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lundi 24 juillet 2023

Canicule, sécheresse et feu, par Dominique Blumenstihl-Roth

Canicule, sécheresse et feu

par Dominique Blumenstihl-Roth


La canicule est un indice puissant sur l'état de notre civilisation. Liés et dépendants de notre monde, nous ne sommes pas des observateurs neutres de la planète. Nous sommes la planète et elle nous ressemble. Nous faisons corps avec elle et elle avec nous. Savons-nous l'aimer ? L'habiter respectueusement ? Et elle, de son côté, continuera-t-elle de nous aimer, nous laisser vivre en elle ?

 

La canicule entraîne la sécheresse. N'est-elle pas à l'image de notre pensée, prête à dévaster le monde pourvu que notre petit intérêt soit sauvegardé, à ceci prêt que nous ne sauverons rien si le monde est anéanti ? Quelle est la limite — depuis longtemps franchie — où commence la dévastation ? Je ne parle pas ici des forêts amazoniennes dont on s'émeut beaucoup d'autant qu'elles sont loin de chez nous, mais de nos critères de pensée assez sec pour générer ce que Nietzsche appelait Verwüstung. Il entendait par là une désolation au-delà de la simple destruction qui devient anéantissement de l'être. Cette forme de destruction des esprits déchoit toute morale, toute éthique, désolation qui tombe sur nos systèmes fondés en matérialisme exclusif dont nous étions persuadés qu'ils allaient se survivre pour l'éternité… Nous étions si bien installés dans notre croyance en l'éternelle productivité-expansion indéfinie… Un coup de sécheresse caniculaire et tout s'arrête, y compris nos centrales nucléaires en manque de refroidissement, nos TGV dont les rails subissent des torsions. On en avait tant prisé la haute valeur technologique…

 

La canicule devrait nous donner pour le moins un coup de modestie sur la tête. Du point de vue initiatique, il est clair que l'énergie brûle — beaucoup de choses s'enflamment, ces temps-ci. La branche « hyponeurienne » jusque-là prolifique du « Qui Fait », se voit obligée de restreindre sa prédominance. Mais elle a l'orgueil de sa mémoire, de ses extraordinaires succès — les « trente glorieuses » dont nous pleurons nostalgiquement le miracle — et plutôt qu'accompagner l'énergie filant vers la branche évolutive d'En Face — sortie d'Egypte ! —, comme Pharaon, elle fait tout pour empêcher la migration vers la Connaissance. C'est ainsi que « le désert croît », selon la formule du poète-philosophe. Hannah Arendt reprend cette idée dans son essai Qu'est-ce que la politique, et précise que « le désert abolit, tandis que la désolation cultive précisément et étend tout ce qui garrote et tout ce qui empêche. » Serions-nous entrés en période de désolation dont la canicule serait le signe ?

 

La sécheresse des esprits est-elle responsable de la sécheresse qui s'étend sur le pays, ce dernier étant constitué de l'ensemble des réflexes intellectuels présidant à sa destinée ? La pensée courte, essentiellement matérialiste, axée sur la rentabilité financière… la sécheresse des âmes, la pauvreté des cœurs, la violence exercée contre toutes les formes d'espérances et d'élévation, le rabaissement général du rapport à la Vie et la négation du Principe de Création au profit du Principe de dévastation. Se pourrait-il que Dieu nous abandonne à notre sort, puisque nous sommes de si bon experts en matière de gestion ? Quelques séances de coaching (sur quels modules efficaces éprouvés ?) suffiraient-elles à remettre l'humanité sur les rails ? Quels rails ? On apprend justement que la canicule les a sévèrement déformés… Les anciennes structures ne peuvent accueillir les nouvelles énergies qui exigent de nouvelles voies.

 

« La désolation de la terre peut s'accompagner d'un haut standing de vie, écrit encore Hannah Arendt… et tout hanter de la façon la plus sinistre, à savoir, en se cachant… » Une désolation organisée qui prévoit la dissimulation de son projet d'anéantissement. Notre capacité d'accoutumance est telle que nous risquons de ne pas nous en apercevoir, persuadés que nous sommes de disposer des alternatives possibles : un peu d'écologie raisonnable et scientifique remettrait les choses en ordre, sans rien changer au fond de notre conception de la vie sur terre. Un peu de saupoudrage social suffirait à calmer les angoisses. Le « système » se sauverait ainsi lui-même, tout en empêchant le véritable transfert de l'énergie. On améliore le sort de l'esclave en lui enlevant la chaîne, s'assurant toutefois qu'il ne quittera jamais la plantation… Accoutumé à ce nouveau confort, il sera reconnaissant à l'égard de la férule désormais cachée qui ne s'abattrait pas moins le moment venu.

