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vendredi 26 juin 2020

Plaidoirie pour une cause gagnée. 3 livres de Dominique Aubier.

Trois livres essentiels pour comprendre Israël et sa mission.

Voici 3 livres que j'estime importants pour la cause de l'Esprit. Rédigés pendant les années d'exil de l'Auteure, au plus près des sources de la Torah et du Zohar, ces ouvrages visent à l'élévation de la conscience quand bien même des intérêts créés voudraient la réduire au silence…


Sous ce titre générique, Dominique Aubier a écrit trois ouvrages essentiels donnant à comprendre le rôle du judaïsme dans le monde :

1. Le cas Juif ;
2. L'Urgence du Sabbat ;
3. Le Principe du Langage ou l'Alphabet hébraïque.

Le Principe du Langage ou l'Alphabet hébraïque définit l'Alphabet hébreu par rapport à la vérité fondamentale du réel et insère les lettres hébraïques dans la systémique du fonctionnement cérébral. L'exploration, lettre après lettre de l'édifice conceptuel de l'Alphabet permet de découvrir l'essence de la parole, d'accéder au Principe du Langage, fondateur d'humanité et de civilisation. 

L'Urgence du Sabbat présente une explication raisonnée du rituel sabbatique. Une enquête sur son symbolisme immuable permet de tracer le schéma du fonctionnement de l'esprit et d'y reconnaître le plan de guidage de la vie.
 
Le Cas Juif décrit l'ampleur de la pensée juive, sa force d'adhésion au réel, la vigueur ontologique de son langage. Ce livre met en évidence la spécificité d'Israël encadrée par cinq paramètres, le Verbe, le Peuple, le Pays, la Langue et le Temps. Cinq facteurs qui forment les cinq sépales du calice sur quoi s'épanouissent les pétales de la Rose d'Israël.

Ce triptyque est à mon sens un monument de la pensée.
Les trois volumes sont également disponibles séparément.


Plaidoirie pour une cause gagnée
Un triptyque initiatique de haut niveau





jeudi 11 juin 2020

Contre le Racisme… Pour l'Amour.

Contre le Racisme… Pour l'Amour.
par Dominique Blumenstihl-Roth

Comme tout le monde,
j'ai été choqué par l'affaire George Floyd, « Noir » américain tué par un policier « Blanc ». Cependant, je n'ai pas vu les images du crime, car je n'ai pas la télé. Elle est restée au sous-sol de la maison et elle y restera car j'évite de polluer mes yeux de ces images de violence diffusées par les médias avec délectation. 
S'est-on rendu compte que voir la violence engendre la violence ? L'impact des images, même virtuelles, touche directement le cerveau par l'intermédiaire des yeux qui ne sont pas des organes extérieurs mais une extension de la matière cérébrale, comme cela a été observé et prouvé par l'embryologie. Donc « voir », c'est toucher la matière cérébrale. Voir le crime, c'est l'intégrer dans notre structure mentale qui en reçoit l'information et la traite comme étant du réel. Notre cerveau ne distingue pas le virtuel. Pour lui, tout est vrai.
Une propriété du cerveau, qui est à la base de nos apprentissages, c'est l'imitation. Nous imitons ce que nous voyons. Si nous marchons debout, c'est parce qu'on nous l'a appris dans notre enfance et parce que nous avons vu marcher les humains autour de nous, dressés sur deux pieds. Marcher n'est pas spontané, il faut que l'exemple en soit donné et que la technique en soit enseignée. Les « enfants sauvages » qui n'ont pas fréquenté les humains ne savent pas marcher debout. Ni parler : l'usage de la parole procède de l'écoute et de l'imitation. Idem pour l'écriture qui s'enseigne par imitation sur un référentiel graphique appuyé sur le sens. Les comportements sociaux que nous adoptons sont également assujettis à l'imitation. Nous portons un masque parce que tout le monde en porte…
Donc EXIT la télé où l'on voit 200 crimes par jour, certes virtuels, mais mon cerveau est naïf par nature et prend tout au sérieux. Ce n'est qu'après réflexion qu'il se dit : « Bah, cela n'est que fiction ». Mais en attendant, il aura « encaissé » l'impact de ces images qui auront déposé en lui une engrammation subliminale. Je n'ai donc pas vu ce crime odieux et je suis heureux de n'être pas contaminé par ce lamentable spectacle. Mais j'en ai entendu parler et je ne puis me soustraire aux informations qui parcourent la planète.
— Tu iras à la manif contre le racisme ? m'a demandé une amie.
— Je ne crois pas que cela se règle dans la rue, ai-je répondu, et je ne cherche pas à m'exposer à la violence qui peut à tout moment électriser une foule. On sait que la multitude est essentiellement émotive et que sur une émotion forte tout peut arriver. Je préfère agir à ma manière, et je n'ai pas attendu que ce désastre survienne pour m'investir sur cette question. Je n'ai pas attendu qu'une ébullition venant des U.S.A. m'ébouillante pour réagir. Le racisme, je le connais, et dès l'âge de 10 ans j'ai dit STOP. Stop à la violence. Cependant, je n'avais pas compris si c'était du racisme ou une forme ordinaire de sadisme.

