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mardi 13 juin 2023

Il m'est arrivé une nouvelle histoire d'échelle : lecture de signe

Il m'est arrivé une nouvelle histoire d'échelle (1/2)

par Dominique Blumenstihl-Roth


L'ampoule de la lampe extérieure éclairant l'entrée de ma maison vient de claquer. Rien d'étonnant, usure normale, me dis-je. Mais il faut agir vite pour ne pas me trouver sans lumière. Dès le lendemain, j'installe mon échelle, je monte au 5e échelon et je démonte la lampe. Aucune difficulté, je dévisse l'ampoule grillée et je redescends. Je prépare la nouvelle ampoule de rechange, une « LED ». N'ayant rien remarqué de spécial jusque-là, je remonte en toute confiance et là, parvenu une seconde fois au 5e échelon, patatras. L'échelle pivote, tourne sur elle-même et me voici voltigeur d'une acrobatie peu glorieuse. Le tout ne dure qu'une seconde, et je me retrouve par terre, dans l'herbe, le souffle coupé, éberlué. Une vive douleur s'enfonce dans mon côté droit. Que s'est-il passé ? Aucune idée. Pour l'instant, je reste allongé, bien sonné, à regarder le ciel. J'arrive enfin à respirer. Je tente de réfléchir à ce qu'il faut faire.

Je suis seul dans le jardin, personne ne m'a vu. Pas de téléphone sur moi. Rester calme, respirer, sentir mon corps. Côté droit très douloureux. Mais je peux bouger. Je me roule sur moi-même et ne sais trop comment, je parviens à me relever. Le mieux est d'aller tout de suite consulter le médecin à la maison médicale de la commune, qui est à cinq minutes à pied.


Mes pieds ont marché tout seul jusqu'à la consultation. Par chance, le docteur C. était là ; il m'a immédiatement reçu. J'ai pensé : « bon signe malgré tout. On n'est pas perdus. » Un bref regard sur l'hématome. Je crois à la pertinence d'un regard averti capable de déceler un traumatisme au moyen d'un coup d'œil affûté. Il m'a aussitôt prescrit des antalgiques et une analyse des urines. Quant à savoir ce que j'avais, pas un mot. Mais j'ai confiance et j'ai mon idée.

 Sur le chemin du retour, je passe devant le domicile du docteur D. qui exerce dans une institution pour personnes handicapées. Hasard, ou coïncidence, à la seconde où je passe devant sa porte, il sort de chez lui. Me regarde : « Qu'est-ce qui vous arrive ? » demande-t-il. Je lui raconte mon accident. — Bon, venez, suivez-moi. On va voir cela de plus près.

N'était-il pas étonnant de croiser le docteur D. juste à l'instant où franchement, j'avais besoin d'un toubib ? Il était là, en redoublement du premier médecin. Le second (médecin ancienne génération), croisé en mode répétition, autre méthode, a procédé à un complément très minutieux avec palpation des vertèbres et des côtes. Le second médecin différait du premier par l'intérêt qu'il portait également à la narration. Il était en outre sensible au « hasard » de notre rencontre et voulut connaître les circonstances de l'accident. Savoir ce qui s'est passé, où et comment, pour mieux comprendre le traumatisme… J'ai apprécié cette écoute, ainsi que la clarté de son explication par quoi il m'expliquait la prescription… de son collègue qui avait été plus expéditif — ce qui n'enlève rien à sa compétence : on ne compare pas les noblesses entre elles, dit Don Quichotte. J'observais cependant que la vie, le réel, dans son déroulé, et sans que je le recherche, m'avait mis tour à tour en présence de deux styles d'auscultations totalement différentes.


Le Redoublement opérait de tout évidence

La consultation de seconde instance se déroulait sur la base de la première, en précisait le contour, en éclairait le diagnostic par un dialogue ordonné sur une écoute. Côte cassée ? C'est moi-même qui avais, selon la douleur localisée et éprouvée, déduit cette conclusion, que j'avais sans doute lue dans l'esprit du premier médecin : il était passé directement de l'observation à l'ordonnance, en professionnel expérimenté qui n'a pas le temps d'expliciter le comment et le pourquoi de ses décisions. Pourquoi une analyse d'urine ? Mais quoi, on est ignorant face à la science, on a confiance, on fait ce qui est demandé.

C'est donc le second médecin qui m'a expliqué : — C'est pour vérifier s'il n'y a pas d'infection interne qui résulterait d'une lésion. C'est pertinent, dit-il.

— Mince alors, me dis-je, le premier aurait pu me le dire. Car je suis homme de raison, capable de comprendre, et si j'adhère à la science ce n'est pas sur un acte de foi, mais par la raison objective. Expliquer les choses, c'est augmenter la conscience avec laquelle on agit. Le processus de guérison ne s'opère pas en-dehors de la participation intellectuelle du patient qui est en droit de recevoir une succincte explication du diagnostic. La toute puissance du docteur silencieux face au patient maintenu dans un non-dit favorise-t-elle la résorption du traumatisme ? Le processus de guérison passe aussi — et surtout — par la parole explicative qui touche la conscience du premier concerné qu'est le patient lui-même.