Nous nous habituons à l'intolérable, poursuit Hannah Arendt, sévèrement lucide : « grâce aux moyens d'adaptation que nous fournissent la psychologie… et la psychanalyse, dans son uniformité monstrueuse et la fadeur des catégories qu'elle invente, agent de désertification en ce qu'elle efface les richesses de l'amour, du cœur, réduisant tout à la petitesse des pulsions sexuelles… » Mystification des sciences légiférant les relations humaines, au service de ce système d'assèchement et de dévastation des âmes ? A noter que la philosophie non plus, n'a su résoudre la question de la désertification des esprits, et ce qu'elle reproche aux autres disciplines pourrait fort bien lui être retourné : autant de philosophies qu'il y a de philosophes, autant de modèles et d'anti-modèles qu'il existe de penseurs.

 

Restent les Îles, les Oasis.

« Si les Oasis ne demeuraient intactes, nous ne saurions plus comment respirer… » Quelles oasis ? Où sont-elles ? Les Îles-Oasis, c'est vous, ami(e) lectrice /lecteur de ces lignes. Les Îles-Oasis, ce sont les livres et films de mon Maître, ce sont les espaces, les êtres épris de liberté, capables de n'être pas inféodés au dogme des idées à la mode, des conventions institutionnelles, des appareils prétendant distiller leur autorité. Les îles-Oasis, ce sont les insurrections de l'âme étouffée, les infatigables compagnons du Livre révélatoire. Les Îles-Oasis, ce sont « les vrais Amis de Don Quichotte », gouverneurs de leur propre île comme le fut Sancho Panza, qui ne renoncent pas à fertiliser le monde de leur semence, à recevoir cette semence en leur terre généreuse.

 
Que faire ? « Un nouveau monde, doté d'une nouvelle politique », écrivait Tocqueville, sans cependant préciser sur quoi cette nouvelle politique serait fondée. Il me semble qu'il est temps non pas d'inventer des philosophies, mais de fertiliser les terres de résurrection déjà existantes, recevant la génération qui se dotera de la « nouvelle pensée » : la pensée initiatique. Faut-il préciser que cette pensée, elle aussi, est tenue de se renouveler, d'intégrer les mises à jour et se départir des obsolescences où certaines institutions, en dépit de leur noblesse, voudraient la maintenir ? Don Quichotte est passé par là qui a ouvert la voie. Il agit selon un modèle. J'en appelle donc à une politique (po-éthique) quichottienne, fondée sur la connaissance du Motif d'universalité. Gouverner l'île de l'humanité au moyen d'une politique fondée sur les lois de l'Esprit, est-ce une utopie ? Pas du tout. Puisque le Code des Lois du Réel a été dégagé et qu'une Connaissance du Réel, sa structure, son système, ses archétypes est disponible, à la portée de tous, et sans nécessité d'affiliation ou conversion, parti ou religion que ce soit.
 
 
Outils efficaces :
— la connaissance de l'Alphabet hébreu dont l'édifice relate la systémique du Vivant ;
— le Code des Lois du Réel (le Code des archétypes) ;

jeudi 13 juillet 2023

Résoudre les violences, par Dominique Aubier

Résoudre les violences, par Dominique Aubier

extrait du livre Rebâtir le Monde

 

Seule une compréhension supérieure d'essence sacrée, dûment reconsidérée par la raison moderne, aura l'autorité de dissoudre les haines qui enveniment les rapports de force.


L'unité d'esprit des traditions s'est maintenue

mais aujourd'hui, leur persistance dans l'enclos symbolique n'a plus d'avenir, sa durée de vie est épuisée. C'est pourquoi le salut des valeurs qui les ont constituées demande un traitement de relance. Chaque symbolique soutenant une croyance doit être amenée au fond systémique qui a été son « confiseur ». De manière à libérer son principe qui est le même pour toutes les participations au Sacré. C'est la solution pour concilier les esprits dans une compréhension intellectuelle de synthèse.

Ce ne serait plus la religion mais l'intelligence des religions ou alors la religion de l'intelligence. L'élévation dans la vérité universelle sans que l'on ait à supprimer les supports imagés qui font le luxe de la diversité, mais aussi le naturel des prises de parti. Un énorme travail est à entreprendre si l'on veut que l'originalité des peuples reste ce qu'elle est, tout en permettant que son expression acquière la solubilité nécessaire au dialogue.