C'était à l'école primaire.
Notre « maître » s'appliquait à nous faire lire. Il nous expliquait la non-prononciation de ces lettres muettes que la langue française affectionne. Un de mes camarades de classe avait le plus grand mal à saisir la subtilité. Il lisait plutôt bien, d'une voix bien posée, mais s'acharnait à prononcer et même appuyer tous les « e » muets en fin de mot. Je trouvais cela plutôt comique. Mais tel n'était pas le tempérament du maître d'école qui perdit patience. Il ordonna à Ali de relireu la phraseu. Encoreu et encoreu jusqu'à ce qu'il comprenneu qu'il ne fallait pas prononcer ce « eu » fatiditique. Ce fut Ali qui perdit patience et qui s'écria : « j'en ai mare » ! Le maître alla le chercher au fond de la classe, l'amena sur l'estrade, lui baissa culotte et une pluie de coup s'abattit sur lui. Jamais de ma vie je n'avais vu pareille avalanche de violence accompagnée d'un flot d'insultes auxquelles je ne comprenais rien. Je ne savais pas ce qu'était un « bougnoule », un « métèque », un « bicot »… Comme j'étais assis dans les premiers rangs j'eus droit au spectacle intégral. La violence déchaînée — je m'en souviens comme si c'était hier — m'avait coupé le souffle. En mon fort intérieur je me disais : jamais cela ne m'arrivera. Et toujours je prononcerai correctement les mots et jamais je ne dirai que j'en ai mare. Mais plus jamais non plus, je ne répondrai à aucune question que me poserai cet homme si jamais il m'interroge. A cet homme, je ne parlerai plus jamais.
Et cela ne tarda pas : le jour même, dans l'après-midi, il me fut demandé de réciter la leçon d'histoire. Un résumé qu'il fallait apprendre par cœur. Il fallait se lever et déclamer le texte. Non seulement je ne me levais pas, mais restais silencieux. Il m'appela une seconde fois. Je ne bougeai pas, tétanisé et cependant résolu de ne rien dire. Allais-je déguster à mon tour ? Quelque chose de féroce en moi bloquait mes jambes. Non, je ne me lèverai pas. La langue restait collée. Je regardais le géant dans les yeux, un puissant jet de pensée se projeta hors de mon cerveau qui se résumait en un seul mot : « non ». La confrontation avec l'autorité dura quelques secondes qui me parurent une éternité. Le « non » en moi était absolu. Il décrocha son emprise et interpella un autre élève. Il ne m'interrogea plus jamais.
Je n'avais pas accepté la violence et je rétorquais par la mienne, faite de silence et de refus d'obtempérer. Etait-ce cela, le monde du « dehors » dont mes parents voulaient me protéger ? Avais-je assisté à un débordement raciste ? Je ne connaissais pas ce mot et ce n'est que des années plus tard que je pris conscience de l'horrible vérité : aucun enfant de la classe n'avait jamais été malmené, si ce n'est Ali. Il concentrait sur lui la brutalité d'un irascible qui lui avait imposé, devant témoins, d'immondes sévices.
— A moi, jamais pareille chose n'arrivera, me répétais-je. Je saurai rejeter, dire « non ». Et ce non est resté comme une promesse faite à mon camarade de classe qui m'a vacciné à jamais contre toute incursion raciste dans ma pensée.
Racisme ? Je ne savais pas ce que c'était. J'en avais entendu parler mais je n'ai jamais compris ce que cela pouvait être. N'éprouvant pas ce sentiment, il m'est toujours resté inaccessible. Car c'est bien d'un sentiment qu'il s'agit, d'une perception conditionnée, imitée, enseignée. Une pathologie ? Je ne l'éprouve pas. Peut-être grâce à l'extrême tolérance de mes parents adoptifs luthériens ? Ils m'ont éduqué dans l'amour inconditionnel, par delà toute différence. Leur foi solide et exemplaire s'appliquant aux gestes de la vie quotidienne ne laissait aucune brèche par où pouvait s'infiltrer quelque mauvais sentiment nauséeux qui parcourait le monde extérieur. Il existait, comme aujourd'hui, violence, racisme, haine, mais rien de cela ne pénétrait dans la forteresse familiale dont les murailles se consolidaient par des contreforts d'affection, d'attention, de respect. La vie m'a accordé le privilège d'être éduqué dans une famille adoptive dont je ne partageais pas la religion. Mais quelle exemplarité ! Avec quel respect mes parents ont-ils accepté que par ma naissance je n'adhérais pas à leur culte : sans dogmatisme, sans prosélytisme, sans intellectualisme : l'exemple donné valait enseignement. Je n'étais pas victime de ma différence, aussi étais-je à égalité, la différence me donnait au contraire la joie de la rencontre avec ce que je n'étais pas.

Rencontre avec Léopold Sédar Senghor.
Des années plus tard, je me suis risqué à écrire mon premier recueil de poésie. Je recherchais l'avis… d'un Maître — serais-je resté un éternel élève ? A qui pouvais-je soumettre mes écrits qui me donnerait une critique compétente ? A quel poète pouvais-je présenter mon manuscrit et lui demander conseil ? C'est alors que je découvris l'œuvre exceptionnelle de Léopold Sédar Senghor. La grande voix africaine du Verbe. L'ampleur de son chant — Élégies majeures — me transporta. Son premier poème In memoriam  s'ouvre sur ces lignes : « C'est Dimanche. J'ai peur de la foule de mes semblables aux visages de pierre… » Poète seul, loin de chez lui, en exil en France, que les souvenirs ramènent au pays natal… Suit l'ouragan : « embrase mes lèvres de sang, Esprit, souffle sur les cordes de ma Kôra… » et sa lettre à Aimé Césaire : « au Frère aimé et à l'ami, mon salut abrupt et fraternel… » C'est à lui que je devais envoyer mon premier recueil intitulé « Oasis », à Léopold S. Senghor, parce qu'il croit aux signes : « Les goélands noirs, les piroguiers au long cours m'ont fait goûter de tes nouvelles… Ils m'ont dit ton crédit, l'éminence de ton front et la fleur de tes lèvres subtiles… »
J'expédiais mon courrier à l'ambassade du Sénégal avec prière de faire suivre. Quelques jours plus tard, une lettre. Le Poète m'invitait à le rencontrer à Paris, chez lui, dans son appartement Square Tocqueville. Je pensais à ces lignes du Poète : « Ils m'ont dépêché un courrier rapide, le Prince a répondu… »
Je n'en revenais pas. J'étais (je le suis toujours) un poète inconnu, et voici que m'invitait le chantre de la Négritude, l'auteur des Chants d'Ombre, d' Ethiopiques et non moins président du Sénégal, héros de l'indépendance de son pays… Le Poète sur les lèvres de qui le mot « Nègre » n'est pas une insulte mais une lettre de noblesse…
Comme j'étais en avance, un secrétaire fort élégant m'introduisit dans un petit bureau où trois magnifiques masques aux regards pénétrant m'ont surveillé pendant de longues minutes. J'avais l'impression que leurs yeux étaient vivants et qu'ils me sondaient. Transmettaient-ils leur avis au Poète qui, de l'autre côté du mur, dans une pièce adjacente, recevait leur compte-rendu ? 
« Masques ! O Masques !… Masques au quatre point d'où souffle l'Esprit. Je vous salue dans le silence ! »
Je le remerciai de m'accueillir, lui présentai mes excuses, bien conscient qu'il avait certainement quantité d'affaires plus urgentes à régler que recevoir un inconnu à prétentions poétiques. Il me pria de me rasseoir, m'appela « mon jeune ami ». Me dit :
— La poésie a ses priorités. C'est pourquoi vous êtes là. Alors votre recueil…
Je tremblais à la critique qui allait tomber. Mais son regard chaleureux indiquait que la bienveillance avait guidé sa lecture :
— Je vous suggère d'en compléter le titre et d'ajouter le mot « vivantes ». Oasis Vivantes, au pluriel, cela irait bien. Car vos textes sont des oasis. Et les oasis sont vivantes, n'est-ce pas ?
La poésie, l'esprit, la beauté, l'amitié qu'il m'accorda d'emblée… Voilà les images que je garde de la rencontre exceptionnelle, affection pure qui se prolongea pendant des années, jusqu'à sa disparition. Je lui envoyais mes écrits, poèmes, nouvelles et toujours la réponse bienveillante propice au progrès.