Que faire ? Le docteur D. me répond : « il faut supporter, être patient. On ne peut pas vous plâtrer les côtes… Vérifier qu'il n'y a pas d'autre casse, cela se verra dans les urines. Porter un bandage ou des straps. Prendre les antalgiques… »


Une heure à peine s'était écoulée depuis ma déconvenue

J'ai pris conscience de la chance dont j'ai bénéficié, d'être immédiatement reçu en consultation en première instance par un médecin débordé (je vis dans ce que l'on appelle un « désert médical ») et de recevoir l'expertise d'un second docteur, placé sur ma route alors que je n'en espérais pas autant. J'en ai déduit que j'étais sous la bonne étoile. Je voyais bien qu'une « grâce » toute spéciale m'entourait. Il y avait là un message à entendre, à comprendre. Ne pas en rester à l'affaire de la « côte cassée », anatomie en détresse, mais soutenir la médication par un acte de conscience par quoi je toucherais au sens de l'événement.

— Etais-je tombé par hasard ?

— L'ampoule éteinte… Durée de vie terminée… Cycle achevé… 

— Extinction de la lumière…

— Mon échelle, en hébreu Soulam, valeur numérique 130, la même que le mot Sinaï.

En la regardant de près, après la chute, je remarque qu'un des pieds de l'échelle pourtant en aluminium, s'était littéralement déchiré. Une échelle boiteuse… A l'image de l'ancien cycle civilisateur qui se termine… sur une actualité de violence ? Car sur un plan de cohérence, ce qui m'arrive à titre personnel n'est pas détaché de ce qui se passe dans le monde. Ce monde, j'y participe, j'en reçois et subis les conditionnements, n'étant pas sur une île à l'abri de tout. Cette guerre en Ukraine perturbe l'ordre du monde, quantité d'esprits s'en trouvent affectés, sans même se trouver directement exposés au conflit. Certains esprits chavirent, sombrent dans la folie, dans la violence, étant sous l'emprise d'une inversion négatrice. Les crimes, meurtres, attaques sanguinaires découlent à mon sens de la puissance inversante qui transforme le message originel de vie et d'amour en une charge négatrice qui s'augmente de manière entropique à mesure que le cycle progresse vers sa propre fin.


A en croire les signes, un remarquable renouveau est en cours

Les quatre enfants perdus dans la forêt amazonienne de Colombie ont survécu après le crash de leur avion, ils ont été retrouvés. Les quatre enfants gravement blessés par couteau à Annecy, sont hors de danger. Ces deux événements ont été relayés par les médias qui ont senti la pression de l'Invisible mettant en avant le message de la salvation. Les secours ont été efficaces, La nouvelle génération est sauvée. Mais elle ne fonctionnera certainement pas comme l'ancienne dont nous savons combien elle tire ses prospectives de la lecture linéaire ce qu'elle sait (ou croit savoir) déjà. La nouvelle génération, échappée de la jungle — la jungle sociale et ses critères darwiniens obsolètes et faux — sera instruite de la Connaissance et n'ignorera rien du Code de la la Vie. Elle provoque certes la folie meurtrière des adeptes d'Amaleq mais elle sera protégée par une main puissante à l'ombre de laquelle la vérité s'enseignera.

Le vieux système, nous en garderons ce qui sera jugé valable ; l'inutile, le faux finissant par de discréditer lui-même et s'anéantir. L'ancienne échelle des valeurs productivistes, idéologiquement marquée par l'idée du « messianisme matérialiste » est bonne pour la casse. Cette loupiote n'est pas « sauvable ». Il fallait — il faut — d'urgence visser la nouvelle ampoule « LED », entendre ici : « l'Aide », garantie 10 ans super-lumineux.


La réparation est en cours

Le soir, même mon ami Olivier est venu. Il a compris que ce signe dépasse l'anecdote personnelle : il fallait prendre quelque initiative Se débarrasser au plus vite des vestiges de l'échelle cassée, et au moyen d'une autre échelle, plus stable et plus haute, changer l'ampoule réelle devenue symbole d'une situation. Nouvelle échelle, nouvelle ampoule, nouvelle lumière… En un moment : réaliser ce que la tradition appelle le « tikoun », la réparation, la restauration du vase brisé dont parle si bien Louriah.

La réparation s'opère juste avant l'entrée du nouveau cycle historique. Comment ?

Par le travail des initiés qui résorbent la fracture. Mais aussi par l' « aide » extérieure d'alliés venus en renfort. Je me suis aperçu — faut-il le sentir dans son corps pour le saisir vraiment ? — que la participation effective des personnes est indispensable à toute réfection. C'est avec enthousiasme que les aides se manifestent, dès lors qu'elles se sentent informées, impliquées dans quelque chose de nouveau, de plus grand. Si les politiques déçoivent tellement, n'est-ce pas en raison de leur stagnation sur des critères surannés et du rétrécissement spirituel qu'elles pratiquent ? Nous attendrons longtemps avant que quelque lumière vienne de ce secteur de la pensée.

J'avais certes l'ampoule neuve. Mais c'est une aide extérieure qui est venue la visser.

L'ancienne échelle est à la casse. Un nouvel outil désormais se propose, c'est la Connaissance expliquée, actualisée, où les symboles, ayant donné toute leur lumière, se voient remplacés par la claire compréhension de leur message. « L'aide » éclairante du Code — le Code de l'Alphabet — est mise en place par une nouvelle échelle et l'intervention des secours. Jacob n'est plus seul dans sa lutte, il se voit secondé par l'appui de tous ceux qui ont été instruits de la Connaissance. Nous en sommes.

