צָרְפַת
— Exégèse de Don Quichotte, en 5 volumes
Dans ce Blog, je présente les ouvrages et les études les plus pertinentes concernant la Connaissance initiatique et sa tradition. Avec un regard attentif pour la kabbale hébraïque… et Don Quichotte. "Le vrai savoir est une restauration du Monde" (Dominique Aubier)
— Exégèse de Don Quichotte, en 5 volumes
Petit rappel pour les Ami(e)s de Don Quichotte :
Para los amigos verdaderos de Don Quiאote
Dans ce livre,
Dominique Aubier identifie les références araméennes (Zohar) de
Cervantès et les passerelles entre le castillan ancien et l'hébreu.
Elle réalise en détail l'étude de la Préface, des Poèmes, de la
Dédicace et des premiers chapitres de Don Quichotte, d'après les
éditions originales de 1605, 1608 et 1610. Il s'agit de l'exégèse du Quichotte,
où l'auteure présente les corrélations existant entre le texte
original de Cervantès et l'hébreu (araméen) du Zohar, le célèbre
ouvrage du kabbaliste Moïse Shem Tob de Léon qui a servi de référent
symboliste à Cervantès.
Le sonar des initiés (1/2)
(par Dominique Aubier)
Don Juan, le sorcier yaqui, instructeur de l'ethnologue Carlos Castaneda, affirme que les chamanes apparaissent enclos dans une forme d'œuf. Evidemment, l'œuf est une métaphore. Mais la dimension spirituelle qui est à son origine ne peut pas s'arrêter à la représentation qu'elle propose. L'œuf-image resterait éternellement image d'œuf si l'on n'apporte pas le critère physiologique correspondant à l'unification de soi.
C'est l'inconvénient du symbolisme qui, par son nom, le déclare comme une formation dualiste de l'unité corticale mais qui, dans ses produits, ne retourne pas ouvertement à cette composition. Si la liaison montre de quoi elle est faite, ce qui apparaît toujours, dans tout symbole, c'est le système de vérité. Dans l'image de vérité. Dans l'image de l'œuf, ce qui est saisi, c'est le Tout du système de vérité. Sa présence générale, englobante. Décisive pour se maintenir en bonne forme au physique comme au mental. Si rien ne la blesse, si rien ne la raye, elle est la sauvegarde par excellence contre la fatigabilité et la difficulté d'être soi. C'est un des arguments qui m'ont fait penser que le Tout du système de vérité était actif dans la construction de la membrane alaire des chauves-souris. Elles sont infatigables et peuvent voler pendant des heures sans la moindre diminution d'énergie. L'humain peut disposer d'un avantage comparable. Certaines personnes le possèdent naturellement, pendant quelques années ; cela s'use. Sauf chez l'initié. La Connaissance lui permet de remettre la cape en place.
Mais il faut maintenant étudier quelque chose qui distingue les pipistrelles (c'est le nom savant pour les chauves-souris) : l'art de fonctionner au radar, l'écholocation. Tout est décrit dans le Traité de Zoologie, page 126. « Pendant longtemps les naturalistes se sont demandé comment les Chauves-Souris s'orientaient dans les ténèbres car même des yeux très sensibles ne peuvent suffire dans le noir absolu. Nous savons maintenant que les Chiroptères possèdent d'autres sens qui leur permettent d'avoir une représentation du milieu ambiant aussi détaillée que celle que nous pouvons avoir d'un endroit bien éclairé. » La Connaissance sacrée a aussi cet avantage. Elle permet de voir dans l'invisible, d'y suivre les mouvements de l'énergie qui gouverne le monde, alors que c'est impossible pour le regard objectif. L'observation n'aperçoit qu'après coup les tendances que la compétence initiatique décèle au moment même où elles s'enclenchent. Les initiés, donc, se déplacent dans l'obscurité de la vie, par des moyens autres que la vue. A titre personnel, je ne « fonctionne » qu'aux signes. Ils permettent de prévoir ce qui sera bon à faire et à éviter.
