du Verbe, donc des lois archétypales et de l'Alphabet.

Ajoutant l'initiale Guimel, présente dans nézareth, on obtient la présence des « choses ». Les choses, la réalité, sont à l'initiale de la pensée d'Elicha. Il croit donc ce qu'il voit. Il décrit, raconte, mais comprend-il ? Remarque-t-il que l'homme (Noun) n'observe pas le Tzadé (il ne sépare pas la mère des petits et embarque tout) ? Voit-il la bifurcation en Gauche et Droite dans le cycle, (présence du Serpent sur la voie gauchère) ? Voit-il que l'homme devrait s'emparer de la leçon la plus aboutie (la nouvelle génération des oisillons) après avoir écarté l'ancien mode de réception (le symbolisme inachevé) afin de poursuivre son évolution jusqu'au Tav, dernière lettre du cycle ? S'aperçoit-il de l'erreur du père envoyant son fils, alors que c'est lui-même qui aurait dû y aller ? Elicha, venant de nézareth, est instruit par les « choses ». Par l'expérience concrète dans leur déroulé linéaire. L'expérience du réel n'en donne pas la science. Il assiste au drame, il voit ce qui se déroule. Mais n'intervient pas, parce qu'il ne connaît pas les Lois qui président à la réalité dont il est le témoin. Il en reste à la lecture littérale des événements qu'il ne considère que comme une succession d'anneau s'enfilant l'un dans l'autre. C'est l'inconnaissance des lois cyclique qui produit la protéine terminale malheureuse, enroulée au pied de l'arbre. Elicha, de Génézareth, est comme nous : un somptueux ignorant. De là sa lamentation finale « Est-ce là, la Torah, est-ce la sa récompense ? Il semble bien qu'il n'y ait ni rémunération ni résurrection ! ». De là qu'il sera, dans une autre histoire, éliminé dans sa quête du PARDES.


12. La présence de Nahach.
Relevons, dans le récit, la présence de Nahach — le Serpent. Je consacrerai un blog spécifique au thème Nahasch.

Lire à ce sujet le chapitre consacré à ce reptile dans La Face cachée du Cerveau. Il est l'indicateur du « Stop » à marquer d'urgence. Ici, vous en voyez l'image. Cela signifie qu'il faut arrêter. Non pas arrêter de lire ce texte mais cesser d'ignorer le sens que cet animal recèle. Animal très respectable. En tant qu'être vivant, il est chargé d'une mission extraordinaire, ce qui le rend très précieux : il nous informe, par le fait même qu'il est la forme vivante de l'archétype, de ce qu'il convient de faire quand on le rencontre. En aucun cas le tuer. Mais s'en écarter. Pour cela, intégrer la pleine connaissance de ce qu'il est. Donc le regarder en face. J'ai fait cette peinture de Nahasch, pour lui dire : je sais qui tu es, et je sais, grâce à la leçon de mon Maître, que tu ne me mordras pas. Le Serpent parle. Et avant de mordre, il avertit. Dans le texte talmudique, il mord. Mais avant cela, il a parlé. Qu'a dit Nahasch ?

Comme il est de règle, il faut se reporter à sa première occurrence, c'est-à-dire remonter à sa première apparition dans le Texte. C'est une règle, pour bien étudier la Torah, que toujours rechercher « la première fois ». C'est aussi une règle applicable dans nos vies. Se rappeler, quand on entend un mot, quand on vit une situation, où et quand elle a pu survenir la première fois. Cela s'appelle rechercher le Guézer, remonter à l'information première. L'Écriture biblique ne cesse de s'organiser sur ces rappels et relances pour nous enseigner afin que nous puissions les voir, les intégrer, et en disposer pour la gestion de nos existences. En cela, « le monde réalise l'Écriture » parce que ce monde est le lieu même de la certitude et de cette Écriture certaine. La certitude initiatique étant l'expression de la vérité même. Dès lors le Talmud, par-delà ses apparences d'éclatement, est le territoire même du vrai, unifié, unique. L'incertitude n'étant que le fruit de notre subjectivité, de nos fuites et distractions. Trop souvent, ne sommes-nous pas, comme Elicha, à nous réfugier dans l'observation irresponsable face aux événements ? La vérité se saisit à bras le corps, et non dans l'hésitation « des infinis variations du possible ».

13. Nahasch est là.
Il est bien là, certain de mordre, parce que tout a été fait pour l'y inciter. Il se love dans sa certitude. Il assiste au désastre avec toute la malice propre à l'esprit « reptile ». Il est là, au pied de l'arbre, depuis sa première occurrence en Genèse III-1 : « Mais le serpent était rusé… » Observateur amusé, le Serpent examine le comportement du narrateur dont il remarque l'inertie ; elle est due soit à son ignorance de la règle, soit à une paresse intellectuelle le confinant à croire qu'il pourrait assister au malheur du monde sans y être mêlé. Orgueil suprême du joueur « hors jeu » convaincu qu'il serait enrobé d'un isolant le protégeant des fièvres de la réalité. Cette réalité, le Serpent y participe résolument. Le serpent est ce qu'il est. Nous aussi, nous pouvons être ce que nous sommes. Et n'être pas ses victimes.

Un lecteur attentif a souligné la présence du Serpent dans le récit talmudique. Emmanuel F. écrit : « L'oiseau, c'est l'envol en couche 5. Qui échoue ? Les oiseaux ou n'importe qui en couche 5 arrivée à son terme ? Allusion à la fin de la couche 5, au Stop, au danger de ne pas obéir au Stop… Et voilà un serpent, symbole de l'évolution côté gauche, de la protéine constituée… » Poursuivant son étude du récit talmudique, Emmanuel F. s'interroge : « avez-vous noté l'importance que l'auteur accorde au symbolisme des animaux, de la Nature en général ? Il pourrait vouloir attirer notre attention sur le fait qu'il faille regarder les choses dans le réel, et que nous devrions considérer l'utilisation du symbolisme des animaux dans les textes sacrés comme hautement valable. C'est un thème à explorer, qu'en pensez-vous ? »
Frédéric T. a été sensible à la présence de l'animalité dans ce récit talmudique : voici ce qu'il écrit en commentaire sur le blog précédant : « 
Énigme fort délicate, on marche sur des œufs... Difficile de rassembler ces données très intriquées en un tout qui fasse sens. L'oiseau se dit Tzipor et je pense que c'est aussi un indice important. » Oui, l'oiseau est au cœur de l'affaire : quelle idée daller prendre des œufs et de déranger des oiseaux à moins qu'il ne s'agisse de remarquer les volatiles dont le mot hébreu est en effet Tsipor. Tzadé, Pé, Resch lettres que l'on retrouve dans Tzarfat, la France en hébreu. Cela désigne la montée vers le Verbe (Pé) le dévoilement du Resch - Rosch le Cerveau. Le mot (Tzarfat - France) צרפת lettre à lettre veut dire : "ici, la dualité des pôles contraires est à son maximum d'intensité (Tzadé) dans un cerveau (Reisch) qui a la vertu de parler (Pé la bouche) la fin cyclique (Tav). Cette équation a été conçue par l'esprit du prophète Obadia quand il a écrit son verset I, 20, prévoyant la sortie messianique en Espagne et en France. D'où la vocation universalisante de la France. C'est le chant de l'oiselle qui le dit. Tsiporah, l'épouse de Moïse… Qui a donc un rapport direct avec la France. Chercher l'oiselle qui en France aura libéré le discours de Moïse…

J'ai traité cela dans le blog à cette page : le messianisme de la France.

C'est pour avoir ignoré la vérité des archétypes, pour avoir cru en la littéralité des événements dont il ne tire pas le sens — et dont il ne lit aucunement les lettres — que Rabbi Elicha empruntera, selon la légende talmudique des quatre Rabbins, le chemin le menant à sa perdition : il se maintient à distance de la vie, persuadé comme le sont de nombreux chercheurs que « seul comprend celui qui sait se tenir hors du jeu ».
Nous préférons adopter la maxime positive : 
seul comprend celui qui participe au jeu, celui qui s'implique, qui descend dans l'arène de la réalité (Guimel de Génézareth) — mais doté du Code des Archétypes et des Lois. Il n'existe pas de compréhension possible du monde à l'insu de sa réalité. La Connaissance, c'est précisément l'ensemble des lois structurant le réel, et Le Réel, c'est le territoire même de la grande leçon initiatique telle qu'elle se communique à nous.

