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mercredi 31 octobre 2018

Le secret de l'hébreu. De l'origine du judaïsme. Par Dominique Aubier

Qu'est-ce que c'est "être juif" ?


« L'hébreu — voilà le cinquième paramètre du judaïsme. C'est la langue de la Révélation. Elle sait par elle-même les secrets des choses. Vingt-deux signes forment l'alphabet. Une attention normale apprend à les distinguer en quelques heures. Ces lettres présentent à l'œil des formes extrêmement fascinantes. Il n'est pas interdit de céder à leur attrait comme pictural.

L'expérience de la peinture dite abstraite ne m'a pas été inutile pour les regarder avec la profondeur de perspicacité qu'elles appellent. Souvent, j'ai pensé que les gesticulations fulgurantes des artistes modernes répondaient à l'anxiété de déchiffrer au fond de nous des mouvements archétypaux déjà représentés par la fixité de ces signes carrés et vivants, roidis dans la souplesse qu'ils ont de symboliser des relais, des pénétrations dont ils esquissent les vitesses et les poses.

Alphabétiquement rangées, ces lettres admettent divers classements. Chaque type de classement correspond à une hiérarchie de phénomènes vus sous un angle différent. Selon le Talmud, comprendre l'alphabet hébreu, c'est déjà comprendre le monde. Il faut entendre que cet alphabet à lui seul raconte les moments fondamentaux de l'organisation universelle.

Le récit algébrique des mutations naturelles qui se fait par l'entremise des lettres hébraïques doit-il être, ou non, considéré comme vrai ? Certes, les générations juives du désert ont accepté comme véritable, comme conforme à la réalité, la formulation abstraite de ces vingt-deux glyphes selon qu'ils composent tel ou tel échafaudage et qu'ils introduisent de telle ou telle manière dans les mots. Ce rapport de l'écriture avec la vérité pose le problème israélite dans sa spécificité. Un peuple entier accepte de croire que la chaîne des compositions à l'intérieur de sa langue correspond à la chaîne des compositions qui se manifestent dans l'Univers.

Quand les israélites de tous siècles proclament que la langue hébraïque est celle de la Révélation, ils veulent exprimer cette chose puissamment simple — que la langue obéit à l'impulsion qui traverse la Création. Ses vingt-deux lettres en indiquent les phases et les rythmes des métamorphoses qui s'y opèrent. Sa force révélante commence à la propriété de ses glyphes de décalquer les relations abstraites qui gouvernent la continuité des formes dans l'univers.

Les choses vont-elles selon que l'affirme l'hébreu et ses lettres ? L'affirmation de vérité définit la foi juive. Dieu s'est exprimé en un langage humain — l'hébreu. Mais l'hébreu est la langue choisie par Dieu pour exprimer sa confidence. Ainsi, l'hébreu adhère par une de ses faces à la connaissance que Dieu a du monde. Cet envers de la langue et de son écriture se transmet à l'endroit — qui est la face tournée vers l'homme. L'empreinte pure de ce moule sur l'esprit, voilà l'origine exacte de la judaïcité… »
Extrait du livre Le Cas Juif, par Dominique Aubier.



Livres essentiels :

Le Cas Juif
Le Principe du Langage ou l'Alphabet hébraïque
L'Urgence du Sabbat

Ces trois livres sont disponibles séparément ou réunis dans le triptyque "Plaidoirie pour une cause gagnée".

+ Films sur l'Alphabet hébreu (sur clé USB)

 

 

 

 

 
 
 


dimanche 21 octobre 2018

Pour une Politique de l'Esprit…

Pour une Politique de l'Esprit… 
par Dominique Blumenstih-Roth
(suite de l'article "Le messianisme ou le saut quantique")


Dans la première partie de mon article, je me demandais si nous ne vivions pas une époque où l'humanité, dans son projet civilisateur (si tant est qu'il existe), opérait un saut quantique, dans le sens tout à fait scientifique du terme : un électron qui jusque là tournait en orbite régulière, soudain décroche et se voit propulsé sur une autre orbite autour du noyau. Reste à savoir si notre civilisation pourrait se retrouver rejetée loin du centre d'où émane l'information, sur une lointaine périphérie, ou si elle pourrait bénéficier au contraire d'un Rapprochement. La qualité du saut quantique — éloignement ou rapprochement — dépend à mon sens de la conscience humaine et de la capacité que nous développons — ou non — à nous mettre au diapason des forces du donneur d'information. Dès lors, comment écouter, percevoir l'information ? Comment est-elle dite ? Comment l'entendre ?

 Question de Codage, décodage… Et je dois bien avouer que du côté des sciences, même poussées au niveau le plus avancé des recherches actuelles, le décodage de l'Information n'est pas réalisé. Il reste une espérance… Il se pourrait que la réponse vienne d'un tout autre secteur de la pensée que celui de la science… qui, dans ce cas, n'apparaît que comme un antagoniste de partenariat objectivant… encore que l'objectivation scientifique soit une illusion dès lors que l'on sait que le fait même d'observer un phénomène le transforme.
Alors regardons de près ce monde… afin que notre regard le change.


Du Verbe et de la politique .
L'Alphabet hébreu met Dieu à l'origine du monde, il est le premier « holocauste », premier intermédiaire de conscience entre Dieu et la Création, en ce qu'il écrit, sur ses lettres, le récit et l'exposé des concepts en action. Pour Israël — je parle de l'Israël spirituel, du concept Israël tel qu'il est ontologiquement pensé dans la Torah : défendre les lois de l'Esprit — le sens de l'Homme et de l'Histoire est d'une tout autre importance et signification que pour l'histoire des philosophies.

Pour Israël, l'Histoire est la science du Temps. 
Et le Temps, pour Israël, mesure la descente du Verbe dont il est le lieu privilégié de réception du Verbe incarné. La descente sur Terre du Verbe, en un point d'insertion précis, se réalise à Jérusalem, ce qui en fait un lieu unique, dévolu exclusivement à la cause du Verbe. Dès lors les bavardages et élucubrations envisageant un partage politique de la ville ne sauraient prospérer. Je dis cela pour le Quai d'Orsay et pour les Nations-Unies dont la doctrine repose sur un sentimentalisme de pâtissier qui voudrait partager le gâteau en autant de parts qu'il y a de convoitises. Je le dis aussi pour le Président Macron afin que dans sa jeunesse et son enthousiasme à bien faire, il repense la mission française : vendre de hallebardes ou défendre l'Esprit ? Afin qu'il découvre le vrai discours que devrait tenir la France, c'est-à-qu'il qu'elle assume son rôle pleinement prévu dans la Torah : cela aurait une belle teneur, si le Président Macron disait au Prince héritier de La Mecque ce que signifie Tzarfat en hébreu, et s'il lui rappelait combien l'Islam a la responsabilité de s'unir avec Israël et l'Occident, comme cela est signifié dans le symbolisme du Ramadan — hélas fort méconnue par ceux-là-même qui le pratiquent.