Les initiés aussi évitent les embûches. Je ne vous raconterai pas ma vie pour vous en édifier. Mais rappelez-vous don Juan, le sorcier amérindien dont parle Carlos Castaneda dans son livre « Voir ». « Et si quelqu'un vous attend avec un fusil à longue portée, lui disait en substance l'ethnologue, que faites-vous ? — Rien, tout simplement je ne viens pas. »
Si John Kennedy avait été son disciple, il ne serait peut-être pas allé à Dallas se faire tirer comme un lapin. Sauf si c'était son destin…
Cela pour dire que le procédé de l'écholocation des chauves-souris est le même que celui des initiés : il s'agit de se situer, se localiser dans l'espace et le temps. « Au printemps 1920, un physiologiste de Cambridge H. Hartridge regardait les chauves-souris qui pénétraient dans son appartement par une fenêtre ouverte. » Il se rendit compte qu'elles ne pouvaient pas passer par une certaine porte si elles n'examinaient pas l'espace de façon détaillée. Il fit des expériences et constata que « ce n'était pas la vision qui leur permettait de voir les obstacles… » Un initié non plus n'attend pas d'être sur l'événement pour chercher à l'éviter. Il ne réagit pas au fait en train de se produire. Un signe avant-coureur lui inspire un autre comportement que celui qui aurait été celui du danger. Il trouve la porte avant de la franchir.
Don Juan ne va pas là où l'attend celui qui veut le tuer. Ce jour-là, un indice lui aura indiqué de ne pas prendre ce chemin. De même les chauves-souris volent dans l'obscurité en émettant par la bouche des ultrasons qui frappent les objets environnants et qui sont réfléchis vers leurs oreilles. Ce qui leur permet de se représenter la distribution des obstacles dans l'espace. C'est le principe du sonar qui a été utilisé dès 1930 pour mesurer les fonds marins. Puis, sur le même principe, le radar a été inventé, nécessaire à l'aviation de guerre. Un initié nourrit un projet qui lui semble raisonnable par rapport à la mission qu'il se connaît. Il envisage de le réaliser de telle ou telle manière par des moyens changés au fil du temps. Chaque fois qu'il prend une initiative nouvelle, la réplique est immédiate. Il reçoit un signe. Un signe symbolique vient aussitôt le dissuader ou au contraire l'encourager à exécuter son projet. Le principe est le même que celui de l'écholocation. Il s'agit de se situer dans l'espace, de se localiser au sein d'un Tout incontrôlable. C'est en quelque sorte « la science des prophètes ». Les chauves-souris l'utilisent depuis cinquante millions d'années. Le fait que le radar soit inscrit dans leur physiologie prouve que cette dotation était incluse dans le capital du troisième niveau d'organisation, dans le cycle visant la maîtrise de l'air. Cela veut dire que le principe de la conduite initiatique a été compris dans l'élaboration de la parole. Il en fait partie. On en peut déduire que la seule manière valable d'utiliser correctement la parole et d'être pleinement humain consiste à penser et vivre avec la doctrine initiatique, en accord avec les normes du système de vérité. Dans cette voie, le premier acte de sagesse consiste à lire les signes.
Je ne voudrais pas proclamer une telle règle et m'abstenir de la mettre en pratique. C'est pourquoi je propose de regarder comment l'écholocation, telle qu'elle s'insère dans le phylum biologique au niveau des Chiroptères a pu répercuter par analogie de cycle à cycle, sur nos récents comportements.
Le sonar a été adopté par les défenses antiaériennes car il fallait déceler l'approche d'un avion avant son repérage à vue… L'écholocation est le trait de signification le plus puissant qui ait été confié à cette région animale de la montée vers la Parole. Le clade des Chiroptères a-t-il motivé l'invention du sonar et du radar ? Le cycle civilisateur en a ranimé le principe. La fabrication de ces engins, téléphonie à distance, communication par satellites et autres systèmes de télélocalisation en interprètent l'impulsion topologique.
