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vendredi 15 décembre 2017

The Fountain. Part 2. Exégèse kabbalistique du film d'Aronofsky

The Fountain, film de Darren Aronofsky. Film kabbalistique
L'exégèse part 2, par Dominique Blumenstihl

Retrouvez le début de l'article ici.

Dans mon blog précédent, j'ai parlé de Moïse Cordovero dont il est évident que Darren s'est inspiré.
Toute l'imagerie de l'Arbre sort de la théorie séphirotique présentée dans les livres de ce kabbaliste.
Plusieurs personnes m'ont demandé qui il était.

Moïse Cordovero est un kabbaliste né en 1522 dont la famille, comme son nom l'indique, était originaire de Cordou (Espagne). Installé à Safed vers 1542, il était considéré comme le plus grand des kabbalistes de son temps ayant eu le privilège d'être l'élève de Yosef Karo. Il fut le maître de Louria et écrivit une œuvre considérable dont La Douce Lumière (Or né érab), Pardes Rimomim, et 'Or yaqar, un commentaire du Zohar. En 1570, la population de Safed était majoritairement espagnole et portugaise. (Précisions de Schouel Ouziel, dans sa traduction du Palmier de Déborah, éd. Verdier).

Depuis sa sortie, il y a plus d'une dizaine d'années, The Foutain suscite de vives passions.
Cependant, à ce jour, il n'a pas fait l'objet d'un décryptage permettant d'ouvrir les images et les allégories dont il est rempli.
Quel est le sens de ce film ? Quel est son vrai propos ? Quelles sont ses sources, ses références ? Il est nécessaire d'en faire une exégèse.
Oui, ce film est d'essence kabbalistique. Les preuves ? Les voici.

Les étincelles
Autre indice kabbalistique : le thème des étincelles. Thomas Creo marche seul dans la rue. Moment insolite du film, car pendant cette séquence, le cinéaste a neutralisé la bande-son. Une dizaine de secondes sans aucun bruit, la neige paraissant avoir assourdi l'espace. Et soudain, à un carrefour, le chercheur voit des gerbes d'étincelles jaillir derrière une porte métallique — peut-être un chantier de soudures à l'arc, mais dont ne verra pas les ouvriers. Image gratuite ? C'est impossible, dans une œuvre où le moindre plan est chargé d'intention. Les étincelles : allusion à la thèse de Louriah, le disciple de Cordovero, qui a mis au point la théorie du Tzm-Tzoum. Le cinéma indien a lui aussi exploité la métaphore des étincelles, dans le même sens qu'Aronofsky et avant lui : au moins deux films peuvent être cités. Yes Boss, film indien de Aziz Mirza, 1997 où les étincelles jaillissent dès le générique. Et Chori Chori, film de Milan Luthria, 2003. (cf le livre La Porte de l'Inde, p. 228 et 284).

« Paamim » le Redoublement
Autre référence kabbalistique : l'archétype du Redoublement. Lorsque Liz est hospitalisée suite à une attaque cérébrale, le médecin dit à Thomas, son mari : « la prochaine fois… », laissant entendre, dans le non-dit, que la prochaine fois serait fatale. Il est en effet des mots que l'on ne peut dire mais que l'on entend sans qu'il soit indispensable de s'enfoncer dans la lourdeur de l'explicite. Or quelques heures plus tard, l'électrocardiogramme en alerte émet un sifflement strident et affiche la valeur 240. Arrêt sur image : ce chiffre écrit en hébreu le mot « paamim » (Pe-Ayin-Mem-Yod-Mem final) c'est-à-dire l'expression « deux fois ». Autrement dit : Redoublement. C'est à la seconde attaque que Liz décède et que son esprit rejoint Kether puis l'Ein-Sof. C'est le grand voyage.
Ce film décrit le processus énergétique se produisant à l'instant de la mort : le drame, la douleur, la séparation, mais aussi la délivrance et le retour à la Grande Source qu'est l'Ein-Sof. J'ai décrit ce processus dans un article précédent où j'ai traité le sujet des Séphiroth et de la Daat. « La mort est un retour de l'énergie vers l'Ein Sof sans renvoi vers Kether. » (cf Dominique Aubier).

Le Redoublement : éléments techniques.
Les kabbalistes usent de ce procédé qui consiste à « dire deux fois », nommé également le « davar schanoui » par les Talmudistes. La technique  s'appelle « Kafil », un mot bien connu des hébraïsants (mais je ne suis pas certain qu'ils sachent toujours de quoi il retourne). Une légère différence entre les mots : ils ressortissent du même concept mais en décrivent chacun un mouvement : ainsi, lorsque je dis ou fais « deux fois » (c'est-à-dire quand je procède à une répétition), j'use du « kafil » et je réalise un « davar schanoui »  dont le résultat est un « paamim ». Le concept, c'est le « kafil ». Le davar schanoui, c'est l'acte technique de l'exécution de l'archétype, le paamim, c'est le concept intelligible, visible et observable dans le résultat. Pour des facilités de langage et de communication, il me semble que l'on puisse indifféremment utiliser un terme ou l'autre, bien que par souci de précision intellectuelle il est préférable — au moins pour soi-même et quand on veut enseigner — de savoir les distinguer.
S'agissant d'une technique de Vie et d'un archétype universellement connu de toutes traditions du monde, l'humour n'est pas interdit. Dominique Aubier a nommé la procédure du Redoublement « Bip - BOP ». Car il s'agit bien, par cet outil, de savoir « danser sur sa vie », et si possible allègrement. Quant à Don Quichotte, il en use plaisamment, quand il dit, au moment d'exprimer ses besoins organiques vitaux… qu'il fait d'une part le « petit » (en Bip) et le «gros » (en BOP). En « petit » Bip , vous recevez la première information et le symbole. En BOP, c'est la matérialité bien lourde de l'événement qui s'impose.
J'ai expliqué tout cela dans ce texte : « Le Redoublement ».
Pour avoir l'explication détaillée des archétypes, se reporter au livre "La Face cachée du Cerveau", de Dominique Aubier.
Je vous préviens, c'est un sacré bouquin. Mais quoi ! Si on veut ajouter quelques cordes à son arc pour comprendre la vie, ce livre sera utile.

Je reviens à Fountain.  On m'excusera de passer ici à l'explication d'un mot hébreu. Langue interdite pendant l'Inquisition… Car les « hérétiques » torturés dans le films, ce sont bien les Juifs poursuivis par l'Inquisiteur. On leur reprochait d'en savoir un peu trop. Alors voici une mise au point sur le sens du mot désignant le Redoublement. C'est un exercice de kabbale pure.

Paamim s'écrit en hébreu :
פעמים

Je précise que la dernière lettre du mot hébreu (à gauche), le Mem final, s'est écrit de lui-même en gras. L'ordinateur par lui-même se mêle de l'explication et y participe…


Pe : la Parole, le Verbe
AyIn : Voir
Mem : le cycle
Yod : l'Energie
Mem final : répétition et terminaison du premier Mem. Donc en gras, décidé par l'ordinateur lui-même !

Les lettres composant le mot en donnent le sens : en toute chose, il faut savoir que le Verbe (Pé) veut être vu (Ayïn) et compris. Ce Verbe pénètre un cycle (Mem) il y imprime et exprime son énergie (Yod) qui trouvera sa résolution terminale dans un second cycle (Mem final). Il faut donc voir le mouvement de la « double détente » dans la répétition augmentative du Mem dans ce mot : deux Mem, le second étant une lettre finale. Entre les deux Mem circule l'énergie évolutive. Le mouvement s'exécute toujours sur ce rythme du Redoublement et toute chose, dans la vie, est répétée, subissant ce traitement archétypal inéluctable.
Noter dans ce mot la répétition de la lettre Mem, sous ses deux formes. Le premier Mem présente un espace ouvert, non encore abouti : c'est l'espace d'un cycle en devenir. C'est une première instance en cours d'élaboration, recevant les informations qui se développeront grâce à l'énergie Yod. Le cycle ne s'achève qu'en Mem final, lettre nettement fermée, cousue tout en haut de son côté gauche où une petite croche cependant surplombe le graphisme : l'énergie se propulse hors de ce cycle achevé (saut quantique ?) et change d'orbite pour commencer un nouveau cycle.
Le concept « Paamim » est signalé dans la Torah au verset : « une fois Dieu a parlé, deux fois j'ai entendu » (Psaume 62/12). Il est explicité dans La Face cachée du Cerveau qui en donne les fondements ontologiques sous l'appellation Redoublement. La reine Esther en est une experte, organisant la salvation d'Israël au moyen de cet archétype, ainsi que je l'ai montré dans mon livre Esther, la Délivrance d'Israël.
Et s'agissant d'un archétype universel, on le retrouve dans la doctrine du T'chan et du Taoïsme. Et les Amérindiens en connaissent le retentissement sur le bout des doigts…

(Si vous connaissez un kabbaliste ou un initié qui aurait explicité ce sujet, je vous remercie de me le faire savoir. Toute immodestie mise à part, il me semble que cette explication du mot Paamim est une mise au point. Une actualisation. J'allais dire un Tikkoun, au sens lourianique, une réparation, dans le sens où toute clarification par delà le symbolisme consolide la grande réparation des « vases brisés ». C'est ma part à ce projet et je l'assume en toute immodestie.)