14. Qui te l'a dit ? 
Cette explication est issue d'une réflexion réalisée à partir de l'enseignement de mon Maître (post-kabbaliste). Elle m'a fait comprendre qu'il fallait étayer l'idée selon laquelle « chaque génération doit comprendre à sa manière le texte transmis. » En effet, il ne s'agit pas seulement de « comprendre à sa manière » comme le croit le philosophe auteur du Livre Brûlé, p. 87, encore faut-il que chacun comprenne de manière correcte. Autrement dit : à chacun sa manière de comprendre, mais la meilleure compréhension sera celle qui s'appuiera sur les critères invariables et stables de la Connaissance surplombant nos libertés subjectives.

Nous comprendrons mieux cette métaphore de l'oiseau en lisant ce passage du livre La 23ème Lettre de l'Alphabet hébreu, de Dominique Aubier, page 259 : « Il y a toujours eu deux voies dans l'histoire de la pensée juive : une phase constructive et une crise éruptive. La première conserve et fixe les acquis. L'autre comme un geyser, en véritable phénomène volcanique, pousse de l'avant la réflexion obtenue. Voie cavalière et cavalante, dirait Cervantès, observable sans difficulté dans l'histoire de la pensée juive qui suscite tour à tour les épisode
s Mischna, Talmud et Kabbale. Il arrive qu'entre deux jaillissements, l'écart soit au maximum, entraînant des durcissements doctrinaux…

Justice sera rendue à l'œuvre du Maître grâce à qui cette réflexion libérante est rendue possible. C'est en effet elle (l'Oiselle) qui m'a appris à « écarter la mère » (donc le langage ancien de la tradition et tous les attardements qui s'y complaisent) et à prendre les petits oisillons (c'est-à-dire intégrer l'enseignement le plus en phase avec la modernité donc avec le concours des sciences). Prendre la Connaissance actualisée selon la grille de lecture dévoilée et le Code de l'Alphabet et des Archétypes. Donc… fermer le Talmud pour entrer dans le sens pleinement déployé et ouvrir les livres dévoilant la face cachée des choses.

— Je vous remercie de contribuer à cette recherche du sens si vous voyez des points pouvant être complétés ou améliorés.

— Je remercie les personnes s'inspirant de ce blog de bien vouloir citer leur source : Le Talmud enseigne en effet que « Quiconque rapporte une chose au nom de son auteur amène la délivrance pour et dans le monde. » (Lire aux Éclats, p. 313) . "Kol haomèr davar bechèm omro mévi guéoula laolam".

— Tous les livres et films de mon Maître.

vendredi 9 mars 2018

Comprendre le Talmud. Comment ouvrir cette énigme ? Une histoire d'oiseaux (part 1)

Comprendre le Talmud.

Comment ouvrir cette énigme talmudique.

Par Dominique Blumenstihl-Roth

Dans le dernier Blog, je vous ai soumis une énigme talmudique. Vous avez été nombreux à y participer et à proposer vos lectures. Elles me semblent toutes intéressantes. Je vais tenter une approche par les archétypes et l'Alphabet hébreu. Mais tout d'abord, qu'est ce que le Talmud ? Mon article va se déployer en deux temps. Précisément parce que dans l'énigme, le Redoublement est au cœur de l'affaire. Vous pouvez bien sûr, continuer de commenter et apporter vos lumières…
Donc voici la première partie.

Les Talmud sont des commentaires de la Torah, composés sous forme de dialogues, d'aphorismes ou d'apologues, rédigés du IIème au IVème siècle. Ils sont composés de plusieurs livres, et traitent de toutes sortes de sujets, affairant aussi bien à la lecture de passages bibliques que de cas concrets de la vie quotidienne. Par exemple, que faire quand la chèvre du voisin a brouté vos rosiers ? Comment faire correctement une addition ? Le Talmud semble avoir exploré toutes les possibilités qu'offre le réel et ses réponses laissent perplexes devant l'originalité — le décalage — des réponses. Hautement considéré par la tradition hébraïque, il semble avoir réponse à tout, y compris aux questions que nous ne nous posons pas. Par exemple a-t-on le droit de prier en haut d'un arbre ?
Il s'occupe également des bonnes manières sociales, se mêlant d'une foule de détails ayant trait aussi bien à l'organisation des fêtes que la bonne composition des menus. Il se mêle également du droit matrimonial, des règles commerciales, de la bonne manière de se laver, de mettre ses chaussures…

C'est une immense œuvre dont il est difficile de saisir tous les raffinements, si bien que s'occupant de questions parfois inextricables — Kafka y a peut-être trouvé son modèle d'écriture —, il semble rempli, selon certains commentateurs, d'aphorismes incohérents destinés à nous montrer que nos existences en quête de vérité se heurteraient à un sens toujours fuyant et inaccessible. S'agirait-il en somme, de la « sagesse de l'incertitude », comme le dit Marc-Alain Ouaknin, dans son livre « Lire aux Eclats » (éditions Lieu Commun, p. 261) ?
Dans le Talmud, il n'y aurait, selon ces chercheurs, qu'infini dans l'infinitude, quête de l'incertain par la parole déconstruite, dire et dédire incessant, aléatoire approche et fuite devant la vérité. Vérité inadmissible, s'agissant d'être toujours « en marche » vers une « proposition du monde » nécessairement inaboutie.
A chacun sa définition du Talmud et de la vérité.

1. Cet ouvrage est sublime…

précisément en ce qu'il ne répond à aucun critère des référents culturels conditionnant nos catégories. Il a été traduit en français pour la première fois par Moïse Schwab. Une traduction exceptionnelle, publiée aux éditions Maisonneuve en 1932-1933 et réédité en 1960. C'est à cette édition que je me réfère.
Le Talmud ne cesse de « titiller » l'esprit de celui qui en a ouvert la première page. Il ne vous lâche plus, défiant nos logiques linéaires fondées sur le rationalisme. Nos habituelles catégories articulées autour de la croyance en la science sont mises à mal par les ressources intellectuelles — les folies  — talmudiques. Le Talmud procède en effet par la rupture discursive de la linéarité à l'occidentale. D'où son caractère incongru pour la critique littéraire. La psychologie y est mise en échec, de même que l'analyse formelle des arguments. Une autre logique s'impose… Une logique initiatique, reposant exclusivement sur la connaissance des archétypes, de leur stratégie propre et de leur déploiement dans le Principe d'Unité. A quoi s'ajoute, subliminalement ou explicitement, quantités de références à l'Alphabet hébreu.
A mes yeux, le Talmud réalise pleinement l'Écriture, parce que l'Écriture réalise le monde. Disant cela, je me trouve en délicatesse avec la pensée de mon ami le Rabbin Ouaknin qui écrit que « le monde ne réalise pas l'Écriture et l'Écriture ne réalise pas le monde ». Son point de vue paraît insolite car s'il était exact, à quoi servirait la Torah et à quoi servirait de vivre si le monde, donc ma vie ne réalise par le projet de l'Écriture qui est d'accomplir notre Liberté ?

Selon son livre (p. 40), pour le Talmud, « la vérité est l'a-vérité : toujours plurielle, multiple, complexe ; jamais unifiée, unique et simple ». Sans vouloir concurrencer cette philosophie, je n'ai pas compris cette pensée selon laquelle le Talmud serait l'expression d'une vérité jamais unifiée, jamais unique, alors que tout le Talmud n'est qu'affirmation du Principe d'Unité, de la cohérence d'un modèle d'Absolu. Ne pas connaître ce modèle permet-il de dire que ce dernier n'existe pas ?
Don Quichotte, dont la pensée et les actes semblent inspirés par une étrange folie dit à son Lecteur « ne crois pas que j'agis sans modèle ». Quand bien même ce modèle soit ignoré du Lecteur désoccupé, il n'en existe pas moins. Il ne reste dès lors qu'à le découvrir, le comprendre, et qui sait, s'en emparer et en user à notre tour.
L'incohérence apparente des récits talmudiques peut rebuter, amuser, distraire ou agacer. Il n'en est pas moins vrai que tout le Talmud est édifié sur une modélisation positive, qui pulvérise la pensée conventionnelle, sa référence étant tout autre : le Talmud comme le Quichotte, s'exprime selon une modélisation que nous sommes priés de découvrir sans a priori. Quel est ce modèle ? Quel est le référent ? Ce référent non pluriel mais unique ? 
C'est donc en toute amitié que je prie Marc-Alain Ouaknin de me permettre de retourner ses propos, tout en saluant l'intérêt de son œuvre et en le remerciant d'avoir ouvert le débat : pour ce qui me concerne, je me range résolument du côté de l'Écriture-vérité réalisant le monde. C'est la thèse biblique, celle du Quichotte pour qui n'existe aucun doute quant à l'existence d'un modèle de référence, d'une grille de Lecture de la vie, d'un plan selon lequel la Vie aurait été pensée.

