Retrouver le Chemin qui a du cœur / 1.
par Dominique Blumenstihl-Roth
Dans mon dernier Blog, j'ai lancé un appel aux forces du cœur, contre la violence.
Je me suis interrogé : quelle est l'origine de la violence, en tant que principe d'action… donc en tant que principe de pensée ?
Cet article aujourd'hui sera un peu long. Aurez-vous le courage de lire jusqu'au bout ?
Cet article aujourd'hui sera un peu long. Aurez-vous le courage de lire jusqu'au bout ?
Première partie : identifier le mal
(Le secret de Qaïn)
(Le secret de Qaïn)
1 De l'origine de la violence.
Il me semble qu'il faut remonter à la première occurrence, jusqu'au souvenir de la première violence, immédiatement funeste, Caïn tuant Abel (Genèse IV, 8). Quel cycle historique s'est ouvert ce jour-là, transportant son énergie au travers des siècles pour aboutir jusqu'à nous ? Que s'est-il passé ce jour-là et quelle trace laisse ce crime dans la mémoire humaine ?
Il semblerait bien que Caïn, (Qof, Yod, Noun) désigne non seulement l'individu mais un type d'être, un mode de penser, un certain style d'action et de méthode reconnaissable entre toutes. Il suffit, pour s'en convaincre, d'observer les petits « Qaïn » en herbe, petits dictateurs usant de harcèlement et de répression pour soumettre leur monde autour d'eux, exigeant allégeance, dévotion et obéissance au système d'autorité qu'ils instaurent. Vous en connaissez, tout près, autour de vous, j'en suis persuadé. Peut-être même en avez-vous subi la coercition qui, sans aller jusqu'au crime, n'entame pas moins profondément l'intégrité de l'être dont il — ou elle, car s'agissant d'une typologie humaine, elle se voit parfaitement partagée entre hommes et femmes— s'applique à la dévaster.
Le nom de Caïn est codifié. C'est un nom hébreu.
L'enquête portera sur l'identité de Caïn, d'autant que dans la Tradition hébraïque, la vérité des choses s'écrit dans les noms…
קין
Les linguistes pensent qu'il se rapproche par l'étymologie du verbe hébreu signifiant « acheter, acquérir », en relation avec l'idée de posséder (Kinian). L'étymologie apporte des renseignements sur la dérivation du mot. Mais ce qui saute aux yeux, c'est l'homonymie immédiate et totale, car le même mot désigne… un individu doté de gros testicules. Une manière de signaler chez Qaïn un excès de testostérones qui l'aurait peut-être « jeté sur Abel » d'abord, et de le tuer ensuite (Genèse IV, 8) ? Une piste à développer. Pour en rester aux lettres, le mot se relie aussi au terme
קיא
Qof - Yod - Alef désignant le vomissement.
On voit en effet dans ce mot que l'énergie parvenue en Qof ק régresse vers le Yod י 10 puis vers l'origine Alef א.
C'est un rejet sans possibilité de monter vers le cycle vertueux des Resch, Schin, Tav.
(Pour visualiser ce mouvement, je recommande de regarder les films de mon Maître, par exemple Les Charmes et les fastes de l'Alphabet hébreu, ou de regarder le dépliant qui se trouve à la fin de son livre « Ces Désastres qu'on nous fabrique ». On y retrouvera le schéma des lettres hébraïques dans leur édifice constructif. Le processus y est décrit en détail.)
2 La régression Qaïnique.
Le nom de Caïn est codifié. C'est un nom hébreu.
L'enquête portera sur l'identité de Caïn, d'autant que dans la Tradition hébraïque, la vérité des choses s'écrit dans les noms…
קין
Les linguistes pensent qu'il se rapproche par l'étymologie du verbe hébreu signifiant « acheter, acquérir », en relation avec l'idée de posséder (Kinian). L'étymologie apporte des renseignements sur la dérivation du mot. Mais ce qui saute aux yeux, c'est l'homonymie immédiate et totale, car le même mot désigne… un individu doté de gros testicules. Une manière de signaler chez Qaïn un excès de testostérones qui l'aurait peut-être « jeté sur Abel » d'abord, et de le tuer ensuite (Genèse IV, 8) ? Une piste à développer. Pour en rester aux lettres, le mot se relie aussi au terme
קיא
Qof - Yod - Alef désignant le vomissement.
On voit en effet dans ce mot que l'énergie parvenue en Qof ק régresse vers le Yod י 10 puis vers l'origine Alef א.
C'est un rejet sans possibilité de monter vers le cycle vertueux des Resch, Schin, Tav.
(Pour visualiser ce mouvement, je recommande de regarder les films de mon Maître, par exemple Les Charmes et les fastes de l'Alphabet hébreu, ou de regarder le dépliant qui se trouve à la fin de son livre « Ces Désastres qu'on nous fabrique ». On y retrouvera le schéma des lettres hébraïques dans leur édifice constructif. Le processus y est décrit en détail.)
2 La régression Qaïnique.
Qaïn (qui devrait s'écrire Qaïn et non pas Caïn) plonge de Qof vers le Yod. Ayant pris l'énergie, il remonte vers le Noun final. Qaïn est l'homme qui s'empare de l'énergie évolutive, qu'il fait remonter mais qui ne dépasse pas le stade du Noun final ן, valeur 700.
Il y a là un « mur ». Mot qui s'écrit justement Qof Yod Resch. Qaïn n'accède pas au Resch.
קיר
Autre mot qui permet de circonscrire l'identité de Qaïn : le mot Qof Yod Tzadé qui évoque la récolte :
קיץ
Le Tzadé final indique la fin d'un cycle, lorsqu'une évolution parvient à sa terminaison sans plus d'espoir de murir davantage. Qaïn ne parvient pas à ce niveau de la maturation naturelle, il demeure en deçà tout en prétendant… être l'homme achevé. Demeurant au Noun fixé en terminaison, il reste en-dessous de la lettre Pé, c'est-à-dire qu'il n'accède pas à la Parole et instaure un système où tout se règle non par l'échange mais par la coercition violente du gourdin.
קיר
Autre mot qui permet de circonscrire l'identité de Qaïn : le mot Qof Yod Tzadé qui évoque la récolte :
קיץ
Le Tzadé final indique la fin d'un cycle, lorsqu'une évolution parvient à sa terminaison sans plus d'espoir de murir davantage. Qaïn ne parvient pas à ce niveau de la maturation naturelle, il demeure en deçà tout en prétendant… être l'homme achevé. Demeurant au Noun fixé en terminaison, il reste en-dessous de la lettre Pé, c'est-à-dire qu'il n'accède pas à la Parole et instaure un système où tout se règle non par l'échange mais par la coercition violente du gourdin.
Regardez bien l'arbre en Y des lettres et vous verrez la dynamique régressive du concept qaïnique. Le vaste espace des lettres supérieures lui est interdit, ayant lui-même tué l'homme (Noun) en son frère Abel. Il a tué l'espoir du Noun (lettre désignant l'homme), il l'a enterré en cachette, il a feint n'être au courant de rien — « le gardien de mon frère, c'est moi ? » (Genèse IV, 9) répond-il cyniquement à Dieu qui lui demande des nouvelles d'Abel.
