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vendredi 31 juillet 2026

Don Quichotte et les sentiers secrets de la Kabbale

Don Quichotte et les sentiers secrets de la Kabbale 
Par Dominique Blumenstihl-Roth©

(Ce texte sera prochainement édité dans un ouvrage de la série Nouvelles exégèses de Don Quichotte, volume III.)


Cette étude est dédiée à la mémoire de Dominique Aubier (1922-2014). Par son travail de recherche et son décryptage rigoureux, elle a levé le voile sur le codage hébreu et araméen caché au cœur de Don Quichotte. En délivrant le chef-d'œuvre de Cervantes du simple registre romanesque, elle a démontré, par ses études sémiologiques et épistémologiques du texte original, la dimension authentiquement messianique du « Chevalier à la triste figure ».


Pour l'histoire littéraire classique, Don Quichotte est le premier grand roman moderne, une parodie des récits de chevalerie. Mais si on accepte de regarder derrière le miroir, éclairé par les démonstrations de Dominique Aubier, l'épopée prend une tout autre dimension. Elle devient une Megilat Setarim — un rouleau de vérités cachées. Les aventures de Don Quichotte épousent en effet les thèmes de la Torah, les concepts séphirotiques de la Kabbale : l'ombre du Séfer HaZohar traverse le grand livre de Cervantès qui a mis en scène la tension entre la règle de la Tradition et la nécessaire avancée de la révélation vers une explication universalisante.



1. Entre Halakha et Agada
Le judaïsme repose sur un équilibre entre deux concepts : la Halakha (la loi, la règle stricte qui fixe le cadre) et l'Agada (le récit, la légende, la métaphore). La première est le contenant nécessaire ; la seconde apporte le souffle narratif et la poésie.
L’aventure de Don Quichotte est une mise en scène vivante de ce duo : en effet, le Caballero refuse la platitude de la réalité matérielle (Pchat). Nourri de ses lectures, — le Zohar, le Sefer Yetsirah, dont il dissimule les titres sous un subtil codage (1) —, il réenchante le monde par la puissance de sa vision. Les moulins deviennent des géants et les auberges des châteaux. Le réel est transvalorisé. Est-ce une folie ? Il exprime le refus de voir le monde vidé de son sens. Il réalise ce que la Tradition appelle une Agada. Cependant sa « folie » respecte un ordre. Don Quichotte obéit aux lois de la chevalerie. Il jeûne, veille ses armes, suit les procédures avec rigueur. Transposé en termes kabbalistiques, il s’inscrit dans une Halakha… impeccable.
L'œuvre de Cervantes nous montre qu'une règle sans imaginaire (une Halakha sans Agada) est un ritualisme mécanique et froid, un corps sans âme. À l'inverse, un imaginaire sans règle (une Agada sans Halakha) dérive vers une illusion stérile. Le secret de Don Quichotte est de lier les deux : discipliner sa vie par une règle pour donner corps à un idéal.

2. Dulcinée ou l'Idéal de la Devekout
Au cœur du roman se trouve une figure invisible mais omniprésente : Dulcinée. Elle est pur concept. « Cette dame n’est pas de ce monde … »(2) Elle a pour figure incarnée Aldonza Lorenzo, une jeune paysanne du village Toboso. Don Quichotte voit en elle l’image de la Grâce, l’accompagnant en tout lieu. « Je suis né pour appartenir à Dulcinée du Toboso »(3).  Dominique Aubier a démontré qu'elle est en réalité la figure allégorique de la Chékinah. Elle est native du Tob / Sod : en hébreu, le bon secret. Le lien qui les unit s’appelle, dans la mystique juive, la Devekout : c’est-à-dire la communion ou l'attachement indéfectible de l'âme à la divinité. Don Quichotte réalise, par ce contrat (réciproque) qu’il passe avec elle, l’acte de Mosser Nafcho — le don total de son âme — avec une entité qu'il n'a jamais vue et ne peut voir, mais qui valide chacun de ses pas. Par cet amour, il s'aligne avec Émet (la Vérité en hébreu). D’où son nom « Quichot » qu’il se choisit et qui signifie vérité en araméen. Cela aussi est une découverte de Dominique Aubier, que de nombreux auteurs reprennent… sans en citer la source.
Cette relation d’alliance rappelle l'Alliance biblique (Brit). Elle est interactive : tout comme le divin a besoin de l'Homme pour faire résider sa présence (Chékinah) sur Terre, Dulcinée a besoin des exploits de son chevalier pour exister dans l'histoire. Histoire qu’elle ne lira jamais, mais qu’elle connaît, puisqu’elle en est l’inspiratrice. Le Lecteur, quant à lui, est invité à sortir de sa torpeur de « desocupado » et à devenir un « Don Quichotte potentiel », éveillé à cette connexion supérieure. Le nom même de Dulcinea del Toboso, codé par des structures de lettres et de chiffres, renvoie à l'année de publication de la seconde partie du livre (1615), rappelant que la clé d'un texte se cache toujours sous le revêtement des mots et des lettres. Lire à ce sujet : « Dulzinea », volume II des « Nouvelles exégèses de Don Quichotte ».

3. La Métamorphose de Sancho Panza
Au départ, Sancho Panza est tout le contraire de son maître. Il incarne l'ancrage matériel, le bon sens paysan attaché au monde de l’action simple (Olam Ha-Assiya). Pourtant, au fil des pages, il passe du rôle de disciple (Talmid) à celui de sage (Talmid Hakham). Sancho se quichottise. La pensée de Don Quichotte infuse son esprit si bien qu’au volume II des Aventures, il est en mesure d’endosser des responsabilités, et non des moindres. Pour délivrer Dulcinée d'un sortilège, (libérer la Chékinah de son exil !) il accepte de s'infliger 3300 coups de fouet (5). Ce sacrifice (il tergiverse quelque peu !) est une image de la Techouva (le retour vers soi) et du Tikoun (la réparation). L'effort physique et le renoncement de Sancho deviennent la clé de la délivrance collective (sans qu'il soit demandé au lecteur de se flageller de dos avec des pointes de fer comme les pénitents sous époque inquisitoriale !)
Plus tard, bénéficiant d’une promotion sociale considérable, le brave écuyer illettré se voit nommé gouverneur de l'île de Barataria (6). Sancho étonne le monde par la justesse de ses verdicts dignes du roi Salomon. Il n'est plus le valet ignorant ; il applique les leçons de justice selon la doctrine de son maître. Il a reçu une sorte d'ordination (Semiha) implicite et rejoint le rang des anciens (Zekenim), capables de juger en alliant la rigueur à l'intelligence du cœur.