Je reprends donc l'explication, une deuxième fois, conformément à l'archétype que je présente : les lettres composant le mot « Paamim » donnent le sens du mot : en toute chose, il faut voir (Ayïn) le cycle en cours et savoir (voir) que le Verbe (Pé) exprime son énergie (Yod) en un cycle (Mem) suivi d'un second cycle (Mem final) qui reprend les informations de la première instance et les métabolise en seconde instance. Le mouvement s'exécute toujours sur ce rythme du Redoublement.
La difficulté, c'est que la plupart du temps, nous ne voyons que la seconde instance d'une réalité, lorsque sa charge réaliste nous écrase. Mais il est certain qu'avant que l'événement dans la lourde matérialisation ne s'impose, il a existé une phase informative en Bip, elle même constituée de deux phases : l'information pure suivie de sa mise en forme symbolique. L'échéance factuelle s'inscrit dans le BOP.

Le Redoublement s'est de lui-même imposé, en écrivant le Mem final (2ème Mem) en gras dans mon texte. Et il a pesé sur le cinéaste, artiste particulièrement « branché » qui se sera laissé traverser par l'irradiation de l'archétype désirant être vu. Mais il y a une grande différence entre, d'une part donner à voir sur pellicule cinématographique le chiffre 240, dont la numérologie évoque la répétition, et d'autre part apporter le décodage du chiffre en son équivalent lettrique « paamim ».  Et ensuite réaliser une exégèse de ce mot en le reconduisant à son principe unitaire, le Cerveau. Aronofsky a réalisé la première instance. Pur exercice visuel, que tout le monde peut voir sans effort. J'en assume la seconde instance, autrement plus difficile puisqu'il faut justement libérer ces images de leur geôle symbolique. Donc contourner les gardiens de la religiosité archaïque (sans leur rien reprocher) et nous diriger vers une exégèse… post-religieuse libératrice des symboles. C'est à quoi je travaille…


La suite de l'exégèse de Fountain dans un prochain Blog
Je précise que sans les travaux de mon Maître jamais je n'aurais pu approcher le symbolisme de ce film. Dans le prochain Blog, j'aborderai :
— le modèle du Cerveau dans le film d'Aronofsky
— L'Archétype de l'Union des Contraires
— Les sources de l'Arbre de Vie
— Le grand secret de la Tête

Toute la série sur Fountain :

—1. Le secret de la fontaine,concept kabbalistique.
—2. Fountain part 2. Lecture initiatique du film d'Aronofsky.
—3. Fountain part. 3. Le modèle cérébral dans le film

—4. Fountain part. 4 : la tête enchantée et le secret du Singe 
Je remercie les lecteurs de mes articles de citer leur source quand ils en reprennent des éléments.
Gracias por su ayuda.

mercredi 13 décembre 2017

Fountain. Film de Darren Aronofsky. Décryptage d'un film prophétique

The Fountain, film de Darren Aronofsky
L'exégèse du film (suite)
(J'adresse mes remerciements à Mme Marianne Ruiz qui m'a fait voir ce film et M. Romain Genon-Catalot qui me l'a offert… deux fois).


Cet article s'inscrit dans la série de textes consacrés au symbolisme de la Source, la Fontaine.

Cette étude n'a pu être conçue que grâce aux éclaircissements tirés des ouvrages de Dominique Aubier.

 
Plusieurs Lecteurs m'ont dit que je n'étais pas allé assez loin dans mon étude sur ce film. C'est vrai. Je n'ai fait que survoler la thématique générale de son œuvre en affirmant qu'elle était construite sur des référentiels kabbalistiques. Mais je n'ai pas étayé mon affirmation et il manquait des preuves. Il est vrai que le cinéaste ne siffle mot sur les sources de son inspiration. Jamais, dans ses conversations, il ne s'ouvre sur le sujet. À croire qu'il craint, comme les suppliciés de l'Inquisition que l'on voit dans son film, être soumis à « la question » ? Ses aveux seront inutiles. Le cinéaste a suffisamment découvert sa pensée pour que nous puissions y lire le scénario subliminal qu'il y a dissimulé. Il mérite d'être acquitté, avec les félicitations du Jury. Ce film a besoin d'une exégèse pour être compris : c'est au spectateur d'écrire le dernier chapitre manquant…

Un film kabbalistique
La critique officielle, déroutée par l'ampleur de l'œuvre parle de création poético-surréaliste et de chef-d'œuvre épique. J'y vois, pour ce qui me concerne, une œuvre pleinement corrélée avec les critères de la kabbale hébraïque et qu'il nous suffise, pour nous en convaincre, d'observer certains détails ne pouvant échapper à l'œil attentif tant soit peu versé dans la doctrine initiatique ou plus simplement sensible au symbolisme des images nouées en réseau tout au long du scénario. Un lecteur de Don Quichotte y trouvera de nombreuses similitudes avec le roman de Cervantès : il n'est que suivre le précepte que le célèbre Caballero-Cabaliste adresse à Sancho Panza : « et maintenant, ouvre bien tes yeux. »

Dès les premières secondes d'images, notre attention est priée de se porter sur la Bible — la Torah : le film s'ouvre par un gros plan sur le verset 3-24 de Genèse où il est explicitement question de l'Arbre de Vie. Nous sommes en pleine kabbale : L'Arbre de vie ( 'Ets Haym) est en effet le titre d'un livre de Haym Vital (1542-1620), disciple de Louriah dont il avait retranscrit l'enseignement oral. Cet ouvrage a connu — et connaît toujours — un immense succès, son auteur étant considéré comme l'un des plus grands kabbalistes ayant jamais existé.
On reconnaît, à travers différentes séquences filmées, le développement visuel des thématiques lourianiques dans l'œuvre d'Aronosky. Dont l'Arbre des Séphiroth. Un concept largement développé par les kabbalistes de Safed, et avant eux, par l'école des kabbalistes espagnols. L'Espagne étant au cœur de ce film : tout le drame espagnol y est signifié d'une péninsule en proie à l'Inquisition ayant juré l'extermination des « hérétiques » — de quels hérétiques s'agit-il que le cinéaste ne nomme si ce ne sont les Juifs ? —, y compris de la Reine qui représente ici la Couronne, autrement dit la Séphira « Kether ».
Affabulation, extrapolation fantaisiste me dira-t-on ? Confirmation est pourtant donnée : Rachel Weisz, interprétant le Reine d'Espagne, représente bien la Séphira « Kether » : le traitement esthétique en témoigne. Le photographe de plateau Matthew Libatique (anagramme de qabala) et le cinéaste ont mis au point un subtil éclairage en chaude surexposition solarisée pour communiquer cette idée. Dominante lumineuse qui sera reprise lorsque l'actrice jouera le rôle de Liz, en proie à une maladie touchant son cerveau.
Comment ne pas écarquiller les yeux et donc le diaphragme de l'objectif  lorsqu'on s'aperçoit — image furtive – que Liz est hospitalisée dans la chambre 620 ? Appel direct à la numérologie écrivant le mot « Kether », la Couronne, première Séphira nourrissant tout être et tout cycle vivant. L'énergie retourne-t-elle vers « Kether » en fin de cycle, en fin de vie ? La présence de Kether 620 venant couronner l'existence de Liz signe sa fin de vie et son proche envoi sans retour, vers l'Ein Sof, admirablement mis en scène par des images de synthèse. Plusieurs kabbalistes estiment que l'énergie d'une vie, pleinement vécue, se projette vers la Kether du cycle suivant… Je n'ai pas de certitude à ce sujet, du retour ou de la projection nouvelle. Ou peut-être les deux se suivent-ils ?

Les preuves
Le film excelle à plus d'un titre esthétique. Les costumes signés Renée April sont d'une facture soignée, taillés sur mesure, en pleine adéquation avec les thèmes subliminaux : on notera ainsi la somptueuse robe de la reine, transportant l'image même de la Couronne protectrice, où le dessin figurant sur le tissu évoque les racines de l'arbre de vie. On appréciera également la prédominance blanche entourant Liz, dans ses vêtements modestes et sobres, blancheur de son manteau accompagnant la neige tombant à l'instant où la jeune femme succombera à la maladie, dans les bras de son mari après avoir décodé le rébus maya. La neige, symbole des émanations divines (Atsilout) recouvrant en douceur sur terre rejoint l'intense lumière. Il en naît La douce lumière, selon le titre du livre du kabbaliste Moïse Cordovero qui écrit : « Le féminin est disposé à recevoir la blancheur… »

Faut-il d'autres preuves pour arguer de la qualité kabbalistique du film d'Aronofsky ? Comment ne pas remarquer… (serais-je le seul à l'avoir relevé, avec le cinéaste — lui pour l'avoir sciemment sculpté dans le bois et moi pour l'avoir repéré)  — oui en toute modestie je puis bien m'interroger : qui l'a vu parmi les millions de spectateurs de ce film ? Les fans d'Aronofsky que je connais ne m'en ont rien dit… Regardez le montant du lit qu'occupe le jeune couple. Dans sa boiserie est taillé un palmier contre lequel viennent dormir les deux héros. Allusion au « Palmier de Déborah ». C'est le titre du livre écrit par le grand Kabbaliste Moïse Cordovero, traité des séphiroths et de l'Arbre de Vie inspiré de l'épisode biblique où Déborah, la prétresse, rend justice au pied d'un Palmier. Cette même Déborah (Juge 4 - 4) sera contrainte de mener une guerre sans merci contre Yabin et Sisra. Le Palmier (Tamar) peut aussi renvoyer à Tamar, personnage biblique, la mère de Zera et Peretz. (Je parlerai du Palmier dans un prochain Blog qui à lui seul mérite une longue étude).