On en peut déduire que le personnage biblique, fondateur de la longue généalogie de prophètes, bénéficie désormais d'une réparation : sa hanche, abîmée lors du combat avec l'Ange (Genèse 32-25) a été réparée par la chirurgie équilibrante unissant sciences et connaissance. Aujourd'hui, le « Boiteux biblique » recouvre sa pleine capacité ambulatoire, la science est intervenue, remettant la hanche blessée en place ou lui substituant une prothèse efficace. En cela, je reconnais l'intervention de « l'autre », en interaction avec l'initiative initiatique où le « Ma » vient soutenir le « Mi », selon le lexique des kabbalistes. Rencontre et union des contraires, parfaitement réalisée… dans ce livre dont on me reproche de trop parler. Mais allons plus loin.


Ouverture des temps nouveaux !

J'étais dans la même situation que Sancho Panza : « quoiqu'il fît tout ce qu'il put pour dormir, la douleur de ses côtes l'en tenait empêché, et quant à Don Quichotte, avec la douleur des siennes, il avait les yeux ouverts comme un lièvre. » (Don Quichotte, chapitre XVI, vol. I) Le médecin, par chance, m'avait prescrit un antalgique. Que j'ai pris. La douleur s'est en effet calmée. Cependant, trois jours plus tard, ventre gonflé et constipation sévère. Contraction intestinale hyper-douloureuse dont je passe la description. A la pharmacie on m'informe que cela vient… du remède dont c'est un effet secondaire notoire. — Bon sang me dis-je, pourquoi le toubib me prescrit-il ce remède sans m'avertir de cet effet ? A moins qu'il l'ignore ? Le pharmacien me dit : — la prochaine fois qu'il vous ordonne du paracétamol/codéine, il faut lui demander de prévoir un accompagnement avec Macrogol 4000 à prendre immédiatement…

Autrement dit, c'est à moi de dire au docteur ce qu'il me faut comme remède ? Peut-être fallait-il en effet me prescrire à moi-même la fameuse liqueur de Fierrabras, remède universel concocté par Don Quichotte ? Lui aussi, souffre régulièrement des côtes, suite à ses chutes et des coups qu'il reçoit.

Eh oui, c'est à l'humanité de dire ce dont elle a besoin, et pour le savoir, elle doit elle-même s'instruire en lisant elle-même la fameuse « notice avant de prendre ce remède ». « N'attends pas tout du thérapeute et prends en charge ta part », me dis-je, « ne renonce pas à t'informer auprès de ceux qui pourraient en savoir davantage. »


Ouf, le bouchon s'est débloqué non sans l'usage de la pipette Microlax au sorbitol, citrate et laurilsulfoacetate de sodium, à effet pour le moins « spectaculaire », dirais-je pour imiter le langage d'une autorité, le docteur François Rabelais (mon médecin traitant). Quel soulagement !

J'en ai déduit que les obstacles sont levés, dissous. Aucun barrage ne s'interposera plus dans l'écoulement naturel de la Connaissance bien comprise et bien… digérée. Plus de rétention, plus de durcissement, de contractions douloureuses, le nouveau cycle bénéficiera d'une libération de toutes les voies. On me répondra que j'exploite là un terrain physiologique peu ragoûtant pour en faire une lecture de signes : l'invisible n'a pas peur des mots, il n'a aucune pruderie. Pour lui, tout ce qui existe est vrai. Et concernant le corps, ce dernier est à lui-même un terrain sur quoi s'écrivent les messages, il est ce par quoi nous sommes dans le monde réel, aussi mérite-t-il la plus grande attention.

Le même jour, je reçois un coup de téléphone de l'imprimeur Hérault, basé à L'Aigle, qui m'informe que le livre « Inédits 2. » de Dominique Aubier vient tout juste d'être imprimé et qu'il me sera livré pour le 18 juin. Une date mémorielle d'appel à une délivrance.


A la série d'interventions secourables dont j'ai bénéficié pendant ces jours difficiles, je salue la présence de l'ami Philippe qui s'est proposé de faire mes courses, celle de Chantal qui m'a donné de judicieux conseils pour accompagner la thérapie et bien d'autres bons soutiens. J'en ai déduit que de puissants secours sont à l'œuvre ; les secours et appuis, spontanément présents, chacun dans son style, c'est vous-même, ami(e)s lectrices et lecteurs qui participez à l'aventure initiatique en soutenant le projet éditorial que je maintiens « quoi qu'il en coûte ».

 

(Suite de cet article ici)



Au programme :

— le tome 2 de la série « Inédits », disponible à partir du 18 juin 2023;

— le tome 3 est en cours de préparation, car j'ai retrouvé le manuscrit original, une superbe étude de la crise, sa raison d'être, et comment en sortir ;

— « La quichottisation d'une existence » un inédit de Dominique Aubier… peut-être le dernier ? 


A cela s'ajoute une série sur Don Quichotte, que j'écris, dans les pas du Maître, en plusieurs volumes…

Avec votre aide ce programme éditorial pourra se réaliser.

jeudi 8 juin 2023

Don Quichotte et la prophétie du barbier, pour sortir de la crise civilisationnelle

La prophétie de Don Quichotte

par Dominique Blumenstihl-Roth

Ou comment sortir de la crise civilisationnelle



Le chapitre 46 du premier tome de Don Quichotte se referme sur le dramatique encagement du chevalier. Un espoir cependant survient : la prophétie du barbier. Une prophétie comiquement ampoulée, surjouée par le barbier qui entend par son emphase donner de la prestance à son verbiage. L'espiècle raseur s'en amuse : mettant en scène le ridicule de sa déclamation, il emprunte « une voix effroyable », contrefaçon des prophètes bibliques dont il sait que le Quichotte — et peut-être le Lecteur ? — la prendra au sérieux : « O chevalier de la Triste-Figure, n'éprouve aucun déconfort de la prison où l'on t'emporte ; il doit en être ainsi pour que tu achèves plus promptement l'aventure que ton grand cœur t'a fait entreprendre… » 