4. Le secret du Hidouch
Dans la tradition de l'étude, répéter le passé ne suffit pas. Il faut faire jaillir le Hidouch — l'innovation, le renouvellement du sens. Le Hidouch cependant n'est pas une invention sortie de nulle part ; c'est une vérité qui était déjà en germe dans le texte d'origine, qui attendait le bon chercheur pour être révélée. Comment être un bon chercheur, comment être un trouveur ?
Le Talmud, immense commentaire de la Torah, a souvent opposé deux types d’esprits. D’une part celui que l’on nomme le Sinaï, c’est-à-dire l’érudit à la mémoire encyclopédique, gardien de la transmission (Massora) et d’autre part, celui que l’on désigne par Oker Harim (celui qui déracine les montagnes) dont le génie de la dialectique bouscule les évidences admises pour faire surgir la nouveauté. Don Quichotte dépasse le stade de l' Oker Harim. Il prend les vieux codes poussiéreux de la chevalerie (la Massora), il leur redonne le lustre d’antant, et surtout, il invente une manière neuve de les appliquer dans un monde moderne qui les a oubliés. Il incarne le principe d'une Torah vivante, dont il intègre toute la connaissance de son herméneutique. Elle doit être nouvelle chaque jour pour celui qui la regarde, comme si elle venait d'être donnée au et par le Sinaï. Il est homme de rupture, de nouveauté. Aussi rejette-t-il la dialectique comme méthode d’investigation : il n’est ni philosophe, ni homme de débats, mais homme de certitude, fondée sur une révélation visionnaire venue de plus loin. Le Biscayen du chapitre 8, vol. I s’en souviendra.
Cette audace exige une grande éthique — une grande folie : l'effacement de l’ego, mais non celui de l’intelligence. Car l’intelligence (Séhel) doit toujours être guidée par le cœur (Leb). Ce sont les 32 sentiers de la sagesse du cœur (Leb = 32) qui animent la quête du chevalier : il est un homme en marche, allant de l'avant « andando », et non pas en errance.

5. Le Silence de Dulcinée et l'Épreuve du Tzimtzoum
Aujourd’hui, comment dire, affirmer la prééminence de l’esprit, maintenir l’Alliance, comment assumer la transhumance du sens au travers des vicissitudes de l’histoire : comment ne pas douter de la Chékinah quand elle reste silencieuse ? Est-elle une vue de l’esprit ? Don Quichotte pleure amèrement les absences de Dulcinée (7). Où est-elle, dans ce siècle de fer ? Il endure les humiliations, les chutes, les blessures physiques, l’emprisonnement : tout cela, à nos yeux, valide la vérité de son idéal et de sa quête. Ces épreuves sont la condition paradoxale de la restauration, car jamais il ne fut vaincu ni abandonné. Même jeté à terre, sous menace de mort imminente, il refuse de trahir. Sa fidélité renverse le cours de ce que l’on croyait inévitable et voilà que son ennemi, le chevalier de la Lune, au chapitre 62, vol. II, proclame sa propre allégeance à Dulcinée. C’est là une grande leçon que Don Quichotte nous donne, la délivrance arrivera en son temps (« Le désenchantement de Dulcinée arrivera à sa complète réalisation » vol. II, chap. 62). Mais où, quand, comment ? Et quelles épreuves se dresseront sur la route de cette libération ? En ce sens, l’œuvre de Cervantes résonne avec les questionnements que pose la Shoah.

 Dans la Genèse, au lendemain de la première faute, Dieu interpelle l’humanité: « Ayéka ? » (Où es-tu ?) (Genèse 3-9). Face à l'horreur des camps et au silence du ciel — son oubli ? —, l’Homme a inversé ce miroir. À Auschwitz, c’est l’Homme qui a crié vers le Très-Haut : « Où es-tu ? ». C'est un rappel à l'ordre, une demande de comptes adressée au Dieu censé avoir brisé les chaînes de l'esclavage. Si la pensée kabbalistique enseigne qu’il n’existe aucun lieu vide de Sa présence, comment concevoir Son absence au cœur du gouffre ?
Pour éclairer ce mystère, invoquons la notion lourianique du Tzimtzoum — la contraction ou le retrait divin. Selon cette thèse, pour que le monde et le libre arbitre humain puissent exister, Dieu a dû voiler Sa lumière infinie, créant un vide apparent où le mal humain a pu s’engouffrer. Un concept qui, s'il se trouvait appliqué à l'Histoire, susciterait une vertigineuse et bouleversante compréhension de la Shoah. La tragédie de l'Histoire et le sacrifice de millions de vies ne seraient pas un accident, mais s'inscriraient dans un « protocole » terrible. La Shoah correspondrait au moment de contraction ultime, un point de non-retour historique. Par sa monstruosité même, ce crime de masse — qu'un  Dieu scandaleux aurait permis par son retrait ! — forcerait en quelque sorte le calendrier métaphysique. Soit l'anéantissement du peuple-otage. Soit sa victoire. L’épreuve endurée, dont le peuple est sorti vainqueur au prix de souffrances inouïes, oblige dès lors le Ciel à tenir parole. Il brise définitivement l’Exil pour enclencher le retour définitif, spirituel, physique et politique sur la terre d'héritage (Moracha). Il enclenche le destin messianique par l’acte du Retour. Ouverture d'un nouveau cycle civilisateur de pleine conscience.
Dans cette perspective, l'existence de l'État d'Israël apparaît comme la contrepartie directe, payée au prix du sang, de cette contraction divine. Existence irréversible, elle-même suivie, nécessairement, par la phase messianique du retour de la Chékinah. Celle-ci ne fut jamais absente, mais douloureusement prostrée dans l’attente de la délivrance.

 
Bibliographie

— Cervantes : L’ingénieux Hidalgo Don Quichotte de la Manche, trad. Louis Viardot, éd. Garnier, 1989. Texte espagnol : Don Quijote de la Mancha, Comentarios, Don Diego Clemencin, ediciones Castilla, Madrid 1946.
 — Dominique Aubier, Don Quichotte, prophète d’Israël, éd. Ivréa, dist. Gallimard, 2013. Première édition, Robert Laffont, 1966. Don Quichotte, le prodigieux secours, éd. M.L.L. 1997.
— Dominique Blumenstihl-Roth : Nouvelles exégèses de Don Quichotte, vol. II, DulZinea, éd. M.L.L. 2025. 
— Alexandre Safran, la Cabale, éd. Payot, 1960.
— Gershom Scholem, les origines de la kabbale, éd. Aubier-Montaigne, 1966.
— Georges Vajda, Le commentaire d’Ezra de Gérone sur le cantique des cantiques, éd. Aubier-Montaigne, 1969.
— Torah : édition bilingue, trad. sous la direction du Grand-Rabbin Zadoc Kahn, éd. Colbo, 1967.


Notes 

1 Dominique Aubier, Don Quichotte, prophète d’Israël, éd. Ivréa, dist. Gallimard, 2013. Première édition, Robert Laffont, 1966.

2 Don Quichotte, trad. Louis Viardot, vol. II, chap. 32, éd. Garnier, 1989, p. 775.

3 Idem, vol. II, chap. 70, p. 1053.

4 Dominique Aubier, Don Quichotte, prophète d’Israël, op. cit.

5 Don Quichotte, vol. II, chap. 35, p. 799 et chap. 71, p. 1057.

6 Idem, vol. II, chap. 32, p. 779 ; chap. 33, p. 784-786 ; chap. 45.

7 Idem, vol. I, chap. 26, p. 230.



Internet

Exégèse de Don Quichotte en 5 volumes

Blog sur Don Quichotte

DulZinea


Mentions d'auteur & Licence :
© Dominique Blumenstihl-Roth — Don Quichotte et les sentiers secrets de la Kabbale (2026).
Ce texte est mis à disposition selon les termes de la licence Creative Commons Attribution - Pas d'Utilisation Commerciale - Pas de Modification 4.0 International (CC BY-NC-ND 4.0).
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lundi 5 octobre 2020

De l'efficacité de la prière face aux cataclysmes.

par Dominique Blumenstihl-Roth
 
Les désastres s'abattent sur le monde — sur notre pays. Covid 19, inondations, incendies… les cataclysmes se suivent… Et nous regardons les phénomènes comme des événements séparés les uns des autres, comme des fatalités.
En réalité, il existe un principe d'unité auquel tous ces phénomènes sont corrélés.
Seul un acte de conscience, s'adressant à ce principe d'unité peut agir sur le monde.
Comment faire ? Comment s'adresser à ce « Principe » gouvernant le réel ? Par quelle initiative peut-on infléchir le cours de choses ? Si le réel — la Création — est issue d'un Verbe, n'est-ce pas ce Verbe qu'il convient d'interroger ? Est-il possible d'établir un dialogue avec cette puissance ?