A mon sens, nul hasard, oui la vie se manifeste et s'invente, à chaque seconde, selon une intention dont nous ignorons certes la finalité, et c'est ce futur qui nous tire vers lui, faisant de nous déjà les hommes du passé par rapport à ce point d'avenir nous tirant vers lui, vers sa certitude. Cette logique constitue un défi à l'esprit philosophique et sa croyance en l'épluchage éternel de l'oignon en attendant l'apparition du sens.

Le sens est là d'abord. Le réel s'organise autour de lui. Il est perceptible, identifiable, saisissable.

2. De l'oignon philosophique.
Pour illustrer la quête de vérité, on utilise souvent la métaphore de l'oignon : le chercheur serait comme le cuisinier enlevant une à une et à l'infini les peaux du légume sans jamais découvrir le noyau. La métaphore, hélas, est fausse, tout d'abord parce que l'oignon n'a pas de noyau. La première erreur réside donc dans le choix de l'objet de la métaphore. Car le sens existe. Le noyau existe et préside. Mais pas dans l'oignon. Et si le philosophe a choisi l'oignon pour décrire sa démarche, cela décrit surtout l'échec de sa propre quête, et non pas l'objet de la quête. Le philosophe épluche une pensée — qui le fait beaucoup pleurer — pour finir par ne jamais trouver le noyau, tout simplement parce que chercheur s'est trompé de légume et de méthode. Peut-être aurait-il dû cueillir une cerise, la mettre en bouche (organe de la parole), savourer le fruit et extraire le petit noyau, symbole d'unité d'où l'arbre futur sera issu ?
Et voici justement un oignon qui semble poser problème au penseur. Je reprends ici le texte que M. Ouaknin donne d'une énigme talmudique. Parviendrons-nous à résoudre la charade ?  


3. Une énigme talmudique.
— « Un jour où il était en train d'étudier dans la vallée de Génazareth, il (Elicha) vit un homme grimper à un arbre et s'emparer des oiseaux. Emportant la mère avec les petits, il descendit sans encombre. Le lendemain, il y eut quelqu'un d'autre. Celui-là grimpa à l'arbre, prit les petits oiseaux après avoir, comme le prescrit la Torah, chassé la mère.
En redescendant de l'arbre, il fut mordu par un serpent et en mourut.
A cette vue, Elicha s'étonna et dit : "il est pourtant écrit : Tu renverras la mère et tu prendras les petits pour toi afin qu'il t'en arrive du bien et que tu vives longtemps". Or quel bien cet homme en a-t-il acquis ? Où est sa longue vie ?… »

L'auteur précise, au chapitre suivant de son ouvrage, que le récit talmudique est issue d'un passage de la Bible, Deutéronome, verset 22, 7 : « si par un hasard de rencontre, un nid d'oiseau, devant toi en chemin ; dans tout arbre ou sur la terre, des oisillons, ou des œufs et la mère sur les enfants.
Renvoie, tu renverras la mère, et les enfants tu les prendras.
Afin qu'il te soit fait du bien
Et tu prolongeras les jours.
 »
 

Je propose d'inverser l'ordre proposé par M. Ouaknin et de commencer par le texte biblique de Deutéronome pour passer ensuite au Talmud. Car c'est le Talmud qui est le commentaire de la Torah et non le contraire. Précisons que c'est dans un esprit positif que je souhaite progresser et améliorer, si tant est que cela soit possible, l'approche d'un texte. Peut-être une découverte nous attend-elle au bout du chemin si nous débroussaillons les passages et si nous avons l'audace de nous engager d'une manière originale, « disruptive » de tout ce qui a pu être pensé jusque là ? Trouverions-nous quelque éclaircissement nouveau quand, depuis plus de deux mille ans, des dizaines d'esprits brillants, autrement plus lettrés et instruits que nous se sont penchés sur ce texte ? Qui peut croire qu'une découverte serait encore possible ? La seule trouvaille réalisable, ce serait que nous (re)tombions sur le noyau du sens. Dans ce cas, le mérite serait tout entier à reverser sur le Maître nous ayant instruit de la bonne méthode. Encore que sa modestie écarterait cette reconnaissance.

4. Le texte biblique du Deutéronome verset 22, 7.

Ce verset se compose de deux parties aisément repérables. La première partie, sans aucun verbe, met en scène la circonstance de l'action : un hasard de rencontre, un nid d'oiseau, toi en chemin, un arbre ou sur terre, des oisillons ou des œufs, la mère sur les enfants. Six éléments narratifs, six images fixes.
Surgit le verbe «  Renvoie ». Verbe redoublé, d'abord à l'impératif, redoublé d'un futur « tu renverras ». « Et les enfants tu les prendras ». Verbe d'autorité. Les œufs ou les petits de l'oiselle (la mère) deviennent des enfants. Il faut les prendre avec soi après avoir chassé la mère.
Pourquoi ? Afin qu'il te soit fait du bien et tu prolongeras tes jours.
Comment le fait d'avoir enlever des petits d'oiseaux pourrait-il prolonger mes jours ?
Ces questions, des dizaines de talmudistes se les sont posées.

Les uns ont estimé qu'il fallait chasser la mère avant de prendre les oisillons, afin que la mère n'assiste pas à l'enlèvement. 
C'est un peu court, si nous en restons à cette lecture littérale. D'autant que c'est là l'opinion de Maïmonide, l'immense savant médiéval du judaïsme. Je suis persuadé qu'il en savait bien plus mais qu'il se tait. Sa réponse en dit beaucoup plus long. Car si la mère représente l'ancien entendement, l'ancienne approche de la Connaissance, alors il faut effectivement la chasser pour favoriser l'émergence de la génération nouvelle d'esprits : les oisillons représentent ici la mise à jour de la Connaissance dépassant les acceptions anciennes qu'il convient d'écarter au préalable. Maïmonide, parlant de la mère chassée pour lui éviter l'affliction, songeait-il à lui-même, dont il savait que ses propres travaux seraient un jour dépassés par une réactualisation des critères de la Connaissance ? En esprit lucide, il ne s'oppose pas à l'élargissement de la Connaissance par les générations nouvelles.


5. « Renvoie, tu renverras ».
A noter, dans le texte biblique, le verbe renvoyer, sous deux formes impératives répétées : « Renvoie, tu renverras ». Cette formule correspond à ce « dire deux fois » symptomatique de la Tora, où toujours Dieu parle une fois, mais deux fois nous l'entendons. Le Rabbin Ouaknin commente ce phénomène de la répétition : selon lui, il s'agirait de la pluralité de l'expression divine, où deux correspond au pluriel (cf. Lire aux Eclats, p. 267). Nous ne partageons pas ce point de vue étonnant, car le deux n'exprime pas la pluralité ou la multitude. Le deux exprime soit la dualité soit la répétition (redoublement). Deux concepts différent qui ne se superposent pas mais qui cohabitent. D'une part, « deux »  implique la structure duelle — structure d'Absolu en deux hémisphères disposés en Droite et Gauche. Il en découle le fonctionnement duel, donc la dualité fonctionnelle. L'autre concept-archétype s'exprimant par le deux, c'est le Redoublement. Les choses se font en deux temps. On se reportera au livre de référence La Face cachée du Cerveau pour distinguer au mieux ces deux archétypes.
Le texte biblique en appelle très clairement à l'archétype du Redoublement quand il interpelle le Lecteur : « Renvoie, tu renverras ». Agir en deux temps.
 

6. Renvoyer la mère. C'est « remercier » l'ancienne pensée. 

La Torah dit de renvoyer. Dans le sens de repartir, retourner et laisser les œufs à la portée du passant. Qu'en fera-t-il, de ces œufs ou oisillons qu'il a l'obligation de « prendre pour soi » ? Que signifie « prendre pour soi » ? Manger, ingurgiter ? Comme on ingurgite une pensée, un enseignement ?
S'agissant d'oiseaux, j'ai posé la question… à une vétérinaire de mes amis. Voici en substance sa réponse :
— Si on chasse la mère en train de couver et qu'on s'empare de sa progéniture, les petits sont pratiquement condamnés à mourir, à moins d'être soignés jour et nuit par des personnes qui leur donnent la chaleur et la becquée toutes les vingt minutes. Je ne voudrais pas contrarier la Bible, mais à mon sens, la meilleure chose qu'on puisse faire, quand on voit un nid, c'est de le laisser tranquille.
— Vous avez raison, lui-dis-je, c'est peut-être un apologue inversé… pour nous dire le contraire. Quand vous voyez un nid, ne touchez ni à la mère ni aux petits. Allez votre chemin, évitez leur les ennuis de votre intervention. Vous n'avez pas à vous mêler de leur vie. Fichez leur la paix. Et c'est pour cela que le texte dit « qu'il te soit fait du bien et tu prolongeras tes jours ». Vivre et laisser vivre.  Et laissant les oiseaux bien tranquilles, je prolonge mes jours ayant prolongé les leurs.