 

Notre république laïque désire l'assimilation dans sa neutralité, et celle que l'on prône comme indispensable à l'installation des étrangers sur nos territoires a pour directive de fondre les esprits aux prédilections locales. Mais les consciences peuvent n'y pas trouver satisfaction. Gardant souvenir de la métaphysique que leur accordait la croyance de leur origine, elles peuvent renâcler à s'enserrer dans la cuirasse des lois républicaines qui ne passent guère contrat avec le ciel. L'Occident de la pensée ne réussira jamais à réduire à ses courtes vues des sensibilités qui ont l'intuition du sacré. Les âmes qui sentent leur racine métaphysique ne se contenteront jamais de la citoyenneté dite démocratique fondée sur une notion juridique des Droits de l'Homme extrêmement appauvrie en ce qu'elle est détachée de la dimension sacrée qui confère à l'humain son véritable statut au regard de la Création.

Cette notion des Droits de l'Homme est mal appréhendée, y compris par les honorables rédacteurs de la fameuse Déclaration. Elle n'est pas universelle, puisqu'elle exclut précisément ce qui fonde l'universalité, c'est-à-dire le Modèle d'Absolu.

 

J'ai là une figurine en bois africaine du Burkina Faso 

Le sculpteur initié qui en a fixé la position des bras indique la règle selon laquelle le « qui Sait » doit prévaloir sur le « qui Fait », mais aussi que le flux d'énergie n'emprunte pas les mêmes directions à droite et à gauche. Il a une manière correcte de circuler. Ce dont peu de personnes se doutent dans notre Occident qui se veut toujours exemplaire et donneur de leçon. Partout en lui, le « faire » entraîne la vie dans son sillage centrifuge, mouvement prioritaire dans la gauche structurelle. Et à droite, la Connaissance est arrêtée, poussée dans le vide évolutif— priée de se suicider — que lui impose le Verboten. Seule fonctionne cette entité omnipotente et vicieuse, ce Verboten qui possède en outre plus d'un raffinement, allant jusqu'à dénoncer lui-même ses dysfonctionnements, pourvu qu'il garde la main haute sur les remèdes qu'il prétend apporter au mal dont il est l'instigateur. Le Verboten, tout au revers de la statuette africaine, lève la main avec autorité au bout d'un bras gauche démesuré. Quant au bras droit, il est au plus bas.

Cette figurine du Burkina Faso devient très loquace sous regard initiatique croisant la pensée de son concepteur. Un jour, une ethnologie courageuse entreprendra ce grand travail d'élévation et de réévaluation de l'apport des traditions. Elle en sera capable dès qu'elle entrera en possession du système de vérité. Lui seul, doctrine et méthode, peut assumer la fonction de médiation qui doit concilier les peuples, les langues et les coutumes. Condition évidente de paix et d'avenir. Argument à plaider. Je souhaite m'en prémunir au moment d'entrer en action. Car la parole est une action. Raison pour laquelle nous ne pouvons pas la libérer au hasard…

 

Regardons par exemple du côté de l'école 
Elle devient un lieu de rébellion. Elle avait pourtant vocation à lisser les esprits dans le sens de la convention commune. Sans craindre d'en raboter les aspérités comme le désirait Jules Ferry. Cette uniformisation a fonctionné longtemps. Mais aujourd'hui, la sensibilité générale mesure le hiatus qui sépare ses désirs naturels de ce que la convention commune lui ménage. On croit que l'insurrection est motivée par la vétusté des bâtiments, l'insuffisance des moyens financiers, le nombre excessif d'élèves serrés dans un espace trop étroit. Ces misères ne seraient pas ressenties avec tant d'acuité si elles étaient compensées par un contenu intellectuel adéquat, dispensé par une méthode à hauteur de l'attente. Cela ne met pas en cause la qualité des enseignants, ils font de leur mieux à titre personnel. Ce qui cause la souffrance, c'est l'arrogance avec laquelle le programme de l'enseignement prône l'objectif. Entre sept et quinze ans, il y a dans le cortex humain un arrangement structurel favorable au symbolisme, à la métaphore, à la poésie, au théâtre — beaucoup moins à la rigueur des mathématiques. Plus tard, cela évoluera.
 
