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vendredi 27 novembre 2020

Ecouter la symphonie de l'Unité. Un texte de Dominique Aubier.

Un texte original de Dominique Aubier…
 
2 décembre… Il y a 6 ans, Dominique Aubier nous quittait. Voici un de ses textes, un inédit passionnant, non daté. De haute tenue intellectuelle, on s'en doute. On peut en retrouver quelques passages dans le livre
La 23è lettre de l'Alphabet hébreu…
 


« La légende raconte qu’un jour un homme voulut se faire dire le bien qu’un certain sage pensait de lui. Le talmudiste répondit : pas une once de plus ou de moins que ce qu’en pense Dieu.
J’apprécie cette certitude. Je l’estime aussi compréhensible que l’égalité selon laquelle deux et deux font quatre de quelque façon que l’on place les chiffres deux. Mais je ne crois pas que l’analogie se maintienne entre le Créateur et l’initié, celui-ci fût-il aiguisé sur les meules de l’Absolu, l’éternité couchée à ses pieds. La plus haute familiarité avec le Sacré n’abolit pas la séparation entre le fabricant et le fabriqué. De toutes manières, le label qui désigne le chef d’entreprise ne convient pas. C’est un problème à résoudre avant de surfer sur l’alphabet, enfoncer le marteau piqueur dans la substance du cerveau, ou frotter le vécu et ses histoires au gant de crin séphirothique.
 
« S’agissant d’expliquer l’alphabet hébreu, on va  forcément ouvrir la Bible. Là,  deux entités parlent avec autorité : Elohim et le Tétragramme. On aura souvent maille à partir avec ce qu’elles disent. C’est pourquoi il faut s’entendre sur ce qu’elles sont. L’Eternel-Dieu serait une formule assez convenable pour rendre compte de ces puissances, de leur identité et de leur collaboration que le trait d’union figure en équivalence de sens, dans les traductions en français. Celle dont j’ai l’usage se trouve dans l’édition bilingue publiée en 1967 par la librairie Colbo. Les travaux ont été dirigés par le Grand Rabbin Zadoc Khan. Une certaine notoriété accompagne ce gros volume de presque deux mille pages. Le logiciel que j’ai placé dans mes armoiries n’est pas différent de celui qui a conduit les événements recueillis dans ce livre d’Histoire.
Selon quoi, je puis dire de mon L.K. (Lekh Lekha) qu’il est celui dont se sert la vie. Ces deux initiales quoi qu’empruntées à des vocables français ont la coquinerie de dire en hébreu quelque chose comme vas-y !  Ne te laisse pas intimider ! Le  ciel est avec toi ! Le ciel, j’accepte sans rechigner. Ce qui me gêne et contrarie, c’est l’expression  "Eternel - trait d’union - Dieu".  Sinon, je suis calme. Je sais que mon  "Lekh Lekha, vas y pour toi" est en tous points conforme au logiciel dont se sont servis les auteurs connus sous l’appellation canonique d’écrivains prophètes. Rien ne m’offusque dans cette logique. Pourquoi ? Parce que la vie est codée sur l’alphabet hébreu. Les Nebiim Ketouvim qui ont écrit les textes narratifs ou laudatifs recueillis dans la Bible l’ont fait en utilisant le même code linguistique. Leurs écritures se sont écoulées dans des moules mimétiques du réel. Ils auront eu moins de peine à trouver leurs mots que nous n’en avons, nous, les écrivains profanes à joindre les deux bouts pour dire en clair quelque chose. Nous ne sommes pas aidés par un codex qui surplomberait le dictionnaire, ayant classé d’avance tout ce que la vie pourrait inventer.
 
Ein Sof.
« Je renâcle, c’est vrai, je ne suis pas dévotement la sagacité de l'ancien Grand Rabbin quand je discute le bien-fondé du trait d’union qui rapproche Dieu de l’Eternel, comme si l’un de ses vocables ne suffisait pas à désigner ce qui ne peut pas l’être. Mais je ne joue pas les fortes têtes pour rien. Je n’arrive pas à déterminer quel terme est mis pour Elohim et lequel pour le Tétragramme. Les traducteurs ont eu le souci de rendre sensible la correspondance.  L’Eternel est pour l’un et Dieu pour l’autre. Malheureusement, le trait d’union ne dit pas dans quel sens l’énergie court dans son vecteur. Je sais, j'ai l’air de critiquer la translation. Tel n’est pas mon propos. Au contraire, je suis persuadée que tous les spécialistes réunis pour traduire la Bible ont effectué leur travail en pleine conscience, en croyants respectueux de la Parole divine. Ils n’ont perdu ni la foi ni la raison quand ils ont donné des équivalences à des dénominations qui, en hébreu,  assignent le Sacré à se présenter en force et en sublime. La langue française ne consent pas facilement à s’extasier. Je souhaite attirer l’attention sur la question. Celle de la présence de D.ieu dans l’univers et le monde. Comment y tiendrait-il ? Infini, sans limites, terme par lequel que les Kabbalistes le désignent : Ein Sof.
 אין-סוף
    
« Une sentence talmudique le fait comprendre : Dieu est le lieu du monde, mais le monde n’est pas son lieu. Cela veut dire que sans l’initiative de l’Infinitude, la Création n’aurait pas existé, mais ayant été programmée sur le modèle cérébral, elle n’a pu durer et vivre que si une énergie venue de l’extérieur continuait à l’alimenter. Tout comme cela se produit pour nos cerveaux qui reçoivent du Cosmos le flux qui en fait des dynamos jusqu’à ce que la mort coupe le câble. D’extérieur à la Création, il n’y a que l’Ein Sof. Donc, D.ieu ne cesse pas d’insuffler la Création, de l’animer en déléguant sur elle et en elle, le flot d’énergie auquel elle a droit au titre de cerveau vivant et bien constitué.
« La conception, en droite-gauche, équivalence duelle dont nous pouvons nous faire une idée quand elle donne prise à la conception médicale du psychosomatique fait comprendre que le corps, le soma, en sa vertu d’hémisphère quantitatif, reçoit du cerveau des instructions auxquelles il obéit en se les disant dans un autre langage. Penser, pour référence, au changement de lettre qui fait qu’un nucléotide d’ADN devienne un élément codant de l’ARN. L’exemple fourni par la microbiologie est éclairant. Il existe un code chimique permettant de passer du langage originel de l’acide nucléique au langage de  la protéine. C’est un peu comme le duo Homme-Femme. La féminité ne s’explique pas par la virilité et chaque sexe a ses critères, mais les deux ensemble fondent la vérité créatrice de base. J’attribue une relation de ce type au voisinage linguistique de l’hébreu et du français dans la Bible et  je veille à déchiffrer ce qui est dit dans chaque langue, sans chercher à prendre le traducteur en défaut. La langue française étant d’essence quantitative ou féminine, comme on voudra, objective ce qui est dit en hébreu et voit un arbre, une science, un emmêlement entre le bien et le mal dans  le message que lui adresse l’Ecriture. Mais l’Ecriture, lue et  entendue dans son langage d'origine, a émis positivement toute une chaîne d’idées uniquement établies sur la puissance de voir. Cela est visible même si on ne sait pas lire l’hébreu. On peut toujours voir comment des signes graphiques défilent. Voici donc l'Alphabet hébreu, le vecteur de vérité intangible que je vous invite à examiner. Dans les livres et la série des films que nous avons réalisés.