La descente du Verbe.
L'histoire d'Israël raconte l'aventure de la descente du Verbe, la contrôle et la démarque avec des instruments parfaits dont le monde — et la science — un jour auront besoin. L'ordre historique d'Israël est parallèle à l'ordre organique des lettres de son Alphabet. Etudier l'Alphabet hébreu, c'est étudier l'Histoire de la descente du Verbe et sa lente métabolisation dans les esprits. C'est raccorder son propre esprit à l'énergie convoyant l'Echange latéral entre l'Invisible et notre conscience, c'est nourrir notre cerveau de la vitalité primordiale.

(Je vous invite relire deux fois le paragraphe ci-dessus avant de poursuivre)

Le délire de Jean-Paul Sartre.
Je pense soudain à ce délire du philosophe Jean-Paul Sartre qui écrit, dans son livre Réflexions sur la Question Juive, que  « c'est l'antisémite qui fait le juif »  (Ed. Gallimard, Poche, p. 84) et que « le seul lien qui unisse les Juifs, c'est le mépris hostile où les tiennent les autres sociétés qui les entourent. » Comme si le judaïsme devait son existence à l'opposition qu'on lui fait !  Notre philosophe affirme également que « les Juifs n'ont aucune communauté d'intérêt ni communauté de croyance » (p. 111). L'auteur des Mouches ajoutant, péremptoire à nous en donner la nausée que « l'inquiétude du Juif n'est pas métaphysique, elle est sociale » (p. 162). Et pour finir dans son répertoire d'énormités, selon lui,  « c'est la société, non le décret de Dieu, qui fait de lui un Juif » (p. 163).
Il paraît que ce livre avait pour objet de dénoncer l'antisémitisme. Il me semble que la vision d'Israël développée par ce penseur sert une cause tout à l'opposé de ce qu'il imagine à moins que ce ne soit réellement son but : ériger le négationnisme en philosophie sous couvert d'un humanisme bien-pensant et de remplacer la grande leçon multimillénaire fondée sur le Verbe par une petite doctrine économico-sociologique. J'ai été amusé par le rejet absolu de la métaphysique qu'il nie à Israël.

Or, Israël a pleinement assumé sa mission. Et ne cesse de s'y vouer, malgré les vicissitudes, les erreurs de parcours : il existe toujours une élite — j'ignore combien de personnes, peut-être pas même une dizaine d'esprits… Mais qu'importe, puisque pour l'Eternel, un seul suffit. Et n'y en aurait-il qu'un seul, il donnera à Sartre la correction qu'il mérite.

Israël et le sens de l'Histoire.
Un minuscule détour par la gigantesque bibliothèque hébraïque dont il n'aurait tiré, au hasard, qu'un seul ouvrage, lui aurait appris que les glyphes de l'Alphabet hébreu forment un projet, et signifient symboliquement l'enchaînement organique des phénomènes naturels construisant la réalité. Ces phénomènes passent par des états fixés qui sont le intermédiaires inaliénables, directeurs dans le mouvement qui régit l'évolution de toutes choses : les archétypes.
Dans le cas de l'Histoire, ce sont les événements vécus qui illustrent le dégagement d'un intermédiaire par le sacrifice du précédent. Les drames historiques racontent le même mouvement que celui qui est schématisé par les glyphes dans leur succession. Le sens de l'Histoire cher à Israël est celui d'un peuple qui voit dans son histoire la trace révélée d'une marche cosmique.

Dieu est la cause des causes. C'est le principe même d'Israël. Il doit toujours être placé à la source de tout, au Commencement de toute chose. Il est au cœur du don de parler qui est le privilège humain. Par le mécanisme même que les kabbalistes appellent Tal.

La mission d'Israël
La mission d'Israël consiste à suivre la trajectoire du Verbe, son travail collectif consiste à renouveler le savoir qui nourrit au déversoir de la Matière et sa relation avec le Créateur. Le savoir coulant naturellement de la matière cérébrale, Israël mesure la perfection d'un état cérébral quant à la faculté qu'il a de se laisser pénétrer par la pensée divine.

Israël a canonisé les livres qui contenaient le savoir maximum correspondant à la « divinisation » à chaque époque d'un cerveau parfait. Car il y a toujours un cerveau adéquat à la vérité, le cerveau d'un « Juste ». Israël a su faire le compte des Justes et celui des états successifs du savoir établi sur la pénétration du ferment divin dans la matière humaine. La littérature d'Israël est dans ce sens « comptable » du progrès humain au regard de l'Esprit. Et c'est pourquoi la littérature profane, aussi talentueuse soit-elle, reste en-dehors de ce processus.

Les penseurs actuels sont loin de soupçonner qu'il existe une littérature qui sert de calendrier à la Descente du Verbe et qui le fait avec des précisions dignes des plus hautes mathématiques.
La Science d'Israël le précise et ne permet pas d'errance. Les Prophètes, les initiés de la Tradition n'ont pas dévié et savaient que pour qu'il y ait vie dans l'esprit humain, il convient de se référer aux lois du réel qui obéissent au Créateur et qui font partie de son Unité. Cette unité, il convient de la proclamer sans relâche et la ressentir dans l'ordonnancement, dans l'enchaînement des phénomènes qui régulent la descente du Verbe. La descente du Verbe, pour qu'elle se fasse bien, il faut qu'aucune résistance ne freine l'action de chacun des phénomènes enchaînés, qu'aucune dérivation n'en modifie l'enchaînement. Tout doit passer par les intermédiaires naturels qui vont de Dieu jusqu'au livre neuf qui démarche la dernière avancée de l'investiture humaine.

Aujourd'hui, quel serait ce livre ?

Indiquez-m'en vite le titre, que je l'achète et le lise.