Un jour, au retour d'un séjour en Afrique,
Soudan, 1982/1983, avec quelques amis, nous avons fondé l'Association France et Pays en Voie de Développement. Une minuscule ONG qui sillonnait les écoles et collèges d'Alsace où nous projetions des films que nous prêtait l'Unicef. Nous organisions des rencontres et des débats avec les jeunes sur le Dialogue Nord-Sud. Léopold S. Senghor accepta d'en être le Président d'Honneur, ce qui nous ouvrit des portes au plus haut niveau. Le Ministère de la Coopération désira connaître nos activités : l'Etat s'intéressait de près aux ONG, même les plus petites, dont le travail échappait à son contrôle… Dans la foulée, mystères du pouvoir, je fus reçu par Eric Orsenna, alors conseiller du Prince à l'Elysée.
Je croyais alors à la troisième voix dont François Mitterrand, nouvellement élu, avait parlé au sommet de Cancun, au Mexique. Il avait suscité l'enthousiasme d'une génération qui désirait ardemment changer les choses en agissant avec des critères différents. L.S. Senghor préconisait une voix poétique en réponse à la domination économique et je pensais que F. Mitterrand s'engageait sur ce chemin du progrès humain non inféodé au mercantilisme. Quelle ne fut pas ma surprise quand son conseiller me remit très aimablement en place : il n'y avait, selon lui, qu'une seule voie de développement possible, celle de l'Occident, « la nôtre » précisa-t-il avec une tranquille assurance, ajoutant un insupportable « vous le savez bien », comme si, de bien entendu, je partageais cette ineptie.
Comment cela ! D'un revers de main, on balayerait notre idéal, trahissant l'esprit de notre engagement ? Moi qui croyais à la Civilisation de l'Universel, chère à Senghor, me faire remballer par ce misérable : « une seule voie possible, celle de l'Occident. La nôtre. » ? La pensée unique qui venait de s'exprimer. En guise de développement et de civilisation, il n'y en aurait qu'une seule, celle du « faire », du productivisme, du mercantile ? La troisième voie qui nous avait enthousiasmée ne serait donc que comédie et mise en scène ? Qu'allais-je répondre à ce cynisme ? Jamais de la vie, me suis-je dit, jamais je ne souscrirai à cette prétention d'orgueil qui voudrait que l'Occident soit seul à décider de la marche des affaires du monde. Pour moi, et je n'étais pas seul à croire en cela, il devait exister une autre voie, et c'était forcément celle de l'Esprit, comme le suggérait  Vaclav Havel. Certes, la forme poétique était trop faible pour la soutenir jusqu'au bout, aussi fallait-il dépasser le lyrisme et le symbolisme, trouver la 3è voie efficiente… c'est ici que commence une autre histoire, ma rencontre avec Dominique Aubier, avec Don Quichotte et donc la voie post-poétique…

J'en reviens à l'affaire du racisme.
Comment peut-on être raciste ? Je n'arrive pas à détester quelqu'un… La haine m'est inconnue. Est-ce un manque ? Je ne hais pas l'ennemi. Je m'en méfie. La haine ne fait qu'obscurcir l'entendement et amoindrit les ressources intellectuelles. Elle capte l'énergie au profit de cette passion. Le racisme est une forme qu'emprunte la haine de l'autre — peut-être de soi-même ? — qui interdit à la pensée de s'élever. La haine serait-elle une inversion de l'amour ? Une forme  d'amour exilé sous l'emprise de l'inversion ?
Le poète africain, Léopold S. Senghor, je l'ai vraiment aimé. Sa gentillesse, sa classe, son rire. J'ai aimé l'amitié qu'il avait pour moi. Comment le racisme aurait-il pu s'immiscer dans cette relation humaine ? Impossible.

J'ai aussi aimé Suzie.
Que les racistes ferment leur ordinateur et ne lisent pas la suite de ce texte. Une jeune guadeloupéenne qui arriva en Alsace, en plein hiver, à la demande d'une partie de sa famille qui voulait « qu'elle ait un avenir ». Suzie est très timorée, me disait sa belle-sœur avec qui je travaillais. « Elle sait à peine parler. Très timide et renfermée depuis qu'elle est arrivée. Avec un faible niveau scolaire ». On me demanda de lui donner des cours. Et voilà ce qui arrive quand on n'est pas raciste ; car ce qui devait arriver arriva.
La belle antillaise n'était nullement timorée, moins encore timide. Elle était simplement sidérée par le froid de l'hiver qui, me disait-elle, lui congèle les os et l'empêche de bouger et même de penser. Quant au niveau scolaire qui paniquait sa famille bien-pensante, je trouvais qu'au contraire elle pensait vite et bien, le rire et le charme en plus. Son orthographe était parfaite ce qui témoigne de la précision d'esprit. Il n'y avait qu'en maths où elle décrochait, mais comment le lui reprocher puisque c'est à la faveur d'une équation insoluble du troisième degré qu'eut lieu de premier baiser.
Le racisme ? Qu'est-ce que c'est ? La médecine a-t-elle réfléchi à cela ? La science l'a longtemps justifié, soutenue par d'exécrables experts — quelques prix Nobel — qui croient en la perfection des « races », lamentables généticiens au service d'idéologie macabres entretenues par des demeurés.
Raciste ? Si je l'avais été j'aurais raté une expérience humaine sublime ! Avoir pour amie cette jeune personne ravissante, pétillante fut une joie. Sortir avec elle, l'embrasser devant tout le monde, dans la rue et éclater de rire ensemble. Voilà quelle était notre « manif » à nous, non pas contre quoi que ce soit, mais pour l'amour. Nous étions in Love. Et puis… haïr quoi en elle ? La femme noire ? L'être humain de couleur ? Sa forme, sa peau ?  Ses yeux ? Sa pensée ? Mais c'est exactement tout ce que j'appréciais en elle, cette Autre si différente de moi et pourtant plus que semblable par l'universalité de nos caractères humains… 

P.S. Le racisme… Ah oui, cette chose bizarre qui fait que l'on haïsse quelqu'un pour une différence ? Pour ce qu'il n'est pas… comme nous ? Couleur de peau, couleur de pensée, aussi. Et ce racisme-là aussi, il existe. La haine de la pensée quand elle ne se soumet pas à l'autorité de la pensée unique. La haine de la pensée de l'Autre quand elle affirme des valeurs qui dérangent : quand je prononce le mot « Esprit », par exemple, d'étranges ressentiments électrisent certains regards… et l'on est surpris de l'insurrection qui déborde quand on a l'impertinence de parler de l'existence d'un Absolu. Cela aussi, c'est une haine, plus insidieuse, et non moins assassine.
S'engager pour l'Esprit, c'est un défi. Par ce mot, on réunit également autour de soi des gens fantastiques, qui vous aident et vous aiment. Je le constate chaque jour. Alors pourquoi pas parler d'amour car il est premier ? Ce mot doit  être prononcé et vécu. Et manifesté.

jeudi 4 juin 2020

La Voix de la Torah. Les Temps messianiques sont là.

La Voix de la Torah.
Les Temps messianiques sont là.
Hommage au rabbin Elie Munk 
par Dominique Blumenstihl-Roth

Parmi la multitude de livres paraissant chaque année consacrés aux études bibliques, quantités sont des redites qui souvent répètent moins bien ce que les prédécesseurs ont si bien exploré. Souvent, ce sont paraphrases qui se croient commentaires, commentaires qui se croient explications, métaphores qui se surimposent sur d'autres métaphores, si bien que le furet, comme dans la chanson, court toujours et qu'il ne se laisse point saisir par les approximations à la mode.