Quoi ? Etre mis au cachot pour mieux performer sa mission ? A moins que l'enfermement ne présuppose une prompte libération, à laquelle œuvrera une intervention extérieure, car le Quichotte, de l'intérieur de sa cellule, ne peut ni ne veut rien faire. « Laquelle aventure se terminera quand le terrible lion manchois et la blanche colombe tobosine gîteront dans le même nid… »

 

Le barbier semble réellement inspiré 

Il prévoit en effet le mariage (« yogiren en uno ») du « leon Manchado » avec la « blanca paloma Tobosina ». L'original de Cervantès précise bien : Leon Manchado, pour désigner le Quichotte. Que ce soit en castillan du début du XVIIe ou celui du XXIe siècle, le mot « manchado » signifie taché ou tacheté, et aucunement « manchois » originaire de la Mancha. Faux sens augmenté d'une majuscule dûment corrigée par les grammairiens : il fallait, de toute évidence, écrire « manchego ». Diego Clemencin, le grand commentateur du bon usage de la langue, indique très tranquillement, à propos de cette confusion, que « cela ne représente pas une grande différence, dans la mesure où manchego signifie de la Mancha et manchado désigne la peau du lion. » Comme s'il allait de soi que la peau tachetée du lion soit en rapport avec la région de la Mancha. A proclamer ce qu'il considère comme une évidence, le grammairien s'évite l'explication qui a fait glisser un mot vers l'autre, confusion impossible chez un grand écrivain comme Cervantès à moins qu'elle soit délibérée. Clemencin note que c'est un jeu d'équivoque de la part du barbier, qui oppose le « lion de peau tachetée » à la « blanche colombe ». Si seulement le grammairien pointilleux allait au bout de son raisonnement et de l'implication contenue dans la métaphore ! La phrase de Cervantès est en effet « sacrément » piquante. Car si le lion tacheté (leon manchado) désigne bien le Quichotte, originaire de la Mancha (Manchego), les taches qui garnissent son pelage ne sont rien moins qu'une allusion très directe à la notion de « pureté du sang » qui empoisonnait le siècle de Cervantès. Etre ou non de sang taché, (« sangre manchada ») signifiait tout simplement n'être pas tout à fait, ou pas du tout « vieux chrétien ». Le Quichotte aurait-il quelques taches de sang hérétique, « impur », dans ses veines ? Dans ce cas, effectivement, il paraîtra suspect à la blancheur de la « colombe ». Mais s'agissant, de la « blanche colombe tobosine », c'est-à-dire de Dulcinée du Toboso, dont nous savons que dans le codage cervantien elle représente la Chékinah (« qui n'a pas son pareil pour saler le cochon »), l'expression « blanca paloma Tobosina » prend une saveur poivrée : Dulcinée dont la blancheur ne peut être mise en doute, est elle-même compromise par la « macula hebrea ».

 

« Macula habraeorum »

La désignation de la « tache » n'est pas une métaphore inventée par Cervantès. La « mancha » est le mot par quoi est directement signalé l'entachement, autrement dit : la « compromission ». L'Inquisiteur Escobar del Corro, en 1623, employait cette expression pour dénoncer l'appartenance à l'hérésie : « macula habraeorum ». Dès lors, le « lion tacheté » est sans équivoque une désignation mettant en cause l'initié (le lion, surnom du maître, en hébreu : Ari). Tacheté : impliqué dans l'affaire de la « tache ». Les contemporains de Cervantès — et Lope de Vega le prouve par le titre qu'il a donné à sa  pièce de théâtre « la limpieza no manchada » ?  (la propreté non tachée )  — ne pouvaient être dupe du jeu de mot et de l'erreur volontaire « Manchado / Manchego ».

De sérieuses questions en découlent : Don Quichotte ne serait-il pas un « cristiano limpio » ? Serait-il « taché » ?

Comment prouver la « pureté » de son sang ? Il était difficile d'obtenir le diplôme de bon chrétien sous empire inquisitorial, quand il s'agissait de démontrer la qualité requise non par des allégations comme le fait continuellement Sancho, mais par un document officiel : il fallait subir une enquête policière serrée pour obtenir le sauf-conduit : en aucun cas ne laisser subsister de doute quant à la « mancha », la tache. 

 

L'union des contraires est prévue…

La prophétie du barbier, humoristique dans sa forme, est extrêmement grave en ce qu'elle trahit une question de fond : le judaïsme interdit sous Inquisition est invité, au travers du Quichotte, à renouer avec la Chékinah (la blanche colombe tobosine, Dulcinea du Toboso). L'union se fera, dit-il et c'est une certitude, « quand le furieux lion taché s'unira à la blanche colombe tobosine. »

Dans l'édition originale de 1605, Cervantès emploie l'expression « yogiren en uno ». Du verbe girar, qui signifie tourner. Dans le sens de convoler ensemble… Dans l'édition de 1608, dont il est établi qu'elle a été supervisée par Cervantès, l'auteur a préféré le verbe « yacieren », qu'il orthographie « yazieren », du verbe cierar : fermer. « Yazieren en uno » : se ferment en un. Forment une unité. L'écrivain marque ainsi le mouvement évolutif animant la prophétie qui prévoit que de l'union (yogiren) ressort l'unité et que cela rejouira le monde (ya-rieren). Une « union inouïe d'où sortiront, au regard du monde étonné, les vaillants lionceaux qui hériteront les griffes rapaces d'un père valeureux… » De la mise au clair de toute l'affaire du Quichotte, une nouvelle génération d'esprits sortira, bénéficiant de la connaissance actualisée des critères initiatiques, mis au jour, explicités par la confrontation et l'union des contraires : union inouïe connaissance et sciences… 