Sepher, Sephar, Sipour.
« C’est une initiative singulière que nous avons prise. Pourquoi mettre l’enseignement des valeurs kabbalistiques en films quand les livres suffisent à peine à exposer l’indispensable ?  Que signifie ce changement de médium ? Je vais vous le dire, de la même manière que j’ai trop rapidement mis en parallèle Sepher, Sephar, Sipour avec les trois premières lettres de l’alphabet. Parce qu’il faut faire confiance à la vie et parler à l’humanité entière avant que sonne le glas. Jouer de vitesse pour arriver au seuil du succès avant que la logique des lois régissant le réel n’entraîne la planète et le Cosmos à disparaître. Le défi est des plus dangereux. Pour le rendre intelligible, il faut exposer en détails l’engrenage qui, parti de la phase ontologique aux trois déclics Sepher, Sephar, Sipour a couvert quelques quatorze milliards d’années pour arriver aux désordres qui secouent l’actualité dans un monde humain coupé de la vérité créatrice. Aller d’un trait du commencement à la fin, parce que la fin s’inscrit dans le commencement et que c’est là, tout juste, la grande loi dont le Sepher Yetsira s’est fait le promoteur, en étant aussi l’ouvrage fondateur de la Kabbale au sens où la transmission traditionnelle s’ouvre un troisième niveau d’organisation, après que les Talmud et la Bible aient balisé le deuxième et le premier. Ma phrase les a comptés à reculons. La direction inversée a été dictée par l’âcreté d’avoir à ressentir une menace sous pression. Trois détonateurs prêts à conjuguer leur mise à feu.  Ces  trois injonctions n’en font qu’une. Elles s’emboitent comme s’emboitent dans le Tout de la Création les grandes unités qui en ont développé  la substance. Le message qu’elles tiennent sous le doigt est le même : reconnaître le prodige qu’est l’alphabet hébreu, moteur et pilote de toute réalité. Chaque agent a sa raison particulière d’intervenir. Il s'agit donc de rappeler que la fin s’inscrit dans le commencement, pour le premier niveau. De mesurer la distance parcourue depuis, pour le deuxième et d'insérer immédiatement  la doctrine kabbalistique à la direction de la vie, pour le troisième.
Mais si les trois se déclenchent en même temps... 
« Et que l’on ne croit pas à une fantasmagorie de catastrophe. A la lumière des critères du Logiciel, on verra que c’est infaillible. Les circuits obéissent à une commande générale. Les informaticiens connaissent ce règlement de manœuvres et appellent processeur, le super calculateur au service de la carte mère. Dans la réalité, les choses sont plus raffinées car Internet, sa toile et le réseau vertigineux de ses interconnexions n’est qu’une contrepartie explicative du prodige alphabétique.  La perfection du système rend inutile l’insertion d’un programme susceptible de provoquer un bogue qui bloque tout à l’insu des utilisateurs. L’ignorance humaine des lois divines suffira. Et l’on assistera au drame non prévu d’une décharge d’énergie surprenante quand les trois boutons-poussoir additionneront leurs forces, au rythme du Redoublement, la loi qui enclenche et qui déclenche. 

Ecouter la symphonie de l’unité…
« telle qu’elle s’orchestre de l’autre côté des choses. C’est la seule solution pour comprendre ce qui se passe et prendre les décisions convenables. Nos politiques s’enfoncent dans l’égarement des idées fausses, fidèles aux tournures de pensée qui promettaient le meilleur. Ils perdront le pouvoir mais il ne faudrait pas que leur échec survienne à l’instant où retrouver la vérité serait une question de vie ou de mort pour l’humanité désemparée. C’est pourquoi, en toute hâte, je propose à chacun de vous de jouer sa part de chance. En toute créature humaine, il existe une boîte d’allumettes prêtes à craquer au service de l’Absolu. Il suffit qu’elle soit entr’ouverte et qu’à la faveur du temps, la conscience en nous voit les petits bâtons flamber un à un. A la longue, ces lueurs éclairent le mystère que nous sommes à nous même, une torche, alors, qui consume le corps et la vie pour le bonheur de l’être. Celui qui ne perd rien en cours de route gagne le droit de puiser encore dans cette réserve de sens, d’en recueillir les cendres et d’observer ce qu’elles dessinent sur les parois de l’esprit. Il est alors dans l’œil du cyclone, capable de voir comme s’il était de l’autre côté du réel, un instant égal à la toute puissance infinie que faute de mieux on appelle Dieu. S’il a la place du scribe sur le strapontin de la salle obscure où se joue la comédie humaine, une larme de joie remplit son encrier et il trempe sa plume dans ce liquide. Il peut raconter la réalité de ce qu’il a vécu. L’écriture devance sa mémoire. Le réel se porte garant de ses souvenirs.  On dira, en termes d’expérience ordinaire, qu’il a reçu l’équivalant du prix Nobel. La lecture inversée de ce nom fait apparaître sa réalité : Lebon et entendu en hébreu c’est authentique ! Zé TOB.
« C'est moins une récompense qu’un certificat de perfection pour service rendu à tous les aspects de la vérité ; alliance entre la conscience du cycle et celle d’un individu en son lieu et sa date d’existence. Miguel de Cervantès est le dernier écrivain à l’avoir obtenu. Le peuple espagnol s’en est rendu compte. Il se fête lui-même le 23 avril, jour anniversaire de sa mort, cérémonie de l’essence d’être, montée en gloire pour l’auteur de Don Quichotte. Les aventures du chevalier de la Manche ratissent la totalité des émulsions initiatiques descendues le long des dix mille ans que semble avoir le cycle de la Révélation. C’est pourquoi, récemment, le cinéma naïf n’a pas pu tourner le film dont le réalisateur ignorait ce qu’il avait mission d’actualiser. La vie n’a pas laissé passer l’inopportunité d’une initiative misérable à côté de ce qu’elle allait cotoyer. L’énergie de la Création, le parcours évolutif qu’elle a couvert en portant son message, ce message lui-même devenu vibrant de réalisme au contact de la péninsule ibérique — territoire, langue, peuple, histoire culturelle confondues — se sont insurgés contre un projet qui les défiait. Il arrive que la vérité se rebiffe contre les aberrations humaines. Une pluie torrentielle a noyé tout le matériel du film centré sur des personnalités de pellicule. Les acteurs n’étaient pas des interprètes brillants pour le message cherchant son abri dans la conscience planétaire. Mais leurs appellations ont rendu justice au marquage du sens dans la réalité de leur préférence au monde. Rochefort (Jean), parce qu’effectivement Rosch, nom hébreu du Modèle Absolu, résonnait en force dans un thème estampillé Vanessa Paradis: le paradis s’en va. Le  Pardès aussi.
       