Une pédagogie est à concevoir en accord avec les mécanismes cérébraux et leur moment de passage à l'efficace. La science du cerveau, quand elle s'appuie à la fois sur la connaissance initiatique et sur le savoir objectif fait valoir la qualité de la couche I comme réceptionniste insatiable des informations liées au pouvoir de parler. Il en ressort une aptitude et donc une méthode : proposer aux enfants en bas âge, dès leur première année scolaire, la pratique de plusieurs langues. Reste à choisir ces langues avec circonspection : elles vont nourrir des plages de phonation dans l'aire du langage et lui conférer une étendue qui deviendra plus tard puissance à penser, imaginer, inventer, énergie et joie de vivre. Il ne faudrait pas que l'anglais s'y implante en unique et obligatoire colonne du temple à côté de la langue maternelle. L'espagnol, le hindi, l'arabe, l'hébreu ou l'italien se logeraient tout aussi facilement dans la substance mentale d'un enfant. Mais je ne veux pas étourdir le lecteur avec un programme de ministre de l'Éducation. Mon souci reste celui qui était au commencement de cette enquête : définir l'action à mener pour remettre le monde sur ses gonds. Il nous faut concevoir une proposition de salut qui puisse s'enfoncer rapidement dans la fente que le Temps et la Vie peuvent encore offrir à cette initiative. J'espère qu'un grain de potentialité heureuse est encore utilisable.
 
 
Préconisations :

mardi 11 juillet 2023

Victoire pour Don Quichotte ! Le vrai secret de Don Quichotte, un livre de Dominique Aubier

Petit rappel pour les Ami(e)s de Don Quichotte :



Dans ce livre, Dominique Aubier identifie les références araméennes (Zohar) de Cervantès et les passerelles entre le castillan ancien et l'hébreu. Elle réalise en détail l'étude de la Préface, des Poèmes, de la Dédicace et des premiers chapitres de Don Quichotte, d'après les éditions originales de 1605, 1608 et 1610. Il s'agit de l'exégèse du Quichotte, où l'auteure présente les corrélations existant entre le texte original de Cervantès et l'hébreu (araméen) du Zohar, le célèbre ouvrage du kabbaliste Moïse Shem Tob de Léon qui a servi de référent symboliste à Cervantès.

Ce livre est la suite de Don Quichotte prophète d'Israël (éditions Robert Laffont, 1966 ;  Ivréa - Gallimard 2013). C'est l'étude du langage de Cervantès et son décryptage révélant de manière définitive et irréfutable la connexion hébraïque et zoharique du Quichotte.

Dominique Aubier a fait là un travail minutieux, scientifique, de linguiste hors pair. Mais surtout, un travail d'initiée dépassant ce que la simple philologie ou sémantique pourraient inspirer. Elle reprend le texte du Quichotte et ligne après ligne, mot après mot, passant du castillan à la traduction française, envoie l'attention du lecteur vers le référentiel hébreu. Une performance éblouissante. Cervantès en personne, par la mémoire transgénérationnelle, lui aurait-il dévoilé ses secrets ?

Son texte est construit sur trois niveaux :
1. le texte original de Cervantès ;
2. la traduction ;
3. renvoi au Zohar et reconduction aux passages de la Torah concernés.
En quatrième niveau, il ressort un faisceau d'une puissance remarquable : la rigueur intellectuelle de la recherche — de la trouvaille ! — est telle que l'esprit du lecteur se trouve subjugué par l'épaisseur tridimensionnelle de l'ouvrage.

 



 VICTOIRE POUR DON QUICHOTTE !

Pour les vrais Amis de Don Quichotte ! 


Nous rappelons que Dominique Aubier fut la première a découvrir le réseau du cryptage hébraïque actif dans Don Quichotte. Travaux corroborés par :
— Ruth Reichelberg, docteur en littérature comparée à l'Université Bar Ilan de Tel Aviv ;
— Prof. Gonzalo Maese, directeur de l'Institut des recherches sémitiques de l'Université de Grenade, Espagne. Expert de l'hébreu et de l'araméen, traducteur de Méam Loez;
— Prof. Pierre Guenoun, directeur de l'Institut des études hispaniques de la Sorbonne, Paris.

Ces travaux ont fait l'objet du film :
"El Secreto de Don Quijote" (The Secret of Don Quixote), réalisé par Raùl Rincon Fernandez pour la RTVE (radio -télévision espagnole). Prix du meilleur documentaire au festival Las Duñas.

vendredi 30 juin 2023

Pour aller au sens des choses : le miel du Verbe. Par Dominique Blumenstihl-Roth

Pour aller au sens des choses : le miel du Verbe
par Dominique Blumenstihl-Roth


Comment « piéger ce qui est à l'origine de nos faits » ?