 

Mission de la France

Le mot « yazieren » est à mon sens également choisi par Cervantès et orthographié avec un z, afin que résonne en lui le verbe hébreu Yatza (Yod, Tzadé, Aleph). Qui désigne également la porte. Don Quichotte serait appelé à pratiquer une « sortie », avec Dulcinée, « en uno ». Autrement dit réaliser une yetsiah (sortie) au grand jour des critères dit du Toboso (tobboth : les bonnes choses, tobo : son bien, Dulcinéa : la douceur de la Connaissance). Yazieren, forme conjuguée de verbe Yazer, phonétiquement si proche de l'hébreu Yatza répond de l'identité même du Quichotte et de sa mission. Il n'a d'autre vocation que « sacar a la luz » (sortir en pleine lumière) la Connaissance, la répandre et l'enseigner à tous. En cela, il rappelle la fonction même du judaïsme qui est capter les normes du système de vérité, les préparer pour les enseigner universellement. Et cela depuis le lieu privilégié qu'est la zone de phonation du monde, Jérusalem, point d'insertion du verbe. Mission relayée par le Quichotte, qui extrait la Connaissance du seul secteur hébreu pour en assumer le relai : « Cervantès récupère les données issues de la tradition hébraïque et leur confère l'enroulement structurel »  précise Dominique Aubier. Le résultat, c'est le roman, qui verse l'enseignement dans le narratif symboliste, à haute teneur initiatique. Don Quichotte est le héros de cette stase qui nécessite que son armure soit « fendue » de sorte que du symbolisme élucidé émerge tout le code ayant conditionné son écriture. De cet « encagement », le Quichotte devra être libéré. Mission de la France (Tzarfat) que produire cette délivrance, étant le lieu du rebond où la sortie achève de se réalisée, non plus sous forme de symbole, mais de sa « mise au clair » : yazir en uno signifie alors sortir en unité, dans le sens faire sortir le principe d'unité, c'est-à-dire le concept Rosch : « faire émerger le patrimoine spirituel donné au départ, l'expliquer et le restituer ».

 

Accompagnons le Quichotte…

Une sortie que le Quichotte ne fait pas seul, étant accompagné de Sancho. Aussi le barbier-prophète n'oublie pas l'écuyer, à qui il promet, « s'il plaît au grand harmonisateur des mondes », qu'il se verra « emporté si haut qu'il ne pourra se reconnaître » et que ses gages seront payés… « Suis donc les traces du vaillant et enchanté chevalier, car il convient que tu ailles jusqu'à l'endroit où vous ferez halte ensemble… »

Tandis que l'auditoire s'amuse de la supercherie du barbier, le Quichotte prend au sérieux ces promesses de succès ; il se laisse emprisonner, et tient pour « célestes jouissances les peines de ma prison ». L'union avec Dulcinée étant promise, symboliquement mise en scène par les deux mains attachées ensemble du Quichotte encagé, nous ne saurions, en tant que Lecteurs de ses aventures, nous dédire : la réalisation de la prophétie aura lieu, avec notre participation. Mission du Lecteur que valider à son tour les paroles du barbier qui lui sont adressées autant qu'au Quichotte. Le texte prophétique ne prend toute sa valeur que s'il est rendu public et compris de tous : nous devons le démêler de point en point pour en toucher « le sens et la portée »… C'est ce que nous venons de faire. Et que nous continuerons de faire pour sortir de la crise civilisationnelle.


Exégèse de Don Quichotte : série en 5 volumes

A paraître bientôt : Inédits 2.


 


jeudi 1 juin 2023

Hyponeuriens et épineuriens

Suite au dernier article, plusieurs personnes m'ont demandé des précisions à propos du concept hyponeurien / épineurien.


Sur l'arbre évolutif des espèces en forme de Y, la branche gauche est dite celle des Epineuriens. La branche droite est celle dite des Hyponeuriens. La première s'étend des Echinodermes à l'Homme en passant par une énumération sur douze lignes de noms savants à donner le vertige. La seconde va des Platodes aux serpents marins par la voie lourdement chargée de vingt-deux lignes. On s'aperçoit qu'il y a beaucoup plus d'espèces du côté dit Hyponeurien que l'on n'en trouve du côté Epineurien. Nous-mêmes, les humains, habitons sur une seule des deux branches, celle des Epineuriens. Les Epineuriens fournissent plus de bonnes choses à manger que le bras d'en face. Du côté « Epi » foisonnent les animaux à poils et à plumes de notre gastronomie, sans oublier les Poissons. Tandis que du côté « Hypo », mis à part les bivalves ou les crustacés, le menu offre surtout la multitude des insectes. 

Pourquoi « épi » et « hypo » s'accrochent au dénominateur commun de « neurien » ? Ces mots sont explicités dans La Synthèse des sciences. La position de l'appareil digestif en est la clé. « Hypo » ou « épi », selon que l'on peut, à la verticale, avoir l'estomac au-dessus ou au-dessous des centres nerveux. La branche Indirecte (hypo) donne passage à une évolution touffue, largement ouverte en éventail, animée d'une dynamique centrifuge, avec les effets inversés que j'ai signalés. La branche Directe (Epi), quant à elle, se comporte d'une manière extrêmement ordonnée. Os à l'intérieur, système nerveux prédominant à la verticale sur le tube digestif, reproduction essentiellement vivipare qui, dans le cas des Mammifères Placentaires sera du ressort de tous les individus, et non d'une reine pondeuse comme dans les sociétés de termites ou d'abeilles. La dynamique, du côté Direct, est toujours centripète.
 