Il résulte de cette discussion d'ornithologues que cette affaire d'oiseau a besoin d'éclaircissement. Dans le Talmud, les discussions sont enchevêtrées, parfois inachevées, toujours ouvertes sur de multiples pistes parfois contradictoires. Mais elles renvoient toujours le Lecteur vers lui-même, vers sa question, au sein de laquelle se trouve souvent la réponse. Le Talmud défie la perspicacité des esprits les plus fins, 
exigeant une initiation au préalable dont il ne donne pas lui-même ouvertement la clé. Il met le lecteur au défi d'exercer cette Connaissance pour déjouer ses interrogations, énigmes et espiègleries. Les mystères talmudiques ne se résorbent pas au moyen de la pensée linéaire, ni de la réflexion philosophique, dût-on en faire quatre lectures. L'outil de la philosophie demeure impuissant devant l'épaisseur de la muraille. Il ne s'agit pas, en effet, d'attaquer la forteresse du Talmud en l'assiégeant par la réflexion ratiocination sans fin du scientisme prétendant être la seule puissance à même de diriger, comprendre, ordonner le monde. Il existe un autre ordre, un autre système : celui de la vie, le système du Réel dont le Talmud et la Torah justement rendent compte.

Je n'ai pas la capacité d'élaguer l'arbre du sens pour mettre à nu le tronc de vérité. Mais il me semble qu'en appliquant à la lecture talmudique certains critères initiatiques, plus d'une énigme s'ouvre donnant à voir son noyau conceptuel jusque là dissimulé sous le langage métaphorique. C'est donc en me dotant du Code des Archétypes et de la science des Lettres que j'ai pu au moins entrouvrir, entr'apercevoir certains éclats de sens.

7. Ouvrons le texte talmudiqueSeconde lecture…
« Un jour où il était en train d'étudier dans la vallée de 
Génazareth, il vit un homme grimper à un arbre et s'emparer des oiseaux. Emportant la mère avec les petits, il descendit sans encombre. Le lendemain, il y eut quelqu'un d'autre. Celui là grimpa à l'arbre, prit les petits oiseaux après avoir, comme le prescrit la Torah, chassé la mère.
En redescendant de l'arbre, il fut mordu par un 
serpent et en mourut.
A cette vue, Elicha s'étonna et dit : "il est 
pourtant écrit : Tu renverras la mère et tu prendras les petits pour toi afin qu'il t'en arrive du bien et que tu vives longtemps". Or quel bien cet homme en a-t-il acquis ? Où est sa longue vie ?… »

Le Talmud met en scène un homme qui observe le précepte biblique évoqué plus haut. 
L'observateur-narrateur est Rabbi Elicha. Il voit un homme grimper à un arbre. Tout va bien pour ce 
premier fidèle. Mais le lendemain, le même Rabbi Elicha voit un second passant désirant lui aussi respecter la prescription de la Torah. Lui aussi monte à l'arbre, prend les petits oiseaux, mais en redescendant, il se fait pincer par un serpent et en meurt.

Le Talmud donne encore une autre explication, indique Marc-Alain Ouaknin, citant une autre version de cette histoire : « Le 
second jour, il vit un homme et son fils qui passaient devant l'arbre et le nid. Le père dit au fils : monte, renvoie la mère et ramène les oiseaux. Le fils monta, renvoya la mère. Lorsqu'il voulut redescendre, la branche cassa, il tomba et mourut.  Elicha s'écrie : Est-ce là, la Torah, est-ce la sa récompense ? Il semble bien qu'il n'y ait ni rémunération ni résurrection ! »

Dans cette histoire, le Talmud projette des versions différentes du même scénario. On retrouve toujours Elicha comme observateur des drames frappant 
les seconds passants. C'est à cette constante-là qu'il faut réfléchir. A la « deuxième » occurrence. Réfléchir au second temps, comme cela est indiqué par la Torah  « Renvoie, tu renverras ». Relisons les textes en ayant bien en tête cette répétition du verbe et ouvrons grand nos yeux.

8. Acte I. Le premier passant.
« Un jour où il était en train d'étudier dans la vallée de Génazareth, il vit un homme grimper à un arbre et s'emparer des oiseaux. 
Emportant la mère avec les petits, il descendit sans encombres ».
Sans encombre : pourquoi, dès le début du récit, le Talmud parle-t-il d'encombres possibles ? Présuppose-t-il que ceux-ci ne vont pas tarder à surgir ? Pourquoi y en aurait-il ? Relisons encore une fois ce passage : Elicha voit un homme qui emporte la mère avec les petits. A y regarder de près, 
cet homme n'a pas observé le précepte biblique. Il n'a pas renvoyé la mère, il l'a emportée avec les petits. Le texte est clair : «  emportant la mère avec les petits, il descendit sans encombre ». Ayons à l'esprit un mot important non prononcé : « cependant ». C'est-à-dire : il a emporté la mère et les petits, et cependant il redescendit sans encombres. C'est là une technique classique du Talmud, que procéder par élision, d'accoler deux phrases laissant ouverte la qualité de la conjonction devant les lier. A nous de compléter et trouver le mot faisant lien.
L'attitude du passant est fautive : il a emmené la mère et les enfants. Il s'est emparé de la Connaissance ancienne et de la nouvelle, sans distinction, il en résulte un mélange des genres. Il parlera le langage ancien dans des temps nouveaux. Conséquence ? Elle sera subie par le second voyageur.

9. Acte II. Le lendemain, répétition.
Là où la première instance n'aura été qu'informative, sans conséquence effective, la seconde se verra confrontée à la réponse de la Vie. Le second voyageur suit scrupuleusement le texte du Déteuronome : celui là grimpe à l'arbre, prend les petits oiseaux après avoir, comme le prescrit la Torah, chassé la mère.
Mais en redescendant de l'arbre, il est mordu par un serpent et en meurt. Là aussi, insérons le mot essentiel à la compréhension : « pourtant ». Pourquoi est-il mordu par un serpent alors qu'il a fait ce qui est prescrit ? N'est-ce pas le premier qui aurait dû être mordu ?
Eh bien c'est en raison du Redoublement. Le premier a ouvert un cycle qui se déploie en deux temps. Il a introduit une erreur en ne chassant pas la mère. Cette information est prise en compte par le cycle qui en développe la thématique et qui conditionne le futur. La seconde instance subit le conditionnement de la première et l'erreur inoculée en « Bip » (l'expression est de Dominique Aubier) déclenche les conséquences en « BOP ». On ne peut rien modifier en BOP, dès lors que l'instance Bip est déterminante de l'avenir. Le livre-arbitre (pardon : le libre-arbitre) n'existe plus en seconde instance. La liberté a son lieu, son temps, et même son instant. C'est l'instant de la décision. C'est en première instance informative que l'Homme peut orienter l'avenir, le travailler, le modeler. Ainsi, quand le second voyageur, scrupuleux serviteur du texte s'empare des oisillons, il paie le fruit de l'erreur préparée par le premier. Le serpent n'est là que parce que le premier a commis l'erreur. Le serpent, alerté (informé de la Loi du Redoublement), attend tranquillement la seconde occurrence dont il sait qu'elle ne lui échappera pas. Il tire son droit de mordre depuis l'erreur commise en première instance.
Le véritable responsable de la mort du second voyageur n'est donc autre que le premier qui n'a pas respecté à la lettre la prescription de chasser la mère. Il a tout voulu garder pour lui, mère et petit, commettant là une grave erreur intellectuelle se répercutant sur le cycle suivant.


La suite de l'article dans le prochain Blog.

 

La Loi du Redoublement : explicitation dans ce livre : La Face cachée du Cerveau


mercredi 28 février 2018

Qui ouvrira cette énigme ? (décrypter un mystérieux passage du Talmud)

Qui ouvrira cette énigme ?
(décrypter un mystérieux passage du Talmud)

Par Dominique Blumenstihl-Roth

De nombreuses personnes se disent initiées. En effet, après avoir effleuré trois livres de kabbale, quantités se sentent pousser les ailes de la maîtrise et, saupoudrant leur nouvelle compétence d'un peu de psychologie basique, se prennent pour des aigles. Les voilà qui créent leur cours, leur institut, leur université même, délivrent des diplômes, rien moins que des doctorats es-Connaissance.
Plaisanterie mise à part, demandons-nous : à quoi reconnaît-on un initié ? Qu'est-ce qui le distingue, en quoi serait-il habilité à enseigner ?