Le secret du Palmier
Revenons au film « Fountain ». Je crois que l'image du Palmier renvoie au livre de Cordovero. Aronofsky donne un indice : un peu plus loin dans le film, Liz évoque un souvenir de vacances. Elle dit avoir rencontré un certain Moïse Morales, guide de voyage. Ce dernier lui a raconté qu'il aurait planté une graine dans la tombe de son père, graine dont est sorti un immense arbre auquel son père s'est fondu. Image de l'enseignement survivant à son auteur, le Palmier, arbre à la profonde racine pivotante — Tamar — est associé et fondu à celui qui en fait le récit : le guide Moïse. J'ose y reconnaître Cordovero, l'auteur de Tomer Deborah.

Un kabbaliste ne s'y prendrait pas autrement pour « allusionner », dire en cachant, dévoiler prudemment sans se compromettre : la technique consiste à avancer des noms, des titres, et de laisser au Lecteur déjà informé le soin de retrouver le canevas ayant servi de trame à la pensée cachée. Aronofsky use ici d'une technique reconnaissable dans Don Quichotte où Cervantes dissimule sa référence au Zohar, créant autour de son auteur un faisceau d'indices concordant qui conduit à son identification. (Lire à ce sujet)

Le film procède par une écriture pointilliste où le détail ne donne pas immédiatement l'image de l'ensemble, mais un léger recul est suffisant pour qu'apparaissent les sources d'inspiration hébraïques dont Darren Aronofsky est imbibé. À moins qu'il n'ait tourné son film dans un état de somnanbulisme complet, guidé, dirigé par une sur-pensée « venant de plus loin » ? Aurait-il tourné et monté son œuvre en étant le jouet inconscient de la longue mémoire de sa tradition, ne s'apercevant pas même de ce qu'il faisait ? Une pluie de photons transportant la mémoire depuis Abraham l'a peut-être traversé à son insu. Et c'est alors tout le mérite de l'Artiste que se laisser guider par ces extraordinaires effluves venant de l'Au-delà cherchant à se faire comprendre par les Humains. L'Invisible a fort bien pu choisir le Cinéma comme vecteur pour se faire mieux voir, mieux comprendre : le cinéaste en devient l'acteur, le metteur en scène d'un scénario dont le texte s'écrit sur son corps, par son sang : Aronofsky met cette possibilité en scène lorsque son personnage Thomas s'inflige des tatouages en utilisant la plume de calligraphie que Liz (faut-il entendre « Luz » ?) lui a offerte, mêlant son sang personnel à l'encre qui lui fut donnée par son épouse. Métaphore d'une pensée de kabbalistes selon laquelle la réalité s'inscrit au fer sur nos existences, la vie s'écrivant dans nos réalités pour nous donner à lire ses messages…

La suite dans un prochain blog…
J'y parlerai de l'influence lourianique dans le fim d'Aronofsky.
Et une mis au point sur l'archétype du Redoublement, car beaucoup de gens confondent le redoublement avec l'archétype "Droite-Gauche" et le "retour archigénique". Avec les archétypes, il faut être précis et concis. Comme si on expliquait comment conduire une voiture.

—1. Le secret de la fontaine,concept kabbalistique.
—2. Fountain part 2. Lecture initiatique du film d'Aronofsky.
—3. Fountain part. 3. Le modèle cérébral dans le film
—4. Fountain part. 4 : la tête enchantée et le secret du Singe 

 
 

jeudi 7 décembre 2017

Jérusalem capitale d'Israël. Ville sainte d'Israel ou de l'Islam ?

Bataille pour Jérusalem
par Dominique Blumenstihl-Roth

Le Président Trump a décidé de déplacer l'ambassade des Etats-Unis d'Amérique qui se trouvait à Tel Aviv et de l'installer à Jérusalem. Il reconnaît de facto Jérusalem comme étant la capitale de l'Etat hébreu. Au grand dam de l'ensemble des pays arabes. Le Président Macron, communiquant depuis l'Algérie où il était en voyage officiel, a estimé que c'était une « décision regrettable ».
On se demande ce que regrette le Président Macron et au nom de quoi il s'insurge. Sait-il ce qu'est Jérusalem ? À moins qu'il ne s'agisse, pour la France, d'amadouer les pays producteurs de pétrole, et faire bonne figure commerciale auprès de l'Arabie Saoudite, de l'Iran, du Qatar et autres Émirats pour lesquels nous déroulons le tapis vert ?

M. Trump (que l'on peut détester à plus d'un titre) a-t-il pris là une « décision irresponsable » comme le disent certains experts… Mais il se pourrait bien qu'il ait, tout au contraire et seul et contre tous, « tapé dans le mille  ». Jérusalem est en effet, quoiqu'en pensent l'O.N.U., M. Macron et le Prince d'Arabie Saoudite, le cœur palpitant d'Israël. Je ne parle pas de l'Etat d'Israël mais de ses 5000 ans d'histoire et de sa mission. Israël se voit puissamment défendu par les Etats-Unis d'Amérique : c'est Esau (l'Occident) prenant la défense de Jacob . Esau serait-il l'Allié de Jacob ?

Je comprends le malheur du peuple palestinien. Il a droit à son territoire. Mais en quoi Jérusalem serait-elle particulièrement désignée pour accueillir la capitale du toujours-futur état palestinien ? S'agit-il de couper la ville en deux, une partie israélienne et l'autre palestinienne, comme le suggèrent certains intellectuels épris d'humanisme ? Jérusalem est-elle une entité sécable ? La diplomatie française appuie cette thèse du « partage » sans pour autant fournir aucune argumentation solide soutenant son option. Est-ce l'expression d'une impuissance ou d'une flatterie pro-arabe que vouloir couper la tarte en deux dans l'illusion de calmer les appétits sans avoir aucun moyen d'action de mettre en œuvre le projet ?

Mais qu'en est-il exactement du statut de Jérusalem ?
Qu'est-ce que Jérusalem ? Qui est Israël ? 
Du point de vue historique, la ville a été fondée par le roi David. Remontant plus loin, c'est à Jérusalem (l'antique "Luz") que Jacob a posé sa tête sur une pierre, et où il perçut sa vision de l'échelle reliant le Ciel à la Terre. Un lieu "terrible", un lieu puissant.
La Connaissance initiatique donne une vue précis sur la question de Jérusalem en ce qu'elle connaît le rôle qu'occupe chaque territoire sur la planète. Chaque peuple a sa mission. Chaque pays a son centre. Le Coran appelle cela : la Qibla, c'est-à-dire un lieu vers lequel se tourner. Je n'ai jamais lu, dans le Coran, que la Qibla de l'Islam serait Jérusalem, bien au contraire… La sourate (n°2) est très claire à ce sujet. L'appartenance de Jérusalem est bien dévolue à Israël…


Jérusalem, ville sainte de l’Islam ?

1. La vision du Prophète
Faire de Jérusalem la capitale d’un état musulman est un désir que nourrissent de nombreux dirigeants arabes. C’est l’ambition des chefs palestiniens, soutenus doctrinalement par les autorités saoudiennes, officiellement gardiennes des lieux sacrés de l’Islam que sont Médine et La Mecque. Les autorités religieuses musulmanes les plus compétentes, des plus modérées aux plus intransigeantes, soutiennent cette proposition. Sur la foi de quels arguments ?
Tous les musulmans affirment que leur Tradition consacrerait la sainteté de cette ville dont le nom en arabe est El-Quds (la Sainte). En fait, c’est la traduction textuelle du nom hébraïque : Yerushalayim ‘Ir ha-Kodesh, c’est-à-dire Jérusalem la Ville Sainte. Elle est apparue, — en rêve — au Prophète lors de son ascension céleste, songe consigné dans le traité Kitâb al-Isra de Ibn' Arabî. En effet, Muhammad vit apparaître un escalier, au sommet duquel il bénéficia d’un dialogue avec son Seigneur qui lui confirma : Je t’ai donné sept des Répétés et la Récitation magnifique (le Coran) dans laquelle se trouve la sourate l’Ouvrante (Al-Fâtiha), la Sourate de la Génisse (n° 2) et la sourate de la Famille d’Amrân (Ahl al-’Imrân).
Pour en savoir plus, le mieux est de consulter le texte fondateur de l’Islam et de rechercher, dans l’une des trois sourates évoquant le rêve du prophète, le verset qui légitimerait le désir de voir Jérusalem devenir une capitale musulmane. Pour être certain de ne pas manquer un passage essentiel, se reporter à la concordance Al Mu’jam al mufahras li alfaz al Koran qui classe les mots du Coran de telle manière que l’on retrouve d’un seul regard tous les versets dans lesquels ils sont employés. Le passage coranique éclairant la problématique de Jérusalem se trouve dans la sourate 2.
Le Prophète de l’Islam va droit au but. Sa réponse s’accompagne, dans l’édition arabe officielle du Coran, éditée à Médine, d’une note rédigée sous le contrôle des autorités du ministère saoudien de l’Orientation religieuse qui précise qu’à La Mecque, avant l’Hégire, le Prophète s’orientait de sorte qu’il avait pour Qibla — orientation de la prière — à la fois la Ka’aba et Jérusalem. Qu’arrivé à Médine, il s’orienta vers Jérusalem et qu’au bout de quelques semaines, il se tourna vers la Ka’aba, préférant tourner son cœur et sa prière définitivement vers La Mecque. La note insiste sur le caractère déterminant du choix : la Qibla de l’Islam n’est pas Jérusalem, mais La Mecque.