« Et moi, je ne peux pas m’en aller avant d’avoir établi
la relation qui unit à l’Espagne le dernier réceptacle du grand message pendant qu’il est encore territorial, linguistique et culturel. Après quoi, la  fusée se détachera et filera droit vers sa cible. Cela fera très mal, si mal que la vie ne s’en relèvera pas et les jours, les heures sont comptés. Le réel n’est pas élastique au point de se faire fronde pour relancer plus loin la catapulte. Il y a forcément un état d’étirement au delà duquel la réalité se déchire. Je sais — et nous le savons tous — que le monde frôle l’explosion. Je le sais parce par le jeu d’allumettes dont a disposé ma présence sur terre. Mes événements me l’ont appris. Les événements concrets ou psychiques, les miens comme les vôtres, font une démonstration. Ils sont les témoins matériels ou objectifs de la réalité qu’est la pensée induite par le Logiciel de la Création. Les recueillir est un travail de secrétaire. L’administration de la vie veut qu’il y en ait toujours un au chevet du Temps, prenant note de ses histoires. Ai-je été été embauchée pour remplir cette fonction ? Si je me trompe, quelqu’un me chassera d’un poste qui ne me convient pas. Qui ? Il le dira lui-même. Vous le verrez sur la planche de son vécu, épousant la crête de la houle qui pousse de l’avant  le message que l’humanité refuse d’entendre. Lui, saura ce qu’il faut dire : et il le dira, en étant écouté de tous. Je viens simplement payer d’exemple : montrer de quoi il s’agit en déployant les trois panneaux du Logiciel kabbalistique. Je vais en gauler les frondaisons afin d’en faire tomber une pluie de critères. En raison de la transe qui impatiente le temps, je commence tout de suite, par la projection des films de la série Cinécode
 
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— Les films de la série CinéCode sont disponibles sur clé USB à des Conditions spéciales
* 3 films sur : Le secret des séphiroth
° 3 films sur : Les secrets de l'Alphabet hébreu
 

L'exégèse de Don Quichotte. Une œuvre magistrale de Dominique Aubier

Don Quichotte - Don Quijote - Don Quixote

 


Pour les Amis de Don Quichotte
 

 
L'exégèse de Don Quichotte conçue 

par Dominique Aubier

paraît en cinq volumes.
 
Une œuvre magistrale.





Ouverture 1
Don Quichotte Prophète d'Israel
Le codage hébreu et araméen de Don Quichotte
Éd. Ivréa (Gallimard) / Ed. M.L.L., 296 pages, 14 x 21,5cm, 34 € 
Traduit en espagnol sous le titre Don Quijote Profeta y Cabalista, ediciones Obelisco, 34 €

Ouverture 2
Victoire pour Don Quichotte
Les sources hébraïques et araméennes de Don Quichotte. Décryptage du texte original de Cervantès
Éd. M.L.L., 346 pages, 15 x 21 cm, 34 €

Volume 1.
Don Quichotte, le prodigieux secours du messie-qui-meurt
La dimension messianique de Don Quichotte, décryptage du texte original de Cervantès, exégèse du symbolisme.
Éd. M.L.L., 464 pages, 18 x 24 cm; lettrines et gravures extraites de l'édition de 1608 : 47 €

Volume 2.
Don Quichotte, la révélation messianique du Code de la Bible et de la Vie
Le message du Quichotte traversant les siècles, au service de la Vie.
Éd. M.L.L.  Livre cousu, 445 pages, 18 x 24 cm, lettrines et gravures extraites de l'original de 1608, : 47 €

Volume 3.
Don Quichotte, La Réaffirmation messianique du Coran
Don Quichotte et le soufisme d'Ibn' Arabî et Mansur Al Hallaj  403 pages, éd. M.L.L. : 47 €

Film
El Secreto de Don Quijote
Film espagnol de Raùl Rincon, RTVE, prix du meilleur documentaire au festival Las Duñas avec Dominique Aubier, en DVD, sous-titré en anglais, Luca-films, 32 €

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Série Nouvelles exégèses de Don Quichotte :

Vol. I :  Don Quichotte, la Barque enchantée

Vol. II: Don Quichotte et Dulcinée (DulZinea)

 

Disponible :
M.L.L. - La Bouche du Pel - BP 16 - 27 240 DAMVILLE - France
www.dominique-aubier.com






vendredi 20 novembre 2020

l'Islam face à la science et au messianisme

par Dominique Blumenstihl-Roth


Le dernier texte que j'ai écrit à propos de l'islam et la laïcité a fait pas mal de bruit… Je continue mes recherches dans ce domaine, entreprises depuis plusieurs années…

L'islam s'affranchira-t-il du fanatisme ?

C'est une question que j'ai déjà posée dans mon livre Fatima la délivrance de l'Islam. Fanatisme n'est pas raison, mais passion. Dès lors comment l'islam peut-il se départir de cet état passionnel, si ses propres élites ne parviennent pas à établir une théologie initiatique assez puissante pour sublimer le texte coranique par la raison qui en ouvrirait toutes les énigmes ?

Le professeur Mohammed Arkoun déplore (p. 32 de sa préface à l'édition française du Coran aux éditions Flammarion) que « l'intelligence engagée pour la première fois dans tous les domaines du savoir avec une exigence scientifique, n'est pas encore parvenue au stade de la vision unifiante…» Il en appelle à une « réciprocité de perspectives », dialogue qui vise à favoriser la lecture du Coran. Dialogue avec les autres religions, mais aussi avec les sciences, que les factions intégristes récusent, mais dont il n'est pas certain non plus que l'islam institutionnel sous contrôle des imams le recherche réellement, ces rencontres inter-religieuses consistant le plus souvent en des courtoisies diplomatiques, mondanités qui ne résolvent en rien la question cruciale qui consiste à identifier clairement ce qui unit.

Des vagues de fond invisibles ondulent dans l'islam silencieux au sein de la République. Quel musulman, au fond, approuve les caricatures satiriques mettant en cause le prophète ? S'il n'en dit rien, n'en pense-t-il pas moins dans une douleur sourde, voire de rancœur étouffée qui augmente l'humiliation ressentie ? Face à ce désarroi de la communauté musulmane, les chercheurs reconnaissent que l'intellectualisation du message coranique n'est pas suffisamment consolidée qui permettrait le recul critique : la religion reste du domaine du ressenti, de l'adhésion quasi physiologique, tandis que la percée intellectuelle qui serait en mesure d'expliquer le Coran jusqu'au cœur de son codage lettrique et symbolique demeure, en islam, absente. Elle fut interdite par les tenants de l'intégrisme, dès le X° siècle, quand les maîtres du soufisme comme Mansur Al Hallaj ou Ibn' Arabî tentèrent de libérer la compréhension de l'entrave littéraliste. Et aujourd'hui encore, l'ouverture exégétique du Coran n'est pas accomplie. Peut-être est-ce cela, la fameuse « brique manquante » de la Kaaba ?

Qui, aujourd'hui, serait à même de produire la vision unifiante ? « La promotion du Coran au rang de document témoin de la conscience universelle n'a pas encore pu se faire » déplore, sans y remédier, le professeur Arkoun, tout en lançant cet appel : « c'est cette promotion qu'il est temps d'assurer de part et d'autre pour ouvrir des voies nouvelles aux sciences historiques, philosophiques et théologiques… » Aveu d'échec, impasse intellectuelle : le texte coranique issu d'une révélation semble résister à l'investigation rationaliste, à moins que les outils mis en œuvre par la recherche ne soient pas les bons ? Aussi l'universitaire se tourne-t-il vers la mythologie dont il espère qu'elle livre le fin mot de la pensée coranique : « Langue et pensée se déploient solidairement dans un univers de significations renvoyant à un Dieu Créateur-Ordonnateur à l'aide de chaque mot-symbole » (p. 20) qui range le texte coranique dans le cadre d'un langage de structure mythique. Le mythe exprime, selon le chercheur, dans une définition très large, une expression symbolique des réalités originelles et universelles : « ainsi, en nous demandant quel type de mythologie instaure le Coran, nous accroissons nos chances de saisir les mécanismes subtils de son expression symbolique, tout en découvrant pourquoi son Appel peut encore retentir dans la pensée contemporaine… » (p. 21). Le grand spécialiste de l'islam cependant n'identifie aucun des universaux actifs dans la narration coranique. Pourquoi ? Parce que le Coran n'est pas « mythologie » mais parole issue d'une révélation. La mythologie est une construction humaine réalisée a posteriori mettant en œuvre sous forme d'allégorie les éléments structuraux et systémiques. Pour ouvrir une mythologie, issue d'une narration humaine, il faut d'abord connaître ces invariants antérieurs tels qu'il furent dévoilés aux initiés qui en reçurent la révélation. Autrement dit : on ne peut comprendre le Coran que si l'on est impliqué au préalable dans la confidence initiatique. Et cela ne s'enseigne pas à l'université…