 
Plus de précisions sur ce sujet dans le livre :
La Synthèse de Sciences, de Dominique Aubier
 
et sur le blog ici :
 
A paraître bientôt : Inédits 2

vendredi 19 mai 2023

Inédits 2. Second volume de la série Inédits par Dominique Aubier

DOMINIQUE AUBIER 


Dans ce deuxième ouvrage de la série Inédits, Dominique Aubier approfondit les thèmes initiatiques ouverts précédemment : connaître et maîtriser son Allié ; lire les symboles et les signes ; comprendre le rôle spécifique de la France au regard de l'évolution culturelle.
Elle y raconte comment elle fut prise dans « les serres de l'aigle », le grand oiseau de la Connaissance qui ne l'a dès lors plus lâchée. De passionnants chapitres sont consacrés aux espaces blancs et noirs dans l'Alphabet hébreu, à « Métatron », surnommé « l'Ange de la Face », à Amaleq, l'ennemi d'Israël et du Verbe, au Tzim Tzoum d'Isaac Louriah. Dominique Aubier réaffirme dans ce livre la puissance qu'a l'Alphabet non seulement de dire le réel, mais de fabriquer le cerveau capable de le penser.
Dans une saisissante lecture de la Crise culturelle et civilisatrice que nous traversons, Dominique Aubier revient sur les désastres écologiques qui constituent autant d'appels au changement du paradigme civilisateur : il est urgent d'embrasser le réel par des modalités de pensée qui sortent de l'ornière du matérialisme. Urgent de lire, connaître, apprivoiser le Code de la Vie, tel qu'il s'écrit, tel qu'il se donne et demande à être compris… 
Au cœur de cet apprentissage où l'approche scientifique garde toute sa valeur, la Connaissance initiatique telle que l'enseigne Dominique Aubier atteint à son plus haut niveau de pertinence.

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Dominique Aubier 
Cet ouvrage sera édité en juin 2023
Vous pouvez dès maintenant retenir votre exemplaire, ce qui aidera à financer l'édition.

262 pages, format A5, 49 euros
ISBN : 97829166119576
expédition incluse pour la France, + 8 euros C.E.E. / Suisse 
Par internet (paypal, ou virement bancaire)
Ou par courrier postal en utilisant le bon ci-dessous : 


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vendredi 5 mai 2023

Lecture initiatique du cas Emmanuel Macron. Par Dominique Blumenstihl

Plusieurs lecteurs de ce blog m'ont demandé ce que je pensais du Président Emmanuel Macron et de la réforme des retraites qu'il a engagée. Généralement, je me tiens à l'écart des débats politiques, mais il me semble que le « cas » Macron est vraiment intéressant.


1. Une pensée conditionnée

Il n'est pas question ici de débattre le « pour ou contre » de sa réforme, mais plutôt du processus intellectuel qui l'a mené à la concevoir. Elle procède d'une certaine manière de penser, qui transparaît d'ailleurs dans sa manière d'être et d'agir. Expert en toutes choses, il est incollable et a réponse à tout : ses réponses et argumentations sont toujours techniques, élaborées en certitudes étayées par des données, justes en apparence. Toujours construites en rationalité linéaire et des constats d'évidence, cela lui vaut une certaine brillance. Sa logique semble scientifiquement, économiquement consolidée, et le train des « réformes structurantes » qu'il défend semble pertinent, au regard des logarithmes dont usent ses conseils.

Ce qui retient mon attention, c'est le conditionnement de sa pensée qui infléchit sa vision du réel. En effet, comme tout un chacun, M. Macron pense les choses d'une certaine manière, selon un schéma global, plus ou moins préconçu. Etant un personnage public, cela se voit, cela s'entend.

« La volonté de pouvoir » s'exprime chez lui avec force — mais qui le lui reprochera quand cela vaut pour toutes les personnalités politiques ? Cette volonté présente cependant chez lui une singularité, celle de s'inscrire dans une polarisation spécifique de son être, très particulière. Il existe en effet un « penchant » dominant fort visible chez lui, non pas d'ordre psychologique mais systémique et structurel. Tout son être se polarise selon l'inflexion déterminante qui caractérise l'ontologie du « faire ».



2. Les Sciences Naturelles…

enseignent qu'il existe évolutivement deux voies, chacune développant ses prérogatives selon des modalités propres. L'une des voies conduit à la formation des espèces arthropodiques, tandis qu'en face, l'autre voie évolutive s'élève vers la formation des Mammifères conduisant finalement à l'apparition de l'Humain doté de conscience et de parole. Les deux voies forment un Y, que les spécialistes ont parfaitement tracé dans leurs ouvrages, par exemple le Traité de zoologie.