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Je recommande l'œuvre de mon Maître disponible ici.
Je pense qu'elle contient quelques trésors.


lundi 15 octobre 2018

Catastrophes naturelles. Quel est le sens des cataclysmes ?

Inondations, cataclysmes, catastrophes naturelles, changement climatique…
Comment faire face ?
Dominique Aubier a proposé des réponses réalistes dans son livre "Le Réel au Pouvoir".

Dans le film "Après la Tempête", elle propose une nouvelle manière de penser le monde , permettant à l'humanité d'être en phase avec la nature et les signes que la Vie nous envoie.
Ce film existe en DVD.

Après la Tempête,
Portrait d'une femme extraordinaire

Dominique AUBIER

Un film réalisé par Joële van Effenterre
production : Malliat-Films / CNC - DVD (90 mn)
en français, option de sous-titre en anglais, traduction Sarah Thomas King

Ce film a été tourné juste après les tempêtes qui ont dévasté la France. Sécheresses, inondations, canicules, changement climatique… Les années passent et la lecture initiatique que Dominique Aubier a réalisée de ces événements s'avère plus que jamais d'actualité : quel est le sens des cataclysmes ?
Ce film d'avant – garde tourné à l'origine en 35 mm pour les salles de cinéma est maintenant disponible en DVD.

« Devant la caméra attentive de Joële van Effenterre, Dominique Aubier démontre que la nature est douée de volonté, que tout se lie et se relie sans cesse pour produire une sorte d'épiphanie de l'univers. »
(David Vasse, Revue Repérages)

Après la Tempête, 
Film DVD (en téléchargement)

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Pour comprendre le sens des cataclysmes, on lira avec intérêt les livres :
— Ces désastres qu'on nous fabrique

 

 

 

 

 

 

mardi 2 octobre 2018

Le Messianisme : ou le saut quantique

Le saut quantique du Messianisme
par Dominique Blumenstihl-Roth (première partie)

Un kabbaliste est par définition sensibilisé aux mots. Sa science, c'est le langage.
Cette science se communique par certains mots qui ont reçu suffisamment de commentaires pertinents pour que leur sens soit défini et reconnaissable. A dessein, le mot Tal désignant la rosée, auquel nous avons déjà consacré une étude.
Il renvoie au sens de l'épandage de la Connaissance, au sens d'expliciter sur une large surface couvrante. D'où le titre de l'ouvrage « L'Abondance de la Rosée » ( Chéfa' Tal) du kabbaliste Cheftel Horovitz (1550-1630).

Tal présuppose la notion de sortie.
La Rosée doit se répandre d'autant qu'elle est abondante au petit matin en début de cycle. Elle doit, telle les photons, particules de la lumière, irradier les esprits. Thèse développée dans l'ouvrage du kabbaliste Jacob Meir Spielman (1876) : « La Rosée des lumières ». Cependant, ces ouvrages traditionnels, rédigés en un langage extrêmement métaphorique, ne donnent pas d'explication sur le concept qui est lui-même présenté sous la forme poétique de la métaphore. Il convient absolument de dépasser ce niveau de langage, et surtout, de ne pas repasser une couche de métaphores sur les expressions usuelles des kabbalistes. C'est pourquoi je parle de photons de lumière et non pas comme le kabbaliste classique, de « l'épandage de la grâce ». C'est même chose, la lumière agissant sur le cerveau qui se voit effectivement « habité » par la « grâce » d'un éclaircissement. Mais il existe un dénivelé au niveau du langage qu'il faut combler en actualisant les propos : en parlant le langage de notre temps. Ce qui ne discrédite aucunement la parole de l'Ancien. Mais en homme ou femme de mon Temps, je ne saurais me complaire dans l'épanouissement sublime de la Parole des Maîtres passés. À moi, à nous, d'en faire notre affaire, d'en assumer l'intelligibilité en des termes clairement compréhensibles. C'est affaire de décodage, de décryptage, au moyen d'un grille le Lecture. C'est affaire de… Sortie.

Sortir… un mot qui revient fort souvent dans Don Quichotte, le héros littéraire dont la méthode repose précisément sur le fait de sortir de sa maison : avec lui, la Connaissance dont il est le réceptacle quitte son enclos, celui de la tradition au sein de laquelle il s'est nourri (d'où l'un de ses noms : Quexada, où l'en entend fort bien en hébreu le sous-entendu de tetter, prendre…) Don Quichotte prend et tête au sein de la Tradition et s'en va de par le monde, en s'appelant dès lors Quexana (du verbe chana, aller). Pour dispenser à tous l'enseignement de la Rosée, étant lui-même devenue Fontaine.

La sortie du Quichotte est dramatique, dans le sens de l'action. Son aventure dans le monde est pathétique, pleine d'embûches. Mais enfin, elle est lucide et raisonnée. Et elle traverse les siècles, n'en déplaise aux adeptes de la pensée conventionnée qui se persuadent qu'il ne s'agirait que d'un roman picaresque alors que nous avons affaire, en lui, au grand héros de la sortie… De quelle sortie parlons-nous, quand Don Quichotte s'en va dans la grande plaine de Montiel en quête d'aventure ?

Le sens talmudique de sortir est pleinement établi. 
Il suffit de se souvenir de l'histoire tal-mudique des deux rabbins qui surent entrer dans la doctrine mais qui n'en trouvèrent pas la sortie. L'un et l'autre étant devenus fous et englués dans les modalités anciennes et archaïques non adaptées à leur temps. Mais le temps avance et se porte garant de l'état d'esprit travaillé par lui, comme il convient. Nous sommes les fils et filles de notre temps. Et notre temps, c'est celui de ce XXIè siècle singulièrement engoncé dans le matérialisme qui a pris tous les aspects d'un pseudo-messianisme. Cette conception matérialiste de l'existence fonde la « Realpolitik » gouvernant nos sociétés. Elle a ses prêtes, ses officiants, ses gourous. Elle est à l'origine de quantité de décisions, de fascinations, de complaisances politiques : l'emprise de l'économie sur nos décisions repose sur ce fantasme. Nous vivons dans la crainte du manque. Dans l'obsession du crédit bancaire impayé. Ce sont là nos peurs existentielles ayant remplacé les terreurs métaphysiques médiévales. Nous vivons sous l'emprise de notre Temps et ce Temps est fait de nos croyances, de nos délires.
Ce temps, c'est aussi le mien, le vôtre, celui que vous passez à lire ce texte. Et je vous assure que c'est un temps… de chien.