Comment y accéder, si ce n'est par une nouvelle forme de révélation donnée ?
A moins que la science ne re-découvre les « invariants » archétypaux ? Avis aux chercheurs qui, selon l'universitaire, ne sont pas encore parvenus au stade de la vision unifiante… Sage précaution dans ce « pas encore », qui accorde à sa science une grande marge de confort… dans l'illusion d'une recherche pluridisciplinaire qui finirait par trouver. En attendant, ni le Coran, ni la Torah ni le Talmud ni même les Evangiles ou les Upanishad ne se donnent à l'investigation rationaliste, le sacré réservant son exégèse à la voie d'une inspiration de synthèse unificatrice qui sera elle-même de l'ordre d'un révélé unificateur de la diversité : une révélation messianique d'ouverture universelle, qui se réalise selon un protocole bien établi par le sacré : l'apport des preuves.

L'apport des preuves…
A ce jour, et à ma connaissance fort modeste je le reconnais, le seul ouvrage réalisant cette performance est La Face cachée du Cerveau qui rapporte la pensée symbolique à une vision unifiante, celle dont le professeur Arkoun regrette qu'elle n'ait pas été atteinte par les chercheurs en islamologie et sciences humaines. J'invite les chercheurs à s'informer de cet ouvrage… même si ce n'est pas « leur tasse de thé ».
Cette vision unifiante rendue possible dans ce livre, en territoire de laïcité, a permis l'expression des interprétations différentes du sacré et leur étude dans la neutralité dépassionnée de sorte que l'explication de l'unité dégagée puisse être reçue par chacune de ses composantes sans qu'il n'y ait de concurrence entre elles, chacune ayant son rôle, sa fonction, son génie. La laïcité est l'instrument intellectuel de cet ouvrage qui instaure une égalité de dignité entre toutes les familles spirituelles, sans jugement de valeur. De là qu'ait pu émerger l'ex-plication libérant le sens des im-plications locales des croyances, rites et traditions du monde… C'est dans ce livre qui donne sa juste place à l'universalité et au sacré.

Dans un prochain article je poursuivrai ma recherche sur l'Islam, ses relations avec Israël et l'Occident. En relation avec la Torah.

vendredi 6 novembre 2020

Rebâtir le Monde. Livre de Dominique Aubier. Mise au clair initiatique.



Vient de paraître : 
 
par Dominique Aubier
 
 
Il s'agit d'une lumineuse mise au clair initiatique permettant de sortir de la crise civilisatrice que nous traversons.
 
Partant d'une subtile étude du monde animal, notamment des espèces volantes, celui des Insectes, des Oiseaux et des Chauves-souris dont elle dévoile le symbolisme, Dominique Aubier nous indique comment ce monde peut être rebâti.
L'évolution naturelle propose en effet une stratégie tout au service de la Vie, et il suffit de s'en instruire pour savoir ce qu'il faut faire : dégager la grande leçon du Vivant, son intelligence, ses rythmes, ses codes afin de mieux comprendre notre vocation d'humains en harmonie avec la Nature tout entière en intelligence avec les forces cosmiques.
Dans ce livre, Dominique Aubier rend un superbe hommage au grand poète Arthur Rimbaud, « voleur de feu », initié intuitif qui fut la « harpe initiatique » de son temps.

Dominique Aubier consacre également dans cet ouvrage, édité à titre posthume, un chapitre fort d'actualité, quasi prémonitoire, traitant de l'intégrisme islamique et ses rapports avec l'Occident, en s'appuyant sur le chapitre biblique des luttes entre « Gog et Magog ». Le décodage initiatique qui se réalise là, sondant le texte jusqu'aux racines des Lettres de l'alphabet hébraïque, est du plus haut niveau.
 
 
Vient de paraître :
 par Dominique Aubier

mercredi 28 octobre 2020

Islam, Connaissance, Laïcité et Raison. L'impossible alliance ?

par Dominique Blumenstihl-Roth

1. Entrer en Résistance…  
Nous devons entrer en résistance et lutter contre l'islam politique, disait récemment un ministre de la République. Entrer en résistance réfère à la Résistance telle qu'elle s'opposa à l'occupation nazie de 1940 à 1945. « Résistance » présuppose, dans cette acception, qu'il y ait « occupation ». Est-ce l'idée sous-entendue ? La France serait-elle dores et déjà « occupée », par un islam politique ?
Qu'est-ce que « l'islam politique » ? Y aurait-il, en face, un islam qui ne le serait pas ? Ces distinctions sont-elles réalistes ? Qu'il soit politique, radical, neutre ou modéré, l'islam s'appuie sur le Coran, un texte dit révélé selon ce qu'en disent les concernés. Le Coran est-il politique, radical ou modéré ? Il est intangible dans sa littéralité. Dans certains pays, il fait office de code juridique — la Charia — et sert de support législatif et juridique, complété par les haddith de la tradition. Dans ces pays, les actes judiciaires et le code social sont conditionnés par l'autorité du Coran. Les juges islamiques y prononcent des sentences selon des critères issus de l'archaïsme religieux, immuable. Cependant, les religions ne sont pas des aboutissements terminaux, elles correspondent à des étapes transitoires propres à un lieu, à une époque, à un moment où le symbolisme était puissant : ces étapes provisoires de la pensée appellent à une libération : une explication universalisante. Qui la produira ? (A moins qu'elle ne soit déjà faite et que nous l'ignorions ?)

2. Notre pays, la France, est laïque. 
Le mot laïcité se traduit en arabe par un mot qui s'écrit
علهن et signifie également séculier. C'est-à-dire : verser dans les valeurs du siècle. Dans l'acception arabe, le mot est loin du sens que nous lui accordons en français. En France, le projet laïque, « pilier » de la République, affirme une valeur positive imprégnant le cadre intellectuel de la pensée afin d'organiser la vie sociale dans le respect et l'acceptation des différences.
La langue arabe est fixée par le Coran. La pensée, même non religieuse, exprimée en cette langue, est traversée par ce référent ontologique qui en innerve tout discours. Que l'on désire énoncer la laïcité en arabe, la langue le fera en des termes conçus et stabilisés par le référent coranique… qui précisément récuse l'alternative. Dès lors peut-on être laïque et musulman sans que cela soit en rupture avec le Coran ?
La langue arabe, conçue et élaborée sur le support coranique qui en fixe la pensée et l'écriture, reçoit le mot « laïcité » en terme d'une sécularisation qui serait, par essence, opposée au sacré. De là un malentendu. En islam, toute approche laïque est perçue comme anti-religieuse. La loi coranique se dresse tout entière contre la laïcité, soutenue dans les pays musulmans par une opinion publique extrêmement conservatrice qui ne facilite pas les efforts d'une élite qui désirerait assouplir les intransigeances de la fixité.
Les évolutions en « terre d'islam » sont lentes, l'inertie de la « Umma » est lourde, communauté de croyants réagissant avec passion et démesure — c'est le propre des foules que s' adonner aux excès surtout quand elles sont manipulées par des communiquants habiles. Quant à l'islam de France, vit-il dans la sérénité d'une paisible certitude de sa place dans la République ? Nous découvrons essentiellement un islam en  France, sous la férule de penseurs et d'imams spécieux formés à l'étranger, dirigeant une communauté mécontente et frustrée, écorchée par les mœurs laïques du territoire. La communauté musulmane française est essentiellement silencieuse, mais comment ne pas sentir vibrer une sourde colère d'insatisfaction qui la traverse et qui peut, à tout moment, se coaguler en passage à l'acte chez tel ou tel individu à la psyché instable ?