En ces temps calamiteux, j'ai entendu et vu beaucoup de gens qui priaient, espérant une intervention divine qui rétablirait l'ordre des choses et nous sortirait des difficultés… Mais qu'est-ce que la prière ? Est-elle efficace ?
Avec la Covid, nous avons cru en la science, avec son cortège de « sachants », les scientifiques, prêtres des temps modernes. Mais voilà que la science est tenue en échec. Un échec que l'on tente d'amoindrir en nous répétant que la recherche… progresse et qu'on « finira par trouver », tandis que l'objet de la quête se dissimule… Tant d'investigations, tant d'intelligences finissant dans une impasse ? Le seul remède pour l'instant, c'est le port du masque et le bon vieux lavage des mains dont on s'étonne qu'on le redécouvre comme une nouveauté révolutionnaire alors qu'il est préconisé dans la Torah depuis 5000 ans.

Un regard du côté de la Connaissance…
aurait permis une prise de conscience puissante. Nous aurions vu, dans le Corona, un signe. Puisque tout en ce monde est signe : « signes de surface », écrit le soufi andalou Ibn' Arabî, dans son Voyage vers le maître de la Puissance, pour qui le réel est le territoire où s'exprime la pensée divine. Quelle est la pensée dont le Corona serait la manifestation ? Peut-on remonter à l'information ayant suscité la chose ? Elle est lisible dans le nom : si nous vivons dans un monde créé à partir d'un Verbe, alors ce Verbe ne cesse de dire « sois » et aussitôt la chose « est ». Si la chose suscitée se nomme Corona, c'est que de l'autre côté, ce mot a été prononcé. Alors pourquoi sous la forme d'un virus ? La « Couronne » (Kether) de dimension universelle (pandémie) désire être considérée. Mais l'humanité, fascinée par la pensée dite objective, n'en veut pas. La Couronne prend dès lors la forme correspondant au territoire que nous avons favorisé, celui du « faire ». Le virus est un « super-faire » expansif, contagieux, super-productif… à l'image de notre civilisation axée sur les rapports de force et de violence. Le virus nous renvoie à notre conception du monde. Il est une matérialisation de la pensée dominante de notre civilisation.

La Connaissance nous incite à voir dans cette pandémie le signe appelant à un retour vers ce que le kabbaliste appelle la Couronne, la Séfira Kéther depuis laquelle émane tout l'édifice du vivant. Hélas, comment faire entendre le discours initiatique quand tous les médias (et nos consciences) sont saturés par la pensée linéaire ? La science est partout érigée en divinité, alors qu'elle est incapable de fournir la moindre synthèse de son propre savoir.
Nous avons donc assisté à la dispute interne des sciences entre elles, chamailleries sur fond d'égos et de financements : le professeur Raoult, en grand maître contesté, a capté le regard et l'espoir du peuple tandis que d'autres grands prêtres furieux de n'être pas sous les feux des projecteurs se sont livrés à une bataille rangée en invoquant la sainte méthodologie scientifique. Querelle hyponeuriennes, à l'intérieur du « faire » dont chaque parcelle revendique sa suprématie sur le Tout.

Le Président de la République, entouré de son comité d'experts — tous scientifiques et pas un initié — en a été troublé : autant de regards que de spécialistes, aucune synthèse. Autant de points de vues sur la situation qu'il y a de disciplines. Les sciences portent en effet sur le réel un regard… d'insecte, dont l'œil est construit en hexagones multiples juxtaposés et dont chacun détache un détail infime sans que l'unité de la chose observée soit jamais possible. Cruelle analogie avec les sciences… (lire à ce sujet : la Synthèse des Sciences, par Dominique Aubier).
Combien manque un comité d'initiés (et je ne dis pas de philosophes), formés à la Connaissance, ayant le double-regard sur le monde, alliant Connaissance et sciences ! On aurait vu de loin la perspective de la contamination dès l'instant où le virus s'est déclaré au lieu dit Les Contamines. L'avertissement était clair. De même on aurait corrigé le langage : le virus n'est pas « saisonnier » car il ne connaît pas les « quatre saisons » de Vivaldi. Parler de saison, c'est confondre l'effet saisonnier avec la cause ontologique qu'est le cycle. Nos scientos ne se sont pas aperçu qu'ils se laissaient abuser par leur propre langage, d'où la croyance naïve chez de nombreux spécialistes, que le virus serait sensible à la « belle saison » et qu'il prenait, lui aussi, des vacances. Par contre, il connaît l'archétype du Redoublement.

Un milligramme de Connaissance initiatique aurait suffi pour comprendre que la « deuxième vague » correspond à l'archétype Redoublement. Tous les Lecteurs et Lectrices de La Face cachée du Cerveau (F.C.C.) auront compris que le mécanisme de cet archétype est en action dans la dynamique du virus. La deuxième vague est inévitable.
Le soufi de Murcia du XIIIè siècle évoque ce mécanisme au travers de son langage poétique : « le Caché impose son état de dissimulation sur la première manifestation » (c'est le premier signe). « Puis vient l'autorité du Manifeste… » (c'est la seconde instance active en tout cycle vivant). Car tout est soumis à cette dynamique en double-détente où la première instance informe et la seconde réalise durement la chose en ajoutant de nouveaux éléments de fabrication. (Je précise que le langage métaphorique du soufi ne devient intelligible qu'après la mise au point réalisée dans la F.C.C. qui permet le décodage de ce langage qui, autrement, reste hermétique même aux yeux d'un érudit comme Henry Corbin.)

Dans cette pandémie, comme en toute chose de nos vies, il s'agit, comme le disait René Guénon, « de tout voir dans l'unité de la norme. » De quelle norme parlait-il ? Celle du Code dont il a intuitivement pressenti l'existence dès les années 1960, sans pour autant le mettre au clair… (mais depuis lors, c'est chose faite : F.C.C.)
Le sage chinois Tchouang Tsen ne le dit pas autrement : « Vas donc voir ce qu'il en est du réel quand on regarde ses choses à la lumière du Ciel » : c'est précisément cette hauteur de vue — la connaissance de l'unité de la norme — qui manque au politique.