J'en ai déjà parlé dans un blog précédent : 
« l'initié c'est celui qui n'ignore rien de ce que Dieu sait de lui. » C'est une phrase du célèbre soufi andalou Ibn' Arabî. Plus précisément, c'est une personne qui pense et agit au moyen des critères de la Connaissance et qui possède donc la maîtrise de la Table des critères initiatiques. Cette Table n'est pas secrète. Mais sans doute est-elle réservée à une élite. Il n'y a pas de ségrégation, car cette élite, tout le monde peut en faire partie. C'est affaire de volonté, de décision, de culture et d'effort. Je dirais que la Connaissance est la chose la mieux partagée au monde. Le vrai problème, c'est que personne n'en veut.

Est initié celui ou celle qui connaît le Principe d'origine, dans les termes précis les plus en phases avec les exigences de son temps. Est initiée la personne menant sa pensée et son action en s'accordant à ce Principe d'Unité et ses lois. Est initié celui qui, citant ses sources, habite pleinement la pensée initiatique sans dérivation ni diverticule. Quant aux différents degrés de compétence qu'il peut acquérir, ils sont bien connus dans la Kabbale hébraïque qui distingue le petit chevreau du jeune cheval blanc s'ébrouant dans la prairie. Certains accèdent à la compétence du Lion (Ari), tel Don Quichotte surnommé le Chevalier des Lions, d'autres passent — progression qu'observe Don Quichotte — au grade du Chêne (Alon). Une nomination rare, comme celle de «Tov », sans doute l'un des grades les plus élevés, s'agissant de la parole biblique approuvant les différentes étapes de la Création. 

Voyons-nous clair ? Dans nos vies, dans la réalité ? Tâtons-nous dans le vide, naviguons-nous à vue ? Possédons-nous une carte nous permettant de traverser les Océans ? Ou partons-nous dans l'inconnu ? Les initiés possèdent une grille : LA grille. Car « ne crois pas que j'agis sans modèle » confie Don Quichotte à son Lecteur. Cette grille de lecture devrait nous permettre d'ouvrir le sens des Textes, le sens des événements. Et justement, je suis récemment tombé sur un texte étrange, tiré des Talmud, cité par le Rabbin Marc-Alain Ouaknin dans son livre Lire aux Eclats. Je vous soumets ce texte et serais heureux de recevoir vos interprétations, sentiments, réflexions pour enrichir la recherche sur sujet. Dans un prochain Blog, si cela vous intéresse, pour le dialogue et l'échange, je vous en donnerai ma propre lecture, appuyée sur l'enseignement de mon Maître
Voici le texte de l'énigme :

« Un jour où il était en train d'étudier dans la vallée de Génazareth, il (Elicha) vit un homme grimper à un arbre et s'emparer des oiseaux. Emportant la mère avec les petits, il descendit sans encombre. Le lendemain, il y eut quelqu'un d'autre. Celui-là grimpa à l'arbre, prit les petits oiseaux après avoir, comme le prescrit la Torah, chassé la mère.
En redescendant de l'arbre, il fut mordu par un serpent et en mourut.
A cette vue, Elicha s'étonna et dit : "il est pourtant écrit : Tu renverras la mère et tu prendras les petits pour toi afin qu'il t'en arrive du bien et que tu vives longtemps". Or quel bien cet homme en a-t-il acquis ? Où est sa longue vie ?… »

L'auteur précise, au chapitre suivant de son ouvrage, que le récit talmudique est issue d'un passage de la Bible, Deutéronome, verset 22, 7 : « si par un hasard de rencontre, un nid d'oiseau, devant toi en chemin ; dans tout arbre ou sur la terre, des oisillons, ou des œufs et la mère sur les enfants.
Renvoie, tu renverras la mère, et les enfants tu les prendras.
Afin qu'il te soit fait du bien
Et tu prolongeras les jours.
Renvoie, tu renverras la mère, et les enfants tu les prendras.
Afin qu'il te soit fait du bien
Et tu prolongeras les jours.
Renvoie, tu renverras la mère, et les enfants tu les prendras.
Afin qu'il te soit fait du bien
Et tu prolongeras les jours. 
»

Le Talmud donne encore une version quasi-similaire : « Le second jour, il vit un homme et son fils qui passaient devant l'arbre et le nid. Le père dit au fils : monte, renvoie la mère et ramène les oiseaux. Le fils monta, renvoya la mère. Lorsqu'il voulut redescendre, la branche cassa, il tomba et mourut. Elicha s'écrie : Est-ce là, la Torah, est-ce là sa récompense ? Il semble bien qu'il n'y ait ni rémunération ni résurrection ! »

A vous de lire et relire ce texte. A vous de vous casser la tête. Quel est le symbolisme de l'oiseau ? Pourquoi certains réussissent et d'autres échouent ? Pourquoi la branche casse-t-elle ? Pourquoi un Serpent se trouve-t-il là ?

J'attends et espère votre participation… intellectuelle.

Suite de l'énigme ici

jeudi 22 février 2018

Le meurtre de Maëlys. Décryptage initiatique d'un crime.

Le meurtre de Maëlys. Un crime satanique.

« il suffit que le Rapprochement ait été opéré, pour qu'aussitôt le Serpent se dresse. »p. 230 vol II

Par respect du Droit, je prie les lecteurs d'ajouter par eux-mêmes l'expression « présumé innocent » chaque fois que cela serait nécessaire. J'ai utilisé à cette fin l'abréviation « p. i. ».

Notre sommes tous sidérés par l'effroyable meurtre de la petite Maëlys. J'ai évoqué le sujet dans un article précédent, mais sous le coup de l'émotion, je ne suis pas allé au bout de ma pensée. J'ai hésité, parce que la douleur que provoque un tel drame ne peut faire l'objet d'aucun commentaire. En effet, je crois à la force silencieuse de la compassion partagée. Je veux également éviter de donner relief à son tueur (p.i.) et je me refuse à jamais écrire son nom tant j'estime qu'il s'est retiré, par son acte, de la communauté des humains.


Être lucides face à l'acte commis.
Reste l'attitude que le présumé affiche, ses aveux, soigneusement calculés et dosés. Il est nécessaire, non pas de juger — un tribunal le fera — mais d'être lucides face à l'acte commis, face à celui (p. i.) qui l'a perpétré et ses manigances riches d'inventions.
Les psychologues ont fait un portrait. Ils disposent certes d'une méthodologie expérimentale pour décoder les comportements. Mais ne restent-ils pas démunis face à ce genre d'énergumènes dont l'intelligence déjoue leurs spéculations ? J'observe que même les spécialistes en criminologie paraissent désemparés dans cette affaire, du moins ceux que j'ai entendus s'exprimer sur le sujet, tant leur science, dépourvue de grille de lecture fiable, semble incertaine au regard de l'ontologie criminelle. Psychiatres, psychanalystes se sont succédé sur les ondes exprimant leurs opinions, toutes respectables, mais souvent désorientées, confrontées qu'elles sont là, à une puissance mentale résistant à ce qu'ils ont pu expérimenter au cours de leurs carrières : le rationalisme en effet a une immense difficulté à reconnaître qu'une entité puisse défier ses catégories. Sans vouloir minimiser leur science, fort utile pour comprendre les actions et réaction humaines, ce que certains professionnels ont qualifié de « perversion narcissique » me semble répondre plus d'une impuissance de leur expertise que d'un véritable diagnostic. Les descriptions psychologisantes aussi savantes soient-elles sous des dénominations somptueuses délivrent-elles l'identité de l'énergie en œuvre dans ces individus ? Les qualifier de pervers les amuse, les assortir de narcissisme les flatte. Associer les deux les fait exulter.