Le néocortex, chez les humains, se construit lui aussi en deux hémisphères polarisés, notion bien connue depuis les travaux de Brodmann, Sperry etc… Un hémisphère « qui Fait » face à un hémisphère « qui Sait », selon l'appellation du neurologue Deglin, qui nomme « qui Sait » l'hémisphère où se trouve l'aire du langage, situé d'un seul côté. Et nous aussi, nous sommes tout entier ainsi polarisés, nous accrochant à telle ou telle branche d'un arbre, appartenant plus ou moins à l'une ou l'autre obédience, ayant chacune son style. Polarisation parfaitement connue des traditions, les soufis parlent par exemple de toute la différence qui sépare les « théoriciens » des « adeptes » (cf L'Arbre du Monde, Ibn' Arabî). Le « théoricien » explore de savantes constructions en partant d'observations dont il cherche à comprendre la logique, tandis que « l'adepte » adhère d'emblée à ce qui s'exprime au travers du vivant et en déduit la conduite à tenir. A chacun sa « branche » mais il n'est pas interdit de bondir de l'une vers l'autre.


3. La pensée macronienne…

en tout respect de sa personne, procède de la technicité propre au domaine du « qui Fait », reconnaissable par son style entropique, à haute prolifération d'activité et d'agitation, à tendance expansive dans les projections extérieures. A quoi s'ajoute la propension classique du « qui Fait » de vouloir paraître, exister à tout prix, tout en ignorant l'existence de l'En-face partenarial par quoi se réalise l'union de la structure complète. Le « qui Fait », normalement, fonctionne en échange latéral avec le « qui Sait », mais tend, par son entropie dissipative, à se croire seul et s'imagine qu'il est à lui-même l'entièreté de la structure. Caractéristique du « qui Fait », que se doter dès lors d'un langage extrêmement élaboré en dissipation, d'arguments toujours construits sur les procédures de pensée issues de son propre secteur, afin de se prouver qu'il n'a nul besoin du partenaire d'En face, naturellement pourvu de l'information qui devraient diriger le « faire ». Le « qui Fait » dissipatif s'en passe, s'auto-instruit, se convainc lui-même que son « faire » procède de la légitimité qu'il s'accorde, en rupture avec la dualité naturelle qui construit normalement l'édifice unitaire.

Autre caractéristique du « qui Fait » : il tend à inverser les informations qu'il reçoit du « qui Sait » (cf La Face cachée du Cerveau). Inversion due à son positionnement symétrique en miroir par rapport à l'hémisphère « qui Sait ». Nous connaissons tous des êtres — nous-mêmes peut-être ! — qui répondent d'emblée par un « non » à tout ce qui se présente. Effet d'inversion, le non se pose souvent là où était attendu un oui, et le plus souvent, par le bon fonctionnement de l'échange latéral, la négation peut se redresser (plus ou moins) aisément. La forclusion obstinée dans la négation donne naissance à la haine, l'ostracisme, l'anti-S, et procède le plus souvent du blocage de l'énergie sur le seul hémisphère inverseur, coupé du donneur d'information.

 

4. Scène de ménage entre le soleil et la lune

Cette dialectique est bien connue des traditions du monde, par exemple les amérindiens Cakchiquel du Guatemala se réfèrent à une scène de ménage entre le soleil et la lune. Les éclipses en sont la conséquence. L'étoile du matin est supposée rétablir la paix.  L'étoile du matin est hélas cachée derrière un gros nuage. Les sécrétions de la branche Indirecte, ici la lune, sont excessives. La pensée matérialiste ne sait pas se limiter, se freiner. Il en est ressorti une épaisseur de brouillard qui empêche d'y voir clair dans la dialectique des choses. Le Président Macron gagnerait à s'instruire de ce mythe. Mais également les forces syndicales qui s'opposent à lui : elles se situent, elles aussi, dans le domaine du strict « faire » et l'on n'a pas vu en émaner la moindre étincelle de revendication spirituelle ou d'approche initiatique. Dès lors le combat qui les oppose se déroule intramuros dans le secteur hyponeurien auquel ils appartiennent tous deux.

(Dominique Aubier précise, à propos des mythes : « Il faut être habitué à la symbolique des mythes pour discerner la présence de l'une ou l'autre branche derrière les partenaires antagonistes. La plupart du temps, la branche Indirecte est représentée par le serpent. Dans le mythe babylonien de Gilgamech, l'homme était immortel, à l'origine et le serpent était mortel. La bête rusée eut l'habileté de tromper l'homme et de lui enlever son trésor de vie. Le conte estime qu'à la suite de cette aventure, l'homme est devenu mortel tandis que le serpent ne l'est plus. Derrière l'image apparaît le constat structural. La branche qui aurait dû survivre et relancer l'énergie vers le haut a été sacrifiée au profit de celle qui n'a pas d'issue. »)



5. La réforme des retraites : indispensable, nécessaire ?

Les prospectives ayant établi la nécessité de cette réforme partent du constat de la situation présente à laquelle les experts appliquent des formules mathématiques dont ils pensent qu'elles déterminent le cours des choses à travers le temps, si bien que la prédiction tombe (j'allais dire : leur prophétie) : « ce sera la catastrophe dans une dizaine d'années si nous ne faisons rien ».

J'ignore en quoi les oracles mathématiques sont infaillibles au point d'engager un bras de fer avec tout un peuple… Affaire de croyance, les politiques « lisent » dans les formules scientifiques à prétention futuriste un avenir dont ils sont incapables d'envisager la richesse inventive. Croyance (quasi religieuse) dans les voies de l'analyse rationnelle linéaire, voulant que demain une chose soit, au nom de ce qu'elle est aujourd'hui…

 

6. Sire, quels signes avez-vous observé ?

L'initié, s'il était admis dans le cercle des conseillers du Prince, lui aurait demandé : Sire, quels signes avez-vous observé qui vous incitent à envisager telle réforme ? Je ne parle pas des calculs des théoriciens, mais des signes réalistes, les signes que la vie vous envoie au travers des symboles qui vous parlent ? Lisez-vous vos symboles ? Quels sont-ils ? Qu'avez-vous observé d'insolite, dans l'immédiat, en plan de cohérence temporel au moment d'avancer votre projet ? Au moment de signer tel décret, qu'avez-vous remarqué ? Je ne parle pas de l'opinion tirée d'un sondage ou d'une projection pensée par un cabinet-conseil, mais de ce que la vie elle-même, en tant que conseillère supérieure, vous révèle.