J'aurais conseillé au Président Macron, si tant est qu'on puisse lui suggérer quelque chose, de regarder le film Le facteur sonne toujours deux fois, de Tay Garnett. Il met en scène le mécanisme du Redoublement. On y voit comment une information émise devient acte, entraînant à son tour l'existence d'une situation formant un cycle… le tout dans un processus édifié sur l'archétype bien connu des kabbalistes sous l'appellation Kafil.  Il procède du dire deux fois, que l'on appelle le Davar Chanoui. Ce film tiré du roman de James Caïn, restitue la leçon initiatique du verset biblique « une fois Dieu a parlé, deux fois j'ai entendu » (Psaume 62/12). Le problème avec nos responsables, c'est qu'ils n'entendent pas même la première fois et qu'on ne peut rien leur dire. Pourtant, depuis des millénaires, l'expérience humaine inspirée et enrichie par l'apport considérable des initiés a engrangé cette Connaissance qu'aujourd'hui on méprise.

La « deuxième vague » virale est plus que prévisible, elle est ontologiquement, mécaniquement vouée à être. Donc nous préparer dès maintenant. Elle va se présenter. On peut passer au travers si, en humains ayant vu avec l'œil de voir, nous adoptons l'attitude préventive. Cette action fondée sur la bonne réception de l'information et la connaissance de la Loi de l'archétype, est une prière active et efficace. A défaut de chloroquine miraculeuse, il existe donc l'acte de conscience responsable que produit l'individu.
J'ai écrit ces lignes en août 2020.

Rien n'empêche de prier Dieu et lui demander d'agir… mais franchement, il nous a avertis, informés. Il nous a pourvu de l'instrument initiatique pour traverser.
Il paraît assez « naïf de croire que Dieu subordonne son secours à la demande formulée par les hommes » (Elie Munk), surtout quand ces derniers ont auparavant nié et rejeté tout l'enseignement que la norme divine leur prodiguait. Comment demander secours au capitaine d'un navire que l'on a saboté ?
A quoi bon encore nos supplications d'irresponsables qui ne veulent entendre ?
Comment, la déesse Sanofi n'a pas exaucé les vœux élyséens? Alors vite nous courrons à la messe, à la mosquée, à la synagogue, au temple et implorons la pitié divine, pratiquons la grande prière universelle à laquelle Dieu devrait répondre… tandis que nous nous accordons le privilège de la paresse intellectuelle, le refus de Connaître, le rejet de la Connaissance.
Dieu nous a donné l'instrument, le Code et la Boussole pour nous diriger dans nos vies. La bonne prière serait donc de se servir de ce Code. Pour cela, un retour de l'Humain sur lui-même est nécessaire. Une refonte de nos critères de pensée. Et c'est bien là, le sens du mot « prière ». 

La prière n'est entendue que si elle est émise dans les normes de l'Absolu et non selon celles de nos égos contrariés. Selon le kabbaliste Gikatila, elle est acte de pensée, un élan de volonté. « La requête doit se faire sur les Séphiroth une à une jusqu'à atteindre ce qui domine, c'est-à-dire Ein Sof. L'orant unit les Séphiroth pour les remplir de la bénédiction d'En-Haut. Il atteint la Source du Désir. » Cette conception de la prière en langage imagé s'appuie sur le sens exact du mot en hébreu.

Le mot hébreu désignant la prière se construit sur le verbe « hithpalel », c'est la forme réflexive du verbe « Palol », juger (cf. Elie Munk, La Voix de la Torah, vol 3, p. 126). Nous en déduisons que Hithpalel (prière) signifie : se juger soi-même. Se juger en face de soi, devant une situation.
En français, prière équivaut à « demande » ou même à « supplication ». Elle a trait à un appel à l'aide. Tel n'est pas le sens du mot hébreu et l'on s'en aperçoit dans l'épopée de la reine Esther : tandis qu'elle organise — au moyen d'un Redoublement — la salvation du peuple, elle demande à toute la communauté de se mettre en prière, c'est-à-dire en position de « hithpalel », de retour sur soi réflexif et de jugement individuel et collectif sur elle-même. Esther n'exprime aucune supplication à Dieu, dont le nom YHVH est d'ailleurs absent dans tout le chapitre (Méguilah). Elle pense et agit uniquement selon la norme de l'unité dont elle connaît les règles sur le bout des doigts. J'ai écrit un livre sur le sujet (Esther, la Délivrance d'Israël). C'est par l'application raisonné et résolue du Code des Archétypes, Code de la Vie, qu'Esther réussit son opération hautement politique sauvant les juifs du génocide qu'avait organisé Haman. La commémoration de l'événement perdure depuis 2600 ans sous la forme des fêtes de Pourim dont le but est précisément de rappeler la validité permanente de ces normes.
Cette épopée fût canonisée pour nous instruire de l'efficacité de la norme et du Code des Lois.
Prier, c'est cela : se tourner vers soi, agir en connaissance de cause en fondant l'action sur la Connaissance de la « grille » initiatique qui nous fut donnée… La grille des actions sûres car fondée sur les lois de la Création.
 
 Références :
— Le Code des archétypes du Réel. La grille du Principe d'universalité.
— La Voix de la Torah (Elie Munk)
 

vendredi 26 juin 2020

Plaidoirie pour une cause gagnée. 3 livres de Dominique Aubier.

Trois livres essentiels pour comprendre Israël et sa mission.

Voici 3 livres que j'estime importants pour la cause de l'Esprit. Rédigés pendant les années d'exil de l'Auteure, au plus près des sources de la Torah et du Zohar, ces ouvrages visent à l'élévation de la conscience quand bien même des intérêts créés voudraient la réduire au silence…


Sous ce titre générique, Dominique Aubier a écrit trois ouvrages essentiels donnant à comprendre le rôle du judaïsme dans le monde :

1. Le cas Juif ;
2. L'Urgence du Sabbat ;
3. Le Principe du Langage ou l'Alphabet hébraïque.

— Le Principe du Langage ou l'Alphabet hébraïque définit l'Alphabet hébreu par rapport à la vérité fondamentale du réel et insère les lettres hébraïques dans la systémique du fonctionnement cérébral. L'exploration, lettre après lettre de l'édifice conceptuel de l'Alphabet permet de découvrir l'essence de la parole, d'accéder au Principe du Langage, fondateur d'humanité et de civilisation. 

— L'Urgence du Sabbat présente une explication raisonnée du rituel sabbatique. Une enquête sur son symbolisme immuable permet de tracer le schéma du fonctionnement de l'esprit et d'y reconnaître le plan de guidage de la vie.
 
— Le Cas Juif décrit l'ampleur de la pensée juive, sa force d'adhésion au réel, la vigueur ontologique de son langage. Ce livre met en évidence la spécificité d'Israël encadrée par cinq paramètres, le Verbe, le Peuple, le Pays, la Langue et le Temps. Cinq facteurs qui forment les cinq sépales du calice sur quoi s'épanouissent les pétales de la Rose d'Israël.

Ce triptyque est à mon sens un monument de la pensée.
Les trois volumes sont également disponibles séparément.


Plaidoirie pour une cause gagnée
Un triptyque initiatique de haut niveau





mardi 16 juin 2020

Plaidoyer pour la Civilisation de l’Universel.