Il existe cependant quelques ouvrages qui marquent leur temps. Parmi eux, efficaces et affermis, récapitulatifs de l'enseignement traditionnel, les livres du rabbin Elie Munk.
Cette œuvre de fond permet en effet au Lecteur, d'un seul regard, de prendre connaissance des principaux commentaires exprimés par les grands Talmudistes et érudits du judaïsme qui se sont interrogés sur le sens des versets, à quoi l'auteur ajoute le fruit de ses propres réflexions, souvent lumineuses et inspirées.
Publié à partir de 1969 par la Fondation Samuel et Odette Lévy, La Voix de la Thora, en cinq volumes, présente le texte original hébreu du Pentateuque au côté de la traduction en français, suivie du commentaire, ligne par ligne, des versets. J'en ai lu les deux premiers volumes consacré à Genèse et Exode. Certes nous prenons acte qu'il ne développe pas de voies nouvelles ni ne découvre de méthode inédite de décryptage, qu'il ne met pas en relation Genèse avec les découvertes scientifiques — c'est là le propos que développera un autre auteur dans l'Ordre cosmique — mais la performance d'Elie Munk est exemplaire, ses efforts s'adossant aux recherches des auteurs classiques, tels Maïmonide, Cordovéro, le Maharal de Prague.
Une méticuleuse investigation qui n'hésite pas à recourir à des penseurs plus récents, comme H. Hirsch, et par delà la pensée dite rationnelle, aux « sources des éléments naturels et supranaturels qui forment le trésor de notre existence. »

L'approche de M. Munk ne se prive pas des recours métaphysiques. Qui dès lors s'étonnera de le voir citer le Zohar, la somme de la kabbale hébraïque ? L'auteur évite — et combien nous approuvons ce choix — les spéculations philosophiques et les constructions artificielles qui ont envoyé dans le mur tant de jeunes esprits. L'Auteur, au contraire, se concentre sur une élégante conception selon laquelle la pensée transcendante universelle préside aux destinées humaines. Pour lui, si la parole divine se partage en multiples étincelles, il est possible, pour l'homme d'en recueillir des fragments. Et quelles étincelles ! Purs jaillissements de gerbes lumineuses lacérant l'obscurité, non plus noir-lumière, mais lumière sur lumière, car le moindre éclat de cette braise incendie l'esprit du Lecteur.
J'en ai apprécié la rigueur intellectuelle, la probité méticuleuse d'une pensée extrêmement centrée sur la logique initiatique traditionnelle qui ne cède jamais aux séductions littéraires.
Le travail d'Elie Munk est-il validé à sa juste mesure ? Il est, à mon sens, l'un des derniers grands talmudistes, qui, avec Raphaël Draï, ait porté l'enseignement de la Tradition à ses sommets, ayant préservé ses cours et ses écrits des accommodements ou complaisances médiatiques. Sa lecture de Genèse permet d'entrer de plain-pied dans le Texte et on complétera ses commentaires par l'étude de Béréchit, telle qu'elle se donne dans La Face cachée du Cerveau qui en actualise le propos au regard du référentiel cérébral. De même l'étude d'Exode réalisée par Elie Munk mérite d'être lue en ayant sur table l'Ordre Cosmique afin de suivre ligne par ligne le processus de la révélation sinaïtique et l'équation de la formule divine Ehié Acher Ehié (je suis qui je serai).   

Ce que j'ai apprécié, chez Elie Munk, c'est son honnêteté intellectuelle, la probité d'une pensée sertie dans l'exigence de la vérité. Et sa grande modestie. Quel voyage s'offre là, quand il développe sa pensée sur les niveaux d'organisation, quand, dans sa démarche, il intègre le Zohar araméen et nous porte jusqu'à la frontière — qu'il ne franchit pas — où commence une autre forme de dévoilement, cette fois résolument post-talmudique, post-kabbalique…
Les études d'Elie Munk m'ont rasséréné. J'y ai reconnu la force d'un maître ayant acquis la pleine connaissance de son art, laissant ouvert le champ d'investigation, tout en indiquant la bonne direction : avec quelle acuité pressent-il les temps nouveaux, sans craindre de prononcer le mot qui en exprime la nature, s'agissant du messianisme dont il reconnaît l'occurrence imminente, confirmée par la fin du quatrième Exil en Edom.

Ce messianisme, Elie Munk l'a pressenti, souhaité. Il rappelle ainsi que le messie fils de David est issue d'une branche à laquelle l'Antagoniste contribue. Le langage allusif de M. Munk est toujours mesuré à l'exacte limite de ce que la Tradition lui permet de dire. Et sans doute en savait-il plus qu'il n'en a dit. De ce silence nait une frustration pour qui désire aller plus loin.
Plus loin dans la Connaissance qui toujours en appelle à sa propre actualisation, ce qui nous propulse hors des sentiers déjà parcourus, ce qui exige un surcroît de lucidité face aux textes toujours soumis à l'investigation.  C'est pourquoi j'attire l'attention sur les heureuses précisions de Dominique Aubier dans son étude sur l'Alphabet hébreu, dans la série Plaidoirie pour une cause gagnée. « Le messianisme est activé en deux temps. Le premier, celui du « messie-fils de Joseph » agit par les symboles, et le second, nommé « messie-fils de David » réalise l'union avec les forces antagonistes, donc Connaissance et sciences ». A ce titre, le nom du héros biblique est sans équivoque, « David avec son nom à deux Dalet, deux portes à double-battant gauche et droite en union des Contraires ». Le messianisme, à n'en pas douter, consiste donc à opérer le dévoilement des secrets. Secrets qui ne peuvent être dévoilés par le religieux, qui ne peuvent être divulgués par la Tradition : le messianisme consiste dès lors à ouvrir les temps nouveaux, afin que les choses enfin puisse se dire et déclamer leur sens. Afin que le Motif d'Absolu apparaisse au grand jour.

La dynamique messianique, selon la prophétie Obadia, se développe en Séfarad (Espagne) et Tzarfat (France). Territoires d'Esaü — participation de la gauche structurelle — où chevauche, infatigable, Don Quichotte prophète d'Israël… agissant au cœur du plus grand danger.
Quant au Messianisme explicatif, davidique, dirons-nous en reprenant la terminologie consacrée, il est nécessairement post-symbolique. Il consiste à délivrer l'identité du Motif d'Absolu, la donner à tous, dès lors qu'elle est connue. C'est exactement ce à quoi nous travaillons, ici-même, dans ce blog… En toute modestie, avec vous et en partage.
Les temps messianiques, nous ne les attendons pas. Nous y sommes engagés.

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Tous les livres de mon Maître.
Tous les films de mon Maître.

Les ouvrages d'Elie Munk ont été récemment réédités par la Fondation Samuel et Odette Lévy. 
 
 
 