« Les données comme les acquis dont nous sommes façonnés forment un globe invisible qui nous tient sous sa cloche. Recevant ce qui arrive sous forme d'événements, chacun de nous est dans sa propre bulle, assumant son moi dans la singularité qui lui en vient, au gré des jours et de leurs accidents… »


 « La vie fait du cinéma. C'est qu'elle appartient au régime cosmique. Nous vivons sur une planète qui appartient au tissu de l'Univers, à ce qui est versé de ce côté-ci du Rosch Primordial. Tout ce qui décrit le terrestre relève du cosmique et de son caractère objectivant. L'ordre qui règne sur notre globe obéit à l'imprégnation du « qui Fait » cosmique. Tout ce qui s'y passe s'organise d'office dans la substantialité, sous l'influence d'un « qui Fait » matériel, concret, visible, qui reçoit ses directives d'un « qui Sait » invisible. Les vicissitudes qui remuent nos existences répondent donc à des décisions venues du plus loin. Nos aventures privées, nos histoires sociales, nationales ou mondiales, les événements et accidents qui s'y clouent sont des effets et non des causes. Des effets visibles, mouvementés, dont la source est ailleurs. Tout ce qui se passe sur la planète serait de l'ordre d'une mise en forme dont l'intention qui l'inspire serait retenue dans l'au-delà. Belle liberté que celle de la créature humaine, puisqu'en définitive c'est l'Humanité qui recouvre la planète ! Nous serions mus par des données impératives dont le contenu magistral nous serait interdit. Nous en vivrions les effets, sans avoir le droit d'en connaître les causes. Seraient-elles à jamais prisonnières de l'Invisible en sa qualité d'hémisphère « qui Sait » ? Hors de portée pour la raison humaine ? A quoi bon, alors, disposer d'un cerveau doué de conscience ? Cette notion déterministe de la condition humaine contrarie tellement le sentiment que nous avons de nous-mêmes qu'il est impossible de l'accepter. Il doit exister un moyen de remonter à la source. »

 

Ces lignes extraites du livre Inédits 2., de Dominique Aubier, page 218, m'ont vraiment interpellé. Comment trouver le sens des événements ? Comment « piéger ce qui est à l'origine de nos faits » ? La réponse de l'initiée : « il suffit de se doter des outils conceptuels convenables. » Voilà qui est vite dit. Encore faut-il les trouver, ces outils, et ensuite, savoir les utiliser…


Comment « piéger ce qui est à l'origine de nos faits » ?

Rechercher l'information dictée depuis « l'autre côté », la comprendre, la sublimer, l'assumer, lui donner fait et corps en retrouvant son sens… Une sacrée affaire. Tout ce « film » de l'échelle, la chute, les soins, la douleur « exquise » que j'ai raconté dans un blog précédent, tout cela aurait un sens ? Lequel ? Il faut tout d'abord décrasser l'événement pur. Il est plus que ce qu'il laisse apparaître. Se rappeler que les événements sont le langage de la vie. Il s'agit donc de démaquiller l'événement, le nettoyer de ses apparences de manière à libérer le sens qui est son vrai visage. (Cf Rebâtir le Monde, p. 21) Considérer l'événement comme l'expression d'un signe où la « vérité est dans la vérité ». C'est-à-dire qu'il est un symbole appelant à son exégèse. Comment lire le réel ? Il faut apporter la Tête dans sa toute intelligence d'elle-même et en aucun cas s'engluer au narratif littéral de premier niveau d'immédiateté.

Il y a des signes, dans la réalité, parce que nous vivons dans un cosmos qui est le « Qui Fait » d'un cortex dont le « Qui Sait » est situé dans l'invisible. Sans cette représentation, il est impossible de comprendre que l'incessant arrivage de nos faits puisse avoir un sens : une règle fonctionnelle d'essence cérébrale fait qu'une information activée en « Qui Sait » subit, pour entrer en « Qui Fait » une série d'adaptations qui lui confèrent un état de concrétisation. Par analogie, nous dirons qu'un signe est le produit métabolisé d'une information insaisissable à sa source, et le modèle microbiologique montre que la formulation d'origine n'est jamais recopiée à l'identique mais il subit une altération adaptative avant de devenir une réalité. Face à cette réalité, peut-on retrouver l'information codante d'origine et recomposer l'information qui a été instillée, donnant naissance à l'événement ? En utilisant les archétypes, il est possible de remonter en amont de l'événement et recomposer la donnée qui l'a induit, écrit Dominique Aubier (Rebâtir le monde p. 174). Cela s'appelle précisément : lire un signe.