Le Président a rappelé… que la liberté d'expression est sanctuarisée en France. Les pays sous autorité musulmane ont immédiatement réagi. Obéissant ou dépassant les autorités officielles, du Liban à la Turquie, Koweit, Qatar, Arabie saoudite, Jordanie, Emirats, Egypte, Algérie, Maroc, Tunisie, des appels médiatiques sur les réseaux sociaux sont lancés pour un boycott des produits fabriqués en France. L'islam — populaire, obéissant et facilement manipulable — se venge sur le terrain économique, une manière de « guerre sainte » touchant au cœur sensible de notre société : l'argent. Ce boycott table sur l'habituel aplatissement de la République devant les enjeux économiques. Le Président turc Erdogan le sait bien, qui se rêve Sultan résurrecteur de l'empire otoman. Cela finira-t-il en une nouvelle bataille de Lépante ? Que faire, en France ? « Entrer en résistance » ? A moins qu'il ne faille organiser… la « Reconquista » de l'espace national qui serait donc… « occupé » ? Je parle de Reconquista en terme de spiritualité.

4. Mais quel est donc le projet de cet islam politique ? 
Tandis que la laïcité envoie la religion et le rapport au sacré dans la sphère privée, l'islam politique voudrait le porter dans la sphère du politique, du législatif et de l'exécutif. L'intégriste écarte donc d'emblée tout ce qui diminuerait sa volonté de puissance. Dans son approche du texte coranique, il préconise l'intransigeance et oblitère les versets d'atténuation. Il rejette la clémence et la miséricorde qui sont pourtant premières selon la loi coranique : « au nom de Dieu clément et miséricordieux » (bismila) est une phrase qui se lit en tête de toutes les sourates (la IX exceptée). Elles sont niées par  l'intégrisme. Sont interdites également l'interprétation symbolique, toute forme d'exégèse, la littéralité s'imposant à l'exclusion de toute élévation libératrice du sens. Cet islam maintient la Communauté musulmane qu'il entend diriger dans un état d'infantilisme et d'ignorance, exploite les ressentis et les affects au mépris de la réflexion profonde. Et proclame la sainteté de son projet tout en s'accordant lui-même la garantie de l'onction divine.

5. La Chahada
Quelle que soit la forme considérée de l'islam, — intégriste, politique, modéré — nous retrouvons toujours le Texte fondateur de la religion. La proclamation de la foi, appelée Chahada affirme : « Il n'y a de dieu que Dieu et Muhammad est son prophète ». Est-il permis de l'étudier sans soulever la colère des croyants ? (Le dialogue est ouvert et j'accepte volontiers d'apprendre et d'être mieux informé.)
Elle se déploie en 3 mouvements : 1) il n'y a… 2) de dieu que Dieu 3) et Muhammad est son prophète. L'enchaînement des trois données se réalise de manière continue, l'une découlant de l'autre dans la logique de l'unitaire.
 
5.1 « Il n'y a… »
On peut s'étonner de ce que la proclamation commence par une négative : « Il n'y a… » En effet, comment une chose peut-elle n'être pas, se demandera l'homme raisonnable, alors qu'à la ligne suivante il est affirmé non seulement qu'elle est, mais de manière unique ? Pourquoi la forme négative ouvre-t-elle une attestation de foi là où il aurait été plus évident, à l'esprit analytique, que l'unicité divine se déclare en terme positif. Pourquoi l'acte d'exposition recourt-il à ce que Dieu n'est pas (il n'y a) pour dire ensuite ce qu'il est (que Dieu) ? Pourquoi ne pas dire directement « Dieu et Dieu seul » ? C'est une question que les théologiens de l'islam se posent.
Le Coran s'ouvrirait-il sur une formule procédant de la négation pour asseoir ensuite l'attestation d'unicité ? A moins que la Chahada n'observe l'archétype de l'Inversion, selon lequel « la gauche structurelle se manifeste en premier ». Le livre La Face cachée du Cerveau, explique que le Qui Fait d'une structure s'active en priorité donnant témoignage d'une information antérieure donnée par le Qui Sait dont il procède. Dans ce sens, l'islam témoigne de sa position de Qui Fait par rapport à un Qui Sait dont il reçoit l'information : le Qui Fait est sujet à l'inversion à l'instant où l'information pénètre dans son espace, d'où l'ouverture première en sa forme négative.

L'initié bien informé de ces procédures systémiques saura que la manifestation extérieure commence par inverser le message initial. La droiture première du Verbe subit l'inversion lors de la pénétration en Qui Fait. Ce phénomène (phénoménologie de l'Esprit !) explique la virulence des appels au meurtre : ce sont des esprits troublés par des « messages » que leur structure mentale défaillante inverse et ne redresse pas. Que le mot amour soit lancé dans l'espace, aussitôt l'inversion suractive en eux le mot de haine. Le « non » s'impose par un effet d'inversion de l'information initiale et englue l'esprit dans sa négativité.
L'initié sait également que l'inversion, dans une structure équilibrée, n'est que momentanée : le redressement de la négative s'opère quasi instantanément au cœur de toute structure saine. Il en est ainsi de la Chahada, elle est construite sur les lois archétypales : la négative de première expression est aussitôt remise à l'endroit par la répétition (archétype du redoublement) de l'affirmation d'unicité. « Dieu que Dieu » redresse la tournure négative d'ouverture en assertion positive réitérée.
On en peut déduire que l'Islam est enclin à percevoir le « message », à l'écouter, d'abord en Qui Fait dont la première réception (par la négative il n'y a) est, en second temps, tournée en polarité positive redoublée. L'Inversion touchant le récipiendaire imposerait son péremptoire négatif si ce dernier n'est pas immédiatement retourné sur la double positivité du nom divin. La Chahada connaît ce processus et l'active car si la négative initiale n'est pas dissoute par la phase « Dieu que Dieu » sa puissance comminatoire peut entraîner de graves dysfonctionnements dans l'esprit qui se trouverait bloqué sur un « il n'y a… ». De là, l'inlassable rappel à la clémence et miséricorde à l'entrée de presque toutes les sourates : ces deux critères d'éthique président en tête de toute la pensée coranique.
Mais alors d'où vient cette violence inouïe des fatwas et autres jugements ordonnés par les juristes de la Charia ? Que font-il du concept de la Miséricorde (Dieu que Dieu), venue en correctif de l'intransigeance ? Et que vaut le littéralisme des obédiences salafistes ou wahhabites si elles oublient justement le sens de la clémence et de la miséricorde ?
Ce sont là des crispations sur le premier niveau d'organisation (sens littéral et mal compris) produisant des esprits ne fonctionnant que sur une parcelle du Code dont ils usent et dont ils empêchent l'évolution vers son plein entendement. Ils ne percent pas les symboles et ignorent la dialectique du signifiant et du signifié à l'intérieur d'une unité garante du sens.
 