Un temps… de chien.
L'expression est triviale, mais le sous-entendu pourrait s'éclaircir dès lors que nous savons que le chien est l'animal symbolique porteur du message de la Rose. Le Kleb en sait plus long que nous sur le message qu'il a pris sur lui. On lira avec attention le livre Le Pouvoir de la Rose, de Dominique Aubier, où un important chapitre est consacré au sens symbolique de l'animal chien et du symbole de la Rose.

Tout est question d'énergie, de transport de l'énergie, et de sa capacité à faire se mouvoir les structures. C'est la raison même pour laquelle je tiens ce Blog, sachant que la pression qu'exerce la Révélation est capable, comme c'est le cas de l'énergie dans la physique quantique, de faire en sorte que des électrons quittent brusquement leurs orbites traditionnelles et se repositionnent différemment autour du noyau. L'impensable aujourd'hui peut demain — dans une seconde — soudain s'imposer en vérité souveraine.

Un saut quantique est en train de s'opérer, cela se voit.
La Connaissance dévoilée, libérée de son symbolisme a fait se mouvoir tout l'édifice. Israël finit par recevoir cette élucidation. Preuve en est de la décision du Prince d'Esaü (le président Trump, toujours un fusil à la main…) d'exiger que Jérusalem (re-)devienne la capitale d'Israël. Une décision qui aura pris le monde de cours, soudain changement d'orbite de la diplomatie se rangeant sur une trajectoire brisant tous les scénarios linéaires. Cette décision vient de plus loin… et ne laisse de faire penser à Esaü, l'inévitable frère de Jacob, dangereux Esaü qui ne cesse de mettre Jacob en péril, le forcer à l'exil et qui pourtant… finit par le laisser revenir… et même l'accueillir. C'est à cela que nous assistons, s'inscrivant dans le processus du grand retour, le recentrage de l'énergie sur Jérusalem marque la fin complète de l'Exil en Edom, le quatrième exil est achevé. Ce n'est pas une anecdote, c'est d'une part la terminaison d'un grand cycle exilitique — fin du quatrième exil en Edom — et l'achèvement du cycle des quatre exils ayant frappé la peuple de Moïse (Egypte, Assur, Babylone, Edom). Il n'y en aura pas d'autre, ce temps d'exil en quatre niveaux d'organisation est accompli : un temps tout autre commence, avec le retour définitif de Jérusalem. C'est le temps de la Connaissance pleinement dévoilée.
C'est là que la France intervient.

Ah, cette chère et douce France, dont la diplomatie encore embrouillée par de petites soumissions mercantiles finira peut-être par reconnaître quelle est sa vraie mission, « une mission universelle » martelait récemment le Président Macron à la tribune de l'O.N.U. oubliant toutefois de préciser quel en serait le contenu. Le contenu de l'universalité et de la mission française (francophone par extension) est prévu depuis 3000 ans, dans un texte de la Bible (Torah) aisément vérifiable, la prophétie Obadia. Cette universalité touche à l'identification du Modèle d'Absolu, de la mise au clair des symboles. J'en ai parlé dans de nombreux articles. Cette universalité ne peut se faire sur les valeurs mercantiles. Elle ne peut se réaliser que sur la Connaissance, sur l'identification du référentiel commun à toutes les traditions et culture du monde. Et ce travail… il a été fait. J'appelle cela : La Connaissance dévoilée.
L'exposé et le dévoilement de la face cachée des choses … 

Tel est l'apport réalisé par l'œuvre de Dominique Aubier : le dépôt d'énergie s'est concentré à l'endroit de la conjonction où l'état naturel d'un esprit s'illumine et transporte un savoir qu'il éclaire à son tour, grâce aux perceptions nouvelles rendues possibles par le Temps. Ce Temps qui nous prie, nous Lecteurs, d'être à la page. Et soudain, le saut se produit.
Un saut quantique, laissant perplexe la pensée linéaire plongée dans le trou noir…
Ce saut quantique, serait-ce l'ouverture vers le messianisme ?

Un mot qui fait peur, alors qu'il s'agit tout simplement d'une étape conduisant à la lucidité… et à la décision.

(la suite de cet article se trouve ici).



lundi 24 septembre 2018

La Synthèse des Sciences — ou l'hébreu en Gloire


Un livre de Dominique Aubier
(Edition originale, éditions Qorban)



Ce livre exceptionnel établit la corrélation exacte entre le code génétique humain et le Code de la Vie qu’est l’Alphabet hébreu. Dominique Aubier démontre que c’est là, dans cet Alphabet, que se trouve la véritable synthèse, tant désirée, tant réclamée et jamais mise au point dont rêvent les scientifiques.


Les chercheurs, en effet, savent qu’il doit exister un agent de synthèse qui, par sa formule identitaire, engloberait tout le réel. Mais quel est cet agent d'universalité ? La science est loin de l'avoir cerné… Le Réel, quant à lui, a sa propre voix, son propre langage, sa propre sémantique. Et la vérité est là, devant nous, lisible par tous : à condition de voir CLAIR et d’ouvrir les yeux sur le CODE… de la Torah hébraïque. Le code de l’Alphabet hébreu. La langue de Moïse décalque en effet au plus près les choses dans leur essence ; elle écrit en lettres d’or le grand livre de la vie parlant l’Unité, la Structure et son système…

Cet ouvrage magistral s’appuie sur un contrôle subtil de l’hébreu scripturaire et s’orne d’une rare précision de la pensée. Un livre majeur au regard de la révélation et de l’avancée messianique.


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Bon de commande
La Synthèse des Sciences
Ou l’Hébreu en gloire

 

272 pages, 16 x 24 cm, livre cousu, 77 euros
Ouvrage typographié et imprimé en Espagne, sur papier de luxe par Arte Graficas Solers.
Planches et lettres hébraïques calligraphiées,
Edition originale exceptionnelle, 77 €
Expédition incluse pour la France.

Pour la CEE/Suisse : + 6 euros.
Autres pays : + 9 euros

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samedi 8 septembre 2018

Le secret de Dulcinée du Toboso.