La lecture du signe implique le recours à la… « lecture » : l'art de décortiquer le visible et lui arracher la part verbale du secret qu'il dissimule. Faire ressortir de l'événement vécu la charge verbale qui est à sa source, exsuder du réalisme le plus épais sa part de lumière voilée sous les apparences. Autrement dit : faire tomber le voile et laisser apparaître le vrai visage du vrai. Le recours au langage est le seul moyen d'exégétiser l'événement et en extirper le sens ; car le langage est l'être même du monde, il est l'être de l'humain, donnée élémentaire et fondamentale de la réalité. Le rabbin Hayyim de Volozhyn, kabbaliste lithuanien, ne doutait pas que c'est par le langage que Dieu se manifeste, qu'Il se communique à la Création, qui vient, elle aussi à l'être par l'intermédiaire du langage (Cf L'Âme de la vie, éd. Verdier, introduction page XXXII de B. Gross). 


La fatalité de l'Inversion

Il fallait donc tout d'abord repasser le film de la chute, transformer les événements vécus — le souvenir de leurs images — en mots. Lire et relire le récit, repérer les mots-clés qui en émergeaient, considérer également l'événement, déplaisant en soi car c'était un accident, comme l'expression d'une pensée « venue de plus loin » et dont je vivais une forme interprétative… inversée : L'hémisphère « Qui Fait » — celui dans lequel je vis en pur et lourd réalisme — commence toujours par inverser l'information qu'il reçoit. Phase brève dans laquelle ne pas s'attarder et recourir le plus vite possible à un « redressement » faisant du négatif immédiat au contraire la plage inversée d'un message lumineux demandant à être vu et compris. Lire le signe exige que l'on effectue des actes de conscience par lesquels on transcende ce que nous vivons…

— Ne pas se laisser posséder par l'interprétation tronquée que l'humeur pourrait inspirer : tout transfert d'énergie et d'information d'un « Qui Sait » à un » « Qui Fait » se heurte d'emblée à la fatalité de l'Inversion (Rebâtir le Monde, p. 111). Là réside un danger d'erreur, de mauvaise lecture du signe. L'Inversion se produit dès lors qu'il y a passage de l'énergie de Droite à Gauche dans quelque structure que ce soit… et notre conscience en est à chaque instant le poste de douane… précise Dominique Aubier : ne pas s'attarder sur la négation, reverser en positivité ce qui semble s'imprimer en « non », car la phase négative n'est qu'une phase d'adaptation au régime local du « Qui Fait ». Connaître cette règle archétypale évite bien des écueils. Hélas, les sciences humaines telles qu'elles sont actuellement enseignées ignorent la vigueur normative des archétypes cérébraux, et si la psychologie et la psychiatrie en connaissent les effets principalement en raison des dysfonctionnement qu'ils occasionnent, elles en ignorent la cause fautes d'être appréhendées au plan systémique, et engluées qu'elles demeurent de « matière » observée. Il me fallait donc au plus vite « décoller », quitter le lieu inversif, ne pas immobiliser ma pensée dans la dramaturgie, refuser que se cristallisent les images et le ressenti : d'urgence, en appeler au sens.

J'ai applique cette leçon exposée à la page 114 du livre Rebâtir le Monde : Il ne s'agit pas de taire l'existence des événements, mais au contraire, d'en parler jusqu'au bout, jusqu'au point où la vérité du désir serait positivement lue. Non pas, comme les médias, raconter à l'infini le déroulé de la journée, répéter sans cesse le film, et en accroître la portée en y ajoutant des détails sous prétexte d'analyser. Mais en appelant… au miel de l'affaire. Au sens pleinement déployé. 

Pour cela, le recours à la langue du vrai pour trouver le vrai.


Le Code 130 / 3-14

J'étais tombé de l'échelle. J'ai d'emblée pensé à l'échelle : soulam, valeur 130, qui ramène forcément  à la thématique du Sinaï, valeur 130. Episode du Buisson Ardent, au chapitre d'Exode… 3-14. Là fut donnée l'identité de l'être suprême par la formule Ehié Acher Ehié  ; là se révélèrent les lettres divines qui jusqu'alors demeuraient dans une rétention en ce qu'elle ne pouvaient se donner à un peuple asservi : la liberté est la condition absolue à la Révélation qui ne peut s'offrir sous régime d'asservissement — à méditer quand on sait combien nous vivons sous assujettissement de la pensée hyponeurienne. 314 est aussi la valeur du nom de l'immanence divine El Chadaï, signifiant assez fait, autorité marquant l'arrêt en phase des entropies. Ordre de cessation du « faire » impliquant le retournement vers le donneur de l'information. La protéine, une fois constituée, ne peut poursuivre sa croissance indéfiniment après qu'elle se soit enroulée sur elle-même : fin de la croissance, retour à l'origine, donc vers le Code des lettres révélées.