L'islam « politique » cultive ce « il n'y a » négateur, qu'il bloque sur lui-même, et qu'il tente d'imposer au monde, au mépris de la miséricorde divine qui n'a nul besoin que des énergumènes s'autodéclarent défenseurs violents de sa cause. Le Dieu unique de la Chahada n'a aucun désir que l'on tue en son nom. Quant à la haine, puissant moteur de l'action, elle est une inversion de l'amour : elle procède de la négation du sentiment prioritaire qui devrait emporter l'adhésion des cœurs. L'islam politique inspirant les actes de terrorisme procède d'une erreur intellectuelle, d'une imposture en ce qu'il érige la négation de la vie comme un prétendu acte de justice. Cet islam-là, engagé dans l'intransigeance d'une négative, s'enfonce dans la schizophrénie à laquelle doit être appliquée une puissante thérapie : c'est l'islam lui-même, s'il en est capable, d'administrer à la faction intégriste la médication salvatrice. Elle consiste à réaliser une exégèse complète du texte coranique, à en libérer les symboles évoqués. J'ignore si les intellectuels musulmans sont à même de produire cet immense effort. En effet, (et Benoît XVI, le théologien Joseph Ratzinger, l'avait noté), l'islam ne « fonctionne pas sur la raison » et l'on aurait grand tort d'exiger qu'il produise une forme de rationalisme explicatif linéaire à l'occidentale. L'islam, et Averroes l'avait relevé, se construit sur la foi, le dogme, le culte et accessoirement la pression de la Communauté. La raison n'intervient que comme ligateur de ces constituants mais non comme un instrument de critique tel que le conçoit la pensée dite des Lumières. Dès lors je crois que l'exégèse du Coran ne peut venir que de l'extérieur de son fief, réalisée en territoire laïque hors de tout expéditif passionnel. « L'apport des preuves » ne peut s'opérer que par une connaissance surplombant les symbolismes, les ramenant au sens ontologique de leur motif premier qui produira alors ce que le Coran appelle « Lumière sur Lumière ». Dans ce domaine, dépassant les intuitions de René Guénon, toute recherche sérieuse commencera par intégrer les découvertes exposées dans la Face cachée du Cerveau, ouvrage-clé unissant le savoir objectif aux données issues du sacré et donnant à voir le code des archétypes universaux à la base des traditions du monde.
 
5.2 « de Dieu que Dieu… »
La seconde partie de la Chahada présente le complément positivant de la première : Dieu que Dieu. Réaffirmation redoublée du divin abolissant toute inversion, anéantissant toute prétention qui placerait avant Dieu une antériorité quelconque. Tout découle donc de lui, dans la mesure où il est seul à pouvoir dire « il y a ». Ce Dieu unique ne peut que désavouer les bourreaux qui prétendent tuer en son nom. Qu'aurait-il besoin d'eux ? Ce Dieu est, avant même que toute affirmation n'atteste son existence. Il est avant que le Coran n'en témoigne, avant son prophète qui n'apparaît qu'en troisième position dans la déclamation. Ce Dieu d'absolu a-t-il besoin qu'une politique humaine impose sa volonté au monde ? N'est-il pas avant tout un Dieu de liberté nous laissant face à nos responsabilités ? Ce Dieu est-il satisfait ou dépité des comportements de ses créatures ? Qu'irait-il éprouver des sentiments, lui qui n'est que perfection — non moins créateur d'une humanité hautement… perfectible ? Perfectible par quel moyen ? Par la loi religieuse ? Par la loi séculière ? Par la morale ? Par l'éthique ? Par les Commandements — « les Dix paroles » de la Torah, à la base de nos codes, et qui nous protègent, a minima, de la barbarie ? Barbarie insolite que celle de l'intégrisme qui s'exerce sous prétexte de parfaire les âmes. L'islam politique rêve-t-il de parfaire l'humanité selon une modélisation de soumission ? La perfection n'est pas de ce monde, elle est réservée à « Celui qui est, celui qui sera » dont Moïse entendit la voix au cœur du Buisson Ardent. Dès lors, qui sont-ils pour prétendre corriger le monde, soumettre autrui aux règles qu'ils estiment les meilleures parce que ce sont les leurs ?
 
5.3 « Et Muhammad est son prophète… »
Troisième admonestation adressée au lecteur du Coran. Oserais-je la passer — respectueusement — sous microscope ? « Son prophète », cela signifie-t-il, après l'affirmation de l'unicité divine, qu'il n'y a qu'un seul prophète parlant en son nom ? « Son » prophète signe en effet un caractère d'unicité. Un seul Dieu, soit. Mais également un seul prophète ? Pourquoi n'est-il pas écrit : « un de ses prophètes » ?
Sommes-nous des ergoteurs quand nous cherchons à comprendre le sens des mots ? Le lecteur du Coran ne se pose pas nécessairement cette question, mais il n'est pas dispensé d'y réfléchir : qui est le narrateur de la Chahada ? Qui est le locuteur qui s'exprime dans ces lignes ? Est-ce Dieu lui-même ? Dans ce cas, pourquoi Dieu parlerait-il de lui-même à la troisième personne ? Pourquoi Dieu ne dit-il pas : Je suis seul Dieu ? Pourquoi cette absence du Moi, du Je divin dans la Chahada ?
Souvenons-nous du verset biblique d'Exode 3-14, « Ehie Acher Ehie », traduit par « Je suis celui qui sera ». Le Dieu d'Abraham, d'Isaac et de Jacob ne craint pas de déclarer son Moi, conjugué au présent, au futur et se projetant dans le temps. Tout au long de la Torah, il ne laisse de dire Je.
אהיה אֹשר אהיה  
Le Dieu du Buisson ardent énonce son être en style direct, en réponse claire au questionnement de Moïse. La Chahada, quant à elle, expose un triplet proclamé par… Par qui ? Qui s'exprime là en disant « Muhammad est son prophète » ? Cela semble prononcé par un tiers narrateur qui n'est Muhammad ni Dieu. Qui tient ce discours, conçu de sorte qu'il soit repris par le lecteur à son tour ? Ce lecteur, croyant ou non, à la lecture de la Chahada, prononce ces paroles dont il devient lui-même le porte-voix. Discours politique donc, d'un narrateur inconnu qui met sur les lèvres du lecteur ce qu'il voudrait entendre prononcé ?
Tout lecteur du Coran endosse de fait les trois assertions de la Chahada. Le lecteur s'impose lui-même l'accompli de la pensée exprimée. La Chahada est en ce sens un acte politique majeur.

6. Quel est le poids de la laïcité…
…en face de cette puissante assertion, prononcée par des millions de musulmans dans le monde, y compris sur le territoire laïque de la République ?
Le mot arabe
علهن s'écrit par les lettres Ayin, Lamed, Mem, Noun. Nous reportant sur la symbolique de l'Alphabet hébreu que la tradition soufie a calquée et reprise, cela signifie : voir (Ayin) / ce qu'enseigne (Lamed) / le cycle dans son moment provisoire (Mem) / à l'humanité (Noun). Autrement dit : la laïcité consiste à voir les choses dans le cycle en cours, au travers de l'œil humain seul. Le mot arabe pour laïcité décrit une pensée où Ayin (la vue sur les choses) préside à l'enseignement du cycle dont l'humanité s'informe en conclusion. Le regard (première lettre) conditionne le résultat terminal humain (Noun), donc à l'exclusion de la participation du sacré (sinon le mot s'écrirait avec un Aleph ou un Yod).
La langue arabe considère que la laïcité est le résultat d'une vue (ayin) au travers d'un prisme incomplet (Mem) qui conditionne l'humain. Et laisse entendre l'absence du sacré. Le mot arabe exprimant l'idée de laïcité transporte l'idée selon laquelle il s'agirait d'une forme de négation du religieux, alors qu'en français, et dans l'esprit débonnaire de la République, ce mot n'exprime pas l'ostracisme contre le sacré, mais propose au contraire l'organisation de l'espace social et culturel permettant à tous de vivre sa foi, son athéisme, sa quête, sa philosophie — et même la sottise — en toute liberté, dans le respect de la loi séculière.
 