vendredi 29 mai 2020

Le Chat du kabbaliste. Par Dominique Blumenstihl-Roth

Le Chat du kabbaliste (1).
par Dominique Blumenstihl-Roth


1. Le chat est-il dans la nature de Bouddha ? C'est une question que le maître bouddhiste pose à son disciple. Bouddha lui-même avait répondu à cette énigme : « oui ». Mais il n'a pas expliqué pourquoi.
Je propose l'explication suivante : en tant qu'être vivant, l'animal participe de l'universalité de la vie. Il est création de l'Absolu et atteint par là un degré de haute élévation dans le ciel de l'être. Reconnaître cette qualité au chat, c'est reconnaître à l'Humain sa propre dignité. L'existence de l'animal est en soi un absolu, une manifestation de la Vie dans sa volonté. Raison pour laquelle il est sanctifié. L'animal est ce que nous avons été, avant de devenir des êtres culturels. Ils sont une part de nous.
Les animaux sont le fruit de l'Evolution. Et l'Evolution, selon le chercheur Michael Denton, a un sens, commandité par une conscience supérieure qui dirige l'univers. Un univers qui, selon Dominique Aubier, n'est que la moitié d'une entité, celle où nous vivons. Notre existence, en effet, se déroule dans un Hémisphère Qui-Fait, tandis qu'en face, invisible et inaccessible, sans matérialité aucune, se trouve un Hémisphère Qui-Sait, distillant ses informations dont nous percevons les émanations. Voir La Face cachée du Cerveau.
Nous sommes irrémédiablement dans un Qui-Fait, face à un Qui-Sait situé « au-delà », « plus loin ». Chacun de nous possède ainsi une « étoile » située dans le Qui-Sait invisible, qui lui est affectée et qui détermine… nos raisons d'être, nos destins. A chacun son ange-étoile, locuteur convoyant les messages venus de cet ailleurs que les scientifiques ne pourront jamais observer pour la simple raison qu'il n'est ni visible ni calculable. Il ne procède pas de la raison linéaire, mais il est possible d'en voir les manifestations dans le réel, dans nos vies, et d'inférer par voie de retour quel fut le mot, le verbe instructeur qui préside à ce qui construit L'Ordre cosmique.
2. Mon Chat, donc, inspiré … par sa « nature bouddhique » est un noble animal à l'indépendance farouche. Rien ne le soumet à l'autorité humaine, mais il n'en est pas moins assujetti à la loi régissant son espèce. Déterminé par sa nature, il est d'un caractère rebelle et possède 244 os. Il est lui-même, tel que la nature l'a voulu. Et si l'Evolution a un sens, j'en déduis que lui aussi, appartenant à une espèce participant de l'Evolution, a un sens. Il a quelque chose à accomplir sur terre. Tout comme moi.
J'ai observé qu'il est un fin chasseur. Très roublard. Je l'ai vu qui, tournant le dos à la proie qu'il a repérée à l'ouïe (« écouter par le dos » est une posture du Tch'an et du Zen), il est allé faire le tour de la maison afin de surprendre sa victime en la prenant par revers. Quelle science est-ce là ? C'est un « traqueur » puissant, à l'écoute du monde. Rien de ce qui l'entoure ne lui échappe, et peut-être même perçoit-il au-delà de ce qui est directement à la portée de ses sens. Serait-il une sorte de « chamane » ? On pensera à Don Juan Matus, le sorcier amérindien qui expliquait à son disciple, l'ethnologue Carlos Castaneda, comment devenir un traqueur dans sa propre vie. Apprendre la patience, l'art de saisir l'instant, connaître la persévérance, mais aussi le « lâcher-prise ». Savoir renoncer. Ecouter les signes du monde. Interpréter les messages de l'Invisible, agir au bon moment : en un mot, être « impeccable ». Tout cela demande des années d'efforts au bout desquelles il n'est pas certain d'accéder à ce degré de la maîtrise. Tandis que Diabolo sait tout cela. Mon chat est impeccable de par sa naissance, par son adhésion totale à la perfection… de chat.
Il n'a nul besoin, comme nous, de conquérir la Connaissance quand tout, déjà, lui fut donnée et qu'il ne l'a jamais perdue. Non que nous en soyons dépourvus, mais cette Connaissance du Vrai nous fut subtilisée par une effroyable erreur commise par l'humanité quand elle s'imagina que la Vie ne procédait que par le « faire ». La tradition a intégré ce moment crucial dans la mémoire humaine afin que nous nous en souvenions. C'est l'erreur d'Eve que les initiés, de toutes les cultures, depuis des générations, tentent de corriger. Cette erreur a tendance à se reproduire chaque fois que se présente le moment de la fermeture/ouverture d'un nouveau cycle. Chaque fois, le côté Hava tente de dominer, prétendant posséder les forces de vie, alors qu'il n'en est rien. Hava ne possède pas de Yod dans son nom, elle n'a pas l'énergie pouvant vitaliser le cycle nouveau. Elle n'est pas la « Mère des Vivants » comme le disent certains auteurs, tout au plus est-elle la mère de ceux qui naissent, à ce moment-là, biologiquement, dans le nouveau cycle dont elle a formalisé le mauvais départ. Mais pour un humain, être Vivant, c'est tout autre chose : c'est être doué de la conscience maximale de ce que l'on est. Et cela, nous en sommes loin. (Lire à ce sujet Hava/EVE : Catalina… p. 184 - 225).
Diabolo sait tout cela, il fut sauvé, lui aussi, quand il monta à bord de l'Arche de Noé. Il fut formé, instruit, par sa mère qui lui a enseigné des choses et dont il a intégré toutes les leçons sans qu'il soit besoin d'expliquer. Ce furent des leçons d'être à être, par démonstration et immersion totale dans le monde, intégrées par « contagion immédiate ».
Le disciple, lui aussi, apprend. Il se frotte aux ailes du papillon du maître, et il reste un peu de poudre d'or sur ses propres ailes quand il lui faudra voler par lui-même. La Connaissance s'enseigne non par accumulation d'érudition et de savoir analytique — qui a pourtant son intérêt — mais par l'exemplarité et la confrontation au Maître. Privilège d'avoir vécu auprès de Dominique Aubier pendant 28 ans… En Espagne, puis en France. Chaque seconde de vie devient alors enseignement, chaque minute est instruction. J'ignore si l'on acquiert jamais la maîtrise ou le doctorat dans ce domaine : il n'y a que la vie elle-même qui puisse décerner ces diplômes et ces grades.
3. Pour comprendre les lois initiatiques, à moins d'une instruction directe par l'Invisible, un apprentissage est nécessaire. Le plus difficile n'étant pas de les apprendre mais les accepter. De les accepter comme étant issues d'un Code qui a la connaissance du vrai par le Vrai. Comprendre les archétypes (que les alchimistes appellent arcanes) n'est pas compliqué. Mais les reconnaître dans la « vraie vie », c'est une autre affaire. Notre esprit occidental, linéaire et rationnel ne croyant qu'au discours allant de la cause à l'effet n'admet rien qui ne soit corroboré par les sciences. Ce fut une de mes difficultés à surmonter, car sans rejeter la valeur de la puissance démonstrative de l'objectivation scientifique, il me fallait admettre que la pensée initiatique procédait d'une logique différente appuyée sur le non-linéaire. D'un point de vue « poétique », j'étais prêt à y croire. Mais engager sa vie sur ce chemin, décider quelle orientation prendre en pariant sur les archétypes et sur le Code, voilà qui n'est pas simple. Tel ami, fort intelligent et instruit me conseille ceci. Tel autre, brillant chercheur, m'indique telle voie. Et si j'interroge les signes, j'observe que la Vie semble avoir une opinion toute différente. Qui a raison ? Le signe me dit de choisir cet « autre chose », de porter l'énergie sur un tout autre projet que celui auquel j'allais me destiner. Il n'empêche qu'il était nécessaire d'écouter, consulter… Mais sans se laisser soumettre par la vénération que l'on voue aisément à l'autorité statufiée. Rester libre, à l'écoute de ce que la Vie propose.
En terme kabbalistique, cela revient à dire qu'il faut consulter le Ma (les choses, les sciences dans leur Qui Fait), écouter le Mi (l'information venant du Qui-Sait), voir les deux, sans rien rejeter, mais distinguer qui l'emporte dans la balance car il n'y a pas égalité au regard de la vérité. Les scientifiques — y compris les sciences humaines — ne touchent qu'une parcelle de la vérité et procèdent par tâtonnements toujours discutés et réversibles. Comment se fier à eux ? Le pouvoir (et nous-mêmes) devrait toujours s'entourer, outre les spécialistes des « choses », d'un comité d'initiés qui regardent ces choses d'un peu plus haut…