Ce frère tué signe l'impossibilité pour Qaïn de jamais progresser plus loin que le Noun final. Alors que l'initiale de son nom, un Qof, aurait pu lui offrir une vue sur les plus hauts promontoires que sont Resch, Schin et Tav.
Précision : cette lecture du Noun final ne vaut que pour le nom de Qaïn, dans le cadre de l'équation que forment les trois lettres de son nom et les corrélations qu'elles établissent entre elles.
3 Si tu t'améliores…
Dieu lui a refusé une offrande. Mais lui suggère : « si tu t'améliores… » (Genèse IV, 7), c'est-à-dire si tu veilles à ne pas t'enfermer sur le Noun final ; si, par ton comportement, tu ouvres sur les lettres suivantes, Samekh, Aïyn, Pé. « Alors tu peux te relever ».
Qaïn n'en fera rien et plutôt que redresser son être, « Qaïn parla à son frère Abel… » et « comme ils étaient aux champs, il se jeta sur Abel son frère… »
J'ignore ce que peut signifier l'expression « Caïn parla à son frère… ». (En réalité, le mot hébreu dans ce verset n'est pas « parler », mais « dire », ce qui n'est pas tout à fait pareil). Sans doute pour lui chercher querelle, dit Rachi dans son commentaire. Cependant, nul ne sait ce qu'il lui a dit exactement, et Abel semble ne pas lui avoir répondu. Ces paroles dites par Qaïn, non dévoilées dans le Texte, durent avoir un sens profond et immédiat car dans le même verset, il se jette sur son frère. L'enchaînement est rapide, ne donnant guère de précision.
Le contexte : « comme ils étaient aux champs… » laisserait-il entendre que Qaïn lui avait donné rendez-vous ? Les deux frères exerçant deux métiers forts différents (Abel pasteur de brebis, l'autre agriculteur) ne devaient pas se trouver spontanément sur les mêmes terres. Or le champ est un terrain cultivé. Abel s'est-il donc rendu sur le terrain de Qaïn ? A son invite ? C'est là que le crime a lieu. Si tel est le cas, le moins que l'on puisse dire, c'est qu'Abel n'aura pas été très circonspect de se présenter sur le territoire de son frère. Ignorait-il à ce point son caractère belliqueux ? N'avait-il aucune idée de l'altérité qaïnique ? Mais comment Abel aurait-il pu imaginer l'existence du mal, avant que celui-ci n'entre en action ? Qui aurait enseigné à Abel l'existence du mal ? Ses parents ne semblent pas l'avoir beaucoup instruit à ce sujet (ils en avaient pourtant fait l'expérience), aussi semble-t-il bien seul, aimable et naïf, quelque peu vain, comme l'indique son nom « Hebel » : j'allais dire « bisounours » content de lui, insouciant face à l'obscurité fomentant des actes irréversibles.
Certains commentateurs pensent que l'expression biblique « comme ils étaient dans les champs » est une allusion aux femmes. Cultiver son champ est en effet une métaphore pour dire… ce que tout le monde comprend sans qu'il soit nécessaire d'en dire plus.
Qaïn parla-t-il des femmes ? Qaïn convoitait-il celle d'Abel ? Mais de quelle femme serait-il question si, dans la Torah, pour l'instant, il n'existe pas de femme issue du premier couple ? Questions à donner le vertige, mais le Pirké de Rabbi Eliézer au chapitre 21 pose l'idée qu'Abel aurait eu une sœur jumelle d'une grande beauté convoitée par Qaïn… et que la dispute aurait porté sur elle. D'où sortirait cette sœur dont il n'est nulle part question dans le Texte ? Sans doute est-ce en raison de l'appellation AT-HEBEL pour désigner Abel, la première fois qu'apparaît son nom au verset de Genèse IV, 2.
AT (Aleph-Tav) est une particule qui se met devant les noms propres, mais qui désigne aussi la deuxième personne du féminin pour dire tu, toi. Certains Rabbins estiment même qu'Abel aurait eu deux sœurs, en raison de l'expression « At a'hiv at Havel », la préposition « at » impliquant la présence féminine répétée, adjointe une première fois au mot « frère », une seconde fois au nom de Havel. Il me semble que la répétition ne produit pas nécessairement addition et s'agissant de la réitération « at », nous serions en présence de l'archétype du Redoublement du même en deux instances. Donc une seule et même sœur sur laquelle l'archétype pose sa marque insistante.
Abel aurait donc eu une sœur jumelle signalée par ce At redoublé. Caïn aussi, aurait eu des sœurs, étant lui aussi, nommé At-Qaïn au verset IV, 1. Présence donc de femmes, évoquée aussi par le Zohar (vol. I, 54b - p. 313 dans l'édition Maisonneuve). Des femmes sans nom, qui n'existeraient que conséquemment à leurs frères ? Est-il audacieux d'aller plus loin ?
Certaines personnes qualifient de « jeux de mots » ces recherches sur le Texte… alors que bien au contraire, il s'agit d'une investigation au cœur même de l'Ecriture et de ce qui la compose, à savoir les lettres : ces mêmes Lettres données au Sinaï en Révélation afin de nous aider à comprendre le monde.
4 Essai d'exégèse du verset Genèse IV, 8. Qaïn tu(e) Abel.
Que signifie « se jeta sur lui » ? L'expression exacte est « vayakom ». Qui signifie, comme le rappelle Raphaël Draï (dans son livre L'économie chabbatique) : « se dresser sur ». Cette précision cependant ne sera pas exploitée par le savant au-delà de l'idée classique selon laquelle Qaïn aurait été jaloux de son frère en raison d'une offrande que Dieu lui a refusée. Curieusement, ce grand expert de l'hébreu aborde le verset en ouvrant sur les mots-clés… mais n'en actionne aucun. Il mentionne les éléments composant la phrase… et nous laisse pantois. Sa vaste érudition soudain nous abandonne au milieu du gué. Ceci mérite à mon sens une explication et la voici. L'occasion de rendre hommage à…
Hommage à Raphaël Draï
Je me suis souvent interrogé au sujet de Raphaël Draï, brillant auteur qui nous mène, en excellent pédagogue, aussi loin qu'il le peut et qui soudain se voit touché d'une sorte d'inhibition à l'instant de franchir le seuil du dévoilement complet. Combien de fois ai-je éprouvé ce regret à la lecture de son œuvre, tellement riche et documentée quand, à la lisière du décryptage total, soudain interdit d'en révéler davantage, il repose sa plume, paraissant espérer que quelqu'un d'autre prenne le relai conduisant à des élucidations augmentées en direction du messianisme explicatif. Est-ce chez lui une modestie excessive ou la pleine conscience de ses propres limites ? Je ne crains pas de mentionner son œuvre, de la citer, de lui rendre l'hommage qu'elle mérite, bien au-delà des timides salutations convenues que lui réservent certaines autorités. Sa généreuse pensée fait de lui, à mon sens, un immense et sans doute le dernier des grands talmudistes. En homme de son temps — notre temps —, il a pressenti la nécessité de s'appuyer sur la modernité… qu'il puise dans l'interdisciplinarité, essentiellement la psychanalyse et la science politique.