7. L'avancée exégétique.
La laïcité, dans la neutralité de l'espace qu'elle propose, en appelle au regard éclairé sur le réel, doté de la « double vue » alliant les sciences à la Connaissance initiatique, sans exclusive. C'est la laïcité qui favorisera l'avancée exégétique des textes sacrés, en ce qu'elle ouvre l'espace mental à la diversité. La recherche du principe d'unité fédérant les rites et croyances du monde, en appui sur les preuves scientifiques, n'est possible que sur le territoire de la laïcité. C'est pourquoi la France, dont c'est la mission universalisante, doit rester le sanctuaire de la pensée laïque et ne se soumettre à aucun particularisme singularisant telle ou telle adhésion à quelque idéologie que ce soit. Ne se soumettre à aucun culte, aucun dogme, aucune mode. J'y inclus le scientisme qui exerce son pouvoir non moins sectaire et la fascination idolâtrique qui nous prosterne devant la technologie forcenée — elle a ses prêtres, ses temples, et ce sont des formes nouvelles… de croyances qui méritent, elles aussi, d'être passées au crible de la critique.
Le territoire de la liberté laïque nous donne la possibilité d'être libres et de nous affranchir de toute forme d'asservissement. Une liberté qui exige un effort d'intelligence, de lucidité. Elle permet l'évolution vers la maturité d'une humanité consciente de sa vocation, au sein d'un univers sans doute lui-même issu d'une conscience… désirant être comprise.
 
Livres :
 
Suite de cette article : l'islam face à la science.

mardi 20 octobre 2020

Comment lutter contre la haine et les terroristes ?

par Dominique Blumenstihl-Roth

Nous sommes consternés par la violence de l'intégrisme musulman. Comment faire pour mettre fin à ce processus  morbide ?

— Il faudrait pratiquement les attraper un à un, leur faire un lavage du cerveau, me disait un ami. Car chacun de ces intégristes est, à titre individuel, porteur du projet d'anéantissement. Mais que pourrions-nous leur inculquer en lieu et place de leur idéologie ? Quelle doctrine, meilleure que la leur, pourrions-nous leur enseigner, qui les passionne avec la même ardeur ? Comment remplacer leur pulsion de mort par celle de la vie ?

Que faisons-nous, en face, de manière évidemment pacifique, qui serait à même de corriger leur état d'esprit ? J'ignore si nous pouvons les changer. Mais nous pouvons nous changer nous-mêmes. Comment ? En cessant d'être ignorants. En acceptant de nous regarder nous-mêmes de manière sérieuse et impitoyable. Voir quelles sont nos qualités, mais aussi tous nos défauts et les affronter. Sortir de notre état de béatitude navrante et chercher à comprendre qui ils sont… et qui nous sommes.

Les intégristes, comme le nom l'indique, ont l'esprit attaché aux ritualisations désuètes, aux méthodes violentes.
Alors regardons les religions : elles sont toutes immobilisées dans des symbolismes de décoration, d'architecture, de peinture, de langage, de vêtements mais les données essentielles ne communiquent plus. Les religions n'ont pas franchi le pas qui sépare l'appréhension symbolique de la maîtrise explicative consciente. C'est dans ce contexte que l'on doit regarder l'Islam, ses réactions, ses blocages, et l'intégrisme qui émane de lui. L'intégrisme, pour tenter de revivifier une dernière fois sa vague, replonge dans le passé des fondateurs pour y puiser l'énergie des premières heures conquérantes. Ce phénomène s'appelle "le retour à l'archigène". Ils n'ont, pour survivre, d'autre recours que s'enfoncer dans la croyance fanatique, à des formes d'expression dont le sens leur échappe.
L'intégrisme correspond à ce que Dominique Aubier a identifié dans son livre "La Face cachée du Cerveau", au retour en force des strates anciennes, activées par des liaisons correspondant à des axones remontant aux couches premières. L'intégrisme est une émanation régressive, mais parfaitement prévisible dans le cadre d'une évolution cyclique à l'intérieur de laquelle le retour à l'archigène est structurellement inscrit.

Si nos experts de la politique avaient un peu plus de culture — ou s'ils acceptaient de s'instruire ou du moins écouter —, ils auraient pu anticiper la vague intégriste. Celle-ci est puissante, parce que le "retour à l'archigène" en tout cycle se myélinise sur un axone qui replonge dans les strates premières du cycle en suivant itinéraire fortement innervé. L'Islam cherche à se ressourcer à son origine, faute d'apercevoir l'issue exégétique de ses textes fondateurs.
Défaillance de l'élite musulmane et incapacité totale de ses intellectuels de réaliser cette exégèse libératrice du langage symbolique du Coran… 
L'intégrisme salafiste est une volonté de renouer avec les formes "intégrales" des premières années de l'Hégire… mais il est bien incapable de produire la moindre lecture initiatique de son Texte. Il ne connaît que la lecture littérale et interdit fermement l'approche symbolique. Quant à "l'Islam de France", il est dirigé par des dévots en charge du culte, mais aucunement d'initiés capable de dégager le sens.

Face à la forme régressive qu'emprunte la religion musulmane, il faut constater qu'il n'existe, à l'intérieur de la même religion, aucune poussée verticale exégétique qui sortirait le texte de référence coranique de son ornière symboliste. Le soufisme est resté bloqué dans les allégories, et les penseurs qui auraient pu susciter l'avancée intellectuelle de l'Islam ont été assassinés dans des conditions horribles. Le supplice du grand poète Mansûr Al Hallaj, tué en raison de ses remarquables perceptions, est emblématique.
L'avancée maximale de l'Islam demeure, encore aujourd'hui, Ibn' Arabî, l'initié andalou… mais son langage métaphorique (du XII° siècle !) reste quasi inaccessible à l'entendement du XXI° siècle. L'Islam n'a produit aucune actualisation de sa propre théologie. (Selon la tradition musulmane, ce serait le rôle de "l'Imam cachée" que la produire. Le chercheur Henry Corbin l'a mentionné dans plusieurs de ses ouvrages.)

Dans sa forme symboliste et littérale, l'Islam se heurte au mur du Temps qui construit une barrière infranchissable aux acceptions archaïques. L'intégrisme est donc sans avenir, car dans un cycle, la liaison vers les couches ancestrales ne dure qu'un temps délimité. Combien de temps va durer cette régression ? Il est démontré que, dans un cycle, quel qu'il soit, des lignes de persistance maintiennent en vie des états de conscience surannés. Tout dépend si, à son opposé, se propose la sortie exégétique drainant l'énergie vers le futur et si cette sortie est soutenue par suffisamment de personnes.
Où est-elle, cette sortie exégétique ? Et qui la réalisera ?