L’humanité est arrivée au point crucial où le choix entre la survie et l’extinction tient à la capacité d’assumer la vocation fondamentale de la conscience qui est de comprendre son rôle dans l’univers. Il ne s’agit pas d’inventer une philosophie ni de mettre au point un système qui s’imposerait à tous, mais d’identifier les valeurs qui habitent l’univers. Les traditions du monde ont eu le souci de rassembler ces valeurs, de les maintenir dans l’unité de la cohésion. Mais chacune d’elles tenant un discours particulier, les divergences sont survenues. Une synthèse de valeur universelle demande à être dégagée de tout ce savoir mondialement partagé par les cultures et les civilisations. C’est l’objet des trois ouvrages présentés ci-dessous formant unité.
 

1. La Face cachée du Cerveau (en 2 volumes).
Les archétypes, lois organiques du réel, sont répertoriés dans cet ouvrage et situés dans la structure porteuse. Il s’agit de la table de référence fondant les traditions du monde, toutes à égalité de dignité. C’est avec une extrême lucidité que Dominique Aubier a étudié les rites et traditions, démontrant leur cohérence dans la diversité. Elle en dégage le corps conceptuel et en libère les symbolismes. Il en ressort un véritable Code, une carte de lecture, vérifiée par les sciences, permettant de comprendre nos vies et nous aider à mieux saisir nos événements. Un ouvrage en deux volumes.

2. L’Ordre cosmique.
Dans quel univers vivons-nous ? Quel est le sens de notre présence sur terre ? Ce livre reprend les critères dégagés dans la Face cachée du Cerveau et les applique concrètement aux questions les plus ardues que se posent les chercheurs. L’univers a-t-il un sens ? Nos vies ne sont-elles que du hasard ? Certes non, car tout est soumis au principe de conscience, à la force de l’esprit, à la puissance du Verbe. Aussi Dominique Aubier propose-t-elle de sonder dans ce livre les versets bibliques au plus près de leur écriture originale hébraïque et de les confronter aux découvertes et observations les plus pertinentes des astrophysiciens. Une lumineuse clarté ensoleille ce livre splendide.

3. La Puissance de Voir selon le Tch’an et le Zen.
Dominique Aubier interpelle ici la puissante tradition qui, depuis de monastère de Tchaolin, a donné naissance au Kung Fu, au Tch’an et au Zen, au Japon. Ces disciplines, formes travaillées du Bouddhisme, reposent sur une vision du monde et du réel qui s’enracinent sur la notion de modèle d’absolu. Une notion partagée par toutes les traditions du monde et qui se déploie en table de critères, selon un code précis : le code des archétypes universaux. La Face Cachée du Cerveau en donne la clé. Ici, Dominique Aubier pénètre le secret des Koâns et Haikus dont elle ouvre le codage par-delà leur apparence poétique : les énigmes s’ouvrent une à une dès lors que l’esprit parvient à en extraire le secret archétypal.

Dominique Aubier confirme ici sa compétence d’initiée de notre temps dont l’engagement au service de la vérité est total.
Ces trois ouvrages sont proposés sous la forme d’un triptyque : Plaidoyer pour la Civilisation de l’Universel.
Ils peuvent aussi être acquis séparément.

jeudi 4 juin 2020

La Voix de la Torah. Les Temps messianiques sont là.

La Voix de la Torah.
Les Temps messianiques sont là.
Hommage au rabbin Elie Munk 
par Dominique Blumenstihl-Roth

Parmi la multitude de livres paraissant chaque année consacrés aux études bibliques, quantités sont des redites qui souvent répètent moins bien ce que les prédécesseurs ont si bien exploré. Souvent, ce sont paraphrases qui se croient commentaires, commentaires qui se croient explications, métaphores qui se surimposent sur d'autres métaphores, si bien que le furet, comme dans la chanson, court toujours et qu'il ne se laisse point saisir par les approximations à la mode.

Il existe cependant quelques ouvrages qui marquent leur temps. Parmi eux, efficaces et affermis, récapitulatifs de l'enseignement traditionnel, les livres du rabbin Elie Munk.
Cette œuvre de fond permet en effet au Lecteur, d'un seul regard, de prendre connaissance des principaux commentaires exprimés par les grands Talmudistes et érudits du judaïsme qui se sont interrogés sur le sens des versets, à quoi l'auteur ajoute le fruit de ses propres réflexions, souvent lumineuses et inspirées.
Publié à partir de 1969 par la Fondation Samuel et Odette Lévy, La Voix de la Thora, en cinq volumes, présente le texte original hébreu du Pentateuque au côté de la traduction en français, suivie du commentaire, ligne par ligne, des versets. J'en ai lu les deux premiers volumes consacré à Genèse et Exode. Certes nous prenons acte qu'il ne développe pas de voies nouvelles ni ne découvre de méthode inédite de décryptage, qu'il ne met pas en relation Genèse avec les découvertes scientifiques — c'est là le propos que développera un autre auteur dans l'Ordre cosmique — mais la performance d'Elie Munk est exemplaire, ses efforts s'adossant aux recherches des auteurs classiques, tels Maïmonide, Cordovéro, le Maharal de Prague.
Une méticuleuse investigation qui n'hésite pas à recourir à des penseurs plus récents, comme H. Hirsch, et par delà la pensée dite rationnelle, aux « sources des éléments naturels et supranaturels qui forment le trésor de notre existence. »

L'approche de M. Munk ne se prive pas des recours métaphysiques. Qui dès lors s'étonnera de le voir citer le Zohar, la somme de la kabbale hébraïque ? L'auteur évite — et combien nous approuvons ce choix — les spéculations philosophiques et les constructions artificielles qui ont envoyé dans le mur tant de jeunes esprits. L'Auteur, au contraire, se concentre sur une élégante conception selon laquelle la pensée transcendante universelle préside aux destinées humaines. Pour lui, si la parole divine se partage en multiples étincelles, il est possible, pour l'homme d'en recueillir des fragments. Et quelles étincelles ! Purs jaillissements de gerbes lumineuses lacérant l'obscurité, non plus noir-lumière, mais lumière sur lumière, car le moindre éclat de cette braise incendie l'esprit du Lecteur.
J'en ai apprécié la rigueur intellectuelle, la probité méticuleuse d'une pensée extrêmement centrée sur la logique initiatique traditionnelle qui ne cède jamais aux séductions littéraires.
Le travail d'Elie Munk est-il validé à sa juste mesure ? Il est, à mon sens, l'un des derniers grands talmudistes, qui, avec Raphaël Draï, ait porté l'enseignement de la Tradition à ses sommets, ayant préservé ses cours et ses écrits des accommodements ou complaisances médiatiques. Sa lecture de Genèse permet d'entrer de plain-pied dans le Texte et on complétera ses commentaires par l'étude de Béréchit, telle qu'elle se donne dans La Face cachée du Cerveau qui en actualise le propos au regard du référentiel cérébral. De même l'étude d'Exode réalisée par Elie Munk mérite d'être lue en ayant sur table l'Ordre Cosmique afin de suivre ligne par ligne le processus de la révélation sinaïtique et l'équation de la formule divine Ehié Acher Ehié (je suis qui je serai).   