Et c'est là que réside (puis-je le dire dans un souci de fraternelle discussion ?) une faiblesse de son œuvre, car tout en ayant pressenti la bonne méthode de l'union avec les sciences, pour tenter de se doter de la « double vue de l'initié », il choisit pour partenaire la « science-po » qui est tout sauf une science, et la psychanalyse dont les fondements, malgré les énormes efforts de Freud, Jung, Lacan etc. ne sont aucunement établis… D'autant moins établis que le fondateur de la psychanalyse, Freud, s'est acharné à créer sa discipline en la décharnant du judaïsme. (Je prépare un blog sur ce sujet).
L'œuvre de Raphaël Draï présente des fulgurances géniales quand il explore l'hébreu par les moyens mêmes de l'herméneutique hébraïque — qu'il n'exploite pas à fond, car il se contente souvent de n'appliquer que le Hipoukh à la lecture des textes (technique visant à lire un mot à l'envers), laissant de côté les autres techniques kabbalistiques qu'il connaissait certainement. Pourquoi s'en est-il privé… de son propre savoir ? Toujours, chez lui, cette peur d'en découvrir de trop ? Le voici, tant de fois, qui reste en-deça de ses propres lumières et qui soudain en appelle à la psychosociologie ou politologie dont on a du mal à croire que ce seraient des partenaires de révélation.
Ses recherches souffrent de cette limitation qu'il s'impose à lui-même, car il ne franchit pas (volontairement) le gué le séparant de la « sortie » et demeure le commentateur intramuros génial de la tradition tentant de s'expliquer sur elle-même et dont il respecte scrupuleusement la limite. Il rejoint en ce sens le Maharal de Prague qui tant de fois se mord la langue pour s'obliger à se taire sur des sujets dont il doit ne rien dire, estimant qu'il n'est « pas possible d'aller plus au fond de la profondeur… et ceux qui ont l'habitude de pénétrer les arcanes de la Connaissance connaissent la question » (Le Puits de l'Exil, p. 371, éd. Berg)
Cette attitude intellectuelle est héroïque, et je salue le difficile et courageux combat que Raphaël Draï aura mené. Il a vu, sur l'autre rive d'un lieu qu'il n'atteindrait pas, chevaucher Don Quichotte et n'ayant pu le rejoindre en raison de la stricte délimitation de son territoire d'expression ; il me semble qu'il l'a salué fraternellement de loin, sachant que l'élucidation et l'exégèse finale relèveraient de l'actuation messianique… post-talmudique, post-kabbalistique qui ne seraient pas de son ressort.
5 Je reviens au verset portant le crime de Qaïn.
Raphael Draï a noté les mots employés dans le verset Genèse IV, 8.
Comme à son habitude, passant brusquement à tout autre chose, il nous laisse seul devant l'énigme et jette sur la table les quatre mots-clés sans nous dire qu'en faire. J'ai eu l'audace de m'en saisir et voici le résultat de mon enquête. Depuis plus de 3000 ans, les rabbins étudient ce passage de la Torah. J'avance à mon tour une lecture qui peut-être a déjà été faite, auquel cas, selon la formule désormais habituelle : merci de me le signaler et je mentionnerai ici même son nom et son texte.
On remarquera dans ce verset (Genèse IV, 8) l'allitération phonétique quasi obsédante de quatre mots intégrant la syllabe « vayi » :
— Qaïn parla (vayomer)
— il advint que (vayehi)
— Qaïn se jeta (se dressa) (vayakom)
— et le tua (vayehargehou).
Nous assistons à une progression en quatre niveaux bien séparés l'un de l'autre. Un cycle rapide en quatre actes, deux mouvements.
Mouvement I : un dire (1). Qui déclenche (2). Il y a Redoublement.
Mouvement II : l'acte se déroule en deux temps : il se dresse sur (3). Et tue en 4.
Le meurtre achevant ce cycle est donc lié au dire initial prononcé par Qaïn.
Quelle fut ce « dire » ?
Il me semble que ce fut une invitation pernicieuse émise par Qaïn proposant à son frère de « venir au champ » lequel, effroyable naïf à la limite de la sottise, se rend au lieu convenu, sans imaginer une seconde qu'un piège lui a été tendu. L'innocence d'Abel était-elle à ce point achevée qu'il n'ait pas même éprouvé un frisson d'inquiétude ? Aucun signe précurseur ne l'aurait averti ? N'a-t-il rien observé, autour de lui et en lui qui pouvait l'avertir ? Nul Serpent (Nahasch) dans les parages pour électriser une peur ? Son esprit était-il à ce point ennuagé, inhibé ? N'a-t-il vu aucun élément précurseur de ce qui lui arriverait ? Aucun signe ne lui aurait « parlé » ? A moins qu'il n'ait rien entendu, obnubilé par le dire de Qaïn ? Fasciné par la satisfaction d'être soi, vivant dans une bulle d'autocontemplation béate en ignorance totale du réel ?
Qaïn pourtant lui a dit quelque chose… Quels furent ces mots ?
Des provocations ? Des paroles mielleuses bien calculées ?
Abel a-t-il perçu le sous-entendu caché dans les paroles de Qaïn… sous-entendu si bien caché qu'aujourd'hui encore il pose énigme ? Ou des suggestions tellement inavouables que la Torah ne peut les écrire directement ? Abel n'a-t-il donc rien observé de la jalousie de Qaïn à qui Dieu avait refusé l'offrande ? Les yeux d'Abel étaient-il a ce point satisfait de croire à un monde « où tout est beau tout est gentil » ? L'existence de l'inimitié lui était-elle inconcevable ?
6 Qaïn, « l'homme aux gros testicules ».
Le voici donc « aux champs », face à Qaïn, « l'homme aux gros testicules ».
Qaïn « se dresse » devant Abel : le mot vayakom évoque l'idée d'une brusque érection, « sous le coup d'une irrésistible impulsion » dit R. Draï, sans s'engager davantage. Faut-il poursuivre ? Vous ne devinez pas ? Oserais-je transgresser ce qui me semble le non-dit de l'affaire ?
L'hypothétique sœur jumelle d'Abel convoitée sexuellement par Qaïn semble un euphémisme pudique utilisé par Rabbi Eliézer pour éviter une mise en évidence de la chose cachée. Car de sœur jumelle, à mon sens, il n'y en a pas. La Répétition de la préposition At se fait insistante ; elle signale la présence de l'Archétype Redoublement, (sœur du frère, sœur d'Abel) si bien que cette sœur mystérieuse sans nom me fait penser qu'elle et Abel forment ensemble une seule personne en Abel dont la beauté aurait fait vaciller Qaïn ?
Abel fut-il l'objet du désir qaïnique ?
Je m'en tiens au Texte, aux mots. Et en effet :
« Vayakom… vayehargehou… » Il existe clairement deux actes distincts souvent synthétisés sous le seul aspect du meurtre terminal. Mais le Texte précise : Qaïn se dressa contre son frère. Puis il le tua. Il y a là deux actes consécutifs. D'abord l'un, puis l'autre, en conséquence du premier.
Qaïn se dressa. Oserons-nous cette question : « l'homme aux gros testicules se dressa — qu'est-ce qui se dresse chez lui ? Et se jeta sur Abel. Autrement dit et sans plus d'autre forme diplomatique : n'est-il pas question d'un viol ? Transgression absolue ? Suivie du meurtre pour en effacer la trace ?