2. Les Hadiths
Le célèbre recueil des hadiths authentiques de Sahih Al-Bukhari, At-Tajride as-arih, daté du IXè siècle, rassemble les faits et gestes du Prophète. Cet ouvrage incontesté fait autorité auprès de tous les docteurs de la Loi islamique. Il est, lui aussi, formel au sujet de Jérusalem : les hadiths 117, 118, 119 sont formels. Il n’est que les consulter et en tirer les conclusions. Mais mieux encore que les hadiths, rien ne remplace la consultation, dans l’écriture coranique, de la parole révélée au Prophète. Aux versets 144 et suivants de la sourate 2, le Prophète précise, non plus en gestes symboliques, comme ils sont relatés dans les hadiths, mais de manière explicite, quelle est sa Qibla, c’est-à-dire le lieu géographique où s’inscrit le point d’insertion de son orientation spirituelle. Chacun peut faire l’expérience et vérifier dans le Coran édité par les éditions officielles de Al - Madinah Al - Munawwarah. Le Prophète désavoue l’idée que Jérusalem soit la Qibla de l’Islam.

Le Prince d'Arabie saoudite ne peut en aucun cas discuter ces versets. Et les imams iraniens, que cela leur plaise ou non, sont obligés de s'y soumettre.

À la grande surprise des Musulmans qui l’ignorent souvent, le statut de Jérusalem a déjà été réglé par le prophète de l’Islam. Dans un long passage de cette sourate où il rappelle la validité de l’enseignement mosaïque, Muhammad propose une nouvelle direction : La Mecque. Il affirme que renoncer à Jérusalem sera difficile, mais que c’est justement dans sa capacité de choisir la nouvelle orientation que l’on reconnaîtra le véritable Croyant de l’Islam (sourate 2 verset 143). Ce dernier se distingue du Juif dans la spécificité de sa nouvelle Qibla. À chaque peuple une direction qu’il adore (sourate 2 verset 148). 

Jérusalem incombe à Jacob. La Mecque à Muhammad. Aucune équivoque dans le Coran quant à l’adhésion et l’appartenance intime de Jérusalem au peuple de Jacob. À moins que la sainteté que l’Islam reconnaît à Jérusalem ne s’adresse précisément à Jacob et à Joseph dont la tombe se trouve dans cette ville ? Quant au christianisme, nous savons que Jésus a désigné son délégué dans l'apôtre Pierre et que son lieu saint est Rome où se trouve le Saint-Siège.

3. Mise au point sur Jérusalem

Il se dégage du Coran que le désir de faire de Jérusalem une capitale politique au nom de principes religieux musulmans ne reçoit pas l’approbation du fondateur de l’Islam. La Tradition le sait. En effet, les Musulmans ne se rendent pas en pèlerinage officiel à Jérusalem, au Dôme de la Roche – Qoubbet es-Sakhra, site traditionnel de la montée au ciel de Muhammad sur son cheval ailé, mais bien à La Mecque. Ainsi, l’argumentation métaphysique, consignée dans le texte coranique, appuyée par la Tradition, devrait inspirer la pensée des élites musulmanes quand elles s’interrogent sur Jérusalem : dans la sourate 2, verset 145, le prophète non seulement désavoue le musulman qui persisterait à se tourner vers l’ancienne Qibla, mais rappelle que seule La Mecque répond à l’orientation spirituelle exclusive de l’Islam. En conséquence, malgré les sentiments humanitaires que peut susciter la cause de ce peuple, le désir palestinien de posséder une capitale sacrée en Jérusalem ne repose sur aucune légitimité coranique ou traditionnelle. La méprise tire son origine d’une illusion communément enseignée comme un dogme dans les mosquées et écoles coraniques au mépris des instructions formelles de leur Guide. Comment redresser cette errance sans froisser les sensibilités ?
Le nom de Jérusalem, tel qu’il s’écrit dans les lettres hébraïques qui en tracent le mot doit être scruté. Rappeler également les fonctions respectives d'Israël et de l'Islam au regard de la révélation et celle des territoires impartis et non superposables. Lire à ce sujet l'étude qu'en fait Dominique Aubier dans son livre Don Quichotte, le prodigieux secours du messie-qui-meurt : "la Palestine est l’aire du langage de la corticalité terrestre (p. 371) et qu’Abraham est venu en Canaan chercher le lieu géographique correspondant à la doctrine dont il était investi. Jacob en a vécu la révélation lorsqu’il s’est endormi la tête sur une pierre en un lieu précis (p. 287)… Jérusalem a été bâti autour de ce point… C’est cette ville qui a le pouvoir de capter l’énergie du Youd (p. 369)". Distinguant la spécificité de la mission juive et la raison d’être de Jérusalem comme point d’impact de l’énergie cosmique innervant la planète, l’auteur dégage d’indispensables précisions qui permettent d’augurer que la bataille de Jérusalem n’aura pas lieu, si l’une et l’autre religion se réfèrent au sens que recèle la ville sainte. D'une part, Israël pourrait prendre l'initiative et montrer la route en renouant avec la métaphysique, fondée sur l’Alliance abrahamique, seul contrat qui lui garantisse la pleine propriété de sa Qibla : Jérusalem. D'autre part, l’Islam pourrait se souvenir des paroles de son prophète quand il s'exprime quant à l'unicité de l'orientation de sa prière dirigée vers La Mecque.

4. Dialogue alphabétique Israël - Islam
Les deux échelles lettriques (arabe et hébreu) constituent ensemble une unité Droite et Gauche où l'information vient de l'hébreu et la présentation pédagogique de l'arabe. Pour affirmer cela, nous nous situons, bien entendu, au plus haut degré de la leçon métaphysique et certes, nous laissons les pauvres littéralistes, sectaires et obstinés, dans la fange de leur médiocrité.
La règle veut que les contraires se rencontrent, qu'ils se rapprochent et s'unissent. Acte nommé en arabe jam al jam et qorban en hébreu. Norme connue en Qui-sait, mais qui n'est pas aisément admise par les forces régnantes en Qui-Fait.
La Terre d'Israël est l'aire du langage pour la planète entière et non loin d'elle s'étend la grande péninsule de la zone de l'audition droitière où sont piqués les lieux saints de l'Islam, La Mecque et Médine. Le message circule obligatoirement de la zone de phonation vers le centre d'audition. C'est là qu'il est entendu. Dans ce voyage, l'hébreu ne se perd pas. Il reste la langue d'adhésion directe au message cosmique. L'arabe en saisit les données et les moule à sa propre substance, leur conférant la valeur jusque là inouïe de la chose véritablement perçue.
Ce dialogue Israël-Islam n'est possible qu'entre interlocuteurs spirituels. Il ne peut aboutir entre des dogmatismes qui ne peuvent que s'affronter : les antagonismes formalistes ne peuvent ni vaincre ni convaincre, ils ne peuvent qu'aboutir à l'écrasement de leurs limites l'une contre l'autre. Les dogmatiques érigent les murailles de leurs farouches certitudes entourant des citadelles imprenables. Inutile de les affronter ou d'en faire le siège. Pour leur arracher le pouvoir et l'autorité appuyée par la convention légalitaire, il n'est que se libérer des normes collectives pour développer une approche émancipatrice où s'affirme une relation d'être à être entre la divinité et le soi. C'est sur cette voie qu'Ibn' Arabi s'avança dès le XIIè siècle, bien conscient que l'enténèbrement de ces dogmatismes entraînent avec eux le mal des controverses, disputes et combats sans fin. Le sage andalou suggère une issue : le service du cœur (qalb) constitue la réponse et la solution pratique. Elle ne ratiocine pas sur le pourquoi d'un état de fait, elle dépasse les données de celui-ci. Nous empruntons résolument cette voie. Inutile de discuter à n'en plus finir sur le fait religieux dès lors que sa validité est dépassée. Il n'est que d'écouter la voix du cœur proposant le rapprochement des deux alphabets dans l'optique d'un rapprochement conforme à archétype de l'Union.
La thèse ne saurait effaroucher le Croyant connaissant la sourate 22 verset 66 : "nous avons établi pour chaque nation des rites sacrés qu'elle suit. Qu'ils cessent donc de se disputer avec toi sur cette matière…"
La spécificité dévolue à chaque nation à l'intérieur de l'unité cérébrale du cerveau planétaire est entrevue par le Coran qui précise dans la Sourate 22 que "chaque peuple a une plage du ciel vers laquelle il se tourne" en priant. Traduire par : chaque peuple dispose de sa région spécifique dans le cerveau planétaire et se voit doté d'une aire géographique répondant d'une particularité donnée, correspondant à une aire corticale ayant sa spécialité. Les aires respectives devant collaborer entre elles pour le bon fonctionnement du système et de la structure unitaire, sans qu'aucune d'entre elles ne puisse dominer ou imposer sa suprématie au détriment des autres faute de quoi le cerveau se trouverait lésé d'une fonction. Il en découle une perception démocratique de la gestion planétaire où aucun peuple ne saurait être minimisé ou méprisé, quelque soit le nombre de ses habitants ou quelque soit l'étendue de la surface géographique du territoire qu'il occupe. Il n'existe en conséquence ni grande ni petite nation, ni grande ni petite peuplade au regard du tout unitaire qui ne peut se passer d'aucune de ses composantes.
Dans cette cartographie corticale du planisphère, Israël se voit innervé de la descente du Verbe sur terre en un lieu particulier qu'est Jérusalem. Lieu singulier à partir duquel s'électrise l'ensemble de la planète touchée par le Verbe, à l'image d'un cortex disposant de son aire du langage unique, avec sa zone spécifique réservée au sens, appelée aire de Wernicke.
Une aire non partageable, insécable et unique. Y toucher — y attenter — provoquerait la lobotomisation du cerveau planétaire. Dès lors Jérusalem, site de l'impact du Verbe sur terre, devra rester unique, uni, insécable… sur le territoire d'Israël qui en a la lourde charge et la responsabilité. C'est ce que l'on appelle en hébreu Ségoulah : la responsabilité spirituelle.
Il en résulte que « Jérusalem est une position de l'Esprit. C'est la position de l'Esprit la plus haute, le degré le plus pur de l'Initiation. Et comme son nom l'indique, seule la possède l'homme (ou la femme) de connaissance qui a rallié l'énergie (Yod) dans le système d'Absolu (Rosch) et atteint le Verbe (Schin)… Peut se dire habitant de la ville celui qui sait écouter le verbe dans le réel, alors il est Israël, au sens unique du terme, l'homme qui combat pour Dieu. » (cf. Dominique Aubier, Réponse à Hitler, p. 193)
 


Cet article a été publié dans le livre Fatimah, la Délivrance de l'Islam
Dans un prochain Blog : un article sur Esaü et Jacob, les frères ennemis
lire cet article sur le blog : la ligature d'Isaac. Isaac ou Ismaël ?