Mais pour ce qui est de la technique initiatique de l'écholocalisation : a-t-elle fait l'objet d'une étude dans la perspective où elle conditionne l'arrivée à plénitude du pouvoir de parler ? Notre culture a-t-elle rationalisé l'exercice de lecture symbolique des signes ? Nous a-t-elle appris à les interpréter tandis qu'ils surgissent dans le temps, cloquant d'événements le grand lac de la vie au présent ?
Je compare ouvertement l'écholocation des chauves-souris à la lecture des signes. Au point que j'utiliserai le même mot pour les deux sortes de pouvoir : celui des chauves-souris fonctionnant au radar et celui des êtres de connaissance réglant leur vie et leurs actions sur la signalisation des faits quotidiens, comme le recommandent les initiés de toutes les traditions. En ce sens, les initiés sont des chauves-souris, des voyants qui voient dans la nuit de ce monde.
Ce texte est un extrait du livre Rebâtir le Monde, de Dominique Aubier
La France est-elle messianique ?
par Dominique Blumenstihl
Nous aimons la culture et la France se rêve d'être exemplaire en ce domaine. Mais de quelle culture parlons-nous ? Je m'interroge sur son état en apparence fastueux qui se complaît dans les prestiges de son glorieux passé, dans la légèreté de son art de vivre, son insouciance… Une forme de vacuité prétentieuse, peut-être de délabrement sous des marques grandiloquentes ?
La question est de savoir si la France est à la hauteur de sa vocation. Avons-nous considéré suffisamment l'éducation, la littérature, la connaissance ? Avons-nous été assez français — universalistes — pour nous dire à la hauteur de ce que le destin attend de nous ? Se pourrait-il que nous vivions en-deça de notre vocation, hors de notre destinée ?
Qui pourrait se résigner à n'être qu'un agent productif, contribuant au bien-être collectif matériel par ses cotisations sociales, consommateur de biens et de services engraissant banques et assurances, bien heureux citoyen angoissé quant à sa retraite future, abreuvé de 358 programmes télé dont il ne regarde aucun, connecté jour et nuit dans l'attente d'un appel qui ne vient jamais ?
Sans rien rejeter du nécessaire matériel, n'avons-nous pas droit à autre chose : le droit à la folie quichottienne qui n'est pas folie mais une suprême philosophie de changement ? Philosophie d'une action à mener, celle de participer à la mission dévolue à la nation dont nous sommes, natifs de Tzarfat — c'est le nom hébreu de la France tel qu'il apparaît dans la Bible au chapitre Obadia, verset 20.
Français dans l'âme, sommes-nous pleinement conscients de la responsabilité qu'engage ce contrat, j'allais dire cette « Alliance » entre le territoire et sa vocation ?
La France « Pays des Lumières », est une expression que les politiques affectionnent. Mais de quelles lumières parlent-ils ? Le pays aurait une vocation, une mission… Quelle en serait la teneur ? Je crois que la France n'a de sens que dans la perspective du messianisme devant émerger d'elle dans la conduction émanée du Sinaï.
La France a-t-elle une mission ?
Le messianisme est un mot qui fait rire ou trembler. En réalité, ce n'est rien d'autre qu'une position de l'esprit devant s'instaurer selon certaines règles et étapes. C'est une étape de la Révélation dont, sans aucun doute, Jésus est l'un des marqueurs, au sens où il ouvre un cycle vers l'Occident avec une visée sur l'universalité.
Il serait absurde de minimiser son action symbolique donnant à voir, à travers sa mort, combien l'humanité est clouée sur la Croix. Sa crucifixion — supplice romain — est un symbole puissant qui s'est inscrit dans la mémoire du monde. Elle désigne l'humanité entière qui pourrait bien finir de la sorte si nous ne prenons garde. Il est donc temps de le décrocher, ce malheureux Christ-humanité, de passer à une étape suivante, post-religieuse, et désormais explicative, les religions étant des systèmes de codification symbolistes, dont le sens aujourd'hui échappe aux institutions qui voudraient les maintenir à tout prix. L'énergie propulse l'Histoire, pouvons-nous rester en-dehors du progrès qu'elle écrit ?