Ne reconnaît-on pas là un « mode opératoire » classique des violeurs qui, après la commission de leur acte tentent de faire disparaitre le corps abusé de leur victime ? Sans corps, pas de preuve… Quant à leur esprit, il se trouve frappé d'une étrange amnésie d'auto-disculpation. Qaïn ne se comporte-t-il pas autrement quand il fait comprendre à Dieu avec assez de désinvolture qu'il n'est point tenu de gardienner son frère pour savoir où il serait, alors qu'il vient de l'assassiner ?
7 La descendance de Qaïn. Mise au point par rapport à René Girard.
Ce frère tué signe l'impossibilité pour Qaïn de jamais progresser plus loin que le Noun final. Alors que l'initiale de son nom, un Qof, aurait pu lui offrir une vue sur les plus hauts promontoires que sont Resch, Schin et Tav.
Précision : cette lecture du Noun final ne vaut que pour le nom de Qaïn, dans le cadre de l'équation que forment les trois lettres de son nom et les corrélations qu'elles établissent entre elles.
3 Si tu t'améliores…
Dieu lui a refusé une offrande. Mais lui suggère : « si tu t'améliores… » (Genèse IV, 7), c'est-à-dire si tu veilles à ne pas t'enfermer sur le Noun final ; si, par ton comportement, tu ouvres sur les lettres suivantes, Samekh, Aïyn, Pé. « Alors tu peux te relever ».
Qaïn n'en fera rien et plutôt que redresser son être, « Qaïn parla à son frère Abel… » et « comme ils étaient aux champs, il se jeta sur Abel son frère… »
J'ignore ce que peut signifier l'expression « Caïn parla à son frère… ». (En réalité, le mot hébreu dans ce verset n'est pas « parler », mais « dire », ce qui n'est pas tout à fait pareil). Sans doute pour lui chercher querelle, dit Rachi dans son commentaire. Cependant, nul ne sait ce qu'il lui a dit exactement, et Abel semble ne pas lui avoir répondu. Ces paroles dites par Qaïn, non dévoilées dans le Texte, durent avoir un sens profond et immédiat car dans le même verset, il se jette sur son frère. L'enchaînement est rapide, ne donnant guère de précision.
Le contexte : « comme ils étaient aux champs… » laisserait-il entendre que Qaïn lui avait donné rendez-vous ? Les deux frères exerçant deux métiers forts différents (Abel pasteur de brebis, l'autre agriculteur) ne devaient pas se trouver spontanément sur les mêmes terres. Or le champ est un terrain cultivé. Abel s'est-il donc rendu sur le terrain de Qaïn ? A son invite ? C'est là que le crime a lieu. Si tel est le cas, le moins que l'on puisse dire, c'est qu'Abel n'aura pas été très circonspect de se présenter sur le territoire de son frère. Ignorait-il à ce point son caractère belliqueux ? N'avait-il aucune idée de l'altérité qaïnique ? Mais comment Abel aurait-il pu imaginer l'existence du mal, avant que celui-ci n'entre en action ? Qui aurait enseigné à Abel l'existence du mal ? Ses parents ne semblent pas l'avoir beaucoup instruit à ce sujet (ils en avaient pourtant fait l'expérience), aussi semble-t-il bien seul, aimable et naïf, quelque peu vain, comme l'indique son nom « Hebel » : j'allais dire « bisounours » content de lui, insouciant face à l'obscurité fomentant des actes irréversibles.
Certains commentateurs pensent que l'expression biblique « comme ils étaient dans les champs » est une allusion aux femmes. Cultiver son champ est en effet une métaphore pour dire… ce que tout le monde comprend sans qu'il soit nécessaire d'en dire plus.
Qaïn parla-t-il des femmes ? Qaïn convoitait-il celle d'Abel ? Mais de quelle femme serait-il question si, dans la Torah, pour l'instant, il n'existe pas de femme issue du premier couple ? Questions à donner le vertige, mais le Pirké de Rabbi Eliézer au chapitre 21 pose l'idée qu'Abel aurait eu une sœur jumelle d'une grande beauté convoitée par Qaïn… et que la dispute aurait porté sur elle. D'où sortirait cette sœur dont il n'est nulle part question dans le Texte ? Sans doute est-ce en raison de l'appellation AT-HEBEL pour désigner Abel, la première fois qu'apparaît son nom au verset de Genèse IV, 2.
AT (Aleph-Tav) est une particule qui se met devant les noms propres, mais qui désigne aussi la deuxième personne du féminin pour dire tu, toi. Certains Rabbins estiment même qu'Abel aurait eu deux sœurs, en raison de l'expression « At a'hiv at Havel », la préposition « at » impliquant la présence féminine répétée, adjointe une première fois au mot « frère », une seconde fois au nom de Havel. Il me semble que la répétition ne produit pas nécessairement addition et s'agissant de la réitération « at », nous serions en présence de l'archétype du Redoublement du même en deux instances. Donc une seule et même sœur sur laquelle l'archétype pose sa marque insistante.
Abel aurait donc eu une sœur jumelle signalée par ce At redoublé. Caïn aussi, aurait eu des sœurs, étant lui aussi, nommé At-Qaïn au verset IV, 1. Présence donc de femmes, évoquée aussi par le Zohar (vol. I, 54b - p. 313 dans l'édition Maisonneuve). Des femmes sans nom, qui n'existeraient que conséquemment à leurs frères ? Est-il audacieux d'aller plus loin ?
Certaines personnes qualifient de « jeux de mots » ces recherches sur le Texte… alors que bien au contraire, il s'agit d'une investigation au cœur même de l'Ecriture et de ce qui la compose, à savoir les lettres : ces mêmes Lettres données au Sinaï en Révélation afin de nous aider à comprendre le monde.
4 Essai d'exégèse du verset Genèse IV, 8. Qaïn tu(e) Abel.
Que signifie « se jeta sur lui » ? L'expression exacte est « vayakom ». Qui signifie, comme le rappelle Raphaël Draï (dans son livre L'économie chabbatique) : « se dresser sur ». Cette précision cependant ne sera pas exploitée par le savant au-delà de l'idée classique selon laquelle Qaïn aurait été jaloux de son frère en raison d'une offrande que Dieu lui a refusée. Curieusement, ce grand expert de l'hébreu aborde le verset en ouvrant sur les mots-clés… mais n'en actionne aucun. Il mentionne les éléments composant la phrase… et nous laisse pantois. Sa vaste érudition soudain nous abandonne au milieu du gué. Ceci mérite à mon sens une explication et la voici. L'occasion de rendre hommage à…
Hommage à Raphaël Draï
Je me suis souvent interrogé au sujet de Raphaël Draï, brillant auteur qui nous mène, en excellent pédagogue, aussi loin qu'il le peut et qui soudain se voit touché d'une sorte d'inhibition à l'instant de franchir le seuil du dévoilement complet. Combien de fois ai-je éprouvé ce regret à la lecture de son œuvre, tellement riche et documentée quand, à la lisière du décryptage total, soudain interdit d'en révéler davantage, il repose sa plume, paraissant espérer que quelqu'un d'autre prenne le relai conduisant à des élucidations augmentées en direction du messianisme explicatif. Est-ce chez lui une modestie excessive ou la pleine conscience de ses propres limites ? Je ne crains pas de mentionner son œuvre, de la citer, de lui rendre l'hommage qu'elle mérite, bien au-delà des timides salutations convenues que lui réservent certaines autorités. Sa généreuse pensée fait de lui, à mon sens, un immense et sans doute le dernier des grands talmudistes. En homme de son temps — notre temps —, il a pressenti la nécessité de s'appuyer sur la modernité… qu'il puise dans l'interdisciplinarité, essentiellement la psychanalyse et la science politique.