Qui est le tueur de Maëlys ?
J'ai eu le privilège d'avoir été formé par la kabbaliste Dominique Aubier, et l'une des choses qu'elle m'a enseignée, c'est que pour aborder la Connaissance du monde et de la réalité, il fallait s'extraire d'une certaine naïveté et savoir que les forces du mal existent
« L'ignorance du mal est une carence de notre culture » écrit-elle dans un livre où elle a démontré l'emprise satanique du nazisme.
Les forces du mal existent en tant que tel, et sont portées par certains êtres qui leur sont dévouées. Elles viennent habiter certains individus qui les accueillent avec joie et s'en portent, pour leur plus grand plaisir, les exécuteurs. Il n'est que notre candeur rationaliste pour croire en la « psychologisation » de ces énergumènes qui exploitent fort bien notre étonnante croyance en des schémas socioculturels, historiques ou familiaux prétendument responsables de leur comportement. Cette crédulité de la pensée rationaliste, typiquement occidentale à l'endroit du Mal, serait acceptable si elle n'aboutissait à justifier, excuser leurs actes, faisant des tueurs les victimes d'une société produisant, selon eux, parmi ses excès et déchets, des êtres comme eux. Pauvreté, illettrisme, misère sociale, chômage seraient alors responsables de la criminalité, nous disent les brillances naïves de l'érudition conventionnelle. 

Qui est il ?
Son État Civil m'importe peu.
Son passé m'est indifférent. — Et que l'on cesse de le désigner comme « l'ancien militaire ». C'est blesser tous ceux qui ont été militaires que d'établir un lien analogique entre le tueur-avoué (p. i.) et eux.
Je ne sais rien de sa condition sociale et ne désire pas la connaître, refusant d'entrer dans ce jeu où l'on cherche à cerner la personnalité de l'assassin (p. i.) par les prétendues conjectures psycho-analytique qui l'auraient potentiellement conduit un jour à « devenir hélas le malheureux tueur (p. i.) d'une victime… aussi innocente que lui ». J'entends déjà ce raisonnement que la Défense garde sous le coude. Et il se trouvera un expert puissamment diplômé pour soutenir cette thèse. Je rejette ce raisonnement en ce qu'il n'est qu'une fantaisie cherchant à embrouiller les esprits afin de cacher la véritable identité du « présumé innocent ».

Dans le meurtre de Maëlys, qui est à l'œuvre ?
Je suis très sérieux en posant cette question : qui est à la manœuvre dans cette affaire. Qui ? La Tradition connaît ses modalités de pensée, ses rituels, ses vices. La Tradition en a expérimenté la puissance, l'intelligence, la perversion et en a décrit les ressources. L'entité animant ces misérables porte un nom. Compte tenu du crime commis, du comportement de son présumé auteur (innocent présumé), de ses paroles, de ses modalités de pensée, nous aurons tôt fait de repérer qui, à travers ces typifications, agit. Puis-je le dire ? C'est SATAN. Lui aussi, bien sûr, innocent présumé.
Ayant dit cela, j'entends les ricanements de ceux qui croient qu' « il n'existe que des faiblesses humaines plus ou moins graves ». Il n'y aurait, selon eux,  « ni bien ni mal, mais juste des nuances de gris entre les deux » et dont il faudrait s'accommoder. Ce sont là d'immenses sottises d'esprits inconséquents n'ayant pas été confrontés à la réalité de ce sur quoi ils se permettent d'opiner. Leur point de vue est d'une indigence navrante, défiant la longue expérience que l'humanité a faite du mal, au cours des siècles. Le Mal, avec une majuscule, il existe. Autant s'en instruire afin de l'identifier, le reconnaître. Le démasquer. Si possible en venir à bout.

Satan, vous n'y croyez pas ? 
C'est votre liberté. Les Évangiles lui consacrent plus d'une page, Jésus lui-même l'aurait rencontré à trois reprises. « Les gens ne croient pas au mal. Même quand il les étrangle », écrit le grand écrivain allemand Goethe qui a parfaitement cerné la problématique dans Faust. Relisant son œuvre, on s'aperçoit que l'une des astuces de Satan consiste précisément à dérouter nos esprits de sorte que l'on ne croit pas en son existence, ce qui lui permet d'augmenter en puissance, au vu et au su de tous, sans se dissimuler, s'affichant de plus en plus,  jusqu'à ce qu'un éclair de lucidité nous amène soudain à nous dire, mais trop tard : « c'était donc Toi ? »
Selon ce que j'ai appris par Goethe, Satan est l'acteur du mal absolu, mais il ne peut agir par lui-même : il a besoin d'un bras humain pour perpétrer son projet, besoin d'un exécuteur accomplissant le forfait ; il lui faut devenir homme au motif d'un contrat passé avec lui. Satan et l'homme devenant alors indissociables, unis par un pacte monstrueux. Mais que ce soit clair, et Goethe le souligne : l'homme signataire du pacte satanique n'est pas victime, car c'est librement et en toute conscience qu'il en paraphe le parchemin. La responsabilité de l'individu est totale et il ne faudrait pas conclure, par l'existence de Satan, que le meurtrier ait été en quelque sorte conditionné par quelque engrammation lointaine dont il répéterait, à son insu, la gravité.

Les stratégies sataniques sont nombreuses. L'une de ses manigances, outre le meurtre, consiste à augmenter de la douleur qu'il inflige à la victime et aux proches par toutes sortes de procédés se rajoutant à l'acte même. Il n'est pas « juste » le tueur occasionnel (p. i.) d'une enfant. Ce serait se contenter de trop peu. Satan veut plus. Toujours plus de plaisir, jouissance qu'il s'accorde également sur le dos de la collectivité, de la société dont il sait combien elle est démunie de tout outil de compréhension qui permettrait de le démasquer. Cet agissement secret, — le mot « pervers » consacré par les professionnels est bien trop faible pour en décrire l'extraordinaire corruption — est au cœur de son avilissement. Dès lors lui conférer un « portrait psychologique » peut sembler intéressant pour la biographie, à ceci près que Satan ne fait qu'une bouchée de tous les experts venant l'interroger, en ce qu'il domine leur science, étant mieux instruit qu'eux, par une inspiration non livresque mais ontologique : autrement dit, c'est le Mal lui-même qui est son instructeur et guide. Il n'entre dans aucune des catégories pré-établies par l'Université, ou au contraire, il les remplit toutes, s'amusant une nouvelle fois de l'étroitesse des grilles de classification qui prétendent l' « expliquer ».

Satan est hors norme.
Dès lors la « normalité » de l'entendement ne le cerne pas. Il appartient à un autre « registre » que celui du « mal ordinaire ». Pour appréhender son « registre » il faut nous départir de notre mode de raisonnement causal fondé sur les « sciences cognitives » : en effet, Satan est un fin connaisseur de ces sciences-mêmes qui prétendraient le déjouer. Ainsi, l'interprétation neuro / psycho / génético / logique… devient l'instrument même de Satan en ce qu'il se réfugie derrière cette vanité que nous aurions de vouloir le « guérir ». Satan s'amuse de notre crédulité — et c'est la maladie de notre siècle —  quand nous estimons que seule l'exégèse scientifique serait authentique et recevable face au mal auquel la science justement ne croit pas : Satan nous invite à croire au diagnostic rationnel de sa prétendue maladie, précisément afin d'échapper une fois de plus à son identification réelle.

La mise en scène démoniaque.
Acte premier, Satan fomente, prépare son forfait. Il n'est pas simplement opportuniste. Il est certes toujours aux aguets : « le diable ne dort jamais », c'est bien connu. Mais il est surtout calculateur, planificateur. Et longtemps à l'avance, il se raconte le plan qu'il prépare, détermine le calendrier de son projet et aime le récit qu'il s'en fait : première jubilation.
Acte 2 : c'est le passage à l'acte, et c'est une nouvelle jouissance lorsque la perversion lui réussit : il (p.i.)  a choisi, pour frapper son coup, un jour de mariage, union sacrée de deux personnes décidées de lier leurs vies. Il parvient à se faire inviter à ce mariage. Ce jour là, célébration d'union, promesse de vie, il choisit de porter la mort. La satisfaction qu'il en a tirée, outre l'acte même d'assassiner, a dû être intense. Nos âmes normalement équilibrées ont du mal à imaginer la possibilité d'une telle dépravation.
Acte 3 : il se retire, demeure silencieux, observe le malheur qu'il a provoqué, retourne au mariage et se réjouit du spectacle de la détresse d'autrui. Nouveau contentement. Dissimulation, maquillage de la voiture dont la mise en vente était, elle aussi, prévue de longue date.
Acte 4 : plus ou moins suspect, l'exercice en devient plus intellectuel, confronté qu'il est à des interrogatoires. Sûr de dominer ce qu'il considère comme un jeu, il s'amuse de la justice, se moque des policiers. Défie les juges de ne jamais le coincer, allant même demander sa remise en liberté. 
Au fond, le vrai désir de Satan, outre le plaisir qu'il éprouve à tuer, c'est paradoxalement… de se faire prendre, afin que son acte soit connu, qu'on le lui attribue et qu'il puisse démonter sa supériorité à tous.
A l'acte 5 : mis en difficulté par la science, il avoue son forfait, comme si ses aveux étaient encore nécessaires… Ses aveux méritent un commentaire : ils interviennent après que la science ait démontré sa culpabilité. Ils ne servent donc plus de rien. Si ce n'est qu'il montre par là combien il reste le maître du jeu ayant réservé ses aveux en lieu, date et place que lui seul décide. C'est en effet lui qui a convoqué le juge pour étaler son aveu, c'est lui qui a imposé à la justice le calendrier de son programme.
Ses aveux n'ont émergé qu'une fois que la science a parlé : acculé, il veut immédiatement reprendre la main, cherchant à diminuer la pertinence de la vérité objective, amoindrir ainsi le poids de la preuve en théâtralisant la séance de sa pseudo-rédemption. Nous faire croire, en « avouant », qu'il lui resterait une molécule d'humanité… tout en dosant très subtilement le poids de chaque mot composant ces « aveux »… La science, en effet, a prouvé la présence de la victime dans le coffre de sa voiture mais le raisonnement scientifique, fondé sur l'objectivité rationnelle de l'observation ne peut évidemment pas visionner la scène du crime et en produire le film. Jouant sur cette faiblesse, et en tirant même les avantages, il avoue et pose simultanément la théorie de l' « accident » faisant de lui l'innocent que nous sommes obligés de présumer.