Ce que j'ai apprécié, chez Elie Munk, c'est son honnêteté intellectuelle, la probité d'une pensée sertie dans l'exigence de la vérité. Et sa grande modestie. Quel voyage s'offre là, quand il développe sa pensée sur les niveaux d'organisation, quand, dans sa démarche, il intègre le Zohar araméen et nous porte jusqu'à la frontière — qu'il ne franchit pas — où commence une autre forme de dévoilement, cette fois résolument post-talmudique, post-kabbalique…
Les études d'Elie Munk m'ont rasséréné. J'y ai reconnu la force d'un maître ayant acquis la pleine connaissance de son art, laissant ouvert le champ d'investigation, tout en indiquant la bonne direction : avec quelle acuité pressent-il les temps nouveaux, sans craindre de prononcer le mot qui en exprime la nature, s'agissant du messianisme dont il reconnaît l'occurrence imminente, confirmée par la fin du quatrième Exil en Edom.

Ce messianisme, Elie Munk l'a pressenti, souhaité. Il rappelle ainsi que le messie fils de David est issue d'une branche à laquelle l'Antagoniste contribue. Le langage allusif de M. Munk est toujours mesuré à l'exacte limite de ce que la Tradition lui permet de dire. Et sans doute en savait-il plus qu'il n'en a dit. De ce silence nait une frustration pour qui désire aller plus loin.
Plus loin dans la Connaissance qui toujours en appelle à sa propre actualisation, ce qui nous propulse hors des sentiers déjà parcourus, ce qui exige un surcroît de lucidité face aux textes toujours soumis à l'investigation.  C'est pourquoi j'attire l'attention sur les heureuses précisions de Dominique Aubier dans son étude sur l'Alphabet hébreu, dans la série Plaidoirie pour une cause gagnée. « Le messianisme est activé en deux temps. Le premier, celui du « messie-fils de Joseph » agit par les symboles, et le second, nommé « messie-fils de David » réalise l'union avec les forces antagonistes, donc Connaissance et sciences ». A ce titre, le nom du héros biblique est sans équivoque, « David avec son nom à deux Dalet, deux portes à double-battant gauche et droite en union des Contraires ». Le messianisme, à n'en pas douter, consiste donc à opérer le dévoilement des secrets. Secrets qui ne peuvent être dévoilés par le religieux, qui ne peuvent être divulgués par la Tradition : le messianisme consiste dès lors à ouvrir les temps nouveaux, afin que les choses enfin puisse se dire et déclamer leur sens. Afin que le Motif d'Absolu apparaisse au grand jour.

La dynamique messianique, selon la prophétie Obadia, se développe en Séfarad (Espagne) et Tzarfat (France). Territoires d'Esaü — participation de la gauche structurelle — où chevauche, infatigable, Don Quichotte prophète d'Israël… agissant au cœur du plus grand danger.
Quant au Messianisme explicatif, davidique, dirons-nous en reprenant la terminologie consacrée, il est nécessairement post-symbolique. Il consiste à délivrer l'identité du Motif d'Absolu, la donner à tous, dès lors qu'elle est connue. C'est exactement ce à quoi nous travaillons, ici-même, dans ce blog… En toute modestie, avec vous et en partage.
Les temps messianiques, nous ne les attendons pas. Nous y sommes engagés.

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Tous les livres de mon Maître.
Tous les films de mon Maître.

Les ouvrages d'Elie Munk ont été récemment réédités par la Fondation Samuel et Odette Lévy. 
 
 
 