Et c'est là que réside (puis-je le dire dans un souci de fraternelle discussion ?) une faiblesse de son œuvre, car tout en ayant pressenti la bonne méthode de l'union avec les sciences, pour tenter de se doter de la « double vue de l'initié », il choisit pour partenaire la « science-po » qui est tout sauf une science, et la psychanalyse dont les fondements, malgré les énormes efforts de Freud, Jung, Lacan etc. ne sont aucunement établis… D'autant moins établis que le fondateur de la psychanalyse, Freud, s'est acharné à créer sa discipline en la décharnant du judaïsme. (Je prépare un blog sur ce sujet).
L'œuvre de Raphaël Draï présente des fulgurances géniales quand il explore l'hébreu par les moyens mêmes de l'herméneutique hébraïque — qu'il n'exploite pas à fond, car il se contente souvent de n'appliquer que le Hipoukh à la lecture des textes (technique visant à lire un mot à l'envers), laissant de côté les autres techniques kabbalistiques qu'il connaissait certainement. Pourquoi s'en est-il privé… de son propre savoir ? Toujours, chez lui, cette peur d'en découvrir de trop ? Le voici, tant de fois, qui reste en-deça de ses propres lumières et qui soudain en appelle à la psychosociologie ou politologie dont on a du mal à croire que ce seraient des partenaires de révélation.
Ses recherches souffrent de cette limitation qu'il s'impose à lui-même, car il ne franchit pas (volontairement) le gué le séparant de la « sortie » et demeure le commentateur intramuros génial de la tradition tentant de s'expliquer sur elle-même et dont il respecte scrupuleusement la limite. Il rejoint en ce sens le Maharal de Prague qui tant de fois se mord la langue pour s'obliger à se taire sur des sujets dont il doit ne rien dire, estimant qu'il n'est « pas possible d'aller plus au fond de la profondeur… et ceux qui ont l'habitude de pénétrer les arcanes de la Connaissance connaissent la question » (Le Puits de l'Exil, p. 371, éd. Berg)
Cette attitude intellectuelle est héroïque, et je salue le difficile et courageux combat que Raphaël Draï aura mené. Il a vu, sur l'autre rive d'un lieu qu'il n'atteindrait pas, chevaucher Don Quichotte et n'ayant pu le rejoindre en raison de la stricte délimitation de son territoire d'expression ; il me semble qu'il l'a salué fraternellement de loin, sachant que l'élucidation et l'exégèse finale relèveraient de l'actuation messianique… post-talmudique, post-kabbalistique qui ne seraient pas de son ressort.
5 Je reviens au verset portant le crime de Qaïn.
Raphael Draï a noté les mots employés dans le verset Genèse IV, 8.
Comme à son habitude, passant brusquement à tout autre chose, il nous laisse seul devant l'énigme et jette sur la table les quatre mots-clés sans nous dire qu'en faire. J'ai eu l'audace de m'en saisir et voici le résultat de mon enquête. Depuis plus de 3000 ans, les rabbins étudient ce passage de la Torah. J'avance à mon tour une lecture qui peut-être a déjà été faite, auquel cas, selon la formule désormais habituelle : merci de me le signaler et je mentionnerai ici même son nom et son texte.
On remarquera dans ce verset (Genèse IV, 8) l'allitération phonétique quasi obsédante de quatre mots intégrant la syllabe « vayi » :
— Qaïn parla (vayomer)
— il advint que (vayehi)
— Qaïn se jeta (se dressa) (vayakom)
— et le tua (vayehargehou).
Nous assistons à une progression en quatre niveaux bien séparés l'un de l'autre. Un cycle rapide en quatre actes, deux mouvements.
Mouvement I : un dire (1). Qui déclenche (2). Il y a Redoublement.
Mouvement II : l'acte se déroule en deux temps : il se dresse sur (3). Et tue en 4.
Le meurtre achevant ce cycle est donc lié au dire initial prononcé par Qaïn.
Quelle fut ce « dire » ?
Il me semble que ce fut une invitation pernicieuse émise par Qaïn proposant à son frère de « venir au champ » lequel, effroyable naïf à la limite de la sottise, se rend au lieu convenu, sans imaginer une seconde qu'un piège lui a été tendu. L'innocence d'Abel était-elle à ce point achevée qu'il n'ait pas même éprouvé un frisson d'inquiétude ? Aucun signe précurseur ne l'aurait averti ? N'a-t-il rien observé, autour de lui et en lui qui pouvait l'avertir ? Nul Serpent (Nahasch) dans les parages pour électriser une peur ? Son esprit était-il à ce point ennuagé, inhibé ? N'a-t-il vu aucun élément précurseur de ce qui lui arriverait ? Aucun signe ne lui aurait « parlé » ? A moins qu'il n'ait rien entendu, obnubilé par le dire de Qaïn ? Fasciné par la satisfaction d'être soi, vivant dans une bulle d'autocontemplation béate en ignorance totale du réel ?
Qaïn pourtant lui a dit quelque chose… Quels furent ces mots ?
Des provocations ? Des paroles mielleuses bien calculées ?
Abel a-t-il perçu le sous-entendu caché dans les paroles de Qaïn… sous-entendu si bien caché qu'aujourd'hui encore il pose énigme ? Ou des suggestions tellement inavouables que la Torah ne peut les écrire directement ? Abel n'a-t-il donc rien observé de la jalousie de Qaïn à qui Dieu avait refusé l'offrande ? Les yeux d'Abel étaient-il a ce point satisfait de croire à un monde « où tout est beau tout est gentil » ? L'existence de l'inimitié lui était-elle inconcevable ?
6 Qaïn, « l'homme aux gros testicules ».
Le voici donc « aux champs », face à Qaïn, « l'homme aux gros testicules ».
Qaïn « se dresse » devant Abel : le mot vayakom évoque l'idée d'une brusque érection, « sous le coup d'une irrésistible impulsion » dit R. Draï, sans s'engager davantage. Faut-il poursuivre ? Vous ne devinez pas ? Oserais-je transgresser ce qui me semble le non-dit de l'affaire ?
L'hypothétique sœur jumelle d'Abel convoitée sexuellement par Qaïn semble un euphémisme pudique utilisé par Rabbi Eliézer pour éviter une mise en évidence de la chose cachée. Car de sœur jumelle, à mon sens, il n'y en a pas. La Répétition de la préposition At se fait insistante ; elle signale la présence de l'Archétype Redoublement, (sœur du frère, sœur d'Abel) si bien que cette sœur mystérieuse sans nom me fait penser qu'elle et Abel forment ensemble une seule personne en Abel dont la beauté aurait fait vaciller Qaïn ?
Abel fut-il l'objet du désir qaïnique ?
Je m'en tiens au Texte, aux mots. Et en effet :
« Vayakom… vayehargehou… » Il existe clairement deux actes distincts souvent synthétisés sous le seul aspect du meurtre terminal. Mais le Texte précise : Qaïn se dressa contre son frère. Puis il le tua. Il y a là deux actes consécutifs. D'abord l'un, puis l'autre, en conséquence du premier.