Face aux religions, le rationalisme — notre mode de pensée privilégié — est bien incapable de libérer ces compréhensions anciennes de leur carapace symboliste. L'anthropologie a échoué et l'ethnologie n'a pas réussi à réaliser la synthèse des croyances. Echec sur toute la ligne.
Dès lors se pose la question : nous, en face, dans nos pays occidentaux dits "raisonnables", avons-nous réellement fait le nécessaire pour que notre civilisation produise une grande avancée culturelle aidant la pensée symboliste à se libérer de la gangue des images et textes allégoriques ?

Nous sommes face à un terrorisme de "post-modernité" disait récemment une intellectuelle à la télé. Elle avait raison. Dès lors il faut trouver une réponse du même type. "Notre réponse sera impitoyable", ajoutait un interlocuteur… "notre amour sera impitoyable."
Réponse sublime.
Car si l'amour doit répondre à l'intégrisme terroriste, dans ce cas, qu'est-ce que cet "amour impitoyable" ? L'arme absolue ? On a galvaudé trop souvent le sens du mot "amour" par des acception pathétiques de sentimentalité, alors que dans le langage initiatique c'est un acte symbolique positif : sous ce terme, s'exprime la doctrine de l'Union, de la Synthèse, l'Union des Contraires, que la Tradition hébraïque appelle le grand Qorban. Unir Connaissance et sciences, réaliser la conciliation des contraires dont il doit émerger… une lumière nouvelle.

En France, nous avons les bistrots, la chanson, la philosophie… "Tous au bistrots", disait un responsable culturel, après l'attaque du Bataclan, espérant produire par là un acte de "résistance". Il aurait dû préciser quelle devrait être la boisson universellement servie à table. Le vin de Don Quichotte ? Le vin d'une mise au clair universalisante donnant une vue globale sur les religions et la diversité des cultures ?
 "L'Amour nous sauvera". L'Amour… certes. Le mot ne remplace pas la chose et la chose ne donne pas son explication. Avons-nous produit l'acte d'amour civilisateur :  la grande synthèse des cultures ? Nous parlons de "diversité culturelle", au point que c'est devenu un poncif mais on fait tout le nécessaire pour qu'elle n'émerge jamais. A ce jour, l'Unesco dont ce serait pourtant la mission de soutenir un tel projet, est restée inopérante.
Diversité, oui. Mais entre claironner une thématique sous des termes sentimentaux et en produire la charte, il en va d'une sacrée différence. Alors, qu'en est-il de produire la synthèse universalisante (acte d'amour !) qui dégagerait le cœur conceptuel de toutes les croyances et religions et les unifierait sous la bannière d'une compréhension unitaire ?


Le meilleur moyen de lutter contre l'intégrisme, du point de vue culturel, c'est de promouvoir l'émergence de la grande synthèse. Je ne dis pas : dialogue inter-religieux. Car le dialogue interreligieux est une illusion, chaque religion restant sur sa posture, persuadée qu'elle est la meilleure. Ce qui importe, c'est l'identification du motif à la base de toutes les traditions du monde. Le temps de l'universalité est là, unificatrice.

Ce travail de synthèse a été fait.
Sous la forme d'une lumineuse mise au point qui jette les bases de la civilisation de l'Universel, rendant justice à toutes les formes de tradition, y compris la Science et donc… la raison.
Et cela se trouve dans ce livre :

En français

En anglais

Pour rebâtir le monde, affirmer les valeurs de l'Esprit.

dimanche 18 octobre 2020

Comment concilier la diversité des religions : Le Principe d'Unité et d'Universalité.

Comment concilier la diversité des religions ?

Par Dominique Blumenstihl-Roth

 

La cruelle actualité du terrorisme nous met face à une grave question : comment concilier religions et traditions, tout en respectant leurs particularités ? 

Comment fédérer les cultures, sous quelle bannière accepteraient-elles de s'unir tout en sauvegardant leur identité ? N'est-ce pas la mission même de la laïcité que travailler à cette conciliation surplombant les différences ?

Les poètes ont pressenti la nécessité de ce projet universalisant. Goethe, Whitman, Paul Valéry, Stéphane Mallarmé désiraient toucher l'énigme de cristal. Teilhard de Chardin en a eu l'intuition. Mais quelle philosophie, quelle science, quelle politique donneraient aujourd'hui corps à ces perceptions ?

 

D'éminents chercheurs soupçonnent l'existence d'un motif unique régissant le réel. Mais le corps éparpillé des disciplines scientifiques, malgré ses efforts d'interdisciplinarité, a-t-il identifié la constante universelle ? De leur côté, mythologies et religions, depuis longtemps affirment la cohérence qui unit les camps du Sacré. Mais comment repérer le vecteur universel, fondateur d'unité ? C'est cette enquête-là que présente La Face cachée du Cerveau. Quarante ans de travail ont été nécessaires à cette investigation. Il en résulte un ouvrage magistral qui met au jour le code cortical, révélant la puissance qu'il a d'être le code des archétypes du réel.

 

DOMINIQUE AUBIER part de DON QUICHOTTE, traité initiatique dont elle décode le cryptage et dont elle relève la structure. C'est dans ce livre qu'elle trouve la clé d'universalité, telle que Cervantès l'y avait glissée après l'avoir lui-même reçu de la tradition hébraïque. Munie de cet instrument, l'auteur libère les visions du soufi andalou IBN'ARABI de l'hermétisme médiéval. Elle rapproche le Livre des Demeures de Sainte THERESE d'AVILA du Traité des Palais (le Zohar) de MOISE DE LEON. Elle offre l'explication systémique de l'enseignement chamanique du sorcier amérindien JUAN MATUS, rendu célèbre sous la plume de CARLOS CASTANEDA. Sans oublier les Inuits, les Dogons ou la tradition bouddhiste du Tch'an et du Zen, l'auteur démontre que c'est sur le modèle d'une structure corticale que s'expliquent rites et traditions. Le lecteur est convié à un voyage aux confins des lois fonctionnelles du cortex humain qui restitue l'image de la structure d'universel : disposant de cet outil, chacun peut éprouver par lui-même la validité de ces découvertes.

 

Ethnologues, sociologues, historiens, thérapeutes ou simples chercheurs de vérité trouveront dans ce livre le principe d'unité, l'identification de la structure sous-jacente du réel, ainsi que ses lois de fonctionnement. Applicable à tout domaine d'investigation, aussi bien les sciences sociales que la gestion de projets, la politique, la biologie, l'ethnologie, il s'agit avant tout d'une mise au clair des lois organiques du vivant dont nous pouvons vérifier l'efficience dans nos vies quotidiennes. Ce livre donne en effet une vision des codes, actes et arrêts promulgués par le réel : confrontée à cette inéluctable puissance, notre liberté consiste à nous en instruire afin d'en maîtriser, dans nos vies, l'ordre et l'agencement. Une fantastique perspective pour développer l'art de vivre en accord avec le Réel.

 

La Face cachée du Cerveau s'appuie sur une documentation scientifique de premier plan, mise en dialogue avec les données de la Connaissance. Il s'en dégage un outil précieux permettant d'appréhender la logique des systèmes, aussi bien dans les structures humaines que les processus évolutifs naturels. Cet ouvrage exceptionnel propose au Lecteur la joie de participer à une enquête remarquablement menée, sertie dans l'exactitude d'une sémantique maîtrisée. Ce livre dégage le code fondateur d'universalité, dans le respect de la diversité.

Il permet de concevoir concrètement la Civilisation de l'Universel.

Je considère cet ouvrage comme l'un des plus importants de notre siècle. Il est en soi une prière et une affirmation claire de l'unité humaine.

Rebâtir le monde avec les valeurs de l'Universalité.

Dominique Blumenstihl-Roth