vendredi 29 mai 2020

Le Chat du kabbaliste. Par Dominique Blumenstihl-Roth

Le Chat du kabbaliste (1).
par Dominique Blumenstihl-Roth


1. Le chat est-il dans la nature de Bouddha ? C'est une question que le maître bouddhiste pose à son disciple. Bouddha lui-même avait répondu à cette énigme : « oui ». Mais il n'a pas expliqué pourquoi.
Je propose l'explication suivante : en tant qu'être vivant, l'animal participe de l'universalité de la vie. Il est création de l'Absolu et atteint par là un degré de haute élévation dans le ciel de l'être. Reconnaître cette qualité au chat, c'est reconnaître à l'Humain sa propre dignité. L'existence de l'animal est en soi un absolu, une manifestation de la Vie dans sa volonté. Raison pour laquelle il est sanctifié. L'animal est ce que nous avons été, avant de devenir des êtres culturels. Ils sont une part de nous.
Les animaux sont le fruit de l'Evolution. Et l'Evolution, selon le chercheur Michael Denton, a un sens, commandité par une conscience supérieure qui dirige l'univers. Un univers qui, selon Dominique Aubier, n'est que la moitié d'une entité, celle où nous vivons. Notre existence, en effet, se déroule dans un Hémisphère Qui-Fait, tandis qu'en face, invisible et inaccessible, sans matérialité aucune, se trouve un Hémisphère Qui-Sait, distillant ses informations dont nous percevons les émanations. Voir La Face cachée du Cerveau.
Nous sommes irrémédiablement dans un Qui-Fait, face à un Qui-Sait situé « au-delà », « plus loin ». Chacun de nous possède ainsi une « étoile » située dans le Qui-Sait invisible, qui lui est affectée et qui détermine… nos raisons d'être, nos destins. A chacun son ange-étoile, locuteur convoyant les messages venus de cet ailleurs que les scientifiques ne pourront jamais observer pour la simple raison qu'il n'est ni visible ni calculable. Il ne procède pas de la raison linéaire, mais il est possible d'en voir les manifestations dans le réel, dans nos vies, et d'inférer par voie de retour quel fut le mot, le verbe instructeur qui préside à ce qui construit L'Ordre cosmique.
2. Mon Chat, donc, inspiré … par sa « nature bouddhique » est un noble animal à l'indépendance farouche. Rien ne le soumet à l'autorité humaine, mais il n'en est pas moins assujetti à la loi régissant son espèce. Déterminé par sa nature, il est d'un caractère rebelle et possède 244 os. Il est lui-même, tel que la nature l'a voulu. Et si l'Evolution a un sens, j'en déduis que lui aussi, appartenant à une espèce participant de l'Evolution, a un sens. Il a quelque chose à accomplir sur terre. Tout comme moi.
J'ai observé qu'il est un fin chasseur. Très roublard. Je l'ai vu qui, tournant le dos à la proie qu'il a repérée à l'ouïe (« écouter par le dos » est une posture du Tch'an et du Zen), il est allé faire le tour de la maison afin de surprendre sa victime en la prenant par revers. Quelle science est-ce là ? C'est un « traqueur » puissant, à l'écoute du monde. Rien de ce qui l'entoure ne lui échappe, et peut-être même perçoit-il au-delà de ce qui est directement à la portée de ses sens. Serait-il une sorte de « chamane » ? On pensera à Don Juan Matus, le sorcier amérindien qui expliquait à son disciple, l'ethnologue Carlos Castaneda, comment devenir un traqueur dans sa propre vie. Apprendre la patience, l'art de saisir l'instant, connaître la persévérance, mais aussi le « lâcher-prise ». Savoir renoncer. Ecouter les signes du monde. Interpréter les messages de l'Invisible, agir au bon moment : en un mot, être « impeccable ». Tout cela demande des années d'efforts au bout desquelles il n'est pas certain d'accéder à ce degré de la maîtrise. Tandis que Diabolo sait tout cela. Mon chat est impeccable de par sa naissance, par son adhésion totale à la perfection… de chat.
Il n'a nul besoin, comme nous, de conquérir la Connaissance quand tout, déjà, lui fut donnée et qu'il ne l'a jamais perdue. Non que nous en soyons dépourvus, mais cette Connaissance du Vrai nous fut subtilisée par une effroyable erreur commise par l'humanité quand elle s'imagina que la Vie ne procédait que par le « faire ». La tradition a intégré ce moment crucial dans la mémoire humaine afin que nous nous en souvenions. C'est l'erreur d'Eve que les initiés, de toutes les cultures, depuis des générations, tentent de corriger. Cette erreur a tendance à se reproduire chaque fois que se présente le moment de la fermeture/ouverture d'un nouveau cycle. Chaque fois, le côté Hava tente de dominer, prétendant posséder les forces de vie, alors qu'il n'en est rien. Hava ne possède pas de Yod dans son nom, elle n'a pas l'énergie pouvant vitaliser le cycle nouveau. Elle n'est pas la « Mère des Vivants » comme le disent certains auteurs, tout au plus est-elle la mère de ceux qui naissent, à ce moment-là, biologiquement, dans le nouveau cycle dont elle a formalisé le mauvais départ. Mais pour un humain, être Vivant, c'est tout autre chose : c'est être doué de la conscience maximale de ce que l'on est. Et cela, nous en sommes loin. (Lire à ce sujet Hava/EVE : Catalina… p. 184 - 225).
Diabolo sait tout cela, il fut sauvé, lui aussi, quand il monta à bord de l'Arche de Noé. Il fut formé, instruit, par sa mère qui lui a enseigné des choses et dont il a intégré toutes les leçons sans qu'il soit besoin d'expliquer. Ce furent des leçons d'être à être, par démonstration et immersion totale dans le monde, intégrées par « contagion immédiate ».
Le disciple, lui aussi, apprend. Il se frotte aux ailes du papillon du maître, et il reste un peu de poudre d'or sur ses propres ailes quand il lui faudra voler par lui-même. La Connaissance s'enseigne non par accumulation d'érudition et de savoir analytique — qui a pourtant son intérêt — mais par l'exemplarité et la confrontation au Maître. Privilège d'avoir vécu auprès de Dominique Aubier pendant 28 ans… En Espagne, puis en France. Chaque seconde de vie devient alors enseignement, chaque minute est instruction. J'ignore si l'on acquiert jamais la maîtrise ou le doctorat dans ce domaine : il n'y a que la vie elle-même qui puisse décerner ces diplômes et ces grades.
3. Pour comprendre les lois initiatiques, à moins d'une instruction directe par l'Invisible, un apprentissage est nécessaire. Le plus difficile n'étant pas de les apprendre mais les accepter. De les accepter comme étant issues d'un Code qui a la connaissance du vrai par le Vrai. Comprendre les archétypes (que les alchimistes appellent arcanes) n'est pas compliqué. Mais les reconnaître dans la « vraie vie », c'est une autre affaire. Notre esprit occidental, linéaire et rationnel ne croyant qu'au discours allant de la cause à l'effet n'admet rien qui ne soit corroboré par les sciences. Ce fut une de mes difficultés à surmonter, car sans rejeter la valeur de la puissance démonstrative de l'objectivation scientifique, il me fallait admettre que la pensée initiatique procédait d'une logique différente appuyée sur le non-linéaire. D'un point de vue « poétique », j'étais prêt à y croire. Mais engager sa vie sur ce chemin, décider quelle orientation prendre en pariant sur les archétypes et sur le Code, voilà qui n'est pas simple. Tel ami, fort intelligent et instruit me conseille ceci. Tel autre, brillant chercheur, m'indique telle voie. Et si j'interroge les signes, j'observe que la Vie semble avoir une opinion toute différente. Qui a raison ? Le signe me dit de choisir cet « autre chose », de porter l'énergie sur un tout autre projet que celui auquel j'allais me destiner. Il n'empêche qu'il était nécessaire d'écouter, consulter… Mais sans se laisser soumettre par la vénération que l'on voue aisément à l'autorité statufiée. Rester libre, à l'écoute de ce que la Vie propose.
En terme kabbalistique, cela revient à dire qu'il faut consulter le Ma (les choses, les sciences dans leur Qui Fait), écouter le Mi (l'information venant du Qui-Sait), voir les deux, sans rien rejeter, mais distinguer qui l'emporte dans la balance car il n'y a pas égalité au regard de la vérité. Les scientifiques — y compris les sciences humaines — ne touchent qu'une parcelle de la vérité et procèdent par tâtonnements toujours discutés et réversibles. Comment se fier à eux ? Le pouvoir (et nous-mêmes) devrait toujours s'entourer, outre les spécialistes des « choses », d'un comité d'initiés qui regardent ces choses d'un peu plus haut…
4. Mon Chat me demande des nouvelles… à propos du Coronavirus. — Alors, vous vous en sortez ? Ah, lui répondis-je, tu te moques. Tu n'es pas concerné, tu as beau miauler. — Comment, pas concerné ? répond-il. Je pense à tous mes collègues vivant dans des appartements, subissant la présence des humains confinés. C'est l'enfer pour eux. Je leur conseille de s'échapper au plus vite, de renoncer aux croquettes et me rejoindre pour savourer quelques mulots ! Il faut quitter les lieux de l'oppression, c'est pourtant bien connu. Moi, j'ai choisi la liberté. Elle est savoureuse, aucune assurance d'emploi, aucune garantie d'indemnité, mais juste la vie, avec ses risques et ses joies. Pour moi, comme dit ton Maître, « la vie est une perpétuelle aventure. Le Temps nous alimente chaque jour en surprises et nous pose de nouveaux défis ». Je m'adapte à toutes les circonstances sans cesse nouvelles que réservent « les choses de la vie ». Le réel, je le sais, fonctionne selon un plan, un Code, et ce plan, j'en suis partie prenante. Il ne se déroule pas sans moi. J'en suis un élément et une actrice. Et toi, comment abordes-tu la vie, si tu n'as ni cartes ni boussoles pour lire le monde ?