Qaïn se dressa. Oserons-nous cette question : « l'homme aux gros testicules se dressa — qu'est-ce qui se dresse chez lui ? Et se jeta sur Abel. Autrement dit et sans plus d'autre forme diplomatique : n'est-il pas question d'un viol ? Transgression absolue ? Suivie du meurtre pour en effacer la trace ?
Ne reconnaît-on pas là un « mode opératoire » classique des violeurs qui, après la commission de leur acte tentent de faire disparaitre le corps abusé de leur victime ? Sans corps, pas de preuve… Quant à leur esprit, il se trouve frappé d'une étrange amnésie d'auto-disculpation. Qaïn ne se comporte-t-il pas autrement quand il fait comprendre à Dieu avec assez de désinvolture qu'il n'est point tenu de gardienner son frère pour savoir où il serait, alors qu'il vient de l'assassiner ?
7 La descendance de Qaïn. Mise au point par rapport à René Girard.
Je partage l'opinion de Raphaël Draï pour qui Qaïn est un type d'humain « saturant une manière d'être ». Se pose la question : sommes-nous parvenus à cette saturation où la violence devient mode et code d'expression en lieu et place de la Parole ?
L'acte qaïnique a-t-il posé une voie évolutive ? Erige-t-il sa loi en universalité ? Le mépris de l'autre, son viol, l'instauration du mensonge en lieu et place de la Parole, la matraque en guise de locuteur ?
De Qaïn descendront de nombreux enfants qui tous auront quelque rapport avec le principe fondateur de leur lignée.
Je souligne ici « leur lignée » afin de préciser que le mal en tant que tel n'est pas fondateur du principe d'humanité. Qaïn propose - impose un principe, le sien. Mais en aucun cas, l'humanité n'est tenue de s'y soumettre. « La pente caïnique ne compromet pas toute l'humanité ni n'implique sa déchéance, écrit Elie Munk (Voix de la Thora, vol. La Genèse), mais nous laisse la liberté du choix ».
L'école de Qaïn aura sans doute fait des émules, mais l'humanité informée par la leçon initiatique saura lire les signes, prendre les mesures et écarter le danger, intervenir, empêcher la répétition du crime. Il existera d'autres fratries ennemies par exemple Jacob / Esaü, mais instruit de la Connaissance, Jacob saura comment éviter la coercition d'Esaü ; conseillé par sa mère, il saura fuir, mais également revenir en n'étant jamais dupe des prédispositions d'Esaü.
La Connaissance existe dans ce but : réparer le vase brisé. C'est le rôle des initiés, de toutes les traditions, qu'empêcher la réitération du crime.
En ce sens, je récuse deux auteurs ayant propagé des erreurs : tout d'abord A.D. Grad, par ailleurs remarquable traducteur, qui affirme curieusement en première ligne de son livre « le meurtre fondamental », que l'histoire biblique de l'humanité commencerait par un meurtre. Quelle fantaisie est-ce là qui induit une fausse compréhension du « Commencement » ?
L'autre auteur que je me permets de reprendre est René Girard qui considère que le meurtre réalisé par Qaïn serait le mythe fondateur (cf. La violence et le sacré) de l'origine. Il oublie, tout comme A. D. Grad, que l'épisode du crime est postérieur au Jardin d'Eden et que la vraie fondation du monde repose non pas sur cet acte criminel mais sur le don de la bonté (Tov) lorsque « Dieu vit que cela était bon » (Genèse I, 25), parlant de Sa Création.
Le couple fondateur de l'humanité, Adam et Isha sont premiers. S'imaginer que Qaïn, survenu bien plus tard, après l'erreur de Hava, puisse instaurer sa primauté, comme le fait croire R. Girard, c'est précisément tomber dans le piège du Qaïnisme prétendant être le géniteur d'une universalité sous sa coulpe. Je rejette absolument ce point de vue erroné, fût-il celui d'un grand sociologue membre de l'Académie et enseignant à Stanford.
8 Que ce soit clair : Qaïn n'est point fondateur d'humanité.
Mais il est l'inducteur de la déviance qui touchera toute sa lignée, qui fut nombreuse et copuleuse.
Ainsi, l'arrière-arrière petit-fils de Qaïn, à 5 générations de distance, sera lui aussi un meurtrier. Lamekh qui semble tuer Qaïn par inadvertance, lors d'une chasse. Toujours et encore le crime sans cesse renouvelé comme un élément actif de la mémoire transgénérationnelle.
Je souligne ici « leur lignée » afin de préciser que le mal en tant que tel n'est pas fondateur du principe d'humanité. Qaïn propose - impose un principe, le sien. Mais en aucun cas, l'humanité n'est tenue de s'y soumettre. « La pente caïnique ne compromet pas toute l'humanité ni n'implique sa déchéance, écrit Elie Munk (Voix de la Thora, vol. La Genèse), mais nous laisse la liberté du choix ».
L'école de Qaïn aura sans doute fait des émules, mais l'humanité informée par la leçon initiatique saura lire les signes, prendre les mesures et écarter le danger, intervenir, empêcher la répétition du crime. Il existera d'autres fratries ennemies par exemple Jacob / Esaü, mais instruit de la Connaissance, Jacob saura comment éviter la coercition d'Esaü ; conseillé par sa mère, il saura fuir, mais également revenir en n'étant jamais dupe des prédispositions d'Esaü.
La Connaissance existe dans ce but : réparer le vase brisé. C'est le rôle des initiés, de toutes les traditions, qu'empêcher la réitération du crime.
En ce sens, je récuse deux auteurs ayant propagé des erreurs : tout d'abord A.D. Grad, par ailleurs remarquable traducteur, qui affirme curieusement en première ligne de son livre « le meurtre fondamental », que l'histoire biblique de l'humanité commencerait par un meurtre. Quelle fantaisie est-ce là qui induit une fausse compréhension du « Commencement » ?
L'autre auteur que je me permets de reprendre est René Girard qui considère que le meurtre réalisé par Qaïn serait le mythe fondateur (cf. La violence et le sacré) de l'origine. Il oublie, tout comme A. D. Grad, que l'épisode du crime est postérieur au Jardin d'Eden et que la vraie fondation du monde repose non pas sur cet acte criminel mais sur le don de la bonté (Tov) lorsque « Dieu vit que cela était bon » (Genèse I, 25), parlant de Sa Création.
Le couple fondateur de l'humanité, Adam et Isha sont premiers. S'imaginer que Qaïn, survenu bien plus tard, après l'erreur de Hava, puisse instaurer sa primauté, comme le fait croire R. Girard, c'est précisément tomber dans le piège du Qaïnisme prétendant être le géniteur d'une universalité sous sa coulpe. Je rejette absolument ce point de vue erroné, fût-il celui d'un grand sociologue membre de l'Académie et enseignant à Stanford.
8 Que ce soit clair : Qaïn n'est point fondateur d'humanité.
Mais il est l'inducteur de la déviance qui touchera toute sa lignée, qui fut nombreuse et copuleuse.