L'échelle brisée indique à mon sens la nécessité de ce retour vers le sens ultime des lettres en quoi s'écrivent nos actes. Il s'agit bien de monter vers cette source lumineuse, éclairant nos vies, qui ne sont pas faites uniquement de « faire » productiviste, mais vouées à être toujours reliée au sens de leur vocation. Le sens, toujours présent en tout acte, s'écrivait dans l'échelle des mesures : brisure suivie de réparation, il va nous en coûter, avant résorption de la fracture, mais les remèdes sont là, par la prise de conscience de l'information donnée en « Qui Sait » dont l'accident est l'interprétation symbolique très réaliste, donnant un aperçu de ce qui nous attend.


L'Indicateur de vérité

Il y avait encore des choses à débusquer que par moi-même je ne trouverais pas. Aussi je me suis décidé à sortir.

C'est ainsi que « marchant sur des œufs », j'ai fait quelques pas dehors, et voilà qu'au bout de la rue je croise à nouveau le docteur D. Il prend de mes nouvelles. Je lui demande ce qu'il fait là, avec ces caisses de bois. Il me répond que ce sont des ruches d'abeilles qu'il va installer dans un petit bois. — Et tenez, dit-il, vous aimez le miel ? Je vous en offre un pot. C'est un bon remède.

J'ai trouvé cela magnifique, hasard sur hasard… ou plutôt ces plans de cohérence répétés, ces rencontres que je n'ose qualifier de fortuites ! Faut-il être totalement « bouché » pour ne pas y être sensible. En tout cas, rentrant chez moi, j'ai goûté ce miel fait maison. L'effet a été surprenant, immédiat. Et ce n'est pas psychologique. Un étrange frisson d'énergie m'a parcouru le corps, quelque chose s'est illuminé dans le cerveau et j'ai ressenti, dans mes yeux, un agrandissement de lumière. Apport de glucose, dira le biologiste : peut-être, mais il y a plus que cela. Car du sucre, j'en mange par ailleurs sans jamais ressentir ce type de réaction. Il y avait là autre chose, lié à la qualité même de ce produit, sa conception en tant que produit naturel, augmenté de la bonne intention de celui qui me l'offrait. Il agissait là en pur « Indicateur » du bon chemin à suivre.

Abeille, miel… Voilà un thème éminemment biblique, avais-je dit au docteur D. Aussi ai-je rédigé un petit topo à son intention afin que son geste soit lui aussi raccordé à un sens plus haut, donnant à sa générosité la valeur de l'information habitant le produit qu'il me donnait.  En voici le texte, que je donne en partage afin que chacun en prenne une pleine cuillerée.

Qu'est-ce que l'abeille ? Qu'est-ce que le miel ?

Toute cette affaire d'échelle, Soulam, Sinaï, 130, conduisant aux Lettres révélées du texte biblique d'Exode 3-14, m'amène à soulever le couvercle de la ruche et dirige droit sur une synthèse — le miel du verbe et sa quintessence en hébreu ? La chute de l'échelle n'aurait donc été que l'événement me conduisant vers « l'indicateur » — le docteur D… — qui à son tour me dirigeait droit vers la source ? « L'Indicateur balise le terrain qui conduit à l'enclos où se trouve le miel de l'esprit… »


Le thème de l'Abeille et du Miel dans la Bible

Abeille
ד ב ו ר ה
= DeBORaH. C'est le nom de deux personnages bibliques.

1) Déborah, la nourrice de Rebecca (l'épouse d'Isaac). Elle a élevé Jacob (qui deviendra Israël). Son nom s'écrit ici sans la lettre Vav (prononcé o) :
ד ב ר ה
Son nom n'est mentionné qu'une seule fois dans la Torah, à Genèse 35 verset 8.
Elle apparaît au moment de son décès, alors que Jacob revient d'exil et s'arrête à Louz et y a sa vision des forces célestes. C'est donc au moment de sa disparition que l'on apprend qu'elle a existé. Le fait de n'apparaître qu'une seule fois dans le texte est une distinction.

2) Déborah, gouverneure et juge d'Israël rend justice sous un arbre (le Palmier de Déborah est aussi le titre d'un classique écrit par le kabbaliste Moïse Cordovero). Elle apparaît au chapitre Juges 4, 4. Son nom s'écrit cette fois avec la lettre Vav (O). Le nom Abeille est donc lié à la fonction de nourrice et de justice.