Dulcinée du Toboso. Le secret.
par Dominique Blumenstihl-Roth


Dans l'article paru dans l'Encyclopaedia Universalis, le professeur Pierre Guenoun donne une piste très intéressante pour essayer de percer l'identité de Dulcinée du Toboso. Cet article reprend ce qu'il avait écrit dans son étude consacrée à Cervantès (Cervantes par lui-même, éditions du Seuil, 1971. Collection Microcosme).

« Dulcinée n'est pas la mythification d'une paysanne quelconque mais d'une de ces paysannes de Castille que l'Inquisition risquait de poursuivre parce qu'elle n'était pas « vieille chrétienne » de souche, ainsi que Cervantès le donne à entendre à ceux qui savent lire entre les lignes, lorsque, prenant la parole lui-même, il raconte, au chapitre IX de la première partie de Don Quichotte, comment il a trouvé le manuscrit de cette histoire chez un marchand de l'Alcaná, au cœur de l'ancien quartier juif de Tolède. »

Cette approche de Dulcinée du Toboso sort droit du beau livre de Dominique Aubier, Don Quichotte prophète d'Israel. (éd. Robert Laffont, 1966 ; éd. Ivréa 2013).

Qui est Dulcinée du Toboso ? 
Une femme mondialement connue, sans que personne ne l’ait jamais rencontrée. S’agissant de la dame souveraine du cœur de Don Quichotte, Dulcinée me paraît « johannique » à plus d’un titre : rustique, vraie, nécessairement vierge, image de la Schekina telle que la perçoit Cervantès dans son sublime roman. Lire à cet égard les quatre volumes d’exégèse de Don Quichotte réalisée par Dominique Aubier. L’auteur y dégage le sens de la geste quichottienne et met en relief la mystique du chevalier, notamment son serment le liant à la dame maîtresse de sa volonté.
Dulcinée, simple paysanne, brille aux yeux du Quichotte comme une intouchable divinité : sans qu’il la voie jamais, étant son amant, il ne tolère aucune remise en cause de sa suprématie et défie quiconque ne reconnaît sa supériorité. Qui est Dulcinée ?

Dominique Aubier explique que Don Quichotte est un livre crypté dont le codage symbolique est directement référencié sur l’herméneutique hébraïque : Quichotte s’entend en araméen «Qué-chot», qui désigne la vérité. Dès lors, Dulcinée du Toboso, idéal féminin, l’Ewigweibliches de Goethe, correspond à la vision personnelle qu’a Don Quichotte de la Schékina des kabbalistes (voir : Don Quichotte, prophète d’Israël, p. 186.)

Dulcinea, dans Don Quichotte, c'est la Schékina des hébreux. Autrement dit la doctrine même de la Connaissance, ce qui demeure (du verbe chakan - demeurer). La Schékina est le siège du monde de l'Emanation. « Car il faut s'unir préalablement à la Schékina… » (Zohar I, p. 149 éd. Maisonneuve & Larose). Quelle est cette douceur qui caractérise la dame ? L'hidalgo cherchera, dans sa réalité vivante, la personne susceptible de servir de support concret à ces qualités. Femme et douce, vision de sa pensée, sa dame procède de la Schékina, figure féminine de la connaissance de Dieu qui est Douceur. « Car ses voies sont douces… cette Douceur a été cachée et réservée pour plus tard. » (Zohar III, p. 257). En attendant, elle se propage par la voie orale de la Tradition : « La Douceur désigne la Loi orale. » (Zohar II, p. 550). Miguel de Cervantès va lui donner droit à la fixation écrite. Car « la Schékhina se transformera et prendra une autre forme. » (Zohar II, p. 319). Cette douce dame est celle à qui les ennemis vaincus devront se présenter — se rendre — pour qu'elle dispose d'eux à la façon d'un juge. En effet, elle en a les attributions : « le Tribunal désigne la Schékhina… C'est la Schékhina qui juge conformément à la Loi, conformément à la vérité. » (Zohar III, p. 451). Et c'est bien à Elle que « tout ce qui émane du Saint béni soit-il, doit parvenir sans intermédiaire. » (Zohar I, p. 148). Imitativement, aucun intermédiaire ne s'interpose entre don Quichotte et Dulcinea. Le chevalier envoie directement ses vaincus à Celle qui est sa suzeraine — pour qu'ils se rendent à sa vérité (lire à ce sujet : "Victoire pour Don Quichotte").

De son vrai nom, 
Dulcinée se nomme Aldonza Lorenzo, robuste et jeune paysanne qui, selon Cervantès, « n’a pas son pareil pour saler le cochon ». L'expression est comique, car le sel étant le symbole, dans le judaïsme, de la grâce divine, l’analogie devient assez évidente. A l’époque inquisitoriale, faire manger du porc au juif plus ou moins converti en apparence était l’une des épreuves de l’examen pour la délivrance du brevet de « bon chrétien ». Le mot péjoratif pour nommer le juif en ces temps-là désignait par antiphrase… l'animal interdit par la cacherout. Dès lors, « saler le cochon », sous la plume de Cervantès, qui a codé tout son livre, veut bien dire que la Shékina (Dulcinea) n'a pas son pareil pour assaisonner de grâce l'israélite même et surtout par temps d'Inquisition.
Dulcinée incarne aussi l’hispanité touchée par la douceur de Dieu, la connaissance, quand elle devient douce et agréable. C'est pourquoi elle est du Toboso. Cervantès a choisi ce village, car cela s'entend Tob-sod, (le bon secret) d’où son nom : Dulcinéa del Toboso.
« Dulcinée, c’est le symbole d’une vision des choses qui fait la gloire de Don Quichotte. Vision rejetée par les galériens que le chevalier délivre des chaînes de l’Inquisition. C’est pourtant en son nom, pour la gloire de la Schékina, doctrine supérieurement humaniste, qu’il a brisé leurs chaînes : les ingrats refuseront néanmoins de rendre hommage à leur libératrice. » Une intéressante exégèse de Dominique Aubier identifie très précisément qui sont les galériens libérés et on se reportera à son livre déjà cité pour en savoir plus.

Analogie entre Jehanne d'Arc et Dulcinée.
Il m'a semblé qu'il existait une analogie entre Jehanne d'Arc (personnage réel) et Dulcinée : lors de son procès, l'évêque de Beauvais s’en prend directement à une incarnation de type dulcinéenne. Ce qu’il nie en la jeune femme, c’est précisément d'être la récipiendaire de la gloire du Dieu dont lui-même se prétend le délégué en tant qu’agent clérical. Deux formes d'investitures s'affrontent, celle, directe versée sur l'esprit de la femme et celle, conventionnelle, acquise — délégation sacerdotale — par l'Institution. Le « clash » est inévitable. Au cours du procès, la dispute éclate à propos de la virginité de la Pucelle et la capacité qu'aurait l'individu de dialoguer personnellement avec Dieu alors que l'Eglise s'impose en unique interlocuteur et intermédiaire.