Ainsi, l'arrière-arrière petit-fils de Qaïn, à 5 générations de distance, sera lui aussi un meurtrier. Lamekh qui semble tuer Qaïn par inadvertance, lors d'une chasse. Toujours et encore le crime sans cesse renouvelé comme un élément actif de la mémoire transgénérationnelle.
Est-ce donc sans recours ? Sa descendance imite et répète le processus initié, fondé sur une négation de la Vie, le refus de l'altérité, l'effacement de l'Alliance : Qaïn est un homme en rupture dont l'acte dénature l'identité humaine et brise le lien avec l'esprit. Il s'impose en maître et, après son forfait, construit une ville où il fait régner son ordre. Cette ville se situe « à l'Est d'Eden » — pour Rachi, il s'agirait bien plus du « pays du dehors » ou selon Raphaël Draï, du « pays hors la loi ». En effet, Qaïn fonde un pays nommé « Kidmat Eden » où il instaure son autorité absolue n'ayant de référence qu'elle-même, s'auto-justifiant en détenteur du droit dont il édicte la règle unique. La cité de Qaïn est hors toute sociabilité, hors du droit où la violence est essentielle en tant qu'instrument du pouvoir. L'arrogance de la matraque supplée à l'indigence de Parole, polluant jusqu'à la terre où est caché le corps du frère assassiné.
En serions-nous là, nous aussi ?
Comment réagir ?
9 Toute la descendance de Qaïn disparaît lors du Déluge.
Les individus descendants de Qaïn meurent tous lors du Déluge. Mais l'esprit de Qaïn ne semble pas moins traverser le temps et se libérer de la transmission biologique. La violence se retrouve en effet très vite dans le cycle nouveau ouvert par Noé. Noé, le sauveur magnifique qui pourtant aura la faiblesse de s'adonner au démon de l'alcool : il en paiera un lourd tribu, étant violenté par son fils Cham (dont le nom signifie « le chaud, le fiévreux colérique ») qui profitera de son sommeil enivré pour le châtrer. Horribles mutilations infligées au père, réitérations d'exactions sexuelles qui confirment à mon sens celle opérée par Qaïn sur son frère. Même style d'action. Même état d'esprit, même pulsion de mort.
Qaïn est une typification archétypale solidifiée, espèce d'archaïsme survivant quand bien même le Déluge en ait liquidé la descendance. Toute la descendance de Qaïn disparaît par le Déluge… Il reste cependant le mystère de sa descendance féminine en la personne de Naamah qui justement, épousa Noé. Est-ce par elle que s'est transmise la propension au mal ? Naamah serait-elle le symbole de cette réitération du « mal toujours tapis sur le seuil de la porte » ?
En sortirons-nous jamais ?
10 Qaïn vu sous la loupe de l'Alphabet hébreu.
Me référant aux travaux de mon Maître, je m'appuie sur l'Alphabet hébreu qui donne clairement à voir le processus.
Il faut tout d'abord rétablir la correspondance lettrique du nom qui commence par un Qof, correspondant, dans l'alphabet latin au Q. Et non pas au C. C'est pourquoi j'écris Qaïn et non pas Caïn. Le Qof se situe très haut dans l'arbre des Lettres (19ième lettre) et possède la valeur 100. Qaïn est fort instruit et n'est pas un « demeuré ». Depuis son Qof, il dirige son énergie sur le Yod (10) pour en puiser l'énergie qu'il déverse sur une lettre finale qui en bloque l'évolution. Il se dresse sur le Noun final, ne permettant pas le retour sur la branche droitière de l'arbre. Il inhibe en cela le mouvement ascensionnel de l'énergie désirant monter jusqu'au Tav.
Qaïn est l'homme ayant tué l'homme, il est marqué par le Noun final se situant à gauche de l'édifice lettrique et ne bénéficiera d'aucune ouverture — parce qu'il les rejette — provenant des lettres qualitatives supérieures que sont Samekh, Ayïn, Pé, Tzadé, Qof, Rech, Schin, Tav.
Dès lors, et parce qu'il s'en persuade exempté, Qaïn n'aura aucune notion de cycle (Samekh), il n'aura aucun accès à la vision claire (Ayïn) et sera incapable, parce qu'il ne le veut pas, de voir la portée de ses actes. Il ne sera aucunement capable de parler (Pé) quelque vérité que ce soit, et dans sa disposition intellectuelle ou ses agissements, il ne connaîtra pas la loi du Tzadé, c'est-à-dire la limitation. Il a cependant connaissance de cette loi : son Qof d'initiale se situe au-dessus du Tzadé. Qaïn connaît la règle. Mais il rejette la limitation du Tzadé final. De l'irrespect de cette limitation, il tire le droit de commettre viol et assassinat. Il s'autorise tout, ayant rejeté la loi de la limitation.
Le meurtre, c'est le forfait commis dans la zone interdite que barrait le Tzadé final, lettre qui lui ordonnait l'arrêt, le Stop.
Qaïn tire une puissance extravagante de la négation qu'il a promulguée en système.
Aveuglé par lui-même, sans Ayïn (sans vue spirituelle), il s'estime doté d'un pouvoir illimité ne procédant que de lui-même au mépris du Tzaddé. Quand Dieu le lui rappelle — où est ton frère — il décoche une pernicieuse plaidoirie : « le gardien de mon frère, c'est moi ? ». Qui croit-il tromper ?
Eh non, Qaïn, tu n'es pas le « gardien » de ton frère, tu es son meurtrier. Par ta réponse « suis-je son gardien » ne t'es-tu pas clairement dénoncé et n'as-tu pas justement dit ce que tu aurais dû être ?
Le système qaïnique est fondé sur le crime, le mensonge, l'usurpation. Sur la volontaire négation des lois du Vivant.
En serions-nous là, nous aussi ?
Comment réagir ?
9 Toute la descendance de Qaïn disparaît lors du Déluge.
Les individus descendants de Qaïn meurent tous lors du Déluge. Mais l'esprit de Qaïn ne semble pas moins traverser le temps et se libérer de la transmission biologique. La violence se retrouve en effet très vite dans le cycle nouveau ouvert par Noé. Noé, le sauveur magnifique qui pourtant aura la faiblesse de s'adonner au démon de l'alcool : il en paiera un lourd tribu, étant violenté par son fils Cham (dont le nom signifie « le chaud, le fiévreux colérique ») qui profitera de son sommeil enivré pour le châtrer. Horribles mutilations infligées au père, réitérations d'exactions sexuelles qui confirment à mon sens celle opérée par Qaïn sur son frère. Même style d'action. Même état d'esprit, même pulsion de mort.
Qaïn est une typification archétypale solidifiée, espèce d'archaïsme survivant quand bien même le Déluge en ait liquidé la descendance. Toute la descendance de Qaïn disparaît par le Déluge… Il reste cependant le mystère de sa descendance féminine en la personne de Naamah qui justement, épousa Noé. Est-ce par elle que s'est transmise la propension au mal ? Naamah serait-elle le symbole de cette réitération du « mal toujours tapis sur le seuil de la porte » ?
En sortirons-nous jamais ?
10 Qaïn vu sous la loupe de l'Alphabet hébreu.
Me référant aux travaux de mon Maître, je m'appuie sur l'Alphabet hébreu qui donne clairement à voir le processus.