Lire à ce sujet :

— Esther, la Délivrance d'Israël. Concilier Israel et Islam.

— L'Ordre cosmique, Sur le sens d'Israël, sa vocation langagière. Sa mission et le don du Verbe. Jérusalem est le lieu ayant la fonction qu'occupe l'aire de Wernicke dans le cerveau humain : l'aire du langage et du sens.
— Don Quichotte, le prodigieux secours du messie-qui-meurt. Sur le messianisme, la fonction d'Israël, de l'Islam, de l'Occident.

Je remercie les personnes qui m'aident à maintenir ce blog et à poursuivre le projet éditorial sur la Connaissance. Une tâche difficile.

Johnny Halliday : quel est le secret de Jean-Philippe Smet ?

6 décembre 2017, décédait Johnny Hallyday, immense star de la chanson française.

J'ai été profondément touché par la nouvelle de la disparition de Jean-Philippe Smet. J'ai, dans ma tête, comme tous les français, la mélodie de certaines de ses chansons et des paroles qu'il a portées haut dans le cœur de tout un pays. « Que je t'aime » chantait-il… Et qui, désormais chantera l'amour aussi puissamment ?

J'ai rejoint la tristesse de ceux qui aimaient en lui l'Artiste sincère, se donnant à son public de tout son corps. Sa droiture, le don de soi, sa vérité : tout cela a façonné son être au cours de sa longue carrière. Aucune malice chez lui, aucune fausse empreinte. Cet homme a été ce qu'il voulait être, un Artiste complet. Il n'y a pas chez lui de faux regrets, mais un amour authentique de son Art et de son Public. De là, la belle passion d'un Public qui lui rend ce qu'il lui a donné.

« Il suffira d'une étincelle » chantait-il, pour  « allumer le feu ». Si ce feu, c'est celui de l'amour, il l'aura gagné. Dans les paroles de ses chansons passait plus d'un message qui aura touché des millions de personnes. Je pense à l'amour de « Laura » que des milliers de fans fredonnent à longueur de journée… Il habite le cœur profond de la sensibilité française, à la fois sa révolte et sa capacité du don de soi.

Avec l'écrivain Dominique Aubier, qui avait alors 88 ans, nous avions vu à la télé le grand concert qu'il avait donné aux pieds de la Tour Eiffel. Non que nous étions exactement des fans… mais tout de même, l'Artiste avait notre sympathie. C'est le feu d'artifices, le déploiement des lumières qui avait retenu notre regard alors que nous cherchions un programme susceptible (méritant) d'être regardé. Il était donc là, sur scène, avec ses décibels, sa voix puissante, sa présence totale.

À un moment, j'ai demandé à Dominique Aubier ce qu'elle pensait de lui. Et ce qui, d'après elle, était à l'origine de son succès. Elle m'a répondu : « il est certain que pour arriver à un tel niveau de popularité sur scène, il faut quelque chose de spécial. Il a sûrement beaucoup travaillé car rien ne vient tout seul. Mais il y a plus… Regardons-le encore un peu. »
Je n'aurais jamais cru que Dominique Aubier, auteure de la Face cachée du Cerveau et autres livres très sérieux sur la Connaissance, passerait une soirée à suivre Johnny. Elle qui préfère plutôt la musique classique… Mais elle était comme ça : tout l'intéressait à condition que ce soit vrai. Et là, ce concert en direct, ce n'était que du vrai.
Pour rien au monde, elle n'aurait voulu manquer l'occasion d'apprendre quelque chose, car, me disait-elle : « c'est la Vie qui nous enseigne ce dont nous avons besoin pour comprendre notre propre vie ».

 Je me souviens avoir mis en route la fonction du soutitrage de la télé, ce qui permettait de lire les paroles des chansons. Et mon Maître y était d'autant sensible : 
— Vous vous rendez compte des textes qu'il chante ? Il y a de l'amour à chaque ligne… me dit-elle. Faut-il que ce soit Johnny qui nous dise « Quel est ce pays. Où frappe la nuit. La loi du plus fort ? » (paroles de Michel Berger). Faut-il que ce soit ce rocker qui nous rappelle la nécessité de « la solitude aussi pour que j'aime les gens »…
Quelle chanson ! me dit Dominique Aubier après avoir entendu :

Qu'on m'enlève ce qui est vain et secondaire
Que je retrouve le prix de la vie, enfin !

Qu'on me donne la peine pour que j'aime dormir
Qu'on me donne le froid pour que j'aime la flamme
Pour que j'aime ma terre qu'on me donne l'exil
Et qu'on m'enferme un an pour rêver à des femmes !
…
La solitude aussi pour que j'aime les gens
Pour que j'aime le silence qu'on me fasse des discours
Et toucher la misère pour respecter l'argent !

Pour que j'aime être sain, vaincre la maladie
Qu'on me donne la nuit pour que j'aime le jour
Qu'on me donne le jour pour que j'aime la nuit
Pour que j'aime aujourd'hui oublier les "toujours" !


A la fin du concert, nous sommes resté silencieux un bon moment. Puis nous sommes allés nous coucher. Longtemps encore, dans ma chambre, j'ai entendu au fond de mes oreilles, l'écho de la chanson :

On m'a trop donné bien avant l'envie
J'ai oublié les rêves et les "merci"
Toutes ces choses qui avaient un prix
Qui font l'envie de vivre et le désir
Et le plaisir aussi
Qu'on me donne l'envie !
L'envie d'avoir envie !
Qu'on rallume ma vie !


Le lendemain matin, Dominique Aubier, déjà au travail, un livre très sérieux à la main, m'appelle :
— Il faut que je vous dise… À propos du concert que nous avons vus ensemble hier soir. Vous m'avez demandé quel était le secret de votre énergumène… Johnny. Eh bien je vais vous le dire. Ce garçon a quelque chose de très rare. Je n'ai rencontré que peu de personnes ayant cette disposition. Outre son talent indéniable, il bénéficie d'une singularité qui est à la source de tout son succès.
— Ah oui ? ai-je demandé. Qu'a-t-il de tellement spécial ?

Je n'ai pas douté une seconde que Dominique Aubier ait vu clair dans l'âme de cet artiste, car elle avait ce don de percevoir au travers des gens tout ce qui émanait d'eux. Elle lisait dans les regards comme dans un livre ouvert.
— Alors, dites-moi, ai-je repris, qu'a-t-il donc, notre « Johnny national » ?
— Je devrais plutôt dire que c'est quelque chose qu'il n'a pas, et que tous les gens possèdent… souvent à leur détriment.

Je me sentis quelque peu visé par la seconde partie de sa réplique :
— Si je comprends bien, c'est l'absence de quelque chose qui serait à la clé de sa popularité ?
— Oui. C'est quelque chose qui est totalement absent de sa personnalité. Il a certes son caractère, cela se voit. Il a sa force. Sa puissance. Mais tout cela, il le tire d'une seule et unique disposition, tout à fait naturelle chez lui et que certains ne parviennent à obtenir qu'après de longs exercices : cet homme n'a pas d'égo. C'est cela son secret. N'ayant pas d'égo, il peut tout donner. N'attendant rien, il peut tout recevoir. Les Maîtres du Zen invitent leurs élèves à lisser le « miroir de leurs représentations ». C'est parfois le travail de toute une vie. C'est une chose rarissime. Eh bien Johnny a d'emblée cette qualité inouïe : son miroir est lisse. Il peut donc tout chanter, et ce qu'il chante, c'est le plus souvent de bons sentiments. Étant un miroir pur, il transmet un reflet transparent de lui-même à son public qui en perçoit l'impact et qui, grâce à cette transparence, communique avec lui. D'où la passion qu'il suscite auprès de tous ces gens aspirant à la sincérité. Il est ce qu'ils cherchent, un miroir sans aspérité. Il garde pour lui ses rayures, les blessures qu'il a pu supporter. Cela se voit. Et à l'extérieur, sur scène, il offre une surface limpide. Son spectacle est donc une offrande lyrique où s'exprime un être pur.

Si j'étais un responsable politique, a poursuivi Dominique Aubier, je tiendrais compte au plus haut degré de l'impact de cet artiste car il permet de mesurer l'attente profonde de toute une population en quête de vrai, de sincérité, de respect. La population veut de la vérité, des sentiments, un rapport charnel qu'elle puisse en quelque sorte épouser et suivre…

J'étais resté étonné de la clairvoyance avec laquelle Dominique Aubier avait en quelque sorte « sondé » l'âme de l'Artiste. Et j'en avais pris « pour mon grade » comme on dit, en ce qui concerne l'idée de raboter quelque peu l'égo afin d'être un tout petit peu plus lisse… Ce fut une sacrée leçon.