A ce titre, il est légitime de s'interroger sur les J. M. J. (journées mondiales de la Jeunesse) organisées
par l'Eglise catholique. Un événement considérable. Une jeunesse
fervente, pleine d'espérance se réunit au Portugal sous le haut
patronage du pape. Les
grandes célébrations collectives suscitent l'enthousiasme d'une
jeunesse qui a soif d'un idéal spirituel : cependant, ne s'agit-il pas
aujourd'hui de dépasser l'adhésion au sacré fondée jusqu'alors par
l'acte de foi et accéder à une plus haute perspicacité en adéquation
avec les nécessités modernes de comprendre ?
Les temps post-religieux sont là
Le mot Tzarfat (France) a pour valeur numérique 770. Même valeur que « Tu t'étendras », en Genèse 28 verset 14. A mon sens, la mission « Tu t'étendras » est en cours.
En effet, le temps des religions se termine, mais non le temps de la Connaissance qui poursuit son chemin. Terminé, également, le temps de la science autoritaire, qui se croit seule à décider de la marche du monde, qui s'imagine porteuse de l'éthique et de la morale tout en écartant, au nom de la prétendue objectivité et liberté de recherche, tout ce qui limiterait son pouvoir. Ce qui s'étendra (770), c'est la Connaissance et plus singulièrement en France (770). Je parle de la Connaissance dégagée des rituels et symbolismes archaïques. La Connaissance actualisée, par delà les formes crispées de l'adhésion religieuse, par delà le dogmatisme scientifique.
Le messianisme, étant post-religieux, asséchera le stade de la religiosité pure pour le remplacer par l'intelligence totale. Or nous assistons à l'étrange crispation des religions face à ce que paradoxalement elles annoncent : l'émergence messianique. Les unes affirment que cette émergence serait déjà réalisée, ce qui leur garantit un statut d'éternité. Les autres estiment que le messianisme est à venir… le plus tard possible, à la fin de temps, ce qui donne pas mal de marge pour en parler pourvu qu'il ne vienne jamais. Et voilà que survient le retour de l'intégrisme religieux. Dominique Aubier l'a diagnostiqué comme étant l'expression du « retour archigénique » : en fin de cycle, il y a toujours un retour momentané à l'archigène. A l'opposé de ce « retour au type ancestral » (que Nietzsche appelait « l'Eternel Retour ») qui ne dure qu'un temps, il s'opère « une montée vers un cycle nouveau, une sortie culturelle de synthèse ». C'est à cela qu'il convient de travailler.
Le messianisme est une sortie, une émergence. La prophétie biblique du chapitre Obadia prévoit que cette émergence s'effectue dans l'aire géographique de l'Occident, territoire structurel d'élection pour le manifeste. La fonction du messianisme consiste dès lors à faire sortir — expliquer — le Code de la Vie. C'est là, le rôle de la France que dévoiler, faire connaître, faire sortir et donner à voir l'identité du motif d'universalité. C'est dans son nom : Tzarfat, et plus précisément dans la lettre Resch de son nom et dans la lettre Pé qui désigne la fonction de dire, de parler. Parler l'identité du motif d'universalité, c'est cela, le « grand dessein » de la France. À chacun sa mission et sa responsabilité. La sublime vocation d'Israël est différente : Israël reçoit le message de l'Invisible et en construit la codification alphabétique. Cette codification se répand, instruit le monde. Et le monde, touché par l'onde de cette leçon, génère des étapes d'application de cet enseignement.
En France se réalise l'union entre Connaissance et Science, c'est l'esprit même de son territoire. C'est la mission de la France, que dire et dévoiler. Et d'assurer la reconduction vers la source…