4. Mon Chat me demande des nouvelles… à propos du Coronavirus. — Alors, vous vous en sortez ? Ah, lui répondis-je, tu te moques. Tu n'es pas concerné, tu as beau miauler. — Comment, pas concerné ? répond-il. Je pense à tous mes collègues vivant dans des appartements, subissant la présence des humains confinés. C'est l'enfer pour eux. Je leur conseille de s'échapper au plus vite, de renoncer aux croquettes et me rejoindre pour savourer quelques mulots ! Il faut quitter les lieux de l'oppression, c'est pourtant bien connu. Moi, j'ai choisi la liberté. Elle est savoureuse, aucune assurance d'emploi, aucune garantie d'indemnité, mais juste la vie, avec ses risques et ses joies. Pour moi, comme dit ton Maître, « la vie est une perpétuelle aventure. Le Temps nous alimente chaque jour en surprises et nous pose de nouveaux défis ». Je m'adapte à toutes les circonstances sans cesse nouvelles que réservent « les choses de la vie ». Le réel, je le sais, fonctionne selon un plan, un Code, et ce plan, j'en suis partie prenante. Il ne se déroule pas sans moi. J'en suis un élément et une actrice. Et toi, comment abordes-tu la vie, si tu n'as ni cartes ni boussoles pour lire le monde ?
5. Diabolo — je devrais dire Diabola, car c'est une femelle — me semble mystérieusement informée. Elle sait où se trouve la souris cachée dans un buisson à 30 mètres et ne manquera pas de l'apostropher d'un coup de patte fatidique dans quelques instants — et cela sans avoir réuni le « comité consultatif des experts doctorants » qui ont tant à dire mais qui de leur vie n'ont jamais capturé le moindre souriceau. Elle sait les choses, de source certaine. Bien sûr, elle aura entendu les infimes ultra-sons de la proie que l'oreille humaine ne peut percevoir. Et confiante en cette subtile réception d'un signal, elle sait avec une précision de radar où il faut aller. Puissions-nous écouter-entendre avec la même acuité les signes que la vie envoie et surtout, nous fiant à leur pertinence, y ajuster notre comportement, en toute intelligence… politique.
De même ai-je remarqué que Diabola connaît l'archétype du Redoublement. Que cela n'étonne pas : les animaux savent, de tout leur corps et de toute leur intelligence, comment fonctionne la vie parce qu'ils savent qui ils sont. Eh oui, mon chat sait ce qu'est le Kafil. Et je connais plus d'un prétendu pseudo-initié qui, tout en connaissant le mot, en ignore toutes les modalités. Quant à l'élite de notre Nation, on se demande ce qu'elle apprend, tant elle est à l'écart de ces fondamentaux qui régissent le réel. Tous les initiés, de toutes les traditions du monde, connaissent le Redoublement et le pratiquent, bien qu'ils n'en disent rien. Et bien des artistes en ont l'intuition, quand ils sont formés à l'école d'une tradition elle-même puissamment instruite, je pense par exemple aux cinéastes indiens (Mani Ratnam, Leella Bhasali, Karan Johar) dont les films sont toujours construits sur des structures archétypales et systémiques. Mon Maître, Dominique Aubier, a dégagé ces archétypes, les a dévoilés, et rendus à leur motif d'origine corticale. C'est dans ce livre La Face cachée du Cerveau. Un incontournable pour le Lecteur moderne de la Connaissance qui désire dépasser les formes symboliques ne répondant plus aux exigences de notre temps. Comprendre est une nécessité : dire clairement les choses, sans les embrouiller dans l'ennuagement d'images incomprises. C'est la performance que réalise cet ouvrage.
(Il arrive qu'à la lecture de ce livre, des personnes, jusque là investies dans des formes anciennes de la Connaissance de diverses traditions ou obédiences, s'écrient : « mais nous le savions déjà… » Je leur dis : « halte-là. Vous avez reconnu, parce que ce livre vous l'a dit, que certains éléments de votre tradition évoquaient des règles archétypales, mais jamais aucune tradition ne s'explique sur elle-même et ne dévoile son Code. C'est après-coup, à la lecture du livre qui le dévoile, que vous avez saisi : parce que quelqu'un vous l'a dit. D'où l'obligation absolue de citer et toujours mentionner « qui te l'a dit » et ne pas feindre avoir trouver par soi-même l'explication du Code ou en attribuer l'élucidation à qui ne l'a pas réalisée. » C'est une supercherie qui n'échappe pas aux gens bien informés.
Mon Chat cependant, savait sans qu'on lui dise. Parce qu'il est né avec. Et moi, si j'ai compris ce qu'il faisait, c'est justement parce qu'à la lecture de La Face cachée du Cerveau, chapitre 4, volume I, le Redoublement est si clairement détaillé que j'ai pu le reconnaître dans le comportement de Diabola.
6. C'est ainsi qu'un matin, dans le jardin (car elle vit à l'extérieur), je lui ai jeté un petit morceau de viande. Elle me regarde, considère la pitance, la renifle mais n'y touche pas. — Ah l'ingrate, me suis-je dit. La voilà qui méprise la nourriture ! Mais pour qui se prend-elle ? Rien à faire, elle reste indifférente. Que cherche-t-elle à me dire ? Après un moment de réflexion, je refais l'expérience. La viande était-elle avariée, contaminée par quelque bactérie que le chat alerté par l'odorat aurait identifié ? Je lui pose un second morceau de viande à une trentaine de centimètres du premier. Et là, que vois-je ? La diablesse daigne se lever et sans vergogne, sans renifler, avale d'une bouchée ce deuxième morceau. — Mais qu'est-ce que tu fabriques ? Tu prends le deuxième et pas le premier ? Elle me regarde, l'air de dire : — Et maintenant, regarde bien ce que je vais faire. Et sans autre commentaire, elle pointe son museau sur le premier morceau de viande, celui-là même qu'elle avait rejeté, et cette fois, le croque. Je sursaute : — Est-ce possible ? Tu as refusé mon premier cadeau, sachant très bien que tu en recevrais un autre. Et ayant obtenu le second, tu reviens manger le premier ! Mais quelle stratégie est-ce là ? Quelle manipulation !
— Non, répondit le Chat, j'appelle cela de la science. Une science hautement politique qui ne s'enseigne certainement pas dans les hautes écoles qui forment votre élite. En première instance, j'ai considéré la nourriture. J'ai intégré l'information donnée en Bip. C'est bien ainsi que ton Maître appelait la première instance, non ? Comme j'avais faim, au lieu de me précipiter et dévorer le peu que tu me donnais, j'ai patienté. Car le BOP vient immanquablement. C'est une loi du Modèle Absolu. N'est-ce pas ce qu'une certaine tradition appelle le Kafil ? Un archétype. Encore faut-il le voir quand il se manifeste et moi, je le pratique au quotidien. Comment je le sais ? Etant un Chat et rien que cela, nullement encombré par l'égo, je sais que le Modèle Absolu dont je suis une émanation — très modeste, mais tout de même… — fait toujours en sorte que la seconde instance d'un cycle vienne à échéance. Ah ne prends pas cet air étonné ! Le roi David connaissait cela très bien, et il en use avec son ennemi Saül. A deux reprises, il aurait pu le tuer et ne le fait pas… Moi, c'est à la seconde occasion que je suis passée à l'acte, j'ai mangé la seconde partie du cycle et de facto, me suis servie ensuite de la première afin que tout soit pris. J'ai profité de ta distraction, de tes états d'âme, tandis que moi, souveraine dans ma condition de petit animal, j'ai toujours connu la loi du Redoublement. Jamais je ne me précipite sur l'action avant que l'instance ne s'y prête… Quelques fois, me diras-tu, il faut au contraire bondir sur l'énergie quand elle passe… A quoi je réponds : elle passe toujours en deux temps. Mais le plus souvent, tu ne vois pas la première occurrence, car elle est subtile, sans matérialité, c'est juste un signal avant-coureur, comme l'infime couinement d'une porte qui s'ouvre. Science du lieu, science du moment, je suis toujours vigilante, je vois des deux yeux, et je suis toujours prête à bondir. Est-ce cela, être un Chat ? Dans ce cas, ai-je demandé à Diabola, qu'est-ce c'est, « être un Humain » ?
— Ah soupira-t-elle, vous les humains, vous êtes accablés d'un manteau d'ignorance. C'est votre poète Arthur Rimbaud qui le dit. Tandis que moi, je veille, comme une sentinelle sur ma vie, et je n'attends pas de relève.
Cette petite histoire (vraie) m'a fait réfléchir. Je crois que tout dans l'univers, minéral, végétal, animal et humain, tout comporte des étincelles de sainteté comme l'affirme Hayyim Vidal au nom d'Isaac Louria. Mais que notre civilisation rechigne à considérer l'existence d'un Modèle et d'un Code. Dominique Aubier écrit : « La culture est restée aveugle à la vérité de la Création. Dans l'Evolution, pourtant, le phylum de l'animalité conduit à l'émergence de l'être doué de conscience. Le cycle de la prise de conscience civilisatrice devrait aboutir à la mise en évidence de la règle de vie qui assortit le don de la parole. Cette sapience, avons-nous su la capter et la redire, dans notre histoire culturelle, ou l'avons-nous passée pour pertes et profits ? »