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Maintenant que cet artiste est décédé, il me semble, compte tenu de l'immense émotion qui étreint la France, que Jean-Philippe Smet était devenu, au cours des années, une sorte de Fontaine naturelle déversant sans compter amour et compassion. Un Artiste initié par la Vie (avec 3 x "Y" dans son nom d'Artiste, donc une énorme énergie concentrée) qui chantait le sentiment que la France attendait. Je l'écoute avec joie, et je le considère avec respect.

6 décembre 2017 : que s'est-il passé d'autre ce jour-là dans le monde ?
Sur un plan de cohérence temporelle, tout est lié… Y compris le beau soleil qui a brillé le jour de ses obsèques. Et si c'était un jour saint "holy - day "?

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Un biker inspiré m'a écrit pour me dire qu'il voyait dans la marque "Harley Davidson" un message important… C'est bien possible, le deux-roues étant le symbole d'un cycle en route, un cycle historique. Peut-être il faut lire "David-son" =  le fils de David… ce qui est justement le surnom biblique… du "Messie" (appelé "fils de David"). Faut-il que ce soit un Artiste qui nous rappelle la dimension et le rôle de l'Amour ! 
"Tout donner… plus riche de ne rien garder… que l'amour…"
Peut-être aurons-nous droit à une rémission ? C'est le sens du mot hébreu écrit dans son nom Smet(a) prononcé Schémitah =  שְׁמִטָּה
Johnny a incarné le chant de la France, dans sa dimension lyrique. Il nous renvoie vers le meilleur de nous-même.
"Il suffira d'une étincelle et d'un mot d'amour…
pour allumer le feu…" 
Dans ces paroles prophétiques, il faudra choisir quel feu nous voulons.


vendredi 1 décembre 2017

Mise au point sur les Séphiroth (Sefirot). Le secret de la Daat

Mise au point sur les Séphiroth (Séfirot). Le secret de La Daat (3)
par Dominique Blumenstihl

Dans un blog précédant, j'ai parlé de trois historiens de la kabbale : Gershom Scholem, Charles Mopsik, Adin Steinsaltz. J'ai abordé leurs œuvres en soulignant leur valeur. Ai-je été trop critique ? Je tiens à rester sur une ligne positive afin que la Connaissance avance. Il convient cependant de réparer les erreurs, de mettre fin aux fausses idées colportées et de maintenir le cap. Je cherche à détecter les lieux où la Connaissance perce au niveau le plus précis et je me conforme à l'adage zoharique : « Il faut saisir les anneaux les plus proches de la chaîne et ne pas se tromper. » Donc, sans ignorer la Tradition et ses solides anneaux, ma référence sera l'enseignement du Maître qui m'a directement instruit. Si vous-même avez quelque critique à formuler, n'hésitez pas à m'en instruire afin que nous puissions ensemble progresser.

J'en étais arrivé à démontrer que la Daat n'est pas une Séphira. Il convient maintenant de dire ce qu'elle est.

Qu'en est-il alors de la Daat ?
Est-ce la 11è séphira ? La Tradition ne l'admet pas, et le Sefer Yetsirah, fondateur de la thèse séphirotique n'admet pas que la Daat soit une Séphira. Elle ne s'inscrit pas dans la descente des émanations se déversant sur le corps — sur la Création et toutes les créatures. Le Sepher Yetsirah précise qu'elles sont « 10 et non pas 9. 10 et non pas 11. »
Je le répète, et de la manière la plus formelle en me référant aux textes les plus pertinents de la Kabbale — que j'ai dûment cités — : en aucun cas, Daat n'est une séphira, et jamais elle ne se substitue à Kether : elle est l'intelligibilité même du système séphirotique, et le dire ici, c'est lui rendre non seulement le plus bel hommage, mais aussi restaurer la justesse de la donnée fondamentale issue du Sefer Yetsirah, que la Tradition attribue à Abraham.

Précision que j'ai tirée des leçons de mon Maitre et de mon propre effort de compréhension. (Eh oui, je me suis cassé la tête, moi aussi…) Et je conteste absolument l'erreur propagée par certains auteurs selon laquelle la Daat serait une Séphira. Il n'y a aucun débat possible sur le sujet. Car on ne peut débattre sur la possible acceptation d'une erreur qui voudrait s'imposer en vérité à force de se perpétuer.

La Daat est  l'état de la compréhension que nous avons d'une part de l'énergie lorsqu'elle passe d'une séphira à l'autre, et d'autre part de l'ensemble de l'édifice, lorsque le cycle est accompli. La Daat intervient en relief, entre chaque Séphira en tant que validation des acquis et de relance vers la séphira suivante ; elle est donc la synthèse de l'intelligibilité déposée à chaque étape entre les Sephiroth et à l'instant du retour depuis Malkhout vers Kether.

Mise au point sur la Daat.
Daat, c'est la Connaissance elle-même, portant sur les Séphiroth la grâce de l'intelligibilité que l'esprit peut acquérir tout au long du parcours. Elle intervient à chaque passage, d'une Séphira à l'autre, comme l'influx nerveux entre les dendrites, réceptrice et convoyeuse de l'énergie dont elle assume l'intelligibilité. La Daat intervient donc 9 fois dans l'effusion de l'énergie d'une Séphira vers la suivante, dans l'ordre établi de l'Arbre, à quoi s'ajoute une 10è intervention terminale de synthèse lors du retour de Malkhout vers Kether. Il existe donc fonctionnellement 9 Daat possibles dans un cycle bien mené jusqu'à Malkhout et 1 Daat de synthèse globale, sur le retour sur la ligne Malkhout - Kether. 
Sur les représentations classiques de l'Arbre des Séphiroth où apparaît la Daat, il faut l'imaginer suspendue en relief, surplombant l'édifice, comme lieu de convergence inter-séphiroth et non comme une séphira proprement dit.
La Daat augmente à chaque passage d'une Séphira à l'autre. C'est-à-dire qu'à chaque étape, la compréhension que nous avons de la Connaissance s'accroît. À l'instant du retour vers Kether, elle convoie la totalité des intelligibilités acquises. La Couronne se voit dès lors auréolée des 9 Daat s'étant produites entre les Séphiroth à quoi s'ajoute la Daat de synthèse finale. Chaque Daat vient se fixer sur la Couronne et l'on obtient ainsi la représentation classique d'une tête sur laquelle brille une couronne sertie de 10 pointes où resplendissent 10 boules lumineuses, considérées comme les « perles de la sagesse ».
En fin de vie, si le cycle de l'existence n'a pas été brisé par un accident de parcours cassant l'édifice des Séphiroth, la Couronne auréolée des 10 Daat projette son énergie vers le haut et rejoint l'Ein-Sof. C'est alors qu'a lieu l'instant redoutable où le retour est confronté à l'origine.
La protéine enroulée en fin de cycle d'une existence pleinement réalisée est-elle conforme au programme initialement prévu par l'ADN informateur ?

Qu'en pensez-vous ?
À mon sens, c'est impossible, en raison même du dispositif vivant qui procède par des prises de copie de l'information et des transferts. Et à chaque transfert, il existe une possibilité d'altération, de perte, de modification… ou d'amélioration. C'est observable en microbiologie où l'ADN subit des transformations par les ARN de transfert. Les chromosomes dont le codage en quatre lettres d'Acides aminés est désormais bien connu en témoignent. Certains Acides aminés se déplacent lors des phases de transferts et modifient le codage initial. Il en résulte à la fin une protéine intégrant certes l'information initiale, mais dont la dotation ou l'ordre génétique a varié. Dès lors, notre Vie, notre existence — notre protéine, si je puis dire, arrivant en fin de parcours, s'enroulant sur elle-même, répond-elle pleinement à ce qui fut déposé tout au départ de son programme d'exécution ? Suis-je conforme en fin de vie à ce pourquoi je fus créé ?
Il s'agit moins d'observer une égalité entre l'information et sa réalisation que reconnaître une conformité approximative à la programmation : notre liberté participe de ce processus, elle ajoute, modifie, altère, améliore ou démantèle le projet initial. Notre liberté d'être, de penser, de nier, de saccager est totale ; cela aussi est prévu : cela aussi est intégré à la Daat et présenté devant l'Ein Sof à l'instant du Grand Retour. Meurtres, assassinats, violences, tout sang versé intègre la Daat. Mais aussi tout amour donné, toute cause défendue, toute parole et tout acte guérisseur rejoignent la Daat convoyée vers Kether. Toute réparation (Tikoun) est reçue. C'est de la Daat ainsi amendée que dépend l'état de la Couronne dont l'Ein-Sof a revêtu l'humanité. Reluisante ou noire, c'est nous qui choisissons. C'est nous qui réparons le vase brisé et qui restaurons l'écorce de l'arbre blessé.