On se souviendra du Tartuffe de Molière, exultant à la joie de s'avouer coupable de ses perversités. Aveux prévus, dans des termes choisis et pesés. Car Satan a besoin d'être reconnu, d'être vu : raison pour laquelle il revendique son acte tout en se laissant des possibilités d'échappatoire. Chez Satan, l'aveu n'est point regret. Bien au contraire, c'est pour lui une occasion nouvelle de pavoiser dans l'affirmation orgueilleuse de ce qu'il considère comme une performance. Il tire à lui les projecteurs médiatiques, affiche même une mine désolée, présente des excuses à sa victime et sa famille : nouveau maléfice que rechercher la rédemption quand il ne s'agit que de la sordide satisfaction simulée dans une mise en scène configurée dans son esprit, et de longue date, depuis l'acte 1.

Il est difficile de deviner ce que Satan mijote dans les dédales obscurs de sa pensée. La première difficulté, pour nous, est de nous libérer du « narcotique de la naïveté intellectuelle face au Mal » (l'expression est de F. Nietzsche). Il est donc quasi certain que dans un acte 6 à venir, il déroulera la suite d'une machination dont il écrit les rouages : c'était un « accident » a-t-il prévenu. Je le vois venir, dans le non-dit de ce qu'il nous prie de penser à sa place : c'est un accident et… c'est tout juste si la victime n'était pas elle-même responsable de sa propre mort prétendument « accidentelle ». Et donc c'est lui, le tueur (p. i.) qui serait injustement accusé. Et il pense cela, parce qu'il sait qu'il trouvera, dans l'opinion, telle âme compatissante, compréhensive, admettant qu'après tout, « il est un homme comme les autres » et que certes « il n'y a pas de bien ou de mal, mais justes des nuances entre le bien et le mal. » 
Ne sont-ce pas là ces « naïvetés thérapeutiques », ajoutant à l'euphorie de Satan qui tire de ces innocences une force inouïe : il en tire le sentiment d'une victoire sur la vérité, chaque fois que l'un de ses stratagèmes réussit. Ainsi, il ne manquera pas de simuler telle faiblesse — demander son hospitalisation pour « dépression », exiger qu'on le soigne, et qui sait, qu'on lui apporte des chocolats — au plus grand mépris des parents de la victime qui sont, eux, dans la souffrance totale.
Feindre une faiblesse — avec talent —, est-ce une nouvelle manœuvre destinée à nous faire croire chez lui en une possible fragilité humaine ? Qui peut se laisser prendre à telle duperie dont on voit bien ce qu'elle appelle : nous faire admettre qu'il serait, lui aussi, une victime alors qu'il est l'instigateur (p. i.) de la machination au sein de laquelle il tient le rôle principal…

La pensée de Satan.
Il m'est difficile d'accepter la gentille mansuétude que son avocat ne manquera pas d'appeler à la rescousse, selon laquelle il serait « un homme comme vous et moi ». Nouveau stratagème qu'établir une relation « entre nous et lui » car cela revient justement, sur ce plan d'égalité, à faire de vous et moi l'égal du monstre (p.i.). Donc de nous rendre solidaire de sa déchéance, et qu'en conséquence, nous serions appelés à le sauver afin de nous sauver nous-même, étant, comme lui, des misérables.
Eh oui. La pensée de Satan va jusque-là, et bien plus loin encore. Et si j'en ai compris les mécanismes, c'est parce que mon Maître, initiée et ennemi du mal, m'a enseigné certaines choses sur la puissance du mal, sa force psychique, son extraordinaire propension à ne jamais renoncer à sa superbe. Ce sont des choses qu'aucune école, hélas, ne nous enseigne… Le Mal ne vit que pour cela : d'une part, être le mal, le perpétrer et le célébrer ; et d'autre part, détruire, briser, tuer la Vie. Tout en troublant nos vues et nos esprits de sorte que nous ne nous apercevions de rien.

Le voici sur scène, ce Satan auquel personne ne croira. C'est là qu'il veut paraître. Le crime commis (pardon : l' « accident ») n'est au fond pour lui que l'expédiant lui permettant de monter sur les planches du théâtre judiciaire. Il tue (p.i.)… afin d'être la vedette de son procès qui lui donnera l'occasion de jouer le grand rôle dont il prévoit les répliques, les épisodes, les ponctuations. Son défenseur « qui ne fait que son métier » a laissé entendre plus de choses qu'il ne dit réellement. 

Mon Maître, avec qui j'ai vécu pendant plusieurs années en Espagne, m'avait enseigné une grande leçon : nous habitions alors dans un village en Andalousie où personne n'exprimait jamais explicitement sa pensée, ni en bien, ni en mal. Si je voulais m'intégrer, me disait-elle, alors il me faudrait toujours écouter les niveaux de langage, restituer systématiquement le non-dit, attraper au vol l'allusion subtile. Cela s'appelle « cojer al vuelo » disait-elle. Même la pensée la plus positive, ou le plus beau compliment, rien ne se disait explicitement. Il fallait comprendre les métaphores, décoder les allusions, n'en rien dire et à l'occasion, renvoyer la balle en usant de la même technique. Tout le village communiquait sur ce mode. Ce fut un apprentissage difficile que pénétrer la pensée impliquée mais dissimulée, laissant toutefois percer suffisamment d'éléments de surface pour que l'on puisse sonder les eaux profondes de l'indicible. Cette école — pur pragmatisme social — me fut profitable à plus d'une occasion lorsque, revenant en France, je pus, grâce à mon Maître, parfaire ma formation en lecture de signes et décryptages de textes.
Dans le cas présent, j'ai remarqué la technique de l'Avocat. Dès avant le procès qui ne se tiendra que dans quelques années, il inocule dans l'esprit de l'opinion des idées dont il sait qu'elles porteront leur fruit le moment venu. Travail sur le Temps, sur la puissance qu'a le Verbe de créer la pensée, d'orienter l'opinion, de percer et s'imposer le moment venu.

Questions : vous est-il déjà arrivé de subir les implications d'une pensée que quelqu'un vous a plantée dans l'esprit ? Un individu instille dans votre conscience sa volonté, et amène votre pensée à compléter le non-dit selon des termes qu'il a parfaitement calculés… et voici que vous vous comportez exactement comme il le voulait…

C'est exactement ce que fait avec nous l'Avocat du tueur (p. i.). Et moi, ici, dans ce Blog, je veux d'emblée, immédiatement, détruire l'idée qu'il tente de faire passer, selon laquelle cet individu serait « un homme comme vous et moi ».
Je veux m'interdire que ces quelques mots puissent, par leur propre puissance, croître en mon esprit jusqu'à ce que, pris par la niaiserie du « sentiment d'humanité partagée » j'admette leur validité et me range à la suite de l'argumentation déjà préparée. Homme de justice respectable, l'Avocat fait son métier… Mais n'est-il pas manipulé par celui qu'il défend et dont la puissance intellectuelle le domine ? Ayant pour client Satan (p. i.) en personne, il en deviendra le plus génial des Avocats, décuplant ses capacités imaginatives au delà de ce qu'il pourrait jamais concevoir par lui-même. Ses capacités de persuasion, de conviction se verront démultipliées par l'inspiration au service de laquelle il se met. Dès maintenant, on entend ces surprenantes affirmations destinées à flécher l'argumentaire à venir, au soutien du tueur-avoué (p. i.).