La petite Diabola m'a fait la démonstration pratique d'une leçon initiatique : en ce sens, les animaux sont nos maîtres, ils nous enseignent la Création et ses lois. Ils le font avec grâce, en silence, et uniquement par le « faire » de leur existence dont nous n'avons pas compris le « pourquoi ». Peut-être n'est-elle là que pour m'instruire ?
A cet instant, j'entends le trille du merle qui depuis un moment semble surveiller notre entretien. Lui aussi, sauvage, libre, est instruit de tout. Il vient de sauter sur une plus haute branche et reprend son chant.
J'espère qu'un jour il m'apprendra « la langue des oiseaux »…

Pour apprendre la langue des Oiseaux : Tous les livres de Dominique Aubier

mercredi 20 mai 2020

Covid19. Shabbat ! Nous ignorons la notion d'Arrêt. Texte original de Dominique Aubier.

Nous ignorons la notion d'Arrêt. Texte original de Dominique Aubier.

Shabbat ! Un texte inédit, de Dominique Aubier.

Le temps libère les instructions qui lui sont confiées et l'humanité les reçoit, ayant le devoir de leur accorder la contrepartie de l'objectivation. De quelle manière ? Selon quelle méthode et avec quels critères ?
L'épisode du Coronavirus est à ce titre symptomatique. Voilà un événement objectivement observable. Mais que nous ne savons pas lire. Quant à la science, désemparée devant l'épidémie, elle s'aperçoit, ébahie, qu'elle ne sait rien de ce virus, et fort peu de choses des virus en général.

Voici un texte de Dominique Aubier. Prémonitoire !
Nous ignorons la notion d'Arrêt.

Dans notre cycle civilisateur, en crise, le mal est lié à une mauvaise gestion de l'énergie évolutive, ingérence due au fait que la loi cyclique n'est pas connue. Nous ne savons pas ce qu'est le Verboten. L'Interdit. C'est le résultat d'une persévérance indue. L'énergie n'a pas été déplacée au moment où elle exigeait de changer de camp. Elle est restée dans le « qui Fait » sans opérer la translation requise, sans revenir sur la branche droitière. Le passage retour, de Tzadé final en Tzadé puis montée en Qof ne s'est pas fait. Du coup, l'activation agit sur une somme de réalisations qui perpétuent leur prédominance, sans permettre à l'autre face de vivre son moment d'efficacité. De là, l'intérêt de bien connaître la gare de triage qu'est la structure évolutive. C'est cela le Bien. Les Kabbalistes et les initiés de toute tradition l'ont proclamé avec force, dans un langage qui certes n'est pas toujours facile à suivre. Leur façon de dire demande à être actualisée. Mais si l'on connaît leur lexique, la notion est claire. Le Bien, c'est de s'ajuster aux commandements qui ressortent du Motif unique, du Modèle Absolu, du système de vérité. Le Bien, c'est de faire YHVH, l'immanence qui surplombe la vérité et ses normes.

« Faire YHVH » est une formulation officielle chez les Kabbalistes, elle n'a rien de mystérieux si l'on connaît la symbolique des lettres et donc le sens des quatre lettres qui composent cette équation sacrée. Les Kabbalistes ne s'expliquent pas clairement au sujet de la connaissance qu'ils en détiennent mais ils libèrent volontiers les conclusions qu'ils en tirent. Manahem Recaneti, au XIVè siècle, en Italie, écrit : Les commandements de la Torah sont divisés en de nombreuses voies qui toutes dépendent de la puissance de l'Un qui est la Cause des causes, bénie soit-elle. Chaque commandement sans exception possède un grand principe — que j'appelle archétype ou présence ou unité de signification — et un sens caché. Ce sens caché ne peut être compris qu'à partir d'une méthode fondée sur ce qu'il appelle la Cause des causes qui en révèle sens… La méthode que recommande cet initié est exactement celle que j'utilise : la lecture des signes, le regard sur le réel, l'inspection des Lettres.
S'agissant d'éclairer la situation actuelle du monde, nous avons eu recours à la comparaison avec ce que présente exemplairement le phylum de l'Animalité dans des conditions évolutives parallèles. C'est le regard sur le réel en ce qu'il a la puissance d'enseigner. Cette méthode nous a placés devant l'énigme du chemin à prendre alors qu'il s'imposait de réaliser, en mode culturel, l'équivalence statutaire du miracle.

L'Union des Contraires n'a pas été réalisée. La Science rejette la Connaissance. De ce fait, le mystère de l'Un n'a pas été saisi. Les conséquences sont inéluctables. La pensée commune, celle de la culture au pouvoir, ne dispose pas de la double vue sur le monde, ni de la boussole qui permettrait aux décisionnaires d'impulser la vie dans la bonne direction et d'aller de l'avant à coup sûr. Sans la référence de fond qui fournit la maîtrise de l'unité, normes comprises, il est impossible de déterminer les préceptes convenant à la situation. Sans ces indicatifs, nous ne sommes pas instrumentés pour déterminer la route à suivre.
L'énergie qui transfère l'information ne transporte que ce qu'elle s'est appris. Et ce qu'elle a enregistré. Elle s'est privée de l'enseignement initiatique. Ce n'est même pas un échec. C'est une absence. Le diagnostic n'existe pas. Ce qui est véhiculé par la mémoire collective n'est qu'un fatras de références à des faits vécus mais non compris. Ils font exemple parce qu'ils ont existé. C'est une jurisprudence épaisse. La référence qui l'utilise est incapable de susciter le moindre renouvellement. Ce qui est pris en modèle implique et impose éternellement la redite en même temps que son inflation. Pendant ce temps, le flux cosmique épanche d'autres directives. Elles ne sont pas métabolisées. Elles ne sont pas rattachées, non plus, à ce qu'auraient dû être les antériorités. Antériorités qui, n'ayant pas été vécues dans la plénitude de leur sens, fournissent à l'esprit collectif et à la culture qui l'anime une alimentation aussi peu convenable que les farines animales fabriquées industriellement pour la nourriture du bétail. Du point de vue culturel, le cycle ne se renouvelle pas et réitère en l'augmentant l'inconduite dont il est déjà le mauvais résultat.