Il faut tout d'abord rétablir la correspondance lettrique du nom qui commence par un Qof, correspondant, dans l'alphabet latin au Q. Et non pas au C. C'est pourquoi j'écris Qaïn et non pas Caïn. Le Qof se situe très haut dans l'arbre des Lettres (19ième lettre) et possède la valeur 100. Qaïn est fort instruit et n'est pas un « demeuré ». Depuis son Qof, il dirige son énergie sur le Yod (10) pour en puiser l'énergie qu'il déverse sur une lettre finale qui en bloque l'évolution. Il se dresse sur le Noun final, ne permettant pas le retour sur la branche droitière de l'arbre. Il inhibe en cela le mouvement ascensionnel de l'énergie désirant monter jusqu'au Tav.
Qaïn est l'homme ayant tué l'homme, il est marqué par le Noun final se situant à gauche de l'édifice lettrique et ne bénéficiera d'aucune ouverture — parce qu'il les rejette — provenant des lettres qualitatives supérieures que sont Samekh, Ayïn, Pé, Tzadé, Qof, Rech, Schin, Tav.
Dès lors, et parce qu'il s'en persuade exempté, Qaïn n'aura aucune notion de cycle (Samekh), il n'aura aucun accès à la vision claire (Ayïn) et sera incapable, parce qu'il ne le veut pas, de voir la portée de ses actes. Il ne sera aucunement capable de parler (Pé) quelque vérité que ce soit, et dans sa disposition intellectuelle ou ses agissements, il ne connaîtra pas la loi du Tzadé, c'est-à-dire la limitation. Il a cependant connaissance de cette loi : son Qof d'initiale se situe au-dessus du Tzadé. Qaïn connaît la règle. Mais il rejette la limitation du Tzadé final. De l'irrespect de cette limitation, il tire le droit de commettre viol et assassinat. Il s'autorise tout, ayant rejeté la loi de la limitation.
Le meurtre, c'est le forfait commis dans la zone interdite que barrait le Tzadé final, lettre qui lui ordonnait l'arrêt, le Stop.
Qaïn tire une puissance extravagante de la négation qu'il a promulguée en système.
Aveuglé par lui-même, sans Ayïn (sans vue spirituelle), il s'estime doté d'un pouvoir illimité ne procédant que de lui-même au mépris du Tzaddé. Quand Dieu le lui rappelle — où est ton frère — il décoche une pernicieuse plaidoirie : « le gardien de mon frère, c'est moi ? ». Qui croit-il tromper ?
Eh non, Qaïn, tu n'es pas le « gardien » de ton frère, tu es son meurtrier. Par ta réponse « suis-je son gardien » ne t'es-tu pas clairement dénoncé et n'as-tu pas justement dit ce que tu aurais dû être ?
Le système qaïnique est fondé sur le crime, le mensonge, l'usurpation. Sur la volontaire négation des lois du Vivant.
Quand enfin cela cessera-t-il ?
Cela cessera, aujourd'hui même. Ici et maintenant…
Dès lors que je m'engage — que nous nous engageons — sur le Chemin qui a du cœur.
Cela cessera, aujourd'hui même. Ici et maintenant…
Dès lors que je m'engage — que nous nous engageons — sur le Chemin qui a du cœur.
----------------
Dans un prochain Blog:
— Qui est Qaïn ; qui est Abel ?
— Quelles furent les paroles de Qaïn ?
— Qu'a répondu Abel ?
— Décodage initiatique sur base du modèle cortical.
— L'emplacement du « Temple », objet de la querelle.
— Comment sortir de l'emprise de Qaïn ?
Voici l'intégralité de cette étude sur Qaïn et Abel, en 4 partie :
1.— Appel aux forces du cœur (ouverture)
------------
Pour écrire cet article, voici les livres qui m'ont accompagné :
— La Force du silence, de Carlos Castaneda
— La Voix de la Thora, Elie Munk
— L'Economie chabbatique, Raphaël Draï
Trois livres-clé de Dominique Aubier :
— Le Principe du Langage ou l'Alphabet hébraïque,
— Ces Désastres qu'on nous fabrique,
— Le Devenir du Monde est lié à celui de l'Homme
Voici les films que j'ai vus :
— Il est temps pour la Kabbale
— Les Charmes et les fastes de l'Alphabet hébreu
Et pas mal de promenades solitaires afin de percevoir au mieux la guidance.
Dans un prochain Blog:
— Qui est Qaïn ; qui est Abel ?
— Quelles furent les paroles de Qaïn ?
— Qu'a répondu Abel ?
— Décodage initiatique sur base du modèle cortical.
— L'emplacement du « Temple », objet de la querelle.
— Comment sortir de l'emprise de Qaïn ?
Voici l'intégralité de cette étude sur Qaïn et Abel, en 4 partie :
1.— Appel aux forces du cœur (ouverture)
2. — Le Chemin qui a du cœur. I. Le secret de Qaïn. 1
3. — Le Chemin qui a du cœur. II. Lecture initiatique Qaïn/Abel. 2.
4. — Le Chemin qui a du cœur. III. Le chemin de l'Espérance. 3.
+ Le Secret du Cœur. Qu'est-ce que le Cœur ? Cette étude sur Abel et Qaïn sera publiée dans un livre en cours d'écriture où je reprends et complète certains articles parus dans ce blog. Je remercie les personnes qui pourraient s'en inspirer de bien vouloir citer les sources, parce que :
« Kol haomer bechem omro mévi géoul laolam »
Quiconque rapporte une chose au nom de son auteur amène la délivrance pour le monde. (Rabbi Eliézer).
Voici ma référence, outre les ouvrages cités dans le texte :
Tous les films de mon Maître
Tous les livres de mon Maître
Tous les articles du blog3. — Le Chemin qui a du cœur. II. Lecture initiatique Qaïn/Abel. 2.
4. — Le Chemin qui a du cœur. III. Le chemin de l'Espérance. 3.
+ Le Secret du Cœur. Qu'est-ce que le Cœur ? Cette étude sur Abel et Qaïn sera publiée dans un livre en cours d'écriture où je reprends et complète certains articles parus dans ce blog. Je remercie les personnes qui pourraient s'en inspirer de bien vouloir citer les sources, parce que :
« Kol haomer bechem omro mévi géoul laolam »
Quiconque rapporte une chose au nom de son auteur amène la délivrance pour le monde. (Rabbi Eliézer).
Voici ma référence, outre les ouvrages cités dans le texte :
Tous les films de mon Maître
Tous les livres de mon Maître
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Pour écrire cet article, voici les livres qui m'ont accompagné :
— La Force du silence, de Carlos Castaneda
— La Voix de la Thora, Elie Munk
— L'Economie chabbatique, Raphaël Draï
Trois livres-clé de Dominique Aubier :
— Le Principe du Langage ou l'Alphabet hébraïque,
— Ces Désastres qu'on nous fabrique,
— Le Devenir du Monde est lié à celui de l'Homme
Voici les films que j'ai vus :
— Il est temps pour la Kabbale
— Les Charmes et les fastes de l'Alphabet hébreu
Et pas mal de promenades solitaires afin de percevoir au mieux la guidance.
1. pour comprendre les origines de la violence. (le secret de Qaïn)
2. le chemin qui a du cœur. Lecture initiatique de l'épisode Qaïn/Abel.
3. le chemin qui a du cœur. La voie de l'Espérance. Seth, le 3ième fils d'Adam.