5. Diabolo — je devrais dire Diabola, car c'est une femelle — me semble mystérieusement informée. Elle sait où se trouve la souris cachée dans un buisson à 30 mètres et ne manquera pas de l'apostropher d'un coup de patte fatidique dans quelques instants — et cela sans avoir réuni le « comité consultatif des experts doctorants » qui ont tant à dire mais qui de leur vie n'ont jamais capturé le moindre souriceau. Elle sait les choses, de source certaine. Bien sûr, elle aura entendu les infimes ultra-sons de la proie que l'oreille humaine ne peut percevoir. Et confiante en cette subtile réception d'un signal, elle sait avec une précision de radar où il faut aller. Puissions-nous écouter-entendre avec la même acuité les signes que la vie envoie et surtout, nous fiant à leur pertinence, y ajuster notre comportement, en toute intelligence… politique.
De même ai-je remarqué que Diabola connaît l'archétype du Redoublement. Que cela n'étonne pas : les animaux savent, de tout leur corps et de toute leur intelligence, comment fonctionne la vie parce qu'ils savent qui ils sont. Eh oui, mon chat sait ce qu'est le Kafil. Et je connais plus d'un prétendu pseudo-initié qui, tout en connaissant le mot, en ignore toutes les modalités. Quant à l'élite de notre Nation, on se demande ce qu'elle apprend, tant elle est à l'écart de ces fondamentaux qui régissent le réel. Tous les initiés, de toutes les traditions du monde, connaissent le Redoublement et le pratiquent, bien qu'ils n'en disent rien. Et bien des artistes en ont l'intuition, quand ils sont formés à l'école d'une tradition elle-même puissamment instruite, je pense par exemple aux cinéastes indiens (Mani Ratnam, Leella Bhasali, Karan Johar) dont les films sont toujours construits sur des structures archétypales et systémiques. Mon Maître, Dominique Aubier, a dégagé ces archétypes, les a dévoilés, et rendus à leur motif d'origine corticale. C'est dans ce livre La Face cachée du Cerveau. Un incontournable pour le Lecteur moderne de la Connaissance qui désire dépasser les formes symboliques ne répondant plus aux exigences de notre temps. Comprendre est une nécessité : dire clairement les choses, sans les embrouiller dans l'ennuagement d'images incomprises. C'est la performance que réalise cet ouvrage.
(Il arrive qu'à la lecture de ce livre, des personnes, jusque là investies dans des formes anciennes de la Connaissance de diverses traditions ou obédiences, s'écrient : « mais nous le savions déjà… » Je leur dis : « halte-là. Vous avez reconnu, parce que ce livre vous l'a dit, que certains éléments de votre tradition évoquaient des règles archétypales, mais jamais aucune tradition ne s'explique sur elle-même et ne dévoile son Code. C'est après-coup, à la lecture du livre qui le dévoile, que vous avez saisi : parce que quelqu'un vous l'a dit. D'où l'obligation absolue de citer et toujours mentionner « qui te l'a dit » et ne pas feindre avoir trouver par soi-même l'explication du Code ou en attribuer l'élucidation à qui ne l'a pas réalisée. » C'est une supercherie qui n'échappe pas aux gens bien informés.
Mon Chat cependant, savait sans qu'on lui dise. Parce qu'il est né avec. Et moi, si j'ai compris ce qu'il faisait, c'est justement parce qu'à la lecture de La Face cachée du Cerveau, chapitre 4, volume I, le Redoublement est si clairement détaillé que j'ai pu le reconnaître dans le comportement de Diabola.
6. C'est ainsi qu'un matin, dans le jardin (car elle vit à l'extérieur), je lui ai jeté un petit morceau de viande. Elle me regarde, considère la pitance, la renifle mais n'y touche pas. — Ah l'ingrate, me suis-je dit. La voilà qui méprise la nourriture ! Mais pour qui se prend-elle ? Rien à faire, elle reste indifférente. Que cherche-t-elle à me dire ? Après un moment de réflexion, je refais l'expérience. La viande était-elle avariée, contaminée par quelque bactérie que le chat alerté par l'odorat aurait identifié ? Je lui pose un second morceau de viande à une trentaine de centimètres du premier. Et là, que vois-je ? La diablesse daigne se lever et sans vergogne, sans renifler, avale d'une bouchée ce deuxième morceau. — Mais qu'est-ce que tu fabriques ? Tu prends le deuxième et pas le premier ? Elle me regarde, l'air de dire : — Et maintenant, regarde bien ce que je vais faire. Et sans autre commentaire, elle pointe son museau sur le premier morceau de viande, celui-là même qu'elle avait rejeté, et cette fois, le croque. Je sursaute : — Est-ce possible ? Tu as refusé mon premier cadeau, sachant très bien que tu en recevrais un autre. Et ayant obtenu le second, tu reviens manger le premier ! Mais quelle stratégie est-ce là ? Quelle manipulation !
— Non, répondit le Chat, j'appelle cela de la science. Une science hautement politique qui ne s'enseigne certainement pas dans les hautes écoles qui forment votre élite. En première instance, j'ai considéré la nourriture. J'ai intégré l'information donnée en Bip. C'est bien ainsi que ton Maître appelait la première instance, non ? Comme j'avais faim, au lieu de me précipiter et dévorer le peu que tu me donnais, j'ai patienté. Car le BOP vient immanquablement. C'est une loi du Modèle Absolu. N'est-ce pas ce qu'une certaine tradition appelle le Kafil ? Un archétype. Encore faut-il le voir quand il se manifeste et moi, je le pratique au quotidien. Comment je le sais ? Etant un Chat et rien que cela, nullement encombré par l'égo, je sais que le Modèle Absolu dont je suis une émanation — très modeste, mais tout de même… — fait toujours en sorte que la seconde instance d'un cycle vienne à échéance. Ah ne prends pas cet air étonné ! Le roi David connaissait cela très bien, et il en use avec son ennemi Saül. A deux reprises, il aurait pu le tuer et ne le fait pas… Moi, c'est à la seconde occasion que je suis passée à l'acte, j'ai mangé la seconde partie du cycle et de facto, me suis servie ensuite de la première afin que tout soit pris. J'ai profité de ta distraction, de tes états d'âme, tandis que moi, souveraine dans ma condition de petit animal, j'ai toujours connu la loi du Redoublement. Jamais je ne me précipite sur l'action avant que l'instance ne s'y prête… Quelques fois, me diras-tu, il faut au contraire bondir sur l'énergie quand elle passe… A quoi je réponds : elle passe toujours en deux temps. Mais le plus souvent, tu ne vois pas la première occurrence, car elle est subtile, sans matérialité, c'est juste un signal avant-coureur, comme l'infime couinement d'une porte qui s'ouvre. Science du lieu, science du moment, je suis toujours vigilante, je vois des deux yeux, et je suis toujours prête à bondir. Est-ce cela, être un Chat ? Dans ce cas, ai-je demandé à Diabola, qu'est-ce c'est, « être un Humain » ?
— Ah soupira-t-elle, vous les humains, vous êtes accablés d'un manteau d'ignorance. C'est votre poète Arthur Rimbaud qui le dit. Tandis que moi, je veille, comme une sentinelle sur ma vie, et je n'attends pas de relève.
Cette petite histoire (vraie) m'a fait réfléchir. Je crois que tout dans l'univers, minéral, végétal, animal et humain, tout comporte des étincelles de sainteté comme l'affirme Hayyim Vidal au nom d'Isaac Louria. Mais que notre civilisation rechigne à considérer l'existence d'un Modèle et d'un Code. Dominique Aubier écrit : « La culture est restée aveugle à la vérité de la Création. Dans l'Evolution, pourtant, le phylum de l'animalité conduit à l'émergence de l'être doué de conscience. Le cycle de la prise de conscience civilisatrice devrait aboutir à la mise en évidence de la règle de vie qui assortit le don de la parole. Cette sapience, avons-nous su la capter et la redire, dans notre histoire culturelle, ou l'avons-nous passée pour pertes et profits ? »

La petite Diabola m'a fait la démonstration pratique d'une leçon initiatique : en ce sens, les animaux sont nos maîtres, ils nous enseignent la Création et ses lois. Ils le font avec grâce, en silence, et uniquement par le « faire » de leur existence dont nous n'avons pas compris le « pourquoi ». Peut-être n'est-elle là que pour m'instruire ?
A cet instant, j'entends le trille du merle qui depuis un moment semble surveiller notre entretien. Lui aussi, sauvage, libre, est instruit de tout. Il vient de sauter sur une plus haute branche et reprend son chant.
J'espère qu'un jour il m'apprendra « la langue des oiseaux »…

Pour apprendre la langue des Oiseaux : — Tous les livres de Dominique Aubier