L’enjeu est considérable : ce qui est en cause, dans le procès de Jehanne d'Arc, c’est un concept ontologique. L'Inquisiteur rejette ce que représente la virginité symbolique. Dans Don Quichotte, Dulcinée, c’est un trait intellectuel de sa pensée idéale ; chez Jehanne, c’est le même concept, non intellectualisé, mais inscrit dans sa réalité physique. Dans les deux cas, il s’agit de l’inviolabilité de la Schékina.
Beauvais ne semble pas ignorer pas la portée ontologique de la virginité, c’est pourquoi il ordonne les vérifications assez lamentables sur l’état sexuel de la jeune femme. Sa curiosité est relatée par l’un des greffiers qui raconte que le vicaire fit aménager un trou dans le mur de la cellule où elle était détenue et par lequel il jetait des œillades intéressées lors de l’examen. Sans doute fut-ce là l’unique fois de sa vie que l’évêque vit une femme dénudée. Etait-il assez curieux de ce mystère ? Sa haine de la femme est ostensible. Objet de sa concupiscence, il déteste en elle l’inaccessible, aussi bien du point de vue physiologique que de la représentation symbolique. La féminité tout entière lui est insupportable : il hait d'une part la femme en tant que créature, en tant que récipiendaire et donatrice de vie, et d'autre part la femme iconique, incarnant les formes interprétatives du réel. Il ne pouvait qu’éprouver frayeur, haine à l’égard de la Pucelle d’Orléans : femme que nous pourrions qualifier de… Dulcinéenne ! 

Le Réel, l’Univers tout entier est une femme,
écrit en substance Dominique Aubier dans son ouvrage l’Ordre Cosmique. Il est l’hémisphère qui-fait, la gauche matérialisante à l’intérieur d’une structure d’essence corticale où la droite correspond à l’hémisphère qui-sait, disposant de l’Information.
L'Univers, selon cette thèse, serait le Qui - fait d'un invisible qui en serait l'informateur en Qui - Sait. Deux hémisphères entre lesquels, comme dans notre cortex, circule l'énergie… Ceci recoupe la thèse kabbalistique du Mi et du Ma.

En s’attaquant à la femme (Qui - Fait), l'Inquisiteur s’attaque en conséquence à la structure même de l’Absolu auquel il renie le caractère duel. En assassinant la femme, il en devient l’ennemi déclaré de toute la Création, négationniste suprême du projet divin. Criminel majeur, dans la pure tradition Amalécite.
Don Quichotte affronte, lui aussi, les sbires de l’Inquisition. Tout au long du roman, il est menacé par le Saint- Office qui a lancé à son encontre un avis de recherche. Rattrapé par les archers lors de son étape à l’auberge, il est interpellé. Dispute. Le chevalier pourfend les policiers : on remarquera qu'il est aidé dans sa bataille par toutes les femmes présentes à l’auberge, Dorothée, Clara, Zoraïda. À chacune d’elle, il reconnaît la vertu virginale — johannique, donc dulcinéenne, dirons-nous — en ce que chacune de ces femmes vibre et lutte pour l’amour unique qui les transporte.
Tout au long de l’œuvre cervantienne, Don Quichotte n’a cesse de réunir les amants, de professer l’union des cœurs, de reconnaître les vertus des femmes qu’il rencontre — y compris les deux prostituées, Tolosa et Maritornes. Don Quichotte voit en elles deux nobles dames, et n'émet aucune jugement à leur égard : défenseur des Femmes en tant que créatures humaines liées au projet divin, il s’impose en champion du Principe de Création. En tant que serviteur de Dulcinée, il affirme le principe de féminité comme antidote universel contre toutes les formes de tyrannie. Les droits de l’homme découlent, d’un point de vue métaphysique, de ce principe de féminité. Dès lors, dépassant largement le cadre strict du roman, Dulcinée entre dans la mémoire humaine et y rejoint sa sœur humaine, Jehanne, toutes deux corrélées au principe de Création : Jehanne sous sa forme terrestre, Dulcinée dans la vision céleste qu’en a Don Quichotte.
Ma devise est donc : Dulcinée for ever… 
Il faut continuer le Désenchantement de Dulcinea. 
                                               

samedi 25 août 2018

Commentaire sur Hava (Eve) et le Serpent biblique (2)

Le Péché d'Eve (2/2)

Commentaire kabbalistique. Par Dominique Blumenstihl-Roth

Cet article est la suite du Commentaire sur le Péché d'Eve paru ici.
Dans la première partie de cette étude j'ai fait la différence entre Isha et Hava en distinguant le sens de leurs noms respectifs. En aucun cas, Hava n'est liée aux force de Vie, dans la mesure où son nom ne contient ni le Yod ni l'Alef . Revenant au texte de Genèse, j'en viens à élucider ici les rapports entre Hava et le Serpent. Ce commentaire peut paraître difficile car j'entre dans le codage hébraïque. Mais avons-nous le choix si nous désirons ouvrir le sens des versets ? Un lecture patiente devrait lever la difficulté. Je vous en remercie.