Pour chaque personne, la Daat, enrichie de tout ce qu'elle a compris de la Vie, rejoint l'être Suprême en vue d'un quitus. Nous sommes tous « cernés » par cette couronne, chacun étant roi ou reine pour lui-même, porteur pour lui-même de sa couronne. Cette notion réaliste est particulièrement considérée dans la Kabbale, car en tant que discipline de l'Esprit, elle se fonde sur une expérience vécue. Pas de Kabbale sans expérience. Sans confrontation à la réalité. Il est nécessaire d'expérimenter la leçon et ne pas se contenter de l'écrire sur la tableau noir comme s'il s'agissait d'une formule mathématique certes élégante mais inapplicable.
La notion même de cycle — connue de toutes les Tradition — implique l'étape du retour. Donc à l'instant de notre retour vers la Source de la Rosée, vers le « Dispensateur de la Rosée », cette couronne que nous avons nourrie vient à son tour nourrir l'Ein-Sof.
L'Ein-Sof s'alimente du retour de la Daat qu'il absorbe, d'où l'accroissement de l'Ein-Sof, son expansion infinie, alimentée par les innombrables retours-augmentés dont il bénéficie. Nous sommes les pourvoyeurs de la nourriture de l'Absolu. Il reçoit tout ce que nos vies lui envoient. Aussi bien bonheurs que calamités. Notre liberté consiste dès lors à choisir soigneusement de quoi nous désirons alimenter nos Séphiroth, car ce sont elles qui alimenteront la Daat de retour. La véritable diététique du destin humain se joue dans l'assiette séphirotique… de nos actes, de nos décisions.
Ein Sof  a besoin de nous autant que nous de Lui. L'accroissement de notre Daat, personnelle et collective produit l'expansion de conscience, d'où l'expansion de l'Univers…


P.S.
On trouvera l'explication détaillée de la théorie séphirotique dans la trilogie des films Le Secret des Séphiroth (disponibles sur clé USB) qui contient 3 films :
— La Table des Séphiroth
— Séphiroth, Je est un Autre
— Le Flux Séphirotique

Cette série de films a l'avantage de redresser la leçon des Séphiroths en s'appuyant sur les textes les plus solides et les sources mêmes à l'origine de la théorie. Pour une application pratique dans la vie.

Tous les articles du blog ici

Hommage à Dominique Aubier ici. 

Les personnes qui utilisent les enseignements de Dominique Aubier dans le cadre de leurs initiatives pédagogiques sont priées de bien vouloir citer correctement son œuvre.

jeudi 30 novembre 2017

L'erreur de M. Adin Steinsaltz au sujet des Séphiroth (sefirot)

Mise au point sur les Séphiroth. L'erreur de Adin Steinsaltz (2)
par Dominique Blumenstihl

début de cet article 1
suite de cet article : Le secret de la Daat 3 

« Réputé mondialement pour son édition du Talmud, Adin Steinsaltz passe pour l'auteur le plus compétent qui soit pour présenter les concepts de la Kabbale et du judaïsme ». C'est en ces termes flatteurs que l'éditeur Albin Michel présente l'auteur de La Rose aux 13 Pétales.

Et pourtant…  je suis désolé de vous le dire et de l'écrire, ce que vous dites dans ce livre, M. Steinsaltz, au sujet des Séphiroth… est juste : il vous suffit de tirer une phrase du Palmier de Deborah ou du Verger des Grenadiers (Pardès Rimonim) pour être sûr de ne pas vous tromper. Encore faut-il indiquer la source de votre science, car elle n'est pas infuse, mais apprise au près de Maîtres dont les noms sont systématiquement… occultés dans votre livre. Et là, ça ne va pas du tout. C'est un manquement sérieux, et quand bien même ma connaissance n'arrive pas à la cheville de votre immense savoir, je vous signale que vous avez commis une grave erreur. « Ne pas citer ses sources, c'est empêcher le messie de venir. » Eliézer le dit, et s'il le dit, c'est que déjà de son temps, il a dû observer cette tendance qu'ont les érudits de tirer la couverture à soi, comme s'ils étaient les inventeurs de ce qu'ils enseignent. Vous devez impérativement réparer cela et veiller scrupuleusement à ce que cela ne se reproduise pas. Car si vous l'avez fait une fois… vous le referez.
10 Séphiroth et pas 11… Tout est expliqué dans ce film.

Votre énumération des Séphiroth, page 49, pose problème. Vous affirmez, avec raison, qu'il n'en existe que 10. Mais vous en étalez 11. Et de chacune d'elles vous dressez un court portrait dont on se demande : « mais qui vous l'a dit ? » Votre liste se termine sur Malkhout, dixième et dernière Séphira qui « incarne le Verbe et le réceptacle ultime. » Mais si je compte une à une les Séphiroth que vous avez mentionnées, j'en trouve 11 et non pas 10 et Malkhout, la dixième, serait de fait la onzième séphira si j'en crois votre décompte. La confusion dans ce domaine est classique, et nombre de kabbalistes modernes la commettent, se persuadant qu'il y aurait 11 Séphiroth… tout en affirmant qu'elles sont au nombre de 10. 
Mais peut-être vous avez raison ? Dans ce cas, c'est le Séfer Yesira qui se trompe. Et Moïse Cordovera a tout faux…

Dans une note en bas de page, acceptant les deux comptabilités, M. Steinsaltz tente d'expliquer cette différence : « La première Séphira Kether étant la plus cachée est quelquefois remplacée par Daat. Au contraire lorsqu'on compte Kether au nombre des Séphiroth qui est limité à 10, c'est Daat qui disparaît. » Nous retrouvons là cette défaillance de M. Steinsaltz qui est de ne pas citer sa source. « Kether est remplacé par Daat ». Mais par qui ? Qui réalise cette substitution ? « Daat disparaît ». Mais qui la fait disparaître ? Qui se cache derrière le pronom impersonnel dans la phrase « lorsqu'on compte Kether… » ? Qui est ce on ? Faut-il accepter ces anonymats ? Soyons sérieux : il est impossible de concevoir l'Arbre des Séphiroth en l'absence de Kether, la couronne, qui d'aucune manière ne se laisse substituer par quoique ce soit, étant  la distributrice de l'énergie. Enlever la Couronne, c'est décapiter tout l'édifice. Dès lors la Daat mérite quelques éclaircissements…

Mise au point sur les Séphiroth : le secret de la DAAT
Le film de Darren Aronofsky Fountain met la couronne au cœur de son propos, en ce que la Reine d'Espagne (Kether) tient à sauver le royaume contre ceux qui voudraient la détrôner. De même, Don Quichotte lutte contre les ennemis de la Princesse Micomicona, afin de restaurer la Couronne. Il est parfaitement incongru d'envisager l'hypothèse que la couronne puisse se volatiliser sans que l'arbre tout entier ne disparaisse. Aucun kabbaliste sérieux ne se risquerait à défendre la thèse de la dissolution de Kether. Et ceux qui le feraient commettraient une erreur monumentale… à moins que…

À moins qu'ils ne s'amusent à user d'un précepte zoharique qui dit : il est du devoir d'un homme qui enseigne la sagesse de faire connaître en même temps à ses auditeurs un peu de sottise, parce que la sottise profite à la sagesse autant que les ténèbres profitent à la lumière puisque sans ténèbres on ne connaîtrait pas la lumière et on n'en comprendrait pas l'utilité (Zohar vol 5 p; 132, éd. Maisonneuve et Larose). Il se pourrait donc bien que des kabbalistes coquins se soient enjoués à faire clignoter tour à tour Kether et Daat — simulation de sottise — afin de susciter, à contrario, la mise au point : ce serait là une pédagogie très stimulante, tout à fait dans le style des grands Maîtres kabbalistes, experts de « gai savoir » où l'humour et l'espièglerie sont non seulement permises, mais recommandées. Leur enseignement est participatif, parfois provocateur… souvent incompris par des élèves qui prennent tout au pied de la lettre, ne s'imaginant pas que la parole puisse être interrogée et questionnée.

À mon sens, Adin Steinsaltz aurait donc raison d'admettre la validité de cette double comptabilité, c'est une astuce pour obtenir un compte juste : on jongle avec Kether et Daat, enlevant tantôt l'une tantôt l'autre, l'essentiel étant d'obtenir 10, et de caser la Daat parmi les Séphiroth. C'est un forçage assez cocasse, et comme j'ai moi-même l'esprit assez allègre, la technique m'a paru plaisante : joyeux « pince sans rire » derrière son grand sérieux, M. Steinsaltz lâche volontairement une bourde pour voir comment réagit l'assemblée, dans l'attente qu'un doigt se lève parmi ses Lecteurs ou disciples et lui fasse la remarque. Je crains hélas que personne n'ait relevé « l'erreur volontaire » et que finalement ce qui ne devait être qu'une pichenette de provocation soit désormais pris pour une vérité solennelle. C'est pourquoi, depuis le fond de la salle, en tout respect du savant, je lève la main et m'écrie : « objection votre honneur ! »


Amusement et plaisanterie mises à part, le véritable enseignement qu'il faut tirer de cette vraie-fausse erreur, c'est que Kether est inaltérable, étant la source et le point de retour de l'énergie. Tout commence par Kether, induite par l'Ein-Sof. Tout s'écoule depuis Kether jusqu'en Malkhout. Et de là, retour à la source. Retour archigénique observé par les sciences. Pressenti intuitivement par Nietzsche avec son « éternel retour ». Retour que nous vivons en chaque fin de cycle, y compris à l'instant de notre mort. L'énergie retourne alors à sa source Kether, sans renvoi vers de nouvelles Séphira. Enrichie de toutes les expériences vécues et de la compréhension que notre esprit en produit, l'énergie remonte alors de Kether vers l'Ein-Sof où elle est confrontée à l'information d'origine. Se pose la question : l'énergie revenant en fin de cycle est-elle conforme à l'information émise au départ ? 

Je tâcherai de trouver des pistes de réponses dans un prochain Blog…  suite ici.