Avec la racine du mot DeBoRaH on écrit le mot DaBaR.
ד ב ר
qui signifie : la parole, la promesse, annoncer. Par analogie, la tradition considère que la parole (DaBaR) est le miel de l'esprit, et DéBoRaH est donc celle qui parle la vérité. C'est pourquoi elle est juge. La parole nourrit l'esprit, c'est pourquoi elle est nourrice.

Miel
ד ב שׁ
= DaBaCH. Ce mot commence par les mêmes lettres que Déborah (Abeille) et que DaBar, c'est-à-dire parler. Par ces racines identiques on comprend que l'abeille DéBoraH
ד ב ו ר ה
produit le miel DaBaCH
ד ב שׁ
et que le miel est lié à la parole DaBaR
ד ב ר
Dans le mot DaBaCH, la dernière lettre est un Schin שׁ
Cette lettre symbolise le Verbe en tant qu'expression de la pensée aboutie. Le point sur la branche droite de la lettre représente l'énergie qui circule dans le cycle évolutif. Le miel est donc le produit résultant de l'énergie donnée par une structure (Bet) à qui la porte (Dalet) est ouverte. Le miel est considéré comme étant la nourriture du cerveau.
Bet : ב
Dalet : ד

Le miel apparaît comme l'élément nutritif déterminant dans l'épisode biblique relaté au chapitre Samuel livre I, versets 14-24 à 14-43.
Jonathan, ignorant l'interdiction du roi Saül qui a décrété un jeûne, mange du miel et c'est grâce à cette énergie acquise par le miel qu'il remporte la victoire.
Samuel 14-25 : « Toute l'armée était arrivée à un bois où la surface du sol était couverte de miel ». Jonathan mange de ce miel et dit que le miel lui éclaircit la vue :
Samuel 14-29 : « Voyez comme ses yeux sont éclairés, pour avoir goutté un peu de miel ! »

Comme Déborah (nourrice) et Parole s'écrivent en hébreu avec les mêmes lettres, on en peut déduire que la nourrice ayant élevé Jacob lui a enseigné le sens des Paroles. Elle lui a ouvert la porte (Dalet) de la structure (Rech) et fait découvrir la fonction parlante du cerveau (Schin) établie en ses niveaux d'intégration. 
Déborah, nourrice de Jacob, est une héroïne de l'esprit, qui brille dans la Torah par la modestie de la place qu'elle y occupe — une seule mention — mais cette unicité nominative précisément invite à considérer sa haute fonction maternelle. Déborah rappelle l'indispensable recours au Verbe, à son Alphabet, pour décrypter le sens jusqu'à la quintessence de l'information d'origine.
 
C'est assurément le miel de l'esprit qu'il faut donner à la jeunesse révoltée dont l'insurrection incendiaire est avant tout un appel à l'aide. La Connaissance est à même de les sauver.

mercredi 21 juin 2023

Inédits 2. Le livre est disponible…

Disponible à partir du 18 juin 2023

DOMINIQUE AUBIER 



Dans ce deuxième ouvrage de la série Inédits, Dominique Aubier approfondit les thèmes initiatiques ouverts précédemment : connaître et maîtriser son Allié ; lire les symboles et les signes ; comprendre le rôle spécifique de la France au regard de l'évolution culturelle.
Elle y raconte comment elle fut prise dans « les serres de l'aigle », le grand oiseau de la Connaissance qui ne l'a dès lors plus lâchée. De passionnants chapitres sont consacrés aux espaces blancs et noirs dans l'Alphabet hébreu, à « Métatron », surnommé « l'Ange de la Face », à Amaleq, l'ennemi d'Israël et du Verbe, au Tzim Tzoum d'Isaac Louriah. Dominique Aubier réaffirme dans ce livre la puissance qu'a l'Alphabet non seulement de dire le réel, mais de fabriquer le cerveau capable de le penser.
Dans une saisissante lecture de la Crise culturelle et civilisatrice que nous traversons, Dominique Aubier revient sur les désastres écologiques qui constituent autant d'appels au changement du paradigme civilisateur : il est urgent d'embrasser le réel par des modalités de pensée qui sortent de l'ornière du matérialisme. Urgent de lire, connaître, apprivoiser le Code de la Vie, tel qu'il s'écrit, tel qu'il se donne et demande à être compris… 
Au cœur de cet apprentissage où l'approche scientifique garde toute sa valeur, la Connaissance initiatique telle que l'enseigne Dominique Aubier atteint à son plus haut niveau de pertinence.

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Dominique Aubier 

262 pages, format A5, 49 euros
ISBN : 97829166119576
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