Alors, que penser de sa demande d'hospitalisation ? Encore une entaille portée dans le corps d'un enfant qu'il ne cesse de meurtrir, d'une vie qu'il ne cesse de dérober et de détruire ?
Dès maintenant, monsieur l'Avocat, je récuse l'autorité de cette idée fallacieuse selon laquelle l'assassin (p. i.) de Maëlys serait « un homme comme vous et moi ». Non, monsieur l'Avocat, votre Client n'est pas « un homme comme vous et moi ». En tout cas, pas comme moi. Et je ne suis pas comme lui et ne le serai jamais. Car je n'ai rien en partage avec lui, dès lors que par son (ses ?) actes (p. i.) il s'est lui-même séparé de l'humanité que j'aurais pu partager avec lui.

En hébreu, Satan c'est Schaitan
 שטן
 C'est le nom biblique de l'Adversaire. Qui est-il, que veut-il ?
Voici quelques précisions tirées de mes lectures :
 —  « Satan est d’abord une information. Trois lettres construisent son unité informationnelle. Schin, Teit et Noun. Le Schin symbolise le Verbe et ses étapes de dévoilement. C'est une lettre magnifique, mais ici, dans le mot Satan, il est en initiale, pointé du côté gauche, non précédé d'Aleph ou de Yod. C'est donc un verbe n'acceptant rien avant lui, qui se pose en instructeur du cycle qu'il prétend gouverner de sa propre puissance. Il en crée le symbolisme (Teit) et en conditionne l'humanité (Noun). Pour comprendre la dynamique de la lettre Schin et ses deux formes, se reporter à ce livre, Le Principe du Langage ou l'Alphabet hébraïque. 
— « Dans la symbolique hébraïque, Satan, en sa forme active est appelé Samaël… Son envergure psychologique fait son génie… et le rationalisme n'y croit pas. »
—  « Il s’oppose au dynamisme normal de la vie. Il est donc par définition celui qui se met en travers. » Il est la volonté qui se retourne contre la Vie.
— « Satan déteste la vie, hait l’intelligence, sauf la sienne. » Mais un rien de méditation fondé sur l’Absolu l’anéantit.
— « Satan essaie de retenir l’énergie humaine, il veut empêcher la conscience de passer le pont… Il veut tout immobiliser… D'où son désir de tuer et mettre fin à toute évolution. Il ne craint qu’une chose : la vérité et le déplacement de l’énergie. La spécialité de Satan, c’est de détourner l'énergie à son profit. Il édifie son action sur ce capital de vie volée. »

A-t-il commis d'autres crimes ?
L'enquête le déterminera. Je n'ose publier ce que j'en pense, étant donné que je n'ai aucune preuve de quoi que ce soit. Et si je parle de « tueur » il faut bien évidemment faire suivre ce mot de toutes les modérations indispensables afin que soit préservée la présomption de l'innocence. Mais une chose est certaine, c'est que sa victime était innocente et que Satan (p.i.), n'est pas un débutant en matière de crime. Il est perfectionniste, appliqué, tout impliqué dans son projet. Semble même parfois animé d'une sorte de zèle tout particulier, afin que son forfait éclate au grand jour. Il trouve là l'opportunité de nous défier dans notre humanité. Vouloir faire de nous ses égaux, nous rabaisser à son niveau.

Le déni de sépulture.
J'ai été frappé — écœuré — d'apprendre que le tueur (p. i. involontaire selon lui), non content d'avoir mis fin aux jours de la fillette, a « déposé » son corps dans un ravin inaccessible de la montagne. Le mot « déposé » a été repris en boucle sur les ondes de France-Info. J'ignore qui est l'initiateur de ce terme, répété à l'infini dans les journaux radiophoniques en continu. Ce mot pudique de « déposé »  pour désigner l'acte de l'agresseur (p. i.) se débarrassant du corps de sa victime m'a semblé un euphémisme cachant une réalité autrement plus sordide.
Je n'ai entendu personne commenter cet acte-là. Il revêt pourtant un caractère très significatif quant à la volonté animant l'auteur de ce geste. Cela fait partie de son scénario dont l'intention s'écrit de plus en plus précisément. Je tiens à démasquer cette intention, la rendre publique, afin de neutraliser l'emprise qu'il a imposée à sa Victime, après la mort.
Car enfin, abandonnant le corps à la surface des pierres d'un ravin, en pleine nature, il a refusé à sa victime toute forme de sépulture humaine, la laissant en proie aux bêtes sauvages et à la décomposition à ciel ouvert. Cet acte de refus, décidé, prévu, calculé s'ajoute au meurtre. Une manière de tuer une seconde fois l'enfant à laquelle il dénie le droit à l'inhumation : a-t-il voulu par là enlever à Maëlys son appartenance à l'espèce humaine, réduire son corps à la dimension d'un objet méprisable ? L'humanité primitive honorait ses morts, l'Homme de Néandertal même fleurissait ses sépultures, et c'est par cet acte culturel, social, entouré de respect que l'humanité s'est extraite de l'obscurité pour devenir pleinement consciente de sa propre vie. Le présumé innocent n'a pas « déposé » le corps, comme l'ont gentiment dit les médias, mais abandonné. Lui refusant la sépulture — ne serait-ce qu'un sommaire monticule de pierre protégeant la dépouille —, ne s'est-il pas lui-même retiré de la Civilisation ? Ne s'est-il pas rangé du côté de la bestialité, la barbarie, le monde des Négateurs, des Monstres avec lesquels nous n'avons rien en partage ?
Comment vaincre Satan ?
Il s'agit en effet de l'empêcher de triompher. De supprimer ses pouvoirs, le démasquer jusque dans ses ultimes replis. D'abord, se mettre soi-même à l'abri, raison pour laquelle j'ai veillé à respecter le Droit et sa présomption d'innocence (p.i.).

Il faut dépouiller Satan de sa prérogative, de son pouvoir. 
Il existe, indique le dictionnaire du prof. Abraham Elmaleh (éd. Yavneh, Tel Aviv 1957), en hébreu cette expression : « ouvrir la bouche à Satan ». Elle signifie, dit-il, qu'il ne faut pas fournir à Satan l'occasion de sévir contre nous et ne pas lui donner d'argument contre nous. Raison pour laquelle, dans le cas présent, le Satan reste silencieux, car il attend qu'on lui fournisse les arguments qu'il puisse réfuter. Il me semble donc qu'il faudrait non plus chercher ses aveux, mais l'isoler totalement, ne plus lui parler, ne plus l'interroger. Car quoiqu'il dise, tout est faux et mensonge.
Je veille, dans ma réflexion, à lui retirer la possibilité de recourir à la Science, dont il accepterait volontiers les secours, s'il elle venait, du haut de sa brillante technicité, trouver en lui quelque défaillance motivée par la prétendue « raison pure » de la philosophie ou quelque « complexe d'Œdipe » tout aussi insaisissable. Satan étant lui-même docteur honoris causa de sa propre cause, il déjoue toute forme de raisonnement scientifique, le retournant en sa faveur, parvenant même à faire de la science son alliée en ce qu'elle démontrerait… quelque pseudo-pathologie existante ou qu'un savant épris de scientisme inventera tout spécialement pour l'occasion.
Ôter les pouvoirs au tueur (p.i.) revient à diminuer les forces sataniques tout entière. Pour cela, il faut agir. Comment ? D'abord avoir le courage de le nommer, afin de lui opposer les forces qu'il déteste. Or la seule manière de dominer Satan est de recourir à ce qu’il interdit : la Vie. Satan n’a qu’un seul ennemi : l’Absolu. C'est donc l'Absolu, la Vérité qui en viendront à bout. 
Le Zohar, grand livre de la Tradition hébraïque, dit que « la délivrance ne dépend que de l'anéantissement des âmes de la catégorie d'Amaleq ». Pour cela, mettre en œuvre toutes les forces d'Amour, véritable fondement du Monde.
Contre Satan, l'usurpateur, se dressent les puissances de la Vie. Les puissances du Cœur.
Satan est celui qui se prétend maître du monde, issu de l'Inversion qu'il voudrait édicter en origine. Je le dénie cette puissance.

Ce sont donc les forces de l'Amour, puissamment réaffirmées, qui portent la jeune Victime vers sa victoire et qui anéantiront le Prince des Ténèbres.
Je souhaite que ce Blog y contribue.