L'ignorance où nous sommes restés de la nature du Motif Unique a accru l'obscurcissement des consciences qui se goinfrent de détails soi-disant objectifs. Ils sont matériellement vrais mais sans vitalité, arrêtés dans une demie-mort. Blocage inepte et d'autant plus nocif qu'il s'est produit en lieu et place de l'émergence prévue : celle des normes et des lois du Motif Absolu, étayées sur le savoir scientifique. Cette opération obligée ne s'est pas réalisée. Son ratage s'est inséré dans la mémoire collective. Non comme un regrettable méfait. Non comme une faute à réparer ou omission à combler, mais comme un acquis à soutenir, glorieux, puisqu'il est là. En cela réside la scélératesse du ratage. La contrepartie positive des émanations cosmiques a été néantisée.

On soutient ce qui menace de crouler. La génialité de l'action consiste à doper ce qui tremble. On reste aveugle à ce qui manifeste l'inadaptation au renouvellement du Temps. On n'a pas la moindre imagination pour concevoir ce qui appelle à être. Le Pilote, comme le dit le Kabbaliste Réuben Tzarfati, n'est pas content. Et quand ce conducteur n'est pas content, il transforme les Défenseurs en Accusateurs : la terre tremble sous un esclave qui devient roi (Proverbes 30, 21). La phase de pilotage qui n'a pas été respectée est celle que la doctrine proclame comme la plus importante : l'Union des Contraires. Faute d'avoir été vécue comme l'entend le principe d'Unité, la fusion n'a pas eu lieu. Le mariage n'a pas été consommé. Le moment historique qui devait effectuer le prodige de cette élévation intellectuelle a tué lui-même les ferments de son avenir.
 
Certes, le temps continue de distiller ses desiderata. Mais ils ne sont pas perçus dans le timbre où ils seraient accueillis si l'Union des Contraires avait motivé l'émergence du Modèle Absolu et l'intelligibilité de sa règle. Faute de connaître cette entité, notre culture n'a pas eu vent des normes qui fondent le système de vérité. Elle s'en est elle-même privée, par le rejet que lui a notifié ce qui lui sert d'élite. Dès lors, notre culture ne dispose pas des arguments que le Temps, dans son incorruptible arrivée à l'heure, décharge au jour le jour sur les populations du globe. Elles ressentent le fardeau sans pouvoir l'endosser. Les impulsions du rythme cosmique se transforment en secousses inexplicables. L'énergie qui les véhicule se perd. Elle pourrait, elle devrait s'écouler dans l'âme des plus doués. Faute d'y rencontrer la préparation culturelle requise, les richesses qu'elle transporte ne se catalysent pas correctement, quand elles ne se fourvoient du tout au tout, devenant leur contraire. Et l'on voit à la place de la paix et du bonheur désirés, les caïds de la violence polariser la volonté collective à l'envers de ses désirs… Quant aux politiques, fussent-ils honnêtement engagés, ils conduisent la destinée du pays — dont ils ignorent la vocation — sans disposer d'aucune carte qui leur permettrait de lire le sens des événements.  Tout tient au fait que le moule conducteur de vie n'est pas en place. Son absence fait que le vécu se fond et refond sans fin dans les erreurs déjà perpétrées. Le motif se répète, se recreuse, s'érode aussi et au bout d'une certaine série de retombées du même dans le même se délite et il n'y a plus rien qui fasse marquage. Tous les repères sont perdus et c'est la plainte souvent entendue : on n'a plus de repères. Mais d'où viennent-ils, ces repères ? On n'a plus de références et on ne risque pas de s'en pourvoir, n'ayant pas pris note des directives que distille le Temps…

On ne peut pas crever le mur de la résistance politique et médiatique.
Y remédier ? Il est impossible d'offrir en un quart d'heure une pensée qui aurait pu imprégner les esprits si elle avait elle le temps de se faire comprendre et admettre. Dans ces conditions, renoncer à la promouvoir serait sagesse. Que la presse, la politique, l'ordinaire de la culture ennuyée continuent donc de sécréter de la mort, puisqu'elles ne laissent pas percer les ferments de la vie. S'y résigner serait réaliste. Sagesse de bon sens, mais incompétence et abandon inconsidéré au plan où le Sacré serait également acteur dans cette misère. A condition qu'il y soit et sous la forme adaptée qui le rendrait virulent. Et pourtant, mes ouvrages existent, qui jalonnent une ligne de réflexion réparatrice. Mon œuvre est un Tikoun, au sens lourianique du terme. Elle s'est formée à l'instigation du vouloir qui anime le Temps. Je ne puis nier ce qui a été le propre de ma vie. C'est pourquoi je me comporte comme si ce qui m'a été confié avait en soi la force et la puissance de s'imposer. Je m'oblige à me prendre au sérieux. En m'appuyant sur le cercle des personnes qui ont donné à mes travaux l'extension de leurs esprits et la surface de réalité qui constitue leur participation. Il y a là un socle. Son diamètre n'en fait pas une réalité psychosociale respectable pour ceux qui avancent comme les crabes. Mais nous ne sommes pas seuls à gérer l'entreprise. Le pilote de ligne, c'est toujours le Temps. C'est lui qui commande. Veut-il l'atterrissage en catastrophe du cycle civilisateur ? Ou préfère-t-il que le feu consume ce qui ne va pas ? La vie peut encore être orientée dans la voie de la réussite, infléchie dans le sens du salut.


Je sais ce qui est à faire pour qu'elle se ranime…
Je suis ainsi faite que je crois à l'impossible. Le pouvoir de changer la mise évolutive semble douteux, à voir les peuples s'ensevelir dans le rêve occidental de confort matériel et de luxe pratique. L'assoupissement dans la quiétude ne va aucunement dans le sens de la restauration efficace et réelle qui dépend des directives culturelles. Celles qui permettraient le miracle sont écartées par le système qui organise la gabegie psychosociale où s'endort l'humanité. Mais par delà le flottement et la vacuité de la conscience mondiale, il y a encore et toujours le vouloir obstiné du Temps et celui de la vocation planétaire. Ces forces peuvent forcer la vie à décoller. A condition que quelqu'un parie sur elles. Je m'ordonne d'avoir cette audace. Je demande à mes Lectrices et Lecteurs s'il sont prêts à rallier cette témérité.
J'entends d'ici leur question : « nous voulons tous sauver la planète. Mais comment faire ? » Il n'y a qu'une réponse possible : interroger le Modèle Absolu. Il n'y a que lui qui puisse donner le schéma de la conduite à tenir…
Cet extrait est tiré d'un manuscrit de Dominique Aubier.
Il est en cours de préparation pour l'édition.


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