1. Les tuniques de peau

Le savant Rabbin Elie Munk signale que certains commentateurs estiment qu'Eve fut nommée ainsi parce qu'Adam avait décidé qu'elle ne pouvait plus être « la compagne à ses côtés qui l'aiderait à atteindre le but idéal de sa vie, mais que son rôle se limiterait à être la mère de tous les vivants ». Il indique que « les Sages du Midrach voient dans l'assonance entre le mot serpent ( חיויא ) et Hava l'allusion du reproche adressé par Adam à sa femme… » Et ajoute que « Baya relève la parenté entre le nom de Hava et le verbe signifiant raconter, rapporter, bavarder (cf Job XV, 17) et remarque que le nom de la femme touche discrètement le vice par lequel elle incite l'homme au péché. » (Elie Munk, La Voix de la Thora, la Genèse,  éditions de la Fondation Samuel et Odette Levy, librairie Colbo, Paris 1969, p. 43). Le commentaire rabbinique est très intéressant en ce qu'il relève un jeu d'assonance entre deux mots. Dès lors allons plus loin. Dépassons l'assonance et entrons dans les mots, allons jusqu'au cœur des lettres qui les composent. Car toucher à la Lettre, c'est cela, lire véritablement le Texte. Repartons de la note d'Elie Munk et observons que le mot « serpent » חיויא en effet consonantique de Hava, possède deux Yod, donc beaucoup d'énergie. Et un Aleph. Serait-ce l'Aleph volé à Ischa ? Et cette répétition du Yod : l'un d'eux au moins aurait-il été volé à la Vie pour que Hava en soit dépossédé au bénéfice du Reptile qui s'accapare doublement l'énergie du Yod, relancé par l'Aleph final ?
Dans la Torah, le serpent se nomme Nahasch. Noun Het Schin. Il ouvre le verset 3 de Genèse et nous apprenons qu'il était rusé. Son nom s'écrit ainsi :
 נחש
Un mot — un nom — qui mérite que l'on s'y attarde et j'y reviendrai dans un prochain Blog. Dans l'immédiat, le Lecteur impatient pourra se rendre au commentaire très détaillé qui en est donné dans le livre Catalina, de Dominique Aubier.
 
Aurais-je fait une découverte ?
La bibliothèque hébraïque est tellement vaste qu'il est impossible au commun des mortels de la cerner au cours d'une seule vie. C'est pourquoi je n'aurai pas l'outrecuidance de prétendre à une découverte, étant presque convaincu qu'un talmudiste ou kabbaliste en ait parlé avant moi. Je ne voudrais pas lui voler les mérites des observations ci-dessous dont je ne suis peut-être que le répétiteur (en Bop). Un inconnu de moi a-t-il déjà conduit la démonstration ? En attendant de connaître son nom et de l'ajouter ici même, je le salue fraternellement en lui présentant mes excuses de ne pas le connaître. De toute manière, j'estime — découverte originale ou redite — que c'est le Texte lui-même, désirant être vu et remarqué, qui se projette sous la rétine du Lecteur et qu'il donne à voir ce qu'il estime devoir être vu. Je n'aurais donc d'autre mérite qu'avoir mis mes lunettes au bon moment. Et encore : qui m'a inspiré de porter ces lunettes à cet instant-là ?
Au verset de Genèse 30-20, « L'homme donna pour nom à sa compagne Hava parce qu'elle fut la mère de tous les vivants. L'Éternel-Dieu fit pour l'homme et pour sa femme des tuniques de peau, et les en vêtit », on s'aperçoit que les 10 mots hébreux suivant le mot Hava (donc écrit sans Aleph et sans Yod) possèdent tous soit un Aleph, soit un Yod, soit les deux. Cette série de 10 se referme sur un mot qui ne possède ni Aleph ni Yod :
כ ת נ ו ת  Caf Tav Noun Vav Tav qui signifie « tuniques de peau ».
Rachi, surnommé « Parchan Data », c'est-à-dire l'Interprète de la Loi, passe directement de Hava à tuniques de peau. Étrange commentaire que celui qui consiste à rester silencieux sur la phrase qui unit ces deux mots. Est-ce une invitation — par défaut — pour passer au crible ce qui se dit dans ce silence ? Il se passe bien des choses entre ces balises. En effet, entre Hava (premier mot à droite) et « tuniques de peau » (dernier mot à gauche), on compte 10 mots contenant Aleph ou (et)  Yod. Voici l'extrait des versets de Genèse 30/ 20-21 en hébreu pour que vous puissiez suivre le raisonnement :
חוה  כי  הוא  היתה  אם  כלחי  ויעש  יהוה  אלהים  לאדם  ולאשתו  כתנות    

Compter les Yod et les Aleph : on peut le faire même sans connaître l'hébreu. 5 Aleph א et 6 Yod י (en gras surlignés) sont répartis sur ces 10 mots suivant le nom de Hava qui n'en possède aucun. L'énergie de l'Aleph (5 fois) reprise par Yod (6 fois) se fixe sur tous les mots sauf celui de la personne ayant ouvert le cycle : le rythme est le suivant : Yod Aleph Yod Aleph Yod Yod Yod Aleph Yod Aleph Aleph. Le cycle inauguré par Hava se déploiera donc dans son entièreté de 10 strates (10 mots) réparties normalement sur 6 couches, 6 relances de l'énergie Yod. Tout cycle vivant s'organise en 6 couches et 10 strates. Voir La Face cachée du Cerveau. Ainsi en est-il de la Création en 6 jours et 10 paroles. On remarquera ici, que dans les 10 mots suivant Hava, on ne trouve que 5 Aleph. Où est passé le 6ième ? Est-ce l'Aleph manquant à Hava ?
À l'issue de la série des 10 mots contenant Aleph ou Yod, apparaît un mot ne contenant pas ces deux lettres et qui signifie « tuniques de peau ». Il ferme le cycle ouvert par Hava. Il existe donc un lien entre les deux mots :  