L'initié a pour technique de « regarder par la fenêtre », et cela au sens aussi bien imagé que littéral. Il ouvre la fenêtre et regarde au-dehors pour voir quelle réponse la Vie lui communique. Il se passe toujours quelque chose au moment où… Encore faut-il faut-il l'ouvrir cette fenêtre… Sortez dans le beau jardin qui entoure l'Elysée, promenez-vous. Quelque chose vous dira que faire… Ce sera le Conseil de la Vie.

Evidemment, cette technique de lecture du réel présuppose que l'on soit disposé à en accepter la pertinence. Elle consiste à recourir au « qui Sait », qui ne manque pas de s'exprimer. La méditation consiste précisément à décharger l'emprise du « qui Fait » afin que l'énergie transite vers l'En face en « qui Sait », directement connecté au Verbe tel qu'il s'exprime quand il imprime sur le réel. L'initié surveille ainsi son immédiat, le miaulement de son chat, l'aboiement d'un chien, le bruissement d'une feuille, le vol d'une mouche, que sais-je ? Tout ce qui autour de lui agit dans réel en train de se construire participe à la pensée en émergence. L'initié tient également grand compte du moment cyclique. Peut-être la crise que nous traversons marque-t-elle la fin de quelque chose ?


 7. Désastre ou bonne nouvelle ?

Je viens d'entendre à la radio l'information selon quoi la France aurait été déclassée par les agences financières. Nous voilà « dégradés »… J'ai trouvé cela pittoresque que notre pays soit noté par des institutions émanant du secteur arthropodique de l'évolution culturelle, qui s'autorisent à juger les nations selon les critères qui sont à la source même des crises. J'ai appris que nous sommes « plombés à 120 % de déficit du PIB », « sans plus de marge de manœuvre »… 

Constat pertinent des économistes qui s'aperçoivent de l'échec de la gestion hyponeurienne des nations. Ne pas oublier cependant, que l'Evolution se réalise en deux modalités distinctes, traçant un arbre en Y. La branche hyponeurienne économiste avoue son échec… J'en prends acte. Fin de cycle. Désastre ou bonne nouvelle ? « De l'un on verra les bornes et de l'autre on verra le prodige », écrit Lao Tseu. Or, « la structure en Y concerne toutes les matières ayant achevé leur structuration en cycle. Dans toute situation évolutive, qu'elle soit végétale, animale, chimique, sociale ou civilisatrice, il y aura, à la fin des dynamismes, deux branches ouvertes dont l'une aura des caractères analogues au côté épineurien et l'autre au côté hyponeurien », précise Dominique Aubier.

Dès lors, s'il n'existe plus de marge de manœuvre du côté de l'économie, j'en déduis que le moment subtil est arrivé de procéder au grand transfert de l'énergie vers l'En Face, là où la dynamique sur-évolutive se met en route, non plus sur les fascinations des gloires matérielles passées, mais sur une sublimation des valeurs spirituelles. Elles-mêmes sublimées et libérées des conceptions archaïques. Face à l'impasse de la civilisation purement économiste-productiviste se présente le territoire de la Connaissance actualisé, exégétisée et dévoilée.

Savoir que cela existe. S'en informer, modifier dès lors le paradigme civilisateur. C'est à la portée d'un Chef d'Etat et singulièrement celui de la France dont c'est la mission d'insuffler cet air. Il suffit qu'il le veuille. Pour l'y aider, nous lui avons envoyé les ouvrages lui permettant de s'accorder avec la volonté du Temps.


— La Face cachée du Cerveau

— La Lecture des symboles

— Le Réel au Pouvoir

— Ces Désastres qu'on nous fabrique

— Exégèse de Don Quichotte


 

Résumé de la proposition initiatique :

— La « grande réforme structurante » que nous devons concevoir consiste à opérer le transfert civilisationnel vers un projet dégagé des obsessions productivistes. Tendre désormais à promouvoir la connaissance du modèle intégrant le phénomène de la conscience et son rapport au verbe.

— Le « passage » de l'un à l'autre : la référence de la « Sortie d'Egypte » marque de manière emblématique ce processus de rupture, de prise de liberté face à l'oppression pharaonique dont le système politique visait la destruction de l'être sous la charge excessive du « faire ». Les consciences appellent à cette délivrance, raison pour laquelle les peuples s'insurgent face aux doctrines pseudo-messianiques célébrant l'activité-agitation comme puissance de libération. Le concept du « travailler plus pour avoir plus » est une erreur, car il ne s'agit pas d'avoir plus (a-t-on jamais assez ?). Il s'agit de bénéficier d'un surcroît qualitatif en terme d'épanouissement de l'être. Le travail en soi est une haute valeur s'il est exécuté en vue de l'épanouissement et accompagné du sens.

— Le remplacement de l'idéologie centrée sur la productivité par le recours au principe civilisateur essentiellement appuyé sur la Connaissance et la lecture initiatique du réel.

 

 

A paraître bientôt : Inédits 2.