Mes sources pour écrire cet article :
— Moïse Cordovero : Le Palmier de Deborah
— Dominique Aubier : Don Quichotte prophète d'Israël, Le secret des Séphiroth (films)
— Charles Mopsik : Cabale et Cabalistes

lundi 27 novembre 2017

Le Secret des Séphiroth (1) Scholem - Mopsick - Steinsaltz

Le Secret des Séphiroth (1)
par Dominique Blumenstihl

I. Mise au point sur les experts de la kabbale hébraïque.
On m'a beaucoup parlé des recherches de M. Adin Steinsaltz, historien de la kabbale. Ayant accès à des textes rares issus de l'extraordinaire bibliothèque hébraïque, il a écrit plusieurs ouvrages dans lesquels il fait la description de la théorie séphirotique et les portraits de kabbalistes des temps anciens. Il a consacré un livre aux rabbins ayant composé le Talmud, volumineuse somme de savoir rédigés par les érudits commentateurs de la Torah. Adin Steinsaltz rejoint en ce sens son collègue le brillant Gerschom Scholem et le non moins savant Charles Mopsik. À eux trois, ils ont exploré tous les rayons de tout ce que la littérature juive a pu concevoir. Et l'on est époustouflé devant tant de savoirs : que de temps passé, que d'application, de persévérance, d'obstination et de patience devant ces masses de documents parfois très anciens et difficiles à déchiffrer ! Ces chercheurs passent leur vie à rechercher des gemmes rares, et c'est un régal qu'assister, avec eux, à la découverte ou redécouverte de tel texte qui sans eux fût demeuré à jamais oublié.
Je n'ai pas lu tous les livres de ces trois auteurs. C'est presque impossible. Mais certains de leurs écrits apparaissent comme des synthèses de recherches et on peut en tirer un aperçu concluant.
Je salue leur haute compétence dans leur domaine, celui de l'histoire de la Kabbale ou plus largement des religions.

1 Gerschom Scholem
L'occasion ici de rendre hommage à Gerschom Scholem et je n'hésite pas à exprimer mon admiration. Chercheur de vérité, il se présentait lui-même comme « un mystique raté », selon sa propre expression relevée dans une confidence faite à Charles Mopsik page 270 de son livre Cabale et Cabalistes. Ce sentiment profond d'échec témoigne de l'extrême modestie de cet immense savant à qui j'adresse ma vive sympathie. Il a vécu la douleur d'être appelé, sans que la clé ouvrant le Code ne lui fut donnée. Une vie tout entière consacrée à la quête, aboutissant à une œuvre phénoménale dont nous profitons amplement et nous devons lui témoigner nos remerciements chaleureux. Grâce à lui, de nombreux textes ensevelis, oubliés, perdus, ont refait surface et ont été traduits par ses soins. Hélas, et ce fut son drame personnel, c'est à l'approche de l'explication ultime des concepts qu'il s'est heurté à l'incompréhension de ce qui structure la pensée du kabbaliste. Tout en participant à la publication des textes traditionnels, il ne connaissait pas le Motif d'Absolu dont se sert le kabbaliste, aussi est-il resté comme en-dehors de l'objet de sa quête. Le dévoilement du secret ne lui était sans doute pas réservé.

2 Charles Mopsik
Les merveilleux travaux de Charles Mopsik, traducteur du Zohar pour les éditions Verdier, n'ont pas été, à mon sens, suffisamment salués par les institutions culturelles. Ils méritent un coup de chapeau. Et je recommande sans hésiter son livre La Cabale, que l'on trouve facilement chez différents éditeurs. Il offre un tour d'horizon sur la tradition hébraïque et répond à de nombreuses questions techniques. Il n'existe pas de meilleur livre sur l'histoire de la Kabbale. À ceci près qu'il fait l'impasse sur le thème du Quichotte devant lequel il est resté comme interdit. Une étrange inhibition le touche l'empêchant d'être disponible à l'imprévu qui remettrait en cause le confort intellectuel et les rassurantes familiarités dont il est l'expert. Il envisage la possibilité d'une période post-kabbalistique, donc messianique, qui ouvrirait tous les secrets : mais qui en serait l'acteur ? Qui produirait ce « saut quantique » au-delà des certitudes du sens commun ? 
J'ai le plus grand respect pour Charles Mopsick. Mais j'avertis le Lecteur : fût-il le brillant commentateur du Palmier de Déborah (un traité sur les Séphiroth de Moïse Cordovero), son étude n'élucide en rien le langage du kabbaliste et ne donne aucunement les clés qui en ouvrirait les concepts afin de les rendre intelligibles à une pensée de notre temps. Pour manger les dattes de ce Palmier (Tamar) il faudra se reporter vers d'autres travaux, plus pointus, plus précis… Plus directement accessibles.

C'est là un paradoxe, que tout en étant le commentateur assermenté, Charles Mopsik reste toujours au seuil de la découverte qui éclairerait définitivement les textes qu'il prend en charge. Et l'on assiste à ce phénomène étrange: une surbrillance d'érudition… n'ouvrant pas la porte de la compréhension des concepts kabbalistiques évoqués. Et l'on comprend alors les instants de tristesse, de douleur même, qui percent parfois à la surface de ses ouvrages.

3 Adin Steinsaltz
Réputé mondialement pour son édition commentée du Talmud, Adin Steinsaltz passe, selon son éditeur, pour « l'auteur le plus compétent qui soit pour présenter les concepts de la Kabbale et du judaïsme ». Expert de l'hébreu, il survole de haut les grands thèmes de la Tradition depuis des altitudes qui donnent le vertige aux ignorants que nous sommes. Mais j'ai eu beau scruter son étude La Rose au 13 Pétales, publiée aux éditions Albin Michel, je n'y ai trouvé rien de nouveau qui ajoute, consolide ou augmente les explications et synthèses données par ses prédécesseurs.
Son livre réalise une recension généraliste de ce qu'enseigne la Kabbale mais ne dépasse pas l'approche qu'en fit, avant lui — certes moins médiatisée mais autrement documentée — Charles Mopsick.
Mopsick : on y trouve la chaleur, l'empathie d'un chercheur obstiné sacrifiant son existence à sonder les secrets de la Kabbale. Steinsaltz : j'y trouve une technicité érudite mais non réellement vécue, ce qui lui coûte certaines erreurs surprenantes.

Au chapitre qu'il consacre aux Séphiroth, (p. 49 à 60), M. Steinsaltz déverse son savoir magistral. D'une grande assurance, il assène ses démonstrations : « les Séphiroth sont les moyens de la révélation divine… reliées à la lumière divine première tout comme le corps est relié à l'âme. » La phrase serait sensationnelle s'il ne s'agissait de l'exhumation d'une banalité. Autre endroit où son étude entre en défaillance, c'est l'absence de toute référence — l'auteur n'en donne aucune — on finit par croire qu'il est lui-même l'inventeur de la théorie séphirothique, à moins qu'il ne s'imagine que les choses n'aillent d'elles-mêmes et qu'il lui suffit d'énumérer les concepts de la Tradition sans qu'il n'ait aucun compte à rendre aux innombrables générations de penseurs qui, avant lui, ont mis au point cette Tradition.

Monsieur Steinsaltz, en tout respect de vos nobles fonctions, je ne saurais accepter cette attitude : vous écrivez un livre destiné au grand public, hors Communauté — donc le public des « goys », et c'est fort louable que vouloir partager ce savoir entre tous…  Et vous ne citez pas vos sources ? C'est là pour le moins une énorme maladresse qui vous vaut d'être sévèrement critiqué — et à juste titre — par les chercheurs et les kabbalistes : est-ce pour briller dans le firmament de la Kabbale hébraïque aux yeux des simples (comme moi), que vous passez sous silence, dans cet ouvrage, le labeur immense de ceux dont vous tirez tout votre savoir ?

Quelle attitude est-ce là ? Pourquoi évincer de la sorte, dans cet ouvrage, la longue lignée des extraordinaires kabbalistes ayant mis au point les concepts que vous présentez, et dont vous vous nourrissez en tant qu'historien et auteur. Car vous-même n'êtes pas kabbaliste : si vous l'étiez, vous auriez appliqué la règle bien connue depuis Eliézer : « celui qui ne cite pas ses sources empêche le messie de venir ».

Vous décrivez et commentez dans ce livre le Tzim-Tzoum… tout en faisant l'économie de ne jamais citer Louriah qui en fut l'inventeur génial. De même écrivez-vous un chapitre entier sur les Séphiroth, sans prononcer le nom de Moïse Cordovero dont le Palmier de Deborah  est le grand œuvre de référence. Pas un mot sur le Sefer Yetsirah, texte fondateur de la théorie séphirotique. Et que penser de votre leçon ex cathedra sur Aïn Sof où vous gardez le mutisme complet sur le Sefer Ha Bahir et le Sefer Ha Zohar ? Monsieur Steinsaltz, cela ne va pas du tout. Et je comprends mal comment la Communauté peut vous décerner des lauriers, lorsqu'en plus votre exposé sur les Séphiroth est grevé d'une erreur…
En effet, vous répétez une erreur colportée depuis quelques décennies par des auteurs secondaires ne sachant pas compter jusqu'à 10, et selon vous…

Vous êtes un professeur mondialement connu et votre notoriété vous donnera raison, quoique vous disiez. La Communauté est toujours très sensible à la brillance sociale et l'importance de l'érudition officielle. On se met au garde-à-vous devant toute autorité titrée de l'Université. Je ne suis, quant à moi, que le modeste éditeur de Don Quichotte Prophète d'Israël, et comme le célèbre chevalier, je ne jure que par Dulcinea del Toboso, l'image symbolique de la Schekina… Je n'arrive pas à vos chevilles et pourtant…

(La suite dans un prochain blog où je montrerai que M. Adin Steinsaltz a peut-être raison… de se tromper. J'y mettrai un peu d'humour, chose qui manque cruellement dans les travaux de l'aimable savant. À moins que…) 

(suite 2 ici) 
(suite 3 ici)