 חוה  et  כתנות

Hava en ouverture du cycle est liée aux tuniques de peau en fin de cycle. Est-ce couverte de tuniques animales que l'humanité finira en fin du cycle inauguré par l'absence d'Aleph ? L'expression « tuniques de peau » a fait l'objet de nombreux commentaires, dont celui du Rabbin Elie Munk qui note que le mot « peau » est constitué en hébreu des mêmes lettres que le mot qui signifie « aveugle ». Ces tuniques de peau « enveloppent tout l'univers et rendent l'homme aveugle ».  Ce cycle enfanté par Hava, sans Aleph, sans Yod, aboutit à recouvrir l'esprit de l'homme d'un voile obscur, soumis à l'autorité d'une entité qui a subtilisé ces deux lettres codantes de Vie. Ne sommes-nous pas les « enfants de Hava », vivant dans un cycle privé de l'Aleph et de Yod ? Cette tunique de peau, n'est-ce pas celle du positivisme matérialiste faisant de nous les adorateurs du Veau d'or, rendant culte à l'économie-reine, nous jetant aux pieds des idoles du « Faire » ? Ce rejet délibéré de l'Aleph (est-ce là le fameux « péché d'Ève ?), rejet du système divin, tellement visible dans le nom Hava, construit un projet civilisateur tout entier fondé sur cette négation. L'absence d'Aleph et de Yod ressort à l'issue du cycle, dans ce mot  כתנות (tunique de peau) contenant deux fois la lettre Tav, redoublement de la dernière de l'alphabet qui balise effectivement la fin. Une fin sans Aleph. L'Aleph final ayant été concédé au Serpent : 
 חיויא
   2. Nahasch, nom du Reptile rusé… Il ne manque pas d'indiquer que l'Homme (Noun) doit traverser le Pont (Het) afin d'atteindre les sommets du verbe (Schin). Sa valeur numérique est 358. Même valeur numérique que le mot « messie », Maschia. (Mem, Schin, Yod, Hé). « Le serpent est la scorie de l'or » écrit l'auteur du Zohar (vol I, Béréchit III, traduction Charles Mopsik, éd. Verdier, p. 268).
Quoi de plus normal que les deux opposites absolus soient reliés systémiquement comme le sont l'onde et la particule et que l'une indique toujours où se trouve l'autre, sans qu'elles se touchent jamais ? Par inversion, le Serpent dénonce le messie. Il en est « l'anti », le traitre jaloux et c'est paradoxalement grâce à lui que l'on peut identifier le Messie : au point que pour signaler le Messie, le Serpent est devenu, pour certains, son emblème qu'il fallait bien entendu lire dans une configuration inversée au miroir : il figurait sur la bannière de la tribu de Dan de laquelle le messie est issue du côté maternel.  C'est toujours dans le paradoxe qu'évolue la reptation du reptile, aussi Nahasch, rusé, induit l'humanité en erreur par son discours perfide cependant que la marche à suivre correcte se trouve indiquée, à son insu, dans son nom : traverser le Pont (labyrinthe), réaliser la montée. La nature l'a pourvu d'une langue bifide : le vie projette sur ce détail de l'anatomie le sens de l'archétype à repérer : dualité, bifurcation, ambiguïté. Suggère-t-il de demeurer, stagner, croire en la toute puissance du secteur linéaire de sa pensée construite sur le raisonnement de cause à effet, que son propre nom trahit le mensonge de sa parole inversante. Son nom indique à l'homme culturel (Noun) que le Verbe (Schin) se situe en face, sur l'autre Rive, celle dont il ne veut pas. Nahasch est le négateur du Maschia auquel il est pourtant intimement lié : Maschia contient le  Schin, le Verbe doté de l'énergie Yod, soutenant la structure Hé. Le — ou la ! car il se pourrait que ce soit une femme — Maschia sera donc l'instructeur du nouveau cycle (Mem) doté du Verbe, de l'énergie, corrigeant l'effet calamiteux issu de l'erreur d'Ève. La venue du Maschia, dit la tradition, mettra fin à la souffrance du Serpent. Je reparlerai de cela dans un prochain Blog. Dès maintenant, on peut étudier la question du messianisme en regardant ce film : le messianisme.
Le cycle imposé par Hava se distingue par l'absence de l'Aleph-Yod.  Il commence par Hava et se termine par « des tuniques de peau ». De nombreux initiés ont tenté de le corriger. Il faut en compter au moins 10 puisque 10 mots contenant Aleph ou (et) Yod s'écrivent après Hava. Parmi eux, certainement Noé, Abraham, Moïse… Sans aucun doute Jésus de Nazareth, Aqiba, et qui sait, certains prophètes d'autres traditions dont l'action ne saurait être minimisée, s'agissant d'une restauration collective (rassembler les étincelles) touchant l'humanité entière d'un cycle gravement blessé. Je compte parmi ces grands correcteurs le Maître qui m'a formé, qui m'a expliqué ce passage de la Torah et sans qui ces lignes ne pourraient être rédigées. J'ignore si, à ce jour, en 2018 (— mis à jour 2020 !) nous sommes sortis de ce cycle de l'Aleph manquant et du Yod subtilisé. Les réparateurs ont fait de leur mieux, pour réaliser progressivement le Tikoun adamique. Il n'en reste pas moins que l'action décisive sera l'œuvre du Messie, et c'est le Serpent lui-même qui l'indique, étant l'inverse de la démarche messianique dont il siffle (ou persifle pour s'en moquer ?) la mission au travers des lettres écrivant son nom. 

3. Hava n'est pas la « vivante ».
Je tire les précisions sur le nom de Hava de l'enseignement de Dominique Aubier qui m'avait expliqué que (voir son livre Catalina, p. 184 et 225) : « Hava » n'est pas analogue au mot « vivant ». Pour être vivante, il aurait fallu qu'elle porte le nom de « Hiya » ou « Hayi », c'est-à-dire qu'elle fasse sortir le « Yod » du tunnel. En réalité, « Hava », c'est la « fumeuse », « l'enfumeuse », « l'éteinte ». Son nom s'écrit Het, Vav, Hé. Avec ces trois lettres on peut écrire « Havoh », c'est-à-dire publier, énoncer, dire. Et en effet, Hava rend publique son erreur. Avec un Yod en plus, on aurait « Havaiah » : le vécu, l'expérience, l'événement qui marque la vie de quelqu'un. Mais sans le Yod, sans l'énergie, qu'est-ce que l'expérience ? En réalité Hava a raté son expérience, elle s'est contentée de la logique linéaire, croyant que les choses allaient continuer comme par le passé. Elle n'a pas intégré la nécessité de « passer ». Il y a une grande différence entre Hava et Hiviah. Entre les deux, il existe un pont. Or l'hébreu, c'est justement le passeur. Hava n'est pas passée. Dès lors, si elle est la « mère de tous les vivants » ce sont les vivants d'une humanité déchue. Hava est l'anti-passeuse.
La correction est cependant possible. Réalisée analogiquement par une femme, donc par une initiée qui non seulement dénonce l'erreur, mais accomplit le redressement, et opère le grand « tikoun » réparateur. C'est peut-être chose déjà faite ? J'en suis convaincu. Les temps messianiques sont déjà en cours. J'en ai parlé à la fin de l'article publié sous le titre « mâle et femelle furent créés à la fois » où j'évoque l'idée selon laquelle le messianisme opératif serait œuvre féminine.

Faut-il préciser que les hommes ne sont pas exclus de l'aventure messianique, s'agissant de trouver en eux la part féminine la plus instruite pour avancer dans ces temps nouveaux ?

Dominique Blumenstihl-Roth


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Références :


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